L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PRIE INSTAMMENT LE GOUVERNEMENT AFGHAN D’AGIR AVEC DÉTERMINATION POUR METTRE FIN À LA FABRICATION ET AU COMMERCE DE STUPÉFIANTS

28 novembre 2006
AG/10540

L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PRIE INSTAMMENT LE GOUVERNEMENT AFGHAN D’AGIR AVEC DÉTERMINATION POUR METTRE FIN À LA FABRICATION ET AU COMMERCE DE STUPÉFIANTS

28/11/2006
Assemblée générale
AG/10540
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

58e et 59eséances plénières

matin et après-midi                      


L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PRIE INSTAMMENT LE GOUVERNEMENT AFGHAN D’AGIR AVEC DÉTERMINATION POUR METTRE FIN À LA FABRICATION ET AU COMMERCE DE STUPÉFIANTS


Elle déclare le 25 mars 2007 « Journée internationale de célébration

du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves »


L’Assemblée générale, qui a condamné les auteurs de la flambée de violence actuelle en Afghanistan, a, aujourd’hui, prié instamment le Gouvernement afghan d’agir avec détermination pour mettre fin à la fabrication et au commerce de stupéfiants (1)Elle a par ailleurs déclaré le 25 mars 2007 « Journée internationale de célébration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves » (2).


L'action du Gouvernement afghan, a précisé l'Assemblée générale dans une résolution adoptée sans vote, doit s’effectuer en appliquant les mesures concrètes définies dans la Stratégie nationale de lutte contre les stupéfiants et dans le Pacte pour l’Afghanistan.


Le Pacte pour l’Afghanistan, lancé lors de la Conférence internationale de Londres, le 31 janvier 2006, constitue une véritable Feuille de route pour l’Afghanistan et la communauté internationale.  Assortie de délais et d'objectifs, elle porte sur quatre domaines en particulier: la sécurité, la gouvernance, le développement et la lutte contre le trafic de drogue.  La Stratégie nationale de lutte contre les stupéfiants, qui avait été présentée lors de cette même Conférence de Londres, a, elle, pour but d’éliminer la culture, la production, le trafic et la consommation de drogues illicites.


Aux termes de cette résolution, l’Assemblée générale demande également à la communauté internationale d’aider le Gouvernement afghan à exécuter sa Stratégie nationale de lutte contre les stupéfiants et demande instamment, à ce dernier, d’encourager le développement de moyens de subsistance durables dans le secteur de production formel et dans les autres secteurs, afin d’améliorer notablement les conditions de vie, la santé et la sécurité de la population, en particulier dans les zones rurales.


Dans son rapport (3), le Secrétaire général souligne que l’Afghanistan produit actuellement 92% de l’offre mondiale d’opium et de l’héroïne qui en est extraite.  Les surfaces cultivées en pavot somnifère sont passées de 104 000 à 165 000 hectares cette année, soit une augmentation de 59%, tandis que la production d’opium, elle aussi en augmentation, est passée de 4 100 à 6 100 tonnes.


L’Assemblée générale a condamné avec force la flambée de violence que connaît l'Afghanistan, notamment dans le sud et l'est du pays, liée à la multiplication des actes de violence et de terrorisme perpétrés par les Taliban, des agents d'Al-Qaida et d'autres groupes extrémistes, ainsi que par des personnes qui se livrent au trafic de stupéfiants.  Elle a, en outre, condamné avec force tous les actes de violence et d’intimidation perpétrés, notamment, contre le personnel des organismes d’aide au développement ou d’assistance humanitaire et contre le personnel des Nations Unies et le personnel associé.


Elle a, de même, exhorté le Gouvernement afghan à continuer de réformer l’administration publique, afin d’instaurer l’état de droit, d’assurer la bonne gouvernance et de faire respecter l’obligation de rendre compte, aussi bien au niveau national qu’au niveau local, et lui demande instamment, avec l’appui de la communauté internationale, de poursuivre et de renforcer l’action menée pour créer des conditions propices au retour et à la réintégration volontaires, durables, sans risques et dans la dignité des réfugiés et des déplacés afghans.


Au cours du débat qui a précédé le vote, le représentant de l’Afghanistan a affirmé que la flambée récente des attentats terroristes constituait la menace la plus significative à la stabilité et à la prospérité de son pays.  Dénonçant le soutien logistique et financier dont bénéficient de l’extérieur, à ses yeux, les terroristes, il a appelé la communauté internationale à mettre un terme à l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l'Afghanistan.


L'Assemblée générale, dans une deuxième résolution adoptée sans vote telle qu'oralement corrigée, a déclaré le 25 mars 2007 « Journée internationale de célébration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves ».  En outre, elle demande instamment aux États Membres qui ne l’ont pas encore fait d’élaborer des programmes éducatifs pour enseigner et inculquer aux générations futures, y compris par le biais des programmes scolaires, les leçons, l’histoire et les conséquences de l’esclavage et de la traite des esclaves.


Par ailleurs, sur recommandation de la Deuxième Commission (économique et financière), l’Assemblée générale a prié la Présidente de l’Assemblée générale d’organiser, en décembre 2006, une réunion commémorative spéciale consacrée au soixantième anniversaire des opérations du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) (4).


Sur recommandation de la Cinquième Commission (administrative et budgétaire), l’Assemblée générale a également approuvé les travaux de rénovation de la résidence du Secrétaire général(5).  Elle a ainsi autorisé ce dernier à engager des dépenses à concurrence d’un montant de 4 490 400 dollars.


Ces deux dernières résolutions ont été aussi adoptées sans vote.


La prochaine séance plénière de l'Assemblée générale, qui portera sur la situation au Moyen-Orient et le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, aura lieu demain mercredi, à 15 heures.


(1) Projet de résolution publié sous la cote A/61/L.25

(2) Projet de résolution publié sous la cote A/61/L.28

(3) Rapport publié sous la cote A/61/326

(4) Projet de résolution contenu dans le rapport publié sous la cote A/61/427

(5) Projet de résolution contenu dans le rapport publié sous la cote A/61/592


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALEA ADPOTÉ SANS VOTE UNE RÉSOLUTION SUR LA SITUATION EN AFGHANISTAN (A/61/L.25)


Déclarations


M. THOMAS MATUSSEK (Allemagne) présentant le projet de résolution sur la question, a déclaré qu’aujourd’hui, les Nations Unies continuaient à jouer un rôle important et légitime dans la reconstruction de l’Afghanistan au sein du Pacte sur l’Afghanistan. Après le processus de transition nourri de succès, le Pacte reflète en effet l’engagement renouvelé de la communauté internationale dans ce pays. Cette approche intégrée porte sur quatre domaines en particulier: la sécurité, la gouvernance, le développement et la lutte contre le trafic de drogue.  Ce Pacte, a-t-il ajouté, constitue une véritable Feuille de route pour l’Afghanistan et la communauté internationale avec des délais et des objectifs.  Les défis de l’insécurité, de la production florissante de stupéfiants remettent en cause les efforts consentis, ces dernières années, pour la reconstruction du pays, a-t-il averti.  En effet, jamais depuis la chute des Taliban en 2001, la situation n’a été aussi explosive avec par exemple 4 000 afghans tués cette année du fait de l’insurrection qui a pris place dans les régions du sud, du sud-est et de l’est du pays.


Parallèlement, le problème de la production et du trafic de drogue s’amplifie.  Ainsi, la production d’opium a augmenté de 50% en 2006, a-t-il précisé.  L’argent généré par ce trafic finance, d’ailleurs, dans une large mesure l’insurrection et la corruption en Afghanistan.  Toujours à propos de ces questions d’insécurité, le désarmement des milices illégales reste lent.  Certes, la Police nationale afghane a désormais une direction bien en place mais elle manque toutefois d’hommes sur le terrain qualifiés et formés.


Abordant la question du développement économique, il y a des progrès, a dit le représentant, même si la situation reste instable.  Le défi est de passer, a-t-il conclu, d’un Pacte à l’impact.  Il a expliqué que le projet de résolution est structuré à peu près comme le Pacte, c'est-à-dire avec des perspectives sur la sécurité, la gouvernance, le développement et la lutte contre le trafic de drogue. Il a engagé tous les États Membres à honorer les engagements communs pris vis-à-vis de l’OTAN, les Nations Unies, l’Union européenne et autres organisations et institutions.  Nous devons garder à l’esprit tant les grands progrès réalisés depuis 2001 que les risques d’échec, cela pour le bien du pays, de la région et de la communauté internationale toute entière, a conclu l’intervenant.


M. RAVAN FARHÂDI (Afghanistan) a affirmé qu'en adoptant le Pacte pour l'Afghanistan, en janvier 2006, l'Afghanistan et la communauté internationale se sont engagés à lancer la deuxième phase de l'engagement international au-delà du processus de Bonn.  L'Afghanistan est conscient des défis importants qu'il reste à relever, a-t-il dit.  Selon lui, la flambée récente des attentats terroristes constitue la menace la plus significative à la stabilité et à la prospérité du pays.  Il s'est ainsi déclaré préoccupé par le fait que ceux qui cherchent à semer la terreur et la destruction continuent de bénéficier d'un soutien logistique et financier de l'étranger.  La communauté internationale doit mettre un terme à l'ingérence étrangère dans les affaires intérieures de l'Afghanistan, a-t-il estimé, ajoutant qu'il fallait davantage mettre l'accent sur la recrudescence des sources extérieures qui attisent le terrorisme.  La coopération régionale est indispensable pour combattre le terrorisme international, a-t-il également souligné.  L'Afghanistan, a-t-il précisé, souhaite renforcer la coopération et la coordination avec le Pakistan dans le cadre de la Commission tripartite.  Selon lui, la conclusion de la troisième phase d'expansion de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS), dirigée par l'OTAN, a constitué un pas important vers la voie de la sécurité et de la stabilité dans le pays.  Il s'est, en outre, félicité de l'inclusion récente de la FIAS dans la Commission tripartite.


Le représentant a, par ailleurs, souligné l'importance du soutien de la communauté internationale pour la mise en œuvre du Pacte et de la Stratégie nationale provisoire de développement.  Il a, à cet égard, jugé nécessaire de canaliser l'assistance des donateurs par le biais du budget national afghan.  Il a estimé vital d'accroître la coopération économique régionale afin de contribuer à une mise en œuvre efficace et dans les temps du Pacte et, de consolider la paix et la sécurité dans le pays.  Il a affirmé que son pays attachait beaucoup d'importance à la lutte contre la corruption et le trafic de stupéfiants, composante essentielle du Pacte, a-t-il précisé.  L'Afghanistan a besoin d'une aide supplémentaire de la communauté internationale pour mettre en œuvre la Stratégie nationale de lutte contre les stupéfiants, a-t-il déclaré.  Le représentant a enfin réaffirmé solennellement l'engagement de son pays à relever les défis restants afin de respecter les dispositions du Pacte et de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement, et ce, avec le soutien des partenaires internationaux de l'Afghanistan.


Mme HEIDI SCHRODERUS-FOX (Finlande), s'exprimant au nom de l'Union européenne et des pays associés, a déclaré soutenir le projet de résolution portant sur l'Afghanistan, dont tous les pays de l'Union européenne sont coauteurs.  Ce projet adopte une approche générale et intégrée en soulignant une large série de sujets pertinents.  La représentante a rappelé les progrès significatifs accomplis l'année dernière en matière politique, citant notamment le début des travaux du nouveau Parlement.  Néanmoins, la situation en matière de sécurité se dégrade, a-t-elle constaté, avec une recrudescence de violence de la part des Taliban, d'Al-Qaida et d'autres groupes extrémistes qui détiennent des armes très sophistiquées.  Elle a évoqué les progrès réalisés pour remédier au défaut de développement, pour assurer une meilleure gouvernance et le respect des droits de l'homme, ainsi que pour mener la lutte anticorruption et contre le trafic de stupéfiants.  La communauté internationale est engagée aux côtés de l'Afghanistan, a poursuivi Mme Lintonen, pour aider le pays à se développer et à mettre en œuvre le Pacte pour l'Afghanistan.  Elle a d'ailleurs rappelé la récente visite de la mission du Conseil de sécurité sur place.  La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) permet à l'ONU de jouer un rôle essentiel dans la coordination et le contrôle du Pacte.  La représentante a aussi tenu à souligner le rôle spécial que jouent les partenaires régionaux.


Pour ce qui est de l'engagement de l'Union européenne, Mme Lintonen a rappelé la conclusion avec l'Afghanistan, d'une Déclaration politique conjointe, le 16 novembre 2005.  Le rôle de l'UE est principalement de renforcer la mise en place d'un État afghan démocratique, comptable de ses actes, avisé et autosuffisant, afin qu'il puisse exercer sa souveraineté et protéger les droits de ses citoyens.  Les droits de l'homme sont la priorité pour l'UE, en particulier ceux des femmes et des enfants.  L'Union soutient aussi les efforts de lutte contre le trafic de drogues, a ajouté la représentante qui a rappelé que 90% de l'héroïne qui arrive en Europe provient de l'Afghanistan.  Un Plan d'action orienté a été adopté, cette année, pour lutter contre la production de drogue en Afghanistan et contre son trafic.  En ce qui concerne l'état de droit, Mme Lintonen a indiqué que l'UE est en train d'examiner les moyens d'accroître l'engagement de l'Union dans ce secteur, grâce notamment aux constatations d'une mission d'évaluation qui s'est rendue dans le pays, en septembre.  Enfin, s'agissant de l'aide au développement, l'Union a déboursé un tiers de toute l'aide au développement en Afghanistan pour la période 2002-2006, soit une somme de 3,7 milliards d'euros.  Mme Lintonen a précisé qu'au titre de la lutte contre le trafic de drogues, l'UE a promis de verser 250 millions d'euros à compter de 2005, ainsi que de fournir du personnel de formation et de soutien au développement de la capacité de l'Afghanistan à mener cette lutte. 


M. NURBEK JEENBAEV (Kirghizistan), qui s'exprimait au nom de l'Organisation de la coopération de Shanghai, regroupant, outre son pays, le Kazakhstan, la Chine, la Fédération de Russie, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, a affirmé que la situation en Afghanistan avait un impact important sur la stabilité et la sécurité dans la région.  Les membres de l'Organisation de la coopération de Shanghai suivent de près le processus d'établissement de la paix et de reconstruction en Afghanistan et se félicitent des progrès enregistrés dans ce domaine, a-t-il souligné.  Il a constaté que l'Afghanistan continuait d'être confronté à un nombre considérable de défis et de menaces dangereuses et s'est dit sérieusement préoccupé par la dégradation de la sécurité.  L'escalade de la violence et des récentes attaques terroristes témoigne de la fragilité de la situation politique afghane, a-t-il noté, se disant notamment préoccupé par le fait que dans un certain nombre de provinces, les Taliban ont déjà commencé à établir des organes de gouvernement et de justice parallèles.


Le représentant a ainsi estimé que dans ce contexte de menace croissante de la part d'extrémistes intransigeants, il devenait particulièrement urgent d'assurer le strict respect, y compris par le Gouvernement de l'Afghanistan, du régime de sanctions décidé par le Conseil de sécurité.  Par ailleurs, il a assuré qu'une des conditions importantes pour réaliser des progrès dans la lutte contre la production et le trafic de stupéfiants consistait à éliminer les bases et les sources de la production de drogue en Afghanistan.  D'une manière générale, il a considéré que sans une assistance et un soutien extérieurs à long terme, l'Afghanistan sera incapable de résoudre les graves problèmes qu'il rencontre.  Il a espéré que la communauté internationale et le Gouvernement afghan réussiront, dans leurs efforts conjoints, à mettre en œuvre le programme de reconstruction de l'Afghanistan, formulé dans le Pacte de Londres et approuvé par le Sommet du G-8 à Saint-Pétersbourg.


M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a déclaré, au nom des États membres de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) qui comprend l’Arménie, le Bélarus, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Fédération de Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, que ces pays prenaient note des progrès relatifs accomplis dans le processus de formation politique en Afghanistan.  L’OTSC note que la nouvelle constitution afghane a été adoptée et que des élections présidentielle et parlementaire ont eu lieu.  Mais elle estime qu’il est essentiel que soit maintenu le rôle de coordination qu’a joué l’ONU au cours de la période suivant la conférence de Berlin.  Les États membres de l’OTSC sont en faveur de la paix, de la stabilité et de la prospérité économique de l’Afghanistan, a poursuivi le représentant du Bélarus en relevant que deux membres de l’OTSC, en l’occurrence le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, sont les voisins du nord de l’Afghanistan.  Les activités menées par l’OTSC visent à promouvoir la sécurité dans sa sphère d’action.


En vue de défendre les intérêts nationaux et collectifs de ses membres, l’OTSC est en train de renforcer ses capacités pour pouvoir faire face aux défis et menaces qui se posent au niveau mondial, y compris le terrorisme, l’extrémisme et le commerce illicite des drogues, a dit M. Dapkiunas.  Nous pensons qu’une coopération régionale diversifiée pourrait aider à parvenir à une solution des problèmes qui se posent à l’Afghanistan, a dit le représentant du Bélarus en précisant que cette coopération pourrait inclure une coopération entre l’Afghanistan et ses voisins autour de projets économiques, de sécurité, et de lutte contre les stupéfiants. 


D’un autre côté, la communauté internationale devrait intensifier ses efforts en vue de fournir une assistance globale à l’Afghanistan pour y éliminer les causes des problèmes qui font obstacle au processus de stabilisation.  Les pays de l’OTSC qui ont une bonne connaissance et une expertise des problèmes de la région pourraient alors jouer un rôle crucial dans la réalisation des projets relevant du Pacte en faveur de l’Afghanistan.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que la paix, la prospérité en Afghanistan étaient essentielles.  Il y a deux ans les perspectives de succès semblaient prometteuses et beaucoup a été fait dans l’observation des critères du processus de Bonn, pour la croissance économique, le retour des réfugiés, ou encore pour la création d’une nouvelle assemblée.  Il y a en revanche des sources multiples, étroitement liées entre elles, qui concourent à l’alimentation d’une insurrection.  Le représentant a relevé, dans ce cadre, l’économie de la drogue dont l’expansion coïncide d’ailleurs avec le renforcement des Taliban.  Elle se combine encore avec une aggravation économique dans le sud et le sud-est du pays.  Le Pakistan, a-t-il dit, a un rôle important à jouer dans la reconstruction afghane et les destinées de nos deux pays sont étroitement liées.  Certains cercles, toutefois, ne souhaitent pas voir la création d’une amitié entre le Pakistan et l’Afghanistan.


L’insurrection est menée par des Afghans qui opèrent à l’intérieur des frontières afghanes bien que certains Taliban se sont fondus, après les événements de septembre 2001, parmi la masse des 3 millions de réfugiés afghans au Pakistan, a affirmé le représentant.  Dès lors, nous avons proposé des actions communes pour empêcher ces mouvements transfrontaliers et nous espérons qu’elles obtiendront des résultats.  La lutte contre les Taliban constitue de fait une responsabilité pour le Pakistan comme pour les forces de coalition et notre pays ne peut seul assumer cette tâche.  Nous avons, d’ailleurs, prévu de rapatrier tous les réfugiés afghans dans les trois prochaines années ce qui démentira les accusations suivant lesquelles le Pakistan serait un sanctuaire pour Taliban, a-t-il conclu.


M. HJÁLMAR HANNESSON (Islande) a rappelé que cinq ans ont passé depuis le renversement des Taliban, pendant lesquels la communauté internationale a aidé le pays à faire face aux défis qui se sont posés.  Actuellement, l'Assemblée nationale fonctionne efficacement et des conseils de province sont opérationnels, a constaté le représentant.  Parmi les difficultés qui demeurent, il a cité la recrudescence de la violence, l'expansion de la culture de pavot et la corruption.  Celle-ci est un des principaux obstacles au développement économique et social, selon lui.  L'Islande veut donc encourager l'Afghanistan, comme formulé dans le projet de résolution, à lutter contre la corruption.  Les pays voisins peuvent jouer un rôle important pour soutenir les efforts de l'Afghanistan.  S'agissant de la MANUA, M. Hannesson a estimé qu'elle devrait avoir un rôle accru pour trouver des solutions politiques aux problèmes en Afghanistan.  Par ailleurs, la sécurité du transport aérien est indispensable, a-t-il indiqué.  L'Islande a appuyé les travaux de reconstruction de l'aéroport de Kabul, notamment en formant du personnel.  L'Islande a aussi participé à la reconstruction de la région la plus pauvre du pays dans laquelle, elle a par exemple, formé des sages-femmes.  En outre, l'Islande apportera une contribution au Fonds d'affectation spéciale du PNUD sur l'état de droit pour l'Afghanistan, a déclaré son représentant.


M. AL-NUAIMI (Koweït) a souligné la série de réformes engagées en Afghanistan et salué les efforts de reconstruction du pays qui permettra, notamment, le retour des réfugiés dans leurs villes et villages.  Abordant la question de la recrudescence de la violence dans les régions du sud, sud-est et de l’est de l’Afghanistan, il a rappelé que l’État du Koweït condamnait toutes les attaques terroristes et que les actions violentes en général menaçaient la période de transition. Il faut renforcer, a-t-il ajouté, les services sécuritaires et de base, et nous incitons les pays membres à continuer de renforcer les soutiens à la sécurité et aux programmes d’élimination de la culture de pavot à opium.  Abordant la situation économique, il a précisé la hauteur de l’engagement humanitaire de son pays dont celui du Fonds koweitien pour le développement économique qui a distribué quelque 30 millions de dollars américains, dont 15 consacrés à la reconstruction de la route de Kandahar.  La Société du Croissant-Rouge a également contribué à hauteur de 5 millions de dollars américains au soutien de la paix et la stabilité en Afghanistan.


M. MEHDI DANESH-YAZDI (République islamique d'Iran) a noté les progrès significatifs en matière de reconstruction des infrastructures de base qui peuvent soutenir le développement de l'Afghanistan.  Il a constaté cependant que la violence perpétrée par les Taliban et Al-Qaida menace le retour à la sécurité.  Le nombre élevé d'attentats suicides est inquiétant, a-t-il estimé.  L'Iran condamne les actes terroristes commis sur la terre afghane.  Nous sommes d'accord avec le Secrétaire général sur le fait qu'il faut redoubler d'efforts pour s'attaquer à ce problème, a-t-il affirmé.  Selon le représentant, le renforcement de la capacité de la Police nationale afghane serait un moyen d'y parvenir.  Si des questions telles que l'insuffisance de matériel et d’équipement militaire pouvaient être réglées, les forces armées afghanes seraient le mieux à même de lutter contre l'insurrection dans le pays. 


Par ailleurs, en tant que pays voisin, la République islamique d'Iran est extrêmement préoccupée par l'augmentation de la culture du pavot en Afghanistan.  Ainsi, l'Afghanistan fournit actuellement 92% de la production mondiale d’opium et de ses dérivés.  Le représentant a noté que les groupes terroristes sont les principaux bénéficiaires du trafic de stupéfiants.  Il a insisté pour que la communauté internationale aide le Gouvernement afghan à mettre en œuvre sa politique de lutte contre ce trafic.  La République islamique d'Iran a dû mener une guerre coûteuse contre les trafiquants armés et nous sommes prêts à continuer cette lutte en Afghanistan, a affirmé M. Danesh-Yazdi.   l a ensuite soutenu le Pacte pour l'Afghanistan qui constitue, selon lui, le meilleur cadre pour relever le pays et auquel l'Iran est prêt à participer.  Il s'est aussi déclaré en faveur de l'augmentation des activités de la MANUA.  Nous accordons beaucoup d'importance à la réussite du peuple afghan et nous coopérons avec lui, a-t-il assuré.  Il a ainsi signalé que l'Iran, jusqu'à présent, a versé 270 millions de dollars pour des projets mutuellement convenus avec l'Afghanistan dans les domaines d'assistance financière, d'assistance en nature et pour des programmes concernant les infrastructures et l'éducation.


M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) a soutenu le projet de résolution sur l'Afghanistan à la préparation duquel il a d'ailleurs participé.  Avec d'autres États, le Canada participe aux efforts de développement et de reconstruction de ce pays, ainsi qu'à ceux menés pour le stabiliser.  Nous sommes le cinquième plus important pays donateur en Afghanistan et allons investir 10 milliards de dollars sur une période de 10 ans pour la reconstruction et le développement du pays, a signalé M. Normandin.  Le représentant a énuméré les signes importants de progrès constatés en Afghanistan depuis l'an dernier, comme l'aboutissement du processus de Bonn qui a permis d'adopter une nouvelle Constitution et la tenue d'élections présidentielles, parlementaires et provinciales.  Comme le fait remarquer le Secrétaire général dans son rapport, nous sommes arrivés à une étape charnière, a-t-il dit.  Et selon lui, le passage de l'Afghanistan à une démocratie pacifique n'est pas encore acquis.  Nous devons déployer davantage d'efforts, mais avant tout, le Gouvernement afghan doit ouvrir la marche et montrer l'exemple.  M. Normandin a souligné que la corruption de l'administration publique était l'un des principaux motifs de l'action menée par les insurgés.  Seule la bonne gouvernance crée les conditions nécessaires à l'instauration de la sécurité, à la promotion de la primauté du droit, à la protection des droits de l'homme et à la poursuite du développement économique. 


Les pays voisins de l'Afghanistan ont également un rôle crucial à jouer et le Canada invite les pays de la région à intensifier leurs efforts visant à empêcher la circulation transfrontalière des insurgés, à contrer le commerce en plein essor des stupéfiants et à trouver une solution provisoire pour les réfugiés afghans.  À cet égard, le représentant s'est félicité de la tenue de la deuxième Conférence sur la coopération économique régionale en Afghanistan, qui s'est tenue à New Delhi, il y a deux semaines.  Pour conclure, le représentant a invité la communauté internationale et les Nations Unies à redoubler d'efforts pour la mise en œuvre du Pacte pour l'Afghanistan.


M. ROBERT HILL (Australie) a affirmé que son pays était engagé à travailler avec le peuple et le Gouvernement de l'Afghanistan, ainsi que la communauté internationale, afin d'aider à construire pour ce pays un avenir stable, sûr et démocratique.  Cette tâche n'est pas aisée, a-t-il dit, soulignant que l'Afghanistan avait besoin, à cet égard, de l'engagement à long terme de la communauté internationale, ce qui suppose, a-t-il ajouté, un leadership fort de la part du Gouvernement Karzaï.  Le représentant a également estimé que la lutte contre le trafic de drogue était essentielle pour l'œuvre de la communauté internationale en Afghanistan.  Il a ainsi lancé un appel pour une action nationale et internationale efficace contre la récente augmentation de la culture, de la production et du trafic de stupéfiants.  Le représentant a également souligné l'importance de la création d'institutions en Afghanistan, notamment dans le secteur de la sécurité.  Il a, par ailleurs, mis l'accent sur le rôle des pays voisins de l'Afghanistan dans la lutte contre les Taliban et les autres groupes extrémistes.  Il a appelé les États de la région à coopérer avec le Gouvernement de Kaboul et le reste de la communauté internationale pour bâtir un Afghanistan fort, uni et démocratique.


M. JOON OH (République de Corée) a déclaré que malgré les progrès et les efforts concertés du Gouvernement afghan et de la communauté internationale pour parvenir à une paix et assurer le développement, ce pays avait à faire face à de nombreux défis qui méritent d’être reconsidérés.  En premier lieu, nous notons avec inquiétude la détérioration de la situation dans les régions du sud et de l’est de l’Afghanistan, a-t-il dit.  De fait, cette flambée de violence dans les provinces n’est pas seulement une menace pour la sécurité nationale.  L’effet d’impact sur les perspectives de développement et sur la situation des droits de l’homme est grand.  En deuxième lieu, le représentant a évoqué la question de la lutte contre la production et le trafic de drogue et exhorté le Gouvernement afghan à coopérer avec ses voisins et la communauté internationale afin d’éradiquer ce phénomène.  Enfin, en troisième point, il a fait état de la réforme de l’administration publique qui aura, prévoit-il, un effet d’entraînement dans la mise en œuvre du Pacte pour l’Afghanistan comme pour toute autre politique.


Notre propre expérience en matière de développement, a-t-il ajouté, nous a appris que les politiques gouvernementales étaient plus efficaces lorsqu’il y avait un leadership fort de la part du secteur public combiné à une participation active de la communauté.  Le représentant a ensuite annoncé qu’en plus de fournir un personnel militaire la République de Corée avait, depuis quatre ans, contribué à hauteur de 60 millions de dollars à la reconstruction de l’Afghanistan et qu’elle comptait y ajouter 20 millions de dollars supplémentaires dans les trois prochaines années.  Cette nouvelle contribution sera consacrée aux ressources humaines de développement, à l’administration publique, à l’agriculture et au développement rural.


M. ARIF HAVAS OEGROSENO (Indonésie) a déclaré que son pays est inquiet face au regain de violence, en particulier dans l'est et dans le sud du pays, qui entrave le travail de reconstruction.  Il est important de continuer à mettre en place des forces militaires et de police, selon le représentant.  Comme le signale le Secrétaire général dans son rapport, les insurgés sont mus par la pauvreté, une éducation de qualité médiocre et une déception quant à leur place dans la société.  Toute une série de mesures concrètes doivent être prises, a-t-il affirmé, en mettant l'accent sur la réconciliation nationale.  Il a regretté que moins de la moitié des 76 millions de dollars souhaités pour aider l'Afghanistan aux termes de l'Appel conjoint du Gouvernement et de l'ONU ait été déboursé jusqu'à présent.  Seule une démarche globale permettra d'améliorer la situation du peuple afghan, a-t-il averti.  En ce qui concerne la culture de pavot et la production d’opium, qui ont beaucoup augmenté récemment, il s'est félicité de la politique de répression menée, tout en souhaitant que l'approche ne se limite pas au juridique.  S'agissant de la coopération régionale, le représentant s'est félicité d'initiatives telles que la Deuxième Conférence économique régionale qui a eu lieu récemment à New Delhi.  Il s'est aussi félicité de ce que le processus de démocratisation se poursuive et a espéré que des progrès seraient réalisés en ce qui concerne le système judiciaire.  L'Indonésie, qui soutient le projet de résolution, réitère son plein appui à l'Afghanistan et appelle la communauté internationale à continuer à soutenir les efforts du pays, a-t-il conclu.


M. KENZO OSHIMA (Japon) a affirmé que le partenariat afghan, lancé à Bonn en 2001, poursuivi par la Conférence de Tokyo en 2002 et la Conférence de Londres en janvier, était toujours d'actualité.  Les Nations Unies ont joué un rôle indispensable en aidant le Gouvernement afghan et son peuple dans cette œuvre de partenariat, a-t-il déclaré.  Le représentant a également jugé important que les Afghans prennent eux-mêmes en charge le processus de reconstruction et s'approprient les prises de décision.  La communauté internationale doit continuer à s'engager à aider l'Afghanistan pour que les efforts déployés ne soient pas réduits à néant, a-t-il ajouté.  Le délégué a, en outre, mis l'accent sur la nécessité d'apporter un ferme soutien au Pacte pour l'Afghanistan et au mécanisme de mise en œuvre.  Les Afghans eux-mêmes sont les premiers responsables de leur sécurité, a-t-il dit, précisant néanmoins que lorsqu'une aide extérieure était indispensable, comme c'est le cas dans ce domaine, la communauté internationale devait apporter son aide.


M. NEEL SIEGEL (États-Unis) a déclaré que l’adoption de cette résolution par consensus démontrait le soutien écrasant que la communauté internationale avait apporté à nos efforts communs en Afghanistan.  Cette résolution permettra ainsi de guider les actions de la communauté internationale et nous apprécions, a-t-il dit, l’assistance que les États Membres ont fournie afin de promouvoir la sécurité, la démocratie et une bonne gouvernance en Afghanistan, tout comme l’assistance offerte dans la lutte contre les stupéfiants ou en faveur de la promotion de la stabilité régionale.  Cette résolution réaffirme en outre l’engagement de la communauté internationale contre la menace d’instabilité et le danger constitué par les Taliban, Al-Qaida ou tout autre groupe extrémiste.  Les États-Unis comptent parmi les plus importants donateurs et fournisseurs de troupes en Afghanistan.  Ils réaffirment en tant que tels leurs engagements aux côtés des Nations Unies, des partenaires de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et du Gouvernement afghan sur la voie menant à plus de sécurité, de démocratie et de prospérité en Afghanistan.


M. NIRUPAM SEN (Inde) a attiré l'attention de la communauté internationale sur la deuxième conférence régionale consacrée à la coopération économique en Afghanistan que l'Inde a eu l'honneur d'organiser, il y a dix jours.  Cinq ans après le renversement du régime des Taliban le processus de démocratisation a été mené à un bon rythme, a-t-il constaté.  Nous devons déployer davantage d'efforts pour le poursuivre, a-t-il ajouté, tout en félicitant les Afghans qui se sont attachés à construire un État sur les vestiges de plusieurs guerres.  Nous devons agir davantage, en particulier, pour garantir une protection aux travailleurs humanitaires et prévenir les attaques qui les visent, a encore dit le représentant.  Négocier avec les Taliban ne garantirait ni la paix ni la stabilité, a-t-il affirmé.  Le marais de l'insurrection terroriste ne pourra pas être asséché si la rivière qui l'alimente n'est pas elle-même asséchée.  Nous avons tous une responsabilité à assumer, a-t-il insisté.  La Déclaration de New Delhi, prise lors de la conférence qui vient de se tenir, se fonde sur une coopération des pays de la région, avance des propositions sur les mesures à prendre, comme développer les liens commerciaux et en matière de transport et, coordonner la lutte contre le trafic de stupéfiants.  Le soutien de l'Inde pour un Afghanistan prospère et démocratique est bien connu de tous.  L'Inde a d'ailleurs versé une aide de 600 millions de dollars à l'Afghanistan.  Mais au-delà du financement, le pays fournit des travailleurs humanitaires.  Certains de ces travailleurs ont malheureusement été touchés par des attentats, mais le représentant a assuré que cela n'affaiblirait pas la détermination de l'Inde à aider le peuple afghan à reconstruire sa nation.


M. BAKI ILKIN (Turquie) a affirmé que le projet de résolution dont l'Assemblée générale était saisi, établissait un bon équilibre entre ce qui a été effectué et ce qui restait à faire en Afghanistan.  Le texte contient tous les bons éléments qui permettront de trouver une issue, s'est-il félicité.  Il a indiqué que son pays était favorable au processus du Pacte lancé il y a moins d'un an, lequel Pacte, a-t-il dit, a déjà enregistré des résultats positifs.  Le représentant a mis l'accent sur la nécessité de consolider les éléments positifs et de les étendre à l'ensemble du pays, mais aussi d'opposer un front uni face aux forces de l'instabilité qui essaient d'empêcher l'Afghanistan de progresser vers la stabilité.  Il a enfin souligné la détermination de son pays à aider le peuple afghan, rappelant que la Turquie avait déployé un contingent important en Afghanistan dans le cadre de l'OTAN. 


Mme KRISTY GRAHAM (Nouvelle-Zélande) a déclaré que les réformes en vue d’une plus grande sécurité et le renouveau du développement économique, ainsi que l’atteste l’amélioration de la qualité de vie du peuple afghan, étaient globalement des signes encourageants pour une vision à long terme du pays.  Elle a, par ailleurs, salué la valeur des mécanismes locaux mis en place qui ont su trouver, selon elle, des solutions régionales de développement.  Toutefois, a-t-il nuancé, la détérioration de l’environnement sécuritaire récente constitue un véritable sujet de préoccupation.  La réapparition de la violence associée à des activités terroristes, notamment dans le sud du pays, demeure un phénomène inquiétant.  Cela ajouté à l’augmentation du trafic d’opium, il apparaît dès lors essentiel de réformer la branche judiciaire, a-t-elle dit, et d’assurer la survie des populations en zone rurale.  La représentante a, par ailleurs, demandé à tous les donateurs internationaux de coordonner leurs contributions avec celles des autres donateurs et de s’assurer qu’elles sont conformes à la stratégie nationale provisoire de développement et au Pacte.


Mme MONA JUUL (Norvège) a jugé qu'il fallait renforcer les capacités du Gouvernement afghan pour le rendre vraiment responsable du développement du pays.  Notre stratégie globale d'assistance à l'Afghanistan doit tenir compte de toutes les dimensions des problèmes rencontrés par ce pays, a-t-elle estimé.  Si le processus de Bonn et le Pacte pour l'Afghanistan ont permis de progresser de façon significative, selon elle, il y a des domaines qui doivent être traités plus efficacement.  Ainsi Mme Juul a souhaité que soit améliorée la coordination de l'aide internationale, ce qui permettrait d'accélérer la mise en œuvre du Pacte pour l'Afghanistan.  La MANUA devrait, en outre, avoir les ressources et le rôle nécessaire pour agir sur le terrain.  Une coordination efficace ne sera cependant possible que si les donateurs sont prêts à l'accepter, a-t-elle averti, car la présence de plus de personnel pour la coordination augmentera les coûts.  Il faut aussi, selon Mme Juul, améliorer la gouvernance.  Elle a noté avec intérêt que des ressources significatives avaient été investies en ce sens.  Cependant, à son avis, les efforts de renforcement des capacités doivent être plus concertés.  Le Gouvernement devrait aussi, selon elle, avoir davantage recours au personnel afghan.  Enfin, Mme Juul a invité à aider le Président afghan à éliminer les pratiques de corruption, afin d'améliorer les institutions nationales et locales.  Évoquant la situation humanitaire, elle a expliqué l'urgence de la situation et appelé le Gouvernement à jouer un rôle de chef de file dans ce domaine.


Documentation


Rapport du Secrétaire général (A/61/326)


Ce rapport a été publié le 11 septembre 2006.


« Le fait le plus marquant en Afghanistan a été la recrudescence de la violence » constate d’emblée le Secrétaire général dans son nouveau rapport sur ce pays qui relève néanmoins « un certain nombre de progrès remarquables dont il convient de féliciter le peuple et le Gouvernement afghans ».


Ainsi, la nouvelle Assemblée nationale a montré des preuves d’indépendance, le souci de réformes et d’esprit démocratique.  Des conseils provinciaux fonctionnent maintenant dans les 34 provinces afghanes.  Enfin, un nouveau Conseil commun de coordination et de suivi associe les responsables afghans et leurs partenaires internationaux dans le contrôle de la mise en œuvre du Pacte pour l’Afghanistan.


Mais parallèlement à ces progrès, l’Afghanistan se trouve plongé dans une nouvelle crise provoquée par un mouvement insurrectionnel qui sévit sur le tiers du territoire.  Selon le Secrétaire général de l’ONU, la situation dans les zones troublées présente peu de chances de s’améliorer dans un avenir proche, et on ne peut exclure une nouvelle dégradation de la situation.  L’insurrection couvre désormais un large territoire en forme d’arc, au sud, au sud-est et à l’est du pays, où dominent les Pachtounes.


M. Annan relève que le nombre de victimes a plus que triplé par rapport à 2005.  L’insurrection est menée principalement par des Afghans opérant à l’intérieur des frontières mais ses dirigeants semblent compter sur un appui et un refuge à l’extérieur de l’Afghanistan, note le Secrétaire général des Nations Unies.


Les Afghans se rendent compte que l’insurrection constitue une grave menace pour la transition politique dans leur pays et que si on ne lui apporte pas une réponse immédiate et globale, cette insurrection risque de compromettre les progrès considérables obtenus.  Bien que l’évolution de la situation sur le terrain ait quelque peu démenti l’optimisme qui régnait à la Conférence de Londres au début de l’année, elle ne doit pas entamer notre volonté.  Le Gouvernement afghan, ses partenaires dans la région et le reste de la communauté internationale doivent collectivement redoubler d’efforts – y compris sur les plans politique et financier – pour stabiliser l’Afghanistan et soutenir sa transition face à l’actuelle montée des périls.


Dans ce contexte, le déploiement de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) dans le sud-est est un événement particulièrement opportun et bienvenu, selon Kofi Annan.


Il faudra donner, par ailleurs, aux communautés locales les motivations et les moyens d’action nécessaires pour qu’elles s’impliquent plus vigoureusement dans la restauration de la stabilité sur leur territoire.  Parallèlement à ces mesures, il faudra donner au Gouvernement les moyens de garantir l’ordre et la sécurité, de fournir les services essentiels et de relancer le développement économique, ne serait-ce que pour répondre à la frustration croissante des Afghans ordinaires devant la lenteur avec laquelle leurs conditions de vie s’améliorent.


La communauté internationale devra renforcer son action de conseil, d’accompagnement et de formation en mettant à la disposition du Gouvernement davantage de policiers qualifiés, indique M. Annan.  Il convient, en particulier, de prendre immédiatement les mesures voulues pour garantir aux agents de la Police nationale afghane le paiement intégral et régulier de leur traitement, de façon à mettre fin aux défections et à relever le moral et la motivation de la base.


Par ailleurs, la confirmation d’une Cour suprême a relancé les perspectives de renforcement de l’institution judiciaire, qui est l’une des attentes prioritaires exprimées par les Afghans.  Le Secrétaire général exhorte les organismes nationaux et internationaux compétents pour la réforme de la justice à redoubler d’efforts pour étendre l’état de droit en Afghanistan.


Quant au programme de démantèlement des groupes armés illégaux, il répond à l’une des demandes exprimées le plus clairement et le plus souvent par le peuple afghan mais les résultats obtenus à ce jour sont décevants.  Le Gouvernement et la communauté internationale doivent continuer de faire de ce programme une de leurs priorités, estime Kofi Annan.


Concernant la culture du pavot, qui alimente aussi bien l’insurrection que la corruption, elle impose, selon lui, une réorientation stratégique des politiques actuelles.  Cette réorientation devra prévoir l’adoption de mesures plus décisives contre les trafiquants et leurs protecteurs et la mise en œuvre d’une stratégie de développement rural plus intégrée.


Le Secrétaire général s’inquiète, par ailleurs, du non-respect des droits de l’homme dans la lutte contre l’insurrection.  Il relève que le Plan national d’action pour la paix, la réconciliation et la justice adopté en décembre 2005 n’est toujours pas passé au stade de la mise en œuvre.


Sur le plan économique, Kofi Annan rappelle que le partenariat exemplaire entre le Gouvernement et les bailleurs internationaux a permis de formuler une politique intégrée de développement sous la double forme de la Stratégie nationale provisoire de développement de l’Afghanistan et du Conseil commun de coordination et de suivi.  Mais pour encourager une collaboration de haut niveau, le Conseil devra faire la preuve de sa capacité à passer de l’analyse et de la planification à l’exécution et au contrôle.


Kofi Annan conclut que les membres afghans et internationaux du Conseil devront s’attacher à collaborer plus étroitement entre eux, dans un esprit de partenariat et avec un souci d’efficacité, pour garantir la bonne exécution de l’ambitieux programme qui leur a été confié.


COMMÉMORATION DU BICENTENAIRE DE L’ABOLITION DE LA TRAITE TRANSLTANTIQUE DES ESCLAVES: PROJET DE RÉSOLUTION (A/61/L.28)


Déclarations


Mme MARGARET HUGHES FERRARI (Saint-Vincent-et-les Grenadines), au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), présentant le projet de résolution L.28, a apporté quelques changements au texte initial.  L’esclavage et la traite transatlantique des esclaves restent une tâche sombre dans l’histoire de l’humanité, a-t-il déclaré.  Le départ forcé de 18 millions de personnes, sur une période de 500 ans, depuis l’Afrique jusqu’au « Nouveau monde » des Amériques, parmi lesquels les Caraïbes, les États-Unis, le Brésil et l’Espagne impériale.  Ces hommes et femmes ont dû travailler comme des esclaves, pour la plupart dans des plantations de sucre, afin d’enrichir les empires d’alors.  Ils ont été déshumanisés dès leur arrivée, vendus, dépossédés de leur culture, marqués au fer et il aura fallu deux siècles pour que la communauté internationale reconnaisse l’esclavage et la traite d’esclaves en tant que crimes contre l’humanité.


Ce que nous savons, aujourd’hui, sur les conséquences de la traite reste vague et imprécis, pour la raison que cette histoire aura été racontée par les esclavagistes et non par leurs victimes.  Le nombre d’esclaves captifs ayant traversé l’Atlantique reste ainsi indéterminé.  Nous nous réjouissons cependant du travail entrepris par l’UNESCO avec son Comité, le projet de Route des Esclaves et, attendons le document final qui en sortira avec impatience.  En outre, la commémoration prévue en 2007 offrira l’opportunité de rendre leur dignité aux victimes en exprimant les regrets et remords qui entourent cette sombre période.


M. KAIRE MBUENDE (Namibie), s'exprimant au nom du Groupe africain, a remercié les États de la CARICOM d'avoir pris l'initiative du projet de résolution commémorant le bicentenaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves.  Il a rappelé que la traite transatlantique des esclaves, qui a été pratiquée entre le XVe et le XIXe siècles, avait déraciné des millions d'Africains.  Beaucoup ont péri au cours du long voyage transatlantique et, parmi ceux qui sont parvenus à destination, certains sont décédés du fait des conditions climatiques rigoureuses et des traitements inhumains qui leur étaient infligés.  Nous devons nous souvenir de ce passé pour éviter que cela se renouvelle, a-t-il estimé.  M. Mbuende a salué le peuple africain et le peuple d'origine africaine des Caraïbes et des Amériques.  Il ne fait aucun doute qu'à ce jour encore ces peuples ressentent de façon diverse les conséquences de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves.  Le Groupe africain voudrait souligner la nécessité pour la communauté internationale de prendre les mesures utiles afin de traiter de la question des effets de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves, a indiqué M. Mbuende qui a soutenu le projet de résolution.


M. GEORGE TALBOT (Guyana), s'exprimant au nom du Groupe de Rio, a cité l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme, qui dispose que tous les être humains sont nés libres et égaux en dignité et en droits.  L'article 4 de cette Déclaration interdit expressément l'esclavage et la traite.  Le Groupe de Rio condamne l'esclavage et la servitude dans toutes leurs formes et manifestations.  Le représentant a évoqué la Journée internationale de l’abolition de l'esclavage qui va être célébrée le 2 décembre et qui donnera l'occasion de réitérer la lutte commune contre ce fléau.  Pour M. Talbot, les effets négatifs de l'esclavage et de la traite transatlantique des esclaves se font encore sentir pour les descendants des esclaves aux Amériques.  Il a ainsi cité les inégalités sociales, l'exclusion et la discrimination sociales fondées sur la race.  Le Groupe de Rio apporte son soutien aux appels à réparer les dommages ainsi causés, conformément au Programme d'action de Durban.  Il soutient aussi l'initiative des pays de la CARICOM de commémorer le 25 mars 2007 le 200ème anniversaire de l'abolition de la traite transatlantique d'esclaves.  Au cours de l'année à venir, plusieurs États de notre région mettront en œuvre des programmes reflétant la culture riche des Africains dans nos pays.  Nous espérons que ce sera une occasion de renforcer la sensibilisation sur ce sujet, a déclaré M. Talbot. 

Les États membres du Groupe de Rio sont tous coauteurs du projet de résolution et invitent tous les États à l'adopter par consensus, a-t-il annoncé.


M. JANNE JOKINEN (Finlande), qui s'exprimait au nom de l'Union européenne, a affirmé qu'en soutenant ce projet de résolution, aujourd'hui, l'Union européenne réitérait fermement sa position.  Comme d'autres, l'Union européenne souhaite considérer les questions historique, social et juridique complexes liées à l'esclavage et la traite transatlantique des esclaves de manière complète et transparente, a-t-il déclaré.  Il s'est dit convaincu, toutefois, que ces questions seraient mieux traitées dans le cadre de la Déclaration et du Programme d'action de Durban.  Rien dans la Déclaration de Durban ou dans le Programme d'action ne peut affecter le principe juridique qui exclut l'application rétrospective du droit international en matière de responsabilité d'État, a-t-il affirmé.  De même, a-t-il ajouté, ces documents ne peuvent imposer d'obligations, de responsabilité ou un droit à compensation à qui que ce soit.  Il en va de même pour ce projet de résolution, a-t-il dit. 


M. RAYMOND WOLFE (Jamaïque) a déclaré que sa délégation et celles des autres pays de la CARICOM étaient fières d’avoir pris l’initiative d’inscrire la question de la commémoration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique.  La Jamaïque espère que l’Assemblée adoptera par consensus le projet de résolution L.28 relatif à cette question.  Ce projet de texte rappelle et souligne que le commerce d’esclaves et l’esclavage sont parmi les pires violations des droits de l’homme que l’histoire n’ait jamais connues.  Ceci a été souligné lors de la Conférence mondiale contre le racisme, tenue à Durban du 31 août au 8 septembre 2001.  La traite transatlantique a été responsable de la mort de millions d’Africains, victimes de la torture, de la malnutrition, des maladies et de la répression.  Les historiens estiment que pour un Africain qui arrivait en vie dans les plantations des Amériques, deux mouraient dans les cales des navires négriers.  Face à ces tristes souvenirs, nous invitions l’Assemblée générale à prendre note que 2007 marquera le 200ème anniversaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves et nous l’invitons à déclarer la journée du 25 mars 2007 comme « Journée internationale de célébration du bicentenaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves », a déclaré M. Wolfe.


Cependant, au-delà de tous les gestes symboliques, il faut souligner que la traite et l’esclavage ne concernant pas seulement les Caraïbes et l’Afrique, a poursuivi le représentant.  Nous soulignons avec force le besoin de trouver des remèdes à ces maux, et d’adopter si possible des mesures compensatoires et de redressement aux niveaux appropriés.  La Jamaïque exhorte la communauté internationale à honorer la mémoire des victimes de ces actes odieux qu’ont été la traite et l’esclavage en érigeant un mémorial permanent, dans un lieu éminent, au sein du Siège des Nations Unies, de manière à rappeler pour toujours combien l’homme a pu être inhumain envers son semblable, a déclaré le représentant.


Mme ALLISON BOOKER (Bahamas) a déclaré se joindre au consensus sur le projet de résolution qui vise à commémorer le 200e anniversaire de l'abolition de la traite transatlantique d'esclaves.  Depuis la création de l'ONU en 1945, nous avons entendu trop souvent des appels lancés à des États Membres pour qu'ils remplissent leurs obligations en vertu du droit international, a-t-elle estimé.  Selon elle, l'appel lancé aujourd'hui, était nécessaire depuis longtemps.  Mais il faut aussi se tourner vers l'avenir et réaliser que la pratique de l'esclavage est toujours d'actualité.  Les Bahamas se félicitent de la Conférence de Durban qui a mis l'esclavage dans la catégorie des crimes contre l'humanité.  La représentante, par contre, a regretté que n'ait pas pu faire l'objet d'un consensus, la résolution récemment adoptée par la Troisième Commission sur le thème des efforts mondiaux pour l'élimination du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l'intolérance et sur le suivi de la Déclaration de Durban.  Elle a poursuivi en indiquant que les Bahamas étaient fières de contribuer à la croissance d'un pays qui avait une histoire de démocratie participative et des coutumes héritées des anciens esclaves.  Nous devons nous rappeler de ceux qui ont travaillé sans relâche pour préserver notre héritage culturel, a-t-elle rappelé.  Pour conclure, Mme Booker a expliqué que son pays entreprendra toute une série d'événements commémoratifs, notamment un festival des arts.


M. LÉO MÉRORÈS (Haïti) a affirmé qu'en adoptant ce projet de résolution, les États Membres entendaient commémorer l'abolition d'un acte ignoble qui, dès les premières tentatives de son établissement aurait dû interpeller la conscience de ceux qui ont outrancièrement usé de leur puissance pour abuser, en toute quiétude d'esprit et en toute impunité, toute une race, tout un continent.  Selon lui, le devoir de mémoire nous force tous, victimes et bourreaux, à rappeler tout particulièrement la mort de ces millions d'hommes et de femmes, qui, arrachés de leur terre natale, l'Afrique, ont péri à cause de l'esclavage, notamment durant la traversée de l'Atlantique.  Le représentant a également souligné que l'esclavage et la traite des noirs avaient été considérés par la communauté internationale parmi les plus graves violations des droits de l'homme dans l'histoire de l'humanité.  Tout en condamnant avec force ces pratiques du passé, nous devons redoubler de vigilance pour que plus jamais, nos frères et sœurs ne connaissent sur cette terre ces souffrances ignominieuses, et que plus jamais la force ne prime le droit et que plus jamais des êtres humains ne soient soumis aux caprices des puissants ou de leurs suppôts, a-t-il dit.  Qu'on reconnaisse enfin que la force a ses limites et que « tout homme naît libre et demeure égal devant la loi », a-t-il ajouté.


M. NIRUPAM SEN (Inde) a estimé qu’il fallait éduquer plus encore la population sur la question de l’esclavage.  Le projet Route des esclaves de l’UNESCO doit tenir compte des récits des esclaves et pas seulement de ceux des esclavagistes.  Le représentant a rappelé les horreurs de la traversée de l’Atlantique par les esclaves.  Il a fait référence à des récits de révoltes et de répressions de révoltes,  répressions s’apparentant aux conditions des camps de concentration. C’est en rappelant ces événements historiques qu’on peut s’accaparer sa propre histoire, a-t-il ajouté.  Il a relevé en outre que dans de nombreux cas de révolte, les peuples autochtones avaient lutté côte à côte avec les esclaves africains et qu’il fallait savoir ici bien interpréter l’histoire.  Abordant la question de l’Inde, il a par ailleurs rappelé son pillage par les Britanniques.  C’est une source de fierté, a-t-il conclu, que d’être parmi les premiers à appuyer ce projet de résolution proposant une date de célébration de l’abolition de la traite des esclaves.


Mme ILEANA NUÑEZ MORDOCHE (Cuba) a montré du doigt le développement de l'esclavage entre les XVIe et XIXesiècles, conséquence de l'insatiable appât du gain des esclavagistes européens qui n'avaient d'autre but que d’étendre leurs empires coloniaux.  Elle a cité le chiffre de 1 300 000 africains qui ont été amenés sur l'île, la plupart provenant de l'Afrique subsaharienne.  Les Cubains connaissent donc un mélange de cultures hispanique et africaine, a-t-elle expliqué.  Les Cubains qui se sont rebellés à l'époque symbolisent, aujourd’hui, la lutte pour l'indépendance et la souveraineté.  La représentante a estimé que la résolution sur la question de l'esclavage est d'une importance cruciale à une époque où certains veulent encore justifier ou ignorer ce phénomène.  Cuba s'associe à la déclaration du représentant de la CARICOM, a-t-elle encore dit.  Ceux qui ont plongé les nations concernées dans les conséquences néfastes de la monoproduction et de la monoculture ne peuvent pas, a jugé la représentante, se laver les mains en prétextant d'une amnésie historique en pleine mondialisation néolibérale.  Cuba, pour sa part, participe aux programmes de coopération avec l'Afrique, les Caraïbes et les autres pays du tiers monde, dans le cadre des efforts visant à renverser les conséquences de la traite des esclaves.


M. RICHARD TERRELL MILLER (États-Unis) a affirmé que l'héritage de l'esclavage s'était fait sentir, pendant des siècles, dans tout l'hémisphère.  La lutte contre l'esclavage lui-même ne s'est pas terminée aux États-Unis avant la guerre civile, a-t-il expliqué.  Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, un nombre incalculable de personnes aux États-Unis et ailleurs ont combattu l'esclavage et la traite transatlantique des esclaves, a-t-il expliqué, soulignant que leurs efforts méritaient d'être salués.  Le représentant a indiqué que des mesures de recours étaient prévues par le système judiciaire américain et par le biais des droits civiques déjà en place.  Les États-Unis, a-t-il dit, s'attachent à sauvegarder la dignité des gens quelles que soient leur race ou leur origine.  Il a néanmoins regretté que les coauteurs du projet de résolution aient choisi d'inclure, dans le texte, une référence à la Déclaration de Durban.  L'adoption de cette résolution ne changera pas l'avis des États-Unis sur cette Déclaration, a-t-il dit, précisant que son pays n'appuyait pas le libellé sur les compensations.  Les références politisent inutilement une question plus générale de solidarité, a-t-il ajouté.  Selon lui, une démarche plus ouverte et plus compréhensive aurait été plus conforme à l'esprit de conciliation qui inspirait l'action d'aujourd'hui.  La lutte contre l'esclavage se poursuit, a-t-il dit, notant que des milliers de personnes étaient, chaque année, tirées de leur maison et transportées ailleurs pour être réduites en esclavage.  La traite des êtres humains n'est que la poursuite de l'esclavage, a-t-il assuré. 


M. NATHANIEL BARNES (Libéria) s’est réjoui de pouvoir participer au débat sur le point 155 de l’ordre du jour portant sur la commémoration du 200ème anniversaire de l’abolition de la traite transatlantique des esclaves.  Cela, même s’il a pu regretter que la communauté internationale ait mis tant de temps à reconnaître ce qui a été un des chapitres les plus sombres de l’histoire de l’humanité.


En tant que nation qui trouve trace de sa naissance dans les conséquences de l’indignité et de la cruauté incalculable qui a caractérisé la traite, le Liberia rappelle l’esprit invincible de tous les africains, a-t-il dit.  Tandis que cette commémoration de l’abolition de l’esclavage apparaît comme une étape nécessaire vers la bonne direction, il a rappelé qu’elle était, avant tout, un moyen et non une fin.  Par ailleurs, il a souligné l’importance de s’assurer par des mesures concrètes que de telles pratiques ne perduraient pas aujourd’hui, sous d’autres formes.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a souscrit à la déclaration de la représentante de l'Union européenne.  La traite transatlantique des esclaves marque une des époques les plus inhumaines de l'histoire, a-t-il estimé.  Il a rappelé que la loi de 1807, adoptée par le Parlement britannique, a été à l'origine de l'abolition de ce fléau dans le monde.  Il a indiqué que son Gouvernement célèbrera ce jalon historique tout au long de l'année 2007 au Royaume-Uni et à l'étranger.  Nous travaillerons notamment avec la CARICOM pour préparer toute une série d'événements pour commémorer comme il se doit la journée du 25 mars 2007.  Le bicentenaire est l'occasion de nous souvenir de tous ceux qui ont souffert.  Dans le monde actuel, des formes contemporaines d'esclavages subsistent encore, a-t-il regretté.  Il a invité les États qui ne l'ont pas encore fait à signer la Convention des Nations Unies relative à l'abolition de l'esclavage et de la traite d'esclaves.


M. CHIBAEFF (France) a affirmé que son pays partageait naturellement la volonté de commémorer l'abolition de la traite transatlantique.  La France, a-t-il dit, a mené et continuera à mettre en œuvre, de multiples actions visant à reconnaître le crime odieux qu'a constitué l'esclavage, et à sensibiliser les Français à ce grave sujet.  L'abolition de l'esclavage sera désormais officiellement et solennellement célébrée en France, lors d'une journée spécifique, le 10 mai de chaque année, a-t-il indiqué.  Le représentant a ajouté qu'un Comité pour la mémoire de l'esclavage avait été constitué, avec notamment pour mission de proposer au Ministre chargé de l'éducation nationale, des mesures d'adaptation des programmes d'enseignement scolaire et des actions de sensibilisation dans les écoles.


M. FRANCISCUS MAJOOR (Pays-Bas) a déclaré que plus de 10 millions de personnes ont fait jadis cette traversée mortelle de l’Atlantique comme esclaves et qu’il était important que chacun se souvienne de ces pages parmi les plus sombres de notre histoire.  Il a ajouté que l’esclavage était désormais inclus dans nos manuels d’enseignement, c'est-à-dire que tous nos élèves apprennent désormais ces événements tragiques de l’Histoire.  Il a conclu en remerciant sur ce point la Communauté des Caraïbes pour avoir su contribuer le plus largement possible à la diffusion universelle de cette part de mémoire si douloureuse pour l’humanité.


M. BHAGWAT SINGH, Organisation consultative juridique pour les pays d’Asie et d’Afrique, a dit que personne ne devrait avoir de réserve sur le projet de résolution à l'ordre du jour.  On ne peut pas célébrer l'anniversaire de l'abolition de la traite transatlantique des esclaves sans garder à l'esprit ceux qui souffrent encore de l'esclavage, a-t-il estimé.  Il a appelé à accorder à tous les membres de l'humanité un degré de dignité égale.


Explication de position


Mme NELL STEWART (Canada) a affirmé que la traite transatlantique des esclaves était abjecte et que, si elle avait lieu aujourd'hui, elle constituerait un crime contre l'humanité.  Elle a rappelé la position de son pays selon laquelle l'esclavage et la traite transatlantique des esclaves ne pouvaient donner lieu, aujourd'hui, à un droit à un dédommagement ou à une définition d'une quelconque responsabilité.  L'abolition de l'esclavage a été un jalon essentiel, a-t-elle dit, jugeant approprié le fait d'en fêter le bicentenaire. 


ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DE DÉVELOPPEMENT: ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DE DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES: RAPPORT DE LA DEUXIÈME COMMISSION (A/61/427)


Déclarations


M. TERRAZZANI (Monaco) a déclaré que sa délégation reconnaissait l’importance des activités de l’UNICEF et que Monaco aurait souhaité coparrainer le projet


M. JOHANNES SCHNEIDER (Allemagne) a annoncé que son pays aurait souhaité figurer au rang des coauteurs du projet de résolution qu'il a soutenu vigoureusement.  Il a également remercié l'UNICEF pour ses travaux.


Les représentants des pays suivants ont pris la parole


Allemagne, Afghanistan, Finlande, au nom de l'Union européenne, Kirghizistan, au nom de l'Organisation de la coopération de Shanghai, Bélarus, au nom de l'Organisation du traité de sécurité collective, Pakistan, Islande, Koweït, Iran, Canada, Australie, République de Corée, Indonésie, Japon, États-Unis, Inde, Turquie, Nouvelle-Zélande, Norvège, Saint-Vincent-et-les Grenadines, au nom de la Communauté des Caraïbes, Namibie, au nom du Groupe africain, Guyana, au nom du Groupe de Rio, Jamaïque, Bahamas, Haïti, Cuba, Libéria, Royaume-Uni, France, Pays-Bas et Monaco.  L'observateur de l'Organisation consultative juridique des pays d’Asie et d’Afrique s'est également exprimé.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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