LE CONSEIL DE SÉCURITÉ S’INFORME AUPRÈS DU CHEF DE LA MANUA DES PRÉPARATIFS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET LOCALES EN AFGHANISTAN

22 mars 2005
CS/8339

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ S’INFORME AUPRÈS DU CHEF DE LA MANUA DES PRÉPARATIFS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET LOCALES EN AFGHANISTAN

22/03/05
Communiqué de presseCS/8339

Conseil de sécurité

5145e séance – matin

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ S’INFORME AUPRÈS DU CHEF DE LA MANUA DES PRÉPARATIFS DES ÉLECTIONS LÉGISLATIVES ET LOCALES EN AFGHANISTAN

Dans le cadre de sa rencontre mensuelle avec le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afghanistan et Chef de la Mission des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), M. Jean Arnault, a fait part des préparatifs des élections législatives et locales fixées au 18 septembre 2005, des nouvelles initiatives en matière de sécurité telles que le programme « Consolidation de la paix », et a abordé l’avenir de la Mission après les élections*.  Il a souligné l’importance qu’il y a à réfléchir dès aujourd’hui au rôle futur que devra jouer l’ONU en appui à la consolidation de la paix dans le pays.  Après avoir promis des propositions au Conseil, le Chef de la MANUA a estimé que le Forum sur le développement de l’Afghanistan, qui doit se tenir du 4 au 6 avril, devrait être l’occasion d’entamer cette réflexion.

Exposé

M. Arnault a indiqué que depuis la parution de son rapport, de nouveaux évènements se sont déroulés et parmi eux, l’annonce faite, dimanche dernier, par les autorités électorales, de la date des élections législatives et locales.  Ces élections étant fixées au 18 septembre 2005, il a souligné à quel point le calendrier serait serré.  En effet, plusieurs milliers de candidats devraient se présenter pour les 249 sièges ouverts.  Le contrôle de leur éligibilité sera donc un exercice complexe et long.  De même, ce nombre élevé de candidats exigera des autorités électorales qu’elles prévoient un certain temps pour élaborer, produire et diffuser les bulletins de vote. 

Toutefois, a poursuivi le Représentant spécial, la tenue des élections, quatre mois après la date initialement prévue, n’est pas sans avantages.  Cela signifie que la campagne électorale et les élections se tiendront après que la campagne d’éradication des cultures de pavot ait été achevée, ce qui devrait diminuer l’impact de l’argent de la drogue sur le processus électoral et avoir une influence positive sur la sécurité.  La tenue des élections en septembre permettra aussi d’éduquer le public, les candidats et les partis, de manière plus approfondie, ce qui devrait renforcer l’ampleur et la qualité de la participation.  Ce calendrier permettra aussi de disposer d’une police et d’une armée mieux entraînées et de donner plus de temps à la finalisation du processus de démilitarisation qui a pris de l’élan au cours de ces derniers mois.  Ce calendrier permettra surtout de disposer de plus temps pour se préparer à la mise en place de la future Assemblée nationale.  La formation d’une centaine de fonctionnaires a déjà commencé, avec l’appui du PNUD et la France comme chef de file.  Une conférence est prévue à Paris afin de collecter des fonds pour financer cet important projet.  Sur les 148,67 millions de dollars nécessaires au total pour les élections, a indiqué le Représentant spécial, il manque encore 110 millions. 

Passant à la question de la sécurité, il a estimé que les attaques perpétrées mercredi dernier à Kandahar ont rappelé qu’en dépit de progrès depuis l’élection présidentielle, nous ne pouvons nous permettre aucune complaisance, en particulier nous, Nations Unies, puisque les attaques visaient les convois de l’UNOPS et du PAM.  Il a espéré que la nouvelle initiative nommée « Consolidation de la paix » et visant à permettre à des Taliban et à d’autres combattants d’organisations extrémistes de désarmer et de rentrer dans leurs communautés, contribuera à la diminution de la violence, cette année.  Le Programme ne vise en aucun cas à offrir une amnistie inconditionnelle et ne s’applique pas aux responsables des actes les plus graves et dont l’arrestation et la poursuite en justice demeurent une des priorités des forces internationales et des organes nationaux de sécurité.  Si le Programme a suscité quelques critiques concernant le risque de promouvoir une réconciliation sélective et de ressusciter les Taliban comme une force politique, sa nouvelle structure et la nomination du professeur Mujaddedi, pour le superviser, devraient permettre de dissiper les doutes.  

Poursuivant sa présentation au Conseil, M. Arnault a déclaré que les neuf prochains mois seraient extrêmement chargés.  Toutes les ressources humaines et matérielles de l’ONU en Afghanistan devront être mises à contribution, a-t-il indiqué.  Une description sommaire de la structure, de l’objectif et des résultats que nous escomptons atteindre en Afghanistan au cours de l’année 2005 figure au rapport soumis par le Secrétaire général au Conseil le 23 novembre 2004, a précisé M. Arnault.  Nous espérons donc que, sur cette base, le Conseil de sécurité acceptera les recommandations du Secrétaire général allant dans le sens du renouvellement du mandat de la MANUA et lui permettant de garder ses structures actuelles.  Le fait que le Conseil ait mis tout son poids derrière la mission de l’ONU en Afghanistan a été une source d’encouragement pour le personnel de cette mission, et celui-ci continuera de faire tout ce qui est en son pouvoir pour accomplir le mandat confié à la MANUA, a dit M. Arnault.

Abordant ensuite la question de l’avenir de la MANUA une fois que le processus électoral aura été mené à terme, M. Arnault a indiqué qu’au cours de la préparation du budget de cette année, un certain nombre d’options ont été discutées.  Elles vont du maintien de la MANUA dans sa structure actuelle, à un retour qui la ferait fonctionner comme une simple équipe de pays des Nations Unies.  Il est clair que comme le Secrétaire général le dit dans son rapport, la question de l’avenir de la MANUA ne peut être séparée du débat sur la manière dont les autorités afghanes et la communauté internationale organiseront leur future coopération, ce qui devra tenir compte de la finalisation de la transition politique et de la nécessaire mise en place d’un contrat solide entre l’Afghanistan et la communauté internationale, a estimé M. Arnault.  Ceci est indispensable si on veut préserver les gains acquis au cours des trois dernières années, et le Forum de développement de l’Afghanistan, qui aura lieu du 4 au 6 avril nous permettra de débattre de ces questions, a dit M. Arnault.

Les délais que nous nous donnons pour la formulation du budget de la MANUA imposent que le rôle que jouera la Mission dans l’Afghanistan postélectoral soit défini avant l’été, a ensuite indiqué Jean Arnault.  Nous aurons donc des consultations soutenues avec le Gouvernement afghan et ses partenaires internationaux au cours des semaines à venir, et espérons revenir devant le Conseil avec des propositions tenant compte des meilleures options pour un soutien efficace des Nations Unies à la consolidation de la paix en Afghanistan.

*S/2005/183

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