À LA VEILLE DES ÉLECTIONS EN GUINÉE-BISSAU, LE CONSEIL CONDAMNE TOUTES TENTATIVES VISANT À SUSCITER LA VIOLENCE

31 mars 2005
CS/8350

À LA VEILLE DES ÉLECTIONS EN GUINÉE-BISSAU, LE CONSEIL CONDAMNE TOUTES TENTATIVES VISANT À SUSCITER LA VIOLENCE

31/03/05
Communiqué de presseCS/8350

Conseil de sécurité

5157e séance – après-midi

À LA VEILLE DES ÉLECTIONS EN GUINÉE-BISSAU, LE CONSEIL CONDAMNE

TOUTES TENTATIVES VISANT À SUSCITER LA VIOLENCE

Il exprime sa préoccupation face à la décision du « Partido da Renovação Social » de faire de l’ex-Président Koumba Yala son candidat à l’élection présidentielle

À l’issue de consultations officieuses sur la situation en Guinée-Bissau, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de mars, Ronaldo Mota Sardenberg du Brésil, a lu, au nom des membres du Conseil, la déclaration suivante:

Le Conseil de sécurité constate que des progrès ont été réalisés dans certains domaines en Guinée-Bissau, y compris dans le processus électoral, et exhorte tous les acteurs politiques de ce pays à manifester leur adhésion sans équivoque à un processus électoral pacifique aboutissant à des élections transparentes, libres et régulières, en s’abstenant de susciter ou d’attiser des hostilités ethniques ou religieuses de quelque nature que ce soit, notamment en vue d’obtenir des gains politiques. À cet égard, le Conseil condamne vigoureusement toutes tentatives visant à susciter la violence et à entraver les efforts actuellement déployés au service de la paix, de la stabilité et du développement économique et social.

Le Conseil de sécurité exprime la préoccupation croissante que lui inspire l’évolution politique récente en Guinée-Bissau, en particulier la décision du « Partido da Renovação Social » de faire de l’ancien Président Koumba Yala son candidat à l’élection présidentielle. Toute décision qui, comme celle-ci, va à l’encontre de la Charte de la transition, risque de compromettre le bon déroulement du processus de transition et de la prochaine élection présidentielle.

Le Conseil de sécurité se déclare aussi profondément préoccupé par le fait que l’effort de paix n’a pas encore apporté à la population des dividendes sociaux et économiques suffisants pour décourager le recours à la force.

Le Conseil de sécurité souligne en même temps que le processus électoral a un besoin pressant d’aide internationale. Il réitère ses précédents appels à la fourniture d’une assistance internationale accrue à la Guinée-Bissau, y compris pour la prochaine élection présidentielle, dans le cadre de la politique de consolidation de la paix indispensable à ce pays.

Le Conseil engage les partenaires internationaux de développement de la Guinée-Bissau, y compris tous les organismes concernés des Nations Unies, à coopérer pleinement avec le Gouvernement bissau-guinéen, qui s’est engagé sans réserve dans l’application de la Charte de la transition et dans des efforts visant à promouvoir la transparence et la bonne gouvernance. Il se félicite, à cet égard, de la tenue à Lisbonne, le 11 février 2005, de la Réunion des partenaires de la Guinée-Bissau préparatoire à la Conférence des donateurs, et souligne qu’il importe d’assurer une forte participation à la Conférence des donateurs prévue pour octobre 2005.

Le Conseil de sécurité se félicite des premières mesures prises par le Chef d’état-major en vue de la réforme des Forces armées et de la réconciliation en leur sein. Le Conseil encourage la participation de tous et un engagement renouvelé en faveur de la réconciliation au sein des Forces armées, ainsi que l’établissement de relations constructives entre civils et militaires fondées sur le principe de la subordination des Forces armées en tant qu’institution aux autorités civiles élues. Il réaffirme que le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau est appelé à encourager et seconder l’entreprise nationale tendant à réformer le secteur de la sécurité, conformément à son mandat tel qu’il est énoncé dans la résolution 1580 (2004).

LA SITUATION EN GUINÉE-BISSAU

Rapport du Secrétaire général sur l’évolution de la situation et sur les activités du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans le pays (BANUGBIS) (S/2005/174)

Dans ce rapport, le Secrétaire général constate que malgré l’amélioration sensible de la situation, l’État ne parvient toujours pas à surmonter les énormes difficultés auxquelles il continue de se heurter ni à répondre efficacement aux besoins essentiels de la population; la réforme n’a encore pas abouti; il reste à forger entre les principales entités nationales intéressées un consensus sur les moyens de promouvoir la paix, la justice et la réconciliation, et les contentieux qui existent de longue date n’ont pas disparu.

Rappelant que les prochaines élections présidentielles mettront officiellement un terme au processus de transition amorcé par la Charte de transition politique et marqueront le plein rétablissement de l’ordre constitutionnelle, le Secrétaire général engage donc vivement les entités nationales intéressées à s’efforcer d’instaurer un climat propice à la tenue d’élections pacifiques, transparentes, libres et régulières. 

Compte tenu des tâches qu’il reste à accomplir pour que le processus de paix aille de l’avant en Guinée-Bissau et compte tenu des conclusions de la mission d’examen, le Secrétaire général recommande que, dans le cadre de son nouveau mandat, le Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix dans le pays (BANUGBIS), axe ses efforts sur la promotion du dialogue politique en vue de créer un processus viable permettant de réunir un consensus sur les problèmes nationaux revêtant une importance cruciale ; l’instauration des relations stables entre les civils et les militaires ; la promotion de la mise en œuvre de toute urgence du Programme d’action des Nations Unies relatif aux armes légères ; la proposition d’une stratégie de l’ONU en matière de consolidation de la paix sous l’égide de la BANUGBIS et avec le concours de l’ensemble de l’équipe de pays des Nations Unies; et la révision de l’utilisation de ses ressources humaines et financières et la mobilisation de nouvelles forces pour satisfaire plus efficacement aux exigences de son mandat révisé. 

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