LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL INVITE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À AGIR D’URGENCE POUR METTRE UN TERME À L’ENFER DU DARFOUR

16 février 2005
SG/SM/9722-SC/8314-AFR/1110

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL INVITE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À AGIR D’URGENCE POUR METTRE UN TERME À L’ENFER DU DARFOUR

16/02/2005
Communiqué de presseSG/SM/9722 SC/8314 AFR/1110

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL INVITE LE CONSEIL DE SÉCURITÉ À AGIR D’URGENCE POUR METTRE

UN TERME À L’ENFER DU DARFOUR

Vous trouverez ci-après le texte du discours que le Secrétaire général, Kofi Annan, a prononcé aujourd’hui devant le Conseil de sécurité :

Je suis très heureux que le Haut Commissaire aux droits de l’homme, Mme Louise Arbour, soit parmi nous aujourd’hui pour présenter le rapport de la Commission internationale d’enquête sur le Darfour. Je m’en remets à elle pour présenter l’ensemble des conclusions et recommandations du rapport. Qu’il me soit toutefois permis de souligner que ce rapport est l’un des documents les plus importants de l’histoire récente de l’Organisation des Nations Unies. Sa lecture donne des frissons, et il s’agit d’un appel urgent à l’action.

La Commission a établi que de nombreuses personnes au Darfour sont victimes d’atrocités perpétrées à très large échelle, dont le Gouvernement soudanais et les Janjaouid sont responsables – y compris des crimes de guerre et, très probablement, des crimes contre l’humanité. La Commission a également recueilli des éléments de preuve crédibles dont il ressort que les forces rebelles sont responsables de violations graves qui pourraient constituer des crimes de guerre.

La Commission recommande vivement que le Conseil de sécurité défère sans tarder la situation au Darfour à la Cour pénale internationale pour veiller à ce que les responsables de ces crimes odieux répondent de leurs actes. Il est essentiel que ces crimes ne restent pas impunis.

Mais cet appel urgent à l’action ne doit pas s’arrêter là. Alors même que la Commission menait son enquête et depuis lors, les attaques contre des villages, les massacres de civils, les viols, les pillages et les déplacements forcés se sont poursuivis au Darfour.

Comme d’autres l’ont dit avant moi, l’Organisation des Nations Unies n’est peut-être pas en mesure de conduire l’humanité vers le paradis, mais elle doit absolument agir pour lui éviter l’enfer. Ce rapport montre, sans l’ombre d’un doute, que ces deux dernières années ont été pour la population du Darfour, pour ainsi dire, un enfer sur terre. Et malgré toute l’attention que le Conseil a accordée à cette crise, l’enfer continue aujourd’hui encore.

La communauté internationale, sous la direction du Conseil, doit sans tarder trouver le moyen de mettre un terme à cette tuerie et de protéger les vulnérables. Toutes les options doivent être envisagées – y compris les sanctions ciblées, l’action renforcée en matière de maintien de la paix, de nouvelles mesures pour protéger les civils et davantage de pressions sur les deux parties pour qu’elles parviennent à une solution politique durable.

Je ferai ce qu’il faut pour qu’une telle stratégie soit élaborée. Mais c’est le Conseil qui a le pouvoir et la responsabilité de mettre fin à cette grave crise. Une fois de plus, j’invite le Conseil de sécurité à agir d’urgence en vue de mettre un terme à la mort et aux souffrances au Darfour et de rendre justice à tous ceux qui ne peuvent déjà plus être sauvés.

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