LE PRÉSIDENT DU TIMOR-LESTE, XANANA GUSMÃO, DEMANDE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE MAINTENIR UNE PRÉSENCE DES NATIONS UNIES DANS LE PAYS APRÈS LE 20 MAI 2006

23 janvier 2006
CS/8615

LE PRÉSIDENT DU TIMOR-LESTE, XANANA GUSMÃO, DEMANDE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE MAINTENIR UNE PRÉSENCE DES NATIONS UNIES DANS LE PAYS APRÈS LE 20 MAI 2006

23/01/2006
Conseil de sécurité
CS/8615
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Conseil de sécurité

5351e séance – matin


LE PRÉSIDENT DU TIMOR-LESTE, XANANA GUSMÃO, DEMANDE AU CONSEIL DE SÉCURITÉ DE MAINTENIR UNE PRÉSENCE DES NATIONS UNIES DANS LE PAYS APRÈS LE 20 MAI 2006


En prévision de l’expiration du mandat du Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL) le 20 mai prochain, le Président du Timor-Leste, Xanana Gusmão, a demandé ce matin au Conseil de sécurité de maintenir une présence des Nations Unies sur le territoire de cette jeune nation où la paix et la démocratie sont encore fragiles.  Le Président a suggéré la mise en place d’un « bureau politique spécial » de taille moyenne qui aiderait également le pays à s’acheminer sans heurt vers la tenue en 2007 d’élections présidentielles et parlementaires justes et transparentes.


Selon la lettre* adressée par le Premier Ministre du Timor-Leste. Mari Alkatiri, au Secrétaire général, un tel bureau comprendrait une composante d’assistance électorale en vue d’apporter un appui technique et logistique.  Le bureau disposerait également de conseillers civils dans les secteurs de la justice et des finances et un volet formation des policiers timorais afin de prévenir les tensions et les conflits le long de la frontière avec l’Indonésie.  Le déploiement de 15 à 20 « attachés de liaison militaires » relevant du « bureau politique spécial » serait d’une importance capitale.


Le pays continue de manquer de juges, de procureurs et de greffiers, a ajouté le Président timorais, et pendant longtemps encore, le Timor-Leste aura besoin d’une assistance dans ce domaine afin d’offrir à son peuple un système judiciaire indépendant et efficace.  De son côté, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, Sukehiro Hasegawa, a reconnu qu’en dépit d’énormes progrès accomplis dans le pays, la paix restait fragile.  Il a rappelé qu’une mission d’évaluation menée en 2005 avait conclu qu’une présence internationale importante serait nécessaire pour garantir la tenue d’élections libres et justes en 2007.  


      Xanana Gusmão, qui a remis le 20 janvier dernier au Secrétaire général le premier rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation, a précisé que ce document ne doit pas être évalué sur la base des seules violations des droits de l’homme. « Le plus important est de se consacrer au processus de réconciliation et de pardon », a-t-il déclaré, en précisant qu’il avait insisté pour que le rapport de la Commission se penche également sur les violations commises par la partie timoraise.  « L’objectif de ce rapport est de prévenir la récurrence de telles violations des droits de l’homme. »


Les membres du Conseil et les autres États Membres des Nations Unies qui ont pris part à ce débat ont répondu favorablement à la demande du Président timorais de maintenir une présence des Nations Unies au delà du 20 mai 2006.  Compte tenu du caractère récent des institutions timoraises et de la persistance d’éléments d’instabilité dans le processus de stabilisation, la demande des autorités du Timor-Leste de préserver une structure politique des Nations Unies est apparue légitime à l’ensemble des membres.  Le représentant de l’Indonésie a également fait sienne la conclusion du Secrétaire général selon laquelle la présence des Nations Unies sera indispensable après l’expiration du mandat du BUNUTIL le 20 mai prochain.  Les élections de 2007, a-t-il estimé, constitueront un défi de taille pour le Timor-Leste et il sera important que la communauté internationale continue de fournir une aide au pays.


Outre les membres du Conseil, les représentants des pays suivants se sont exprimés: Autriche (au nom de l’Union européenne), Australie, Portugal, Brésil, Indonésie et Papouasie-Nouvelle-Guinée.


*  S/2006/39


LA SITUATION AU TIMOR-LESTE


Rapport intérimaire du Secrétaire général sur le Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (S/20006/24)


Le Secrétaire général observe que pendant la période à l’examen, le Gouvernement et le peuple du Timor-Leste, avec l’appui du Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL) et d’autres partenaires internationaux, ont continué à  progresser sur la voie de l’établissement d’une démocratie effective dans le pays. 


Cependant, malgré les progrès considérables accomplis par le Timor-Leste depuis 1999, la situation dans le pays demeure fragile.  Des institutions étatiques d’importance cruciale, en particulier dans le secteur de la justice, ne sont pas encore assez solides, en grande partie en raison de la pénurie de ressources humaines qualifiées.  Il se pourrait qu’il faille plusieurs années avant que le Parlement national ne soit en mesure de fonctionner sans un appui international. Il faudra aussi du temps avant que la démocratie et les droits de l’homme ne soient vraiment ancrés dans le pays.


Pour ces raisons, il faudrait que la communauté internationale poursuive son action au Timor-Leste au-delà du 20 mai 2006, lorsque le mandat du BUNUTIL arrivera à expiration.  À cet égard, estime le Secrétaire général, la nomination d’un nouveau coordonnateur résident des Nations Unies qui prendra ses fonctions au Timor-Leste en février 2006 devrait faciliter la transition au niveau de la coordination de l’aide internationale au Timor-Leste.


Le Timor-Leste devra aussi prochainement relever un gros défi: les élections présidentielles et les élections parlementaires de 2007.  Ces deux types d’élections auront lieu pour la première fois dans le pays depuis que celui-ci a accédé à l’indépendance en 2002.  L’opinion qui prévaut chez les parties prenantes au Timor-Leste est qu’il faudrait maintenir une certaine présence politique internationale dans le pays jusqu’à la fin du processus électoral.  Dans cette perspective, le Secrétaire général demande au Conseil de sécurité de bien vouloir faire des suggestions concernant la meilleure façon d’aider le Timor-Leste à relever ce défi, ce qui pourrait avoir un impact considérable sur la paix et la stabilité à long terme du pays.


Exposé


M. SUKEHIRO HASEGAWA, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, a dressé pour les membres du Conseil le bilan de la situation dans le pays au cours des cinq derniers mois.  Pour le Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL), cette période a été productive dans la mise en oeuvre des trois volets de son mandat, qu’il s’agisse du soutien aux institutions de l’État, du soutien au processus de gouvernance démocratique et des droits de l’homme ou du soutien au développement d’une force de police nationale.


Concernant le premier volet, M. Hasegawa a précisé que les conseillers civils du BUNUTIL avaient multiplié leurs efforts pour transférer le savoir-faire technologique et les connaissances en matière de renforcement des institutions, ce qui s’est traduit par une volonté accrue de la part des Timorais de remplir leurs devoirs.  Toutefois, les capacités nationales manquent pour ce qui touche à des domaines hautement technologiques comme les finances et la justice.  Il est indispensable de régler la question du manque de magistrats, compte tenu du fait que quelque 3 000 affaires civiles et criminelles sont en suspens.  Dans le domaine financier, des progrès ont été accomplis pour développer une expertise nationale mais le Gouvernement timorais souhaite que les Nations Unies continuent de déployer sur le terrain des conseillers financiers. 


S’agissant du deuxième volet, le Représentant spécial a relevé que le Bureau du Procureur (Provedor) a élaboré un plan stratégique et mis en place un système de dépôt des plaintes qui sera ouvert en mars 2006.   Au delà du mois de mai toutefois, les activités en matière de droits de l’homme doivent bénéficier du soutien et de l’attention de la communauté internationale.  Le Haut Commissariat aux droits de l’homme est déterminé à fournir une aide dans ce contexte.   Il enverra une mission dans le but de déterminer les besoins du pays le mois prochain.  Le Représentant s’est par ailleurs félicité du fait que le Timor-Leste, en ratifiant une vaste gamme d’instruments des droits de l’homme, a établi un cadre normatif des droits de l’homme.  Pour sa part, la Commission accueil, vérité et réconciliation a rendu son premier rapport. 


Au titre du troisième volet, le Représentant spécial a détaillé le programme de formation en cours en précisant que des efforts avaient été déployés pour que  les unités de patrouille aux frontières puissent intervenir aux côtés de leurs homologues indonésiens.  Par ailleurs, les relations entre le Timor-Leste et le Gouvernement indonésien se sont améliorées et ont été caractérisées par un échange de visites au niveau présidentiel.  Je suis confiant qu’un accord interviendra bientôt entre les deux pays, qui permettra de délimiter de manière permanente les frontières, a assuré M. Hasegawa.


En conclusion, le Timor-Leste a réalisé d’énormes progrès mais la paix reste fragile.  Des élections présidentielles et parlementaires auront lieu pour la première fois depuis la restauration de l’indépendance.  Ces élections constitueront un test important pour cette nation naissante.  Une mission d’évaluation menée en 2005 avait conclu qu’une présence internationale importante serait nécessaire pour garantir la tenue d’élections libres et justes.  Dans ce contexte, j’invite les membres du Conseil à se pencher sur le contenu de la lettre adressée par le Premier Ministre du Timor-Leste au Secrétaire général dans laquelle il demande la création d’un « bureau politique spécial ». 


Déclarations


M. KAY RALA XANANA GUSMÃO, Président de Timor-Leste, a commencé par remercier la République-Unie de Tanzanie qui, dès 1975, a apporté son appui à la cause de l’indépendance de Timor-Leste, en particulier Salim Ahmed Salim, pour avoir reçu le Ministre des affaires étrangères Ramos Horta lorsqu’il était Représentant permanent de la République-Unie de Tanzanie auprès des Nations Unies, ainsi que l’ancien Président Julius Nyerere qui, dans les années 1980, avait, lors d’une visite en Indonésie, évoqué la cause de Timor-Leste.  Poursuivant sur les résultats de la Commission accueil, vérité et réconciliation nationale, établie en 2001, le Président a indiqué que le rapport de la Commission avait été remis le 20 janvier au Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan.  La Commission est d’avis qu’il n’est pas possible de parvenir à une réconciliation durable sans établir la vérité et sans prévoir des réparations pour toutes les injustices vécues pendant plus de 24 ans par les Timorais, a-t-il dit.  Le rapport de la Commission ne doit pas être évalué sur la base des seules violations des droits de l’homme qu’il met en lumière, a-t-il observé ensuite, jugeant que le plus important est de se consacrer au processus de réconciliation et de pardon.  Depuis les élections de 2001, pour l’Assemblée constituante, et les présidentielles de 2002, aucun acte de violence ni de vengeance n’a été à déplorer, a fait valoir le Président Xanana Gusmão, soulignant qu’il avait insisté pour que le rapport de la Commission se penche également sur les violations commises par des Timorais contre d’autres Timorais.


L’objectif de ce rapport est de prévenir la récurrence de telles violations des droits de l’homme, a-t-il dit, jugeant que la gouvernance démocratique et son établissement progressif dépendent en grande partie du contexte dans lequel on l’établit.  Le Président s’est penché ensuite sur la question des réparations, s’interrogeant sur la pertinence ou non de tenir pour responsables les pays qui ont fourni des armes à l’Indonésie.  Il a en revanche suggéré que le financement des poursuites judiciaires contre les auteurs des crimes commis entre 1975 et 1999, après avoir procédé à des enquêtes approfondies, soit envisagé par la communauté internationale, M. Xanana Gusmão déplorant à ce titre le manque d’intérêt des Nations Unies pour les démarches innovantes initiées au Timor-Leste en matière de justice.  Le Timor-Leste et l’Indonésie sont deux nations voisines et naissantes qui ont besoin de vivre dans la paix et dans l’harmonie, a jugé ensuite le Président Xanana Gusmão, s’interrogeant sur la meilleure option à privilégier dans la mesure où la justice de réparation peut rendre l’espoir.  Mais dans le même temps, a-t-il dit, nous ne voulons pas provoquer une nouvelle période de violences, et le Timor-Leste n’est pas dans une démarche conquérante ou d’agression par rapport à l’Indonésie, ce rapport visant uniquement à faire émerger la vérité.


Nous sommes une nation en paix avec elle-même et avec ses voisins grâce aussi aux Nations Unies, a-t-il expliqué ensuite, jugeant à cet égard que le rôle du BUNUTIL a été central dans le processus de consolidation de la paix.  Les Nations Unies et la Banque mondiale admettent qu’il y a eu beaucoup de progrès, a-t-il dit, et même s’il y a quelques irrégularités, la formation de la police a progressé.  Cependant, nous manquons encore de juges, de procureurs et de greffiers, a-t-il dit, et pendant longtemps encore, le Timor-Leste aura besoin d’une assistance dans ce domaine pour offrir à son peuple un système judiciaire indépendant et efficace.  S’agissant des relations avec le voisin indonésien, le Président de Timor-Leste a rappelé la visite en 2005 du Président indonésien Susilo Banbang Yudhoyono, tandis que des arrangements ont été conclus avec l’Indonésie sur la gestion des espaces maritimes.  Il a souhaité que la communauté internationale appuie le Timor-Leste dans la tenue des élections générales de 2007, demandant par ailleurs au Conseil d’envisager la création d’un bureau politique spécial des Nations Unies, en remplacement du BUNUTIL.  Ce bureau devrait comprendre des composantes droits de l’homme, formation de la police, observation militaire et assistance électorale.  Enfin, M. Xanana Gusmão a rendu hommage aux Nations Unies, à l’ancien Représentant spécial, Sergio Vieira de Mello, à son prédécesseur et à ses successeurs ainsi qu’à tout le personnel qui a contribué au retour de la paix au Timor-Leste, de même qu’à l’Australie, un pays dont la contribution a été essentielle. 


M. ROBERT TACHIE-MENSON (Ghana) s’est dit impressionné par les réalisations du Timor-Leste depuis la prise de fonctions de son Président en 2002.  Des cendres du conflit est né un État qui a créé graduellement ses institutions et a rejoint le concert des nations.  Divers programmes de renforcement des capacités nationales sont en cours.  La situation actuelle qui est marquée par le calme et la paix est une manifestation de l’efficacité de ces programmes.  Le représentant a également relevé que le fait que le pays ait pris sa place au sein de la communauté internationale résulte non seulement de  la détermination du pays mais aussi de l’appui fourni par la communauté internationale.  Cet appui doit se poursuivre pendant tout le processus d’édification de la paix par le biais de l’établissement d’un bureau politique spécial.  Le représentant s’est par ailleurs félicité de la parution du premier rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation et a souhaité que le Timor-Leste et l’Indonésie renforcent leurs relations de bon voisinage.


M. LARS FAABORG-ANDERSEN (Danemark) a souligné les améliorations constatées au Timor-Leste dans le domaine de la sécurité et de la gouvernance démocratique, jugeant que le moment était venu d’envisager la transition du BUNUTIL vers une approche de développement.  Il a jugé que, dans la mesure où les acquis restaient toutefois fragiles, il est importait de maintenir une présence au Timor-Leste, de structure réduite, soutenant ainsi la proposition de créer un bureau politique spécial.  L’impunité ne peut être le compromis choisi, a-t-il dit ensuite, concernant les résultats de la Commission accueil, vérité et réconciliation.  Le Danemark, a-t-il souligné, accorde une importance majeure à la protection des victimes, des témoins et à l’indemnisation des victimes.  M. Faaborg-Andersen s’est félicité de l’accord sur la gestion des ressources en pétrole et en gaz, conclu le 12 janvier  entre le Timor-Leste et l’Australie. 


M. CÉSAR MAYORAL (Argentine) a indiqué que sa délégation a pris note de la lettre adressée par le Premier Ministre du Timor-Leste demandant la création d’un bureau politique spécial.  L’Argentine, a-t-il assuré, appuie cette demande ainsi que le renforcement des institutions timoraises.  Des progrès dans ces domaines permettraient d’assurer un cadre de transition souple.  Le Timor-Leste a encore besoin d’aide dans la mesure où le pays reste pauvre et certains domaines continuent d’exiger l’appui de la communauté internationale.  Certains domaines clefs ne disposent pas de ressources suffisantes.  Au sujet de la Commission accueil, vérité et réconciliation et de ses conclusions, il a demandé de préciser les mesures envisagées.  Sa délégation attend avec impatience le rapport du Secrétaire général sur l’administration de la justice, a-t-il ajouté.


M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie), évoquant la mort de Casques bleus du Guatemala en République démocratique du Congo, a insisté sur la nécessité de renforcer la protection du personnel des Nations Unies sur le terrain.  Il s’est ensuite félicité des progrès encourageants enregistrés au Timor-Leste pour la consolidation de la paix et de la démocratie, jugeant cependant que la mise en place d’un bureau politique spécial dans ce pays faciliterait le soutien de l’ONU au développement de cette jeune démocratie.  Ce bureau facilitera également la tenue des élections en 2007 et nous sommes prêts à examiner favorablement toutes les propositions faites par le Secrétaire général et le Gouvernement du Timor-Leste pour la phase post-BUNUTIL dans ce pays.  Enfin, il s’est félicité de la présentation du rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation par le Président Xanana Gusmão. 


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a noté avec satisfaction l’accalmie qui règne maintenant au Timor-Leste, en dépit de quelques incidents isolés commis par des milices indonésiennes.  Mais l’intervention rapide de groupe de police timorais a permis de maintenir la confiance des Timorais dans les régions proches de la frontière indonésienne.  Le représentant a souligné les progrès réalisés dans divers domaines, et surtout la présentation du premier rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation.  Le Qatar appuie la création d’un bureau politique spécial qui puisse planifier une transition harmonieuse vers un cadre de développement durable qui permette de mettre en place le cadre juridique solide.  Il a dit noter avec intérêt la tenue d’élections présidentielles et parlementaires en 2007, ce qui montre la volonté des Timorais de bâtir un État de droit.  Il a souhaité que la communauté internationale assiste dans l’organisation de ces élections.


M. PETER BURIAN (Slovaquie) a salué la contribution essentielle du Président Xanana Gusmão dans le processus de consolidation de la paix et de réconciliation au Timor-Leste, soulignant les efforts du Gouvernement de ce pays qui, avec le concours de la communauté internationale, a posé les bases d’une gouvernance démocratique et consolidé les acquis de la présence des Nations Unies.  Le Timor-Leste constitue très certainement une « success story » pour les Nations Unies, a-t-il estimé avant d’appuyer la position du Président de Timor-Leste selon laquelle l’indépendance dans la pauvreté n’aurait pas d’intérêt pour le peuple de ce pays.  Rappelant la contribution de la Slovaquie au processus de paix au Timor-Leste, en troupes et en assistance médicale, M. Burian a estimé que les résultats obtenus à ce jour au Timor-Leste sur le chemin de la consolidation de la paix étaient encourageants mais a demandé que des efforts financiers soient consentis dans la phase transitoire pour accélérer le développement.  Il a salué ensuite la nomination d’un Coordonnateur résident, à compter de février 2006, convaincu que le moment clef du processus de consolidation de paix serait la tenue des élections présidentielle et parlementaires en mai 2007.  À cette fin, il a invité le Conseil à prêter toute l’attention requise à la proposition du Président de Timor-Leste de créer un bureau politique spécial de l’ONU dans ce pays, proposition qui va dans le sens des recommandations du Secrétaire général dans son dernier rapport.  Les récents incidents qui ont eu lieu à la frontière avec l’Indonésie soulignent la nécessité de poursuivre la formation de la police des frontières et d’achever le processus de démarcation des frontières, a dit M. Burian, saluant enfin le rôle clef joué par le BUNUTIL dans le processus de consolidation de la paix ainsi que l’effort de vérité du peuple et du Gouvernement de Timor-Leste à travers la Commission accueil, vérité et réconciliation nationale créée en 2001.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) s’est dit impressionné par les progrès remarquables réalisés au Timor-Leste quatre ans après son accession à l’indépendance.  Ainsi, la stabilisation est bien engagée mais des efforts importants restent à accomplir pour donner à cette stabilisation un caractère durable.  Des efforts bilatéraux et multilatéraux importants seront encore nécessaires à l’issue du mandat du BUNUTIL en mai 2006.  Compte tenu du caractère récent des institutions et de la persistance d’éléments d’instabilité dans le processus de stabilisation, la demande des autorités timoraises de maintenir une structure politique des Nations Unies nous apparaît légitime.  Le représentant a insisté sur l’élément de réconciliation nationale qui doit passer par la justice, relevant que le Président timorais a remis le premier rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation au Secrétaire général.  Il a relevé d’autre part que la Commission d’enquête nommée par le Secrétaire général a relevé des insuffisances dans la manière dont les poursuites ont été conduites à l’encontre des auteurs de violations graves des droits de l’homme et nous attendons les recommandations du Secrétaire général sur ces questions.


M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce), encouragé par les progrès significatifs enregistrés dans le renforcement des capacités démocratiques de Timor-Leste, dont la soumission du rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation par le Président Xanana Gusmão au Secrétaire général vendredi dernier est une démonstration, a souhaité qu’une attention particulière soit prêtée à ce pays d’ici à la date des élections de 2007.  Le processus de création et de consolidation d’institutions démocratiques est sur la bonne voie, a dit M. Vassilakis, saluant par ailleurs l’amélioration des relations entre l’Indonésie et le Timor-Leste qui a permis de mettre en place la Commission et de poursuivre les négociations sur la démarcation de la frontière.  Souhaitant que le rapport du Secrétaire général sur la justice et la réconciliation au Timor-Leste contribue au processus de consolidation des relations entre ce pays et l’Indonésie, le représentant a jugé que ce processus initié par la Commission permettrait aux deux peuples de faire face à leur passé, d’assumer les crimes, et de poser les bases d’une réconciliation bénéfique à toute la région.  Poursuivant sur la signature, le 12 janvier dernier, d’un accord sur le contrôle des ressources en gaz et en pétrole dans la mer de Timor entre le Timor-Leste et l’Australie, M. Vassilakis a loué le travail du BUNUTIL, de la Banque mondiale, du FMI et du PNUD pour la reconstruction de ce pays et soutenu la demande faite par le Gouvernement du Timor-Leste de créer un bureau politique spécial de l’ONU.  Ce bureau permettrait de poursuivre l’appui de la communauté internationale dans le domaine de la justice, de la formation, de la police, ainsi que dans la préparation des élections de 2007. 


M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a reconnu le rôle important qu’ont joué les Nations Unies au Timor-Leste, et notamment celui du BUNUTIL.  Il s’est félicité des progrès accomplis et s’est dit encouragé par les éléments de mise en place d’une gouvernance démocratique et des négociations en cours au sujet du tracé de la frontière entre le Timor-Leste et l’Indonésie et de l’achèvement des travaux de la Commission accueil, vérité et réconciliation.  Il est toutefois crucial de poursuivre les progrès dans le domaine de la démocratie et de l’état de droit, les élections de 2007 étant un jalon important à cet égard.  Il est donc essentiel que la communauté internationale continue d’apporter son appui au peuple timorais.  Il est possible qu’une petite mission politique des Nations Unies soit à même de prendre la relève du BUNUTIL pour aider le Gouvernement timorais à combler ses lacunes.  Il serait utile que le Secrétaire général nous fasse des recommandations à ce sujet avant la fin du mandat du BUNUTIL.


M. OSWALDO DE RIVERO (Pérou) a souligné qu’en 2005, le Timor-Leste avait progressé sur la voie de la consolidation démocratique et de l’état de droit, comme le montre l’adoption par le Parlement du Code pénal et d’autres lois importantes.  Il a en outre salué l’évolution des relations avec l’Indonésie.  Les deux pays ont poursuivi les négociations sur la démarcation de leur frontière et procédé à la mise en place de la Commission accueil, vérité et réconciliation, a-t-il dit, soulignant également l’accord conclu entre l’Australie et le Timor-Leste sur le partage des ressources de la mer de Timor.  Toutefois, l’étape du développement reste décisive, a-t-il dit, souhaitant que la conférence des bailleurs de fonds prévue en avril permette de mobiliser de véritables soutiens.  Il a également souhaité que, sur la base du rapport soumis par le Président Xanana Gusmão sur les travaux de la Commission accueil, vérité et réconciliation, le Secrétaire général soumette au Conseil un rapport sur la justice et la réconciliation au Timor-Leste.  Il faut que les recommandations du Secrétaire général au Conseil de sécurité contribuent à faire la lumière sur les crimes commis, a dit M. de Rivero, dont la délégation soutient une prorogation du mandat du BUNUTIL au-delà de mai 2006. 


M. KENZO OSHIMA (Japon), saluant les progrès réalisés ces dernières années au Timor-Leste dans la consolidation de la paix et de la démocratie, ainsi que le rôle du BUNUTIL et du Représentant spécial Hasegawa, a souhaité que les Nations Unies se penchent de manière attentive sur la phase de transition pour « l’après BUNUTIL » au-delà de mai 2006.  Il a invité les diverses institutions impliquées dans le pays à contribuer à la consolidation des acquis, insistant en particulier sur la formation du personnel de police et de justice.  M. Oshima a salué à ce titre la contribution du Timor-Leste à la formation de la police au Kosovo, par l’envoi de 10 formateurs dans le cadre de la MINUK.  Il a salué l’amélioration des relations entre le Timor-Leste et l’Indonésie, notamment par la poursuite des négociations sur la démarcation de la frontière, jugeant encourageant par ailleurs l’accord conclu avec l’Australie sur la gestion des ressources naturelles de la mer de Timor, en particulier le gaz.  Sa délégation juge pertinente la demande exprimée par la Président Xanana Gusmão, qui souhaite la mise en place dans son pays d’un bureau politique spécial de l’ONU chargé d’assister le Timor-Leste dans la préparation et la tenue des élections de 2007.  S’agissant du rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation, M. Oshima a demandé au Secrétaire général de tenir compte de l’avis du Président Xanana Gusmão dans son rapport sur la justice et la réconciliation et de soumettre des recommandations qui n’ignorent pas la portée et la gravité des crimes commis. 


M. WANG GUANGYA (Chine) a constaté qu’au cours de la période considérée, la situation était restée calme et les relations avec les pays voisins s’étaient normalisées.  Les élections de 2007 constitueront un défi important pour le pays.  La Chine appuie la création d’un petit bureau politique et demande au Conseil d’envisager les arrangements qui s’imposent.  Il est impératif de créer un environnement propice à la paix dans le pays.  Les dirigeants ont fait preuve de courage et de sagesse à cet égard en prenant des mesures importantes.  Je prie les donateurs et le système des Nations Unies de continuer à prêter une attention particulière à ce pays pour qu’il s’engage résolument sur la voie d’un développement durable.


M. LUC JOSEPH OKIO (République du Congo) a noté avec satisfaction que malgré une insécurité résiduelle, la situation d’ensemble au Timor-Leste s’était améliorée grâce aux progrès enregistrés sur la voie de l’établissement d’une démocratie effective dans le pays.  À ce propos, le représentant a indiqué que ces progrès étaient caractérisés par la tenue avec succès des élections locales, de même que le renforcement du cadre juridique avec l’adoption de textes clefs et un meilleur respect des droits de l’homme par la police.  M. Okio a par ailleurs souhaité que soit adopté le projet de loi sur la question des vétérans visant à établir qui pourrait prétendre au titre d’ex-combattant et aux droits afférents.  Ce projet de loi est examiné par une commission spéciale du Parlement dans un souci d’apurer les comptes du passé.  Le règlement du différend frontalier avec l’Indonésie mérite d’être salué, a ajouté le représentant.  Toutefois, ma délégation exhorte les deux pays à terminer les négociations sur la délimitation des 4% de la frontière restants en vue d’un accord définitif, a-t-il encore dit. M. Okio s’est en outre réjoui de la conclusion, le 10 janvier dernier, entre le Timor-Leste et l’Australie, d’un accord sur le partage des recettes tirées de l’exploitation des ressources dans la mer du Timor.  Ces progrès, a-t-il précisé, ont été rendus possibles grâce à l’appui résolu de l’ONU et plus particulièrement de l’action efficace du Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL).  L’accompagnement du Timor-Leste par la communauté internationale doit continuer d’appuyer le Timor-Leste dans tous les domaines afin qu’il s’engage pleinement dans la voie du progrès.  Le représentant a en particulier mis l’accent sur l’aide à apporter à ce pays dans le cadre de la préparation et de la tenue des élections présidentielles et parlementaires de 2007. 


M. WILLIAM BRENCICK (États-Unis), saluant le travail accompli par le BUNUTIL et le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Sukehiro Hasegawa, a exhorté les acteurs internationaux à poursuivre leur appui à la consolidation des acquis au Timor-Leste.  La fin du BUNUTIL ne signifie pas la fin de l’aide internationale au processus de reconstruction et de réconciliation, a-t-il dit, prônant un rôle accrû du PNUD et de la Banque mondiale à cette fin et invitant la Division de l’assistance électorale de l’ONU à accorder une attention aux besoins de Timor-Leste dans la perspective des élections de 2007.  Il a par ailleurs souhaité que les conclusions du rapport de la Commission accueil, vérité et réconciliation ouvrent la voie à un processus judiciaire crédible qui passe par des poursuites pour les auteurs des crimes commis ainsi que leur désignation publique. 


M. AUGUSTINE MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) s’est dit encouragé par les nombreux développements positifs rendus possibles par le Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL) et qui se sont traduits notamment par la signature d’un accord de bon voisinage entre le Timor-Leste et l’Australie sur le partage des ressources de la mer du Timor.  Malgré ces progrès, la démocratie est encore jeune et fragile, ce qui exige la présence des Nations Unies et des institutions de développement.  Le maintien d’une présence des Nations Unies qui prendrait la forme d’un bureau politique serait utile pour achever la création des capacités en matière de sécurité, des droits de l’homme et des finances.


M. GERHARD PFANZELTER (Autriche), s’exprimant au nom de l’Union européenne (UE) et des pays associés, a d’abord salué le travail inestimable effectué par l’ONU au Timor-Leste depuis 1999, à travers ses diverses missions de maintien de la paix.  Saluant en particulier le fait que la transition de la MINUTO au BUNUTIL s’est faite dans la continuité, le représentant a également souligné l’importance des efforts accomplis par le Timor-Leste depuis le scrutin de 1999 en faveur de l’indépendance.  Afin de consolider ces acquis, a estimé M. Pfanzelter, et compte tenu des nombreux défis à relever dans d’autres domaines, une petite présence politique de l’ONU au-delà du 20 mai 2006, mais limitée dans le temps, pourrait être utile.  Selon lui, la principale tâche à remplir dans les mois qui viennent consistera à assurer un succès durable au processus de consolidation de l’Etat du Timor-Leste.  À cet égard, l’élection présidentielle et les législatives de mai 2007 seront cruciales, a insisté l’intervenant, car elles permettront de tester la maturité de cette jeune démocratie. Il a rappelé que pour l’Union européenne, le processus conduisant à ces élections, y compris l’élaboration d’une nouvelle législation, devait être inclusif et transparent, comprenant toutes les forces politiques ainsi que la société civile.  De même, il est nécessaire que des progrès soient réalisés pour assurer la stabilité économique du pays, a fait remarquer le représentant autrichien qui a salué l’accord signé le 12 janvier entre l’Australie et le Timor-Leste portant sur le partage équitable des revenus issus du pétrole et du gaz exploités par les deux pays dans la Mer du Timor.  Enfin, M. Pfanzelter a insisté pour que la justice soit rendue dans les cas de violations flagrantes de droits de l’homme au Timor-Leste depuis 1999.  Dans le cadre de la Commission accueil, réconciliation et vérité, établie par les Gouvernements indonésien et timorais en novembre 2004, le représentant s’est dit préoccupé par les dispositions relatives à l’amnistie prévues par ce mécanisme et a invité les deux parties à les revoir.


Mme FRANCES LISSON (Australie) a salué la contribution des Nations Unies à l’établissement d’une gouvernance démocratique au Timor-Leste ainsi que les progrès réalisés par ce pays.  Rappelant le rôle d’avant-garde de l’Australie dans la mobilisation de la communauté internationale pour soutenir le Timor-Leste, la représentante a indiqué qu’une dizaine d’officiers militaires et de police australiens étaient actuellement déployés au sein du BUNUTIL.  Évoquant ensuite les négociations entre le Timor-Leste et l’Indonésie sur la délimitation de leur frontière, la représentante les a encouragés à faire en sorte qu’ils consolident leurs relations, avant de se pencher sur ce qui sera accompli après mai 2006, lorsque que le mandat du BUNUTIL viendra à expiration.  Le Timor-Leste aura encore besoin d’appui pour renforcer ses capacités, au-delà des programmes d’appui bilatéraux qui, dans le cas de l’Australie, s’élève à 30 millions de dollars, a-t-elle dit, soulignant les besoins accrus à long terme dans les domaines prioritaires, à savoir la justice, la gouvernance politique et économique, ainsi que l’édification d’une administration viable à tous les niveaux.  L’appui des Nations Unies aux élections de 2007 sera important, a poursuivi la représentante, soulignant que son pays continuerait de soutenir les  programmes du PNUD et de la Banque mondiale en faveur du redressement du Timor-Leste mais invitant les Nations Unies à tout faire pour consolider la vision d’un État sûr et pleinement autonome.  Elle a également salué la signature, le 12 janvier dernier, de l’accord entre son pays et le Timor-Leste sur le partage des ressources de la mer de Timor.


M. JOÃO MANUEL GUERRA SALGUEIRO (Portugal) a souscrit au rapport du Secrétaire général sur la situation au Timor-Leste, en particulier en ce qui concerne les observations sur la consolidation de la démocratie, de l’amélioration sécuritaire et du renforcement de la justice.  Cependant, le Timor-Leste se trouve à un stade critique du processus de consolidation de la paix, a-t-il dit, soulignant les besoins en matière de finances, de justice, de formation de la police et en vue de la préparation et de la tenue des élections de 2007.  Aussi, a poursuivi le représentant du Portugal, la communauté internationale doit rester au Timor-Leste au-delà de l’expiration du mandat du BUNUTIL le 20 mai 2006, invitant les Nations Unies à explorer toutes les propositions à cette fin.  Se félicitant ensuite de la conclusion d’un accord entre le Timor-Leste et l’Australie sur le partage et la gestion des ressources, il a salué la mise en place d’une commission chargée du suivi de la gestion de ces ressources.  Par ailleurs, il a jugé encourageantes les négociations engagées entre le Timor-Leste et l’Indonésie pour la délimitation de leurs frontières.  Il a indiqué enfin que, dans le cadre d’un accord bilatéral signé au début du mois entre son pays et le Timor-Leste, le Portugal avait alloué 32 millions de dollars à l’aide au développement de ce pays pour 2006. 


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil), rappelant le rôle joué par son pays, par le truchement du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), dans le domaine de la justice, et plus directement, dans le cadre d’échanges bilatéraux, dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la formation professionnelle, a indiqué que le Brésil allait désormais assister le Timor-Leste dans le domaine parlementaire.  Si des progrès encourageants ont été accomplis en matière de gouvernance démocratique, il n’en demeure pas moins qu’un effort doit être maintenu pour appuyer l’édification d’une administration viable et stable.  Le défi consiste désormais à soutenir la création d’institutions locales et nationales dans le cadre de partenariats durables, a dit M. Sardenberg, invitant à cette fin la communauté internationale à demeurer présente au Timor-Leste au-delà de la fin du mandat du BUNUTIL en mai 2006.  Il a soutenu par conséquent la demande du Président Xanana Gusmão visant la création d’un bureau politique spécial dans le pays afin d’appuyer une transition souple vers le développement, de poursuivre la formation du personnel de police et de la justice et de soutenir le processus électoral en 2007. 


M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) s’est félicité des progrès réalisés par le Timor-Leste, qu’il a qualifié de nation « dynamique, stable, pacifique », et de la normalisation en cours des relations entre ce pays et le sien.  Nous attestons du développement de nos relations  bilatérales grâce au mécanisme de réunions conjointes mis en place et des progrès accomplis dans le cadre d’un processus de délimitation des frontières, du transport, des finances, de la santé, de l’éducation et de la culture.  Nos deux pays sont parvenus à un accord sur 99% de notre frontière commune et nous attendons avec impatience la mise en place d’un cadre de gestion des frontières.  Le représentant a fait sienne la conclusion du Secrétaire général selon laquelle la présence des Nations Unies sera indispensable après l’expiration du mandat du BUNUTIL le 20 mai prochain.  De même, il s’est dit convaincu que les élections de 2007 constitueront un défi de taille pour le Timor-Leste et qu’il sera important que la communauté internationale continue de fournir une aide au Timor-Leste, notamment dans certains domaines essentiels.  De son côté, l’Indonésie maintiendra le soutien qu’elle accorde au Timor-Leste au niveau bilatéral sur la base des principes de réconciliation agréés par les dirigeants des deux pays.


M. ROBERT G. AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée), intervenant au nom du Forum des îles du Pacifique, a rappelé que plusieurs éléments des effectifs de police civile et de formation militaire déployés au Timor-Leste provenaient d’États membres du Forum où le Timor-Leste occupe un siège d’observateur.  Afin de consolider la paix et de construire sur les acquis de la présence internationale, il a exhorté la communauté internationale à conserver une présence au Timor-Leste au-delà de l’expiration du mandat du BUNITIL, en mai 2006, en considérant à cette fin les propositions faites par le Président du Timor-Leste, Xanana Gusmão, ainsi que par le Secrétaire général dans son rapport. 


Répondant aux questions et commentaires formulés par les délégations, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste a noté que les orateurs souhaitaient maintenir l’aide internationale au Timor-Leste et avaient convenu de la nécessité d’un transfert des responsabilités visant la création d’un cadre de développement durable.  Les délégations ont également insisté sur la nécessité d’une présence continue des Nations Unies dans la perspective des élections de 2007.  Nous étudierons de près le rôle que le Bureau des Nations Unies pourra jouer avec les parties concernées. 


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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