ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: DE NOMBREUSES DÉLÉGATIONS SE FÉLICITENT DES PREMIERS RÉSULTATS DU FONDS CENTRAL D’INTERVENTION POUR LES URGENCES HUMANITAIRES

13 novembre 2006
AG/10532

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: DE NOMBREUSES DÉLÉGATIONS SE FÉLICITENT DES PREMIERS RÉSULTATS DU FONDS CENTRAL D’INTERVENTION POUR LES URGENCES HUMANITAIRES

13/11/2006
Assemblée générale
AG/10532
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante et unième session

52e et 53e séance plénière – matin et après-midi

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: DE NOMBREUSES DÉLÉGATIONS SE FÉLICITENT DES PREMIERS RÉSULTATS DU FONDS CENTRAL D’INTERVENTION POUR LES URGENCES HUMANITAIRES

L’Assemblée adopte des résolutions renforçant

la coopération entre l’ONU et des organisations régionales

L’Assemblée générale a adopté sans vote, aujourd’hui, trois résolutions préconisant un renforcement de la coopération entre l’ONU et l’Organisation de coopération économique*, le Conseil de l’Europe** et la Ligue des États arabes***.  Ces trois questions seront inscrites à l’ordre du jour provisoire de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale.

Le vote sur un projet de résolution portant sur la coopération entre l'ONU et le Forum des Îles du Pacifique**** a été reporté à une date ultérieure.

Les États Membres se sont par ailleurs intéressés, sur la base de trois rapports du Secrétaire général, au renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies*****, ainsi qu’à l’assistance au peuple palestinien******.

Pour la Présidente de l'Assemblée générale, Sheikha Haya Rashed Al Khalifa, le Programme des réformes humanitaires lancé lors du Sommet mondial de 2005 est d'ores et déjà un succès.  Ainsi, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), créé en décembre dernier par l'Assemblée générale, lequel fonctionne grâce aux contributions volontaires des États Membres, a apporté des réponses d’urgence permettant de sauver des vies dans 25 pays, et s’est montré particulièrement efficace au cours de la crise au Liban.  Il est ainsi important, selon elle, de l’améliorer et de s’assurer qu’il sera financé à l’avenir. 

De nombreuses délégations ont abondé en son sens, notamment celle de la Grenade, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), qui a souligné que des versements immédiats étaient essentiels pour faire face aux situations d’urgence, en particulier en Afrique.  Le Japon a estimé pour sa part que les travaux du Fonds devaient être examinés afin de renforcer sa capacité d’intervention en cas de crises humanitaires, surtout pour ce qui concerne l’Appel éclair des Nations Unies en cas de crise humanitaire.  Il convient également de se pencher sur les critères d’allocation de ressources, a-t-il encore préconisé.

Sheikha Haya Rashed Al Khalifa a, par ailleurs, constaté que la communauté humanitaire continuait d’être confrontée à un certain nombre de défis dans différentes régions.  Elle a ainsi évoqué les situations d’urgence que constituent la sècheresse dans la corne de l’Afrique, touchant 15 millions de personnes dans cinq pays, les populations dans l’attente d’une assistance humanitaire, comme au Darfour, de même que les violences sexuelles ou l’enrôlement forcé de garçons dans des groupes armés.  Les États Membres ont la responsabilité première d’empêcher ces violations, a-t-elle déclaré.

Les problématiques humanitaires doivent être intégrées aux cadres d’action politique, sécuritaire et dans le contexte des opérations de maintien de la paix, a estimé pour sa part la Finlande, au nom de l’Union européenne.  C’est pourquoi, a dit sa représentante, l’Union européenne est fermement convaincue que la Commission de consolidation de la paix peut contribuer à une meilleure action coordonnée des Nations Unies auprès des États sortant d’un conflit.

De nombreuses délégations se sont également félicitées de l’approche par modules, l’un des piliers de la réforme humanitaire des Nations Unies qui, ont souligné les États-Unis, renforce son action en identifiant clairement les rôles respectifs dans la chaîne des activités humanitaires.

S’agissant de l’assistance internationale au peuple palestinien, l’Observateur de la Palestine a indiqué qu’elle représentait, aujourd’hui, son principal élément de survie.  Selon lui, la campagne de destruction menée par Israël a pour résultat d’entraîner les Palestiniens dans le cercle vicieux de la destruction/reconstruction, plutôt que dans celui de la reconstruction/développement.  De ce fait, a-t-il ajouté, le peuple palestinien est contraint, aujourd’hui, à lutter pour survivre.  Plusieurs délégations arabes, comme celle de l’Égypte, ont appelé la communauté internationale à accorder une aide financière plus généreuse en vue d’atténuer le déclin de l’économie palestinienne et pallier à l’aggravation des besoins humanitaires des populations palestiniennes de la région.

Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Fédération de Russie, Ukraine (au nom du GUAM), Émirats arabes unis, Inde, Japon, Suisse, États-Unis, Australie, Soudan, Chine, Canada, Arabie saoudite, Bélarus, Colombie, Sri Lanka, Palestine, Thaïlande, Norvège, Zambie, Koweït, Égypte, Guatemala, Cuba, Argentine, Brésil et Venezuela.  Les observateurs du Saint-Siège, de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, de l'Ordre militaire souverain de Malte et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se sont également exprimés.

La prochaine séance plénière de l'Assemblée générale aura lieu jeudi 16 novembre à 10 heures.

* Résolution publiée sous la cote A/61/L.8 ** Résolution publiée sous la cote A/61/L.14

*** Résolution publiée sous la cote A/61/L.17

**** Projet de résolution publié sous la cote A/61/L.20

***** Rapports publiés sous les cotes A/61/85, A/61/87 et A/61/314

****** Rapport publié sous la cote A/61/80

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DE SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

Déclarations

SHEIKHA HAYA RASHED AL KHALIFA, Présidente de l ’Assemblée générale, introduisant le débat sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe fournis pas les organismes des Nations Unies, y compris l’assistance économique spéciale, a affirmé que cette année avait été épargnée par les catastrophes naturelles et que des nouvelles opportunités étaient apparues pour la paix.  Ce répit nous donne l’occasion de mettre l’accent sur les activités de préparation dans plusieurs régions vulnérables aux catastrophes naturelles et de consolider les réformes humanitaires lancées lors du Sommet mondial de 2005, a-t-elle souligné.  Ce programme de réforme est déjà un succès, a-t-elle assuré, citant notamment l’établissement, en décembre dernier, du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires.  Ce Fonds, a-t-elle dit, a apporté des réponses d’urgence permettant de sauver des vies dans 25 pays, et s’est montré particulièrement efficace au cours de la crise au Liban.  Il est ainsi important, selon elle, de l’améliorer et de s’assurer qu’il sera financé à l’avenir.

La Présidente a également constaté que la communauté humanitaire continuait d’être confrontée à un certain nombre de défis dans différentes régions.  Elle a ainsi évoqué les situations d’urgence qui doivent être traitées, comme la sècheresse dans la corne de l’Afrique, qui touche 15 millions de personnes dans cinq pays, les populations qui attendent une assistance humanitaire, comme au Darfour, de même que les violences sexuelles ou l’enrôlement forcé de garçons dans des forces armées.  Les États Membres ont la responsabilité première d’empêcher ces violations, a-t-elle déclaré, mettant l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures visant à poursuivre leurs auteurs et de créer des structures pour prendre en charge les victimes.  Enfin, la Présidente a estimé que la communauté internationale devait fournir un appui financier à long terme pour éviter que ne se dégrade la situation économique et humanitaire en Palestine. 

Mme KIRSTI LINTONEN (Finlande) a réaffirmé, au nom de l’Union européenne (UE), le rôle essentiel des Nations Unies dans les domaines liés à l’action humanitaire.  Elle s’est félicitée des progrès réalisés en la matière dans le cadre des réformes engagées ces dernières années par l’Organisation.  Elle a cependant fait remarquer qu’il demeure important de renforcer la coopération en vue de prévenir plus efficacement les catastrophes humanitaires, se référant notamment à la crise du Darfour et à la situation au Sri Lanka.

Poursuivant, Mme Lintonen a rappelé que l’Union européenne était activement engagée pour le respect du droit international humanitaire, des droits de l’homme et des normes concernant les réfugiés, ce qui prévoit également la protection des civils et du personnel humanitaire.  Sur ce dernier point, elle a indiqué que la responsabilité incombait en premier lieu aux gouvernements et, cela conformément aux dispositions réitérées en ce sens dans le Document final du Sommet mondial de 2005.  L’Union européenne condamne vigoureusement les attaques dont sont victimes les personnels des Nations Unies et associés, et appelle à la cessation immédiate des violences, en particulier les violences à caractère sexuel.  Mme Lintonen a encore dit que des mesures efficaces de prévention devaient être rapidement mises en place par les États Membres, en adaptant notamment les législations nationales et en mobilisant les ressources nécessaires à cette entreprise.  La représentante a estimé qu’il était, en outre, indispensable de poursuivre en justice les auteurs de violence.  C’est pourquoi, a-t-elle déclaré, l’Union européenne appuie pleinement les travaux de la Cour internationale de Justice et exhorte les États qui ne l’ont pas encore fait à ratifier le Statut de Rome de la CIJ.

Se félicitant de la baisse du nombre de réfugiés dans le monde, Mme Lintonen a cependant ajouté que la protection des personnes déplacées devait être renforcée.  Elle a par ailleurs plaidé pour un renforcement de la coopération à l’échelle des pays entre les acteurs locaux, les organisations non gouvernementales (ONG) et la société civile.  À ses yeux, les problématiques humanitaires doivent être intégrées aux cadres d’action politique, sécuritaire et dans le contexte des opérations de maintien de la paix.  C’est pourquoi, a-t-elle dit, l’Union européenne est fermement convaincue que la Commission de consolidation de la paix peut contribuer à une meilleure action coordonnée des Nations Unies auprès des États sortant d’un conflit.  À cet égard, l’établissement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires représente une avancée considérable.  La représentante a ajouté que le Secrétaire général avait noté dans son rapport que le Fonds avait permis de rationaliser la réponse humanitaire au niveau national en répartissant de manière plus équitable l’aide, en Afrique notamment.  Elle a précisé que, à ce jour, les États Membres avaient contribué aux efforts du Fonds à hauteur de 180 millions de dollars.  S’agissant des catastrophes naturelles, la représentante a affirmé que la prévention était le « remède » de choix pour éviter que les pays les moins avancés ne subissent sur une longue durée, les conséquences de ces périls.  Elle a souhaité que la réduction des risques soit intégrée aux stratégies de développement durable et d’éradication de la pauvreté.  Une collaboration étroite est ainsi requise entre les États Membres, le PNUD, la Stratégie mondiale pour la réduction des catastrophes et les principales institutions financières internationales, a-t-elle insisté.  

Mme RUTH ELIZABETH ROUSE (Grenade) a déclaré que les petits États insulaires en développement étaient particulièrement vulnérables aux ouragans, aux inondations et aux tremblements de terre, et que le développement de son pays était largement tributaire de la fréquence et de la magnitude de tels changements climatiques.  À cet égard, elle s’est félicitée du lancement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, qui fonctionne grâce aux contributions volontaires des États Membres.  La représentante a souligné que des versements immédiats sont essentiels pour faire face aux situations d’urgence notamment en Afrique.  Elle a appelé les autres États Membres à le financer et faire en sorte que les promesses soient tenues pour lui permettre de fonctionner efficacement.  La CARICOM appuie la recommandation du Groupe consultatif, établi en vertu de la résolution 60/124, selon laquelle les États Membres doivent faire le nécessaire pour réaliser, dès que possible, l’objectif des 500 millions de dollars.  Le succès futur du Fonds dépendra de la volonté des États Membres.  Se félicitant de l’Accord financier pour l’appui institutionnel et le renforcement des capacités en matière de gestion des catastrophes naturelles entre l’Union européenne et le CARIFORUM qui prévoit un projet de 3,4 millions d’euros pour accroître les effectifs de l’Organisme caraïbe d’intervention rapide en cas de catastrophe (CDERA) et améliorer sa coordination dans la région.  Ce projet contribuera également à élaborer une législation plus pointue afin de mieux répondre aux catastrophes naturelles.

M. ANDRIY NIKITOV (Ukraine), qui s’exprimait au nom de l’Organisation pour la démocratie et le développement économique (GUAM), qui outre son pays regroupe la Géorgie, l’Azerbaïdjan et Moldova, a d’abord noté l’augmentation l’année passée, du nombre de catastrophes de grande ampleur et de personnes affectées.  Il a pointé du doigt le problème spécifique de la coordination des secours, notant que le système international d’intervention onusien devait être non seulement renforcé, mais aussi mieux coordonné sur le terrain afin d’éviter les doublons. 

M. Nikitov a évoqué plus particulièrement la pandémie du VIH/sida qui, avec l’exploitation sexuelle et les abus contre les civils, se répand partout dans les pays en crise, en proie à la famine ou aux catastrophes naturelles dont ils aggravent le déclin.  Les efforts pour régler ces problèmes seraient plus probants si les pays membres mettaient au point des stratégies nationales antisida en direction des humanitaires et des casques bleus, estiment les pays du GUAM.  Évoquant enfin la catastrophe de Tchernobyl, ceux-ci expriment leur reconnaissance pour l’aide visant à diminuer ses conséquences néfastes qui a été fournie par les États Membres et par les organisations du système des Nations Unies, ainsi que par les représentants de la société civile, du secteur privé et des bailleurs de fonds internationaux.

M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Émirats arabes unis) a souligné le rôle central de l’ONU dans le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe et réitéré l’importance de la mise en œuvre des recommandations des conférences internationales en la matière.  Les Émirats arabes unis, a-t-il continué, sont l’un des pays à fournir le plus d’aide aux pays touchés par les catastrophes tout en continuant à s’acquitter de ses obligations financières à l’égard des organes de l’ONU actifs dans le domaine humanitaire.  Il a rappelé que les Émirats avaient ratifié le Protocole de Kyoto, entre autres, pour lutter contre les changements climatiques.  Préoccupés par la situation humanitaire du peuple palestinien, les Émirats arabes unis ont appelé le Conseil de sécurité à mettre fin à l’agression israélienne et à reprendre les négociations de paix sur la base des résolutions pertinentes et de l’Initiative de paix arabe.  Enfin, M. Al-Shamsi a exhorté les pays donateurs à réaccorder leur aide au peuple et au Gouvernement palestiniens.

M. NIRUPAM SEN (Inde) a rappelé que son pays avait appuyé le lancement en mars de cette année, d’un Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires dont l’objectif prioritaire est de permettre aux Nations Unies de fournir le plus rapidement possible l’aide humanitaire nécessaire aux pays en développement en butte à une catastrophe.  Il a précisé que son pays s’était engagé à fournir à cette fin une contribution de deux millions de dollars.

Le représentant indien a noté avec satisfaction que malgré sa création récente, le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires avait permis de fournir une aide humanitaire dans les 72 heures.  Il a appelé le coordonateur des secours d’urgence à poursuivre ses efforts en vue de réduire les délais administratifs, soulignant la nécessité de ne pas infliger une bureaucratie excessive aux pays dont les autorités doivent déjà faire face à une situation d’urgence.

Rappelant que l’aide devait être fournie en tenant compte de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale des États affectés, le représentant a exprimé la préoccupation de son pays au sujet des recommandations faites par le rapport sur « l’accès humanitaire » aux personnes

déplacées qui s’écartent, selon lui, des dispositions de la résolution 46/182 de l’Assemblée générale de l’ONU.  L’Inde est convaincue que les États stables et bien organisés sont mieux placés pour s’occuper des personnes déplacées sur leur propre territoire, a-t-il indiqué.

M. TAKAHIRO SHINYO (Japon) s’est félicité de l’établissement du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires et de l’élargissement concomitant de la base des donateurs.  Il a estimé que les travaux du Fonds devaient être examinés afin de renforcer sa capacité d’intervention en cas de crises humanitaires, notamment, pour ce qui concerne l’Appel éclair des Nations Unies en cas de crise humanitaire.  Nous devons aussi nous pencher sur les critères d’allocation de ressources, a-t-il encore préconisé.

Le représentant a par ailleurs indiqué que sa délégation appuyait l’approche par module, l’un des piliers de la réforme humanitaire.  Cette approche est utile pour renforcer l’efficacité de l’aide humanitaire multilatérale, améliorer la coordination sur le terrain et s’attaquer à la question des personnes déplacées, en attendant qu’une organisation internationale soit créée pour répondre spécifiquement à ces défis.  Dans ce contexte, a ajouté M. Shinyo, le Japon appuie les efforts actuels du Bureau de la coordination des affaires humanitaires en vue de consolider le rôle et les fonctions des coordonnateurs humanitaires.  Nous sommes d’avis qu’il conviendrait de décentraliser les lieux de prise de décisions afin de renforcer les mandats de ces derniers, a encore proposé le représentant. 

Celui-ci a en outre estimé que la réduction des risques de catastrophes naturelles était un volet essentiel du développement durable, et que, de ce fait, les Nations Unies devaient accorder à cette question toute l’attention qu’elle mérite.  Évoquant les désastres ayant frappé le Pakistan, les Philippines et Java, il a jugé urgent de réaliser les objectifs du Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015.  De l’avis du représentant, ces objectifs seront plus facilement réalisés une fois que les composantes de la mondiale pour la réduction des catastrophes seront eux-mêmes renforcées.  À cette fin, a-t-il dit, le Japon est prêt à jouer une part active aux délibérations du Comité consultatif des programmes, en partageant notamment son expertise et l’expérience accumulée depuis la catastrophe de Kobé.

M. NICOLAY CHULKOV (Fédération de Russie) a déclaré que cette année avait été particulièrement importante pour la communauté humanitaire internationale qui a démontré sa capacité à améliorer le mécanisme mondial d’aide humanitaire et à le porter à une plus grande échelle.  La capacité de réponse aux grandes catastrophes a été renforcée, en tout premier lieu, grâce à l’amélioration du mécanisme de coordination sur le terrain.  Il a rappelé ainsi le caractère souverain de la décision des gouvernements qui ont le droit d’établir leurs priorités dans le monde humanitaire.  Ainsi, le représentant russe a estimé que l’approche d’intervention dite par module devrait être appliquée de manière précise en tenant compte des considérations locales et qu’il ne faudrait certes pas appliquer cette approche de manière globale.

Il a ensuite souligné l’importance de la création du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires qui constitue selon lui un élément important du processus de réforme.  Nous sommes heureux de constater, a-t-il dit, que les premiers mois du fonctionnement de ce Fonds ont été bons.  Le mécanisme d’intervention humanitaire ne peut être considéré comme statique, a-t-il ajouté, préconisant de poursuivre ce mécanisme selon les besoins de chacun. 

Enfin, il a conclu sur le fait qu’aujourd’hui, l’obligation nous est donnée de prévoir les catastrophes et de nous y préparer.  Nous devons donc renforcer la coopération internationale dans ce domaine pour atteindre les objectifs de la Stratégie mondiale pour la réduction des catastrophes, qui a été adoptée en janvier 2006 par la Conférence de Kobé, au Japon.

M. PETER MAURER (Suisse) a invité les États Membres à poursuivre, avec l'appui du Secrétariat, les discussions visant à réaffecter les questions humanitaires traitées par l'Assemblée générale.  Il a appelé de ses vœux à une meilleure concertation entre les acteurs humanitaires en vue d'une efficacité accrue, tout en soulignant que les activités humanitaires doivent reposer sur une évaluation réaliste des besoins de protection et d'assistance de toutes les personnes affectées, sans distinction aucune, conformément aux principes humanitaires, ainsi que sur les capacités avérées de tous les acteurs nationaux et internationaux présents sur le terrain.  Le représentant a souligné la primauté des organisations civiles dans la mise en œuvre de l'aide humanitaire, en particulier dans les zones touchées par des conflits, et a invité les États Membres à faire usage des instruments en vigueur régissant la coopération civilo-militaire dans les situations de crise. 

M. RICHARD T. MILLER (États-Unis) a déclaré que son Gouvernement soutenait l’approche sectorielle qui renforce l’action des Nations Unies en identifiant clairement les rôles respectifs dans la chaîne des activités humanitaires.  Dans le cadre de cette approche, il a souligné l’importance d’une participation aussi large que possible, ouverte aux organisations non gouvernementales, aux organisations internationales, aux donateurs et aux pays hôtes.  La délégation américaine s’est ensuite dite satisfaite du rôle renforcé du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en matière de protection des personnes déplacées.  Les États-Unis appuient également les recommandations en vue d’établir de nouveaux accords en attente en ce qui concerne le déploiement du personnel humanitaire.  En outre, s’il n’y a aucun doute au fait que le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) constitue un outil précieux pour répondre aux urgences humanitaires, le représentant s’est déclaré moins convaincu par le rôle de ce mécanisme pour faire face aux « urgences sous-financées ».  Des clarifications sont nécessaires à ce sujet, a-t-il ajouté.  Le représentant a, par ailleurs, souligné que la capacité des Nations Unies à mener sur le terrain une analyse de fond et à apporter une assistance humanitaire efficace était déterminante.  Il a toutefois regretté la multiplication des attaques délibérées contre des travailleurs humanitaires, devenues un vrai problème dans de nombreuses situations de crise.  Il est plus que jamais, nécessaire d’assurer la sécurité de ces personnels, a conclu le représentant.

M. GEORGE CAMPBELL (Australie) a affirmé que la réforme de l’action humanitaire des Nations Unies, conduite par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires, était un élément essentiel pour le renforcement des capacités, de la coordination et du financement de l’action engagée par l’Organisation dans ce domaine.  Il a ajouté que son pays attachait une grande importance à la réforme du système des coordonnateurs humanitaires et encourageait le Bureau à continuer d’œuvrer au développement de ce système, en

mettant notamment l’accent sur la formation des personnels concernés.  Le représentant a salué par ailleurs, la formulation d’une approche humanitaire par module qui a démontré son efficacité dans la gestion des catastrophes survenues au Pakistan et à Yokyakarta.  En ce qui concerne le financement, la création du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires avait un effet positif, a-t-il poursuivi, estimant que le Bureau devait poursuivre la consolidation de cet instrument, en attirant les donateurs privés et en sollicitant les contributions d’un éventail plus large d’États Membres.  M. Campbell a également appelé à la multiplication du nombre de partenariats à l’intérieur et en dehors de la communauté des organisations humanitaires.  S’agissant des violences perpétrées à l’encontre des populations civiles et des travailleurs humanitaires, il a demandé que les Nations Unies s’engagent plus avant à enrayer ces exactions, en particulier celles comportant un caractère sexuel.  Nous exhortons les États Membres à faire en sorte que les législations nationales soient adaptées à la prévention de ces crimes et à la poursuite en justice de leurs auteurs, a-t-il lancé.  

M. MAHJOUB (Soudan) a salué le courage du personnel humanitaire qui se sacrifie pour ceux qui sont dans le besoin, et en particulier le personnel de l’OCHA.  Puis il a rappelé que son pays avait une expérience tout à fait positive de l’aide humanitaire.  Le Soudan, en dépit de ses maigres ressources, a apporté un soutien aux réfugiés.  Fort de cette expérience, l’assistance humanitaire, a-t-il dit, nécessite une coopération étroite avec les gouvernements locaux et, même si certains pays sont victimes de crise humanitaire qui exige une intervention internationale, cela ne veut pas dire que l’on puisse piétiner la dignité des peuples.

Le représentant soudanais a rappelé ensuite les dangers d’une aide alimentaire directe, qui peut avoir des effets pervers sur un pays si l’on y prend garde, tel que le déséquilibre des modes de consommation ou encore l’entrave à la reprise du développement.  Au Soudan par exemple, 80% de l’assistance alimentaire provient de l’étranger, ce qui, a estimé le représentant, risque de compromettre ses capacités nationales de production à moyen et à long termes.  Il faut que l’aide alimentaire, a-t-il conclu, puise davantage sur le marché local.  Or dans la pratique, a-t-il fait remarquer, c’est le souhait ou le désir du donateur qui prévaut et qui, de ce fait, entrave l’adaptation de l’aide.  C’est pourquoi, il a insisté sur le renforcement de la coordination entre bénéficiaires et donateurs.  Il faut en outre qu’il y ait transparence dans le suivi.  Un climat de clarté et de transparence doit pouvoir entourer ces efforts humanitaires, a-t-il précisé.

M. LIU ZHENMIN (Chine) a affirmé que la fréquence des catastrophes naturelles devait entraîner une augmentation du niveau de l'aide humanitaire.  La création du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires constituait, à son avis, une réalisation importante de la réforme du travail des Nations Unies dans le domaine humanitaire, a-t-il déclaré, appelant les États Membres à accroître leurs contributions à ce Fonds pour atteindre l'objectif annuel de 500 millions de dollars.  Le délégué a, en outre, jugé nécessaire de renforcer le rôle directeur du Bureau de la coordination des affaires humanitaires afin de lui permettre de jouer son rôle de coordination avec plus d'efficacité et, affirmé que les gouvernements des pays touchés devaient jouer

un rôle important dans tous les aspects de la planification des secours et de

reconstruction.  En fournissant une assistance humanitaire aux pays touchés, les Nations Unies et la communauté internationale devraient toujours adhérer aux principes d'humanité, de neutralité et d'impartialité, faire une évaluation complète de l’ampleur des catastrophes et des capacités de résistance des pays touchés par ces catastrophes, en tenant compte des besoins actuels et des priorités de ces pays, a-t-il estimé.

M. JOHN MCNEE (Canada) a estimé que malgré certains changements encourageants, des rivalités persistaient entre les agences onusiennes et, la coopération avec les organisations non gouvernementales et les autres partenaires suscitaient souvent des tensions.  Pour tous les États Membres, il est important que les Nations Unies réussissent à renforcer le système humanitaire international, a-t-il affirmé.  

À ce sujet, le représentant a salué la mise en place de l’approche par module visant à renforcer la coopération interagences, y compris celle avec les autres organisations humanitaires.  Il a toutefois regretté que les progrès tardent à se faire sentir, notamment en ce qui concerne les groupes de coordonateurs humanitaires chargés de la protection et du redressement rapide.  C’est en ce sens que le représentant a souhaité que le Bureau de coordination des affaires humanitaires aide les responsables de ces organismes à renforcer leurs capacités de coordination, de façon à permettre aux États de mesurer leursprogrès dans la mise en œuvre des stratégies pertinentes.  Pour ce qui est des mécanismes de financement, il a fait savoir que son pays avait, cette année, apporté une contribution importante au Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF), un outil utile pour la distribution d’une aide financière rapide, souple et prévisible face à des catastrophes naturelles, a-t-il précisé.  Par ailleurs, le représentant a estimé qu’il appartenait au Bureau d’élaborer un cadre d’actions axées sur les résultats du Fonds, de façon à évaluer clairement son incidence sur l’amélioration de l’efficacité de l’aide humanitaire.  Il a par ailleurs déploré que, s’agissant des urgences complexes, les violations du droit international constituaient « la règle plutôt que l’exception » et que, dans de trop nombreuses situations, la violence sexuelle demeurait une réalité.  Il faudra que les auteurs d’exactions contre des personnels humanitaires ne puissent plus agir en toute impunité, a-t-il estimé, invitant les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à signer ou à ratifier la Convention de 1994 sur la sécurité du personnel des Nations Unies et des personnels associés.

M. MISHAL BIN ABDULLAH BIN ABDULAZIZ AL SAUD (Arabie saoudite) a souligné qu’il était important de tirer profit des expériences des différents États pour cette question de l’aide d’urgence attribuée aux pays dans le besoin.  Le montant de cette aide dans le domaine du secours d’urgence consentie par l’Arabie saoudite de 1975 à 2004 a été de 4 986 millions de dollars.  L’assistance humanitaire ne s’est pas limitée au plan bilatéral ou direct, a-t-il fait remarquer, précisant que l’Arabie saoudite a appuyé les institutions spécialisées en fournissant une somme qui a dépassé 24 milliards de dollars.  Le montant total d’assistance a dépassé 83,7 milliards de dollars, ce qui représente 4% du PIB annuel.  C’est selon lui le montant d’aide humanitaire le plus élevé qui ait jamais été attribué dans le monde.  Cette assistance a pour but, a-t-il précisé, d’appuyer le développement économique et social à long terme ou encore les projets dans les domaines de santé, de l’eau, d’agriculture, et pour le forage de puits ou la construction de barrages.  Il faut approfondir le concept de développement durable, a-t-il ajouté, dans tous les domaines, avec un partenariat fondé sur la solidarité réelle.

Pour ce qui est de la question de la dette, le représentant a indiqué que l’Arabie saoudite a annulé plus de 6 milliards de dollars de dette.  Si le pétrole est un marché stratégique important, l’Arabie saoudite, a-t-il fait remarquer, agit cependant avec sagesse et de manière inlassable pour assurer la stabilité des prix du pétrole et empêcher que cela ne menace les économies fragiles des pays en développement.

M. NIKOLAI CHERGINETS (Bélarus) a affirmé que la capacité des Nations Unies à coordonner l'aide humanitaire pour les pays touchés avait été mise à rude épreuve au cours de ces dernières années.  Le Secrétariat met trop de temps pour évaluer les besoins, a-t-il dit.  Par conséquent, certains États préfèrent fournir leur aide sur un plan bilatéral sans tenir compte des mécanismes des Nations Unies.  Le représentant a espéré que, grâce à leurs efforts conjoints, les États Membres pourront réunir les 500 millions de dollars nécessaires pour le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires.  Il a souligné que son pays avait été l'un des premiers à réagir aux besoins des personnes touchées par le tsunami et n'était pas resté inactif au cours du conflit récent au Moyen-Orient.  Le Bélarus, a-t-il assuré, est déterminé à développer sa coopération avec l'ONU afin d'éliminer les conséquences des catastrophes d'origines naturelle ou humaine.  Il a espéré que le travail de soutien humanitaire aux citoyens du Bélarus touchés par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl se poursuivra.  

Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a expliqué que l’action humanitaire en faveur des populations de personnes déplacées, ainsi que leur réinsertion sociale dans leur pays d’origine, était une priorité du Gouvernement colombien.  Elle a indiqué que la formation et l’allocation de prêts avaient aussi pour objectif de permettre à ces personnes de retourner dans leur foyer dans les meilleures conditions possibles.  La représentante a affirmé qu’il était important que l’aide humanitaire soit acheminée en tenant compte des principes de neutralité et d’impartialité, et que celle-ci complète les efforts engagés par les gouvernements.  Selon elle, l’approche par module doit demeurer le modèle en matière d’action humanitaire, l’objectif principal des Nations Unies étant de contribuer au renfort des capacités nationales de réponse aux situations d’urgence.  La représentante a ajouté que, dans tous les cas, il incombait aux États de coordonner l’acheminement de l’aide humanitaire.  En effet, a-t-elle dit, la consolidation du rôle des Nations Unies dans ce domaine ne doit pas se faire au détriment de l’autorité des États.  Ainsi, toute réforme humanitaire doit s’appuyer sur un mandat intergouvernemental respectueux de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des pays.

M. A. L. ABDUL AZEEZ (Sri Lanka) a déclaré que son pays avait pu redresser la barre, réparer des infrastructures, des routes, rétablir le gaz, l’électricité, le téléphone après le tsunami.  De nombreux États et institutions religieuses ont fourni des abris d’urgence pour la population.  La dernière décennie a été témoin d’une augmentation des catastrophes naturelles et d’une détérioration croissante de l’environnement qui constitue un risque grave pour un futur très proche.  Le représentant a regretté que la politique d’État, l’administration, les pratiques de développement ne tiennent pas suffisamment compte de la vulnérabilité des populations face aux catastrophes naturelles.

Pour la reconstruction du Sri Lanka, la Communauté européenne a promis de verser 2,1 milliards mais à ce jour, son pays n’en a reçu que 600 millions.  Nous avons fait une évaluation des besoins qui a été menée avec différents partenaires pour le développement.  Aujourd’hui, a-t-il tempéré, la gestion des catastrophes est devenue une priorité nationale.  Le Sri Lanka a de plus mis l’accent sur des capacités locales à créer des actions de mesures rapides.  Les ressources humaines locales, a-t-il insisté, doivent être renforcées et mieux préparées. 

M. RIYAD MANSOUR, Observateur de la Palestine, a déclaré que l’assistance internationale est, aujourd’hui, le principal élément de survie du peuple palestinien.  Aujourd’hui, a-t-il fait remarquer, le peuple palestinien crie famine.  Si une chose a été constante, depuis 39 ans d’occupation des territoires palestiniens par Israël, c’est bien l’exploitation des ressources et l’anéantissement des rêves du peuple palestinien par la force occupante israélienne.  Les effets catastrophiques de cette campagne de destruction, a-t-il poursuivi, ne sauraient être trop soulignés avec pour résultats de nous faire entrer dans le cercle vicieux de la destruction/reconstruction, plutôt que dans celui de la reconstruction/développement.  De ce fait, le peuple palestinien est contraint, aujourd’hui, à lutter pour survivre.  Israël a fait en sorte de transformer l’aide au développement durable en aide d’urgence et nous, Palestiniens, ne pouvons même plus envisager un avenir meilleur.  L’an dernier, le niveau de pauvreté a augmenté de 30% pour atteindre le niveau record de 70% à Gaza.  L’insécurité alimentaire est dès lors devenue un euphémisme puisqu’il s’agit d’une véritable catastrophe humanitaire.

Les conséquences sur le terrain du boycott des produits palestiniens, sur le marché auquel s’ajoute la rétention par Israël de plus de 60 millions par mois en taxes perçues, étranglent notre économie, a indiqué l’Observateur palestinien.  Les fonctionnaires palestiniens, qui étaient jusqu’à présent les seuls contributeurs à l’économie du pays, sont aujourd’hui sans revenus.  C’est la première fois qu’un peuple occupé a pu être traité de la sorte.  Il s’agit d’un crime de guerre et Israël est obligé, en vertu du droit international, d’indemniser les civils.  Il faut que la communauté internationale intervienne pour mettre fin à la destruction de tout un peuple.  Il faut, a-t-il dit, arrêter ce carnage et éviter que l’aide au développement ne soit détournée par les destructions.

Mme SAHUSSARUNGSI (Thaïlande) a déclaré que le relèvement, au lendemain du tsunami, constituait un des défis à relever pour son pays.  À cette fin, le Gouvernement thaïlandais a adopté une politique en vue de préparer les agences concernées à l’éventualité de catastrophes naturelles.  Une des approches privilégiées pour atténuer l’impact de ces catastrophes a été la mise en place de systèmes d’alerte rapide et le renforcement du niveau d’alerte de la population et des opérations de secours, a indiqué le représentant.  Considérant, en outre, la coopération régionale comme une nécessité pour répondre à des catastrophes d’ampleur régionale, la Thaïlande a établi conjointement à la fin 2005 avec des pays de l’Asie du Sud-Est et de l’océan Indien un Fonds d'affectation spéciale pour un système d’alerte rapide aux tsunamis.  D’autres initiatives ont été lancées depuis, notamment l’Accord de confirmation du Forum régional de l'ANASE, qui vise à faciliter les efforts de secours dans la région à travers le renforcement des liens avec les accords et les programmes existants des institutions des Nations Unies.  La délégation a d’ailleurs encouragé ces mêmes institutions à mieux coordonner à l’avenir leur action pour qu’elle se traduise par de réels changements sur le terrain.

M. JOHAN L. LØVALD (Norvège) a souhaité que l’ONU intègre plus systématiquement la dimension sexospécifique à ses travaux et qu’elle prenne des mesures plus efficaces contre la violence sexuelle et les discriminations fondées sur le sexe.  Se félicitant des résultats du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires, il a annoncé que son pays y verserait de nouvelles contributions.  La réforme de l’assistance humanitaire, a-t-il ajouté, passe par la mise en place de partenariats plus efficaces entre l’ONU et les acteurs non humanitaires, notamment les ONG et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. 

L’Organisation doit être, mieux à même, de prévenir les crises humanitaires et d’y répondre.  Citant l’exemple de l’Afghanistan, il a jugé essentiel d’assurer une bonne coordination entre les opérations des acteurs civils et militaires tout en respectant le rôle et les responsabilités de chacun.  Il a souligné enfin la nécessité de poursuivre vigoureusement la réforme de l’assistance humanitaire.

M. TENS C. KAPOMA (Zambie) a estimé qu’il fallait mettre fin à la spirale des pertes matérielles et humaines, de la dégradation environnementale et sociale et de la vulnérabilité croissante des populations confrontées aux catastrophes naturelles.  Le délégué a estimé qu’il était du devoir de la communauté internationale de mettre en place une gestion coordonnée des catastrophes impliquant des stratégies gouvernementales de prévention à tous les niveaux, ainsi que l’acheminement rapide de l’aide destinée à la reconstruction des pays touchés. 

M. Kapoma a expliqué que son pays avait créé un forum national de gestion des catastrophes qui, a-t-il précisé, opérait en collaboration avec le Gouvernement zambien, les institutions des Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur privé.  Ce forum fournit un espace d’échanges d’informations sur la réduction des risques et sert également de point d’entrée à l’aide humanitaire pour le secteur privé et la société civile, a-t-il dit.

Le représentant a ajouté qu’en dépit des progrès enregistrés en matière de prévention, la communauté internationale devait continuer d’appuyer les pays en développement, en renforçant la coordination humanitaire et les procédures d’acheminement de l’aide.  Dans le cas de la Zambie, il conviendrait à son avis de soutenir les efforts nationaux dans les domaines de l’éducation et de la formation des personnels spécialisés; des capacités logistiques permettant d’intervenir rapidement en cas d’urgence et dans celui de la mobilisation des ressources.

M. BOURESLY (Koweït) a affirmé que son pays fournissait de manière bilatérale, après une évaluation des besoins, les aides aux pays et régions affligées par des catastrophes, avec la volonté d'agir vite.  Il a souligné que son pays avait contribué au Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires en octroyant 200 000 dollars.  De même, à travers le Croissant-Rouge koweitien, il a versé deux millions de dollars aux victimes du tremblement de terre au Pakistan.  Afin de mobiliser les énergies et atténuer les effets de ces catastrophes, a-t-il déclaré, il faut une solidarité de la communauté internationale.  Le représentant a également souligné que le Koweït continuerait de fournir l'aide aux Palestiniens de manière directe à l'Autorité palestinienne ou à l'UNWRA.  Il continuera d'octroyer son aide de manière bilatérale et par le biais des institutions du système des Nations Unies, a-t-il assuré. 

M. MAGED ABDEL AZIZ (Égypte) a souligné la multiplication du nombre de catastrophes naturelles qui ont fait des milliers de victimes et causé des milliards de dollars de destruction.  Il faut adopter une approche préventive capable de renforcer la capacité d’intervention des pays, a-t-il indiqué, affirmant que la mise en place de systèmes d’alerte rapide permettrait d’atténuer les effets des catastrophes.  Nous appuyons donc l’intervention régionale et transfrontalière qui s’opère dans une plus grande cohérence, a-t-il précisé.  Le représentant a par ailleurs rappelé que l’Égypte a été l’un des pays fondateur du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires.  Il a également attiré l’attention sur les violations, de plus en plus fréquentes des droits de l’homme commises par Israël à l’égard de la population palestinienne des territoires occupés, appelant la communauté internationale à faire preuve de fermeté dans la dénonciation de ces agissements et à accorder une aide financière plus généreuse en vue d’atténuer le déclin de l’économie palestinienne et pallier à l’aggravation des besoins humanitaires des populations palestiniennes de la région.  Le représentant a souligné à ce sujet le rôle du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), dont l’action doit être soutenue par la communauté internationale tout entière.

M. JORGE SKINNER-KLÉE (Guatemala) a mis l'accent sur la nécessité de centrer les efforts sur les sources potentielles de désastres et de canaliser l'aide dans une optique régionale.  Faisant état de la vulnérabilité particulière des États d'Amérique centrale face aux catastrophes naturelles, le représentant a rappelé que le Guatemala figurait parmi les 10 pays les plus touchés et ayant compté le plus de victimes.  Selon lui, toutefois, toutes les catastrophes naturelles ont des conséquences égales et ne doivent pas être considérées en fonction du nombre de victimes.  C'est pourquoi, a-t-il dit, le Guatemala appuie l'Initiative en faveur des bonnes pratiques humanitaires.  Il s'est en outre félicité de la tenue, début décembre, de la Conférence de donateurs de haut niveau, l’occasion de recueillir, à son avis, des dons en faveur du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires.  Évoquant la vulnérabilité des peuples autochtones, le délégué a souligné que son pays appuyait de façon déterminée les mesures d'aide humanitaire pour protéger les particularités culturelles de chaque pays.

M. RODRIGO MALMIERCA DIAZ (Cuba) a estimé que les conséquences des diverses catastrophes naturelles sur le développement durable mettaient en évidence les obstacles auxquels se heurtaient les pays du tiers monde.  Il a estimé que le Sud continuait de souffrir des inégalités inhérentes à un ordre mondial qu’il a qualifié d’injuste.  À ses yeux, l’aide humanitaire doit aller de pair avec un engagement inconditionnel des pays développés à soutenir le développement durable et la croissance économique des pays pauvres ayant souffert de catastrophes.  Le représentant a ajouté que dans un système international « unipolaire » marqué par le recours « hégémonique » aux actions militaires préemptives, Cuba réaffirmait la validité des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, tels que contenus dans la résolution 46/182 de l’Assemblée générale.  Il a, en outre, déclaré que les objectifs humanitaires devaient faire l’objet d’un traitement séparé des considérations politiques, économiques et militaires.  Selon M. Diaz, il est

essentiel que la communauté internationale agisse de sorte que les pays qui se redressent d’une catastrophe naturelle puissent, dans la foulée, entreprendre leur propre relèvement économique et social.  Le représentant a plaidé pour

l’annulation ou le report de la dette extérieure comme moyen de permettre aux pays les plus touchés le temps de se relever.  Il a finalement jugé qu’une mobilisation internationale permanente, guidée par un état d’esprit solidaire et une volonté politique accrue des États Membres, était nécessaire pour résoudre durablement les problèmes socioéconomiques sous-jacents aux désastres naturels.

M. GUSTAVO AINCHIL (Argentine) a souligné que si, année après année, on pouvait assister à l’effet dévastateur des catastrophes naturelles qui réduisent à néant les capacités de réaction des autorités nationales, laissant apparaître la vulnérabilité chronique d’un grand nombre de pays en développement, il est aussi des crises humanitaires auxquelles nous devons faire face et qui n’ont

rien de naturel.  L’action dans le monde de groupes armés, avec ou sans contrôle gouvernemental, est ainsi responsable de souffrances causées à des populations civiles.  L’Argentine est d’avis, dans un tel contexte, qu’une certaine priorité devrait être accordée par l’ONU dans son action humanitaire en faveur de la situation des femmes, des enfants, et des groupes particulièrement vulnérables qui sont les premières victimes dans les crises humanitaires.

Concernant la situation tragique des populations déplacées, le représentant argentin a indiqué que le sort de ces personnes ne changeait pas d’un côté ou de l’autre d’une frontière.  Dans tous les cas, a-t-il dit, ces personnes doivent recevoir une assistance.  La fin du siècle dernier, nous a hélas mis en lumière toute l’horreur de son cortège de génocides et de crimes de guerre perpétrés contre des civils.  En même temps, un concept auquel adhéra l’Argentine et qui relevait de la question de la souveraineté des États devant des actes criminels, voyait le jour.  Ce dernier établissait un équilibre entre le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un pays et celui de ne pas rester indifférent aux violations des droits de l’homme.  Sur cette question, l’Argentine fait sienne le concept de responsabilité de protéger les populations contre les crimes de guerre.

M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) tout en appuyant le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence de l’ONU, s’est félicité du rapport du Secrétaire général intitulé « Coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement » (A/58/834),qui préconise d’aider les pays à passer de la phase des secours d’urgence à celle de la reconstruction.  La communauté internationale doit reconnaître la nécessité de renforcer les capacités locales, nationales et régionales de gestion des catastrophes.  Le représentant s’est demandé ensuite si l’approche sectorielle mise au point par le Coordonnateur des secours d’urgence pour mieux répondre à une crise humanitaire avait renforcé les capacités de l’ONU en la matière.  Se félicitant enfin de l’aide apportée par l’ONU au peuple palestinien, il a néanmoins rappelé qu’il fallait relancer le processus de paix au Moyen-Orient.

M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a affirmé que la participation de son pays aux efforts humanitaires était croissante.  Il a précisé qu'un groupe interministériel de travail pour l'assistance humanitaire internationale avait été récemment créé et qu'un examen complet par le Congrès de la législation nationale sur les questions humanitaires était en cours.  Le Brésil participe activement à la mise en œuvre de l'initiative « Casques blancs » et, dans ce cadre, travaille étroitement avec l'Argentine et d'autres pays de la région pour établir un partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des États américains (OEA), a-t-il ajouté.  Le représentant a également souligné la nécessité de renforcer les capacités locales, nationales et régionales, lesquelles, a-t-il dit, constituent un élément essentiel de l'utilisation adéquate et optimale des ressources dans la préparation et la réponse aux urgences.  Selon lui, l'amélioration du système de réponse humanitaire ne fonctionnera que si tous les acteurs sont impliqués.  Ainsi, outre le gouvernement national et les autorités locales, les représentants de la société civile devraient participer pleinement à toutes les phases de la coordination de l'intervention humanitaire, a-t-il insisté.  Par ailleurs, le délégué a estimé que la souveraineté des États à protéger leur propre population ne devrait pas constituer une excuse pour empêcher les populations qui en ont besoin d'accéder aux personnels humanitaires et de jouir des droits de l'homme et des libertés fondamentales.  Il a en outre observé que le renforcement des institutions nationales devrait être un autre aspect de l'action des Nations Unies visant à créer des conditions favorables pour le développement de stratégies nationales durables.

M. GONZALEZ MILLA (Venezuela) a déclaré que son pays accordait une importance particulière à la question de l’assistance humanitaire en cas de catastrophe à l’échelle mondiale et régionale.  Il a expliqué que la perspective nationale dans ce domaine se fondait sur la prévention, l’aide d’urgence et la reconstruction des zones touchées.  Le représentant a fait savoir que le Venezuela offrait à qui le demandait son expertise, notamment en matière de prévention de catastrophes et de risques.  Depuis 2005, a-t-il dit, nous sommes venus en aide à plusieurs États, dont le Suriname, un pays vers lequel nous avons récemment acheminé une aide d’urgence, suivie de l’envoi de 126 tonnes de matériels techniques pour permettre aux populations de réparer les dégâts causés par les violentes pluies qui se sont abattues sur ce pays.  Le représentant vénézuélien a précisé que les besoins avaient été évalués conjointement avec le Gouvernement du Suriname, en particulier ceux concernant les villages autochtones situés à la frontière brésilienne.  Il a également expliqué que son pays avait apporté son appui au Chili, lui aussi victime des violentes pluies de février 2006.  De même, a ajouté le représentant, le Venezuela a envoyé quelque 20 tonnes d’aide humanitaire au Liban dans le cadre d’une action ayant impliqué conjointement le Ministère des affaires étrangères et les services d’action civile du Venezuela.  Enfin, le délégué a fait savoir que son pays dispensait des formations sur la gestion des situations d’urgence auprès des pays sud-américains intéressés.

Mgr CELESTINO MIGLIORE (Saint-Siège) a souligné combien les grands désastres naturels des dernières années avaient servi à réaffirmer la primauté de l’homme dans l’ordre des valeurs, ainsi que le devoir de garantir à tous l’accès au droit humanitaire et d’assister les civils ou les réfugiés.  Après avoir rappelé que le Saint-Siège, à travers le Conseil pontifical Cor Unum ou des organisations telles que Caritas Internationalis, restait très actif dans le domaine de l’humanitaire dans le monde, il a estimé qu’il fallait envisager un système d’intervention d’urgence coordonné contre ces désastres.  Nous avons entendu ici de nombreuses délibérations sur le rôle de la mondialisation, a-t-il dit, précisant que l’un des avantages fondamentaux de celle-ci était son éventail de moyens dans le domaine humanitaire.

L’Observateur a, par ailleurs, estimé que tout système de coordination de l’intervention humanitaire devait respecter l’indépendance des organismes d’assistance et permettre aux petites organisations de jouer leur rôle sur le terrain, au même titre que les ONG.  Il a également souligné l’importance du rôle du Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires en matière de financement, émettant l’espoir que l’action de celui-ci puisse se combiner avec celle d’autres fonds afin d’augmenter les moyens de financement globaux.

M. LUCA DALL OGLIO, Observateur permanent de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) auprès des Nations Unies, a salué les progrès accomplis en 2006 dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme humanitaire.  Il a affirmé que l’OIM avait largement contribué à cet effort, en œuvrant notamment en étroite collaboration avec le Comité permanent interorganisations et le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires.  Il a ajouté que pour accroître l’efficacité des synergies mises en place, l’approche par modules devait prévaloir.  C’est en ce sens, a-t-il dit, que l’OIM et le Bureau de coordination des affaires humanitaires servent de secrétariat pour faciliter le renforcement des capacités opérationnelles.  Pour M. Dall Oglio, une coordination accrue avec les services de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est nécessaire pour répondre aux problèmes liés à la gestion des camps de réfugiés.  Toutefois, a-t-il précisé, la coordination interinstitutions ne doit pas faire oublier l’essentiel, à savoir qu’il incombe en premier lieu aux partenaires nationaux de jouer le rôle le plus déterminant.  C’est à cette aune, a-t-il dit, que la pertinence et l’efficacité de l’approche par modules pourront être véritablement évaluées. 

Mme SUSAN JOHNSON, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, a déclaré qu’une coordination efficace nécessitait une compréhension aiguée par toutes les parties concernées de leurs mandats et de leurs capacités respectifs.  En outre, une coordination efficace exige une définition claire des responsabilités, a poursuivi la représentante, qui s’est félicitée des initiatives de réformes lancées par le Coordonnateur des secours d’urgence, Jan Egeland, pour une meilleure réponse humanitaire.  Une telle coordination exige aussi la participation des autorités nationales et des communautés locales, qui peuvent compter sur la présence de sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge dans plus de 185 pays.  Par ailleurs, une approche holistique qui intègre la prévention, la réponse, le relèvement et la réduction des risques est indispensable à l’amélioration de la coordination, a affirmé Mme Johnson, qui a indiqué que la Fédération avait pris des mesures en ce sens.

M. ROBERT L.SHAFER, Ordre militaire souverain de Malte a reconnu que les mécanismes de coordination comme le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires sont très importants bien que ce système de financement, selon lui, ne doit pas trop être centralisé.  L’Ordre de Malte travaille ainsi en partenariat avec les institutions de l’ONU, les États et les ONG internationales pour donner plus de poids encore à une action coordonnée.  Il a ensuite rappelé tous les efforts de l’Ordre de Malte dont l’action humanitaire se prolonge au Soudan depuis 1998 et où plus de 630 000 soudanais ont pu être assistés en termes de soins de base.  L’Ordre y a soigné des enfants contre le choléra et le paludisme, les a vaccinés contre la polio.  Son action dans le Wadah, combinée avec celle de l’UNICEF et de l’OMS dans cette province du nord du Soudan, a été particulièrement intense puisque près de 30 000 personnes ont pu recevoir des soins grâce à leur présence.

L’ONU a pris certes des mesures pour la sûreté et la sécurité des travailleurs humanitaires a-t-il poursuivi, mais ces derniers continuent d’être les victimes d’attaques, de menaces et de vols.  Ils sont souvent les premiers à répondre aux crises dans les régions les plus inhospitalières, et encore les derniers à y rester.  C’est pourquoi, l’Ordre de Malte appelle le Secrétaire général pour qu’il s’acquitte de ses obligations, en vertu de la Charte des Nations Unies, et pour qu’il assure la sécurité de son personnel humanitaire.

M. DOMINIQUE BUFF, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a affirmé que le CICR appuyait résolument les principales réformes du système humanitaire des Nations Unies et observait un certain nombre d'avantages potentiels importants dans ces efforts.  Il a ajouté que le CICR continuerait, en tant qu'intermédiaire indépendant et neutre, et dans la mesure de ses capacités, à participer et à coopérer avec le système des Nations Unies.  Par ailleurs, il a estimé que le CICR, dans sa tâche visant à satisfaire les besoins des populations affectées de manière holistique, ne pouvait pas être guidé par l'approche par des groupes des Nations Unies.  L'assistance et la protection sont des aspects liés et fournis par le CICR de façon simultanée, a-t-il expliqué, précisant que les besoins ne pouvaient être strictement divisés par catégories ou par secteurs.   

Documentation

Rapport du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe fournis par les organismes des Nations Unies, y compris l’assistance économique spéciale: renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies (A/61/550)

Un Groupe consultatif a été créé en application de la résolution 60/124 de l’Assemblée générale, en date du 15 décembre 2005, afin de conseiller le Secrétaire général sur l’utilisation et l’impact du .  Le Groupe consultatif a constaté que le Fonds était intervenu immédiatement après sa constitution afin de pourvoir répondre aux urgences humanitaires pour lesquelles il avait été créé, s’entourant dans le même temps des procédures dont il avait besoin pour son exercice, ou pour l’amélioration de celui-ci.  Le Groupe a par ailleurs invité le Coordonnateur des secours d’urgence et les organismes participants à coopérer étroitement afin d’apporter ces améliorations, d’élaborer un cadre de performance pour le Fonds et de rechercher des solutions en vue de réduire le nombre de projets individuels à examiner.  Le Groupe consultatif a souligné l’importance pour le Fonds d’adapter sa démarche aux nécessités de la situation sur le terrain, recensant et hiérarchisant des activités pour lesquelles un financement émanant du Fonds serait susceptible de sauver des vies.  Il a en outre insisté sur le fait qu’il fallait éviter d’imposer des principes trop rigoureux concernant l’utilisation du Fonds, sans pour autant compromettre le principe de responsabilisation.  Le Groupe consultatif a rappelé aussi tout l’intérêt que gagnerait ce Fonds à faire l’objet d’une appropriation globale, appuyée par de nombreux donateurs.  Il s’est certes félicité du fait que 54 donateurs ont annoncé le versement de 273 millions de dollars au Fonds en 2006.  Il a également constaté que certains donateurs ne figuraient pas là où on s’attendait à les trouver dans la liste des donateurs pour 2006.  Après avoir examiné la gestion et l’utilisation du Fonds et sa contribution aux interventions rapides et aux crises dont le financement est insuffisant ainsi qu’à l’amélioration de la coordination et de la hiérarchisation des priorités à l’échelon des pays, le Groupe consultatif a recommandé que les États Membres redoublent d’efforts pour atteindre sans tarder la cible de 500 millions de dollars des États-Unis fixée par l’Assemblée générale.

Rapport du Secrétaire général sur le renforcement des secours d’urgence et des activités de relèvement, de reconstruction et de prévention à la suite du raz-de-marée catastrophique survenu dans l’océan indien (A/61/87)

Le présent rapport fait suite à la résolution 60/15 de l’Assemblée générale, en date du 14 novembre 2005, sur le renforcement des secours d’urgence et des activités de relèvement, de reconstruction et de prévention à la suite du tsunami catastrophique survenu dans l’océan Indien.  Il dresse le bilan de la situation après dix-huit mois et souligne les principales entraves aux efforts de reconstruction.  Cet état des lieux de catastrophe humanitaire, en présentant les difficultés rencontrées, accorde une large part au relèvement à long terme avec, en particulier, des questions aussi cruciales que celle de la coordination, des modèles d’institution nationale pour le relèvement, l’évaluation des dommages et des besoins, la transparence et la responsabilité, la participation des collectivités locales au redressement, la diversification des activités économiques, la réduction des risques, les droits de l’homme et les problèmes écologiques.  À chaque observation correspond une recommandation que le Secrétaire général transmet au Conseil économique et social et à l’Assemblée générale.

Le Secrétaire général recommande notamment de déployer efficacement des spécialistes de l’environnement à toutes les étapes des interventions en cas de catastrophe, et non pas après que les décisions importantes ont été prises.  Il recommande également de tenir compte de l’écologie dans le relèvement, la planification et l’exécution, renforcer les programmes de gestion des déchets.  Les organismes des Nations Unies et les ONG devraient renforcer leurs programmes visant à aider les pouvoirs publics et les populations locales à trier, stocker, jeter et recycler correctement les déchets créés par le passage du raz-de-marée et à élaborer des stratégies intégrées de gestion des déchets à long terme.  Plus largement encore, les organismes des Nations Unies devraient promouvoir une stratégie écologique afin de promouvoir la bonne gouvernance environnementale, tout en donnant des orientations claires sur les responsabilités écologiques des principales parties prenantes et passer de politiques axées sur la prévention des dégâts à une action plus dynamique visant à reconstruire en mieux.

Rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement (A/61/314)

Le présent rapport est établi en application de la résolution 60/125 de l’Assemblée générale, en date du 15 décembre 2005, par laquelle l’Assemblée générale invitait le Secrétaire général à persévérer dans l’amélioration de la réaction internationale face aux catastrophes naturelles et à lui en rendre compte à sa soixante et unième session.  Ce rapport fait état des principaux obstacles –inondations, tempêtes, catastrophes soudaines, catastrophes à évolution lente, tsunami- rencontrés par la communauté internationale pour rendre efficace cette réaction.

Il souligne également dans les questions d’actualité les capacités locales, nationales et régionales de réaction et de gestion de ces catastrophes.  Pour que la coopération internationale contribue efficacement et en temps opportun aux interventions en cas de catastrophes et aux secours, il est absolument capital de mettre à jour et diffuser les procédures existantes dont sont convenus l’Assemblée générale, la Fédération internationale des sociétés la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et d’autres institutions humanitaires compétentes.  Un engagement ferme pour faciliter les secours internationaux suppose que des procédures adéquates aient été mises en place, surtout dans les cadres administratifs et juridiques nationaux.  C’est ainsi que le projet « Droit international des interventions lors de catastrophes » de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge analyse les régimes juridiques nationaux et lance de vastes consultations avec les pouvoirs publics, les organisations intergouvernementales, les sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, les organisations non gouvernementales, le secteur privé et d’autres parties prenantes afin de formuler des recommandations sur la façon dont la législation nationale peut faciliter le travail des pouvoirs publics et des intervenants internationaux pour continuer d’améliorer l’adéquation de l’assistance matérielle et technique nationale et internationale en cas de catastrophe et faire en sorte qu’elle soit fournie en temps opportun.

Le rapport souligne également la nécessité de renforcer les capacités d’intervention rapide de la communauté internationale et du tout nouveau Fonds central d intervention pour les urgences humanitaires constitué en décembre 2005.  Il recommande aussi de renforcer les outils existants tels que le service d’alerte rapide aux crises humanitaires ou du fichier central des capacités de gestion des catastrophes.  Le rapport met, par ailleurs, l’accent sur les questions d’éthique telles que le respect des droits de l’homme en cas de catastrophe, la responsabilité humanitaire, les problèmes environnementaux.  L’engagement des acteurs extérieurs, ou le rôle des institutions financières dans le relèvement âpres les catastrophes ont également été soulignées.  Le Secrétaire général insiste sur le renforcement des capacités locales, nationales ou régionales comme sur le fichier central des capacités ou l usage des moyens militaires lors de catastrophes humanitaires.  Les États Membres ont également été invités à ratifier la Convention de Tempere tandis que des dispositifs de réserve avec le secteur privé afin d améliorer leur capacité à intervenir.

Rapport du Secrétaire général sur l’assistance au peuple palestinien (A/61/80)

L’objet de ce rapport présenté par le Secrétaire général des Nations Unie, et qui porte sur l’année écoulée, fait état du retrait progressif d’Israël de la bande de Gaza et de certaines parties du nord de la Cisjordanie à la faveur d’un Accord sur la circulation et les accès, qui n’a cependant été que partiellement appliqué.  La question de la persistance de la violence y a été abordée ainsi que la poursuite de la politique de bouclage maintenu par les autorités israéliennes, la grave maladie du Premier Ministre israélien Ariel Sharon et la tenue d’élections législatives en Israël et dans le Territoire palestinien occupé.  Les élections israéliennes ont porté au pouvoir une coalition conduite par le Premier Ministre par intérim, Ehud Olmert, du parti Kadima.  Les élections palestiniennes ont été remportées par les candidats de la liste « Changement et réforme » du Hamas.

À la suite de la victoire du Hamas, bon nombre de donateurs ont révisé leur politique d’assistance à l’Autorité palestinienne au regard des principes édictés par le Quatuor pour le Moyen-Orient dans la déclaration du 30 janvier 2006.  Le Gouvernement israélien a, en outre, décidé de ne pas reverser les droits et taxes perçus pour le compte de l’Autorité palestinienne, ce qui a eu pour effet de plonger celle-ci dans une crise financière alarmante, au risque d’aggraver encore un peu plus une situation économique et sociale déjà fort précaire.  Quant aux organismes et programmes des Nations Unies, force est de constater que s’ils ont largement fait usage de l’aide d’urgence, peu a été fait du point de vue des programmes de développement à moyen et à long terme.  Le présent rapport fait un récapitulatif des efforts déployés par les organismes des Nations Unies, en collaboration avec leurs partenaires palestiniens et ceux de la communauté des donateurs, pour venir en aide à la population civile et aux institutions palestiniennes.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.