LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE UNE AIDE POUR COMBLER LE DÉFICIT DE 29,6 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA TENUE EN SEPTEMBRE DES ÉLECTIONS AFGHANES

23 août 2005
CS/8478

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE UNE AIDE POUR COMBLER LE DÉFICIT DE 29,6 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA TENUE EN SEPTEMBRE DES ÉLECTIONS AFGHANES

23/08/2005
Conseil de sécurité
CS/8478
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5249e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE UNE AIDE POUR COMBLER LE DÉFICIT DE 29,6 MILLIONS DE DOLLARS POUR LA TENUE EN SEPTEMBRE DES ÉLECTIONS AFGHANES

À l'issue d'un débat auquel 27 pays ont pris part, le Conseil de sécurité s’est félicité des progrès enregistrés dans les préparatifs des élections à la Chambre basse du Parlement (Wolesi Jirga) et au Conseil provincial, qui doivent avoir lieu le 18 septembre 2005.  Aux termes de la déclaration présidentielle lue par son Président pour ce mois d’août, le Représentant permanent du Japon, Kenzo Oshima, le Conseil a aussi demandé à la communauté internationale de fournir une assistance financière supplémentaire en vue de combler le déficit de 29,6 millions de dollars pour la tenue de ces élections.

Le Conseil de sécurité s’est par ailleurs félicité du désir de la communauté internationale et du Gouvernement afghan de convenir d’un nouveau cadre d’engagement international allant au-delà de l’achèvement du Processus politique de Bonn.  Le Conseil s’est déclaré prêt, à cet égard, à examiner, sur la base du rapport du Secrétaire général qui doit lui être présenté et compte tenu des consultations que les Nations Unies auront tenues avec le Gouvernement afghan et tous les acteurs internationaux concernés, le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) après l’achèvement du processus électoral.

LA SITUATION EN AFGHANISTAN

Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationale (S/2005/525)

Le Rapport du Secrétaire général fait le point des progrèssensiblesaccomplis dans l’application de l’Accord de Bonn.  Il est noté que toutefois l’application du volet institutionnel a été inégale selon les secteurs et que le renforcement des institutions continue à faire problème.  Il est rappelé qu’avec la tenue en septembre des élections législatives, le mandat des Nations Unies à l’appui du Processus politique de Bonn sera achevé.  Le Secrétaire général a l’intention d’entamer des consultations avec le Gouvernement afghan et les acteurs internationaux afin de déterminer la marche à suivre après les élections.  Une fois que les consultations seront achevées et avant l’expiration du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) en mars 2006, le Secrétaire général a l’intention de revenir devant le Conseil de sécurité avec des propositions précises pour déterminer le rôle futur des Nations Unies dans le pays.

Dans l’intervalle, les préparatifs des élections législatives et aux conseils provinciaux sont en bonnes voies avec l’achèvement de la liste de candidats et de l’inscription sur les listes électorales de plus d’un million et demi de nouveaux électeurs.  La Commission des contentieux électoraux  a reçu 1 144 plaintes contre 557 candidats, dont 208 étaient accusés d’être à la tête ou d’être membres d’un groupe radical armé illégal.  Le jour du scrutin, on comptera de 6 000 à 7 000 bureaux de vote qui fonctionneront simultanément dans tout le territoire de l’Afghanistan. 

Abordant les autres volets de l’Accord de Bonn, le Secrétaire général a indiqué que le 7 juillet dernier, le programme de désarmement et de démobilisation avait été achevé, plus de 63 380 hommes ayant été désarmés tandis que 10 880 armes lourdes ont été collectées.  Un concours supplémentaire de 21 milliards de dollars sera nécessaire pour parachever les efforts de réinsertion actuellement en cours.  La MANUA a identifié 1 800 groupes armés illégaux.  L’armée nationale afghane, créée sous la direction des États-Unis, compte actuellement 25 000 combattants, l’objectif étant d’atteindre 43 000 hommes d’ici septembre 2007, soit trois années plus tôt que prévu grâce à un programme de formation accéléré.  À l’heure actuelle, la police afghane compte près de 58 000 officiers de police.  L’objectif visé pour la fin de cette année est de 62 000 officiers ayant achevé leur formation.

En dépit de l’action de lutte, la culture, la vente et le trafic des stupéfiants demeurent l’une des principales menaces pour l’établissement de la légalité, la sécurité et la stabilité à long terme du pays.  L’Afghanistan demeure le plus grand producteur au monde d’opium fournissant 87% du total de l’offre mondiale.  En 2004, le commerce illégal représentait l’équivalent de près de 60% du produit intérieur brut.  Les résultats d’un enquête menée par l’Institut des Nations Unies contre la drogue et le crime en mars 2005, la surface cultivée a toutefois diminuée en 2005 par rapport au niveau record de plus de 131 000 hectares en 2004.

Sur le plan de la reconstruction, il est noté que les centres urbains ont connu en trois ans et demi une croissance économique notable et que la sécurité alimentaire s’est améliorée.  Les écoles ont ouvert leurs portes dans tous les pays  créant des possibilités d’éducation pour 4,3 millions d’enfants.  Le taux de scolarisation des filles n’a jamais été si élevé.  Toutefois, l’Afghanistan continue de connaître des difficultés économiques et de développement quasiment insurmontables.  Toutes les 30 minutes, une femme meurt des complications liées à une grossesse et 20% des enfants meurent avant d’avoir atteint l’âge de 5 ans.  L’espérance de vie est de 44,5 ans, soit une vingtaine d’années de moins que dans tous les pays voisins.  Vingt-huit pourcent seulement des Afghans âgés de plus de 15 ans savent lire et écrire et 2 millions d’enfants ne sont toujours pas scolarisés.

Le rapport précise aussi que l’Afghanistan, en particulier dans le sud, souffre d’un climat d’insécurité qu’il n’a pas connu depuis le départ des Taliban.  On assiste depuis quelque temps à des signes inquiétants de réorganisation  des éléments restants des Taliban et d’autres groupes extrémistes.  Dans les régions du Sud et d’une partie de l’Est,  les attaques des extrémistes sont quasi-quotidiennes, les insurgés s’en prenant également aux communautés locales et à leurs dirigeants.

Le Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) a continué de jouer un rôle de premier plan dans le maintien de la paix à Kaboul.  Elle a été autorisée en 2003 par le Conseil de sécurité à remplir son mandat en dehors de la capitale.  En août 2003, l’OTAN a pris le commandement de la FIAS qui a créé le 31 mai 2005 son commandement régional ouest.  Une fois l’expansion à l’ouest achevée, la FIAS couvrira 50% du territoire.

Exposé

M. JEAN ARNAULT, Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Aghanistan et Chef de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), a fait le point sur la préparation des élections trois semaines avant leur tenue.  5 800 candidats seront en lice.  Une campagne électorale a été lancée officiellement le 17 août dernier qui est suivie par des observateurs internationaux ainsi que par des observateurs afghans.  Les candidats ont un accès gratuit et égal aux médias et ils ont tout reçu des dossiers leur faisant comprendre leurs droits pendant la campagne électorale.  14 millions de bulletins de vote ont été publiés.  Plus de 3 600 centres électoraux ont été identifiés.

Le 20 septembre, nous commencerons le dépouillement des bulletins qui doit s'achever le 4 octobre, avant le début du ramadan.  Des centres de dépouillement ont été identifiés. Le transport des bulletins sera assuré de manière à éviter tout risque de manipulation et de fraude.  Il est prévu que les résultats provisoires pour toutes les provinces soient annoncés le 4 octobre, à la suite de quoi une période de deux semaines sera réservée à l'examen de plaintes.  Les résultats finaux pour les élections législatives et provinciales devront être entérinés vers la fin du mois d'octobre.  Vers le milieu du mois de novembre, chaque conseil provincial élira son représentant à la Chambre haute à bulletin secret.  Le Président nommera aussi 17 membres de la Chambre haute.  Dans la perspective de la formation de la nouvelle Assemblée, 120 membres du personnel ont été nommés.

Abordant le financement des élections, le représentant a indiqué que les besoins budgétaires prévus étaient passés de 149 millions à 159 millions en raison notamment de l'augmentation du nombre de votants et des coûts liés à la production et au transport des bulletins de vote.  À cet égard, M. Arnault a engagé le Secrétaire général à se joindre à son appel à l'intention de la communauté des donateurs pour trouver les 29 millions de dollars qui manquent pour financer ce processus.

Il a ensuite abordé la détérioration de la situation sécuritaire, notamment dans le sud, l'est et le sud-est.  Les attaques contre les dirigeants communautaires, un phénomène nouveau, ont repris.  L'assassinat de deux imams modérés porte à huit le nombre de dirigeants religieux ayant perdu la vie dans ces circonstances.  En revanche, le nombre d'attaques contre les membres du personnel des Nations Unies a baissé ce qui signifie peut être que les extrémistes ont décidé de viser les forces progouvernementales plutôt que le personnel international.

Nous sommes toutefois confiants dans le fait que d'ici à la fin de l'année, une nouvelle Assemblée nationale représentative sera établie marquant ainsi la fin du Processus de Bonn.  Il s'agit en fait d'une réalisation remarquable dans la mesure où la participation du peuple afghan, malgré les circonstances, dans la reconstruction du tissu social, constitue un outil puissant.  Cette approche démocratique génère davantage d'attentes populaires à l’égard du Gouvernement et d'une certaine manière façonne l'ordre du jour de l'après-Bonn.  Le renforcement d'institutions clefs -police, justice et administration civil- devra être à la mesure des progrès réalisés par l'Armée nationale afghane.  De même, il faudra réaliser des progrès constants dans l'élimination de l’économie des stupéfiants.

Au cours de la prochaine étape, les ressources financières, techniques et de sécurité constitueront un complément indispensable à la volonté politique de l'État afghan et de ses efforts fiscaux.  Dans ce contexte, a annoncé le Représentant, le Gouvernement afghan propose la tenue d'une conférence de haut niveau au cours de la deuxième moitié du mois de janvier afin d'aborder l'après-Bonn.  De son côté, le Secrétaire général a l'intention de lancer des consultations après les élections avec le Président Amid Karzai et les acteurs concernés pour définir le rôle des Nations Unies.

Déclarations

M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a déclaré que la majorité des Afghans semblent démontrer leur attachement à la démocratisation de leur pays.  Le Brésil, en ce qui le concerne, a soutenu la mise en œuvre du Processus de Bonn, a indiqué M. Sardenberg.  Cependant des obstacles se posent à la création des institutions et à la tenue des élections prévues au mois de septembre.  On a l’impression que certains groupes veulent empêcher le renforcement des progrès accomplis en Afghanistan.  Trop de groupes armés illégaux opèrent encore sur le territoire afghan, et on a l’impression que leurs activités ne pourront être efficacement combattues que si les pays voisins de l’Afghanistan participent aux efforts qui sont déployés dans ce domaine, a estimé le représentant du Brésil. 

M. ZHANG YISHAN (Chine) a déclaré que le processus de consolidation de la paix progresse bien.  Sur le plan politique, le Gouvernement a été largement accepté par le peuple afghan et son autorité s'est imposée petit à petit.  Sur le plan interne, l'Afghanistan a su atténuer l'impact des catastrophes naturelles tandis que la production agricole a atteint des chiffres record.  Le processus de DDR a progressé sans heurt et le Gouvernement déploie d'importants efforts pour lutter contre le trafic de stupéfiants.  Le pays a fait des progrès constants sur la voie du relèvement.  À l'heure actuelle le manque de ressources a été un obstacle aux préparatifs des élections et nous demandons aux donateurs de combler le déficit budgétaire que connaît le pays et de faire preuve de générosité.  De même, la sécurité est décisive pour le déroulement de ces élections.  L'aggravation de la situation sécuritaire est source de profondes préoccupations.  Le trafic des stupéfiants fait également peser une grave menace sur le pays et nous souhaitons que des efforts soient déployés rapidement pour mettre un terme à ce fléau.  Pour cela, il faut assurer le développement économique du pays.

S’exprimant au nom des États Membres de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), M. ANDREY I. DENISOV (Fédération de Russie) a fait part de sa préoccupation devant la montée des activités terroristes des Taliban et d’autres extrémistes, qui ont été en mesure de reconstituer leur infrastructure et lancé une campagne visant à perturber la tenue des élections parlementaires.  Il s’est ainsi inquiété des tentatives répétées de membres des Taliban et d’Al-Qaida d’infiltrer les organes gouvernementaux afghans, certains d’entre eux étant déjà enregistrés comme candidats à un siège au Parlement, en violation des résolutions antiterroristes adoptées par le Conseil de sécurité.  Il est donc tout particulièrement important que les autorités afghanes et la communauté internationale, au premier plan la Mission d’assistance des Nations Unies dans ce pays (MANUA), jouent leur rôle afin d’inverser cette tendance dangereuse, a affirmé le représentant.  Par ailleurs, mettre fin à la production et au trafic de stupéfiants demeure une priorité pour la stabilisation de la situation en Afghanistan, a-t-il poursuivi.  L’OTSC estime qu’un contrôle draconien des frontières afghanes à travers le renforcement et l’établissement de nouvelles « ceintures de sécurité » constitue la solution la plus appropriée à ce problème.  L’organisation a donc élaboré un plan d’actions et son Conseil des ministres des affaires étrangères a créé un groupe de travail qui s’efforce de coordonner ces actions avec le Gouvernement afghan.

M. CESAR MAYORAL (Argentine) a lancé un appel aux bailleurs de fonds pour qu’ils soutiennent mieux, financièrement, le processus en cours en Afghanistan.  L’Argentine partage le point de vue exprimé sur cette question par le Représentant spécial du Secrétaire général et s’inquiète de la montée de la violence dans certaines régions.  En tant que présidente du Comité des sanctions contre Al-Qaida et les entités qui lui sont associées, l’Argentine compte travailler avec les membres de ce Comité pour étudier de nouvelles manières pour faire face aux menaces que continue de faire peser cette galaxie terroriste sur l’évolution de l’Afghanistan, a indiqué M. Mayoral.  Il est inquiétant que le niveau de violence soit aujourd’hui plus élevé qu’il ne l’était il y a quelques années, et que le financement des opérations menées par les groupes liés aux Taliban ne semble pas tarir, a-t-il ajouté.  Tout en soutenant les opérations militaires menées contre les Taliban, il a souhaité qu’elles soient mieux ciblées et mieux calibrées afin d’éviter les trop nombreuses pertes en vies civiles qui entachent la crédibilité du crédit de la force multinationale.  L’augmentation de la production de pavot et d’opium est un autre problème inquiétant, les ressources tirées de ces activités illégales se retrouvant souvent entre les mains des groupes qui s’opposent à la normalisation de la situation, a noté le représentant.

M. LARS FAABORG-ANDERSEN (Danemark) s’est déclaré extrêmement préoccupé par la situation sécuritaire dans le sud et l’est de l’Afghanistan et la multiplication des attaques dirigées contre les forces de sécurité afghanes et internationales.  Il s’est en outre inquiété de l’influence grandissante d’éléments étrangers –issus notamment d’Al-Qaida-, et des actions de plus en plus en fréquentes visant les communautés locales et leurs dirigeants.  Le Danemark a ensuite renouvelé son soutien au « Programme de renforcement de la paix », qui cherche à réaliser la réconciliation nationale en réinsérant à la société afghane les anciens combattants taliban n’ayant pas commis de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité.  Selon la délégation, un autre moyen d’améliorer la sécurité nationale est de lutter contre la culture et le commerce illicite de stupéfiants, qui permet d’assurer le financement de la criminalité organisée et de la corruption, des groupes armés illégaux et des extrémistes.  L’assistance au développement de modes de subsistance alternatifs devrait jouer un rôle crucial à cet égard.  M. Faaborg-Andersen a également souligné l’importance des élections dans l’établissement d’une nouvelle structure pour permettre l’engagement de la communauté internationale au-delà du Processus de Bonn.  Pour sa part, le Danemark a décidé de poursuivre son assistance humanitaire et au développement de l’Afghanistan jusqu’en 2009 et encourage les autres partenaires à faire de même.  En conclusion, le délégué a ajouté que la mise en place d’institutions afghanes et la réforme de l’administration civile, en particulier de la justice, était déterminante dans le renforcement de l’état de droit, de l’éradication de la corruption, de la protection des droits de l’homme et en particulier des femmes.

M. JEAN-FRANCIS REGIS ZINSOUR (Bénin) a souhaité porter son attention sur trois grands axes d’action: la tenue des élections législatives, la maîtrise des problèmes de sécurité, et l’importance de la consolidation de la paix après la fin de la transition.  À son avis, le sérieux mis par la Commission des contentieux électoraux à remplir avec rigueur sa fonction de vérification de la moralité des candidats est de nature à conférer une crédibilité certaine aux nouvelles institutions, malgré la faiblesse liée à l’indisponibilité de la documentation judiciaire appropriée.  Il a exhorté les donateurs à consentir les apports complémentaires nécessaires pour assurer un heureux aboutissement du processus de transition.  En ce qui concerne le dépouillement, il importe, selon le représentant, de prendre des dispositions renforcées de sécurité lors de l’acheminement des urnes du bureau de vote jusqu’aux localités de décompte.  La maîtrise des problèmes de sécurité reste cruciale, a-t-il poursuivi, appuyant un engagement de la MANUA aux côtés des forces afghanes pour œuvrer ensemble à la démobilisation des groupes armés illégaux.  Il a exhorté la Force multinationale d’assistance à poursuivre d’arrache-pied son action pour neutraliser les poches de résistance.  La montée en puissance de l’insurrection constitue pour l’ensemble des acteurs engagés un défi majeur, a estimé l’orateur, soulignant qu’à juste titre, le Secrétaire général avait l’attention sur la nécessité d’éliminer ses sources de financement et ses appuis extérieurs.  Il en a appelé à un renforcement des effectifs militaires affectés à la protection des travailleurs humanitaires pour accélérer le processus de reconstruction du pays.  Le représentant a conclu en insistant sur la nécessité de la poursuite du partenariat entre les pays donateurs et les autorités afghanes.  En particulier une assistance multisectorielle intégrée s’impose pour éliminer la filière des stupéfiants et introduire des filières de substitution attrayantes et rémunératrices.

M. JOHN BOLTON (États-Unis) a indiqué qu’il fait circuler sa déclaration sans souhaiter en faire lecture.

M. LAURO L. BAJA (Philippines) a déclaré que les donateurs internationaux devraient mieux soutenir la bonne tenue des élections afghanes.  Il est indispensable que les populations puissent voter sans crainte et sans intimidation, a estimé le représentant.  Les violences commises par Al-Qaida et les Taliban sont la principale source d’inquiétude qui se pose à la stabilisation de l’Afghanistan, a indiqué le représentant.  Les Philippines appellent la communauté internationale à envisager la mise en place d’un nouveau cadre d’intervention en Afghanistan, en vue de favoriser à la fois l’édification des nouvelles institutions politiques et le développement économique du pays.  La lutte contre les trafics de drogue doit être l’une des priorités de la communauté internationale en Afghanistan, a dit M. Baja.

M. AUGUSTINE MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a déclaré que son pays se félicitait du renouvellement de l’accord signé entre l’Afghanistan et ses voisins, un accord qui garantit le retour volontaire des réfugiés afghans dans leur pays avec l’aide du HCR.  Il est aussi remarquable que ces réfugiés soient inscrits dès leur retour sur les listes électorales du scrutin prévu au mois de septembre, a dit M. Mahiga.  Nous sommes d’autre part encouragés par le rôle positif que joue la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) dans le maintien de la paix à Kaboul et nous soutenons les propositions qui ont été faites en vue de son renforcement et son expansion au-delà de Kaboul, a dit l’orateur.  La conduite du programme de DDR; la mise en place des nouvelles institutions et des réformes qui les accompagne; et la création d’un cadre juridique et économique devant favoriser la reconstruction de l’Afghanistan continuent de poser des défis aux autorités afghanes, à la Mission de l’ONU et aux États qui soutiennent le redressement de l’Afghanistan, a estimé le représentant.  Tout en nous félicitant du travail qui a été accompli à ce jour, il faut cependant reconnaître qu’il reste beaucoup à faire pour ramener la paix et la stabilité en Afghanistan et en faire un pays normal, a-t-il ajouté.  Il est donc impératif que les efforts déployés soient financés de manière adéquate, le manque de ressources se faisant en ce moment sentir de manière aigue.  

M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a, au nom de l'Union européenne et des pays associés, réaffirmé l'engagement de longue date de l'Union et de la communauté internationale envers la reconstruction de l'Afghanistan.  Il a également confirmé la détermination de l'Union à continuer à soutenir les efforts en cours vers l'établissement de la primauté du droit, l'édification des capacités institutionnelles, le développement économique, les droits de l'homme, y compris les droits de la femme, la lutte contre la pauvreté et les narcotiques.  La tenue des prochaines élections contribuera à ancrer la démocratie dans le pays, a poursuivi le représentant.  Une mission d'observation de l'Union devrait d'ailleurs suivre tous les aspects du processus électoral.  En terme d'aide financière, l'Union fournit 60 millions de dollars pour l'organisation des élections qui fait partie d'un ensemble de 3,8 milliards de dollars alloués à la reconstruction du pays sur une période de cinq ans.  Le représentant a aussi expliqué que les membres de l'Union déploient des ressources dans le cadre de la Force d'assistance à la sécurité sous commandement de l'OTAN.  Nous soutenons une présence soutenue de la communauté internationale jusqu'à ce que les forces de sécurité afghanes soient pleinement opérationnelles.  Aussi, le Conseil des ministres des affaires étrangères de l'Union a invité Javier Solana ainsi que la Commission européenne à faire des propositions pour la mise en œuvre d'un cadre de coopération entre l'UE et l'Afghanistan.

M. MICHEL DUCLOS (France) a insisté sur l’importance des élections législatives et provinciales, étape cruciale qui, selon lui, permettra de finaliser le processus politique.  Plusieurs défis restent à relever.  La France s’est engagée à débourser un million d’euros pour compléter le financement de ces élections.  Elle vient aussi de renforcer son dispositif militaire en prévision de cet événement.  La France coordonne l’appui à l’établissement du Parlement afghan, a poursuivi le représentant.  Elle consacre 2,5 millions d’euros à cet objectif et forme avec ses partenaires 150 fonctionnaires parlementaires.  L’établissement d’un parlement efficace et représentatif de la diversité afghane est une étape importante de la modernisation de la vie politique en Afghanistan.  Il restera beaucoup à faire pour assurer la stabilité durable de l’Afghanistan, après les élections du 18 septembre, a poursuivi l’orateur.  Elle reste préoccupée par l’insécurité qui règne dans le pays.  Les menaces, les attaques ne font que nous renforcer dans notre détermination à progresser sur tous les fronts, celui de la lutte contre la drogue, du désarmement, de la formation de l’armée et de la police afghanes, de la lutte contre les groupes terroristes, a conclu le représentant.

M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a noté avec inquiétude la détérioration de la situation en matière de sécurité ces derniers mois en Afghanistan, qui est due à la recrudescence d’actes de violence de nature terroriste et criminelle.  L’aggravation de la situation sécuritaire risque de réduire à néant les efforts de reconstruction du pays, a estimé le représentant.  C’est pourquoi, l’Algérie pense que l’aide internationale en matière de sécurité revêt une importance vitale pour l’Afghanistan.  Il est également important que le Gouvernement afghan et la FIAS s’attaquent à la violence et à ses causes sous-jacentes, a indiqué le représentant.  Il a ensuite estimé que le processus de DDR, qui est essentiel, était de nature à permettre la tenue d’élections libres et justes dans tout le pays et à renforcer l’autorité du gouvernement central.  L’Algérie salue à cet égard la fin du désarmement et de la démobilisation des anciens soldats et officiers des forces armées afghanes et les progrès réalisés concernant les programmes de collecte d’armes lourdes.  Les mesures de lutte contre la drogue prises par le Gouvernement afghan sont également à saluer, et devraient s’articuler autour du renforcement des programmes de lutte contre la pauvreté, a dit le représentant de l’Algérie. 

M. MIHNEA MOTOC (Roumanie) a estimé que des progrès remarquables avaient été réalisés dans la mise en œuvre du Processus de Bonn, estimant que ceci est à mettre au crédit de la détermination de la population afghane et de la communauté internationale.  Sans aucun doute, l'Afghanistan continuera à avoir besoin de notre soutien une fois le Processus de Bonn achevé.  La sécurité, le fonctionnement effectif des institutions et le développement exigent la poursuite d'efforts concertés qui aillent au-delà du Processus de Bonn.  Dans ce contexte, la Roumanie soutient l'intention du Secrétaire général de lancer un processus de consultation sur l'ordre du jour postélectoral.  À nos yeux, les Nations Unies doivent continuer de jouer un rôle central dans le pays.  Le représentant s'est aussi félicité du processus électoral en cours qui doit impérativement se dérouler dans des conditions de sécurité.  Les éruptions de violence, en particulier dans le sud, nous rappellent la persistance de la menace terroriste.  La présence accrue des forces internationales constitue un élément clef à l'amélioration des conditions de sécurité.  Nous nous félicitons de l'intention de l'OTAN de continuer à étendre sa présence en Afghanistan.  La Roumanie pour sa part fournira prochainement 400 hommes supplémentaires.  Le représentant a par ailleurs préconisé une approche globale pour parvenir à l'élimination de la culture du pavot par notamment la mise en place d'activités alternatives.

M. ADAMANTIOS VASSILAKIS (Grèce) a estimé que les élections provinciales et législatives constituaient une étape importante pour le pays dans sa marche vers la démocratie.  Nous sommes toutefois conscients des défis que doit relever l'Afghanistan.  Ainsi, l'édification des capacités institutionnelles, en particulier au niveau des provinces où les seigneurs de la guerre continuent de régner, est cruciale.  De même, la mise en œuvre de la réforme des institutions publiques et de la justice constitue une condition sine qua non à la pleine protection des droits de l'homme et l'établissement de la primauté du droit.  Parmi les problèmes auxquels est confronté l'Afghanistan, la sécurité compte parmi les plus sérieux.  L'escalade récente de la violence pose une menace sérieuse aux élections à venir.  Toutefois, la formation de l'armée afghane et de la force de police afghane est un élément positif, a relevé le représentant.  Il en est de même du processus de DDR.  La communauté internationale est ferme dans sa détermination à créer les conditions nécessaires à la paix et la stabilité du pays.  La lutte contre le trafic de stupéfiants constitue un volet important qui doit reposer sur la coopération entre la communauté internationale et le gouvernement afghan.  Le représentant a dit accueillir positivement la décision du Secrétaire général des Nations Unies de lancer un processus qui devrait définir le rôle des Nations Unies après Bonn.

M. KENZO OSHIMA (Japon) a déclaré qu’à l’approche de la phase finale du Processus de Bonn, les élections afghanes prévues pour le 18 septembre étaient sur la bonne voie, rappelant que son pays avait largement contribué à leurs préparatifs.  Il a déploré en revanche une situation extrêmement volatile en matière de sécurité, voire en voie de détérioration dans certaines régions du pays.  Aussi a-t-il estimé que la présence de la communauté internationale devrait être maintenue au-delà de la période des élections et que le Conseil de sécurité devrait envisager la possibilité de proroger le mandat de la Force internationale d'assistance à la sécurité.  En tant que pays pilote dans le processus de DDR en Afghanistan, le Japon a ensuite exprimé sa satisfaction devant l’achèvement de la phase du désarmement réaffirmant son engagement à soutenir les efforts du gouvernement pour terminer celle de la réintégration.  Mais le pays fait aujourd’hui face aux défis considérables qui se posent dans la période de consolidation de la paix, tels que la lutte contre la production et le commerce illicite de stupéfiants, la mise en place d’institutions, le développement social et économique.  Le Japon a en outre invité la communauté internationale à examiner l’établissement d’une structure en vue de poursuivre la coopération à l’issue de la période électorale, qui marquera la fin du Processus de Bonn.

M. A. G. RAVAN FARHADI (Afghanistan) a déclaré que son pays était entré dans la dernière phase de la mise en œuvre de l’Accord de Bonn, qui est la tenue d’élections parlementaires et provinciales.  Environ 6 000 Afghans sont éligibles aux différents postes et fonctions mis en jeu, dont 600 femmes, a indiqué le représentant.  Les candidats aux élections sont entrés en campagne depuis le 17 août.  D’un autre coté, le Gouvernement afghan poursuit ses efforts pour la création d’une armée et d’une police nationales afghanes.  Avec le soutien des autorités provinciales, le Ministère afghan de la défense a fait des progrès notables dans la constitution d’une armée nationale composée de ressortissants de toutes les ethnies et de toutes les régions, a dit M. Farhadi.  L’Afghanistan remercie le Gouvernement des États-Unis pour l’aide qu’il lui apporte dans la formation de ses troupes, et exprime aussi sa gratitude aux autres pays qui l’aident à améliorer ses conditions de sécurité.

Concernant le retour des Afghans réfugiés dans les pays voisins, le représentant a indiqué que les opérations y afférant progressent de manière satisfaisante.  Le bon déroulement de la rentrée scolaire semble assuré, a-t-il noté.  La restauration des droits des femmes, l’introduction d’une nouvelle monnaie et l’application du programme de DDR sont les autres questions sur lesquelles le gouvernement afghan se penche en ce moment, a-t-il indiqué.  Un des principaux défis à relever reste cependant celui du rétablissement de la sécurité dans certaines zones du territoire afghan, a relevé le représentant, en notant que les Taliban et Al-Qaida étaient responsables de la détérioration de la situation.  Il a estimé qu’il était temps de s’engager résolument dans la restauration de la sécurité à travers des actions militaires déterminées et l’arrêt des financements que continuent de recevoir les Taliban et Al-Qaida.  Quant à la lutte contre la drogue, le représentant a indiqué qu’elle était une des priorités du Gouvernement afghan.  Le Président Karzaï a signé deux décrets interdisant la production, le trafic et la vente des drogues illicites, a-t-il déclaré.  Le Président Karzaï a aussi convoqué une Loya Jirga d’urgence au cours de laquelle il a demandé aux gouverneurs, aux chefs de clans et aux leaders de communautés de combattre la culture de l’opium.  Depuis le mois de juin 2005, le Gouvernement de l’Afghanistan a engagé des négociations avec la Mission de l’ONU, à propos du rôle que devra jouer l’ONU après la tenue des élections parlementaires, car l’Afghanistan continuera d’avoir besoin de l’assistance internationale pour sa réhabilitation et sa reconstruction.

M. NIRUPAM SEN (Inde) est revenu sur les progrès accomplis par le Président Hamid Karazai tels que décrits dans le dernier rapport du Secrétaire général.  La tenue des prochaines élections provinciales et législatives marquera la conclusion réussie du Processus de Bonn.  Le représentant a précisé que son pays avait participé à la construction du bâtiment qui abritera le Parlement afghan et que 30 fonctionnaires du futur parlement suivent actuellement une formation en Inde.  Le représentant a par ailleurs évoqué les menaces qui se posent à la stabilité du pays, notamment la fourniture d'un soutien venant de l'extérieur aux milices qui minent l'autorité du gouvernement central.  Il est clair que les éléments extrémistes et leurs parrains ont décidé de s'attaquer à des cibles plus « faciles » à savoir candidats aux élections, travailleurs humanitaires ou de dirigeants religieux locaux.  Il apparaît que les élections ne sont pas le seul objectif de ces groupes qui visent le long terme dans le but de déstabiliser l'ensemble du pays.  Les sources qui alimentent les groupes extrémistes ne doivent pas simplement être taries mais condamnées à jamais.

Le représentant a fait sienne l'analyse du Secrétaire général selon laquelle la réponse que doit apporter la communauté internationale au terrorisme ne doit pas se limiter aux opérations armées.  Elle doit également viser les sources de financement et les havres de paix ainsi que les réseaux qui fournissent une aide aux terroristes.  Le représentant dans ce contexte a estimé qu'il était nécessaire de mettre en place des capacités de police et militaires locales et a fait part de la détermination de son pays à fournir une aide permettant d'accélérer la mise en place de l'armée nationale afghane et les forces de police. 

L’orateur a par ailleurs estimé que la production d'opium et le trafic de stupéfiants pouvaient miner la reconstruction économique et politique de l'Afghanistan.  L'Inde envisage la mise en place d'un projet pilote dans les communautés locales.  Expliquant que son pays est le sixième donateur pour l'Afghanistan, le représentant a ensuite détaillé la contribution de son pays à l'économie afghane, notamment par le biais d'une enveloppe budgétaire de 500 millions de dollars américains consacrés à la réhabilitation et la reconstruction du pays.

M. JUAN ANTONIO YÁÑEZ-BARNUEVO (Espagne) a rappelé que 17 militaires espagnols avaient perdu la vie il y a quelques jours en Afghanistan et a déclaré que son pays avait été présent dans ce pays dès que la communauté internationale avait décidé d’y rétablir un état de droit.  L’Espagne est en charge de la base d’appui avancée de Hérat, où elle a 500 soldats et elle contribue à hauteur de plus de 1 000 personnels militaires à la force internationale déployée dans le pays.  Nous ne pouvons pas céder aux intimidations des groupes qui veulent faire dérailler le processus électoral afghan, a estimé le représentant.  L’Espagne participe à la reconstruction de l’Afghanistan à travers les financements qu’elle accorde à cet égard aux programmes que met en œuvre le PNUD dans le pays.  Le représentant a par ailleurs estimé que, autant que la sécurité, le développement économique, la réforme de la justice et l’intégration des femmes étaient importants pour le retour de l’Afghanistan à la normale.

M. WOLFGANG TRAUTWEIN (Allemagne) a pris note avec satisfaction des réalisations du Processus de Bonn qui sera mené à terme à la mi-septembre avec la tenue des élections parlementaires et locales.  Nous reconnaissons le rôle de chef de file joué par les Nations Unies depuis 2001 qui a été et demeurera un élément clef pour la stabilité et la démocratie du pays.  Nous sommes toutefois conscients des défis qui se posent dans les domaines de la sécurité, de l'édification des capacités institutionnelles, la primauté du droit et l'élimination de la culture de l'opium.  Ces défis exigent que la communauté internationale s'engage davantage en étroite coopération avec le Gouvernement afghan.  Dans ce contexte, nous accueillons positivement les pourparlers engagés entre les Nations Unies et le Gouvernement afghan sur l'après-Bonn.  L'Allemagne a versé une contribution de 320 millions d'Euros pour la reconstruction du pays de 2005 à 2008 et nous fournissons le contingent militaire à la FIAS le plus important, soit 2 200 militaires.  De même, nous jouons un rôle de chef de file pour ce qui est des forces de police afghanes, a –t-il rappelé.

M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a déclaré que l’Iran soutient la tenue des élections prévues le mois prochain en Afghanistan.  La communauté internationale ne doit pas perdre de vue l’énormité des tâches qui restent à accomplir en Afghanistan, a dit le représentant, en mentionnant les dangers que pose l’accroissement de la production de stupéfiants, qui sont une menace pour toute la région.  Tout en soutenant le processus en cours en Afghanistan, l’Iran est inquiet de la vigueur nouvelle que prend la menace terroriste dans ce pays, ce qui semble indiquer que l’Afghanistan ne dispose pas encore des moyens de sécurité dont elle a besoin pour faire face aux menaces internationales qui, malheureusement, favorisent plusieurs formes de criminalité transnationale.  L’Iran, qui est sensible à ces menaces, contribue activement à la lutte contre le fléau de la drogue et a perdu plusieurs centaines de membres de ses services de sécurité dans ce combat.  Il est étrange et anormal que la culture de l’opium semble se développer sans aucun frein le long des frontières de l’Iran avec l’Afghanistan, a dit le représentant, en souhaitant que la communauté internationale s’implique plus et de manière plus transparente dans l’éradication  de l’opium et de ses dérivés en Afghanistan.  Terre d’accueil et de refuge de nombreux Afghans durant les années de conflit que l’Afghanistan a connues, l’Iran participe efficacement au retour des réfugiés dans leur pays d’origine et aimerait que la politique du Gouvernement afghan sur cette question soit plus claire, a dit M. Zarif.

M. ALLAN ROCK (Canada) a rappelé l'engagement important de son pays envers l'Afghanistan qui se concrétise par une enveloppe budgétaire de 600 millions de dollars d'ici 2009 au titre de l’aide au développement.  Important participant à la FIAS, le Canada vient de déployer à Kandahar une équipe provinciale de reconstruction qui sera suivie en février 2006 du déploiement d'une force opérationnelle de 1 500 hommes.  L'Afghanistan en est maintenant au stade où la démocratie y a pris racine et porte ses fruits.  Avec la tenue le mois prochain d'élections provinciales et parlementaires les normes fixées pour la transition démocratique de l'Afghanistan, telles que définies dans l'Accord de Bonn, seront atteintes, a estimé le représentant.  Le temps est donc venu de faire le point sur les défis qui restent à relever.

Le Canada est d'avis qu'il faut s'attaquer prioritairement aux problèmes ayant trait aux commandements locaux peu coopératifs, à la gouvernance, aux injustices passées, à la coordination stratégique.  Nous ne pouvons plus tarder pour trouver une façon de venir à bout des commandants locaux qui continuent de défier l'autorité du gouvernement central en se livrant à des activités illicites.  Nous devons contrer leur participation constante au trafic de stupéfiants.  La situation sécuritaire est précaire, certains éléments parmi les Taliban et Al-Qaida étant toujours actifs.  Dans ce contexte, le représentant a demandé à ce que la communauté internationale seconde la FIAS en vue d'aider le Gouvernement afghan à renforcer la sécurité devant la menace extrémiste.

En matière de gouvernance, le représentant a fait sienne les conclusions du Secrétaire général qui insiste sur la reconstruction des institutions du pays.  En matière de justice, il a estimé que l'inclusion au sein de l'appareil gouvernemental d'individus qui ont par le passé gravement transgressé le droit afghan mettrait en doute la crédibilité du Gouvernement.  Il est aussi important de garantir une coordination stratégique compte tenu que les divers piliers du secteur de la sécurité sont interdépendants.

Devant ces défis, il est important d'accorder suffisamment d'attention à la planification de la marche à suivre.  Nous devons élargir la vision de l'Accord de Bonn, ses objectifs de réconciliation nationale, de paix et de stabilité, de respect des droits de la personne doivent après tout être encore pleinement réalisés.

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déclaré que son pays partageait les inquiétudes de la communauté internationale au sujet de la recrudescence des violences en Afghanistan.  En dehors des Afghans eux-mêmes, le Pakistan est le pays qui a le plus intérêt à voir la paix et la stabilité restaurées sur le territoire de son voisin, a indiqué M. Akram.  Le développement de certaines régions du Pakistan dépend de la situation qui règne en Afghanistan, et si la paix revenait était solidement instaurée dans leur pays, les trois millions d’Afghans que l’Iran a accueillis sur son territoire pourraient rentrer chez eux.  Le niveau des échanges commerciaux entre nos deux pays, qui atteint aujourd’hui 1 milliard de dollars, pourrait encore augmenter, a poursuivi le représentant.  Le Pakistan a pris des mesures énergiques pour mettre fin aux activités d’Al-Qaida sur son territoire et le long de sa frontière avec l’Afghanistan.  Sept cents militants de cette organisation sont en ce moment détenus dans nos prisons, a dit M. Akram.  Le Pakistan a déployé 74 000 soldats dans ses zones tribales frontalières et y a établi 700 postes de contrôle, a-t-il précisé.  4000 soldats supplémentaires vont être dépêchées dans ces régions avant les élections afghanes en vue de renforcer la sécurité.  Le Pakistan appuie la poursuite de la présence des troupes des États-Unis et de la FIAS aussi longtemps que la paix et la stabilité ne seront pas revenues en Afghanistan, a dit M. Munir Akram.  Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan sont bonnes et continuent de s’améliorer, a-t-il dit, en reprochant ensuite à certains pays de vouloir semer la mésentente entre les deux pays. 

M. MOHD RADZI ABDUL RAHMAN (Malaisie) a pris note des progrès impressionnants réalisés dans la mise en œuvre de l'Accord de Bonn.  De son avis, il est maintenant important de renforcer ces réalisations.  Il a aussi fait part de sa préoccupation quant aux indicateurs sociaux extrêmement bas, une femme mourant toutes les 30 minutes de complications liées à une grossesse.  L'espérance de vie est de 44,5 ans.  Compte tenu de la fragilité de la situation, nous demandons instamment à la communauté internationale et aux Nations Unies de continuer à fournir une aide à l'Afghanistan, en particulier dans les domaines économiques et commerciaux, de l'éducation et de la formation.  Se félicitant de la tenue des prochaines élections en septembre prochain, le représentant a toutefois estimé qu'il fallait en premier lieu régler la situation sur le plan sécuritaire.  Il a aussi noté que les mesures d'élimination de la culture du pavot n'avaient pas été couronnées du succès escompté et il a plaidé pour la poursuite de la coopération internationale dans ce domaine.  Au cours de cette période de transition, a encore déclaré le représentant, il est clair que le pays a besoin du soutien continu de la communauté internationale.  La Malaisie pour sa part est prête à coopérer étroitement avec le Gouvernement afghan.

M. ALDO MANTOVANI (Italie) a déclaré que les défis considérables qui se posaient à l’Afghanistan concernaient la sécurité, la consolidation des institutions et le développement économique.  Pour sa part, l’Italie ne ménage aucun effort, en tant que pays pilote, pour soutenir les plans de réforme du secteur de la justice des autorités afghanes, et reste parmi les plus importants contributeurs dans les secteurs des infrastructures, de la santé, de l’éducation, de la culture, des médias, du rapatriement des réfugiés, du déminage, de la lutte contre les stupéfiants et de l’émancipation des femmes.  Par ailleurs, l’Italie s’apprête à prendre la direction de la Force internationale d'assistance à la sécurité pour les neufs prochains mois, tout en restant à la tête du bataillon dans l’ouest du pays et de l’équipe de relèvement de la province d’Herat, ce qui implique la présence de 2 000 soldats italiens sur le sol afghan.  Par ailleurs, face au problème du sous-financement des élections, l’Italie a décidé de verser un million d’euros en plus des quatre millions précédemment accordés, invitant les autres donateurs potentiels à suivre son exemple.  Enfin, la délégation s’est déclarée convaincue que les Nations Unies devaient maintenir un rôle renforcé de leadership et de coordination générale des efforts déployés par la communauté internationale.

M. OH JOON (République de Corée) a déclaré que son pays est inquiet quant à  l’augmentation des violences en Afghanistan.  Le trafic de drogues est l’autre danger auquel la communauté internationale doit faire face en Afghanistan, a-t-il noté.  L’argent de la drogue bien souvent finance le terrorisme et sert à créer une économie parallèle de type criminel qui déstabilise le pays, a ajouté le représentant, en exhortant la communauté internationale à aider l’Afghanistan à combattre ces phénomènes.  Éradiquer la menace de la drogue obligera sans aucun doute la communauté internationale à aider le Gouvernement afghan à soutenir la création de nouveaux types d’activités pouvant pourvoir des revenus aux paysans qui cultivent l’opium.  La République de Corée a été l’un des fervents partisans du soutien à la reconstruction de l’Afghanistan.  Depuis février 2002, notre pays a envoyé un groupe médical et des équipes de reconstruction des infrastructures composées de 200 personnels qualifiés, a dit M. Oh Joon.  La République de Corée a d’autre part versé 57 millions de dollars de secours d’urgence, ces fonds ayant été essentiellement consacrés à la construction d’écoles, de dispensaires et de centres de formation.  Elle a versé 500 000 dollars à l’organisation des élections du mois de septembre.

M. BAKI ILKIN (Turquie) a souhaité que les dernières étapes du Processus de Bonn, à savoir les élections législatives et provinciales de septembre prochain, soient franchies dans les temps et dans un environnement de sécurité satisfaisant.  Le représentant a rappelé qu'en février 2005, la Turquie a assumé pour la deuxième fois la direction de la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS).  La Turquie a passé le commandement de la Force à l'Italie le 4 août dernier mais il va sans dire que son engagement en Afghanistan n'est pas diminué.  La visite du Premier Ministre turc en avril 2005 a donné à notre gouvernement la possibilité de confirmer sa détermination à aider et soutenir l'Afghanistan par tous les moyens possibles.

Déclaration présidentielle

Le Conseil de sécurité se félicite des progrès enregistrés dans les préparatifs des élections à la Chambre basse du Parlement (Wolesi Jirga) et au Conseil provincial, qui doivent avoir lieu le 18 septembre 2005, notamment la compilation de la liste définitive des candidats et la mise à jour des listes électorales, et encourage tous les participants afghans, en particulier les candidats et leurs partisans, à œuvrer de façon constructive pour faire en sorte que les campagnes électorales en cours soient conduites pacifiquement, dans un environnement sans intimidation et que les élections se déroulent avec succès. Le Conseil demande aussi à la communauté internationale de fournir une assistance financière supplémentaire en vue de combler le déficit de 29,6 millions de dollars pour la tenue de ces élections.

Le Conseil se déclare fortement préoccupé par l’augmentation du nombre des attaques lancées par les Taliban, Al-Qaida et les autres groupes extrémistes en Afghanistan au cours des derniers mois. Le Conseil condamne les tentatives qui sont faites en vue de perturber le processus politique par des actes terroristes ou d’autres formes de violence en Afghanistan. Le Conseil, à ce propos, approuve l’effort que fait le Gouvernement afghan, avec le soutien de la coalition formée par la Force internationale d’assistance à la sécurité et l’opération Enduring Freedom, qui assument leurs responsabilités respectives, en vue d’améliorer la sécurité et la stabilité du pays.

Le Conseil souligne aussi l’importance de la poursuite de la coopération et de l’intensification du dialogue entre les États voisins et le Gouvernement afghan pour promouvoir le développement régional et la paix et la stabilité de l’Afghanistan sur le long terme.

Le Conseil note les progrès enregistrés à ce jour, en particulier s’agissant de la réforme du secteur de la sécurité, et il se félicite à ce propos de l’achèvement du désarmement et de la démobilisation de la force militaire afghane. Le Conseil se déclare fermement convaincu que la communauté internationale doit continuer à se montrer résolue à aider l’Afghanistan à relever les défis persistants, notamment la situation en matière de sécurité, le démantèlement et la réinsertion des groupes armés illégaux, la lutte contre la production et le trafic de stupéfiants, le développement des institutions gouvernementales afghanes, l’accélération de la réforme de l’ordre judiciaire, la promotion et la protection des droits de l’homme, et le développement économique et social durable.

Le Conseil de sécurité se félicite du désir de la communauté internationale et du Gouvernement afghan de convenir d’un nouveau cadre d’engagement international allant au-delà de l’achèvement du Processus politique de Bonn. Le Conseil se déclare prêt, à cet égard, à examiner, sur la base du rapport du Secrétaire général qui doit lui être présenté conformément à sa résolution 1589 (2005) et compte tenu des consultations que les Nations Unies auront tenues avec le Gouvernement afghan et tous les acteurs internationaux concernés, le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) après l’achèvement du processus électoral, afin de permettre à l’ONU de continuer de jouer un rôle vital au cours de la période faisant suite au Processus de Bonn. Le Conseil est prêt également à examiner le renouvellement du mandat de la Force internationale d’assistance à la sécurité avant son expiration, à la demande du Gouvernement afghan.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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