L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE RÉAFFIRME SON SOUTIEN À L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE

30 octobre 2006
AG/10524

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE RÉAFFIRME SON SOUTIEN À L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE

30/10/2006
Communiqué de presse
AG/10524
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante et unième session

42e &43e séances plénières

matin & après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE RÉAFFIRME SON SOUTIEN À L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE


L’Assemblée générale a réaffirmé, aujourd’hui, son appui résolu à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont le Directeur général, Mohamed ElBaradei, a exhorté tous les États à mettre en vigueur le modèle de Protocole additionnel du Traité de non-prolifération et les accords de garantie avec l’Agence.


Par une résolution adoptée* par 115 voix pour et une contre (République populaire démocratique de Corée), l’Assemblée générale a, en outre, prié les États Membres de continuer de soutenir les activités de l’Agence, laquelle, a-t-elle précisé, remplit un rôle indispensable en encourageant et en soutenant la mise au point et l’application pratique de l’énergie atomique à des fins pacifiques, dans le transfert de technologie aux pays en développement et la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaires.


Dans son rapport de 2005, qui a servi de base au débat aujourd’hui, et dont l’Assemblée générale a pris note, M. ElBaradei fait le point sur les trois champs d’activités ou « piliers » de l’AIEA, qui célèbrera son cinquantième anniversaire en juillet 2007: sûreté et sécurité, transfert de technologie et coopération, vérification.


Le monde compte 442 réacteurs nucléaires, opérant dans 30 pays et fournissant environ 16% de l’électricité mondiale, a souligné M. ElBaradei lors de la présentation de son rapport.  Si la majeure partie de ces réacteurs se concentre essentiellement dans les pays développés, sur 28 nouveaux réacteurs en cours de constructions, 16 le sont dans des pays en voie de développement, a-t-il précisé.


Des accords de garantie conclus avec l’Agence sont en vigueur dans 156 États.  Ils comprennent des accords de garantie généralisés dans 148 États non dotés d’armes nucléaires parties au Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), des accords de soumission volontaire dans cinq États dotés d’armes nucléaires parties au TNP, et des accords relatifs à des éléments particuliers dans trois États non parties au TNP.  Au total, ce sont quelque 900 installations nucléaires dans environ 70 pays qui sont soumises aux inspections de l’Agence.



Le nombre d’États qui n’ont pas encore mis en vigueur leur accord de garanties généralisées est passé de 40 à 36 au cours de 2005, tandis que celui des États ayant un Protocole additionnel en vigueur est passé de 62 à 71, deux États ayant accepté volontairement d’appliquer leur Protocole additionnel en attendant son entrée en vigueur.


Mohamed ElBaradei, qui a partagé en 2005 le prix Nobel de la paix avec l’Agence, a également indiqué que celle-ci

était prête à travailler avec la République populaire démocratique de Corée (RPDC) -et toutes les autres nations- en vue de parvenir à une solution répondant à la demande de la communauté internationale et tenant compte des préoccupations de ce pays en matière de sécurité.  Au sujet du programme nucléaire iranien, il a affirmé que l’AIEA, en raison du manque de transparence de Téhéran, n’était toujours pas en mesure de définir la nature dudit programme, ce qui, a-t-il assuré, constituait un grave motif de préoccupation.

La RPDC a estimé que l’AIEA traitait de la question nucléaire dans la péninsule coréenne de façon partielle.  Cette question, a-t-il dit, est le résultat de la politique américaine hostile envers la RPDC, a-t-il ajouté, affirmant que son pays demeurait favorable à la dénucléarisation de la péninsule coréenne. 


De son côté, la République islamique d’Iran, pour qui le droit inaliénable de tous les États parties au TNP à disposer sans discrimination de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques constitue un des trois piliers de ce Traité, a exprimé sa volonté de reprendre les négociations, sans condition préalable, avec ses homologues pour les assurer de la nature pacifique de son programme nucléaire. 


Les représentants des pays suivants ont pris la parole: Slovénie; Finlande, au nom de l’Union européenne; Brésil, au nom du MERCOSUR; Inde; Palestine, au nom des États arabes; Chine; Pakistan; Cuba; République de Corée; Koweït; Fédération de Russie; Angola; Croatie; Afrique du Sud; République islamique d’Iran; Japon; Malaisie; Soudan; Argentine; Islande; Belarus; Nigéria; Singapour; Ukraine; Indonésie; Arménie; Moldova; République populaire démocratique de Corée (RPDC) et Syrie.


La prochaine séance de l’Assemblée générale aura lieu demain, à 10 heures.  Elle sera consacrée à l’élection d’un membre non permanent du Conseil de sécurité.


* Résolution publiée sous la cote A/61/L.9


RAPPORT DE L ’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE ATOMIQUE


Déclarations


M. AL-MURAD, Vice-Président de l ’Assemblée générale, introduisant le débat, a rappelé qu’en 2005 Mohamed Elbaradei et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’étaient vu octroyer le prix Nobel de la paix, décerné pour les efforts qu’ils ont déployés en vue d’éviter que l’énergie nucléaire soit utilisée à des fins militaires.


M. MOHAMED ELBARADEI, Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), présentant le rapport de l’Agence, a décliné un certain nombre de bouleversements auxquels celle-ci a pu être confrontée durant ces cinquante années d’existence.  Il a notamment noté l’accroissement des besoins énergétiques, les résultats économiques, les disponibilités d’autres sources d’énergie, les facteurs environnementaux.  Si après Tchernobyl, un certain scepticisme a pu régner pendant 20 ans, la croissance rapide actuelle de la demande énergétique suscite un regain d’intérêt à l’échelle mondiale pour l’énergie nucléaire.  À cela s’ajoute les changements climatiques spectaculaires de ces dernières années qui ont pu mettre en évidence les atouts écologiques du nucléaire, au regard de son effet de serre minimum.


Le Directeur général de l’AIEA a ensuite souligné le rôle crucial que l’énergie atomique pouvait jouer en matière de développement.  Sans énergie, a-t-il dit, il ne peut y avoir de développement, et sans développement on retrouve irrémédiablement la misère et son cortège de violences.  À l’heure actuelle, a-t-il précisé, il reste 1,6 milliard de personnes qui n’ont pas accès à l’électricité dans le monde.  Or, la sécurité mondiale, dit-il, passe avant tout par l’énergie pour tous.  L’AIEA a certes multiplié les efforts et favorisé la mise en place des infrastructures dont les pays ont besoin pour développer le nucléaire. Pour l’instant, a-t-il ajouté il y a 442 réacteurs nucléaires dans le monde opérant dans 30 pays et ils fournissent environ 16% de l’électricité mondiale.  Et si la majeure partie de ces réacteurs se concentrent essentiellement dans les pays développés, sur 28 nouveaux réacteurs en cours de constructions, 16 le sont dans des pays en voie de développement.


Un certain nombre de pays peuvent ne pas choisir le nucléaire, comme l’Allemagne et la Suède.  Toutefois pour les États Membres qui ont retenu le nucléaire dans le cadre de leur choix énergétique, l’Agence peut faire en sorte que cette utilisation soit sûre, et conforme aux aspirations de paix de par les technologies des sciences nucléaires utilisées.  Il a ensuite rappelé que si l’AIEA avait jadis un rôle de mécanisme de transfert de technologie vers le monde en développement, elle assume désormais de véritables partenariats avec les pays qui veulent se doter du nucléaire.  Grâce à son action, il est à noter que certains sont ainsi devenus des leaders régionaux en termes d’énergie atomique.


En termes de sécurité, le Directeur général de l’AIEA a rappelé que les résultats des années récentes sont plutôt rassurants, malgré un certain nombre d’incidents qui sont là pour rappeler que cette question ne doit jamais être close.  Par ailleurs, sur la question brûlante du régime du contrôle et de la maîtrise de la non-prolifération d’armes nucléaires, il a souligné le fait que plus de cent États n’avaient pas encore mis en vigueur le Protocole additionnel.  Pour faire face à ce problème ainsi que celui de l’entrée en vigueur des accords de garanties avec l’Agence, il a exhorté les États à accepter tous ces instruments.


L’AIEA est prête à travailler avec la République populaire démocratique de Corée -et toutes les autres nations- en vue de parvenir à une solution répondant à la demande de la communauté internationale de garantir que toutes les activité nucléaires de la RPDC sont réalisées exclusivement à des fins pacifiques et tenant compte des préoccupations de ce pays en matière de sécurité et autre, a dit l’intervenant.  Au sujet du programme nucléaire iranien, il a rappelé les demandes adressées par le Conseil de sécurité à ce pays et indiqué que l’AIEA, à cause du manque de transparence de ce dernier, n’était toujours pas en mesure de définir la nature dudit programme, ce qui constituait un grave motif de préoccupation.


Parmi les défis que vont entraîner l’accroissement de la demande mondiale en énergie nucléaire, il a fait état des mécanismes d’assurance et de fourniture de combustibles pour les réacteurs nucléaires.  Puis, en termes de sécurité et d’avenir de la paix mondiale, il a avancé l’idée de limiter l’enrichissement d’uranium


M. ERNEST PETRIC (Slovénie), dont le pays assume la présidence du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, a présenté le projet de résolution (A/61/L.9) relatif au rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique dont 77 pays sont actuellement coauteurs.  Ce projet exprime le large consensus exprimé par les États membres de l’Agence notamment lors de la Conférence de Vienne en décembre 2005, a-t-il affirmé.  Le représentant a indiqué à plusieurs reprises que cette résolution n’est qu’une actualisation factuelle de la résolution adoptée l’année dernière.  Cette nouvelle résolution prend note entres autres de la déclaration du Directeur, reconnaît l’importance de la coopération entre l’Organisation des Nations Unies et l’Agence et réaffirme son appui à l’Agence dans ses activités ayant pour objectifs l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, le transfert de technologie aux pays en développement et la sûreté, la vérification et la sécurité nucléaire.  Il a exprimé pour conclure l’espoir que ce projet de résolution soit adopté par consensus.


Mme HEIDI SCHRODERUS-FOX (Finlande), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, des pays associés, des pays candidats et de l’ex-République yougoslave de Macédoine, a félicité le Secrétariat de l’AIEA et son Directeur général pour l’excellent travail fourni par l’Agence et pour l’importance des résultats obtenus l’an dernier.  Elle a également accueilli avec satisfaction le résultat de la cinquante et unième Conférence générale de l’AIEA, qui s’est tenue à Vienne du 18 au 22 septembre 2006, ainsi que les résolutions et les décisions qui y ont été adoptées.  La représentante a rappelé que l’Union européenne s’était porté coauteur du projet de résolution sur le rapport de l’AIEA et appuyait totalement son contenu.  Alors que l’Agence fêtera ses cinquante ans en juillet 2007, les trois piliers de son statut, vérification, sureté et technologie, sont toujours aussi valables aujourd’hui, a-t-elle en outre déclaré, soulignant l’engagement de l’Union européenne en leur faveur.  Par la promotion de ces trois piliers au niveau international, nous assurons effectivement la promotion de la paix et de la sécurité dans le monde, a-t-elle ajouté, notant en particulier l’importance des activités de vérification.  


La représentante a, par ailleurs, mis l’accent sur l’importance du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).  Elle a exhorté tous les États à œuvrer pour la sécurité nucléaire, mentionnant que l’Union européenne est déterminée à appuyer les activités de l’AIEA dans ce domaine, comme en témoigne sa contribution au Fonds (NSF) établi par l’Agence à cet effet.  Selon l’intervenante, le défi le plus sérieux à la non-prolifération auquel fait actuellement face la communauté internationale sont le non-respect du Traité et des obligations de garantie découlant du Traité.  Elle a ainsi exhorté tous les États qui n’ont toujours pas adhéré au Traité de s’y joindre en tant qu’États non nucléaires.  Elle a également indiqué que l’Union européenne soutenait vigoureusement le renforcement de l’efficacité du système des garanties.  Elle a souligné dans ce cadre l’importance du cinquième paragraphe du préambule du TNP.  Elle a regretté le fait que dans 105 États, les protocoles additionnels ne soient toujours pas en vigueur. 


M. JOSE ARTUR DENOT MEDEIROS (Brésil), au nom des pays du Mercosur, a appelé au renforcement de l’AIEA dans la mesure où elle défend le droit inaliénable des pays de développer et d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Il a réitéré les apports de l’énergie nucléaire en tant que source d’énergie propre mais également dans les secteurs de la santé humaine, l’agriculture, l’alimentation et le dessalement de l’eau.


L’usage pacifique de l’énergie nucléaire ne saurait se faire sans un climat de confiance et une coopération mutuelle, a estimé M. Medeiros.  Il s’est dit convaincu de la nécessité d’agir de concert pour éliminer de manière complète les armes nucléaires et instaurer un régime de non-prolifération nucléaire.  Il a souligné, par ailleurs, les efforts des pays de la région qui ont créé un mécanisme de vérification renforcé qui doit, selon le délégué, être appliqué de façon rationnelle et non automatique.


Une importance particulière doit être accordée au renforcement de la coopération internationale dans les domaines de la sécurité nucléaire, radiologique et du transport et de la gestion des déchets, a-t-il de plus estimé, avant de souligner les progrès enregistrés par l’Agence pour maintenir la culture de la sécurité notamment par l’information et la communication.


M. MUFTI MOHAMMED SAYEED (Inde) a affirmé que l’AIEA devrait continuer à accorder une attention particulière à la promotion et au développement de l’énergie nucléaire, notamment dans les régions du monde où les besoins et les aspirations en matière de développement demeurent pressants et non satisfaits.  La possibilité de développer la coopération nucléaire civile entre l’Inde et la communauté internationale pourra compléter les efforts domestiques indiens en vue de remplir les aspirations en matière de développement grâce à une production supplémentaire d’énergie, a-t-il ajouté.  Par ailleurs, l’Inde, concernant le problème préoccupant pour un certain nombre d’États, du vieillissement de la main-d’œuvre dans de nombreux domaines des applications nucléaires, appuie les efforts de l’Agence en vue de préserver et de maintenir le savoir nucléaire par l’intermédiaire de toutes les bases de données, en particulier par le biais de la base de données du Système international d’information nucléaire. 


Le représentant a en outre estimé que le rôle de promotion de l’AIEA offrait un avantage direct, visible et mesurable aux États Membres.  Il s’est félicité des activités de l’Agence dans la promotion des applications de la technologie nucléaire dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture, de la santé humaine, la gestion des ressources en eau, la protection de l’environnement et de l’industrie.  Il a noté avec satisfaction la création du Fonds Nobel pour le cancer et la nutrition de l’AIEA.  Le représentant a par ailleurs appuyé les efforts déployés en matière de sûreté et de promotion d’une culture de sécurité.  Il a précisé, à cet égard, que son pays avait ratifié la Convention sur la sûreté nucléaire et participait activement à l’amendement à la Convention sur la protection physique des matériaux nucléaires.  Il a indiqué que l’Inde, disposant d’une technologie nucléaire avancée, était prête à promouvoir les efforts internationaux en vue d’une utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. 


M. RIYAD MANSOUR, Observateur de la Palestine, au nom de la Ligue des États arabes, a déclaré que la coopération technique constituait à ses yeux une mission majeure de l’AIEA.  Les États arabes apprécient, a-t-il dit, les efforts de l’AIEA en ce qui concerne l’identification d’actions vitales concrètes à court et moyen termes.  Ils souhaitent une augmentation des fonds destinés à la coopération technique et au transfert de technologies.  Les pays de la Ligue, a-t-il dit, accueillent aussi avec satisfaction les démarches pratiques entreprises par l’Agence en vue des négociations anticipées en vue de définir, pour chaque État, un cadre d’action incorporant les projets de future coopération au service du développement durable.   


Il a déploré les lacunes pour ce qui est de l’universalité des garanties de l’Agence, carences qui, selon lui, risquent de saper les efforts fournis vers un système global de non-prolifération nucléaire.  La communauté internationale doit par exemple faire en sorte que toutes les installations nucléaires du Moyen-Orient soient contrôlées par le système de garanties de l’AIEA.  Il a conclu en approuvant l’idée que la production de matériaux fissiles ainsi que le stockage des déchets puissent être supervisés internationalement dans le cadre d’un avenir plus sûr et prospère.


M. CHENG JINGYE (Chine) a affirmé que son pays, en matière de coopération technique, menait 18 projets au niveau des États et 63 projets régionaux et interrégionaux.  La Chine, a-t-il dit, améliore sa coopération avec l’Agence et tous les États Membres dans le domaine de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.  Le représentant a également indiqué que la Chine était opposée à toute forme de prolifération des armes nucléaires et soutenait les efforts de l’Agence en vue d’un renforcement de l’efficacité de son système de garanties. 


Il a par ailleurs mis l’accent sur l’engagement de son pays en faveur du maintien de la paix et de la stabilité de la péninsule coréenne et de la région du Nord-Est de l’Asie.  La question nucléaire de la péninsule coréenne doit être réglée de manière pacifique et par le dialogue, a-t-il affirmé, précisant la ferme opposition de son pays à l’essai nucléaire réalisé par la République populaire démocratique de Corée (RPDC).  Le représentant a appelé toutes les parties concernées à faire preuve de calme et de retenue.  Selon lui, les Pourparlers à Six constituent un mécanisme réaliste pour parvenir à la dénucléarisation et au maintien de la paix et de la stabilité de la péninsule coréenne et de l’Asie du Nord-Est.  Il a également plaidé pour que le problème nucléaire iranien soit aussi réglé de manière pacifique et a soutenu les activités de l’Agence à cet égard.  Il a espéré que l’Iran répondra à l’appel de la communauté internationale en adoptant une attitude constructive et en permettant une reprise du dialogue.  Il a souhaité que les parties concernées fassent preuve de calme et de retenue et qu’elles évitent de prendre des mesures de nature à compliquer la situation actuelle.


M. FARUKH AMIL (Pakistan) a noté avec intérêt que sur les 26 installations nucléaires en construction dans le monde, la majorité était située en Asie.  Le rythme de construction de ces usines devrait être accéléré et l’AIEA formule une politique concrète à cet égard, a-t-il souhaité.  Avec plus de 150 millions d’habitants, le Pakistan considère le nucléaire comme un élément indispensable de sa stratégie de sécurité énergétique, a-t-il dit, évoquant le lancement dans cet objectif, d’un plan sur 25 ans visant à répondre à un fort taux de croissance et à une demande importante.  Le représentant a également souligné la nécessité d’une démarche équilibrée en ce qui concerne le système des garanties, entre les aspects de promotion et de sûreté ou les questions de sécurité dans toutes les fonctions de l’Agence.  En outre, selon lui, le régime de vérification ne sera crédible que s’il est appliqué de manière non discriminatoire, ainsi qu’il l’est stipulé dans les statuts de l’Agence.  Il faut, a-t-il dit, mettre à nouveau l’accent sur le rôle essentiel de l’Agence dans la promotion de l’utilisation pacifique des besoins en matière de science et de technologie nucléaires.


M. RODRIGO MALMIERCA DIAZ (Cuba) a affirmé son soutien aux actions de l’Agence qui visent à garantir la contribution de l’énergie nucléaire au développement énergétique mondial y compris celles relatives à la divulgation et à l’information.  Le regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire est étroitement lié à la question de l’approvisionnement du combustible nucléaire qui ne doit en aucun cas devenir un monopole de certains États seulement, a affirmé M. Malmierca Diaz.  Notre principal objectif est de garantir un équilibre entre les activités de vérification et de coopération technique de l’Agence, a-t-il souligné.  Il a à cet égard jugé inacceptable les tentatives de certains États de privilégier l’activité de vérification.


Selon le délégué, Cuba accorde un intérêt particulier à l’application de l’énergie nucléaire dans les secteurs de la santé, de l’agriculture, de l’alimentation ou encore de l’industrie.


Le délégué a réitéré qu’aux yeux de son pays, le désarmement nucléaire doit être la priorité absolue.  Les efforts pour assurer la non-prolifération des armes nucléaires ne peuvent vraiment aboutir que par l’élimination totale de ce type d’armes.


Il a par ailleurs rejeté les tentatives de certains de préjuger de la nature pacifique ou non des programmes nucléaires de certains pays et a réaffirmé que l’AIEA est la seule autorité compétente pour vérifier l’application des obligations conformément aux Accords de garanties généralisées.  Par ailleurs, il a défendu le droit inaliénable des États d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques sans discrimination et toujours dans le respect des obligations de garanties.


M. JOON OH (République de Corée) a rappelé la fidélité de son appui à l’AIEA.  Il a ensuite évoqué la question du régime actuel des vérifications et préconisé de renforcer le système de garanties tout en regrettant que 78 pays seulement, à l’heure actuelle, aient un Protocole additionnel en vigueur.  Tous les pays, a-t-il dit, devraient signer, ratifier et mettre en œuvre ce protocole aussi vite que possible.


Puis il a souligné l’importance de la possibilité de promouvoir l’usage durable et pacifique de l’énergie nucléaire afin de répondre aux attentes des États en matière de développement.  Quant au comportement de la République populaire démocratique de Corée, il a rappelé combien le test nucléaire effectué récemment par ce pays pouvait constituer un défi, une entrave aux perspectives de paix.  La possession d’armes nucléaires par la RPDC ne saurait être tolérée, a-t-il dit, et il a sommé les dirigeants de ce pays de regagner, au plus vite, la table des Pourparlers à Six.


M. ABDULAZIZ AL-JARALLAH (Koweït) a déclaré que le Programme de coopération technique de l’Agence internationale de l’énergie atomique constituait le pilier des efforts de développement.  Il a rappelé que son pays avait accueilli des réunions régionales afin de promouvoir la sûreté et la sécurité dans la gestion de l’énergie nucléaire.  Cependant, tous les États n’ont pas répondu à l’appel de l’Agence en faveur d’une application du Traité de non-prolifération nucléaire, a-t-il souligné, avant d’affirmer qu’il n’y aura pas de sécurité au Moyen-Orient tant qu’Israël sera la seule entité de la région à disposer de la capacité nucléaire. 


Il a ensuite appelé l’Iran à coopérer avec l’AIEA, avant d’estimer que le TNP devrait être appliqué de façon complète et non sélective par tous les pays afin de renforcer son efficacité en matière de désarmement, de non-prolifération et d’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.


M. ANTON VASILIEY (Fédération de Russie) a salué le rôle croissant de l’AIEA dans le renforcement du régime de non-prolifération des armes nucléaires.  L’AIEA est uns structure internationale unique, a-t-il poursuivi, dont le mandat est de veiller à ce que les États respectent leurs obligations contractées en terme de non-prolifération d’armes nucléaires dans le cadre du TNP.  À ce titre, il convient de continuer à accorder une attention particulière à l’universalité du protocole additionnel.  Cette année, à l’occasion de sa présidence du G-8, la Russie a mené un travail important au niveau bilatéral pour développer l’application géographique de ce Protocole.  Le G-8 a ainsi pu inviter tous les pays qui ne l’avaient pas fait à ratifier et signer ce Protocole additionnel.


La Russie a par le passé contribué à fournir une assistance au renforcement du système de l’AIEA, a poursuivi le représentant.  Elle maintiendra cette politique à l’avenir, notamment par un appui financier au programme d’activités scientifiques et techniques.  Puis il a fait part de ses inquiétudes en termes de sécurité rappelant qu’il convenait de faire face au risque que des terroristes n’acquièrent des armes de destruction massive.  Le représentant a rappelé les demandes adressées à la République populaire démocratique de Corée par la résolution 1718 du Conseil de sécurité.  Parallèlement, a-t-il ajouté, nous attendons la reprise  du processus des Pourparlers à Six avec comme objectif final, la dénucléarisation de la péninsule coréenne.  Le représentant s’est prononcé en faveur d’une solution équilibrée tenant compte de tous les intérêts légitimes de toutes les parties au processus de négociation.  Il a souhaité aussi qu’une solution diplomatique et politique soit trouvée au problème nucléaire iranien.  Il faut à la fois tenir compte, a-t-il dit, des préoccupations de la communauté internationale et des besoins énergétiques de ce pays.


M. FIDELINO LOY DE FIGUEIREDO (Angola) a affirmé que son pays attachait la plus grande importante au programme de coopération technique de l’Agence, lequel constitue à ses yeux une contribution efficace au transfert de la science et de la technologie nucléaires aux États Membres pour l’élaboration, le renforcement et le maintien de leurs capacités en vue d’utiliser l’énergie nucléaire de manière sûre et durable, et de favoriser ainsi le développement économique.  Cet objectif ne peut être atteint, selon lui, que si les ressources financières et humaines sont disponibles.  Ainsi, a-t-il estimé, les ressources du Fonds de coopération technique devraient se trouver à un niveau suffisant et prévisible afin de mettre en œuvre le programme. 



Le représentant a, par ailleurs, indiqué que son pays soutenait les activités de l’Agence en vue d’éradiquer la mouche tsé-tsé par l’utilisation de techniques de stérilisation d’insectes.  Évoquant la coopération technique entre l’Agence et son gouvernement, le représentant a estimé que les avantages liés à l’assistance de l’AIEA seraient maximisés si ses actions incluaient la formation des ressortissants nationaux en matière de science et de technologie nucléaires.  


Mme MIRJANA MLADINEO (Croatie) a déclaré que son pays accordait une importance particulière aux efforts de l’Agence pour promouvoir l’application universelle du système de garanties renforcées et à la mise au point d’une nouvelle approche internationale pour gérer les questions délicates de prolifération du cycle du combustible nucléaire.  Il est préoccupant, selon Mme Mladineo, que dans 105 pays sur 183, le Protocole additionnel ne soit toujours pas mis en vigueur.  L’universalisation de l’application du Protocole est urgente, a-t-elle insisté.  Il est à cet égard nécessaire d’augmenter les ressources allouées à l’activité de vérification pour être en mesure de satisfaire les demandes croissantes en la matière, a estimé la déléguée.


Mme Mladineo a par la suite réaffirmé l’engagement de son pays à collaborer avec l’Agence et a rappelé à cette occasion les différents instruments juridiques relatifs à la question auxquels la Croatie est partie.


Elle a d’autre part souligné l’importance particulière que son pays accordait aux activités de l’Agence en matière de coopération technique dans la région.  Elle s’est à cet égard félicitée du nombre croissant de participants, en particulier de ceux originaires de sa région, à différents évènements.  Elle a par ailleurs proposé d’assumer un rôle de chef de file dans la préparation d’un certain nombre de projets qui auront lieu en 2007.


M. SABELO SIVUYILE MAQUNGO (Afrique du Sud) a déclaré que son pays croit fermement que la promotion des activités nucléaires et du développement passent par une coopération technique et un transfert des technologies.  L’Afrique du Sud a ensuite rappelé tous les bénéfices qu’elle pouvait attendre d’une telle coopération, notamment dans le domaine de la santé, par exemple dans la lutte contre le cancer.


Il a évoqué ensuite les problèmes de sécurité mondiale soulevés par l’utilisation militaire de la puissance atomique, rappelant que l’élimination de toutes les armes nucléaires était un objectif commun à l’humanité.  Qui plus est, l’Afrique du Sud a affirmé que sans un réel progrès dans l’élimination de l’uranium enrichi et autres matériaux fissiles destinés à des fins militaires, au même titre que le plutonium d’ailleurs, la sécurité du monde serait toujours menacée.  Il a conclu en soulignant les bénéfices à espérer de la cinquante et unième Conférence générale de l’AIEA qui s’est tenue à Vienne, le mois dernier, et où les États ont pu réaffirmer leur volonté de développer et répandre les usages pacifiques du nucléaire.  Il a enfin cité le Président Eisenhower qui parlait jadis « d’atomes de la paix » avant de reprendre à son compte cette perspective de paix en la reformulant en « atomes, seulement pour la paix ».


M. MEHDI DANESH-YAZDI (République islamique d’Iran) a rappelé que le droit inaliénable de tous les États parties au TNP à disposer sans discrimination de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques constitue un des trois piliers de ce Traité.  Il a par ailleurs affirmé que son pays, qui a été l’une des victimes les plus récentes d’armes de destruction massive, était fermement convaincu que la communauté internationale devait faire en sorte que le cauchemar subi par les populations d’Hiroshima et de Nagasaki ne se reproduise plus.  Comme tous les autres membres du TNP, l’Iran considère que la poursuite et le développement de la technologie nucléaire à des fins pacifiques est un droit inaliénable, a-t-il dit, précisant, qu’à ce titre, son pays avait investi de manière importante en ressources humaines et matérielles dans ce domaine.  Ainsi que l’Iran l’a déjà mentionné, le nucléaire et les autres armes de destruction massive n’ont pas leur place dans le système de défense du pays.  Le représentant a insisté sur le fait que depuis 2003, tous les rapports de l’AIEA avaient été sur la nature pacifique du programme nucléaire iranien, et que l’Agence avait réaffirmé à plusieurs reprises n’avoir observé aucun détournement du matériel nucléaire vers des armes nucléaires ou tout autre engin nucléaire explosif, constat confirmé, a-t-il précisé, dans les différentes déclarations publiques du Directeur exécutif de l’Agence.  Il est ainsi selon lui regrettable que, malgré toutes ces affirmations claires, certains cercles aient réussi à mener une campagne de propagande mal intentionnée et politiquement motivée. 


Le représentant a en outre rappelé que l’Iran avait démontré sa volonté à reprendre les négociations, sans condition préalable, avec ses homologues pour les assurer de la nature pacifique du programme nucléaire de son pays.  À cet égard, a-t-il poursuivi, l’Iran a réagi de bonne foi à l’ensemble des propositions présentées par le Groupe cinq + 1.  Les négociations, a-t-il estimé, devraient servir deux objectifs essentiels, garantir le droit inaliénable de l’Iran à disposer de la technologie nucléaire pacifique, sans discrimination, et assurer que le programme nucléaire iranien restera pacifique. 


M. JIRO KODERA (Japon) a noté la réévaluation du rôle de l’énergie nucléaire ces dernières années et l’élan visant à la promouvoir.  L’utilisation de l’énergie nucléaire doit être favorisée en tenant compte des différents éléments de la non-prolifération nucléaire, de la sûreté et de la sécurité a-t-il affirmé.


M. Kodera a expliqué que le Japon utilisait l’énergie nucléaire à des fins pacifiques, ayant gagné la confiance de la communauté internationale par la transparence de ses activités et son respect rigoureux des garanties de l’AIEA.  À cet égard, il a indiqué qu’en septembre 2004, la mise en œuvre des garanties intégrées avait débuté au Japon.


Il a abordé par la suite le thème du renforcement du régime du TNP.  Malgré les progrès enregistrés et dans la mesure où le régime connaît toujours de grands défis telles les questions nucléaires concernant la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et l’Iran, le représentant a appelé à redoubler d’efforts pour consolider ce régime.  Il a jugé d’autant plus inacceptable l’annonce de l’essai nucléaire par la RPDC que celle-ci avait récemment procédé au lancement de missiles balistiques.  Ces actions, a-t-il dit, constituent une menace sérieuse à la paix et à la sécurité au sud-est asiatique et à toute la communauté internationale.  Il a à cet égard appelé la RPDC à se conformer à la résolution 1718 du Conseil de sécurité.  Par ailleurs, il a jugé regrettable que l’Iran continue de poursuivre son programme d’enrichissement d’uranium et l’a exhorté à appliquer la résolution 1696 du Conseil, à revenir à la table de négociations, et ce à l’avantage de toutes les parties concernées.  M. Kodera a conclu en rappelant les autres défis existants tels que la lutte contre l’utilisation des matières nucléaires par les terroristes ou encore le transport des matières radioactives.


M. HAMIDON ALI (Malaisie) a souligné l’importance du rôle du nucléaire dans le processus de développement.  Il a réaffirmé le soutien de son pays à l’Agence et à sa mission de promotion du nucléaire en tant qu’outil de paix.  À cette fin, le Programme de coopération technique de l’Agence demeure une composante majeure de son mandat et de ses activités.  La Malaisie est à la fois pays donateur et bénéficiaire de ce programme, et remercie le Département de la coopération technique de l’AIEA de ses efforts constants.  Ces derniers, outre le fait qu’ils profitent aux pays membres, renforcent par-là même la crédibilité de l’Agence.


Il s’est ensuite prononcé pour la mise en place de nouvelles zones de dénucléarisation qui selon lui représentent autant de progrès vers une paix mondiale.  La Malaisie renouvelle ainsi son appel pour qu’une zone libre d’armes nucléaires s’installe au Moyen-Orient et demande à Israël de mettre sous contrôle de l’AIEA l’ensemble de son arsenal nucléaire.  La Malaisie déplore par ailleurs l’essai nucléaire de la République populaire démocratique de Corée qui pourrait, si l’on n’y prenait garde, déclencher une course aux armements dans la région.  Nous redisons donc, a-t-il dit, l’importance pour la RPDC et toutes les parties impliquées de revenir à la table de négociation.


M. MUSA DAFFALLA (Soudan) a appuyé les efforts de l’Agence menés avec d’autres parties scientifiques afin d’améliorer les pratiques médicales, surtout pour guérir le cancer.  Il a demandé qu’une approche d’équité et de justice soit adoptée afin de traiter les problèmes non réglés.  Le représentant a également salué l’appel du Directeur général de l’AIEA en faveur de solutions pacifiques et du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  De même, il a critiqué l’attitude d’Israël, seule puissance nucléaire au Moyen-Orient.  Il a appuyé la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région, seul moyen, à ses yeux, d’y établir la paix et de la sécurité.  Sans cela, les causes de tensions ne seront pas éliminées, a-t-il ajouté. 


M. CESAR MAYORAL (Argentine) a centré son intervention sur les activités de l’Agence brésilienne et argentine de comptabilité et de contrôle des matières nucléaires (ABACC).  Cette Agence, a-t-il indiqué, reflète depuis 15 ans l’intégration progressive de la politique nucléaire des deux pays, comme l’atteste la Déclaration commune de 1990 de l’Argentine et du Brésil sur la politique nucléaire.  Il a par ailleurs évoqué la coopération de l’ABACC et de l’AIEA pour éviter le double emploi dans l’élaboration des garanties internationales renforcées dans le domaine nucléaire.  Le représentant a par ailleurs indiqué que l’ABACC avait participé activement à la conclusion de l’Accord sur les garanties avec l’AIEA, en procédant à des inspections et des audits de manière coordonnée, en partageant équipes et technologies avec l’agence internationale, en élaborant des procédures communes d’inspection et en éliminant les doubles emplois.


M. HJALMAR W. HANNESSON (Islande), après avoir réaffirmé leur engagement à soutenir l’AIEA dans ses trois grandes lignes, sûreté, vérification et technologie, a exhorté les États Membres à remplir de manière effective et transparente les obligations définies par l’Agence.  Il a condamné les essais de la République populaire démocratique de Corée et l’a invitée à respecter le TNP et observer les accords de garantie de l’AIEA.  Si l’Islande soutient le directeur général dans sa mission, elle s’est cependant étonnée du fait qu’après plus de quatre années d’inspection, l’Agence ne se soit pas montrée capable de déterminer avec exactitude où en était le programme iranien d’enrichissement d’uranium.


L’Islande apprécie par ailleurs les efforts de l’Agence à promouvoir sur le plan international un régime mondial de sûreté nucléaire.  Pour la soutenir dans cet effort, l’Islande s’est engagée à diriger le Comité des normes de sécurité des radiations pour la période de 2005 à 2007.  Et sur le plan national, un certain nombre de traités ont été signé par l’Islande, notamment celui portant sur le retraitement des déchets radioactifs et celui sur la Convention d’assistance en cas d’accident nucléaire.


M. SERGEI RACHKOV (Bélarus) a affirmé que les mécanismes de l’AIEA en matière de coopération technique constituaient un outil important pour introduire des idées, des technologies et une expérience novatrices dans le domaine nucléaire.  Soulignant le ferme engagement de son pays en faveur du renforcement du régime de non-prolifération nucléaire, il a déclaré que le Bélarus honorait ses obligations au titre du Traité et des accords de garantie.  En matière de développement des techniques nucléaires, il a exprimé l’espoir de son pays dans le projet de réacteurs nucléaires novateurs et dans le nouveau cycle de combustible mis en œuvre sous l’égide de l’AIEA.  Le Bélarus a exprimé son intérêt à ce projet et est prêt à contribuer efficacement à sa réalisation, a-t-il dit.  Le représentant a également plaidé en faveur d’une plus grande interaction avec l’AIEA pour surmonter rapidement les effets restant de la catastrophe de Tchernobyl et permettre le retour à une vie normale dans les pays touchés. 


M. BIODUN OWESENI (Nigéria) a salué le rôle de l’AIEA en tant que catalyseur pour le transfert de la technologie nucléaire à des fins pacifiques pour le développement économique, en particulier pour les pays en développement.  Il a à cet égard appelé l’Agence à poursuivre ses efforts en la matière.  Il a indiqué la priorité accordée par son gouvernement à certains projets visant à développer le rôle de l’énergie nucléaire dans le domaine de l’approvisionnement.  Il a justifié le recours de son pays à l’énergie nucléaire par sa forte population et l’urgence de satisfaire ses besoins énergétiques.  Il a dit son pays conscient de la nécessité d’une coopération et d’une approche coordonnée dans le cadre de l’AIEA dans l’exploitation de l’énergie nucléaire.  À cet égard, il a fait part d’initiatives prises par son pays comme l’organisation d’ateliers et la création de différents organes, tel le service de comptabilité et de contrôle, avec la coopération de l’AIEA et en conformité avec les règles de conduite.


Le plus grand défi au plan international, a estimé M. Oweseni, est la détection de la prolifération de la technologie nucléaire à des fins non pacifiques: il a ainsi demandé aux États de faire face à ce problème pour garantir la sécurité internationale.  Il a également appelé les cinq puissances nucléaires parties à la TNP à prendre les mesures nécessaires pour garantir l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires.


Il a signalé que dans les domaines de l’agriculture et de la santé, le Nigéria continuait d’être confronté au problème des moustiques.  À cet égard, il a indiqué que son pays appuyait le programme d’éradication de la mouche tsé-tsé et de la trypanosomiase panafricain de l’Union Africaine. 



M. PHUA MEI PIN (Singapour) a déclaré que le nucléaire pouvait offrir la perspective au monde de pourvoir aux besoins d’énergie qui sont en pleine croissance.  Hélas, a-t-il ajouté, les risques de prolifération d’armes de destruction massive assombrissent cette perspective, ainsi qu’en témoigne le test nucléaire récent de la République populaire démocratique de Corée, qui n’a pas hésité à défier sur ce point la communauté internationale.  Il faut donc promouvoir la sûreté nucléaire, et Singapour soutient à cette fin la coopération internationale contre la prolifération d’armes de destruction massive.


Ainsi, a-t-il poursuivi, si l’élargissement de l’utilisation du nucléaire entraîne des risques de prolifération, le système de vérification doit être en mesure de réagir rapidement face aux nouveaux défis de manière efficace.  Un progrès en ce sens serait atteint, a-t-il suggéré, en rendant universels l’Accord de garantie et le Protocole d’accord additionnel.  Il a également attiré l’attention sur le caractère délicat du cycle de combustion nucléaire, avant de réaffirmer son appui aux programmes de coopération technique de l’AIEA et régionaux de l’Asie-Pacifique.


M. VIKTOR V. KRYZHANIVSKYI (Ukraine) a affirmé que son pays disposait de suffisamment d’uranium pour utiliser l’énergie nucléaire.  C’est la raison pour laquelle, a-t-il dit, que l’Ukraine est prête à coopérer à l’échelon international en la matière.  Il a ajouté que son pays participait aux activités de l’AIEA en matière de cycle de combustible et de mise au point de nouveaux réacteurs dans le cadre du Forum numéro 4.  Il a indiqué que son pays avait beaucoup de possibilités en matière de technique nucléaire.  L’Ukraine, a-t-il poursuivi, appuie les activités de l’Agence lorsqu’il s’agit de renforcer la coopération scientifique, biologique et de médecine nucléaire.  Le représentant a également indiqué l’appui de son pays aux activités de l’AIEA visant à une plus grande sécurité nucléaire.  Par ailleurs, il a estimé qu’il ne serait pas possible d’apporter une solution définitive aux effets de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl sans le concours de la communauté internationale.  Il a invité les gouvernements des États membres de l’AIEA donateurs à contribuer financièrement à la construction d’installations de traitement de déchets nucléaires. 


M. TRIYONO WIBOWO (Indonésie) a salué les résultats positifs enregistrés par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), notamment dans le domaine de la coopération technique.  Il a souligné que son pays utilisait l’énergie nucléaire dans un certain nombre de domaines, agricole notamment, et s’efforçait à trouver des sources énergétiques alternatives, dans les domaines des transports et de la production d’électricité.  Il s’est félicité de la qualité supérieure des programmes de coopération de l’AIEA et a affirmé souscrire à la stratégie de coopération technique qui repose sur un fort engagement gouvernemental, des projets de haute qualité et un financement adéquat.  Le représentant a appelé les États à fournir un soutien financier à l’AIEA pour lui permettre de remplir ses tâches.


Par ailleurs, M. Wibowo a souligné l’effet positif de l’énergie nucléaire sur le développement socioéconomique de l’énergie nucléaire et énuméré une série de mesures prises par son gouvernement allant en ce sens, comme la construction de centrales nucléaires qui seront opérationnelles d’ici à 2016.


Il a exprimé par ailleurs, son soutien aux efforts de l’AIEA pour renforcer le système de garanties et a rappelé la ratification par son pays, du Traité de non-prolifération (TNP) et autres instruments juridiques.  Pour son pays, a-t-il dit, le TNP reste la pierre angulaire du système de non-prolifération et un élément essentiel dans le processus de désarmement nucléaire.


Le représentant a par ailleurs affirmé que la prolifération et les questions de garanties étaient mieux traitées dans le cadre d’accords multilatéraux non discriminatoires, négociés, universels, sous les auspices de l’AIEA.  Le droit inaliénable de toutes les parties à développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques doit être respecté sans mettre en danger les accords internationaux, a-t-il conclu.


M. ARMEN MARTIROSYAN (Arménie) a déclaré attacher une grande importance à l’énergie nucléaire, aussi bien de par son aspect économique que du point de vue de la sécurité.  En décembre 2005, une réunion spéciale portant sur la coordination technique de l’assistance internationale au développement énergétique nucléaire arménien a été organisée par le Directeur général de l’AIEA avec la participation de pays donateurs.  Différents aspects du plan ont été discutés tels que la conception, les questions de sécurité sismique, de régulation aussi bien que les relations entre les équipes de l’AIEA et celles du programme arménien.


Ensuite, il a rappelé combien la viabilité des sources énergétiques pouvait être vitale pour son pays.  L’Arménie s’est ainsi montrée particulièrement intéressée par le projet INPRO d’un nouveau type de réacteur, projet qui renferme de nouvelles normes quant à la sécurité du cycle de combustion, la sécurité écologique et l’assurance d’une non-prolifération d’armes de destruction massive.  Il a également fait état d’un projet en collaboration avec la Communauté européenne sous l’égide du programme TACIS 2006-2007.


M. ALEXEI TULBURE (Moldova) a rappelé tous les bénéfices que les pays en développement ont pu tirer de leur coopération avec l’AIEA, ajoutant que son pays est très attaché à l’utilisation pacifique du nucléaire.  L’essentiel de notre énergie, a-t-il déclaré, est importé d’Ukraine et de la Fédération de Russie, or les prix ne font que monter.  Aussi, toute la politique de notre pays est de trouver des sources d’énergie intéressantes pour nous.  Trois nouveaux projets nationaux relatifs à la médecine ont été transmis à l’AIEA et la Moldova a remercié l’AIEA, ainsi que le Gouvernement des États-Unis, pour leur soutien apporté au programme moldave de protection des sources radioactives.  Grâce à leur assistance, ces activités se sont montrées fructueuses et le stockage de ces sources est désormais conforme aux normes internationales.


L’AIEA a pu jouer, a-t-il dit, un rôle considérable en faveur de l’utilisation pacifique des technologies nucléaires tout en prévenant les risques de prolifération d’armes de destruction massive, ce qui a fait d’elle, une des organisations les plus dynamiques sur le plan international.



Explications de vote


M. SIN SONG CHOI (République populaire démocratique de Corée) a jugé déraisonnable de la part de l’AIEA, de mentionner dans son rapport, la soi-disant question de la RPDC, celle-ci, a-t-il précisé, n’étant ni membre de l’AIEA ni partie au Traité de non-prolifération.  L’AIEA parle de la question nucléaire dans la péninsule de façon partielle, a-t-il expliqué.  La question nucléaire est le résultat de la politique américaine hostile envers la RPDC, a-t-il ajouté.  Il est, selon lui, important d’évaluer comment l’AIEA a abordé la question nucléaire dans la péninsule, question qui a surgi en tant que question politique et militaire entre la RPDC, petit pays, et les États-Unis, puissance importante.  La dénucléarisation de la péninsule coréenne est le but ultime de la RPDC, a-t-il assuré, mais celle-ci ne pourra être réalisée qu’avec l’abandon par les États-Unis de leurs ambitions.  Il a précisé que sa délégation s’opposait au projet de résolution. 


Le représentant de la République arabe syrienne a déclaré que son pays avait voté en faveur du projet de résolution, car la Syrie croit en l’importance de l’AIEA pour ce qui est de la vérification et croit également au droit des pays d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  Toutefois, il s’est dit vivement déçu par les positions de certains États lors de la cinquantième conférence générale de l’AIEA sur la capacité nucléaire d’Israël, ce qui a conduit au report de la question.


Documentation


Rapport de l’AIEA (A/61/266)


Dans ce document, Mohamed Elbaradei, Directeur général de l’AIEA, a fait le point sur les trois champs d’activités ou « piliers » de l’agence: la sûreté et sécurité; le transfert de technologie et coopération; et enfin la vérification.


Pour ce qui est de la sûreté et de la sécurité d’exploitation des centrales nucléaires dans le monde en 2005, elles sont restées élevées.  Les doses de rayonnement aux travailleurs et aux membres du public dues à l’exploitation des centrales ont été largement inférieures aux seuils réglementaires.  Ainsi par exemple, les accidents recensés entraînant des dommages corporels sont parmi les moins nombreux de l’ensemble du secteur industriel.  Du point de vue des dommages à l’environnement, aucun rejet de radioactivité nocif n’a été signalé.  Même constat pour les centrales nucléaires qui ont pu être soumises à des catastrophes naturelles: aucune de ces perturbations n’a été dommageable. 


Si la sécurité des réacteurs de recherche a été grande durant l’année, il est cependant à noter une carence de ressources dans la manière de gérer les potentiels de sûreté.  Cette préoccupation est heureusement démentie par les principaux indicateurs de performance en radioprotection professionnelle qui se sont améliorés en 2005. 


La plupart des États Membres disposent à présent de programmes de contrôle radiologique individuel et du lieu de travail pour les travailleurs exposés professionnellement.  Ces résultats sont toutefois à nuancer, du fait d’incidents graves qui, continuant de se produire, rappellent qu’il faut toujours continuer à promouvoir l’application de normes de sécurité.  Ainsi, en 2005, l’Agence a effectué plus de 120 missions d’examen de la sûreté dans les

États membres dans des domaines divers tels que la sûreté d’exploitation des centrales nucléaires, la sûreté et la sécurité des sources de rayonnements, l’infrastructure de sûreté nucléaire et radiologique et la sûreté du transport.  En matière de sécurité, l’Agence a également renforcé les instruments juridiques internationaux. 


En fin d’année 2005, on a recensé près de 79 pays ayant exprimé leur appui au Code de conduite sur la sûreté et la sécurité des sources radioactives.  L’Agence a notamment organisé plus de 25 missions et 18 activités de formation relatives à la sécurité nucléaire dans le monde en 2005, le bilan atteste de la croissance d’activité de l’AIEA en termes de sûreté et de sécurité.


Du point de vue des transferts de technologie et de la coopération, le programme de coopération technique (CT) de l’Agence est essentiel à l’exécution du mandat de cette dernière qui est de « hâter et d’accroître la contribution de l’énergie atomique à la paix, la santé et la prospérité dans le monde entier ».  À ce titre, l’AIEA pourvoit au transfert de données scientifiques et de technologies nucléaires vers les États Membres en développement, essentiellement en dispensant une formation et en fournissant des services d’experts, et du matériel. 


Son objectif est de doter ces États de moyens qui leur permettront d’utiliser la technologie nucléaire de manière sûre, sécurisée et durable, puis de renforcer et d’entretenir ces derniers.  En 2005, les principaux domaines d’activité ont été la santé humaine, la mise en valeur des ressources humaines, la sûreté radiologique et la sûreté du transport, l’alimentation et l’agriculture, les sciences nucléaires, les applications physiques et chimiques, les ressources en eau et la gestion des déchets radioactifs. 


En 2005, 73,6 millions de dollars ont été dépensés dans plus d’une centaine de pays; 104 cours ont été organisés pour 1 574 participants, 2 433 missions d’expert ont été exécutées, 1 011 bourses ont été offertes, 425 voyages d’étude ont été effectués, du matériel et des fournitures ont été achetés à hauteur de 33 millions de dollars.


Enfin, la mission de vérification est au cœur des efforts déployés par l’Agence pour la lutte contre la prolifération nucléaire.  Des accords de garantie conclus avec l’Agence sont actuellement en vigueur dans 156 États.  Ils comprennent des accords de garanties généralisés (AGG) dans 148 États non dotés d’armes nucléaires, des accords de soumission volontaire dans cinq États dotés d’armes nucléaires, et des accords relatifs à des éléments particuliers dans trois États non parties au Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Au total, ce sont quelque 900 installations nucléaires dans environ 70 pays qui sont soumises aux inspections de l’Agence. 


Parmi les défis attendant encore l’AIEA et les États Membres, sont cités: le problème des pénuries d’énergie dans les pays en développement, la recherche de stratégies de gestion des déchets acceptables, l’amélioration de la santé humaine et de la production alimentaire, la valorisation de la gestion des ressources en eau, l’augmentation des niveaux de sûreté et de sécurité nucléaires à l’échelle mondiale et le renforcement du régime de garanties et de non-prolifération et de limitation des armements.  Il est clair, conclut-il que ces défis ne pourront être relevés que grâce à un partenariat actif entre l’AIEA et les États Membres.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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