LE CONSEIL PREND NOTE DE LA RÉCENTE AMÉLIORATION DE LA SITUATION EN HAÏTI ET INVITE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À SOUTENIR LE PROCESSUS ÉLECTORAL EN 2005

12 janvier 2005
CS/8291

LE CONSEIL PREND NOTE DE LA RÉCENTE AMÉLIORATION DE LA SITUATION EN HAÏTI ET INVITE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À SOUTENIR LE PROCESSUS ÉLECTORAL EN 2005

12/01/2005
Communiqué de presseCS/8291

Conseil de sécurité

5110e séance – matin & après-midi

LE CONSEIL PREND NOTE DE LA RÉCENTE AMÉLIORATION DE LA SITUATION EN HAÏTI ET INVITE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE À SOUTENIR LE PROCESSUS ÉLECTORAL EN 2005

      Le Conseil de sécurité a réaffirmé aujourd’hui le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), à l’issue d’un débat sur la situation dans le pays, auquel ont pris part 35 orateurs, dont huit Ministres.

Dans une déclaration de son Président, le Ministre argentin des relations extérieures et du commerce international, M. Rafael Bielsa, le Conseil s’est engagé à maintenir la présence des Nations Unies en Haïti aussi longtemps que nécessaire.  Il a observé qu’il restait beaucoup à faire pour améliorer la situation en matière de sécurité, encourageant à cet égard le Gouvernement de transition à créer au plus vite la commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion.  Il s’est cependant félicité des opérations conjointes menées récemment par la MINUSTAH et la Police nationale haïtienne (PNH).  Il a par ailleurs réitéré son appel aux donateurs pour qu’ils versent sans tarder les fonds annoncés à la Conférence de Washington, en juillet dernier.

Soucieux du respect de l’état de droit, le Conseil a salué la libération de certaines personnes détenues sans chef d’accusation ni jugement.  Il a prôné un dialogue national sans exclusive et de réconciliation et a appuyé la tenue, en 2005, d’élections libres et équitables, pour lesquelles il a encouragé la participation de tous les partis ayant renoncé à la violence.  Il a demandé que soient déployés au plus vite tous les effectifs de la MINUSTAH.  Le Conseil de sécurité a enfin annoncé qu’il avait l’intention d’organiser une mission en Haïti avait le 1er juin 2005, qui pourrait être menée en même temps qu’une mission du groupe consultatif ad hoc sur Haïti du Conseil économique et social.

« Haïti est aujourd’hui au bord du gouffre », a lancé, devant le Conseil, M. Yvon Siméon, Ministre haïtien des affaires étrangères, qui a appelé de ses vœux un programme cohérent d’aide financière et technique à long terme.  M. Juan Gabriel Valdés, Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, s’est pour sa part dit convaincu que ce pays retrouverait sa place dans le concert des nations, s’il était doté des ressources suffisantes.  Il s’est félicité à cet égard du déblocage de 73 millions de dollars par la Banque mondiale et a invité les autres donateurs à suivre cet exemple.

La plupart des orateurs ont exprimé leur préoccupation face à une situation sécuritaire qui reste précaire.  Le chef de la diplomatie haïtienne a fait part d’une récente amélioration, grâce notamment à la coopération entre la Police nationale et la MINUSTAH, dont 80% des effectifs proviennent, comme l’a précisé M. Luigi R. Einaudi, Secrétaire général par intérim de l’Organisation des États américains, de cinq pays de la région (Argentine, Brésil, Chili, Uruguay et Pérou).  Le Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la France, M. Renaud Muselier, a invité la MINUSTAH à utiliser toutes les possibilités offertes par son mandat pour mener à bien le processus de désarmement.  Outre l’impératif de sécurité, le débat a fait apparaître que l’exigence d’un dialogue sans exclusive et d’une réconciliation véritable était l’une des conditions de la réussite des élections prévues à la fin de l’année 2005.

Outre les orateurs cités, ont également pris la parole les Ministres des affaires étrangères du Brésil, du Chili, de la République dominicaine, de la Barbade, le Sous-Secrétaire d’État pour l’hémisphère occidental des États-Unis, la Directrice exécutive de l’UNICEF, ainsi que les représentants du Royaume-Uni, de la Roumanie, de la Grèce, du Japon, de la République-Unie de Tanzanie, de la Chine, des Philippines, de l’Algérie, de la Fédération de Russie, du Danemark, du Bénin, du Pérou, du Luxembourg, du Guatemala, du Mexique, de Cuba, de l’Equateur, du Paraguay, du Canada, du Maroc, de la Norvège, de l’Uruguay, de la Bolivie et du Honduras.

LA QUESTION CONCERNANT HAÏTI

Déclarations

M. JUAN GABRIEL VALDÉS, Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), s’est dit convaincu que si l’on dote le pays des ressources requises, il pourra s’extirper de la situation actuelle et reprendre sa place dans le concert des nations.  Rendant hommage aux efforts accomplis part le Gouvernement de transition, il a souligné qu’il a dû maintenir l’équilibre entre les déstabilisateurs et une ouverture permettant au pays de reprendre la voie de la légitimité démocratique.  Si les défis en matière de sécurité continuent d’être complexes, les tentatives délibérées de déstabilisation ont été déjouées.  La violence et l’insécurité reculent et le Gouvernement de transition encourage cette voie en tendant la main à tous ceux qui renoncent à la violence.  La Mission, a poursuivi le Représentant spécial, en est presque à son déploiement complet.  Elle peut donc prendre des initiatives fermes et soutenues en matière de sécurité.  La notion de sécurité associe d’un côté l’utilisation légitime de la force et de l’autre, l’assistance urgente pour trouver une solution aux problèmes les plus urgents.  C’est sous cet angle que la Mission a entamé une nouvelle étape concernant la stabilisation.  Elle a commencé une vaste opération militaire et policière contre les groupes criminels armés à Cité Soleil.  L’action vise à rétablir l’ordre public et la sécurité grâce à une présence renforcée de la Mission et à créer des conditions permettant la normalisation des activités administratives, commerciales ou encore humanitaires.  La Mission finance aussi des projets à impact rapide aux côtés de ceux lancés par les institutions des Nations Unies.

Rendant compte d’autres efforts allant dans le sens de la stabilisation de la situation à Haïti, le Représentant spécial a indiqué qu’au cours des dernières semaines, la Mission a également lancé le programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR).  Toutefois, les conditions en matière de sécurité ne sont pas encore favorables à une réelle efficacité du programme.  La Mission suit donc avec attention la décision du Gouvernement de transition de verser une indemnisation aux anciens membres de l’armée du pays.  La Mission estime que cette politique doit être encadrée par un processus de désarmement, et en faire une condition préalable au versement des indemnisations.  Fermeté et sérénité dans le recours à la force conjuguée à une sensibilité sociale, tels sont les mots d’ordre de la Mission, a souligné le Représentant spécial.  La politique de la Mission, après des moments difficiles, a permis une amélioration substantielle des relations avec la population haïtienne qui voit que les soldats se consacrent à des tâches visant à améliorer le sort des plus pauvres.  Aujourd’hui, les éléments techniques sont là pour respecter le calendrier électoral établi pour cette année, a-t-il dit par ailleurs, en rappelant la nécessité d’inclure dans le processus ceux qui ont renoncé à la violence.

Dans le courant de mars, il faudra entamer l’enregistrement des électeurs, a-t-il préconisé en disant attendre avec intérêt la politique du Gouvernement de transition visant à assurer la participation de tous.  Le dialogue doit se développer librement au niveau de toute la population haïtienne car c’est elle qui aura à concevoir la reconstruction d’une société marquée des divisions sociales profondes, la paralysie des institutions, la corruption et la multitude d’intérêts politiques différents et divergents.  La mise en liberté provisoire de quelques dirigeants de la Fanmi Lavalas doit être interprétée comme un pas dans la bonne direction qui pourrait réduire la violence.  Toutefois, le Représentant spécial a regretté la lenteur avec laquelle sont conduits les procès de certains dirigeants politiques.  Il s’est aussi inquiété devant les nombreuses violations des droits de l’homme et d’autres actes délictuels que certains membres de la police haïtienne semblent appuyer. 

Le Représentant spécial a conclu en soulignant la nécessité pour le Gouvernement de transition de sélectionner quelques projets dont l’exécution est prioritaire et celle pour la communauté internationale de simplifier au maximum ses mécanismes de financement afin de permettre la réalisation de projets d’infrastructures dans le courant de l’année 2005.  À cet égard, le Représentant spécial s’est félicité de la décision de la Banque mondiale de débloquer 73 millions de dollars sur un montant total de 150 millions après le paiement de 50 millions de dollars d’arriérés par le Gouvernement de transition.  Cette annonce, a-t-il souligné, coïncide avec la décision du Gouvernement canadien de dégager des fonds nécessaires à la conduite du processus électoral.  Il a espéré que de la même manière, les États-Unis et l’Union européenne suivront bientôt cette tentative.

M. YVON SIMEON, Ministre des affaires étrangères d’Haïti, a salué la recommandation du Secrétaire général qui, lors de la réunion du Conseil de sécurité du 2 décembre 2004, avait souhaité un engagement à long terme de la communauté internationale dans son pays.  Après plusieurs mois de dégradation, Haïti a connu une sensible amélioration de la situation en matière de sécurité ces dernières semaines, grâce aux efforts conjugués de la police nationale et de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  Son Gouvernement, a-t-il poursuivi, a accordé une attention spéciale à la question des militaires démobilisés, qui ont reçu une première partie de leurs fonds de pension.  Il s’est félicité des efforts de la Police nationale pour récupérer de manière pacifique, avec le concours de la MINUSTAH, plusieurs commissariats de police occupés illégalement par des groupes armés engagés, selon lui, dans une « scabreuse entreprise de déstabilisation ».  Estimant que la complexité des problèmes auxquels Haïti est confronté offrait un terreau très fertile à toutes sortes de dérives sociales et de marchandage politique, il a déploré que la carence de ressources compromette les efforts consentis tant par la communauté internationale que par le Gouvernement et en a appelé à la compréhension des partenaires de son pays.

Le Ministre a jugé l’année 2005 « cruciale » pour la démocratie en Haïti.  Il a indiqué à cet égard que le Conseil électoral provisoire était au complet depuis la semaine dernière.  Il a espéré que la communauté internationale garantirait la crédibilité du processus électoral et l’impartialité des résultats, notamment en envoyant des observateurs.  Convaincu que la réconciliation était une nécessité absolue, il a fait part des efforts de son Gouvernement pour promouvoir un dialogue national inclusif.  Il a espéré que l’appel lancé par le Chef de l’Etat à faire taire les haines séculaires trouverait un écho auprès de toutes les catégories sociales du pays, afin, a-t-il dit, de « gagner la bataille de sauvetage de la barque nationale ».  « Haïti est aujourd’hui au bord du gouffre », a déclaré M. Siméon, en souhaitant que l’engagement international ne se limite pas au seul volet politique.  Il a appelé de ses voeux la mise en place d’un programme cohérent d’aide financière et technique à long terme.

M. CELSO LUIZ NUNES AMORIM, Ministre des affaires étrangères du Brésil, a rappelé les trois piliers de la MINUSTAH qui sont le maintien de l’ordre et de la sécurité, la promotion du dialogue politique en vue de la réconciliation nationale et la promotion du développement socioéconomique.  Ces piliers méritent une attention simultanée, a-t-il souligné avant d’estimer que les ingrédients les plus importants de la paix en Haïti sont l’espoir, la confiance et la légitimité.  La priorité est le désarmement qui doit aussi s’appliquer aux « dispositions » par le biais du dialogue politique.  La stabilité en Haïti ne sera pas rétablie par la répression, a prévenu le Ministre. 

Saluant les efforts du Gouvernement de transition et de la MINUSTAH à cet égard, il a rappelé que la normalisation en Haïti n’aura pas lieu sans une implication déterminée de la communauté internationale dans le développement socioéconomique.  En la matière, il a qualifié de crucial le rôle du « Groupe essentiel » qui peut garantir la cohérence requise entre les initiatives des institutions, fonds et programmes des Nations Unies et entre celles des principaux donateurs.  S’agissant de la stratégie à long terme, il faut conjuguer les projets à impact rapide à une assistance aux institutions nationales,  a estimé le Ministre.  Appelant, pour conclure, à une concrétisation rapide des promesses faites lors de la Conférence des donateurs, il a, entre autres, indiqué que son Gouvernement a décidé de débloquer une somme de 250 millions de dollars en faveur d’Haïti. 

M. RENAUD MUSELIER, Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la France, a estimé que le chemin parcouru depuis un an en Haïti était « remarquable ».  Il a salué le courage et la détermination du peuple haïtien, ainsi que la mobilisation remarquable de la communauté internationale qui doit, selon lui, s’inscrire dans la durée.  Il a cependant souligné l’ampleur du chemin qui restait à parcourir avant d’atteindre l’objectif d’un Haïti démocratique, uni et stable.  Il a insisté sur le respect du calendrier, qui prévoit la tenue d’élections démocratiques à l’automne 2005.  Il s’est félicité du déploiement presque complet des effectifs de la MINUSTAH et l’a invitée à utiliser toutes les possibilités offertes par son mandat, afin de mener à bien le processus de désarmement.  Sur le plan politique, il a souhaité qu’aucun parti ne soit exclu du processus électoral.

Estimant qu’une démocratie forte dépendait non seulement d’élections crédibles, mais aussi d’institutions solides, M. Muselier a insisté sur la restructuration du système judiciaire, sur la formation de la police nationale et sur la promotion des droits de l’homme.  Il a par ailleurs estimé qu’il fallait montrer à la population haïtienne les bénéfices de la transition démocratique, par la mise en place d’une dynamique de développement économique qui passe, selon lui, par la mise en œuvre rapide de projets de reconstruction.  À ce « moment charnière » pour Haïti, nous ne devons ni faillir à notre devoir de solidarité avec le peuple haïtien, ni décevoir cet espoir d’un avenir meilleur qui a émergé depuis près d’un an, a souligné M. Muselier, assurant que la France restera engagée dans la MINUSTAH.

M. LUIGI R. EINAUDI, Secrétaire général par intérim de l’Organisation des États américains (OEA), a attiré l’attention sur la signature d’un mémorandum d’accord qui donne à l’Organisation le rôle de chef de file dans le processus électoral.  Il a remercié les États-Unis pour leurs contributions financières avant de citer les conditions préalables à un bon déroulement des élections.  Elles doivent, a-t-il dit, être ouvertes à tous et en particulier, à l’opposition.  Si Haïti veut éviter de passer d’une crise à l’autre, il doit développer un programme largement soutenu en faveur des institutions de l’État.  À cet égard, l’OEA entreprend des efforts « intéressants » qui visent à contribuer au développement des institutions et à la crédibilité de la démocratie.  Cela implique le lancement d’un programme d’enregistrement des élections aussi bien organisé que possible.  Il s’agira de tirer parti des connaissances de la région dont cinq pays: l’Argentine, le Brésil, le Chili, l’Uruguay et le Pérou ont contribué à hauteur de 80% aux effectifs de la Force de stabilisation.  Après avoir remercié les États-Unis, le Canada et le Mexique pour leurs contributions, il a aussi signalé que d’autres pays plus petits ont soutenu la mise en place de tribunaux électoraux.  Au mois de mars, un système sera mis en place pour contribuer au développement des institutions visant à mettre l’accent sur l’élaboration du registre civil. 

Soulignant les problèmes d’infrastructures, de sécurité ou de politisation des électeurs, le Secrétaire général a estimé que l’on se trouve à un moment critique particulièrement pour les techniciens de l’OEA et de l’ONU qui étudient les chiffres en coopération avec le Conseil électoral haïtien.  Les États Membres de l’ONU, a-t-il promis, recevront de nouvelles informations sur l’appui financier nécessaire au bon déroulement du processus.  La situation en Haïti est historique et unique mais elle est étonnamment représentative d’un phénomène que l’on voit souvent sur la scène internationale, à savoir la difficulté pour les autorités locales de réaliser les objectifs définis sans la communauté internationale.  Il est tout autant impossible pour cette dernière d’être efficace sans l’appui des autorités locales.

M. IGNACIO WALKER, Ministre des affaires étrangères du Chili, a estimé que l’ONU n’avait pas le droit d’échouer en Haïti.  Il a prôné un dialogue national sans exclusive, dans le cadre de la préparation des élections prévues à l’automne.  Évoquant la lenteur des progrès en matière de sécurité, liée aux difficultés de déploiement de la MINUSTAH, il s’est cependant félicité de la récente amélioration de la situation et de la coopération croissante entre la MINUSTAH et la police nationale haïtienne, dont il a souhaité qu’elle poursuive sa réforme afin de renforcer sa crédibilité.  M. Walker a par ailleurs souhaité que des projets de développement concrets mis en œuvre pour offrir des perspectives d’emploi à la population haïtienne.  Il a appelé à cet égard les bailleurs de fonds à tenir leurs engagements et à participer activement à la reconstruction du pays.

M. CARLOS MORALES TRONCOSO, Secrétaire d’État aux relations extérieures de la République dominicaine, a déclaré que les relations historiques entre son pays et Haïti sont à l’origine de la solidarité entre les deux peuples.  Il s’est dit convaincu de l’urgence qu’il y à adopter des mesures efficaces pour arrêter le processus de désintégration de la société haïtienne.  Appelant à l’assistance de la communauté internationale, il a insisté sur les domaines de l’ordre et de la sécurité, des élections, de la gouvernance et des institutions.  Il a indiqué que son Gouvernement a pris des mesures fermes pour éviter la fragmentation progressive de la société haïtienne, en partant de l’idée qu’il faut renforcer la tolérance et le dialogue parmi les forces politiques du pays.  Il faut convaincre les dirigeants de promouvoir le respect réciproque et la coordination d’actions pour promouvoir l’unité nationale et l’intégrité de la société.  Mon Gouvernement, a-t-il dit, est convaincu que ce type d’initiatives contribuera à modifier la position de ceux qui ont choisi l’approche conflictuelle.  Il faut passer de l’affrontement à la coopération et au développement social et économique du pays, avant d’appeler, une nouvelle fois, à la solidarité mondiale et de rappeler que son pays sera l’hôte d’un sommet de ministres des affaires étrangères en faveur d’Haïti.

Mme BILLIE MILLER, Ministre des affaires étrangères et du commerce de la Barbade, qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a évoqué le départ du Président Aristide dans des conditions non encore élucidées qui, selon elle, n’a pas respecté les normes internationalement reconnues.  Elle a réclamé la libération des dirigeants Lavalas et d’autres activistes détenus arbitrairement.  Elle a constaté que le changement de gouvernement ne s’était pas traduit par une amélioration de la situation des Haïtiens.  Elle a déploré les conséquences négatives de l’instabilité en Haïti sur les pays de la région.  Elle a espéré que l’exemple de la Banque mondiale, qui vient de débloquer des fonds pour Haïti, serait suivi par d’autres partenaires.  Mme Miller a estimé que des élections libres et équitables étaient essentielles, mais ne constituaient qu’une étape dans le redressement du pays.  Elle a jugé que les préalables à la tenue d’élections libres et démocratiques n’étaient pas encore réunis.  Les tentatives de dialogue national inclusif doivent être encouragées, a-t-elle conclu.

M. ROGER NORIEGA, Sous-Secrétaire d’État aux affaires de l’hémisphère occidental des États-Unis, s’est d’abord félicité des efforts déployés par la MINUSTAH avant d’appeler la communauté internationale et le Gouvernement de transition de travailler de concert à un programme global de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) pour tous les groupes armés illégaux en Haïti.  Il a aussi encouragé la communauté internationale et le Gouvernement haïtien à se concentrer sur la création d’une police civile afin d’améliorer la sécurité et de protéger les droits, les vies et les biens de tous les Haïtiens.  La sécurité et le développement sont inséparables, a poursuivi le Sous-Secrétaire d’État avant de rappeler que son pays a dépensé plus de 113 millions de dollars en la matière, soit près de la moitié de l’ensemble des contributions de la communauté internationale pour l’année 2004.  Pour cette année, a-t-il indiqué, mon pays compte débloquer plus de 150 millions de dollars.  Le Sous-Secrétaire d’État a jugé, en l’occurrence, indispensable d’éliminer les barrières bureaucratiques pour accélérer le déblocage des fonds promis lors de la Conférence des donateurs.  Pour leur part, a-t-il estimé, le Gouvernement haïtien doit identifier des projets concrets et accepter l’appui des conseillers techniques. 

Le Sous-Secrétaire d’État a aussi appuyé l’initiative du chef de la Mission de l’ONU de se joindre aux organismes du système des Nations Unies, aux institutions financières internationales et aux États Membres pour aider le Gouvernement de transition à mettre en œuvre des projets à impact rapide.  Concluant par le processus politique, il a estimé que tout parti qui a accepté les principes démocratiques et rejeté la voie de la violence doit avoir sa place à la table des négociations.  Les Nations Unies, a-t-il dit, ont contribué à hauteur de quelque 9 millions de dollars aux efforts déployés par l’OEA dans le domaine des élections et ont offert une somme de 1,2 million de dollars par les voies bilatérales. 

M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a dégagé trois priorités pour Haïti, la construction de la démocratie, qui passe par la tenue d’élections libres, la situation stabilisée en matière de sécurité et le développement économique.  Ces trois objectifs exigent une action coordonnée des Nations Unies et de la communauté internationale, a-t-il estimé.  Il s’est dit préoccupé par les violations des droits de l’homme et a souhaité que les auteurs de crimes n’occupent aucune fonction de responsabilité.  Il a estimé qu’Haïti devait servir d’exemple à la communauté internationale, du fait des échecs passés.  Il a souhaité que soient tirées les leçons d’une présence internationale trop brève dans les années 90 et que l’on accorde plus d’attention à l’avenir aux situations d’après conflit, de manière à prévenir une reprise de la violence.

M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a souligné le lien étroit entre la sécurité, l’institutionnalisation politique et le développement économique en Haïti.  La sécurité est une condition préalable aux élections, à la consolidation des institutions de l’État, au dialogue national et à la reconstruction économique.  La présence continue de groupes illégaux est un phénomène inquiétant, a-t-il dit, en soutenant les efforts du Gouvernement de transition en la matière.  Il a particulièrement salué les efforts visant à encourager la paix et la réconciliation nationale et l’implication de la Mission de l’ONU dans ce domaine.  Il l’a encouragée à contribuer sans délai à la mise en place d’une commission nationale chargée de mener à bien un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) dans tout le pays.  Il s’est dit encouragé par l’engagement du Gouvernement de transition d’organiser des élections en 2005 et de procéder au transfert du pouvoir en 2006.  Le représentant s’est félicité, à cet égard, de la signature d’un accord global sur l’assistance à la tenue des élections. 

Prônant une lutte acharnée contre l’impunité et l’arrêt des détentions arbitraires, il a qualifié de tâche prioritaire la réforme du système judiciaire.  Le représentant a conclu sur l’importance de l’implication des mécanismes régionaux et d’une bonne coopération entre ces derniers et l’ONU.  Il a ajouté la nécessité qu’il y a de lancer le plus tôt possible des projets de développement avec l’aide de l’ONU et des États Membres.  Il ne peut y avoir de démocratie là où les besoins fondamentaux des populations ne sont pas satisfaits.

M. ADAMANTIOS TH. VASSILAKIS (Grèce) a exprimé l’appui de son Gouvernement aux efforts du Gouvernement de transition en faveur du processus politique de dialogue national et de réconciliation.  À ce titre, il a souligné l’importance que ce processus se poursuive sans obstacles, en assurant la participation de tous aux prochaines élections locales, législatives et présidentielles.  Il a estimé qu’à l’heure actuelle, la priorité devait être donnée à l’amélioration de la situation en matière de sécurité, afin de faciliter l’aide économique et de limiter les violations des droits de l’homme.  À cette fin, il a préconisé l’adoption par le Gouvernement de transition d’une approche plus vigoureuse en vue de réaliser les objectifs de désarmement, de démobilisation et de réinsertion et d’établir, à cet effet et dans les meilleurs délais, une commission nationale.  Dans ce contexte, le représentant de la Grèce a encouragé le Gouvernement de transition à promouvoir l’état de droit et la bonne gouvernance et à mettre un terme à l’impunité.  Il a insisté sur la nécessité pour l’ONU de maintenir fermement son appui dans les mois à venir afin d’encourager le processus politique et la réhabilitation économique, dont le premier jalon doit être la tenue d’élections libres et justes conduisant à l’élection d’un gouvernement démocratique élu.  En conclusion, il a estimé que la prospérité de Haïti ne pourrait être viable à long terme que si l’on remédie aux causes profondes des souffrances humaines constatées dans le pays.  À cet égard, il a salué la création d’un Groupe spécial de l’ECOSOC sur Haïti ainsi que les efforts de l’Organisation des États américains et des donateurs.  Ces derniers, a-t-il rappelé, ont annoncé des contributions de l’ordre de 1,1 milliard de dollars pour les efforts de reconstruction. 

M. KENZO OSHIMA (Japon) a déclaré que la situation qui règne en Haïti est un exemple patent du lien qui existe entre la paix et le développement.  Quand la pauvreté extrême, le chômage, les maladies, la corruption, et l’absence d’institutions de gouvernance se combinent avec le désespoir, la colère et la frustration des populations, l’instabilité politique et les tensions qui en résultent peuvent conduire à des violences et à l’explosion sociale.  En Haïti, cette situation a été aggravée par les catastrophes naturelles, les inondations et les ouragans qui ont affecté la région des Caraïbes.  Le Japon se félicite des efforts que déploie le Gouvernement d’Haïti, avec le soutien de la communauté internationale, pour stabiliser la situation politique du pays, a dit M. Oshima.  Le Japon exprime son soutien aux opérations menées par la MINUSTAH et le Gouvernement de transition d’Haïti pour améliorer la sécurité dans le pays.  Cependant, le Japon s’inquiète que la commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion n’ait pas encore été établie malgré le rôle important que doit jouer le processus de désarmement dans l’amélioration des conditions de sécurité.  Notre délégation lance donc un appel au Gouvernement de transition pour qu’il s’engage, avec le soutien de la MINUSTAH, dans ce processus qui permettrait de créer un cadre propice à la tenue d’élections.  Il est d’autre part important que le peuple haïtien s’engage dans la promotion d’un dialogue national ouvert à toutes ses composantes, a estimé M. Oshima. 

Le Japon demande au Gouvernement de transition de lancer des appels à la réconciliation et de promouvoir des petits projets ayant un impact économique et social rapide et permettant de créer des emplois.  Notre pays aimerait aussi rappeler au Gouvernement de transition que la détention arbitraire de certaines personnes du seul fait de leur appartenance politique, comme le mentionne le rapport du Secrétaire général, n’est pas acceptable et représente une violation des droits fondamentaux de ces individus.  Le Japon a versé à ce jour 160 millions de dollars aux programmes d’aide à Haïti, a indiqué le représentant en réitérant l’engagement de son pays à la reconstruction d’Haïti. 

M. AUGUSTINE P. MAHIGA (République-Unie de Tanzanie) a exprimé sa préoccupation face aux violations de l’état de droit, des droits de l’homme et à la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti.  Notant les efforts conjoints de la MINUSTAH et de la police nationale pour endiguer la violence, il a exhorté le Gouvernement de transition à mettre en place une commission nationale sur le désarmement, la démobilisation et la réinsertion.  Il a constaté qu’Haïti avait également été frappé par une série de catastrophes naturelles et notamment la tempête tropicale de septembre dernier, qui n’a fait que détériorer davantage une situation sociale et économique déjà préoccupante.  Il a espéré que les élections pourraient se tenir, comme prévu, en novembre-décembre 2005.  Le représentant a souhaité un déploiement rapide de toutes les troupes de la MINUSTAH, afin de lui permettre d’accomplir son mandat dans le rétablissement de la sécurité et le renforcement des institutions.  Il a enfin espéré que, cette fois, la communauté internationale resterait aux côtés d’Haïti au-delà de la période de transition.

M. WANG GUANGYA (Chine) s’est félicité des changements positifs intervenus dans la situation en Haïti, en particulier le niveau de déploiement de la MINUSTAH et son efficacité.  Il a aussi salué les mesures fructueuses prises par le Gouvernement de transition.  La confiance se réinstalle en Haïti, a-t-il dit en liant cette situation au déblocage de fonds par la Banque mondiale.  Il a aussi souligné le lien inextricable entre les trois piliers de la reconstruction en Haïti.  Il a mis l’accent, en l’occurrence, sur l’importance du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion des anciens combattants (DDR) et sur le fait que la paix et la stabilité ne seront pas possibles sans le ferme soutien de la communauté internationale, y compris les Nations Unies et les pays de la région.  Il faut tirer les enseignements du passé et rendre durable l’appui de la communauté internationale, a-t-il dit.  Un rôle doit être dévolu aux partenaires du développement qui doivent acheminer rapidement les fonds promis lors de la Conférence des donateurs, a-t-il ajouté.  Bien que la Chine et Haïti n’aient pas de relations diplomatiques, son pays entend faire les contributions nécessaires, a conclu le représentant. 

M. LAURO BAJA (Philippines) s’est dit encouragé de constater que la MINUSTAH dispose désormais de forces militaires crédibles en Haïti, tout en précisant que la tâche que la Mission doit mener ne sera pas aisée.  Le défi le plus immédiat qui se pose à la Mission, a-t-il ajouté, est de mettre un terme au climat de peur, alimenté par les fidèles de Jean-Bertrand Aristide ou encore d’anciens soldats, et mettre en place un environnement sûr.  Il est également urgent de prendre des mesures concrètes pour mettre en place une commission nationale pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des anciens combattants.  Nous souhaitons par ailleurs que les autorités transitoires haïtiennes mettent davantage l’accent sur les droits de l’homme et la fin de l’impunité.  Nous souhaitons également que les Forces de police nationale deviennent une organisation professionnelle qui respecte les droits de l’homme.  Le représentant a par ailleurs souhaité que les annonces de contributions faites à l’occasion de la conférence internationale des donateurs qui a eu lieu il y a six mois, soient honorées.  Nous aimerions voir l’adoption d’une stratégie de développement à long terme conformément aux priorités établies dans le cadre de coopération intérimaire.

M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a estimé que la crise qui secoue depuis près d’un an le pays n’est pas prête de se résoudre tant les défis à relever sont considérables.  Certes, le déploiement par le Conseil de sécurité d’une Force intérimaire puis d’une Mission de stabilisation des Nations Unies a eu certes des effets plus que positifs sur la situation générale du pays.  Pour nous, il est urgent de procéder au désarmement des bandes armées et de tous les groupes.  Il est nécessaire que le Gouvernement de transition mette en place un programme de Désarmement, démobilisation et de réinsertion (DDR).  Nous appelons également le Gouvernement de transition à prendre les mesures nécessaires afin d’assurer la tenue d’élections locales, législatives et présidentielles.  Pour cela, il est important que tous les acteurs de la société soient impliqués.  Il est également primordial que la communauté internationale s’engage davantage à venir en aide à la population haïtienne à long terme.  Elle doit viser des programmes durables de reconstruction sociale et politique du pays.  La communauté internationale doit également s’acquitter de ses engagements en accélérant le décaissement de l’aide annoncée lors de la Conférence des donateurs de la Banque mondiale.

Mme CAROL BELLAMY, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a déclaré qu’en Haïti, un enfant âgé de moins de cinq ans meurt toutes les heures.  Une femme y meurt en couches chaque jour, et un enfant sur quatre y souffre de malnutrition, sa croissance étant ainsi perturbée.  Le processus de paix actuel est le quatrième du genre en Haïti en 15 ans, a rappelé Mme Bellamy.  Les choses seraient bien différentes aujourd’hui si, il y a 15 ans, la communauté internationale avait investi dans les enfants haïtiens.  Elle doit aujourd’hui reconnaître que l’investissement dans les enfants est le fondement sur lequel construire une nation forte et pacifique, a estimé la Directrice exécutive.  Haïti, a relevé Mme Bellamy, n’a jamais eu d’éducation gratuite et universelle, chose indispensable à la construction de la paix, à la réconciliation et à la promotion du développement durable.  Si elle protège les enfants, l’éducation leur donne aussi un sens de l’avenir et leur sert de guide dans la vie.

Fort heureusement, a poursuivi Mme Bellamy, l’éducation est en train de devenir un secteur dynamique en Haïti avec le soutien de la communauté des donateurs.  Le secteur privé de l’éducation, qui représente 85% des enfants inscrits dans les écoles est pour sa part totalement intégré dans le système national d’enseignement scolaire.  Avec d’autres partenaires, nous soutenons les actions menées dans ce domaine en Haïti.  Nous les considérons comme faisant partie des interventions à mener d’urgence et de la réponse à apporter aux problèmes de développement du pays, a indiqué la Directrice exécutive de l’UNICEF.  Bien que la situation d’Haïti connaisse aujourd’hui quelques progrès, nous sommes inquiets du grand nombre d’enfants orphelins vivant dans la rue, ou servant pratiquement d’esclaves domestiques, qui sont l’objet de nombreux trafics.  Plusieurs d’entre eux, a précisé Mme Bellamy, sont enrôlés de force dans des gangs, leur avenir étant ainsi compromis.  Dans des endroits comme Cité Soleil et bien d’autres bidonvilles, ces enfants sont otages de bandes criminelles.  Il faut les aider, et nous exhortons la MINUSTAH à ramener la sécurité dans ces zones, afin que les autorités haïtiennes, les institutions de l’ONU et les ONG puissent y travailler.  L’UNICEF appelle tous les acteurs du drame haïtien et ceux qui sont engagés dans la reconstruction à redoubler d’efforts afin de sauver les enfants d’Haïti, a dit Mme Bellamy. 

M. KONSTANTIN DOLGOV (Fédération de Russie) a appelé le Gouvernement de transition à mettre en place au plus vite la Commission nationale pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion des anciens combattants.  Il a appelé toutes les parties haïtiennes à respecter les droits de l’homme et à mettre fin à la violence.  Il a souhaité la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement.  Il s’est prononcé pour une accélération du déploiement de la police nationale et des troupes de la MINUSTAH.  Le représentant a annoncé que son pays allait contribuer à la stabilisation en Haïti en mettant un groupe de policiers civils à la disposition de la MINUSTAH.

Mme ELLEN MARGRETHE LØJ (Danemark) a déclaré qu’il était nécessaire de procéder à une collecte des armes illégales qui alimentent la violence dans les rues d’Haïti.  Avec le soutien de la MINUSTAH, le Gouvernement de transition haïtien devrait lancer un programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion des belligérants en s’appuyant sur des structures communautaires, a recommandé Mme Løj.  Le Danemark exhorte donc le Gouvernement d’Haïti à créer sans plus attendre une commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  Notre délégation souligne aussi qu’il est nécessaire de lancer un processus de réconciliation nationale en Haïti, a dit la représentante en estimant que l’initiative devait venir des Haïtiens eux-mêmes et de leur Gouvernement de transition.  Toutes les parties devraient être associées à cette initiative, a-t-elle insisté.  Le Danemark se félicite de l’accord récemment signé entre la MINUSTAH, le Gouvernement national de transition, le PNUD et le Conseil électoral provisoire sur l’organisations des élections prévues dans 10 mois en Haïti, a dit Mme Løj.  Après avoir rappelé que la pauvreté, les grandes inégalités et la corruption avaient nourri la nature autoritaire des régimes qui se sont succédés en Haïti au cours des dernières décennies, la représentante a déclaré qu’il était nécessaire que la communauté internationale s’acquitte des engagements pris à l’égard d’Haïti, dont les besoins économiques sont immenses, lors de la Conférence internationale des donateurs qui s’est tenue l’été dernier.  Tout en exhortant les pays donateurs à verser les contributions qu’ils avaient alors annoncé, le Danemark se félicite que le FMI ait approuvé cette semaine le versement de 15,6 millions de dollars d’aide à la reconstruction en faveur d’Haïti.  

M. JOËL W. ADECHI (Bénin) a, à son tour, rappelé les trois défis majeurs en Haïti qui sont la réussite du processus de transition politique engagé depuis un an, l’assainissement de la situation en matière de sécurité, la relance de l’économie haïtienne à court et moyen terme et la promotion d’un développement durable.  La paix ne sera durable que si elle repose sur le consensus national forgé avec la participation de tous les fils du pays, a prévenu le représentant avant d’en venir aux prochaines élections.  Il a exhorté, une nouvelle fois, l’ensemble de la classe politique haïtienne à faire les concessions nécessaires pour faciliter la mise en place des institutions devant favoriser un retour de la paix et de la stabilité.  Le représentant a ensuite abordé la question de la sécurité en saluant, dans ce contexte, le rôle de la MINUSTAH.  La reconstitution de la police haïtienne et d’une armée républicaine, a-t-il ajouté, revêt une importance cardinale.  Prônant aussi un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion des anciens combattants (DDR), il a souligné la nécessité de lier le désarmement rémunéré et la renonciation à la violence à l’intégration des personnes concernées dans un programme associant l’insertion professionnelle à la réhabilitation par des activités de promotion de la culture de la non-violence et de la paix telle que préconisée par l’UNESCO.

Il est urgent, a insisté le représentant, que le Gouvernement de transition accélère le processus de mise en place de la commission nationale de désarmement et s’atèle à mobiliser les ressources octroyées au pays lors de la Conférence des donateurs pour financer le programme de création de 30 000 emplois dans les travaux publics et la protection de l’environnement.  Le représentant a poursuivi en jugeant également d’une importance capitale pour Haïti de retrouver sa place au sein de la CARICOM.  Il a exhorté les États membres de cette entité à surmonter leurs dissensions internes qui retardent encore leur unité d’action vis-à-vis d’Haïti. 

M. RAFAEL BIELSA, Ministre des relations extérieures et du commerce international de l’Argentine, a rappelé que cela fait plus de 10 ans que la communauté internationale s’est engagée à sortir Haïti du cercle vicieux de la pauvreté, de l’autoritarisme, de la violence et de la désolation.  Il a souligné le rôle actif joué par les États américains dans la mise en place de la MINUSTAH, qu’il a appelée « notre mission ».  Il a détaillé la contribution de son pays à la stabilisation en Haïti, dans les domaines économique, humanitaire, institutionnel et des droits de l’homme.  M. Bielsa a prôné un dialogue ouvert avec toutes les forces politiques locales, à condition qu’elles aient rejeté la violence.  L’assistance à Haïti est un impératif moral, a-t-il déclaré.  Il a jugé cruciales la reconstruction de l’économie du pays, la mise en place d’institutions démocratiques et d’un environnement stable et respectueux de l’état de droit.  Il a souhaité que la Conférence des donateurs qui s’est tenue à Washington soit suivie d’actions concrètes et appelé à cet égard les donateurs à honorer leurs engagements. 

M. MARCO BALAREZO (Pérou) a déclaré que la réhabilitation d’Haïti est une priorité pour la région, en rappelant que son pays a déployé un contingent militaire au sein de la Mission de l’ONU pour la stabilisation du pays.  L’insécurité créée par les groupes illégaux exige une action sur les fronts du développement politique et institutionnel et du développement social et économique.  Il a prêté une attention particulière au respect du calendrier électoral.  Il a aussi appelé au renforcement du système judiciaire.  Le développement politique et institutionnel d’Haïti, a-t-il dit, est lié au développement économique et social.  Il faut une stratégie à long terme, a-t-il dit en reconnaissant la responsabilité essentielle du Gouvernement de transition.  Toutefois, comme le pays ne dispose pas des ressources nécessaires, la communauté internationale doit prendre le relais à travers, entre autres, la MINUSTAH, a considéré le représentant, en estimant que depuis sa jeune existence, la Mission a accompli des progrès remarquables dans la mise en œuvre de son mandat.  Il faut lui donner tous les moyens nécessaires pour lui permettre de s’acquitter pleinement de son mandat, a-t-il dit en jugeant tout aussi nécessaire de débloquer les fonds promis lors de la Conférence des donateurs.

M. JEAN-MARC HOSCHEIT (Luxembourg) a déclaré, au nom des États membres de l’Union européenne, que, tout en se félicitant des progrès accomplis sur le terrain, l’Union européenne pensait que des efforts supplémentaires devaient être accomplis pour  améliorer la situation de sécurité en Haïti.  L’Union européenne exhorte les différentes parties à renoncer à l’usage de la violence et à respecter les droits de l’homme, a dit le représentant.  Nous pensons que la crise haïtienne ne peut pas être résolue par la force, et que seules des voies pacifiques passant par un processus constitutionnel inclusif et un dialogue national menant à des élections à la fin de l’année, peuvent résoudre la question haïtienne.  L’Union européenne encourage vivement le Gouvernement de transition d’Haïti à s’orienter dans cette voie, avec le soutien de la MINUSTAH.  L’Union européenne soutient d’autre part les ajustements proposés en novembre 2004 par le Secrétaire général en ce qui concerne la structure de la MINUSTAH.  L’Union européenne, a poursuivi M. Hoscheit, encourage aussi le Gouvernement d’Haïti, avec le soutien de la MINUSTAH, à renforcer les actions visant à débarrasser les rues d’Haïti des armes qui y circulent et y entretiennent la violence qui met en péril le processus de transition démocratique.

Concernant l’aide à la reconstruction, le représentant a indiqué que  lors de la Conférence des donateurs tenue à Washington en juillet dernier, l’Union européenne s’était engagée à verser 271 millions d’euros en faveur d’Haïti, ce qui fait d’elle le premier contributeur.  Cette somme ne comprend pas les versements promis individuellement par les États européens, a précisé M. Hoscheit.  L’aide européenne vise la création rapide d’emplois et de structures ayant un impact visible et concret dans la vie des Haïtiens.  L’Union européenne vient d’approuver 45 millions d’euros pour la construction d’infrastructures et 27 millions pour des projets de réhabilitation.  En concertation avec le Canada, a aussi indiqué le représentant, l’Union européenne a lancé un important projet de réforme de la justice en Haïti.  Les États membres de l’Union européenne pensent que l’ONU  devrait être présente en Haïti aussi longtemps que nécessaire, afin d’encourager un soutien international à long terme au développement durable du pays dans les domaines politique, social, économique et environnementale, a dit M. Hoscheit.  L’Union européenne soutient à cet égard les activités du Groupe consultatif de l’ECOSOC pour Haïti.

M. JOSÉ ALBERTO BRIZ GUTIÉRREZ (Guatemala) a identifié la faiblesse de son système judiciaire et la prévalence de l’impunité comme les obstacles principaux que les Haïtiens doivent surmonter sans retard.  Il est donc important que la communauté internationale dans son ensemble et les organisations régionales pertinentes continuent de soutenir le pays dans ses efforts de promotion et de protection des droits fondamentaux, en particulier des femmes et des enfants, et ceux visant à traduire en justice les auteurs d’abus.  Nous lançons également un appel au Gouvernement de transition pour qu’il adopte des mesures concrètes de prévention de tels abus.  Le représentant a par ailleurs relevé que la pauvreté extrême du pays et le taux élevé d’analphabétisme ne font qu’aggraver la vulnérabilité des être humains aux violations de leurs droits.  Le représentant a réitéré le soutien de son pays à la MINUSTAH à laquelle participent 70 soldats guatémaltèques tout en précisant qu’une présence militaire n’est pas suffisante pour assurer la stabilité politique de Haïti.  Il a appelé à davantage de coordination entre les organisations régionales, agences et programmes et les ONG.

M. ENRIQUE BERRUGA (Mexique) a fait part de son soutien à la MINUSTAH qui comprend des composantes d’Amérique latine.  Il a également plaidé pour que la communauté internationale soit présente à long terme dans la perspective de restaurer les institutions haïtiennes.  Le représentant a expliqué que son pays soutient les nombreux mécanismes relatifs à la crise haïtienne et qu’il continuera à fournir une aide humanitaire.  Nous fournissons également une assistance technique pour la tenue des élections et avons fait une promesse d’un don de 20 000 dollars dans le courant de l’année.  Au niveau sous-régional, nous explorons également les possibilités d’établir des partenariats.

M. HANS JACOB FRYDENLUND (Norvège) a déclaré que la situation en Haïti continue de constituer un obstacle au développement économique et démocratique du pays.  Haïti a besoin désormais de restaurer la sécurité et la primauté du droit.  Il est dans ce contexte essentiel que la communauté internationale fasse preuve de son engagement à long terme.  Il est également essentiel de promouvoir la réconciliation nationale dans le cadre d’un processus inclusif et ouvert qui exige la formation politique des dirigeants et des autres acteurs sociaux et politiques.  La Norvège, depuis six ans, s’attache à faciliter le dialogue sur la base de valeurs et de pratiques démocratiques, le but étant de créer un environnement propice à un dialogue.  Nous soutenons également la tenue des prochaines élections et avons fait des contributions financières dans ce sens, a indiqué en conclusion le représentant.

M. LUIS GALLEGOS CHIRIBOGA (Équateur) a souhaité une implication plus déterminée de la communauté internationale pour assister la stabilisation d’Haïti.  La construction de la paix doit être un engagement de tous, a-t-il estimé, en détaillant la contribution de son pays à la MINUSTAH.  Il a appelé les donateurs à verser sans délai les sommes promises lors de la Conférence des donateurs qui s’est tenue à Washington, en juillet 2004.  Le représentant a réaffirmé le profond attachement de sa délégation à la stabilisation d’Haïti et aux grands efforts déployés par des pays qui, comme l’Équateur, disposent de faibles ressources économiques.  Cet engagement, a-t-il estimé, devrait servir d’exemple pour une contribution accrue de la communauté internationale.

M. JUAN A. BUFFA (Paraguay) a estimé que la création de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en Haïti a donné la garantie d’une transition ordonnée et transparente et a permis d’éviter les effets déstabilisateurs de la crise haïtienne sur la région.  Il s’est félicité de la coopération entre l’OEA et l’ONU dans le processus électoral, en espérant la collaboration d’autres États.  Les ressources humaines et financières de la Mission confirment la volonté de la communauté internationale de faire primer le multilatéralisme, a-t-il estimé en rappelant que son pays contribue au personnel de l’état-major de la Mission.  Il a salué la mobilisation active d’un grand nombre de pays d’Amérique latine et des Caraïbes.  Toutefois, a-t-il fait observer, les contributions financières se font encore attendre.  Il a demandé aux pays donateurs d’assouplir leurs procédures pour débloquer les fonds promis.

M. ALLAN ROCK (Canada) a estimé que, sans un environnement sûr, il n’y aura pas de reconstruction économique et sociale ni de processus démocratique en Haïti.  Il a souhaité la mise en place rapide par le Gouvernement de transition d’une commission nationale de désarmement, démobilisation et réinsertion.  Il a ajouté qu’il ne pourrait y avoir de sécurité véritable sans lutte contre l’impunité.  Il s’est cependant inquiété de certaines détentions arbitraires.  Le représentant canadien a indiqué que son pays avait versé 16 millions de dollars canadiens au Gouvernement haïtien pour l’aider à régler ses arriérés de paiement à la Banque mondiale, ce qui lui permettra d’être admissible pour de nouveaux modes de soutien financier offerts par la Banque.  Il a par ailleurs précisé que son pays contribuerait à hauteur de 17 millions de dollars canadiens au bon déroulement du processus électoral.  Il a néanmoins estimé qu’outre certaines conditions techniques, il faudrait avant tout un climat politique propice pour assurer la réussite de la consultation.  Il a souhaité à cet égard un dialogue ouvert et franc entre tous les segments de la société et les principaux partis politiques, y compris le Fanmi Lavalas.

M. MOHAMED BENNOUNA (Maroc) a espéré que les conditions de sécurité seront rétablies au plutôt de manière à ce que le Gouvernement de transition puisse organiser les élections au cours de l’année 2005.  Depuis le mois de novembre, a-t-il poursuivi, le contingent marocain est à pied d’œuvre et s’acquitte parfaitement de ses responsabilités au sein de la MINUSTAH.  De même, la coordination maroco-espagnole fonctionne de façon remarquable, puisque les forces des deux pays ont pris le relais du bataillon chilien à Fort-Liberté et à Terrier-Rouge au nord-est d’Haïti et contrôlent aujourd’hui les principaux points de franchissement de la frontière avec la République dominicaine, en particulier pour contrecarrer la contrebande et le trafic d’armes.  Le représentant a aussi espéré que le Gouvernement de transition, avec l’aide de la MINUSTAH, mènera, sans attendre, ses programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  Le désarmement des bandes armées constitue la condition sine qua non du retour à la stabilité et du succès du processus de transition.  Ce processus, a souligné le représentant, doit être accompagné d’une réforme politique où tous les acteurs

s’engagent à un dialogue et à une coopération pour l’organisation d’élections transparentes et loyales.  L’accomplissement de ces objectifs, a encore estimé le représentant, est aussi largement conditionné par le degré et le niveau de l’assistance internationale, dans les domaines militaire, humanitaire, économique et politique.

M. ORLANDO REQEIJO GUAL (Cuba) a estimé qu’Haïti, berceau des luttes de libération contre le colonialisme en Amérique, était aujourd’hui un pays abandonné par la communauté internationale.  Le pays, a-t-il dit, agonise à cause de catastrophes naturelles dévastatrices et de la dégradation de l’environnement.  Il a estimé que l’exemple de Haïti illustrait parfaitement les conséquences désastreuses de l’ordre international actuel.  Il incombe donc aux membres du Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, de ne pas se limiter aux soi-disant problèmes de sécurité, mais de tenir également compte du fait que seul le développement et le progrès assurent la paix et la sécurité.  Il a indiqué que la collaboration de son pays avec Haïti se concentrait sur les questions de santé et d’éducation.

M. FELIPE H. PAOLILLO (Uruguay) a rappelé que son pays a déployé 585 militaires et policiers au sein de la Mission de l’ONU pour la stabilisation de Haïti, devenant ainsi le troisième plus grand contributeur.  Il a d’ailleurs annoncé la récente décision d’ajouter 200 soldats supplémentaires qui devraient arriver en Haïti au début du mois de février.  Soulignant les responsabilités du Gouvernement de transition, il a jugé que l’heure est venue de lui rappeler les dispositions des résolutions 1542 et 1576 du Conseil de sécurité sur la libération des personnes détenues pour des raisons exclusivement politiques et contre lesquelles aucune charge n’a été présentée.  Le représentant a aussi souligné la nécessité de prendre toutes les mesures requises pour lutter contre l’impunité dans les violations des droits de l’homme.  À l’approche des élections, le représentant a jugé important d’accélérer le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) qui doit répondre à un cadre juridique précis, et d’élaborer des programmes de développement à long terme.  Compte tenu de la situation dans le pays, le représentant a reconnu la nécessité de mettre l’accent sur les programmes à court terme visant à répondre aux besoins fondamentaux des Haïtiens.  La normalisation de la situation politique et en matière de sécurité en Haïti semble être un processus extrêmement difficile à moins que ne s’améliore, de manière substantielle, le cadre socioéconomique par lequel la communauté internationale fournit son assistance.  Si la présence de la MINUSTAH s’accompagne d’une assistance qui apporte ne fut-ce qu’une petite amélioration des conditions de vie en Haïti, la population décuplera sa confiance en la Mission, renforcera sa volonté de coopérer avec elle et facilitera ainsi les processus de réconciliation et de DDR.  Le représentant uruguayen a donc appelé la Mission à mettre en œuvre rapidement des projets à court terme qui ont un impact concret et immédiat sur la population.

M. ERNESTO ARANIBAR QUIROGA (Bolivie) a regretté que, malgré les efforts de l’Organisation des États américains et des Nations Unies depuis 1988, le principe de la légitimité démocratique ne se soit toujours pas imposé en Haïti.  Il a souligné l’efficacité de la MINUSTAH sur le plan humanitaire.  La sécurité, préalable à la tenue d’élections, sera, a-t-il estimé, l’une des tâches les plus ardues pour la MINUSTAH, qui devra non seulement s’assurer de la confiance de la population, mais également mener à bien le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion.  Il a assuré Haïti du soutien de la Bolivie et a espéré que la communauté internationale apportera un soutien durable à ce pays en transition.

N’oublions pas le peuple haïtien et continuons de l’aider à progresser sur les plans social et économique, a déclaré M. MARCO A. SUAZO (Honduras).  Se félicitant du calendrier électoral, il a estimé que le panorama politique semble se dégager.  Il espéré que le calendrier pourra être tenu avant d’aborder le problème humanitaire.  Il a lancé un appel particulier à la communauté internationale pour qu’elle accélère la fourniture de son assistance et en assure la durée.  Tragiquement, a-t-il conclu, une autre catastrophe naturelle dans les pays d’Asie a fait oublier le nombre considérable des victimes de la dernière catastrophe naturelle en Haïti dont les conséquences se sont ajoutées à celles de la pandémie du VIH/sida. 

Mme CARMEN MARIA GALLARDO HERNANDEZ (El Salvador) s’est inquiétée de la détérioration de la situation en Haïti et de la présence de groupes armés qui sont la principale menace à la paix et à la sécurité du pays.  Elle a espéré que les mesures proposées par le Gouvernement de transition contribueront à réduire la violence et à promouvoir un climat favorable à la réconciliation nationale.  En la matière, elle a salué les efforts déployés par la MINUSTAH.  Il faut multiplier les efforts pour mettre en place la commission de désarmement, démobilisation et réinsertion qui est un pas essentiel pour la paix, a-t-elle dit.  Concernant la composante police civile de la Mission, El Salvador, a-t-elle annoncé, envisage de mettre à la disposition de la Mission un plus grand nombre d’officiers de police, en particulier des femmes.  En Haïti, la stabilisation passe par la promotion du dialogue.  La représentante s’est dite heureuse de l’évaluation du Représentant spécial du Secrétaire général après les réunions qu’il a eues avec les représentants des différents segments de la société haïtienne.  La représentante s’est aussi félicitée de l’engagement du Gouvernement de transition en faveur des élections.  Elle a salué le mémorandum d’accord entre l’ONU et l’OEA concernant l’assistance électorale qui établit un comité de coopération électorale pour assurer l’efficacité et la cohésion de l’assistance fournie.  Elle a conclu sur les conséquences de la dernière catastrophe naturelle qui a frappé Haïti, en appelant à un décaissement rapide des fonds promis lors de la Conférence des donateurs à Washington.

Commentant les propos tenus durant le débat, le Représentant spécial du Secrétaire général a, entre autres, noté le souhait des délégations de voir la MINUSTAH accorder la priorité au processus de désarmement.  Il a aussi noté que les délégations ont souligné la nécessité pour Haïti de s’engager dans un processus de réconciliation et de dialogue national que doivent appuyer les Nations Unies.

Déclaration du Président

Le Conseil de sécurité réaffirme le mandat complet de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), tel qu’il a été défini dans les résolutions 1542 (2004) et 1576 (2004) et se déclare pour le maintien de la présence de l’Organisation des Nations Unies en Haïti aussi longtemps que nécessaire.

Le Conseil de sécurité souligne que la réconciliation nationale, la sécurité et le développement économique demeurent la clef de la stabilité en Haïti et, à cet égard, souligne également que l’ensemble des États Membres et des organisations internationales, singulièrement ceux de la région, doivent appuyer le Gouvernement de transition dans cette entreprise.

Le Conseil de sécurité appelle l’attention sur le rôle important joué par la MINUSTAH dans l’instauration d’un climat sûr et se félicite des récentes opérations menées conjointement par la MINUSTAH et la Police nationale haïtienne (PNH), notamment contre tous les groupes armés illégaux. Il fait néanmoins observer qu’il faut prendre de nouvelles mesures d’urgence pour continuer d’améliorer la sécurité. Le Conseil demande de nouveau à toutes les parties présentes en Haïti de respecter les droits de l’homme et de renoncer à recourir à la violence pour promouvoir leurs objectifs.

Le Conseil de sécurité encourage le Gouvernement de transition à créer sans tarder la Commission nationale de désarmement, de démobilisation et de réinsertion, afin de traiter tous les groupes armés, en particulier les anciens membres de l’armée, de façon globale. Il fait observer que toute compensation doit faire partie d’une solution globale et durable.

Le Conseil de sécurité demande de nouveau aux institutions financières internationales et aux pays donateurs de verser sans tarder les fonds qu’ils ont annoncés à la Conférence internationale des donateurs pour Haïti, tenue en juillet 2004. Il reconnaît que la MINUSTAH, les organismes des Nations Unies, les institutions financières internationales et les États Membres doivent aider le Gouvernement de transition à élaborer et mettre en œuvre en Haïti des projets de développement, ainsi que des projets à effet rapide. Le Conseil réaffirme qu’il faut aider le Gouvernement de transition à mettre au point une stratégie de développement à long terme pour Haïti, conformément aux priorités établies dans le cadre de coopération intérimaire.

Le Conseil de sécurité se félicite des mesures prises récemment par le Gouvernement de transition pour libérer certaines personnes détenues sans chef d’accusation ni jugement, et demande au Gouvernement de transition de réviser l’ensemble de ces affaires afin de garantir pleinement le droit d’être jugé équitablement et l’état de droit. À cet égard, le Conseil invite la MINUSTAH à continuer d’appuyer la formation des autorités judiciaires, policières et pénitentiaires haïtiennes aux droits de l’homme, afin d’assurer le respect des normes et règles internationales.

Le Conseil de sécurité encourage le Gouvernement de transition à continuer de prendre des mesures en vue d’instaurer un processus de dialogue national sans exclusive et de réconciliation et invite tous les acteurs politiques en Haïti à renoncer à la violence et à prendre part à ce dialogue sans tarder. Le Conseil appuie pleinement l’action que la Mission continue de mener pour faciliter cette entreprise.

Le Conseil de sécurité demande au Gouvernement de transition, avec l’aide de la MINUSTAH et de l’Organisation des États américains (OEA), de prendre, dans les meilleurs délais, les mesures voulues pour assurer la tenue en 2005 d’élections équitables et libres débouchant sur le transfert des pouvoirs à des autorités élues, et accueille avec satisfaction les décisions prises récemment par le Conseil électoral provisoire (CEP) aux fins de leur préparation. Il encourage tous les partis politiques ayant renoncé à la violence à participer aux élections.

Le Conseil de sécurité déclare son intention d’organiser une mission en Haïti avant le 1er juin 2005, qui pourrait peut-être être menée en même temps qu’une mission du groupe consultatif ad hoc sur Haïti du Conseil économique et social.

Le Conseil de sécurité exprime sa gratitude aux pays qui fournissent du personnel à la Mission. Il engage les pays concernés à fournir dès que possible des contingents et du personnel de police en nombre suffisant pour atteindre l’effectif autorisé pour la MINUSTAH, en soulignant que l’achèvement rapide de ce processus est indispensable pour continuer d’assurer le succès de l’opération.

Le Conseil de sécurité déclare appuyer sans réserve le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, Juan Gabriel Valdés, et rend hommage à la MINUSTAH et à l’ensemble de son personnel pour leur action.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.