JAN EGELAND PRÉVIENT QU’IL NE FAUT PAS RELÂCHER L’EFFORT HUMANITAIRE AU MOMENT OÙ L’OUGANDA ET LA RDC ENREGISTRENT DE TIMIDES PROGRÈS

15 septembre 2006
CS/8831

JAN EGELAND PRÉVIENT QU’IL NE FAUT PAS RELÂCHER L’EFFORT HUMANITAIRE AU MOMENT OÙ L’OUGANDA ET LA RDC ENREGISTRENT DE TIMIDES PROGRÈS

15/09/2006
Conseil de sécurité
CS/8831
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5525e séance – matin

JAN EGELAND PRÉVIENT QU’IL NE FAUT PAS RELÂCHER L’EFFORT HUMANITAIRE AU MOMENT OÙ L’OUGANDA ET LA RDC ENREGISTRENT DE TIMIDES PROGRÈS

Au-delà de l’Ouganda et de la RDC, le Conseil de sécurité évoque la situation au Soudan et au Zimbabwe

L’amélioration demeure encore fragile en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC) et il convient de ne pas relâcher l’effort, a déclaré aujourd’hui le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur de secours d’urgence, Jan Egeland, qui a tiré par ailleurs la sonnette d’alarme sur le niveau atteint par la systématisation des viols, particulièrement en RDC, de la part des militaires en particulier.

Les membres du Conseil de sécurité, qui examinaient la situation humanitaire en Afrique, sont tombés d’accord pour dire qu’il fallait mettre un terme à l’impunité.  Ce n’est qu’en traduisant en justice les auteurs de violations graves du droit international humanitaire, selon eux, que l’on pourrait parvenir à une normalisation définitive de la situation.  Pour le représentant de la  République-Unie de Tanzanie, il est maintenant indispensable que les autorités congolaises prennent des mesures en vue de punir les responsables des viols et des exactions perpétrés par des membres des forces armées congolaises.

M. Egeland a estimé pour sa part que l’on était à mi-chemin en RDC, alors que plusieurs millions de dollars ont été dépensés pour ce pays et il a mis en garde contre une baisse des contributions.  Il a indiqué que l’amélioration de la situation en Ouganda pourrait permettre de préparer le retour de plus de 1,5 million de personnes déplacées.  Le Gouvernement ougandais devra, selon lui, améliorer les services publics dans le nord du pays, particulièrement en matière d’éducation et de santé avec le retour prévu des enseignants et du personnel médical.

L’état du processus de paix offre aujourd’hui la meilleure chance qu’ait jamais connue l’Ouganda de parvenir à rétablir la stabilité et la sécurité dans le nord du pays.  L’intérêt du Conseil de sécurité sur cette question a été un facteur essentiel, a-t-il noté, dans les progrès obtenus à ce stade.  Le Conseil devrait maintenant montrer son soutien aux pourparlers et encourager le Gouvernement et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), à parvenir à un accord définitif.

Pour sa part, le représentant du Ghana a estimé que le déplacement forcé des populations était devenu partie intégrante de la stratégie militaire des belligérants.  Il convient donc, selon lui, de se concentrer sur l’aide humanitaire en direction des camps de déplacés et sur les obstacles mis à cette aide.  Un risque génocidaire pèse sur ces camps et les responsables devront être traduits devant la Cour pénale internationale (CPI).  La plupart des intervenants ont d’ailleurs souligné que le jugement des personnes accusées de violations graves des droits de l’homme constituait un facteur essentiel à la réconciliation nationale et au rétablissement de la confiance des citoyens en leurs institutions.  La délégation du Japon a estimé qu’il fallait mettre un terme à l’impunité et que paix et justice devaient aller de pair.

De nombreuses autres, notamment celles de la Grèce, le Royaume-Uni et le Danemark, ont ensuite attiré l’attention sur la situation extrêmement préoccupante au Darfour, où a été lancée une opération humanitaire sans précédent, mais qui est menacée aujourd’hui d’« effondrement total », a estimé le représentant de la Grèce, qui a ajouté que l’on s’approchait de ce que certains ont appelé « le seuil rwandais ».  Son homologue des États-Unis a dit attendre avec impatience la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui se tiendra la semaine prochaine sur ce sujet, réitérant son appel au Gouvernement soudanais pour qu’il autorise le déploiement des forces de maintien de la paix de l’ONU dans la région.

Enfin, un certain nombre d’intervenants ont évoqué la situation humanitaire du Zimbabwe, qui est menacé par la famine.  Ils ont demandé à M. Egeland de leur présenter dans les meilleurs délais une évaluation de la situation.  Celui-ci a d’ores et déjà indiqué que sur les 92 000 logements détruits l’an dernier par les autorités de Harare, un tiers à peine avait été reconstruit, tandis qu’un million de personnes avaient un besoin urgent d’aide alimentaire.  Il faut briser le cercle vicieux dans lequel s’est enfermé ce pays, qui pourrait parfaitement subvenir à ses besoins s’il s’en donnait les moyens, a insisté M. Egeland.

Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont pris la parole: France, Congo, Chine, Slovaquie, Argentine, Fédération de Russie, Pérou et Qatar.

LA SITUATION EN AFRIQUE

Exposé

M. JAN EGELAND, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a fait part des conclusions de ses déplacements en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.  Reconnaissant que le Gouvernement congolais avait fait de nombreux progrès dans l’amélioration de la sécurité et la tenue des élections, M. Egeland a cependant fait observer qu’il avait été incapable de mettre fin à l’impunité qui règne dans le pays.  Les abus sexuels sont devenus un véritable cancer dans la société congolaise, a-t-il déploré.  Les autorités militaires et civiles ne sont pas tenues pour responsables des exactions qu’elles ont commises contre les populations.  Le Secrétaire général adjoint a indiqué avoir dit au Président Joseph Kabila et aux dirigeants militaires et civils qu’ils devaient condamner publiquement l’impunité et démettre de leurs fonctions les auteurs de crimes.  M. Kabila a répondu que les contradictions au sein du gouvernement de transition avaient rendu cette tâche difficile pour lui mais qu’il serait possible d’agir fermement au lendemain des élections.

M. Egeland s’est déclaré ensuite choqué par les récits qu’il avait entendus de la part de femmes violées et mutilées.  Il est convaincu que les forces congolaises ne prennent pas en compte la situation, qui est d’une gravité extrême.  Il a donc encouragé le Conseil à prendre des mesures pour exercer toute la pression nécessaire en vue d’interrompe ce cycle.  Le Coordonnateur des secours d’urgence s’est dit également préoccupé par les déplacements de personnes qui sont souvent la conséquence d’opérations de l’armée congolaise.  Il faut réduire l’impact humanitaire de ces opérations, a-t-il souligné.

Le Secrétaire général adjoint s’est ensuite félicité de la présence renforcée de travailleurs humanitaires dans des localités jugées inaccessibles, il y encore quelques années, tout en exprimant son inquiétude face au manque de ressources financières pour des approvisionnements en vivres au cours des prochains mois.  En outre, il a regretté que le programme national de désarmement ne fonctionne pas de façon efficace.  En Ituri, la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) a réussi à désarmer les miliciens mais est confronté à des difficultés pour les réinsérer dans une société fragile.

M. Egeland s’est ensuite félicité de l’amélioration de la situation en Ouganda qui pourrait permettre de préparer le retour de plus de 1,5 million de personnes.  Le gouvernement devra, selon lui, améliorer les services publics dans le nord du pays, particulièrement en matière d’éducation et de santé, avec le retour des enseignants et du personnel médical.  Le Premier Ministre ougandais a assuré M. Egeland que le Gouvernement travaillait sur cette question.  La communauté internationale, a ajouté le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, doit faire les investissements nécessaires de la paix et tenir le gouvernement responsable d’un processus de réconciliation authentique.  Après avoir évoqué les différents engagements de plusieurs pays et le fait que l’Ouganda n’avait pas les moyens financiers de faire face aux nécessités présentes, M. Egeland a noté que le Vice-Président Machar avait demandé des observateurs pour la cessation des hostilités, demande qu’il a transmise au Secrétaire général.

Poursuivant, M. Egeland a indiqué qu’il avait été contacté par Vincent Otti, le numéro deux de la LRA, mais qu’il avait, exigé pour donner son accord à une éventuelle rencontre, qu’il fasse un « geste humanitaire » en libérant une partie des femmes et des enfants qu’il détenait.  La LRA n’a pas accepté et M. Egeland a indiqué qu’il allait poursuivre ses efforts pour obtenir la libération des détenus soudanais et ougandais.

En conclusion, M. Egeland a estimé, qu’aujourd’hui, se présentait la meilleure chance pour parvenir à la paix dans le nord de l’Ouganda.  L’intérêt du Conseil de sécurité sur cette question a été un facteur essentiel, a-t-il noté, dans les progrès obtenus à ce stade.  Le Conseil devrait maintenant montrer son soutien aux pourparlers et encourager le gouvernement et la LRA à parvenir à un accord définitif.

Déclarations

M. AUGUSTINE MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) s’est déclaré satisfait d’entendre que les urgences oubliées de la République démocratique du Congo (RDC) commencent à devenir visibles.  Il s’est déclaré préoccupé par l’impunité qui règne en matière de violences sexuelles.  Alors que la République démocratique du Congo approche du deuxième tour des élections présidentielles, il est troublant d’apprendre que la plupart des cas ont été commis par des membres des forces armées congolaises.  Il est particulièrement important que la MONUC coordonne les efforts pour traiter l’aspect sécuritaire de la question et restaurer la confiance des congolais en ses institutions.  Il est en outre indispensable que les autorités congolaises prennent des mesures pour punir les responsables.  Évoquant ensuite la situation en Ouganda, il a estimé qu’il ne faudrait pas oublier que les actions humanitaires peuvent contribuer à faciliter les négociations à Djouba.  Mais le processus de démobilisation, désarmement et de réinsertion n’a pas reçu un financement suffisant, a regretté le représentant.  Il faut également tenir compte du problème que va poser le retour des réfugiés, qui risque de poser un nouveau problème de ressources.  La délégation tanzanienne a espéré en conclusion, que M. Egeland pourrait lui donner des informations sur la situation humanitaire en Afrique australe tels que le Zimbabwe, où la crise est aggravée par d’autres problèmes.

M. ALBERT F. YANKEY (Ghana) a estimé que le déplacement forcé des populations était devenu partie intégrante de la stratégie militaire des belligérants.  Il convient donc de se concentrer sur l’aide humanitaire en direction des camps de déplacés et sur les obstacles à cette aide.  Il y a, selon le représentant du Ghana, un risque génocidaire dans ces camps.  Les meurtriers devront être traduits devant la Cour pénale internationale, a-t-il dit.  Dénonçant le trafic d’êtres humains qui se développe dans certains camps de réfugiés ou de personnes déplacées, il a attiré l’attention sur l’introduction d’armes dans les camps, armement qui sert à terroriser les réfugiés et qui peut conduire à des affrontements à l’intérieur même de ces camps.  Le représentant du Ghana a aussi attiré l’attention sur le fait que certains réfugiés n’ont connu que la réalité des camps. Les possibilités de réinsertion dans la société sont limitées, a-t-il relevé.  Il a conclu en exprimant l’espoir d’une collaboration entre pays africains pour œuvrer à une amélioration de l’aide humanitaire.

M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) a déclaré que la présentation de M. Egeland montrait que la situation humanitaire en République démocratique du Congo(RDC) demeurait extrêmement préoccupante.  Face à l’ampleur des mouvements de réfugiés, a-t-il souligné, il est essentiel de respecter les dispositions du droit international qui protègent leur retour.  L’implication d’enfants dans cette crise est particulièrement inquiétante, a-t-il ajouté.  Ma délégation renouvelle son appui à l’action des institutions humanitaires opérant en République démocratique du Congo et au Plan d’action des Nations Unies 2006, a poursuivi M. de La Sablière.  Il faut par ailleurs saluer le retour des donateurs institutionnels en RDC et se réjouir que les bailleurs de fonds soient prêts à réinvestir dans la reconstruction des infrastructures et les services de base.  La France est soucieuse de la question de la réinsertion des enfants soldats, notamment des jeunes filles, souvent victimes d’abus sexuels, a indiqué son représentant.

Mme CHANTAL ITOUA APOYOLO (Congo) s’est félicitée du processus de paix en Ouganda, mais a noté que l’insécurité demeurait même si les perspectives politiques à long terme devraient être positives.  Elle a dénoncé les viols et l’enrôlement forcé des enfants, notant qu’il reste de nombreux défis à relever.  Il y a nécessité, a-t-elle ajouté, d’accélérer le processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, tout en mettant fin à l’impunité et en protégeant le personnel humanitaire opérant sur le terrain.  En conclusion, la représentante du Congo a dit l’attachement de son pays à la résolution 1625.

Mme. ELLEN MARGHRETE LØJ (Danemark) a déclaré que la question de la situation humanitaire en Afrique méritait une attention accrue.  Si nous avions la volonté politique, il serait possible de venir à bout de tous les maux évoqués par M. Egeland, a-t-elle estimé.  Elle a ensuite attiré l’attention sur le Soudan, où la situation s’est gravement détériorée au Darfour, avec une recrudescence des combats, un accès humanitaire rendu difficile et un ciblage systématique des civils.  Le renforcement de l’Union africaine est donc plus que jamais nécessaire, en particulier du mandat de la MUAS.  En même temps, les moyens de transférer les pouvoirs à une force des Nations Unies doit se poursuivre, sous peine de voir la région tout entière sombrer dans l’anarchie et se reproduire le scénario déjà observé au Rwanda.  En République démocratique du Congo (RDC), les acteurs politiques doivent respecter le processus électoral.  La Représentante a salué les accords de cessation des hostilités conclus par le Gouvernement et les mouvements armés en Ouganda, qui, selon elle, représentent la meilleure chance de paix que nous ayons eu depuis longtemps.  Cependant, l’impunité doit être combattue et l’Ouganda doit trouver une solution au conflit conforme au droit international.  La délégation a ensuite souligné la gravité de la situation au Zimbabwe, dont elle souhaiterait que M. Egeland se rende compte à l’avenir.

M. WANG GUANGYA (Chine) a estimé que l’amélioration de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo ne pourrait qu’avoir des retombées politiques sur le plan politique local.  En retour, le maintien souhaitable de l’unité gouvernementale devrait permettre l’amélioration de la situation humanitaire sur le terrain.  Concernant l’Ouganda, la Chine se félicite de l’accord conclu entre le Gouvernement et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui devrait avoir un effet positif sur la situation dans le nord du pays et sur la situation générale dans le pays.  Il a exprimé l’espoir que la communauté internationale se mette d’accord concernant l’éventuelle traduction en justice du chef de la LRA.

M. JOHN R. BOLTON (États-Unis) s’est dit encouragé par l’évolution apparemment positive des problèmes humanitaires en Afrique.  Il a relevé notamment que le retour des réfugiés et des personnes déplacées en Angola et au Libéria est presque achevé, pendant que le même processus se déroule au Burundi, en République démocratique du Congo et au Sud-Soudan.  M. Bolton a souligné que la résolution durable de ces longues crises dépend du soutien apporté tant aux efforts de réconciliation qu’au rétablissement des infrastructures sociales et économiques, souhaitant à cet égard que la communauté internationale s’engage plus largement à apporter son soutien financier.  En ce qui concerne l’Ouganda, les États-Unis exhortent le Gouvernement et l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) à poursuivre ses négociations visant un cessez-le-feu durable, a précisé M. Bolton.  L’ONU doit, pour sa part, intégrer le sort des personnes déplacées dans le Plan d’action consolidé et la stratégie pour 2007.  S’agissant du Darfour, les États-Unis sont très préoccupés par la dégradation de la situation humanitaire, a poursuivi M. Bolton.  Il a indiqué attendre avec impatience la réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui se tiendra la semaine prochaine sur ce sujet et a réitéré son appel au Gouvernement soudanais à autoriser le déploiement des forces de maintien de la paix de l’ONU dans la région.  M. Bolton a enfin posé des questions à M. Egeland, notamment sur le rôle des Nations Unies en Ouganda et sur la façon de maintenir l’espace humanitaire ouvert au Darfour et au Tchad.

M. PETER BURIAN (Slovaquie) a estimé que l’on ne pouvait pas laisser l’impunité régner dans quelque pays ou région que ce soit et que les coupables d’exactions devaient être traduits en justice.  Il ne faut pas accepter de compromis concernant le problème de l’impunité, a-t-il répété en évoquant la situation en Ouganda.  Il est très important, essentiel même, de traiter les violences faites aux femmes, pour parvenir à un assainissement de la situation en RDC, a-t-il ajouté.  En conclusion, il a dit qu’il faudrait faire notre possible pour éviter que les crises humanitaires ne surviennent en assurant un suivi constant de la situation.

M. CÉSAR MAYORAL (Argentine) s’est déclaré satisfait des progrès encourageants constatés par M. Egeland en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, espérant que ces deux pays reprendraient le chemin de la paix et de la démocratie.  Il a évoqué ensuite la situation extrêmement préoccupante au Darfour où près de trois millions de personnes risquent d’être privées d’une aide indispensable à leur survie à cause de la recrudescence de la violence observée ces derniers mois.  Le représentant a, à cet égard, souligné la nécessité de mettre en œuvre les dispositions de la résolution 1706 (2006) dans les meilleurs délais.  En Ouganda, on ne peut négocier l’impunité de responsables de crimes et de violations massives des droits de l’homme, a-t-il poursuivi.  Nous pensons que la communauté internationale doit trouver des solutions pour œuvrer à la réconciliation nationale dans ce pays.  Encore une fois, la paix ne peut se faire aux dépens de la justice, a estimé M. Mayoral.  Sa délégation condamne par ailleurs les attaques commises contre le personnel humanitaire, en particulier au Darfour, où une douzaine d’entre eux ont trouvé la mort ces derniers mois.  Attaquer le personnel humanitaire constitue non seulement une grave violation du droit international humanitaire, mais prive également les populations en détresse d’une aide vitale, a conclu l’Argentine.

M. KENZO OSHIMA (Japon) a déclaré que l’accord de cessation des hostilités en Ouganda constituait une évolution positive.  Il est important de s’assurer que celui-ci tienne et que les efforts s’intensifient pour parvenir à une cessation définitive du conflit.  Il est important à cet égard, selon le Représentant du Japon, que les pays africains s’impliquent.  Il faut mettre un terme à l’impunité, a-t-il dit à son tour, soulignant que paix et justice doivent aller de pair.  Concernant la République démocratique du Congo, a-t-il dit, le processus doit être géré avec prudence.  L’amélioration de la situation humanitaire doit être mise en œuvre parallèlement au processus politique, a-t-il ajouté, reprenant l’avis émis par M. Egeland.

M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a déclaré qu’il partageait les inquiétudes de M. Jan Egeland au sujet des violations des droits de l’homme commises dans la région des Grands Lacs.  Faire cesser l’impunité n’est pas seulement une obligation au regard du droit international, mais contribue aussi au respect futur des droits de l’homme.  Personne ne peut être exonéré de tels crimes, a insisté le Représentant.  Mais nos efforts ne serviront à rien si nous ne nous donnons pas les moyens d’apporter une aide qui fasse vraiment la différence.  Évoquant ensuite la situation en Ouganda, il a assuré qu’il ne pourrait y avoir de solution purement militaire dans le nord du pays.  C’est pourquoi, nous saluons le cessez-le-feu conclu entre l’Armé de résistance du Seigneur (ARS) et les autorités ougandaises.  Il reste cependant 1,7 million de personnes qui vivent dans des camps de déplacés, a déploré le Représentant.  Selon lui, un aspect central est l’établissement de l’état de droit et l’administration d’une justice impartiale qui permettrait de mettre fin à la culture d’impunité.  Il faut également mettre en œuvre la résolution 1706 (2006), proroger son mandat et préparer la transition vers une force des Nations Unies.  Au-delà du Tchad, la situation sinistre qui sévit au Zimbabwe doit faire prochainement l’objet d’un examen par les membres du Conseil, a ajouté M. Jones Parry, qui a souhaité que M. Egeland puisse leur faire un compte-rendu détaillé de la situation.  Dans ce pays, règne une crise humanitaire aggravée par une crise économique sans précédent qui provoque des flux migratoires massifs, a souligné M. Jones Parry.

M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie) a estimé que la solution rapide des problèmes humanitaires en République démocratique du Congo dépendrait en partie de la mise en œuvre du processus de paix.  Il est important de poursuivre les efforts de règlement en s’assurant de la bonne conduite du deuxième tour des élections présidentielles, a-t-il noté.  La question des crimes commis constitue, par ailleurs, une question fondamentale à laquelle il faut faire face, a-t-il relevé.  Concernant la situation dans le nord de l’Ouganda, la perspective d’un règlement suppose que l’accord soit appliqué de manière rigoureuse, a ajouté le représentant de la Russie.  La communauté internationale doit appuyer ce processus, notamment par des financements, pour parvenir à un retour à la vie normale dans cette région.  La Fédération de Russie continuera à contribuer à la solution de ces problèmes, a conclu le représentant.

Mme ROMY TINCOPA (Pérou) a déclaré que les défis étaient considérables en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC).  Cependant, cet effort doit aller de pair avec le développement économique et social et la primauté du droit, a estimé la représentante, qui a estimé qu’il ne peut y avoir de réconciliation si l’on ne châtie pas les coupables.  L’aide aux personnes déplacées dans le pays doit également rester une priorité au Soudan et au Tchad, a-t-elle ajouté.  À cet égard, il devient indispensable de mettre en œuvre les dispositions de la résolution 1706, a souligné la représentante.  Elle a demandé en conclusion à M. Egeland si un plan avait été prévu pour éviter l’aggravation de la crise humanitaire en RDC.

M. MUTLAQ MAJED AL-QAHTANI (Qatar) a exprimé sa consternation face à la pratique systématique du viol des femmes en République démocratique du Congo.  Il faut intervenir pour éliminer ce cancer et mettre un terme à l’impunité, a-t-il ajouté, en reprenant le constat de M. Egeland.  Nous devons continuer à appuyer les efforts de paix en Ouganda du nord, a-t-il souligné.  Le représentant du Qatar a estimé par ailleurs que le meilleur espoir de paix au Darfour, plus que le déploiement des Casques bleus, était que les rebelles signent l’Accord de paix.

M. ADAMANTIOS TH. VASSILAKIS (Grèce) a averti que l’opération humanitaire au Darfour lancée en 2003, qui constitue la plus grande opération de cette nature dans le monde et qui a montré sa grande efficacité, était au bord de l’effondrement total et qu’elle s’approchait de ce que certains ont appelé « le seuil rwandais ».  M. Vassilakis a noté que des violations des droits de l’homme flagrantes étaient en forte augmentation ces dernières semaines, y compris les viols.  Il a estimé que la seule manière d’améliorer la situation au Darfour était l’application de la résolution 1706 adoptée il y a quelques jours.  Il ne peut y avoir de solution militaire à la crise au Darfour, a affirmé le représentant de la Grèce.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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