AU DARFOUR, UN ACCORD DE PAIX GLOBAL EST À PORTÉE DE MAIN, ANNONCE L’ENVOYÉ SPÉCIAL DE L’UNION AFRICAINE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

18 avril 2006
CS/8694

AU DARFOUR, UN ACCORD DE PAIX GLOBAL EST À PORTÉE DE MAIN, ANNONCE L’ENVOYÉ SPÉCIAL DE L’UNION AFRICAINE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

18 avril 2006
Conseil de sécurité
CS/8694
Department of Public Information • News and Media Division • New York

Conseil de sécurité

5413e séance – après-midi

AU DARFOUR, UN ACCORD DE PAIX GLOBAL EST À PORTÉE DE MAIN, ANNONCE L’ENVOYÉ SPÉCIAL DE L’UNION AFRICAINE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ

« Un accord de paix global pour le Darfour est à portée de main », a déclaré, cet après-midi au Conseil de sécurité, l’Envoyé spécial de l’Union africaine et Médiateur en chef des pourparlers de paix inter-soudanais, dit « Processus d’Abuja ».  « L’incapacité ou l’absence de volonté des parties de faire des concessions et la méfiance profonde qui subsistent entre elles » n’ont pas empêché Salim Salim de croire à la conclusion avant la fin du mois d’avril d’un accord de paix global qui serait précédé d’un accord de cessez-le-feu renforcé et suivi d’un accord global sur les arrangements en matière de sécurité. 

L’Envoyé spécial a souligné l’ampleur des tâches que cette nouvelle donne impliquera pour la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), avant d’appeler le Conseil à prendre dès maintenant les mesures qui s’imposent pour la renforcer. 

Exposé

Dans son intervention, l’Envoyé spécial de l’Union africaine, SALIM A. SALIM, a estimé que depuis la dernière réunion du Conseil, il y a trois mois, des développements significatifs ont eu lieu.  Nous devrions, a-t-il dit, prochainement mettre sur la table un ensemble de propositions de compromis justes et équilibrés.  Samedi dernier à Abuja, nous avons passé en revue systématiquement et graduellement l’ensemble des arguments sur des questions-clés comme le partage du pouvoir et des richesses, s’est-il expliqué, en rendant compte en détail de ses entretiens au Nigéria avec le Vice-Président du Soudan, les Présidents de la République du Congo et du Nigéria ainsi qu’avec les dirigeants des Mouvements au Darfour.  Pour la première fois, a–t-il précisé, des discussions directes et bilatérales ont eu lieu entre les parties.  Le conflit au Darfour qui a provoqué tant d’effusion de sang, est proche d’un dénouement.  

Je suis personnellement convaincu que nous serons en mesure de présenter un ensemble de propositions importantes aux parties avant la fin du mois d’avril, a-t-il poursuivi.  Ces propositions porteront sur le partage des richesses et du pouvoir, les accords en matière de sécurité, le dialogue et la consultation au Darfour, la mise en œuvre de modalités et de mécanismes.  

Au centre des propositions figure une formule pour le partage du pouvoir qui tient compte de la représentation de la province au sein de la présidence soudanaise, au sein de l’Assemblée nationale et du pouvoir exécutif, du statut du Darfour au sein du Soudan et de la composition des trois États composant la province.  Il est aussi question de la représentation équitable des habitants du Darfour au sein des institutions nationales soudanaises.  Le Gouvernement du Soudan commence à faire preuve de flexibilité sur ces questions, a assuré l’Envoyé spécial.  Il est indispensable que les Mouvements au Darfour aillent dans la même direction.  

En mettant sur la table ces propositions, nous sommes guidés par un esprit de justice, a affirmé l’Envoyé spécial.  Sur la question du partage des richesses, quatre questions de taille existent: l’aide aux personnes déplacées et aux réfugiés; le transfert de l’autorité de l’État aux quatre états qui composent le Darfour; le financement de la reconstruction au Darfour; les réparations aux communautés et aux victimes du conflit.  La question des réparations et le fonds pour le Darfour sont les questions les plus problématiques. 

Par ailleurs, la sécurité est au cœur de la crise au Darfour, a ajouté l’Envoyé.  Nous avons fait, a-t-il encore dit, des propositions pour le désengagement des forces et le cantonnement des Janjaouites, le contrôle et la neutralisation des milices, mais aussi pour assurer la sécurité des camps de réfugiés, des corridors migratoires des nomades et la démilitarisation des routes empruntées par les convois humanitaires.  Certaines des propositions sont innovantes et devraient faire une vraie différence.  Le défi sera de convaincre les Mouvements qui nourrissent une méfiance tenace envers le Gouvernement.

L'accord de cessez-le-feu renforcé tel que proposé stipule que le contrôle et la neutralisation des Janjaouites et des milices indisciplinées est une condition préalable au cessez-le-feu et à la paix au Darfour.  Chaque étape menée, dans le cadre de l’accord, serait vérifiée par la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS).  Ce n'est qu'après l’accomplissement de toutes les étapes que les Mouvements seraient dans l'obligation de prendre des mesures réciproques de retrait et de redéploiement de leurs forces, et d'accepter un contrôle limité des armes. 

Dans les discussions sur l’Accord global relatif aux arrangements en matière de sécurité, qui devraient commencer à Abuja dès que seront conclues les négociations sur le cessez-le-feu, un lien est établi entre le désarmement final des Janjaouites et des autres milices et le rassemblement des forces appartenant aux Mouvements. 

De même, le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration devrait aller de pair avec le processus d'intégration des anciens combattants des Mouvements dans les Forces armées soudanaises et dans les autres services de sécurité.  Soulignant le défi énorme que représenterait la mise en œuvre du futur accord pour l'Union africaine et les Nations Unies, l'Envoyé spécial a demandé au Conseil de prendre dès maintenant les mesures qui s'imposent pour rendre la MUAS à la hauteur des tâches supplémentaires qui l'attendent. 

Le futur accord global représente une feuille de route qui couvre les trois-quarts du chemin vers un accord global sur les arrangements en matière de sécurité.  Aussi, alors que les négociations sur les modalités du cessez-le-feu se poursuivent, une réflexion est déjà entamée sur les questions centrales du statut final des forces et du processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration.

Toutefois, un Accord global de paix n’est pas la fin de la route.  Le conflit au Darfour exige que l'on jette les bases de la réconciliation au niveau des communautés.  Aussi, les préparatifs d'un dialogue et de consultations sont déjà lancés.  Le processus de réconciliation doit commencer immédiatement après la signature de l'Accord de paix.  Le processus ne sera pas rapide.  Le défi de la consolidation de la paix et de la réconciliation au Darfour exigera de tous un engagement collectif qui devra rester vrai bien après la conclusion des pourparlers d'Abuja.

Le 10 mars, l'Union africaine a adopté une résolution fixant à la fin du mois d'avril la signature d'un Accord de paix global.  Les propositions devraient donc être présentées aux parties dans les prochains jours, a-t-il annoncé en espérant que les dirigeants des Mouvements resteront à Abuja, dans le dialogue et sans interruption, malgré les distractions et les diversions qui sont apparues au cours de la semaine dernière. 

L'Envoyé spécial a conclu son intervention en rendant hommage aux partenaires de l'UA dont le Représentant spécial du Secrétaire général, le Secrétaire général lui-même et la famille des Nations Unies.  À ce propos, il a souligné que le défi du Conseil n'est pas seulement de demeurer saisi de la question mais de rechercher les moyens de s’impliquer dans les efforts consistant à relever les défis de la période post-conflit.

Il a aussi espéré que le Conseil continuera d'aider le Tchad et le Soudan à trouver une solution aux problèmes qui sont apparus depuis quelques temps maintenant.  Tout en appuyant l'Accord de Tripoli, il a émis le vœu que tout sera fait pour contenir des problèmes qui ont un impact sur les efforts faits à Abuja.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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