LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DÉCIDE DE TENIR SA SESSION DE FOND DE 2005 DU 29 JUIN AU 27 JUILLET PROCHAINS

4 février 2005
ECOSOC/6144

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DÉCIDE DE TENIR SA SESSION DE FOND DE 2005 DU 29 JUIN AU 27 JUILLET PROCHAINS

04/02/2005
Communiqué de presse
ECOSOC/6144


Conseil économique et social

2e séance – après-midi


LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DÉCIDE DE TENIR SA SESSION DE FOND DE 2005 DU 29 JUIN AU 27 JUILLET PROCHAINS


(Publié le 7 février)


Il prend connaissance des perspectives de l’économie mondiale en 2005 et des rapports des Groupes consultatifs pour le Burundi et la Guinée-Bissau.


Réuni cet après-midi dans le cadre de sa session d’organisation de 2005 sous la présidence de M. Munir Akram (Pakistan), le Conseil économique et social (ECOSOC) a décidé* que sa session de fond annuelle se tiendra cette année du 29 juin au 27 juillet.  Il avait initialement été prévu qu’elle aurait lieu du 4 au 29 juillet.


Étude sur la situation économique mondiale et perspectives en 2005


En début de séance, le Conseil a entendu une déclaration de JOSÉ ANTONIO OCAMPO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, qui a fait une présentation de la situation économique mondiale et de ses perspectives en 2005**.  Globalement, a dit M. Ocampo, l’économie mondiale a connu une croissance au cours de l’année 2004, due essentiellement aux deux moteurs de croissance que sont les États-Unis et la Chine.  Cette dernière s’est surtout illustrée dans les domaines touchant aux échanges de produits de base et au commerce des hydrocarbures, tandis que les États-Unis servaient de locomotive au commerce des produits manufacturés.  Le monde a cependant aussi fait face à une période d’inflation, du fait de la hausse des cours du pétrole, a indiqué M. Ocampo.  Les prix des produits de base non pétroliers ont pour leur part connu une augmentation des prix d’environ 10%, ce qui marque une très légère baisse de leur croissance, en terme de pourcentage, par rapport aux deux années précédentes, cette évolution s’étant produite malgré la baisse du dollar.  La bonne santé générale du secteur des produits de base a permis aux pays en développement de maintenir une croissance de 5,5% en moyenne, a dit José Ocampo, en notant cependant que la croissance de l’Afrique avait été moindre, se limitant à 4,5%.  Parlant des marchés financiers, il a attiré l’attention de l’ECOSOC sur le fait qu’en 2004, les pays en développement avaient été des exportateurs nets de capitaux vers les pays industrialisés.  Les exportations de capitaux en provenance de certains de ces pays sont sans doute dues à l’accumulation de devises tirées des échanges de produits de base, a précisé le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales.


Des déséquilibres sévères existent entre régions, a-t-il poursuivi.  Bien que la plupart d’entre elles aient connu des taux de croissance appréciables, des risques existent, du fait des spéculations sur les coûts de l’énergie et des manipulations monétaires.  Des problèmes de taux de change entre les grandes devises pourraient entraîner un tassement de la croissance mondiale.  Certains déficits commerciaux comme celui des États-Unis, qui s’élève à plus de 650 milliards de dollars, posent un danger aux équilibres mondiaux.  2005 sera une période critique pour la libéralisation du commerce mondial, a estimé M. Ocampo. 


Après cet exposé, le représentant de la Jamaïque a souhaité que le Secrétariat soit plus précis dans sa présentation et que les rapports sur la situation économique dans le monde ne se limitent pas à décrire des tendances générales.  Si les chiffres et statistiques indiquent qu’il y a eu une croissance dans les économies des pays du Sud, due essentiellement à la demande de la Chine en produits de base, la réalité montre que les fondamentaux de l’économie mondiale restent mauvais pour les pays en développement du fait des déséquilibres qui favorisent toujours les pays les plus riches, a estimé le représentant. 


La représentante du Bénin a voulu savoir ce que visaient concrètement les rapports sur la situation économique mondiale?  Quelle est l’utilité de cette étude pour les pays les moins avancés? a demandé la représentante.


Mme LUCY TAMLYN (États-Unis) a estimé que la croissance de l’économie mondiale était la plus forte enregistrée depuis 30 ans, aucune économie majeure ne connaissant la récession et la plupart des économies se développant d’une manière saine, ce qui laisse à penser que la tendance va se poursuivre.  Une large partie de l’explication est à chercher du côté des politiques économiques et des relations économiques entre les pays qui se sont améliorées, a-t-elle affirmé, notant que le commerce demeurait le contributeur le plus important au développement économique et que la libéralisation du commerce présentait la meilleure possibilité d’une intégration plus complète des pays en développement au sein de l’économie mondiale.


Selon la représentante américaine, les institutions financières internationales (IFI) ont fortement contribué à la croissance de l’économie mondiale.  Les réformes des IFI permettent notamment une plus grande clarté dans l’utilisation des financements du Fonds monétaire international (FMI), a-t-elle noté.  Selon elle, le rapport souligne bien le fait que la croissance économique contribue le mieux à réduire la pauvreté, ainsi que la nécessité d’assurer une plus grande demande interne afin d’encourager la croissance.


Les États-Unis sont préoccupés par l’utilisation importante de « transferts négatifs nets » des pays en développement vers les pays développés, constituant un indicateur négatif de progrès du développement, a-t-elle déclaré.  Elle a en outre jugé inapproprié le fait que le Secrétariat des Nations Unies prenne position sur les questions portant sur la voix, le vote et la représentation des IFI.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan), Président du Conseil économique et social, a estimé que si la croissance mondiale avait progressé, y compris dans les pays en développement, son impact sur l’élimination de la pauvreté dans les pays les plus pauvres n’était pas substantiel.  Il s’est ainsi interrogé sur les retombées en matière d’encouragement à la croissance dans les pays les plus pauvres si un effort conscient était réalisé là où la demande est la plus pauvre.


M. Ocampo a répondu que le rapport contenait des perspectives plutôt satisfaisantes en matière d’emploi, ceci étant surtout vrai pour les pays développés.  Nous ne nous attendons pas à un ralentissement de la croissance de la Chine, a-t-il également souligné.  Selon lui, les pays les plus pauvres devraient se développer à un rythme plus rapide que les autres.  Il a également souhaité que les États-Unis continuent d’être une locomotive pour l’économie mondiale.


Adoption de l’ordre du jour, questions d’organisation et programme de travail de base du Conseil


Par deux projets de décision, I et II, l’ECOSOC a ensuite adopté ses programmes de travail de base pour 2005 et 2006.  Le document* contenant ces programmes comprend notamment un projet d’ordre du jour provisoire pour la session de 2005, la liste des documents présentés au titre de chacun des points de l’ordre du jour, et les questions à inscrire au programme de travail du Conseil pour 2006.


La réunion s’est poursuivie avec le report par les membres du Conseil, de toute prise de décision sur le projet de décision IV*, relatif à l’organisation des travaux de la session de fond du Conseil en 2005.


L’ECOSOC a ensuite adopté le projet de décision V, relatif au débat de sa session de fond de 2005 consacré aux activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies.


Le Conseil a ensuite décidé de tenir des consultations sur le thème du débat de sa session qui sera consacré aux affaires humanitaires.  Il a par la suite adopté le projet de décision VII concernant le débat prévu, au cours de sa session de fond, sur la coopération régionale.


Examinant le projet de décision VIII, relatif à la date de la tenue de la « réunion spéciale de haut niveau de l’ECOSOC avec les représentants des institutions de Bretton Woods et de l’Organisation mondiale du commerce, le Conseil a entendu une proposition de la Jamaïque, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, aux termes de laquelle l’intitulé de cette rencontre serait modifié pour y inclure la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement.  Selon la proposition du Groupe des 77 et de la Chine, l’intitulé deviendrait « réunion spéciale de haut niveau du Conseil économique et social avec les représentants des institutions de Bretton Woods, de l’Organisation mondiale du commerciale et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement ».  Le Conseil a reporté sa décision à la semaine prochaine.


Passant à l’examen des recommandations contenues dans le rapport du Comité chargé des ONG sur les travaux de sa session ordinaire de 2005, le Conseil a adopté les projets de décisions I et II, contenus dans ce rapport et respectivement relatifs aux demandes d’admission au statut consultatif et aux demandes de reclassement reçues d’organisations non gouvernementales, et aux questions liées au rétablissement du statut consultatif d’ONG dont ledit statut a été suspendu par l’ECOSOC.  Le Conseil a ensuite adopté le projet de décision III concernant l’organisation des travaux du Comité chargé des ONG.  Aux termes de cette décision, le Conseil demande que les deux jours que le Comité n’a pas utilisés à sa session ordinaire soient ajoutés à la reprise de sa session de deux semaines en mai 2005.    


L’ECOSOC a par la suite approuvé la nomination, par le Secrétaire général, de Mme Iskra Beleva, de la Bulgarie, au Comité des politiques du développement, où elle terminera le mandat de Eul Yong Park, de la République de Corée, décédé.  Ce mandat devait prendre fin le 31 décembre 2006.  Les membres du Conseil ont ensuite élu par acclamation la Suède au Conseil de direction du Programme Habitat pour un mandat prenant effet aujourd’hui et s’achevant le 31 décembre 2008.  Ils ont repoussé à des dates ultérieures l’élection à ce Conseil de direction, d’un représentant de l’Asie, et de deux représentants de l’Amérique latine et des Caraïbes pour des mandats qui doivent prendre fin le 31 décembre 2008.


Groupes consultatifs spéciaux pour le Burundi et la Guinée-Bissau


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud), Président du Groupe consultatif spécial pour les pays africains qui sortent d’un conflit, qui a fait une présentation du rapport oral du Groupe consultatif spécial pour le Burundi, a souligné que d’importants développements se sont produits au cours des derniers mois concernant le soutien international à ce pays.  Ainsi, sur la question de l’allègement de la dette, la Banque africaine de développement a décidé, le 27 octobre 2004, de supprimer 35% des arriérés du Burundi, pour un montant équivalent à 12 millions de dollars, une mesure qui permet la reprise des opérations de la Banque du Burundi, après presque cinq années d’interruption, et de faciliter l’accès par le pays à d’autres possibilités multilatérales de financement.  De même, le lancement du Programme de démobilisation, de réinsertion et de réintégration en décembre 2004, concernant les 55 000 combattants pour les cinq prochaines années, constitue un événement majeur, a-t-il poursuivi.  Enfin, sur le terrain, le système des Nations Unies a continué de fournir une assistance dans différents domaines, afin de permettre la transition de l’aide d’urgence vers le développement.


Ces événements positifs ne doivent pas faire oublier que les besoins humanitaires, économiques et sociaux du Burundi, qui sort de 10 années de guerre, sont considérables, a affirmé le Président du Groupe.  L’aide internationale, a-t-il indiqué, est largement en deçà des engagements pris lors du Forum des partenaires de développement, à Bruxelles, il y a un an, et qui se montaient à 1,03 milliard de dollars.  Dans ce contexte, a-t-il ajouté, le Conseil économique et social devrait encourager la communauté des donateurs qui participait au Forum de Bruxelles à accroître ses contributions.  Comme il y a un an, le Groupe continue de penser que le Burundi se situe à un carrefour et que les efforts entrepris par le Gouvernement et la population doivent être accompagnés d’un soutien international solide, dans le cadre d’un véritable partenariat.  Le Groupe considère qu’il devrait poursuivre ses activités au cours du processus de transition au Burundi, y compris une deuxième mission dans le pays, à l’invitation faite en septembre par le Président Ndayizeye.


M. JEAN-MARC HOSCHEIT (Luxembourg), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, s’est félicité de la récente coopération qui s’est exercée entre le Groupe consultatif ad hoc, le Groupe des Nations Unies pour le développement et le Comité exécutif pour les affaires humanitaires en vue d’améliorer les activités de l’ONU sur le terrain pendant la phase de transition.  Il a soutenu sans réserve les efforts de coordination déployés par l’Opération des Nations Unies au Burundi et les différentes institutions des Nations Unies.  Le représentant, relevant que l’aide internationale était loin d’être à la hauteur des engagements pris lors du Forum des partenaires du développement, a encouragé la communauté des bailleurs de fonds à respecter ses engagements et à accroître son aide en faveur du Burundi.


M. MARC NTETURUYE (Burundi) a estimé que son pays avait fait des progrès constants dans le processus de paix et a rappelé qu’il préparait la tenue d’élections en avril 2005.  Il a remercié les pays qui ont soutenu le Burundi, qui aura encore besoin de leur aide décisive à l’avenir pour financer son relèvement économique et social. 


M. BULUS PAUL ZOM LOLO (Nigéria), qui s’exprimait au nom du Groupe africain, s’est déclaré préoccupé du fait que les donateurs attendent l’évolution du processus politique, alors que l’amélioration des conditions de vie de la population devrait être au cœur de notre attention.  Il a encouragé le Groupe à demeurer engagé dans le pays jusqu’à ce que celui-ci trouve la paix et la stabilité. 


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud), présentant le rapport du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau, a rappelé que le 6 octobre 2004, le pays a connu une rébellion tragique de militaires qui n’avaient pas été payés pour leurs services au sein de la Mission de maintien de la paix des Nations Unies au Libéria, et qui protestaient également contre leurs mauvaises conditions de vie dans les casernes.  Ce soulèvement, a-t-il souligné, a mis en lumière la fragilité de la transition démocratique en Guinée-Bissau et a constitué un revers sérieux aux efforts du Gouvernement pour promouvoir un environnement propice à l’aide internationale et aux investissements privés.  Le premier rapport du Groupe, en janvier 2003, avait déjà mis l’accent sur les problèmes socioéconomiques du pays, de même que sur les questions liées à la restructuration de l’armée susceptibles de menacer la transition démocratique, a-t-il affirmé.


Le Président du Groupe s’est félicité du don de 500 000 dollars effectué par le Brésil au Fonds spécial de la Communauté des États de langue portugaise, et destiné à soutenir la restructuration des forces armées de Guinée-Bissau.  Il a accueilli en outre avec satisfaction la décision du Portugal d’accueillir à Lisbonne, le 11 février 2005, la réunion des partenaires de Guinée-Bissau chargée de préparer la Conférence de la table ronde.  Un succès de cette réunion permettrait de démontrer un soutien international véritable et une confiance continue dans les efforts fournis par le Gouvernement pour reconstruire la démocratie, a-t-il estimé, ceci devant aboutir à l’organisation d’une table ronde complète des donateurs à la fin de l’année.


Malgré l’épisode d’octobre 2004, le pays tout entier, dont la société civile et le Gouvernement, est décidé à ne pas revenir au conflit, a-t-il considéré.  La Guinée-Bissau, étant engagée dans un processus qui doit mener à l’élection présidentielle, en mai 2005, il demeure essentiel que le Groupe consultatif spécial continue de contrôler et de soutenir les développements politiques, sociaux et économiques pendant cette période, a-t-il affirmé.


M. ALFREDO LOPES CABRAL (Guinée-Bissau), soulignant la situation de détresse dans laquelle se trouvait son pays, a affirmé qu’il serait judicieux que le Groupe consultatif puisse poursuivre ses efforts.


M. LOLO (Nigéria), qui s’exprimait au nom du Groupe des États d’Afrique, s’est prononcé en faveur de la prorogation du mandat du Groupe consultatif jusqu’aux élections de mai. 


M. NEIL (Jamaïque), qui s’exprimait du Groupe des 77 et de la Chine, a jugé important la mobilisation des ressources pour venir en aide au Burundi et à la Guinée-Bissau.


*     Ces textes sont contenus dans le document publié sous la cote E/2005/ L.1, qui est une compilation de propositions soumises par le Président de l’ECOSOC et les membres de son Bureau à l’issue des consultations  officieuses.


**    Voir le document contenant la situation et les perspectives économiques dans le monde, à l’adresse Web www/un.org/esa/policy/wess et notre communiqué publié sous la cote ECO-77.

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