L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE PLUSIEURS RÉSOLUTIONS POUR RENFORCER L’EFFICACITÉ DES ACTIVITÉS D’AIDE HUMANITAIRE

15 décembre 2005
AG/10434

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE PLUSIEURS RÉSOLUTIONS POUR RENFORCER L’EFFICACITÉ DES ACTIVITÉS D’AIDE HUMANITAIRE

15/12/2005
Assemblée générale
AG/10434
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Assemblée générale

63e séance plénière - matin

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE PLUSIEURS RÉSOLUTIONS POUR RENFORCER L’EFFICACITÉ DES ACTIVITÉS D’AIDE HUMANITAIRE

Elle établit un Fonds central d’intervention d’urgence afin de pouvoir lancer des opérations de secours dès les premiers jours suivant une catastrophe

L’Assemblée générale a décidé ce matin de « transformer l’actuel Fonds central autorenouvelable d’urgence en Fonds central d’intervention d’urgence grâce à l’incorporation d’une composante dons reposant sur des contributions volontaires, qui sera reconstitué à intervalles réguliers, afin de pouvoir réagir de manière plus prévisible et en temps voulu aux urgences humanitaires », selon les termes de la résolution sur le « renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies »1 qu’elle a adoptée par consensus après une révision orale.  On s’attend à ce que la composante dons soit dotée d’un montant de 500 millions de dollars, soit 450 millions de plus que l’élément prêts du Fonds autorenouvelable, créé en 1991. 

« Nous sommes passés des paroles aux actes », s’est félicité le Président de l’Assemblée générale, Jan Eliasson (Suède), qui a estimé que, par cette décision, l’Assemblée s’était acquittée du mandat donné par les dirigeants de la planète lors du Sommet mondial de septembre 2005.  Depuis trop longtemps, a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, l’argent n’arrivait que lentement alors que l’on aurait pu sauver des vies.  Il a  souhaité que l’appui manifesté par l’Assemblée générale en faveur du nouveau fonds se traduise par un financement plus généreux et immédiat.

Le Document final du Sommet mondial avait en effet appelé les États Membres de l’ONU, au titre des mesures destinées à la cohérence du système des Nations Unies, à « renforcer l’efficacité des interventions humanitaires, en faisant en sorte que les fonds nécessaires soient plus rapidement disponibles et plus prévisibles ».    

L’Assemblée a adopté quatre autres résolutions pour renforcer la coordination de l’aide humanitaire d’urgence.  C’est ainsi que l’Assemblée2 invite les donateurs à se souvenir qu’il importe d’aider autant les victimes des catastrophes naturelles très médiatisées que celles de catastrophes dont on parle moins, l’allocation des ressources devant être déterminée par les besoins.  Elle demande3 en outre à toutes les parties à des conflits armés de s’abstenir d’enlever des membres du personnel humanitaire ou des membres du personnel des Nations Unies et du personnel associé, ou de les détenir en violation du droit international humanitaire applicable, et de libérer rapidement, sans leur causer de tort, tous ceux qui auraient été enlevés ou détenus.  Les États Membres4 ont par ailleurs été

priés d’élaborer des programmes d’éducation qui graveront dans l’esprit des générations futures les enseignements du génocide perpétré au Rwanda afin d’aider à prévenir d’autres actes de génocide.  Dans une résolution sur l’assistance au peuple palestinien5, l’Assemblée demande à la communauté internationale de fournir rapidement l’aide promise au peuple palestinien, de façon à répondre à ses besoins urgents de fournir d’urgence l’assistance et les services nécessaires pour essayer d’atténuer la crise dramatique sur le plan humanitaire que vivent les enfants palestiniens et leur famille.

Enfin, avant de suspendre sa séance avec un débat autour d’un rapport du Secrétaire général6 sur l’appui des Nations Unies aux démocraties nouvelles et restaurées, L’Assemblée générale a décidé d’inclure un nouveau point à son ordre du jour, intitulé « Suite à donner aux recommandations de la Commission d’enquête indépendante sur la gestion administrative et le contrôle interne du programme Pétrole contre nourriture de l’Organisation des Nations Unies ». 

Les représentants des pays suivants ont pris la parole ce matin: Cuba, Israël, Palestine, Mongolie et Royaume-Uni (au nom de l’Union européenne).  L’Observatrice permanente de l’Union interparlementaire s’est également exprimée.

La prochaine réunion de l’Assemblée générale se tiendra demain, vendredi 16 décembre 2005.

1. A/60/L.38

2. A/60/L.39

3. A/60/L.37

4. A/60/L.34 et A/60/L.35

5. A/60/L.36

6. A/60/556

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

Renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies; Assistance au peuple palestinien

Explications de position

Le représentant de Cuba, qui s’exprimait sur le projet de résolution A/60/L.38, a affirmé que son pays avait élargi sa coopération avec ses voisins des Caraïbes et du golfe du Mexique pour faire face aux ouragans.  Il a ajouté cependant que, dans le cadre de situations de catastrophes, on ne devrait pas présenter, selon lui, comme c’est le cas au paragraphe 9 du texte, une réinterprétation de ce qui a déjà été décidé par ailleurs.  Le représentant a espéré sincèrement que le Fonds central d’intervention d’urgence pourra être utilisé afin de répondre aux besoins en cas de crise et que les ressources pourront être réparties de manière équitable.

Le représentant d’Israël a souligné que la rédaction de la résolution A/60/L.36 était un exemple d’un processus qui favorisait le respect mutuel et le compromis, contrairement aux autres résolutions sur le Moyen-Orient qui ciblaient Israël.  Il a assuré que son pays avait pris différentes mesures pour améliorer le bien-être de ses voisins palestiniens, notamment dans l’acheminement d’aliments, de médicaments et d’autres produits de base aux populations civiles palestiniennes malgré un contexte de terrorisme.  Il a estimé que le terrorisme continuait à être le plus grand obstacle à l’amélioration de l’aide humanitaire au peuple palestinien.  Tout en déplorant le fait que des terroristes puissent traverser librement le poste frontière de Rafah, en dépit de l’accord signé en novembre dernier, le représentant israélien a indiqué qu’au 12 décembre 2005, 23 000 employés palestiniens étaient autorisés à travailler en Israël dans divers secteurs.  L’aide humanitaire doit être fournie sans sélectivité ni politisation, a-t-elle poursuivi en concluant que la décision israélienne de se joindre au consensus ne devait pas être interprétée comme une adhésion à certains éléments contenus dans le texte.

La représentante de la Palestine a déclaré que l’inclusion du texte sur les enfants palestiniens dans la résolution A/60/L.36 était un message très fort et une reconnaissance de la part de la communauté internationale des effets négatifs de l’occupation israélienne sur les enfants.  Nous attendons le jour où le peuple palestinien n’aura plus à dépendre de l’assistance humanitaire et pourra vivre dans un territoire exempt de la peur et du terrorisme d’État, a-t-elle conclu.

Déclarations

M. JAN ELIASSON, Président de l’Assemblée générale, se félicitant de l’adoption de la résolution sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies établissant le Fonds central d’intervention d’urgence, a affirmé que ce fonds représentait une modernisation importante du cadre fondamental de la coordination de l’aide humanitaire internationale par les Nations Unies.  Par ce vote, a-t-il poursuivi, l’Assemblée générale s’est acquittée du mandat donné par les dirigeants des États Membres, lesquels, en septembre dernier, l’avaient appelée dans le Document final du Sommet mondial à procéder à des améliorations concrètes du système d’intervention humanitaire.  Nous sommes passés des paroles aux actes, a relevé le Président de l’Assemblée.

En établissant le Fonds central d’intervention d’urgence, l’Assemblée générale a pris une décision importante pour faire en sorte que la réponse internationale aux crises humanitaires d’aujourd’hui soit plus efficace et plus équitable, a ajouté M. Eliasson.  Selon lui, un financement humanitaire modernisé n’est, cependant, qu’un des éléments clefs du processus de réforme du secteur humanitaire.  Nous avons également besoin de renforcer la capacité du système humanitaire mondial et de continuer d’améliorer la coordination des activités sur le terrain.  Ces éléments du programme de réforme doivent être traités de concert pour que l’ensemble soit véritablement efficace, a-t-il poursuivi, notant que toutes ces composantes nécessitaient l’appui des États Membres.

M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, s’est déclaré heureux que les États Membres aient approuvé la création d’un Fonds central d’intervention d’urgence, mandaté par le Document final du Sommet mondial.  Cette décision signifie que dans le domaine essentiel de l’assistance humanitaire, les Nations Unies feront plus, et feront plus vite, a-t-il ajouté.  Le Document final du Sommet était un document très ambitieux et son suivi est une tâche énorme, a-t-il affirmé, précisant que, depuis le début, l’on savait qu’il fallait faire preuve d’audace pour préparer les Nations Unies aux exigences du XXIe siècle.  Nous pouvons, grâce aux efforts du Président Eliasson et de tous les États Membres, célébrer notre première réussite, a-t-il assuré.  Selon le Secrétaire général, le Fonds central renouvelable d’urgence représente un élément clef de la réforme humanitaire, une telle réforme, comme il l’a mentionné dans son rapport « Dans une liberté plus grande », devant prévoir un financement plus rapide et prévisible, une capacité de réponse humanitaire renforcée et une meilleure coordination sur le terrain.

Depuis trop longtemps, l’aide humanitaire n’a été fournie qu’en réaction à des problèmes, a déclaré M. Annan.  Depuis trop souvent, a-t-il ajouté, l’argent n’arrivait que lentement alors que l’on aurait pu sauver des vies.  Il a espéré que l’appui manifesté par l’Assemblée générale en faveur du nouveau Fonds se traduira par un financement plus généreux et immédiat, et, surtout, permettra de sauver des vies.  Le Secrétaire général a souhaité que d’autres pièces du puzzle du suivi du Sommet soient prochainement mises en place.  Il a ainsi espéré l’adoption par les États Membres du projet de résolution révisé établissant la Commission de consolidation de la paix.

APPUI DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES AUX EFFORTS DÉPLOYÉS PAR LES GOUVERNEMENTS POUR PROMOUVOIR ET CONSOLIDER LES DÉMOCRATIES NOUVELLES OU RÉTABLIES

Déclarations

M. BAATAR CHOISUREN (Mongolie) a affirmé, en tant que représentant du pays hôte de la cinquième Conférence internationale des démocraties nouvelles ou rétablies, qui s’est tenue à Oulan-Bator en 2003 et en tant que Président actuel de la Conférence, que les déclarations et les plans, bien qu’importants, ne suffisaient pas.  Ils doivent être suivis d’actions concrètes, a-t-il estimé, citant, à cet égard, les propos du Secrétaire général dans son rapport « Dans une liberté plus grande », selon lesquels les engagements doivent être égalés par la performance.  La Mongolie, a-t-il précisé, a lancé, pour la première fois dans l’histoire de la Conférence internationale des démocraties nouvelles ou rétablies, une expérience pionnière en mettant en œuvre des activités de suivi des documents finaux de la Conférence et en catalysant un processus national d’adaptation et de développement de l’agenda démocratique international.

Le représentant a ainsi souligné que le Gouvernement de la Mongolie avait lancé un programme pilote visant notamment à élaborer un plan d’action national pour consolider la démocratie, à développer des indicateurs nationaux de gouvernance démocratique.  Ce programme, a-t-il dit, facilitera la mise au point et l’application de méthodologies que les démocraties nouvelles ou rétablies peuvent utiliser pour la préparation de leurs plans d’action nationaux et des indicateurs de données, tels que définis dans le Plan d’action d’Oulan-Bator.  Le représentant a indiqué que son pays présenterait prochainement un projet de résolution sur cette question, dont le texte sera distribué la semaine prochaine à l’ensemble des délégations.

M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni), s’exprimant au nom l’Union européenne (UE), a noté que l’UE demeurait résolue à œuvrer pour la promotion de la démocratie partout dans le monde.  La promotion et la protection des droits de l’homme constituent une condition préalable à l’avènement d’une société démocratique de même que la démocratie est le meilleur moyen pour assurer à long terme une réalisation complète de tous les droits de l’homme, a affirmé l’intervenant qui a salué l’affirmation de ce principe contenu dans le Document final du Sommet mondial de septembre dernier.  Il a par ailleurs estimé qu’il était nécessaire de soutenir la démocratie dans tous les pays en transition et que l’ONU représentait le cadre international le plus approprié pour consolider la paix et la démocratie dans le monde.  Saluant enfin la création du Fonds de l’ONU pour la démocratie, ainsi que le succès de la cinquième Conférence internationale des démocraties nouvelles ou rétablies d’Oulan-Bator qui a prouvé, selon lui, l’adhésion de plus en plus large au sein de la communauté internationale aux valeurs démocratiques, le représentant a observé que la diffusion de la bonne gouvernance et l’établissement de l’état de droit représentaient le meilleur moyen pour renforcer le droit international.

Mme ANDA FILIP, l’Observatrice permanente de l’Union interparlementaire (UIP), a présenté les efforts de l’UIP dans le cadre de la Conférence internationale des démocraties nouvelles ou rétablies tenue à Oulan-Bator en septembre 2003.  Au terme de cette conférence, a-t-elle indiqué, les 150 parlementaires de 50 pays différents ont adopté une Déclaration dans laquelle ils réitéraient les principes fondamentaux de la démocratie et identifiaient une série de mesures parlementaires pour le renforcement de la démocratie, telles qu’une réforme législative pour favoriser une participation plus grande des femmes au processus de prise de décisions.  L’Observatrice a également déclaré que la démocratie ne devait pas rester un concept purement théorique et pouvait aider par exemple à la lutte contre la corruption.  Elle a enfin souligné que l’UIP suivait les recommandations de la Conférence, citant en exemple la publication en début d’année prochaine de la mise à jour de critères pour des élections libres et justes («  Free and Fair Elections: International and Practice ») et la poursuite de son assistance aux parlements nationaux de démocraties émergentes.    

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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