BEIJING+10: LES MINISTRES AFGHANE ET IRAQUIENNE TÉMOIGNENT DE L’IMPACT DE LA GUERRE ET DE LA VIOLENCE SUR LES FEMMES DE LEUR PAYS

2 mars 2005
FEM/1491

BEIJING+10: LES MINISTRES AFGHANE ET IRAQUIENNE TÉMOIGNENT DE L’IMPACT DE LA GUERRE ET DE LA VIOLENCE SUR LES FEMMES DE LEUR PAYS

02/03/2005
Communiqué de presseFEM/1491

Commission de la condition de la femme

Quarante-neuvième session

5e et 6e séances – matin & après-midi

BEIJING+10: LES MINISTRES AFGHANE ET IRAQUIENNE TÉMOIGNENT DE L’IMPACT DE LA GUERRE ET DE LA VIOLENCE SUR LES FEMMES DE LEUR PAYS

Les Ministres présents à New York pour dresser le bilan des engagements pris en faveur des femmes en 1995 à Beijing ont aujourd’hui encore réaffirmé leur détermination à promouvoir l’égalité entre les sexes et la dignité des femmes.  Au troisième jour du débat de haut niveau, la Ministre des femmes de l’Afghanistan, Masooda Jalâl, et son homologue iraquienne, Narmin Barzingy, ont évoqué l’impact du despotisme et de la guerre sur la vie quotidienne de milliers de femmes et d’enfants qui en ont payé un lourd tribut.  D’autres pays comme le Chili ou le Kazakhstan ont partagé leur expérience nationale, notamment en matière d’autonomisation économique des femmes.

« L’histoire des Afghanes est un exemple « vivant » de la pire situation que peuvent connaître les femmes victimes d’un régime despotique et d’un conflit armé », a affirmé Masooda Jalâl.  Trois ans après la chute des Taliban, les indicateurs sociaux sont toujours au plus bas.  Les femmes, qui représentent 48,2% de la population, ont une espérance de vie de 44 ans, soit un an de moins que celle des hommes.  Le taux de mortalité maternelle est de 1 600 pour 100 000 naissances, tandis que le taux de mortalité infantile est de 115 décès pour 1 000 naissances vivantes et le taux de fécondité de 6,8.  La Ministre a également affirmé qu’un million de filles n’allaient toujours pas à l’école dans son pays.

La femme iraquienne qui, elle aussi, a connu la guerre et la violence, doit maintenant lutter contre la pauvreté dans tous les aspects de sa vie quotidienne.  Aujourd’hui, 15% des femmes sont veuves et un nombre croissant d’entre elles sont chefs de famille.  Le taux d’alphabétisation des femmes demeure inférieur à celui des hommes tandis que l’accès aux soins de santé s’est considérablement détérioré au cours des dernières années, a expliqué Narmin Barzingy.  La Ministre a mis en garde contre une vision primitive de l’Islam qui ne fait que servir les objectifs des groupes extrémistes en Iraq et remettre en question les valeurs humaines. 

La Ministre de la condition de la femme de la République démocratique du Congo, Faida Mwangilwa, s’est quant à elle élevée contre les milliers de cas de violences sexuelles contre des femmes congolaises, « le viol étant utilisé comme arme de guerre par les parties au conflit dans son pays ».  « Les violences sexuelles perpétrées sur les femmes pendant les conflits armés ont eu curieusement comme auteurs tant les belligérants que les éléments des Nations Unies et leur personnel associé déployés pourtant pour les protéger », a-t-elle expliqué, ajoutant que « les femmes se mobilisaient aujourd’hui pour demander réparation et traduire les auteurs de ces crimes en justice ».

Sur le plan économique, la Ministre des femmes du Chili, Cecilia Perez, a expliqué dans quelle mesure le travail durable des Chiliennes, dont le taux de participation sur le marché de l’emploi est de 37%, avait contribué à la lutte contre la pauvreté.  Plus de 57% des nouveaux emplois créés l’année dernière sont occupés par des femmes qui assument désormais des fonctions qui étaient réservées aux hommes.  D’autres délégations comme celles du Pakistan et du Kazakhstan ont fait part des avantages du microcrédit qui ont permis à des milliers de femmes de sortir de la pauvreté extrême et de participer au développement social et économique de leur pays. 

La représentante du Bureau des organisations internationales au Département d’État des États-Unis, Ellen Sauerbrey, a rappelé que son pays a travaillé avec de nombreux autres pour améliorer les conditions de vie de nombreuses femmes et filles dans le monde et se réjouit des progrès réalisés, notamment pour promouvoir la liberté et surmonter les forces de la tyrannie.  Concernant la santé génésique, elle a fait remarquer que le Programme d’action de Beijing et le document final de Beijing + 5, tout en exprimant des objectifs politiques importants, ne visaient nullement à créer de nouveaux droits ni de nouvelles obligations juridiques y compris le droit à l’avortement.  Les politiques en matière d’avortement relèvent de la souveraineté nationale, a-t-elle insisté.

Outre ceux déjà cités, les Ministres et Vice-Ministres des pays suivants ont pris la parole: Canada, Bahamas, Sénégal, Algérie, Égypte, Barbade, Kenya, Guinée, Zambie, Madagascar, Bangladesh, Turquie, Costa Rica, Haïti, Paraguay, Trinité-et-Tobago, Namibie, Ouganda, Inde, Australie, Congo, Bolivie, Émirats arabes unis, Lesotho, Lituanie, Mauritanie et Belgique.  Les chefs d’institutions nationales des pays suivants sont également intervenus: Mexique, Azerbaïdjan, Espagne, Qatar, Japon, Chine, Viet Nam, Allemagne, République islamique d’Iran, Guatemala, Portugal, Venezuela, République arabe syrienne, Argentine (au nom du Groupe de Rio).

La Commission de la condition de la femme tiendra demain à partir de 10 heures une série de dialogues interactifs.

SUIVI DE LA QUATRIÈME CONFÉRENCE MONDIALE SUR LES FEMMES ET DE LA SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INTITULÉE « LES FEMMES EN L’AN 2000: ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES, DÉVELOPPEMENT ET PAIX POUR LE XXIE SIÈCLE »

Déclarations

Mme LIZA FRULLA, Ministre du patrimoine canadien et Ministre responsable de la condition féminine du Canada, a lancé un appel pressant à tous les États Membres afin qu’ils réaffirment unanimement et catégoriquement la Déclaration et le Programme d’action de Beijing.  La Ministre a souligné que l’une des principales forces de son pays demeurait le solide cadre juridique qui soutient l’égalité entre les sexes depuis un certain nombre d’années.  Elle a précisé que le Gouvernement continuait d’améliorer l’accès aux prêts pour les étudiants en vue d’aider les femmes à atteindre un niveau d’instruction plus élevé.  Le niveau de scolarité des femmes est en hausse, a-t-elle ajouté.  De même, des progrès ont été réalisés en doublant la durée des prestations parentales offertes aux travailleuses et travailleurs admissibles au régime d’assurance-emploi, tandis que le nombre de femmes faisant partie de la population active rémunérée est l’un des plus élevés au monde et le rapport d’égalité entre les femmes et les hommes en matière de gains, de revenu total et de revenu après impôt continue de s’améliorer.  Afin de réaliser des progrès au chapitre de l’égalité entre les sexes, nous devons quitter cette réunion en prenant un engagement ferme et unanime en faveur de la Déclaration et le Programme d’action de Beijing, a-t-elle déclaré.

Mme MELANIE GRIFFIN, Ministre des services sociaux et du développement communautaire des Bahamas, a évoqué les amendements apportés à la législation de son pays pour promouvoir les femmes sur le marché du travail ainsi qu’en matière d’héritage.  Désormais, les hommes et les femmes héritent sur un pied d’égalité et dans ce contexte, a ajouté la Ministre, nous envisageons la levée de nos réserves à l’article 16 de la Convention CEDAW sur les relations matrimoniales.  Le VIH/sida est la principale cause de décès chez les jeunes des Bahamas.  Les femmes enceintes et les mères bénéficient gratuitement de thérapies antirétrovirales et nous avons augmenté de plus de 500% le nombre de personnes traitées contre le virus du VIH/sida.  La pauvreté et la violence domestique à l’encontre des femmes sont des sujets de graves préoccupations.  Des études sont en cours et des partenariats sont mis en place pour lancer des campagnes d’éducation sur la violence domestique par exemple.  Les forces de police des Bahamas reçoivent une formation à la violence domestique.  Concernant la participation à la vie politique, la Ministre a expliqué que 20% des parlementaires sont des femmes et 25% des membres des Cabinets ministériels sont des femmes.  Le Sénat et la Cour d’appel sont présidés par des femmes et même si nous n’avons pas atteint les quotas de Beijing, nous sommes fières de nos réalisations en matière de participation des femmes à la vie politique des Bahamas, a-t-elle ajouté.

Mme AÏDA MBODJ, Ministre de la famille, du développement social et de la solidarité nationale du Sénégal, a rappelé que son pays avait ratifié toutes les conventions relatives à l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes aux droits des enfants, dont les filles, et avait adopté des textes de lois pénalisant les violences faites aux femmes et aux filles.  Depuis l’alternance politique intervenue en mars 2000, le dispositif juridico-institutionnel a été renforcé en vue de consolider les acquis et d’élaborer des politiques nationales plus hardies d’équité et d’égalité de genre, a-t-elle souligné.  Ainsi, la nouvelle Constitution, votée en 2001, a aménagé des dispositions qui garantissent l’équité et l’égalité de genre, le droit d’accès pour tous à la terre, à la propriété, à l’éducation, à l’emploi, à la santé, à l’exercice du pouvoir, aux services publiques, et rejettent toute forme d’injustice, d’inégalité ou de discrimination entre les citoyens et les citoyennes.  L’application de cette Charte fondamentale se traduit par la promulgation de nouvelles lois et la révision des anciennes, en harmonie avec les conventions internationales, a-t-elle ajouté.  La Ministre a assuré que sans une volonté politique constante au plus haut niveau, sans la stabilité politique, la démocratie, la paix, la solidarité nationale, le Sénégal n’aurait jamais pu réaliser les avancées significatives constatées dans la promotion de l’équité et de l’égalité des sexes, a-t-elle soutenu.

Mme PATRICIA ESPINOSA, Présidente de l’Institut national des femmes du Mexique, a réaffirmé l’engagement de son pays en faveur de tous les instruments internationaux et régionaux dont il est partie.  Elle a rappelé qu’en octobre 2004, les États parties à la Convention interaméricaine sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes ont adopté le statut du mécanisme qui non seulement concerne l’établissement de rapports mais souligne aussi la nécessité de promouvoir la coopération et d’échanger les meilleures pratiques pour traduire dans la réalité les engagements régionaux.  Toujours dans le cadre de cette Convention, le Mexique, a indiqué sa représentante, a lancé un programme intitulé « Pour une vie sans violence ».  Évoquant les cas des femmes assassinées à Ciudad Juarez, elle a affirmé que depuis 2000, le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures comme la nomination en 2003, d’un procureur spécial chargé d’enquêter sur ces cas et le lancement du programme d’action élaboré spécifiquement pour la région qui inclut les recommandations d’organisations nationales et internationales des droits de l’homme.

La représentante a ensuite indiqué que 10 ans après Beijing, la création et le renforcement des institutions nationales de promotion de la femme ont largement consolidé la capacité du pays à réaliser les objectifs fixés dans la capitale chinoise.  Elle a ainsi attiré l’attention sur le Programme national pour l’égalité des chances et la non-discrimination qui comprend neuf objectifs spécifiques à court et à long termes.  Après avoir cité d’autres innovations dans le domaine législatif, la représentante a indiqué que la politique sociale comprend des mesures concrètes pour répondre aux besoins des femmes qui vivent dans la pauvreté.  Elle a conclu en reconnaissant qu’il y avait encore beaucoup à faire dans son pays comme dans la région.  Interpellant ses homologues, elle a déclaré que le Consensus du Mexico, fruit du processus préparatoire régional, témoigne de la détermination de la région à adopter des mesures dans les différents concernés pour réaliser l’égalité des sexes.

Mme NOUARA DJAAFAR, Ministre déléguée chargée de la famille et de la condition féminine de l’Algérie, a indiqué que le Conseil des ministres de son pays avait adopté le mois dernier deux projets d’ordonnance révisant le Code de la nationalité et le Code de la famille.  Elle a estimé que ces réformes mettaient la législation algérienne en conformité avec les conventions et traités internationaux tout en respectant les « valeurs civilisationnelles » du pays.  Ces projets d’ordonnance, a-t-elle poursuivi, consacrent l’égalité entre l’homme et la femme, reconnaissent à la femme la pleine capacité de conclure son contrat de mariage ou encore soumettent la polygamie à des conditions restrictives.  La Ministre s’est félicitée des « nombreuses réalisations en faveur de la femme algérienne », notamment dans le secteur de l’éducation, dans le secteur de la santé par le renforcement du concept de « santé reproductive » et des « droits en matière de reproduction », ou encore en ce qui concerne les violences faites aux femmes, par l’introduction d’une disposition pénale incriminant le harcèlement sexuel.  Elle indiqué que ces actions s’inséraient dans le cadre plus vaste des efforts de l’Union africaine et du NEPAD, qui accorde une attention particulière à la femme.

Mme FARKHANDA HASSAN, Secrétaire générale du Conseil national des femmes de l’Égypte, a souligné que la condition des femmes avait enregistré dans son pays des avancées remarquables, notamment en matière d’accès à l’éducation et à l’emploi.  Une des manifestations les plus importantes de ce progrès a été la création du Conseil national de la femme en 2000, une institution constitutionnelle indépendante, placée directement sous la direction du Président de la République, confirmant ainsi la volonté politique de l’Égypte en faveur de l’autonomisation des femmes.  Ce Conseil bénéficie d’un statut spécial qui lui permet de mener des changements à l’intérieur des administrations de l’État pour promouvoir la parité.  La Secrétaire générale du Conseil national des femmes a cité, entre autres progrès, une modification du droit civil permettant aux femmes de demander elles-mêmes le divorce.  S’agissant de l’éducation, le fossé entre les sexes a pratiquement disparu, mais l’analphabétisme continue de demeurer un obstacle à la promotion des femmes dans certaines zones rurales, a-t-elle noté.  En outre, la représentation des femmes dans les postes de décision au sein des institutions gouvernementales est trois fois supérieure à ce qu’elle était au moment de la Conférence de Beijing.

M. HAMILTON LASHLEY, Ministre de la transformation sociale de la Barbade, a estimé que la lutte contre la pauvreté était la clef de la transformation de la condition économique et sociale des femmes.  Il a indiqué que son Gouvernement avait mis en place plusieurs programmes d’émancipation des femmes, à travers l’éducation, la formation et l’accès au microcrédit.  Il apporte également un soutien financier à une ONG en charge d’une ligne téléphonique ouverte 24 heures sur 24 aux femmes victimes de violences et attache une importance particulière à la prévention du VIH/sida chez les femmes.  Le Ministre a par ailleurs lancé un appel aux pays développés pour qu’ils accroissent leur coopération, afin de permettre aux pays en développement de remplir les objectifs en matière de promotion de la femme.

Mme NARMIN BARZINGY, Ministre des questions de la femme de l’Iraq, a rappelé que les femmes ont toujours joué un rôle important dans la société iraquienne.  Son statut a cependant varié selon les époques mais elle a accumulé un acquis considérable.  La femme iraquienne a également connu la guerre et la violence.  La pauvreté se manifeste de manière évidente dans tous les aspects de sa vie quotidienne.  Ainsi, 15% des femmes sont veuves et un nombre croissant de femmes sont chefs de famille.  Le taux d’alphabétisation n’a toujours pas atteint celui des hommes.  Nous avons également assisté à une dégradation des soins de santé au cours des dernières années.  Les femmes ont participé de manière courageuse à la lutte contre la dictature et le terrorisme.  L’issue des élections du 30 janvier dernier a témoigné des capacités de la femme iraquienne en tant que vecteur de paix dans leur pays.  Désormais, les femmes iraquiennes sont représentées à hauteur de 31% à l’Assemblée nationale qui sera en charge de rédiger la nouvelle constitution.  Ces femmes élues devront veiller à ce que la législation iraquienne comporte des dispositions garantissant leurs droits.  La Ministre a mis en garde contre une vision primitive de l’Islam qui ne fait que servir les objectifs des extrémistes et remettre en question les valeurs humaines.  Pour la première fois en 35 ans, nous voyons apparaître dans le pays de nouveaux concepts comme la société civile, le transfert de pouvoir et la démocratie. 

Mme ZAHRA GULIYEVA (Azerbaïdjan) a indiqué que, dans son pays, les réformes entreprises, au cours de la dernière décennie, dans les sphères du développement social et économique, de l’éducation, de la santé et de l’institutionnalisation, ont contribué à réaliser la stabilité macroéconomique et un développement économique dynamique qui ont, à leur tour, amélioré les conditions de vie des populations, en particulier les femmes.  L’intégration de la politique d’égalité entre les sexes dans la stratégie générale de développement du pays a assuré une distribution équitable des bénéfices tirés des programmes de lutte contre la pauvreté.  Le Gouvernement a, par ailleurs, pris la décision d’intégrer une perspective sexospécifique dans le Programme de développement élaboré pour la période 2006-2015.  La représentante a conclu en indiquant qu’en matière de promotion des droits de la femme, le plus grand obstacle demeure le conflit en cours avec l’Arménie qui a abouti à l’occupation d’une partie importante du territoire de l’Azerbaïdjan, faisant de près d’un million de personnes, dont 420 000 femmes, des réfugiés ou des personnes déplacées. 

M. OCHILO AYACKO, Ministre de la parité, des sports, de la culture et des services sociaux du Kenya, a affirmé que son pays continuait de prendre des mesures concertées afin d’améliorer la condition de la femme.  Le Kenya a introduit un programme de discrimination positive pour qu’il y ait plus de femmes parlementaires, a-t-il souligné, précisant que cette politique avait permis d’aboutir à un doublement du nombre des élues.  En matière d’éducation, des mesures ont été prises afin de permettre la création d’un environnement propice à l’égalité entre les sexes, a ajouté le Ministre.  Celui-ci a également cité, entre autres progrès réalisés, l’interdiction des mutilations génitales féminines.  Les femmes sont la clef de notre programme de développement national, a-t-il également considéré, précisant néanmoins qu’elles ne sont malheureusement pas encore en mesure de réaliser leur potentiel, des efforts restant à être fournis.

Mme CECILIA PEREZ, Ministre, Bureau pour les questions des femmes du Chili, a indiqué que grâce au Programme d’action de Beijing, la place des femmes dans la société chilienne est visible et reconnue.  Depuis la restauration de la démocratie en 1990, le Gouvernement a transformé la problématique hommes/femmes dans le pays.  Les Chiliennes travaillent maintenant de manière durable, leur taux de participation sur le marché du travail étant passé à 37%, ce qui constitue une contribution énorme à la lutte contre la pauvreté.  Plus de 57% des nouveaux emplois créés l’année dernière sont occupés par des femmes.  Celles-ci assument désormais des fonctions qui étaient réservées aux hommes.  Pendant la présidence de M. Ricardo Lagos, une femme a été nommée Ministre de la défense et pour la première fois, des femmes ont présidé la Chambre des députés. 

Nous avons tenté de promouvoir une culture d’égalité à l’école en gommant les préjugés sexistes des manuels scolaires.  En 1994, nous avons approuvé la première législation contre la violence domestique qui n’est plus invisible.  Nous avons progressé sur le front du droit de la famille.  Les enfants nés hors mariage disposent désormais des mêmes droits que les enfants nés de parents mariés.  Les dispositions juridiques régissant le mariage civil permet aujourd’hui de demander le divorce.  À partir de 2005, nous avons mis en place les premiers mécanismes budgétaires respectueux de la parité entre les sexes.  Il existe une véritable crédibilité politique, ce qui fait que le 11 décembre prochain, une femme sera peut-être élue Présidente de la République pour la première fois dans l’histoire du Chili.  Nous réaffirmons notre engagement en faveur de l’égalité et la dignité des femmes.

Mme BRUCE MARIAMA ARIBOT, Ministre des affaires sociales, de la promotion féminine et de l’enfance de la Guinée, a rappelé que son pays avait signé et ratifié la plupart des conventions portant sur les droits fondamentaux des femmes, notamment en 1982 la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  En 1996, a-t-elle souligné, a été élaborée la politique nationale de promotion féminine, mettant ainsi à la disposition du Gouvernement, des acteurs sociaux et des partenaires au développement, un outil d’orientation pour toute action à entreprendre en faveur des femmes.  Les objectifs de cette politique ont été traduits en 1998 en Programme-cadre genre et développement, un document qui a permis à la Guinée, a-t-elle précisé, de disposer d’un cadre de référence national pour initier des stratégies relatives à la dimension genre dans les politiques sectorielles et coordonner les actions des intervenants sur les questions de l’égalité des sexes. 

Après avoir énuméré les différentes actions en cours, parmi lesquelles une révision du Code civil visant à supprimer toutes les dispositions discriminatoires à l’encontre des femmes, la Ministre a indiqué que des efforts seraient fournis au cours de la prochaine décennie en faveur d’une consolidation des acquis, ainsi qu’aux questions émergentes, telles que la féminisation du VIH/sida, la féminisation de la pauvreté et l’exploitation sexuelle des femmes et des filles auxquelles s’ajoutent un taux encore intolérable de mortalité maternelle et infantile.

Mme MARINA NSINGO, Ministre du travail, du développement communautaire et des services sociaux de la Zambie, est revenue sur la politique de son Gouvernement qui a adopté une politique nationale sur la problématique hommes/femmes en 2000 dont la mise en œuvre est assurée par un Programme d’action stratégique  pour 2004-2008.  La Ministre a également expliqué que la problématique du genre avait été intégrée au programme de lutte contre la pauvreté et au Plan de développement national intérimaire dans le but d’accroître l’accès des femmes à la propriété foncière, d’améliorer l’accès à l’information, d’éliminer les discriminations dans l’accès aux ressources financières et matérielles, de fournir un soutien aux femmes chef d’entreprise, d’accroître la participation des femmes aux processus de prise de décision et de réduire la transmission du VIH/sida, en particulier de la mère à l’enfant.

La Ministre a également expliqué que, pour accroître la place des femmes en politique, des réformes avaient été lancées sur la base de la proportionnalité.  Désormais, la représentation des femmes au Parlement est passée de 6,3% en 1991 à 13,66% à l’heure actuelle.  Dans la fonction publique, les femmes représentent 18,6% des secrétaires permanents, 23% des directeurs, 18% des directeurs adjoints.  La Ministre a évoqué également les obstacles à la pleine réalisation des engagements de Beijing en citant notamment le manque de capacités techniques, l’incidence de la pandémie du VIH/sida, le taux d’analphabétisme élevé des femmes qui se situe à hauteur de 42%, les préjugés et une mauvaise coordination avec les acteurs de la société civile.

M. ZAFILAZA, Ministre de la population, de la protection sociale et des loisirs de Madagascar, qui s’exprimait également au nom du Groupe africain des Nations Unies, a indiqué que l’Afrique reconnaissait que des efforts restaient à réaliser malgré les progrès accomplis sur le continent, en particulier dans les domaines critiques comme l’éducation des jeunes filles, le renforcement du pouvoir politique de la femme, la mise en place de mécanismes nationaux pour les questions de genre et les réformes législatives.  Les femmes africaines constituent la majorité de la population pauvre, aussi bien urbaine que rurale, a-t-il souligné, précisant qu’en Afrique, la pauvreté avait un visage féminin et avait un impact sur les autres domaines critiques du Programme d’action de Beijing.  Pour éliminer la pauvreté en Afrique, il importe d’abolir les subventions agricoles dans les pays du Nord, pour que les femmes africaines, qui constituent la majorité des agriculteurs, puissent obtenir une juste rémunération de leurs efforts, a-t-il ajouté, affirmant en outre que l’Afrique réitérait son appel en faveur d’un plan global visant à résoudre la question de la dette.  Selon lui, les gouvernements doivent également d’urgence remédier à l’inégalité des relations entre hommes et femmes et protéger les femmes et les filles contre la violence sexuelle.

En sa qualité de chef de la délégation de Madagascar, le Ministre a indiqué qu’une politique nationale de santé reproductive avait été mise en œuvre pour contribuer à la promotion de la santé de la mère et de l’enfant.  De même, en matière de prévention du VIH/sida, des stratégies ont été orientées vers l’autonomisation des femmes et des jeunes filles, ainsi que vers le renforcement des actions d’information, d’éducation et de communication à l’endroit des hommes et des jeunes hommes.

Mme IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY, s’exprimant au nom de la Ministre de la femme du Bangladesh, la Begum Khurshid Zahan Haque, a évoqué la stratégie de son Gouvernement pour promouvoir les femmes.  Il a expliqué que le budget du Bangladesh, qui intègre la dimension sexospécifique, consacre des fonds importants à l’éducation.  Selon la Banque mondiale, le Bangladesh dispose du taux d’inscription scolaire primaire le plus élevé de tous les pays en développement.  L’éducation est gratuite jusqu’aux classes de terminale.  Nous avons facilité l’obtention par les femmes de divers types de crédit comme le microcrédit et nous avons fait baisser l’incidence de la pauvreté qui est passée de 59% en 1991 à 49% à l’heure actuelle.  Le développement économique du pays a également mené à l’amélioration de la place des femmes en politique.  Nous disposons de plus de 13 000 femmes élues au niveau local et nous réservons 45 sièges au Parlement pour les femmes.  Nous avons également mis en place des structures nous permettant de lutter en particulier contre la traite des femmes.

Mme GULDAL AKSIT, Ministre d’État chargé des femmes de la Turquie, a affirmé que son pays avait mis en œuvre le Protocole facultatif de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  La Turquie a promulgué une nouvelle législation sur la scolarité de base obligatoire pendant huit ans, ainsi qu’une loi sur la protection de la famille pour empêcher les violences domestiques, réalisé des changements juridiques, en vue d’amender les dispositions pertinentes du Code civil, du Code pénal et du Code du travail, tout en respectant les principes de parité.  Des progrès significatifs ont été obtenus dans le domaine de l’alphabétisation et de la réduction de la mortalité infantile, a-t-elle ajouté.  En vertu d’un amendement à la Constitution turque, a indiqué la Ministre, l’État doit assumer sa responsabilité dans la lutte contre la discrimination des femmes et pour prendre toutes les mesures nécessaires pour que les droits et les chances soient identiques pour les hommes et les femmes.  La Turquie, a-t-elle poursuivi, est prête à coopérer dans toutes les enceintes afin d’atteindre la parité et de la refléter dans toutes les sphères.

Mme GEORGINA VARGAS, Ministre de la condition de la femme du Costa Rica, a estimé nécessaire de reconnaître la supériorité du droit à la vie qui est une condition préalable à la jouissance des autres droits.  Évoquant les progrès réalisés dans son pays, la Ministre a convenu de l’existence de pratiques qui perpétuent la discrimination et les inégalités entre les sexes.  Il est nécessaire de mettre en place des stratégies permettant d’élaborer un programme de développement des femmes conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en tant qu’agents de changement.  Il nous faut renforcer nos capacités politiques, économiques et financières et nous attaquer aux causes structurelles de la discrimination.  Il nous faut promouvoir une éducation sexuelle responsable et une citoyenneté précoce informée car il s’agit d’un investissement qui sera toujours rentable.  S’attaquer aux causes structurelles de la discrimination des femmes suppose que l’on accorde la priorité aux changements des mentalités.  Le maintien de mentalités patriarcales va à l’encontre de nos efforts.

Mme ADELINE MAGLOIRE CHANCY, Ministre à la condition féminine et aux droits des femmes d’Haïti, a indiqué que son pays tentait difficilement de sortir d’une suite de crises politiques qui n’est pas sans conséquence sur le fonctionnement de l’ensemble des institutions du pays et qui les fragilise grandement.  L’histoire fragile du Ministère à la condition féminine et aux droits des femmes illustre bien, malgré les efforts accomplis, a-t-elle souligné, les failles d’Haïti dans la mise en œuvre du Programme d’action de Beijing.  Dix ans après la Conférence de Beijing, les résultats sont mitigés, a-t-elle estimé, précisant que des difficultés de divers ordres, surtout dus à une mauvaise gouvernance, n’ont pas permis la concrétisation d’un certain nombre d’engagements.  L’État haïtien est en train de se donner les moyens de généraliser l’analyse des rapports sociaux liés à la parité, a ajouté la Ministre.  Parmi les réalisations récentes, la Ministre a cité l’établissement de mécanismes interinstitutionnels basés sur un partenariat actif, assurant la prise en compte de l’analyse de genre dans les politiques et programmes, ainsi qu’une restructuration institutionnelle s’étendant jusqu’au niveau des régions du pays, afin d’assurer le suivi des actions de l’État, et la révision d’un certain nombre de textes de loi discriminatoires contre les femmes en vue de les harmoniser conformément aux prescrits constitutionnels et aux conventions internationales.

Mme MASOODA JALÂL, Ministre des affaires féminines de l’Afghanistan, a souligné qu’elle s’exprimait à l’occasion d’un événement historique puisqu’il s’agit de la première fois que son pays est représenté dans une réunion internationale sur les femmes.  Cette présence a été rendue possible car l’Afghanistan dispose désormais d’un environnement politique favorable.  L’histoire des Afghanes est un exemple vivant de la pire situation que peuvent vivre les femmes sous un régime despotique, sans loi et victimes d’un conflit armé, a-t-elle déclaré.  Cette histoire, a-t-elle souhaité, devrait montrer ce que les femmes peuvent connaître de mieux lorsqu’elles se relèvent de l’oppression extrême avec l’aide de la communauté internationale.  Quelques étapes positives ont été obtenues au cours des trois dernières années, avec l’appui de la communauté internationale, a-t-elle indiqué, citant notamment la collecte des données qui permettent de voir plus clair dans les efforts visant à la promotion de la femme.  Ces données ont souligné que les indicateurs les plus mauvais se trouvaient dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’économie, de la protection légale des droits de l’homme et de la participation politique.  La Ministre a précisé que les femmes, qui représentent 48,2% de la population, ont une espérance de vie de 44 ans, soit un an de moins que celle des hommes.  Le taux de mortalité maternelle est de 1 600 pour 100 000 naissances, tandis que le taux de mortalité infantile est de 115 pour 1 000 et le taux de fécondité de 6,8%.  La Ministre a également affirmé qu’un million de filles n’allaient pas à l’école dans son pays.

Mme MARIA JOSE ARGANA MATEU, Ministre des femmes du Paraguay, a expliqué que les résultats les plus marquants de l’action gouvernementale se sont traduits dans le domaine de l’éducation, de la réduction de l’analphabétisme et l’inclusion d’une démarche sexospécifique dans tous les programmes gouvernementaux.  La politique intégrale de soins de la femme a été approuvée par décret en 1999.  Il s’agit de la percée la plus importante à ce jour qui vise la réduction du taux de mortalité maternelle et infantile.  Nous avons intégré des dispositions sur le harcèlement sexuel dans notre Code du travail et avons promulgué une loi contre la violence domestique.  Sur le marché de l’emploi, la participation des femmes a augmenté et l’écart s’est comblé même si davantage de femmes travaillent dans le secteur rural informel.  Pour la première depuis l’institution de gouvernorats, une femme a été nommée gouverneur.  Il existe huit ministres femmes au Gouvernement paraguayen.  Nous disposons d’un secrétariat à la condition de la femme auprès du Premier Ministre, d’un Plan national pour l’égalité des chances et d’un Bureau tripartite de suivi du Programme d’action de Beijing.

Mme SOLEDAD MURILLO DE LA VEGA, Secrétaire générale pour les politiques d’égalité des chances de l’Espagne, a affirmé que son Gouvernement avait très clairement montré son engagement en faveur de la parité puisqu’il se compose de huit ministres hommes et de huit ministres femmes.  Le Gouvernement espagnol, a-t-elle ajouté, a introduit une loi organique contre la violence sexospécifique, une violence qu’elle a qualifiée de manifestation ultime du pouvoir des hommes sur les femmes.  Cette loi organique a pour objectif de dire que tous les pays qui acceptent la violence domestique connaissent un déficit démocratique.  L’égalité n’est pas une valeur, c’est un droit démocratique, a-t-elle estimé.  De l’avis de la Ministre, l’égalité suppose qu’aucun homme, qu’il s’agisse d’un père, d’un frère ou d’un mari, ne peut se considérer comme supérieur, une réflexion qu’elle a résumée par la formule: « J’appartiens à moi-même ».  Il est très important d’introduire la démocratie dans la vie privée, a-t-elle préconisé.

Mme JOAN YUILLE-WILLIAMS, Ministre du développement communautaire, de la culture et de l’égalité entre les sexes de Trinité-et-Tobago, a déclaré que l’égalité entre les sexes est garantie dans la Constitution mais elle continue d’échapper à de nombreuses femmes.  Le fait que les femmes soient plus représentées dans le système éducatif ne s’est pas traduit par une meilleure répartition des salaires entre les sexes.  La population féminine gagne en effet beaucoup moins que les hommes.  Si l’on combine la féminisation du VIH/sida et de la pauvreté, nous sommes confrontées à une équation complexe qui exige une approche multidimensionnelle.  Nos quatre priorités portent sur la lutte contre les violences faites aux femmes, la lutte contre la pauvreté, la santé des femmes, l’éducation et la formation des femmes.  Nous avons créé une unité contre la violence domestique, avons ouvert une ligne de téléphone d’urgence, créé 19 centres d’information et une unité chargée de la réhabilitation des hommes responsables de violences conjugales.  Dans le domaine de la santé, nous nous sommes attachés à la lutte contre la pandémie du VIH/sida qui affecte en majorité les femmes se trouvant dans la classe d’âge de 15 à 25 ans.

Mme FAIDA MWANGILWA, Ministre de la condition féminine de la République démocratique du Congo (RDC), a affirmé que son pays avait mis sur pied des programmes et mécanismes visant la promotion de la femme et de la jeune fille congolaises prenant en compte les 12 domaines critiques du Programme d’action de Beijing et élaboré des lois garantissant l’égalité des chances à tous, la prévention de toute sorte de discrimination liée au sexe.  La Ministre a cité, parmi ces mécanismes, le Ministère de la condition féminine, la Commission femme, famille et enfant au sein du Parlement, le Programme national pour la promotion de la femme congolaise, le Conseil national de la femme et le Comité technique des stratégies pour la réduction de la pauvreté.  Malgré tous les efforts entrepris, un défi majeur, celui visant la réduction du taux de pauvreté de 80% de la population, laquelle survit avec moins d’un dollar par jour, n’a toujours pas été relevé, a-t-elle ajouté.  S’agissant du domaine de la santé, elle a souligné que la condition de la femme congolaise s’était gravement détériorée par la propagation du VIH/sida, conséquence des abus causés lors des guerres répétées qu’a connu son pays.  Le Programme national de lutte contre le VIH/sida a permis toutefois d’établir une carte géographique de l’évolution de la pandémie et l’installation de sites sentinelles, a-t-elle poursuivi.  La Ministre a également exprimé son indignation devant les milliers de cas de violences sexuelles contre des femmes congolaises, plus particulièrement le viol utilisé comme arme de guerre.  Les violences sexuelles perpétrées sur les femmes pendant les conflits armés ont eu curieusement comme auteurs tant les belligérants que les éléments des Nations Unies et leur personnel associé pourtant déployés pour les protéger, a-t-elle expliqué, ajoutant que les femmes se mobilisaient aujourd’hui pour demander réparation et traduire les auteurs de ces crimes en justice.

M. NETUMBO NANDI-NDAITWAH, Ministre de la condition féminine et du bien-être des enfants de la Namibie, a affirmé que depuis l’indépendance, la promotion de la femme et l’égalité des sexes figuraient au centre du programme de développement de l’État namibien.  La Constitution stipule d’ailleurs que ces deux questions sont des conditions préalables à la démocratie et au développement durable.  Le nouveau Programme national d’intégration de la dimension sexospécifique été mis en place en 2003, a indiqué le représentant.  Conscient que les obstacles à l’égalité des sexes trouvent leur origine dans la culture et les traditions, a-t-il ajouté, le Gouvernement a très vite compris que les efforts en la matière doivent impliqués les hommes, les garçons et les filles et par conséquence, être fondés sur une approche multisectorielle.  Malheureusement, a-t-il regretté, depuis 10 ans, ces efforts sont confrontés à des défis de taille dont le VIH/sida et son lien avec la pauvreté mais aussi la violence contre les femmes.  Malgré cela, des progrès ont été effectués, a affirmé le représentant, en citant la multiplication des lois, la hausse du taux d’inscription des filles dans le système éducatif, l’amélioration de l’accès des femmes aux soins de santé, la hausse du taux de représentation des femmes dans la vie politique, et le nombre de plus en plus élevé de femmes chefs d’entreprises.  

Mme BAKOKO BAKORU ZOE, Ministre de la parité, du travail et du développement social de l’Ouganda, a affirmé que, depuis la Conférence de Beijing, des progrès avaient été réalisés dans son pays dans les 12 domaines prioritaires.  La représentation des femmes au Parlement est passée de 18% en 1993 à 25% en 2003, tandis que la proportion de femmes dans les gouvernements locaux est passée de 6% au début des années 90, à 44% en 2003.  La santé sexuelle reproductive de la femme est considérée comme un domaine critique en Ouganda, a-t-elle ajouté, précisant que la politique nationale de santé s’attachait à promouvoir l’égalité entre les sexes dans les services délivrés, la gestion et la mise en œuvre des programmes.  L’éducation, a ajouté la Ministre, est considérée comme un droit humain fondamental et un outil essentiel pour atteindre les objectifs d’équité, de développement et de paix.  En raison des progrès obtenus vers une plus grande équité, les filles représentent aujourd’hui 49% des effectifs, et une politique de discrimination positive a permis l’inscription à l’université de 35% d’étudiantes.  Quant aux programmes d’alphabétisation des adultes, qui concernent 80% de femmes, ils ont permis, notamment, de faciliter l’accès de celles-ci aux services de microcrédit.

Mme KANTI SINGH, Ministre d’État pour le développement des ressources humaines de l’Inde, a rappelé que son pays a adhéré à la Convention CEDAW sans réserve et qu’il a œuvré sans relâche pour mettre en œuvre ses dispositions.  Une commission parlementaire sur les femmes a été créée en 1990.  L’une des mesures les plus importantes prises récemment a été l’amendement apporté à la Constitution qui réserve un tiers des postes locaux électifs aux femmes.  Dans le cadre d’une révolution tranquille et puissante, plus d’un million d’Indiennes occupent des postes électifs.  L’éducation mais également les réformes législatives sont des outils permettant de lutte contre les discriminations.  L’alphabétisation des femmes a augmenté de manière significative pour atteindre les 53,7% en 2001 alors que ce taux était de 39,3% en 1991.  L’engagement du Gouvernement s’est aussi traduit par l’importance des montants attribués aux projets en faveur des femmes, soit au moins 30% des dépenses de développement.  Les différents ministères sont en plus tenus d’intégrer la problématique hommes/femmes dans leur programmation budgétaire.  Il s’agit d’une première dans le processus budgétaire en Inde. 

Mme KAY PATTERSON, Ministre de la famille, des services communautaires et assistante du Premier Ministre pour les questions relatives aux femmes de l’Australie, a souligné l’importance de la coopération internationale dans la réalisation des objectifs fixés à Beijing, avant de faire part des progrès enregistrés par son pays dans les domaines de l’emploi des femmes, des modalités relatives au congé maternité ou encore de la lutte contre la violence fondée sur le sexe.  L’année dernière, a-t-elle rappelé, le pays a célébré le 100e anniversaire du droit de vote des femmes et de celui de se présenter aux élections législatives.  L’Australie, a-t-elle conclu, est fière des actions entreprises, tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur, grâce à ses programmes d’aide au développement. 

Mme JEANNE FRANÇOISE LECKOMBA LOUMETO, Ministre de la promotion de la femme et de l’intégration de la femme au développement du Congo, a souligné que les différentes constitutions congolaises qui se sont succédées avaient toujours consacré le principe d’égalité entre l’homme et la femme, dans les domaines politique, économique et socioculturel, tandis que plusieurs mesures avaient été prises dans les textes nationaux en faveur de la femme.  Elle a rappelé l’article 8 de la Constitution du 20 janvier 2002 qui stipule que « la femme a les mêmes droits que l’homme » et que « la loi garantit et assure sa protection et sa représentativité à toutes les fonctions politiques, électives et administratives ».  Dans ce sens, a-t-elle dit, des actions concrètes sont actuellement menées et des mesures prises pour une meilleure promotion des droits de la femme.  De même, a ajouté la Ministre, une réflexion est menée en vue de l’adoption d’un texte relatif au quota en matière d’accès des femmes aux instances de prise de décision.

Mme MUNEERA NASSER AL-MISSNAD, membre du Conseil suprême pour les affaires familiales et Présidente du Comité sur les femmes du Qatar, a déclaré que les femmes et les fillettes constituent le groupe social le plus touché par la pauvreté, les maladies et les conflits armés.  La présente session de la Commission de la condition de la femme doit souligner ces difficultés et permettre d’y remédier.  Le Conseil suprême de la famille a été créé en 1998 pour promouvoir les droits des femmes.  Cette initiative a été suivie d’autres mesures pour supprimer tous les éléments discriminatoires de la législation nationale.  Un centre de conseil de la famille et un centre d’aide aux femmes victimes de violence domestique ont aussi été mis en place.  Mme Al-Missnad a indiqué que les institutions compétentes ont adopté une stratégie de promotion intégrée en faveur des femmes.  Le Conseil des ministres a créé en 2003 un comité pour lutter contre la traite des femmes.  En mai 2002, un comité national des droits de l’homme a été mis en place et dont le but est de faciliter la mis en œuvre des engagements internationaux. 

Mme TERESA CANAVIRI SIRPA, Vice-Ministre de la condition de la femme de la Bolivie, a souligné que son pays partageait les inquiétudes face à la tendance des inégalités qui n’a toujours pas été renversée.  La Vice-Ministre a fait part de la volonté de son pays de se doter d’une nouvelle constitution, d’adopter des mesures de politique publique pour promouvoir la parité, de développer une réforme de l’éducation, de lutter contre les violences domestiques.  Elle a indiqué que le taux de fécondité était passé de 4,8 enfants par femme à 3,8, et le taux de mortalité maternelle de 390 pour 100 000 à 229 pour 100 000.  En tant que femme autochtone, la Vice-Ministre a déclaré vouloir brandir la bannière de la lutte de toutes les femmes contre l’injustice.  Que personne ne nous désenchante, nous devons avoir la volonté nécessaire pour continuer de lutter, a-t-elle affirmé. 

M. JUNSHIRO NISHIME, Secrétaire parlementaire auprès du Cabinet du Premier Ministre du Japon, s’est dit convaincu que l’engagement sincère des femmes et des hommes dans la cause de l’égalité des sexes est un élément essentiel de la réalisation d’une véritable société égalitaire.  Il a ensuite décrit les initiatives prises par son pays pour renforcer le mécanisme national de promotion de la femme.  Il a aussi décrit les différentes lois sur l’égalité des sexes et la loi fondamentale sur une société égalitaire.  Le représentant a expliqué les mesures qui ont conduit à une représentativité plus élevée des femmes dans les processus de prise de décisions; les politiques en matière d’emplois des femmes; et les mesures de lutte contre la violence conjugale et contre le trafic des êtres humains.  Dans le domaine de la coopération internationale, le représentant a rappelé le lancement, en 1995, de « L’initiative sur les femmes dans le développement », qui a contribué à des progrès importants dans les domaines de l’éducation, de la santé et de la participation des femmes à la vie économique et sociale.  Le Gouvernement a ensuite mis au point « L’initiative sur l’égalité des sexes et le développement » avec l’idée de changer l’environnement dans lequel vivent les femmes dans les pays en développement et de souligner l’importance de l’intégration d’une démarche sexospécifique dans le développement.  Le représentant a conclu en attirant l’attention sur la contribution de son pays à la paix et à la prospérité internationales, par le biais de l’aide publique au développement (APD) et des ressources humaines qu’il met à la disposition des pays en développement, entre autres, dans les opérations de maintien de la paix.

Mme SHAOHUA ZHAO, Vice-Présidente de la Fédération chinoise pour les femmes, a relevé que les conflits, la pauvreté et les maladies ont limité les possibilités de développement des femmes.  Elle a dit appuyer l’adoption d’une déclaration politique réaffirmant la volonté politique des gouvernements de mettre en œuvre le Programme d’action de Beijing.  La communauté internationale doit s’engager à travailler au développement collectif et à la paix dans le monde.  Les pays développés ont le devoir, dans ce contexte, de venir en aide aux pays en développement d’un point de vue technique et financier.  En tant que pays dont la population féminine représente un cinquième des femmes dans le monde et en tant que pays hôte de la Conférence de Beijing, nous accordons la plus grande importante à la promotion de la femme comme le montrent les progrès réalisés en matière de participation des femmes sur le marché de l’emploi, d’alphabétisation des femmes et de leur espérance de vie qui est plus élevée que celle des hommes.

Mme ZEINEBOU MINT MOHAMED OULD NAHAH, Secrétaire d’État à la condition féminine de la Mauritanie, a affirmé que son pays avait fait beaucoup de progrès dans le domaine du développement social en général et de l’amélioration de la condition féminine en particulier.  En matière de santé, la mortalité maternelle a baissé, a-t-elle notamment indiqué.  Le climat de démocratie dont jouit le pays constitue une source de motivation pour la promotion de la femme et l’élargissement de sa participation dans les domaines de la vie publique, s’est félicitée la Secrétaire d’État, qui a néanmoins précisé qu’il restait encore des défis substantiels sur le chemin du développement durable pour combattre la pauvreté, juguler l’analphabétisme, assurer la santé reproductive.  Elle a renouvelé l’engagement de son pays en faveur du Programme d’action de Beijing et a demandé que soient respectées les conditions spécifiques socioculturelles des différents gouvernements.

Mme NILOFAR BAKHTIAR, Conseillère pour le développement de la femme auprès du Premier Ministre du Pakistan, s’est dite très fière du bilan de son pays.  Ainsi, le Parlement national compte 22% de femmes tandis qu’il y a cinq femmes ministres d’État et sept femmes ministres de province, 40 000 conseillères municipales et maires de communes.  L’indépendance économique des femmes est une priorité du Pakistan qui a mis en œuvre des projets important de microcrédit permettant aux femmes de générer des revenus.  Des chambres de commerce locales ont été créées qui sont de véritables incubateurs de création d’entreprises.  Le Gouvernement a établi 10 centres de crise pour les femmes victimes de violence.  Des services gratuits de soins de santé et de conseil juridique sont en place.  Un projet de loi sur les crimes d’honneur, s’il est adopté, fera de ce type de crime un meurtre prémédité dont la peine maximale pourra être la peine de mort pour la prison à vie. 

Mme DANG HUYNH MAI, Vice-Ministre de l’éducation et de la formation professionnelle du Viet Nam, a assuré que le rôle et la condition des Vietnamiennes s’étaient considérablement améliorés.  Le Viet Nam est devenu le premier pays d’Asie pour la représentation des femmes dans la vie publique et politique, s’est-elle notamment félicité, notant que 27,2% des sièges du Parlement sont occupés par des femmes pour la période 2002-2007, soit 10% de plus que lors de la période quinquennale précédente.  Le pouvoir économique des femmes s’est amélioré grâce à de nouvelles lois, a-t-elle également ajouté.  Elle a indiqué qu’une loi sur l’égalité entre les sexes en cours d’élaboration sera finalisée en 2007.  Le pays reste néanmoins en butte à certains effets de la mondialisation, comme le trafic des femmes et le VIH/sida.  Tout cela a limité l’application du Programme d’action de Beijing, a-t-elle observé. 

Mme NOORA KHALEEFA SALEM AL SUWAIDI, Ministre adjointe au Ministère des affaires étrangères des Émirats arabes unis, a évoqué les textes de loi adoptés récemment et notamment pour protéger les droits des travailleuses migrantes étrangères aux Émirats.  Par ailleurs, le Gouvernement a augmenté le budget consacré à l’éducation qui constitue 26% des dépenses d’État, les étudiantes représentant 60% de tous les élèves.  Nous consacrons 7% des dépenses fédérales aux dépenses de santé et le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans est passé de 0,009% en 2002 par rapport à 0,14% en 1990.  En outre, les femmes  représentent 60% de la main-d’œuvre.  Il y a plus de 10 500 femmes chefs d’entreprises ayant généré plus de 4 milliards de dollars.  En 2003, a-t-elle affirmé, l’Union générale des femmes a lancé la mise en œuvre de la stratégie nationale de promotion de la femme qui s’attache à des domaines d’action prioritaires, à savoir l’éducation, l’économie, les prestations sociales, l’information, la législation, l’environnement et la santé. 

M. HLONEPHO NTSEKHE, Ministre adjoint de la parité, de la jeunesse, des sports et des loisirs du Lesotho, a affirmé que son pays se félicitait de constater un changement considérable dans les attitudes des hommes et des femmes dans les responsabilités qui pouvaient leur être assignées.  L’une des explications tient notamment au fait que les médias se sont mis à promouvoir une représentation des hommes et des femmes sur un pied d’égalité.  De même, a-t-il ajouté, les femmes ont participé davantage au processus électoral et, à cet égard, ont voulu participer davantage aux prises de décisions.  Il a souligné que des femmes avaient été nommées à des postes clefs du pouvoir ou de l’administration.  Le Gouvernement est déterminé à faire de son mieux pour lutter contre les sévices sexuels, a-t-il encore noté.  Le Lesotho continue de connaître beaucoup de problèmes susceptibles de remettre en cause les acquis, comme l’épidémie de VIH/sida, qui constitue un obstacle pour une éducation primaire libre, a-t-il également déclaré.

Mme MARIELUISE BECK, Secrétaire d’État parlementaire au Ministère fédéral pour la famille, les personnes âgées, les femmes et les jeunes de l’Allemagne, a indiqué que sur 14 Ministères fédéraux, six sont dirigés par des femmes et qu’en dépit de cette forte participation des femmes à la vie politique du pays, nous continuons de connaître des obstacles à la pleine égalité des femmes.  Ces inégalités se manifestent sur le marché de l’emploi et dans les multiples formes de violence qui sont faites aux femmes, le Parlement débat actuellement d’un projet de loi sur la protection contre les discriminations qui permettra aux femmes de disposer de davantage d’instruments.  L’augmentation du nombre de femmes sur le marché du travail est fondamentale.  Le taux d’emploi des femmes augmente chaque année mais pour beaucoup, ces emplois sont à temps partiel.  Nous connaissons en effet un manque de services de garde d’enfants en Allemagne.  Nous avons lancé en 1999 un plan d’action contre la violence et la traite dont sont victimes les femmes.  L’égalité des droits pour les femmes ne saurait être remise en question par des différences religieuses et culturelles.  La liberté de se vêtir est également un élément d’autodétermination.  La Secrétaire d’État a également plaidé en faveur de la participation des femmes aux négociations de paix.

M. RIMANTAS KAIRELIS, Secrétaire d’État à la sécurité sociale et au travail de la Lituanie, a affirmé que l’une des dernières manifestations des progrès réalisés depuis 10 ans dans son pays était la mise en place de coordonnateurs de la parité au niveau local.  Le Ministre a également mis l’accent sur les partenariats établis avec les organisations non gouvernementales pour remplir les objectifs de promotion de la femme et de parité.  L’application des objectifs d’égalité se fait par des programmes ciblés et coordonnés, a-t-il souligné.  Il a indiqué que 40% des petites et moyennes entreprises (PME) étaient dirigées par des femmes, et a fait état d’une influence positive dans l’équilibrage de la vie de famille et de la vie professionnelle.  Le Ministre a néanmoins reconnu des inégalités et des obstacles qui subsistent, comme une participation trop faible de femmes dans les processus de décision, ou au Gouvernement.

Mme ZAHRA SHOJAIE, Conseillère du Président et Directrice du Centre pour la participation des femmes de la République islamique d’Iran, a déclaré qu’il restait encore beaucoup à faire pour obtenir la pleine égalité entre les hommes et les femmes, notamment en matière d’éducation.  Certains pays en effet ont interdit le port de signes religieux dans les écoles publiques et exclut les jeunes filles qui refusent de se soumettre à cette interdiction.  À Beijing nous avons reconnu que la violence faite aux femmes est le principal obstacle à la pleine jouissance de leurs droits et nous avons condamné toutes les formes de violence.  Nous avons aussi exigé à cette occasion l’élimination de la traite des femmes et que les médias transmettent une image positive des femmes, a-t-elle rappelé.  L’Iran met l’accent sur la justice sociale, a encore ajouté la représentante, en précisant que son pays avait intégré les sexospécificités dans son programme budgétaire et avait établi des comités de femmes dans toutes les provinces.  À l’heure actuelle, 540 postes de décideurs politique au niveau local et régional ont été réservé aux femmes, a-t-elle précisé.

Mme GABRIELA NÙNEZ, Secrétaire du secrétariat présidentiel des femmes du Guatemala, a affirmé que son pays avait initié plusieurs programmes en faveur des femmes, comme une politique nationale de promotion du développement des femmes, une politique de développement social de la population, des politiques sectorielles de parité.  Elle a indiqué par ailleurs que l’un des principaux points des accords de paix est la prise en charge des victimes de conflits armés, comme les veuves, les enfants et les personnes âgées.  En matière d’emploi, le Guatemala a enregistré une plus large participation de femmes, bien que celles-ci occupent surtout des postes dans le secteur informel.  En 2004, a-t-elle souligné, le Parlement a approuvé un impôt de 15% sur les boissons alcoolisées qui sera versé aux campagnes de soins reproductifs.  La participation élective des femmes reste toutefois limitée, a-t-elle déploré, avec moins de 9% des députés femmes.  Elle a également fait part de la préoccupation de son pays par la montée de la violence contre les femmes. 

Mme ELLEN SAUERBREY, représentante du Bureau des organisations internationales au Département d’État des États-Unis, a évoqué la loi sur la protection des femmes victimes de la traite des femmes adoptée récemment par son Gouvernement ainsi que l’initiative du Président Bush qui a affecté 50 millions de dollars supplémentaires à la lutte contre la traite des être humains.  Une loi permet également de poursuivre à l’étranger des ressortissants américaines se prêtant au tourisme sexuel de mineurs.  Ce texte a permis d’arrêter 400 personnes.  Les États-Unis ont engagé des milliards de dollars dans la lutte contre le sida et le paludisme et nous avons orienté notre aide vers les femmes et les filles qui subissent la pandémie de plein fouet.  La représentante a fait part de l’attachement de son pays aux droits de la femme en matière de santé reproductive.  Nous fournissons une contribution financière importante aux services de planification familiale pour les couples souhaitant espacer les naissances.  Le Document de Beijing ne crée pas d’obligations pour les États, y compris en matière d’avortement.  Cette question est du ressort de la souveraineté nationale.  Nous souhaitons maintenant passer à d’autres questions d’importance pour les femmes.

Mme MARIA AMELIA PAIVA (Portugal) a indiqué que des instruments tels que les Plans nationaux contre la violence domestique, pour l’égalité des sexes et pour l’emploi, approuvés par le Gouvernement au cours des deux dernières années, ont permis au pays d’enregistrer des progrès notables dans l’égalité des sexes.  Les deux derniers plans comprennent des mesures spécifiques dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de l’entreprenariat des femmes.  Après avoir cité les chiffres relatifs à l’éducation et à l’emploi, la représentante a reconnu qu’il reste encore beaucoup à faire.  En 2004, a-t-elle par exemple indiqué, les femmes n’occupaient que 6% des postes de direction dans les 50 plus grandes entreprises publiques.  Elle a imputé cette situation à la culture de ces entreprises et de la société dans son ensemble, en se disant malgré tout confiante que le niveau élevé de qualification des femmes finira par prévaloir.  Au titre des signes positifs, elle a indiqué que lors de la dernière campagne législative, les médias portugais ont, pour la première fois, évoqué des questions telles que les droits de reproduction ou la place de la femme dans les processus de prise de décisions politiques et économiques. 

Mme DORIS ACEVEDO, Secrétaire exécutive de l’Institut national pour la femme du Venezuela, a expliqué que l’Institut national de la femme facilite les synergies entre les représentants de la société civile et l’État et vise à trouver des solutions aux problèmes que connaissent les femmes.  Face à la violence, le Parlement a approuvé en 1998 la loi sur la violence familiale.  Des centres pour les femmes en danger imminent ont été créés.  Nous rejetons en outre catégoriquement la traite des femmes et des enfants et avons ratifié en 2002 le Protocole facultatif contre la traite des êtres humains, relatif  à la Convention sur la criminalité transnationale organisée.  Nous disposons également d’un comité qui veille à l’image de la femme dans les médias.  Nos programmes de microcrédit ont généré 450 000 emplois.  Pour accélérer l’intégration sociale, nous avons créé des missions dans les domaines de la santé et de l’éducation.  De fait, l’analphabétisme n’existe pratiquement plus.  Nous rejetons par ailleurs toute mesure de pressions coercitives unilatérales comme instrument de pressions économiques et politiques.

Mme MOUNA GHANEM, Présidente de la Commission sur la condition de la femme de la République arabe syrienne, a affirmé que les Codes civil, du commerce et du travail octroyaient aux femmes les mêmes droits que les hommes.  Un plus grand nombre de femmes occupent des sièges au Parlement, a-t-elle dit, précisant qu’elles étaient 2,3% des élus en 1973 pour 12% en 2003.  Aujourd’hui, il y a en Syrie des femmes ministres, ambassadrices, juges et procureurs, a-t-elle souligné.  Depuis 2000, a-t-elle rappelé, la Syrie voit une accélération du développement, ce qui a des conséquences positives sur la condition de la femme syrienne.  Le Gouvernement syrien protège tous les droits fondamentaux des femmes, a-t-elle poursuivi, notant les progrès enregistrés notamment dans l’enseignement de base.  La violence n’est plus un tabou en Syrie, où un plan contre la violence des femmes et des enfants est en cours de préparation, a-t-elle également indiqué.  Condamnant l’occupation israélienne du Golan, elle a estimé que seule une paix juste et globale permettra aux femmes du Moyen-Orient de bénéficier pleinement de leurs droits.

Mme MADINA JARBUSSYNOVA (Kazakhstan) a déclaré que les femmes au XXIe siècle continuent de ne pas avoir accès à l’égalité des chances.  Elles sont victimes de violence, de la faim et des maladies.  Au niveau national, la représentante a dressé le bilan des réalisations nationales au cours des 10 dernières années.  La rapidité de la croissance économique a permis d’augmenter nos dépenses sociales.  Notre stratégie en faveur des femmes s’articule autour de leur promotion politique, leur participation large à la vie économique, l’élimination de la violence et l’amélioration de leur santé.  La représentante a précisé que les femmes constituent 60% des employés du secteur public.  Il existe plus de 400 ONG de femmes.  Nous sommes convaincus qu’une politique de microcrédit efficace permettra d’éliminer la pauvreté.  Malgré les résultats tangibles les femmes subissent encore des discriminations dans l’emploi et au niveau politique où seuls 9% des députés sont des femmes.

Mme JULIANA DI TULLIO, Représentante internationale pour les questions des femmes au Ministère des affaires étrangères de l’Argentine, s’exprimant au nom du Groupe de Rio, a indiqué que lorsque les gouvernements des pays membres ont œuvré pour l’égalité des chances dans des domaines tels que l’alimentation, l’éducation, l’emploi, la santé, la paix, la justice, la sécurité et la démocratie, leurs efforts se sont heurtés à des modes sociaux et culturels profondément ancrés dans la société.  Totalement indifférents à la cause de la femme, certains sont même allés jusqu’à remettre en question les engagements internationaux auxquels ont souscrits les pays du Groupe de Rio.  Pour aller de l’avant, a poursuivi la représentante, le Groupe a fondé sa stratégie sur la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Le Groupe de Rio, a-t-elle rappelé, a proposé un renforcement plus avant de la coordination entre les institutions des Nations Unies, la société civile et les États, en tenant dûment compte de la nature multidimensionnelle et intersectorielle des sujets liés aux femmes. 

Se félicitant de la coopération d’UNIFEM, du FNUAP et de l’INSTRAW, la représentante a appelé les États à établir des mécanismes de coopération régionaux pour identifier les principaux obstacles dans la promotion de la femme et les surmonter par des stratégies spécifiques.  À cet égard, elle a réaffirmé la validité du Consensus de Lima, de la Déclaration de Santiago et du Consensus de Mexico adopté en juin dernier.  Elle s’est montrée particulièrement préoccupée par la discrimination à l’égard des femmes, en regrettant que, dans sa région, les femmes autochtones et d’ascendance africaine vivent plus souvent dans la pauvreté que les autres et aient plus de mal à exercer leurs droits.  Elle a donc souligné la nécessité pour la région d’intégrer la perspective sexospécifique dans les politiques publiques.  L’un des buts principaux, a-t-elle encore dit, est d’adopter des politiques efficaces de lutte contre la violence contre les femmes.  Se montrant également préoccupée par la traite des êtres humains, elle a prôné, pour s’en défaire, une coopération entre les pays d’origine, ceux de transit et les pays d’accueil.  Elle a poursuivi en arguant que la lutte contre la pauvreté est un domaine où il est indispensable de donner aux femmes un rôle central pour l’élaboration et l’exécution des stratégies.  La représentante a conclu en reconnaissant les défis liés à la migration internationale et au VIH/sida, avant de plaider pour un rôle accru des femmes dans les efforts de paix. 

M. CHRISTIAN DUPONT, Ministre de l’égalité des chances de la Belgique, a estimé qu’au cours de ce siècle, les progrès réalisés en matière d’égalité des sexes, d’autonomie par rapport au rôle attribué à la femme par la tradition, de rejet du sexisme et de ses violences ont été considérables.  À l’heure où l’on voit poindre des réactions inquiétantes au nom de traditions souvent altérées, a poursuivi le Ministre, la Belgique rappelle qu’elle soutient sans réserve toute démarche initiée par la communauté internationale visant à combattre toute discrimination et toute infériorisation de la femme.  Il a ensuite énuméré les résultats obtenus par son pays dans la mise en œuvre des recommandations de Beijing, en s’attardant, en particulier, sur la révision de la Constitution, la féminisation de la vie publique, ou encore les efforts d’harmonisation de la vie professionnelle et de la vie privée. 

Regrettant alors que dans plusieurs pays, des lois discriminatoires à l’égard des femmes soient encore en vigueur, le Ministre a appuyé la nomination d’un Rapporteur spécial sur ces lois avant de souligner l’importance de la lutte contre toutes les formes de violence conjugale.  Il a fait part des efforts de son pays en la matière ainsi que dans le domaine de la lutte contre la traite des êtres humains.  Il a assuré qu’après Beijing+10, son pays renforcera l’intégration d’une démarche sexospécifique dans sa législation.  Dans le même ordre d’idées, a-t-il ajouté, il entend promouvoir l’introduction de l’égalité des sexes dans les Objectifs du Millénaire pour le développement, comme objectif propre des politiques de développement social et économique mais aussi comme l’une des conditions nécessaires à la réalisation des objectifs de développement.  Dans ce cadre, le Ministre a souligné les trois priorités que sont l’investissement dans l’éducation des filles; la santé et les droits sexuels et reproductifs, y compris la lutte contre le VIH/sida; et la promotion de la paix et de la sécurité internationales.  Il a ensuite invoqué les chiffres de la situation « dramatique » des femmes dans le monde, pour appuyer l’intégration dans l’ordre du jour du Sommet du  Millénaire d’une référence explicite aux droits sexuels et reproductifs des femmes tels qu’ils sont définis dans les articles 96 à 99 du Programme d’action de Beijing.  

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