CONDAMNANT LES DERNIÈRES ATTAQUES INTERVENUES AU DARFOUR, LE CONSEIL RAPPELLE AU GOUVERNEMENT SOUDANAIS SON ENGAGEMENT DE DÉSARMER ET DE CONTRÔLER LES MILICES

13 octobre 2005
CS/8521

CONDAMNANT LES DERNIÈRES ATTAQUES INTERVENUES AU DARFOUR, LE CONSEIL RAPPELLE AU GOUVERNEMENT SOUDANAIS SON ENGAGEMENT DE DÉSARMER ET DE CONTRÔLER LES MILICES

13/10/2005
Conseil de sécurité
CS/8521
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONDAMNANT LES DERNIÈRES ATTAQUES INTERVENUES AU DARFOUR, LE CONSEIL RAPPELLE AU GOUVERNEMENT SOUDANAIS SON ENGAGEMENT DE DÉSARMER ET DE CONTRÔLER LES MILICES

Il exige que le Mouvement/Armée de libération du Soudan, le Mouvement pour la justice et l’égalité et le Gouvernement coopèrent pleinement avec la MUAS

Le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. Mihnea Ioan Motoc (Roumanie), a lu, au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante :

Le Conseil de sécurité se dit gravement préoccupé par les récentes informations faisant état d’une recrudescence de la violence au Darfour imputable à toutes les parties et insiste pour que celles-ci respectent rigoureusement les obligations que leur impose l’Accord de cessez-le-feu de N’djamena et les engagements qu’elles y ont pris, ainsi que les résolutions du Conseil de sécurité et les protocoles d’Abuja. Le Conseil condamne fermement l’attentat qui aurait été perpétré par le Mouvement/Armée de libération du Soudan, le 8 octobre, contre le personnel de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS), au cours duquel quatre Casques bleus nigérians et deux entrepreneurs civils ont été tués, et trois autres personnes blessées près de Menawasha, ainsi qu’une attaque qui aurait été menée le 9 octobre par le Mouvement pour la justice et l’égalité à Tine dans le Nord-Darfour, au cours de laquelle ont été pris dans une embuscade et placés en détention près de 35 membres du personnel de la MUAS. Le Conseil adresse ses condoléances aux familles des victimes.

Le Conseil condamne également l’attaque menée, le 25 septembre, à Modaina (Tchad) par des groupes armés venant du Soudan, au cours de laquelle ont été tuées 75 personnes, des civils pour la plupart. Il s’associe à l’Union africaine pour dire toute son indignation après l’attaque menée le 19 septembre par des rebelles au Darfour contre la ville de Sheiara et celle menée par les milices janjaouid contre le camp de déplacés d’Aro Sharow, le 28 septembre, durant laquelle 29 personnes ont été tuées et un bien plus grand nombre encore blessées, et l’attaque menée par les Forces gouvernementales soudanaises contre le village de Tawilla le 29 septembre.

Le Conseil se déclare profondément préoccupé par l’impact de ces attaques sur la situation humanitaire et par les restrictions imposées aux opérations humanitaires au Darfour. Il exige que ces restrictions soient immédiatement levées et demande instamment à toutes les parties d’assurer aux organismes humanitaires un accès sans entrave au Darfour.

Le Conseil se dit préoccupé aussi de ce que, dans son rapport en date du 20 septembre, le Secrétaire général indique que « le Gouvernement [soudanais] n’a pas entrepris d’action notable pour désarmer les milices ou exiger qu’elles répondent de leurs actes conformément aux accords antérieurs, notamment l’Accord de N’djamena et les protocoles d’Abuja, et aux résolutions du Conseil de sécurité. Le Mouvement/Armée de libération du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité ne respectent pas non plus les engagements pris dans les accords précédents et se soucient très peu de contrôler leurs troupes armées ». Le Conseil rappelle que le Gouvernement soudanais s’est engagé à désarmer et contrôler les milices et exige que le Mouvement/Armée de libération du Soudan, le Mouvement pour la justice et l’égalité et le Gouvernement soudanais mettent immédiatement fin à la violence, se conforment à l’Accord de cessez-le feu de N’djamena, lèvent les obstacles qui freinent le processus de paix et coopèrent pleinement avec la Mission de l’Union africaine. Il insiste à nouveau sur la nécessité de traduire en justice les auteurs d’actes de violence.

Le Conseil rappelle les dispositions de sa résolution 1591 (2005) concernant le Soudan. Il engage l’Union africaine à lui faire connaître les résultats des enquêtes sur les récentes attaques, pour qu’il en saisisse éventuellement le Comité des sanctions contre le Soudan afin d’aider à l’application des dispositions de ses résolutions pertinentes.

Le Conseil déclare appuyer sans réserve la Mission de l’Union africaine et rappelle que le Gouvernement soudanais et les mouvements rebelles au Darfour doivent faire le nécessaire pour faciliter le déploiement de la MUAS et accroître l’efficacité de son action.

Le Conseil reste fermement attaché à la cause de la paix dans l’ensemble du Soudan, y compris grâce aux pourparlers d’Abuja et à la mise en œuvre intégrale de l’Accord de paix global. Il engage le Gouvernement d’unité nationale et les rebelles du Darfour à entamer la recherche d’un règlement du conflit au Darfour. Il demande instamment aux parties d’aller rapidement de l’avant dans les pourparlers d’Abuja pour conclure sans plus tarder un accord de paix.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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