LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES EN ÉTHIOPIE/ÉRYTHRÉE JUSQU’AU 15 MARS 2006

13 septembre 2005
CS/8494

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES EN ÉTHIOPIE/ÉRYTHRÉE JUSQU’AU 15 MARS 2006

13/09/2005
Conseil de sécurité
CS/8494
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Conseil de sécurité

5259e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES EN ÉTHIOPIE/ÉRYTHRÉE JUSQU’AU 15 MARS 2006

Le Conseil de sécurité a, ce matin, décidé de proroger le mandat de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) jusqu’au 15 mars 2006.  Dans la résolution 1622 (2005) qu’il a adoptée à l’unanimité, le Conseil a aussi approuvé la reconfiguration de la composition militaire de la MINUEE notamment par une augmentation de 10 du nombre des observateurs militaires dans la limite des effectifs existants autorisés de la MINUEE, et l’aide apportée aux parties pour l’action antimines.

Dans le texte adopté ce matin, le Conseil a demandé aux deux parties de ne prendre aucune mesure qui risquerait de faire monter la tension entre elles, et les a engagé à envisager sérieusement de ramener à leur niveau du 16 décembre 2004 les effectifs de leurs troupes, et plus généralement à s’abstenir de toute menace réciproque de recours à la force.  

Il a également demandé à l’Éthiopie d’accepter pleinement la décision de la Commission du tracé de la frontière et de permettre, sans condition préalable, à la Commission de procéder intégralement et rapidement à l’abornement de la frontière.  Aux termes de la résolution, le Conseil a d’autre part demandé aux deux parties de mettre en œuvre complètement et sans plus tarder la décision de la Commission du tracé de la frontière et de créer les conditions nécessaires pour que l’opération de démarcation se déroule avec célérité.  Il a demandé aux deux parties de normaliser pleinement leurs relations, notamment par le dialogue politique en vue de l’adoption de nouvelles mesures de confiance, et de consolider les progrès accomplis à ce jour.

Le Conseil s’est par ailleurs déclaré préoccupé par l’insécurité alimentaire persistante en Éthiopie et en Érythrée, qui risque d’aggraver l’instabilité, et a demandé aux États Membres de continuer de contribuer avec générosité aux opérations humanitaires et de développement pour améliorer la sécurité alimentaire en Éthiopie et en Érythrée. 

Dans la résolution adoptée ce jour, le Conseil a prié le Secrétaire général de prendre les mesures nécessaires pour que la MINUEE se conforme intégralement à la politique de rejet total des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels, notamment en élaborant des méthodes et des mécanismes appropriés pour prévenir, identifier et éliminer toutes les formes d’exploitation et d’abus sexuels, et pour améliorer la formation du personnel à la prévention de ce comportement et assurer le respect intégral du code de conduite des Nations Unies.

Pour l’examen de la situation entre l’Éthiopie et l’Érythrée, le Conseil de sécurité était saisi du dernier rapport du Secrétaire général publié sur la question sous la cote (S/2005/553 et Add.1).

LA SITUATION ENTRE L’ÉTHIOPIE ET L’ÉRYTHRÉE

Projet de résolution S/2005/569

Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant toutes ses résolutions et déclarations antérieures concernant la situation entre l’Éthiopie et l’Érythrée ainsi que les exigences qu’elles contiennent, et notamment la résolution 1586 (2005) du 14 mars 2005,

Réitérant son engagement sans faille en faveur du processus de paix, traduit notamment par le rôle joué par la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE), et de l’application prompte et intégrale de l’Accord de paix global signé par les Gouvernements éthiopien et érythréen (ci-après dénommés « les parties ») le 12 décembre 2000, de l’Accord de cessation des hostilités du 18 juin 2000 qui l’a précédé (S/2000/1183 et S/2000/601, respectivement, ci-après collectivement dénommés « les Accords d’Alger »), et de la décision sur la délimitation prise par la Commission du tracé de la frontière, en date du 13 avril 2002 (S/2002/423), adoptée par les parties comme étant définitive et contraignante aux termes des Accords d’Alger,

Rappelant que la paix ne peut durablement s’instaurer entre l’Éthiopie et l’Érythrée ainsi que dans la région sans démarcation complète de la frontière entre les parties,

Gravement préoccupé par l’absence persistante de progrès dans la mise en œuvre de la décision définitive et contraignante de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie, et par le fait que l’Éthiopie continue de rejeter des parties importantes de la décision de la Commission,

Notant avec une profonde préoccupation la forte et persistante concentration de troupes dans les régions jouxtant la zone de sécurité temporaire,

Ayant examiné le rapport du Secrétaire général (S/2005/553) et se félicitant des observations qu’il contient,

Notant que, parmi les options possibles pour débloquer le processus de paix, figurent, à organiser au moment opportun, une visite en Éthiopie et en Érythrée, comme le propose le Secrétaire général au paragraphe 38 de son rapport, et une réunion des témoins de la signature de l’Accord d’Alger,

Accueillant avec satisfaction les mesures prises par la MINUEE pour résoudre le problème de l’exploitation et des abus sexuels, en particulier l’action de prévention menée par la formation, ainsi que les mesures prises pour lutter contre l’infection à VIH et le sida,

1.                Décide de proroger le mandat de la MINUEE jusqu’au 15 mars 2006;

2.                Approuve la reconfiguration de la composante militaire de la MINUEE notamment par une augmentation de 10 du nombre des observateurs militaires dans la limite des effectifs existants autorisés de la MINUEE, et l’aide apportée aux parties pour l’action antimines, comme le recommande le Secrétaire général aux paragraphes 11 et 42 de son rapport;

3.                4Demande aux deux parties de ne prendre aucune mesure qui risquerait de faire monter la tension entre elles et, à cet égard, engage les deux parties à envisager sérieusement de ramener à leur niveau du 16 décembre 2004 les effectifs de leurs troupes, et plus généralement à s’abstenir de toute menace réciproque de recours à la force;

4.                Réaffirme qu’il incombe au premier chef à l’Éthiopie et à l’Érythrée d’appliquer les Accords d’Alger et la décision de la Commission du tracé de la frontière entre l’Érythrée et l’Éthiopie, en tirant pleinement parti du cadre offert par la Commission;

5.                Demande à l’Éthiopie d’accepter pleinement la décision de la Commission du tracé de la frontière et de permettre, sans condition préalable, à la Commission de procéder intégralement et rapidement à l’abornement de la frontière;

6.                Demande aux deux parties de mettre en œuvre complètement et sans plus tarder la décision de la Commission du tracé de la frontière et de créer les conditions nécessaires pour que l’opération de démarcation se déroule avec célérité;

7.                Note l’amélioration constante du climat de coopération entre la MINUEE et les parties et demande auxdeux parties de coopérer pleinement et sans retard avec la MINUEE pour lui permettre de s’acquitter de son mandat, d’assurer la sécurité de tout le personnel de la Mission et de lever, immédiatement et sans conditions, toutes les restrictions et tous les obstacles à ses activités et à l’entière liberté de mouvement de la Mission et de son personnel, et à ce sujet demande instamment à l’Érythrée de lever les restrictions pesant sur la police militaire de la MINUEE à Asmara;

8.                Demande à l’Érythrée de prendre immédiatement, en consultation avec la MINUEE, des mesures pour assurer des vols directs entre Addis-Abeba et Asmara et de rouvrir aux véhicules de la MINUEE la route entre Asmara et Barentu;

9.                Demande aux deux parties de normaliser pleinement leurs relations, notamment par le dialogue politique en vue de l’adoption de nouvelles mesures de confiance, et de consolider les progrès accomplis à ce jour;

10.            Se déclare préoccupé par l’insécurité alimentaire persistante en Éthiopie et en Érythrée, qui risque d’aggraver l’instabilité, et demande aux États Membres de continuer de contribuer avec générosité aux opérations humanitaires et de développement pour améliorer la sécurité alimentaire en Éthiopie et en Érythrée;

11.            Demande à l’Érythrée de lever toutes les restrictions qu’elle a imposées au fonctionnement des organisations d’aide humanitaire, afin que celles-ci puissent reprendre leurs activités;

12.            Décide de continuer à suivre de près les mesures prises par les parties en vue d’honorer leurs obligations aux termes des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et des Accords d’Alger, notamment par l’intermédiaire de la Commission du tracé de la frontière, et d’examiner toutes incidences qui en résulteraient pour la MINUEE;

13.            Prie le Secrétaire général de prendre les mesures nécessaires pour que la MINUEE se conforme intégralement à la politique de rejet total des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des abus sexuels, notamment en élaborant des méthodes et des mécanismes appropriés pour prévenir, identifier et éliminer toutes les formes d’exploitation et d’abus sexuels, et pour améliorer la formation du personnel à la prévention de ce comportement et assurer le respect intégral du code de conduite des Nations Unies, prie le Secrétaire général de prendre toutes les mesures nécessaires, conformément à la Circulaire du Secrétaire général sur les dispositions spéciales visant à prévenir l’exploitation et les abus sexuels (ST/SGB/2003/13) et de l’en tenir informé, et demande instamment à tous les pays fournisseurs de contingents de prendre les mesures préventives appropriées, notamment l’organisation d’une formation de sensibilisation avant déploiement, et de prendre toutes mesures disciplinaires ou autres pour s’assurer que les membres de leur contingent qui s’en seraient rendus coupables rendent pleinement compte de leur conduite;

14.            Prie le Secrétaire général de continuer à suivre la situation de près et de réexaminer le mandat de la Mission compte tenu des progrès accomplis dans le processus de paix et des changements apportés à la MINUEE;

15.            Décide de demeurer activement saisi de la question.

Rapport du Secrétaire général sur l’Éthiopie et l’Érythrée (S/2005/553 et Add.1)

      Dans ce rapport, le Secrétaire général rend compte de l’évolution du processus de paix depuis le 20 juin 2005, avant de recommander que le mandat de la Mission des Nations Unie en Ethiopie et en Erythrée (MINUEE) soit prorogé de six mois, jusqu’au 15 mars 2006.  Il recommande aussi que le nombre autorisé d’observateurs militaires soit augmenté de 10 personnes, ce qui le porterait à 230, dans les limites de l’effectif total autorisé de 3 404 militaires.  Le Secrétaire général recommande enfin que la MINUEE aide les parties, en continuant de coopérer avec d’autres partenaires internationaux dans le domaine de la lutte antimines, en entreprenant des activités d’aide humanitaire dans le domaine du déminage dans la zone temporaire de sécurité et à proximité, en offrant des conseils d’ordre technique, et en assurant la coordination.

Dans le chapitre consacré à la situation dans la zone de sécurité temporaire et dans les zones adjacentes, le Secrétaire général indique que, grâce à la coopération des parties et à la forte activité de la MINUUE, l’intégrité de la zone a été dans l’ensemble préservée.  Avant d’expliquer pourquoi, il prévient toutefois que l’absence de tout progrès propre à sortir le processus de paix de l’impasse dans laquelle il se trouve signifie que la stabilité militaire de la zone demeure réellement menacée.  De même, dans le chapitre suivant, il signale que la Commission du tracé de la frontière entre les deux pays a suspendu ses activités et qu’il n’y a donc eu d’autres activités de démarcation de la frontière.  Le Secrétaire général consacre certains chapitres du rapport aux questions de la lutte antimines, des droits de l’homme, de l’information, et de la situation humanitaire.  Il finit par les aspects financiers avant de passer aux observations.

Après avoir évoqué les aspects financiers où il relève que le solde non acquitté des contributions au Compte spécial de la MINUEE s’élevait à 48,1 millions de dollars au 31 juillet 2005, il fait des observations.  Dans ce chapitre, il félicite les parties d’avoir préservé l’intégrité de la zone de sécurité temporaire et salue la constance de leur attachement à l’Accord de cessation des hostilités, signé à Alger le 18 juin 2000.  Il convient néanmoins que l’impasse persistante est par nature déstabilisante et appelle, de nouveau, les garants des Accords d’Alger à jouer un rôle plus concerté afin d’aider les deux pays à en sortir.  Il suggère, en outre, au Conseil de sécurité d’examiner quels pourraient être la nature et le calendrier appropriés d’une mission qu’il pourrait entreprendre dans ces deux pays.  Le Secrétaire général termine en engageant la communauté internationale à tout faire pour rapprocher les parties et les amener à un dialogue constructif visant à faire progresser le processus de paix et à normaliser leurs relations bilatérales. 

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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