LE CONSEIL SE FÉLICITE DE LA TENUE DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE PALESTINIENNE ET DEMANDE AUX ISRAÉLIENS ET AUX PALESTINIENS DE RELANCER « SINCÈREMENT » LE PROCESSUS DE PAIX

13 janvier 2005
CS/8292

LE CONSEIL SE FÉLICITE DE LA TENUE DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE PALESTINIENNE ET DEMANDE AUX ISRAÉLIENS ET AUX PALESTINIENS DE RELANCER « SINCÈREMENT » LE PROCESSUS DE PAIX

13/1/2005
Communiqué de presseCS/8292

Conseil de sécurité

5111e séance – matin

LE CONSEIL SE FÉLICITE DE LA TENUE DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE PALESTINIENNE ET DEMANDE AUX ISRAÉLIENS ET AUX PALESTINIENS DE RELANCER « SINCÈREMENT » LE PROCESSUS DE PAIX

Après avoir entendu le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Kieran Prendergast, faire part « des chances de changements réels et durables au Moyen-Orient », le Conseil de sécurité a rendu publique la déclaration présidentielle suivante:

Le Conseil de sécurité accueille avec satisfaction la tenue de l’élection présidentielle palestinienne le 9 janvier 2005.  Il salue le caractère sérieux et régulier du vote et félicite le peuple palestinien, qui a montré son attachement à la démocratie en participant à l’élection dans des conditions difficiles.  Le Conseil rend hommage à la Commission électorale centrale, qui a joué un rôle déterminant dans le bon déroulement de l’élection, et remercie les observateurs internationaux pour leur contribution et l’ONU pour son aide.

Le Conseil félicite le nouveau Président de l’Autorité palestinienne.

Le Conseil attend avec intérêt la tenue des élections législatives palestiniennes, qui auront lieu prochainement, et confirme qu’il aidera le peuple palestinien à avancer sur la voie de la démocratie.

Le Conseil de sécurité appuie l’Autorité palestinienne et son action en faveur du renforcement des institutions.

Le Conseil souligne combien il importe que la communauté internationale accroisse sans tarder son aide au peuple palestinien et à l’Autorité palestinienne.

Le Conseil de sécurité insiste sur la nécessité d’appliquer pleinement la feuille de route établie par le Quatuor, telle qu’il l’a entérinée dans la résolution 1515 (2003), pour créer un État palestinien indépendant, viable, démocratique et souverain, vivant côte à côte avec Israël, dans la paix et la sécurité.

Le Conseil demande aux Israéliens et aux Palestiniens de relancer sincèrement le processus de paix et de progresser sur la voie d’une paix juste et durable dans la région.

En début de séance, le Conseil a rendu hommage au Représentant permanent des États-Unis, John Danforth, qui quitte son poste.  Ce dernier a souligné le rôle essentiel joué par les Nations Unies, malgré certaines critiques parfois justifiées contre l’Organisation.

LA SITUATION CONCERNANT LE MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA QUESTION PALESTINIENNE

Exposé

      Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. KIERAN PRENDERGAST, a rappelé que le mois dernier, il avait mis l’accent sur les chances de changements positifs au Moyen-Orient.  Il s’est donc dit heureux de voir les évènements récents confirmer cette tendance.  Plus de 750 000 Palestiniens ont participé au vote, soit 60 000 de plus que lors les élections de 1993.  Pour l’essentiel, l’élection s’est bien déroulée, selon les observateurs internationaux.  Il s’agit donc d’un nouveau départ et d’une nouvelle ère pour les Palestiniens, a estimé le Secrétaire général adjoint en ajoutant qu’Israël a joué un rôle non négligeable dans le processus électoral même si des problèmes se sont posés à la liberté de circulation dans certaines zones.  Les élections municipales ont eu lieu également avec un taux de participation de 80% et les femmes y ont gagné 51 sièges sur 297. 

L’engagement du peuple palestinien en faveur de la démocratie est une base solide sur laquelle le Président Abbas peut avancer.  Il y a eu non seulement une nouvelle direction palestinienne mais aussi un nouveau Gouvernement israélien de coalition qui doit donner corps à la décision de se retirer de Gaza et de certaines parties de la Cisjordanie.  Le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques a, une nouvelle fois, salué cette initiative comme un pas important vers la réalisation de la vision de deux États vivant côte à côte.  Le plan de retrait devrait être mis en œuvre dans le cadre de la Feuille de route et en coordination avec les Palestiniens.  Kieran Prendergast s’est donc félicité de la décision du Premier Ministre israélien et du Président de l’Autorité palestinienne de se rencontrer dans un avenir proche.  La communauté internationale doit voir de quelle manière elle peut contribuer à la relance du processus de paix. 

En effet, la violence continue.  Des militants palestiniens ont continué leurs tirs de roquette et de mortier contre les colonies de peuplement et des objectifs civils.  Cette augmentation des attaques est venue malgré les appels au calme de celui qui n’était pas encore Président de l’Autorité palestinienne.  Au cours de la même période, les forces israéliennes ont conduit un ensemble de 40 incursions.  Le Secrétaire général adjoint a aussi expliqué la suite donnée au rapport du Secrétaire général sur l’impact économique et social de la construction du mur de séparation.  Les restrictions à la libre circulation sont les principales raisons de la situation sociale et économique dramatique des territoires palestiniens, a souligné le Secrétaire général adjoint en rappelant l’avis de la Banque mondiale selon lequel toute assistance financière serait inefficace sans la levée de ces restrictions.  Comment aider les parties à avancer résolument vers la paix?  Il faut, a répondu le Secrétaire général adjoint, établir des priorités claires, travailler ensemble sur la base de la Feuille de route et à travers le Quatuor, et indiquer fermement aux parties qu’elles doivent agir simultanément.

Pour Israël, il s’agit de résoudre les questions liées aux colonies de peuplement qui n’ont toujours pas été gelées.  Pour les Palestineins, il faut poursuivre les réformes.  À cet égard, Kieran Prendergast s’est félicité de la décision du Premier Ministre britannique de convoquer une réunion internationale qui permettra de rechercher des solutions aux questions les plus urgentes.  Il faut aussi, a ajouté le Secrétaire général adjoint, encourager les deux parties à reprendre leurs contacts, entre autres, pour faire avancer la mise en œuvre du plan de retrait israélien. La paix reste fragile, a conclu Kieran Prendergast en attirant l’attention du Conseil sur le regain de tension sur la Ligne bleue et l’absence de progrès entre la Syrie et Israël malgré l’offre de médiation de la Turquie. 

Hommage au Représentant permanent des États-Unis

Le Ministre des affaires étrangères de l’Argentine, M. RAFAEL M. ANTONIO BIELSA, qui présidait la séance de ce matin, a rendu hommage à M. John Danforth, qui quitte ses fonctions de Représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies.  Il a salué son rôle déterminant dans le processus de paix au Soudan.  C’est à son initiative, a-t-il rappelé, que le Conseil s’est réuni les 18 et 19 novembre à Nairobi, au Kenya, première réunion sur le continent africain depuis 30 ans.

Le Représentant permanent des États-Unis, M. JOHN DANFORTH, a expliqué que lorsque le Président Bush lui avait proposé ce poste il y a six mois, il avait insisté sur l’importance des Nations Unies.  M. Danforth a souligné le rôle essentiel de l’ONU, au Soudan ou encore après le tsunami.  Il a avoué avoir été surpris au départ par la manière dont on pinaillait sur les termes dans les discussions du Conseil.  Il a finalement réalisé qu’il s’agissait, pour des personnes venues du monde entier, d’établir des ponts et de trouver des formules permettant de les traverser.  Les Nations Unies sont souvent critiquées et il y a beaucoup de choses à critiquer, a-t-il dit, en citant le programme « pétrole contre nourriture » ou encore les abus sexuels en République démocratique du Congo.  Mais il a ajouté que cela ne devait pas faire oublier la valeur essentielle de l’Organisation. 

Personne n’aime que l’on s’oppose à lui, a-t-il reconnu, en jugeant compréhensible l’hostilité de nombreux Américains à l’égard des Nations Unies.  Il y a des commentaires de certains membres du Secrétariat concernant la guerre en Iraq que nous aurions préféré ne pas entendre, a-t-il affirmé.  Il a cependant affirmé que les États-Unis, parce qu’ils sont puissants, devaient être ouverts aux autres points de vue, même s’ils ne les partagent pas.  L’ONU est un lieu où les État-Unis peuvent s’exprimer, c’est un lieu où ils peuvent aussi écouter, a-t-il déclaré.  Il a réalisé que l’Organisation était plus importante encore qu’il ne le pensait en arrivant, pour le bien-être du monde et pour le bien-être des États-Unis.

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