LE CONSEIL FÉLICITE LA MINUSIL POUR LE TRAVAIL INESTIMABLE QU’ELLE A ACCOMPLI POUR AIDER LA SIERRA LEONE À SE RELEVER APRÈS LE CONFLIT

20 décembre 2005
CS/8592

LE CONSEIL FÉLICITE LA MINUSIL POUR LE TRAVAIL INESTIMABLE QU’ELLE A ACCOMPLI POUR AIDER LA SIERRA LEONE À SE RELEVER APRÈS LE CONFLIT

20/12/2005
Conseil de sécurité
CS/8592
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5334e séance – matin


LE CONSEIL FÉLICITE LA MINUSIL POUR LE TRAVAIL INESTIMABLE QU’ELLE A ACCOMPLI POUR AIDER LA SIERRA LEONE À SE RELEVER APRÈS LE CONFLIT


Soutenu par le nouveau Bureau intégré de l’ONU, le Gouvernement devra agir en faveur de la gouvernance, du développement durable, de l’emploi et des services publics


En présence du Représentant spécial du Secrétaire général en Sierra Leone et du représentant de la Sierra Leone, le Conseil de sécurité a félicité, par une déclaration présidentielle, la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) pour le travail inestimable qu’elle a accompli, ces six dernières années, afin d’aider le pays à se relever du conflit qu’il a connu et à progresser sur la voie de la paix, de la démocratie et de la prospérité.


Les membres du Conseil ont unanimement considéré les travaux de la MINUSIL, dont le mandat expire le 31 décembre prochain, comme un succès.  L’Organisation des Nations Unies a besoin de ces « success stories » a affirmé Jean-Marc de La Sablière.  Le représentant permanent de la France a évoqué les facteurs de réussite de la Mission, parmi lesquels la stratégie de retrait de la MINUSIL, qu’il a considérée comme «un modèle dont il faudra s’inspirer pour d’autres opérations ».


Dans sa déclaration, le Conseil estime que les nouvelles méthodes de travail adoptées par la MINUSIL -dont sa stratégie de retrait, la mise en place d’une structure intégrée avec un représentant spécial adjoint chargé de la gouvernance, du développement et de l’action humanitaire, et l’instauration d’une coopération et d’une coordination étroites et suivies avec les autres opérations de maintien de la paix et bureaux des Nations Unies dans la région- constituaient autant d’innovations qui pourraient être des pratiques optimales grâce auxquelles les autres opérations de maintien de la paix des Nations Unies pourraient devenir plus efficaces et plus efficientes.


Le succès de la MINUSIL n’aurait cependant pas été possible sans son partenariat avec les pays des Nations Unies, les pays de la région, la société civile, le Gouvernement et le peuple de la Sierra Leone, ni sans la détermination du peuple sierra-léonais à rétablir la paix, a affirmé le représentant de la Sierra Leone au Conseil.  Il s’est néanmoins dit préoccupé par la situation dans la région, et a espéré que le Conseil continuerait d’œuvrer pour maintenir la paix et la stabilité dans la sous-région.  Dans le texte lu par le représentant du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité espère que les voisins de la Sierra Leone resserreront leur coopération, en particulier dans le cadre de l’Union du fleuve Mano et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), surtout dans le domaine de la paix et de la sécurité.


Malgré les nombreux progrès réalisés dans le pays, la Sierra Leone reste fragile, a indiqué le Représentant spécial du Secrétaire général en Sierra Leone, Daudi Mwakawago, qui a expliqué que la viabilité du pays dépendrait de la capacité du Gouvernement à mener avec succès le programme de réforme du secteur de la sécurité et le renforcement du principe de bonne gouvernance.  À la demande du Conseil, le Secrétaire général a établi le nouveau Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL), qui continuera à soutenir le Gouvernement tandis que celui-ci s’attaquera à ces problèmes.


Nombreux sont les membres du Conseil qui ont évoqué les problèmes socioéconomiques auxquels est confrontée la Sierra Leone, qu’il s’agisse du taux de chômage élevé chez les jeunes, de la corruption ou de la difficulté des conditions de vie de la population, entre autres.  Dans sa déclaration présidentielle, le Conseil juge d’ailleurs nécessaire que les donateurs et les partenaires de développement du Gouvernement continuent d’appuyer ce dernier pour qu’il puisse affronter ces questions difficiles.


La Sierra Leone, à présent stable et en paix, dispose d’une occasion unique de créer un climat politique alliant maturité et dynamisme, estime enfin le Conseil.  Il faudra pour cela que toutes les parties fassent preuve de tolérance et coopèrent, indique-t-il, jugeant qu’il serait bon, dans cette optique, que le Gouvernement et les dirigeants politiques réaffirment leur attachement aux principes fondamentaux de la gouvernance démocratique, ce qui ouvrirait la voie à la tenue d’élections régulières, transparentes et pacifiques en 2007.


LA SITUATION EN SIERRA LEONE


Vingt-septième rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies en Sierra Leone


Déclaration du Président


Le Conseil de sécurité félicite la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) pour le travail inestimable qu’elle a accompli, ces six dernières années, afin d’aider la Sierre Leone à se relever après le conflit qu’elle a connu et à progresser sur la voie de la paix, de la démocratie et de la prospérité. Le Conseil sait gré au Secrétaire général, à ses représentants spéciaux et à tous les fonctionnaires de l’ONU et représentants des pays qui fournissent des contingents et des unités de police civile, qui ont fait de la MINUSIL un succès, en particulier ceux qui ont aidé la Mission à se remettre de la crise qu’elle a traversée en mai 2000. Le Conseil apprécie aussi vivement la façon dont le Gouvernement et le peuple sierra-léonais ont collaboré avec la MINUSIL et les organismes des Nations Unies qui œuvraient dans le pays.


Le Conseil prend note avec satisfaction des nouvelles méthodes de travail adoptées par la MINUSIL, notamment le recours à une stratégie de retrait fondée sur des critères précis pour la réduction des effectifs, la mise en place d’une structure intégrée avec un représentant spécial adjoint chargé de la gouvernance, du développement et de l’action humanitaire, et l’instauration d’une coopération et d’une coordination étroites et suivies avec les autres opérations de maintien de la paix et bureaux des Nations Unies dans la région, autant d’innovations qui pourraient être des pratiques optimales grâce auxquelles les autres opérations de maintien de la paix des Nations Unies pourraient devenir plus efficaces et plus efficientes.


À la demande du Conseil, le Secrétaire général a établi le nouveau Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone, qui continuera à soutenir le Gouvernement tandis que celui-ci s’attaquera aux nombreux problèmes restant à régler, notamment en ce qui concerne la gouvernance, le développement économique durable, la création d’emplois et les services publics. Le Gouvernement devra pouvoir continuer de compter sur les donateurs et sur ses partenaires de développement, en particulier pour affronter les questions difficiles mais centrales que sont la réforme du secteur de la sécurité, la lutte contre la corruption, le renforcement des mécanismes de gouvernance, dont l’appareil judiciaire, et l’égalité des droits des femmes et des filles. Le Conseil encourage donc les partenaires de développement de la Sierra Leone à continuer d’appuyer le pays dans tous ces domaines, et note avec satisfaction les résultats de la réunion sur la Sierre Leone que le Groupe consultatif des donateurs a tenue récemment à Londres.


La Sierra Leone, à présent stable et en paix, a de l’avis du Conseil une occasion unique de créer un climat politique alliant maturité et dynamisme. Il faudra pour cela que toutes les parties fassent preuve de tolérance, coopèrent et soient résolues à agir de façon responsable et à s’abstenir de toute rhétorique séditieuse. Il serait bon, dans cette optique, que le Gouvernement et les dirigeants politiques réaffirment leur attachement aux principes fondamentaux de la gouvernance démocratique, ce qui ouvrirait la voie à la tenue d’élections régulières, transparentes et pacifiques en 2007.


Le Conseil se déclare une nouvelle fois satisfait du travail qu’a accompli le Tribunal spécial pour la Sierra Leone et de la contribution déterminante qu’il a apportée sur le plan de la réconciliation et de l’état de droit dans le pays et la sous-région; il encourage tous les États, en particulier ceux de la sous-région, à coopérer pleinement avec le Tribunal et à lui procurer les fonds dont il a besoin.


Le Conseil souligne à nouveau combien il importe que les pays d’Afrique de l’Ouest soient considérés dans une perspective régionale. Il espère que les voisins de la Sierra Leone resserreront leur coopération, en particulier dans le cadre de l’Union du fleuve Mano et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, surtout dans le domaine de la paix et de la sécurité, avec l’appui constant de l’Organisation des Nations Unies et de leurs partenaires de développement.


Déclarations


M. DAUDI MWAKAWAGO, Représentant spécial du Secrétaire général en Sierra Leone, a indiqué que la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL), dont le retrait des troupes s’achevait aujourd’hui, avait rempli l’ensemble des tâches que le Conseil de sécurité lui avait confiées lors de sa création, il y a six ans.  Parmi ces réalisations, il a cité le désarmement, la démobilisation et la réintégration de plus de 72 000 combattants, le retour de plus d’un demi-million de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays, la restauration de l’autorité du Gouvernement à travers le pays, l’organisation d’élections nationales et locales, ainsi que la formation et la réforme du secteur de la sécurité du pays.  Le succès de la MINUSIL a démontré comment la collaboration de la communauté internationale pouvait répondre aux besoins des pays en situation de conflit dans un environnement mondial évoluant rapidement, a-t-il estimé.  M. Mwakawago s’est dit convaincu que la Mission avait également constitué un modèle pour les futures missions de maintien de la paix, expliquant que les nombreuses approches et stratégies novatrices entreprises par la Mission, dont le plan de retrait des troupes, constituaient un exemple à suivre.


Le Représentant spécial du Secrétaire général en Sierra Leone a cependant expliqué que la Sierra Leone restait fragile, estimant que la viabilité du pays dépendra de la capacité du Gouvernement à mener avec succès le programme de réforme du secteur de la sécurité et le renforcement du principe de bonne gouvernance, dont la réforme du secteur judiciaire en particulier.  Ces efforts vont au-delà des capacités de la Sierra Leone, a-t-il remarqué, jugeant dès lors que l’appui continu de la communauté des donateurs serait nécessaire à cette fin.  Il a enfin souligné l’importance des composantes régionales sur le processus de paix en Sierra Leone, indiquant que les progrès en matière de maintien de la paix au Libéria lors de la période post-électorale et les efforts visant à résoudre la crise en Côte d’Ivoire resteront essentiels à la stabilisation de la Sierra Leone et de l’Union du fleuve Mano.


M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a estimé que l’achèvement, avec succès, du mandat de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) constituait un moment historique.  Expliquant que la MINUSIL était passée du statut de Mission vulnérable à une opération robuste qui avait conduit au désarmement et à la démobilisation et avait facilité la tenue d’élections en 2002, il a affirmé que le renforcement de la MINUSIL avait démontré la capacité des Nations Unies à apprendre de ses erreurs.  Après la crise qu’avait connue la Mission en 2000, le Conseil de sécurité a fait preuve, dans le cas de la Sierra Leone, de sa volonté de persévérer et de mettre en œuvre une opération de maintien de la paix complexe en Afrique.  Évoquant l’esprit novateur qui avait caractérisé les travaux de la Mission, M. Motoc a notamment cité la stratégie de retrait de la MINUSIL et la création du Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone.  Le représentant de la Roumanie a toutefois fait observer que si l’avenir de la Sierra Leone semblait prometteur, il subsistait certains problèmes chroniques auxquels il faudrait faire face, comme le chômage et la corruption.  Les menaces potentielles à la stabilité nationale ne sont donc plus liées à la sécurité mais sont de nature sociales et  économiques, a-t-il observé.  C’est pourquoi, il a préconisé d’établir un plan d’action à long terme, qui impliquerait les acteurs nationaux, les Nations Unies et les autres partenaires pertinents.  Le Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone serait chargé de coordonner ces efforts.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a remarqué que la Sierra Leone avait réalisé des progrès importants vers paix et stabilité grâce à la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL), évoquant notamment l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays.  Il a estimé que la Sierra Leone restait malgré tout fragile, indiquant que le pays était toujours confronté à une série de problèmes, dont la faiblesse des moyens de l’État et la souffrance continue de la population, et ce, malgré les performances économiques récentes du pays.  Il a également remarqué que l’armée de la Sierra Leone n’était toujours pas en mesure d’assurer seule la sécurité extérieure du pays.  Le succès du processus de paix en Sierra Leone, a souligné M. Baali, dépendra de l’engagement de la communauté internationale à apporter un soutien adéquat au pays lors de la phase de consolidation de la paix.  Le représentant algérien a par ailleurs estimé que les élections de 2007 constitueraient un test, non seulement pour la Sierra Leone, mais également pour la communauté internationale, qui souhaite faire du cas de la Sierra Leone un modèle de réussite.  À cet égard, il a signalé que malgré son caractère inachevé, il y avait effectivement des enseignements à tirer de cette expérience.


M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a estimé que l’achèvement du retrait de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) ouvrait la voie à une nouvelle phase pour la Sierra Leone.  Notant que des progrès remarquables avaient été réalisés dans le pays, comme l’avait évoqué le Secrétaire général dans son rapport, il a indiqué que le maintien de la paix n’était de fait plus nécessaire en Sierra Leone.  À l’heure actuelle, la consolidation de la paix s’intensifie et se diversifie, a-t-il observé, jugeant à cet égard que la décision de créer un Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL) avait été pertinente et constituait un précédent positif.  La Commission de consolidation de la paix aura également un rôle important à jouer en ce sens, a-t-il poursuivi.  M. Sardenberg a néanmoins signalé que plusieurs problèmes devaient encore être résolus en Sierra Leone, dont le chômage et d’autres difficultés à caractère socioéconomique.  Il faut que la population puisse enfin voir les dividendes tangibles de la paix, a-t-il affirmé, jugeant à cet égard que la croissance des revenus provenant des exportations de diamants était une bonne chose.  Le représentant du Brésil a également souligné l’importance de la réforme du secteur de la sécurité et a rappelé que les situations au Libéria, en Côte d’Ivoire, en Guinée et en Guinée-Bissau auraient un impact sur la stabilité de la sous-région.  Il a enfin indiqué que sa délégation croyait comprendre qu’avec l’achèvement du retrait de la MINUSIL, le Conseil de sécurité devrait réexaminer les régimes des sanctions.


M. ZHANG YISHAN (Chine) a observé qu’alors que la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) était sur le point de quitter le pays, le Gouvernement exerçait actuellement son autorité sur l’ensemble du territoire sierra-léonais.  Il a également évoqué la croissance économique que connaissait la Sierra Leone, jugeant néanmoins que la reconstruction du pays restait toujours confrontée à de nombreux obstacles.  Il a dès lors appelé la communauté internationale à maintenir son appui en vue de permettre le développement durable du pays, jugeant qu’avec l’aide de la communauté internationale, la Sierra Leone était promise à un avenir brillant.  Il a enfin souligné l’importance de la création du Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL), et a indiqué que la Mission avait permis de tirer des leçons utiles pour d’autres opérations de maintien de la paix des Nations Unies.


M. KONSTANTIN DOLGOV (Fédération de Russie) a estimé que les activités de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) constitueront un bon exemple pour d’autres opérations de maintien de la paix, en Afrique comme ailleurs.  Le Gouvernement, a-t-il noté, exerce son autorité sur l’ensemble du territoire, la stabilité règne dans le pays, les forces armées fonctionnent de plus en plus efficacement, et l’industrie du diamant est désormais contrôlée.  Le représentant a souligné l’importance de la bonne tenue des élections de 2007, et a affirmé que le bien-être de la population du pays dépendrait de la capacité du gouvernement à réformer le système judiciaire, à éliminer le chômage et à s’acquitter avec succès des problèmes socioéconomiques que connaissait la Sierra Leone.  Il a estimé que la MINUSIL avait été pionnière dans de nombreux domaines, indiquant qu’elle incarnait le principe de mission complexe des Nations Unies.  Le représentant de la Fédération de Russie a enfin rappelé qu’à partir du 1er janvier 2006, le Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL) prendrait le relais, jugeant qu’il s’agissait là d’un précédent important en matière de consolidation de la paix.


M. LARS FAABORG-ANDERSEN (Danemark) a estimé que l’optimisme était aujourd’hui de mise concernant la situation en Sierra Leone, jugeant que la transition de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) au Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone constituait une évolution positive.  Le succès de la MINUSIL provient des méthodes qu’elle a employées, a-t-il affirmé, soulignant l’importance de diffuser ces méthodes, qui pourraient notamment être utiles à la MINUL.  La phase la plus délicate pour la Sierra Leone, a poursuivi le représentant danois, va se dérouler entre aujourd’hui et les élections de 2007, estimant qu’il faudrait désormais appuyer le développement de la société sierra-léonaise.  À cet égard, il a jugé que le respect du principe de tolérance zéro face à la corruption et la mise en œuvre du document de stratégie de réduction de la pauvreté seraient déterminants.  Il est également nécessaire de lutter contre le chômage massif qui caractérise actuellement le pays, a-t-il poursuivi, indiquant par ailleurs que la stabilité de la Sierra Leone dépendrait de l’attitude des États voisins.  Malgré les difficultés qui subsistent, la Sierra Leone constitue un bon exemple de ce que  peut faire la communauté internationale face à l’échec des États, a-t-il conclu.


M. LAURO BAJA (Philippines) s'est félicité des progrès enregistrés en Sierra Leone grâce à la MINUSIL qui a été une Mission solide dotée d’un mandat robuste et qui s'est attachée à gagner le cœur de la population et à mettre en œuvre un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) bien conçu.  L'heure est maintenant à la consolidation de la paix qui ne réussira qu’avec l’appui de la communauté internationale, a-t-il prévenu.  La priorité est l’aide à la relance économique, qui doit commencer par la réhabilitation des industries d’extraction minière et de l’agriculture.  Le Conseil de sécurité n’a qu'un rôle limité en la matière mais il peut encourager les donateurs à fournir une aide au développement et convaincre les entreprises d'investir.  Les principes de bonne gouvernance peuvent contribuer à la stabilité et à la création d'un climat propice aux investissements, a dit le représentant à l'intention des autorités du pays.  Il a estimé que le Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL) contribuera aux efforts de consolidation de la paix, en particulier le renforcement de la gouvernance et la création de capacités nationales de prévention des conflits.  Liant ces questions à la Commission de consolidation de la paix, le représentant a estimé que la Sierra Leone serait une bonne candidate à une inscription à l'ordre du jour de la Commission.  Il a conclu en soulignant l'importance des organisations régionales dont l'Union des États du fleuve Mano.


M. TUVAKO NATHANIEL MANONGI (République-Unie de Tanzanie) a reconnu les menaces auxquelles la Sierra Leone continue de faire face comme le chômage des jeunes, la corruption et les ressources limitées.  Il s'est donc félicité que le Gouvernement continue à déployer des efforts pour reprendre le contrôle des ressources naturelles du pays.  La communauté internationale doit apporter l'aide requise, a souhaité le représentant.


Mme ALEXANDRA PAPADOPOULOU (Grèce) a félicité la MINUSIL des méthodes et pratiques qu'elle a introduites pour assurer le succès de ses opérations.  Il convient maintenant de mettre l'accent sur la lutte contre la corruption, la relance économique et l'amélioration des conditions de vie des populations.  S'agissant de la justice, elle a souligné que les troubles civils et l'impunité sont des menaces majeures pour la stabilité du pays.  Elle a donc salué le travail du Tribunal spécial pour la Sierra Leone.  La tenue d'élections pacifiques sera le dernier test qu'aura passé ce pays, a-t-elle ajouté, en espérant que le BINUSIL permettra de mettre fin au point une stratégie qui pourra aider le Gouvernement sierra-léonais à renforcer ses capacités en matière de développement socioéconomique.


M. WILLIAM BRENCICK (États-Unis) a estimé que le succès d'une telle opération de maintien de la paix, qui a été une des plus importantes au monde, est un motif de réjouissance.  Aujourd'hui le pays a un avenir beaucoup moins sombre qu'il y a quelques années, grâce à la MINUSIL.  L’étape de consolidation démarrant, il est particulièrement opportun d’avoir ce débat maintenant que la Commission de consolidation de la paix est créée.  Le représentant a mis l'accent sur la bonne gouvernance et la transparence dans la gestion des affaires publiques.  Il a assuré de la coopération de son pays en voulant que la MINUSIL serve d'exemple pour les missions de la région.  La Mission a fourni un appui très précieux à la sécurité du Tribunal spécial pour la Sierra Leone et il est heureux que la Mission des Nations Unies au Libéria continuera de fournir cet appui.


M. SHOJIRO NISHIMURA (Japon) s’est dit encouragé par les progrès réguliers en Sierra Leone dans le domaine de la sécurité et des conditions de vie de la population.  La paix reste fragile, a-t-il averti en accueillant avec satisfaction la création du BINUSIL.  Malgré certaines difficultés, la MINUSIL s’est avérée être un succès et il serait utile de reconnaître les facteurs qui ont contribué au succès de la Mission tels que la haute qualité de sa direction, le respect du principe d’appropriation, la collaboration étroite avec les autres organisations internationales, les ONG et la communauté des donateurs, et enfin, l’implication des pays de la région, dont le Nigéria et le Ghana, dans le processus de paix.  Le représentant a aussi estimé que la composition du BINUSIL pourrait servir de modèle à la présence de l'ONU dans le domaine de la consolidation de la paix.  Mais le succès du Bureau dépendra de la stabilité dans les pays voisins, qui exige une coopération étroite entre toutes les missions et les bureaux de l'ONU dans la région; et du degré d’appropriation des efforts de consolidation de la paix.  À cet égard, le représentant a conclu en pointant du doigt les menaces à la stabilité du pays que sont le chômage parmi les jeunes, la corruption et la vulnérabilité du système judiciaire. 


M. MARTIN GARCIA MORITAN (Argentine) a estimé que l'optimisme peut être de mise quant à l'avenir de la Sierra Leone.  Un nouveau chapitre s’ouvre en effet, celui de la consolidation de la paix, s’est réjoui le représentant, en soulignant la nécessité d'une approche intégrée.  La Commission de consolidation aura un rôle crucial en la matière et devra aider le BINUSIL.  À son tour, il a souligné les enjeux de la lutte contre la corruption, le chômage et la pauvreté.


M. JEAN-FRANCIS RÉGIS ZINSOU (Bénin) a jugé que la Sierra Leone était incontestablement un cas de réussite du maintien de la paix et un cas type d'une bonne coopération entre l'ONU et les organisations régionales.  Cependant, a-t-il admis, la situation politique reste volatile.  Les menaces sont liées aux causes profondes du conflit et leur persistance doit être perçue comme les limites de l'action du maintien de la paix.  Les opérations, a-t-il prôné, doivent avoir un mandat comprenant une action contre les racines des conflits et la création de bases solides pour le développement.  En l’occurrence, la Commission de consolidation trouve toute sa pertinence, a estimé le représentant en appelant la Commission à suivre de très près les travaux du BINUSIL.  Il a attiré l’attention sur la nécessité de fournir des efforts renforcés dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de la protection des droits de l’homme.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) s’est félicité que six ans après le déploiement de la MINUSIL, la Sierra ait recouvré la paix et la stabilité.  L'ONU a besoin de ces "success stories", a dit le représentant en appelant le Conseil à tirer le bilan de l'action de l'ONU dans le règlement de cette crise.  Il a donc cité comme facteurs de réussite, le mandat robuste de la Mission, le caractère approprié de ses effectifs et la qualité de ses troupes.  Il a aussi cité l'engagement du Royaume-Uni au milieu de la crise et aussi après pour réformer les services de sécurité du pays.  Concernant la stratégie de sortie, il a jugé les efforts en la matière essentiels au moment où le nombre de Casques bleus déployés atteint un record.  Un retrait progressif est un modèle dont il faudra s'inspirer pour d'autres opérations.  Le représentant a enfin évoqué la question de la lutte contre l'impunité, en soulignant le rôle du Tribunal spécial et de la Commission vérité et réconciliation.  La lutte contre l’impunité fait bien partie intégrante des efforts de prévention des crises.  La communauté internationale doit continuer à soutenir la Sierra Leone pour garantir sa paix et son développement.  Le représentant s'est donc félicité de la création du BINUSIL, en appelant aussi à une collaboration avec les autres missions de la région.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a estimé que la Mission a fait preuve d'assurance dans ses efforts pour établir la paix et la sécurité.  La Mission a montré une manière novatrice de coopérer avec les organisations nationales et régionales.  L'Union européenne entend travailler avec le Gouvernement de la Sierra Leone pour faire en sorte que le peuple ait accès aux dividendes de la paix.  L'accès aux zones rurales et la réhabilitation des infrastructures de santé et d'éducation sont des éléments essentiels en la matière, a dit le représentant en montrant là les domaines sur lesquels l'Union européenne mettra l'accent.  Soulignant lui aussi l'importance d'une coopération régionale, dont les pays membres de l'Union du fleuve Mano, le représentant a dit attendre du BINUSIL qu'il continue d'étayer les efforts du Gouvernement pour faire face aux nouveaux défis dont la lutte contre la corruption.  L'Union européenne attend des élections crédibles en 2007 et une attitude de tolérance de la part de tous les partis et les partisans.  Il a espéré que le retrait de la BINUSIL marque la fin de la phase de conflit en Sierra Leone et le lancement d'une paix durable et prospère, en particulier maintenant que l'Assemblée générale et le Conseil de sécurité viennent de créer une Commission de consolidation de la paix.


M. JOE ROBERT PEMAGBI (Sierra Leone) a rendu hommage à la MINUSIL et à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).  Les soldats du Groupe de contrôle de la CEDEAO sont devenus des Casques bleus, a-t-il rappelé en soulignant que la Mission de l’ONU a aussi reçu la très précieuse contribution du Royaume-Uni.  La MINUSIL a établi un partenariat efficace avec l’équipe de pays des Nations Unies, les pays de la région, la société civile, le Gouvernement et le peuple de la Sierra Leone.  Le succès n’aurait pas été possible sans ce partenariat et sans la détermination du peuple sierra-léonais à rétablir la paix.  Le représentant s’est dit convaincu qu’avec une certaine assistance, la Sierra Leone est tout à fait capable de s’acquitter de ses responsabilités.  Son peuple est disposé à faire preuve de la même résistance qu’elle a montré dans le rétablissement de la paix, pour prévenir l’éclatement d'une nouvelle guerre fratricide.  Le représentant s'est néanmoins dit préoccupé par la situation dans la région, en espérant que le Conseil continuera d'œuvrer pour maintenir la paix et la stabilité dans la sous-région.  Le représentant a souhaité le même succès au BINUSIL, en soulignant que l’appui constant à long terme est moins coûteux que la résurgence d’un conflit.


Rapport du Secrétaire général sur la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (S/2005/777)


Dans ce rapport, le Secrétaire général rend compte de la situation en Sierra Leone alors que la Mission des Nations Unies dans ce pays (MINUSIL) se retire.  Il rend compte également des préparatifs de la mise en place du Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL), depuis le 20 septembre dernier.  Alors que la MINUSIL s’apprête à quitter la Sierra Leone, indique-t-il, elle laisse derrière elle un pays très capable d’assurer une stabilité, une démocratie et une prospérité durables.  Notant que la situation des droits de l’homme s’améliore, que la reprise économique que connaît maintenant le pays a été soutenue ces trois dernières années, et que la Sierra Leone a commencé à nouer des relations pacifiques et mutuellement avantageuses avec ses voisins, le Secrétaire général estime donc que la MINUSIL s’est acquittée avec succès du mandat qui lui avait été confié de maintenir la paix dans le pays.


L’achèvement de la phase de maintien de la paix des Nations Unies représente un autre tournant décisif pour la Sierra Leone, poursuit-il, expliquant que les tâches auxquelles elle devra s’atteler pour mener à bien son programme de consolidation de la paix à la suite du conflit seront aussi ardues que celles qu’elle a dû entreprendre pendant les phases de maintien de la paix et de secours d’urgence.  La capacité du Gouvernement de fournir des services à la population, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’assainissement sera cruciale, estime-t-il, jugeant qu’elle permettra à la population, qui a connu maintes privations du fait d’un conflit brutal, de commencer à ressentir concrètement les bienfaits de la paix.  Le maintien de la stabilité dépendra également de l’aptitude du Gouvernement à mener à bien le programme de réforme du secteur de la sécurité, observe-t-il.


Saluant le travail de la MINUSIL, le Secrétaire général indique que la Mission avait fait œuvre novatrice dans plusieurs domaines importants, signalant notamment qu’il s’agissait de la première opération de maintien de la paix des Nations Unies à prendre la relève d’une force de maintien de la paix sous-régionale parallèle.  La stratégie de sortie de la Mission, reposant sur un retrait progressif orchestré avec soin de sa composante militaire suivant des critères précis, était aussi une innovation du Conseil de sécurité, remarque-t-il, signalant que cette approche avait offert à la Sierra Leone les conditions de sécurité requises pour consolider la paix au cours des trois dernières années.  La création du BINUSIL était elle aussi, avec son caractère intégré et son vaste mandat en matière de consolidation de la paix, une initiative sans précédent, poursuit le Secrétaire général.


Le Secrétaire général s’estime néanmoins préoccupé par l’extrême instabilité de la situation dans le domaine politique et dans le secteur de la sécurité chez les voisins immédiats de la Sierra Leone, laquelle continuera probablement à poser de graves problèmes de sécurité pour le pays.  Si la Sierra Leone fait des efforts méritoires pour renouer des relations de bon voisinage, ces efforts devraient aussi être étayés par la revitalisation de l’Union du fleuve Mano et la mise en place de nouveaux mécanismes de coopération entre la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Libéria dans le domaine de la sécurité, signale-t-il.


En attendant, estime le Secrétaire général, il faut espérer que la poursuite des activités de maintien de la paix au Libéria au cours de la période suivant les élections demeurera un facteur de stabilisation essentiel à la fois pour la Sierra Leone et l’ensemble des pays du bassin du fleuve Mano.  Il juge également que des efforts concertés pour surmonter la crise en Côte d’Ivoire seront aussi importants pour la Sierra Leone, dans la mesure où la présence de combattants armés dans tel ou tel pays d’Afrique de l’Ouest risquerait de compromettre la stabilité de tous.


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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