L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LANCE LA PHASE INITIALE DU MÉCANISME DE NOTIFICATION ET D’ÉVALUATION SYSTÉMATIQUES DE L’ÉTAT DU MILIEU MARIN

29 novembre 2005
AG/10426

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LANCE LA PHASE INITIALE DU MÉCANISME DE NOTIFICATION ET D’ÉVALUATION SYSTÉMATIQUES DE L’ÉTAT DU MILIEU MARIN

29/11/2005
Assemblée générale
AG/10426
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

56e & 57e séances plénières

matin & après-midi

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE LANCE LA PHASE INITIALE DU MÉCANISME DE NOTIFICATION ET D’ÉVALUATION SYSTÉMATIQUES DE L’ÉTAT DU MILIEU MARIN

Elle débat également de la situation en Afghanistan et de la question de Palestine

L’Assemblée générale, qui a adopté aujourd’hui deux résolutions portant sur le droit de la mer et la viabilité des pêches, a lancé l’« évaluation des évaluations », autrement dit la phase initiale du Mécanisme de notification et d’évaluation systématiques à l’échelle mondiale de l’état du milieu marin, y compris les aspects socioéconomiques, prévus dans le cadre du Plan de mise en œuvre de Johannesburg.  Les délégations ont, par ailleurs, longuement débattu de la situation en Afghanistan et de la question de la Palestine.

L’« évaluation des évaluations » devra être achevée dans un délai de deux ans, précise l’Assemblée générale dans sa résolution1, adoptée par 141 voix, contre une (Turquie) et quatre abstentions (Colombie, Équateur, Liban et Venezuela).  L’Assemblée a également créé une structure comprenant un Groupe directeur spécial chargé de superviser le bon déroulement de l’« évaluation des évaluations », deux organismes des Nations Unies qui codirigeront les opérations et un Groupe d’experts.  Le Groupe directeur spécial devra notamment arrêter un programme de travail pour l’« évaluation des évaluations » sur la base de propositions que le Groupe d’experts présentera par l’intermédiaire des organismes chefs de file et le communiquer aux États Membres de l’ONU.

L’Assemblée générale, dans cette même résolution, a fixé les modalités de la prochaine réunion, prévue en février 2006 à New York, du Groupe de travail spécial officieux chargé d’étudier les questions relatives à la conservation et à l’exploitation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale.

Ce Groupe de travail à composition non limitée a été créé l’an dernier par l’Assemblée générale, dans sa résolution 59/24.  Il a notamment pour objectif d’indiquer, le cas échéant, les solutions et méthodes permettant de promouvoir la coopération et la coordination internationales pour la conservation et l’exploitation durable de la biodiversité marine dans les zones situées au-delà de la juridiction nationale. 

La réunion du Groupe de travail spécial sera ainsi ouverte à tous les États Membres de l’ONU et à toutes les Parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.  Elle sera coordonnée par deux coprésidents nommés par le Président de l’Assemblée générale, en consultation avec les États Membres et compte tenu de la nécessité de représenter les pays développés et les pays en développement.

Dans une autre résolution2, adoptée sans vote, sur la viabilité des pêches, l’Assemblée générale demande instammentaux États d’éliminer les obstacles au commerce, y compris les crêtes tarifaires, les droits élevés et les barrières et mesures non tarifaires.  Elle demande en outre instamment aux États et aux organisations internationales et nationales concernées de faire en sorte que les petits pêcheurs participent à l’élaboration des politiques et des stratégies de gestion des pêches de manière à assurer la viabilité à long terme de la pêche artisanale.

Par ailleurs, l’Assemblée générale a consacré un débat à la situation en Afghanistan et à ses conséquences pour la paix et la sécurité3.  Ce débat intervient une semaine avant le quatrième anniversaire de l’Accord de Bonn du 5 décembre 2001, a souligné le représentant afghan.  La réussite de la transition lancée par l’Accord de Bonn, illustrée par le succès des récentes élections, ne doit cependant pas signifier à son avis la fin de l’engagement de la communauté internationale en Afghanistan, mais plutôt le début d’une nouvelle phase.  Parmi les nombreux progrès réalisés par l’Afghanistan, le délégué de l’Allemagne, qui présentait un projet de résolution sur lequel l’Assemblée générale se prononcera demain, a cité les efforts entrepris en vue de la démobilisation et du désarmement des anciens combattants, de la refonte d'institutions comme la police, l'armée et la justice, de la reconstruction économique et de l’amélioration de la condition des femmes.  Un long chemin a été fait, a-t-il dit, mais il reste de nombreux défis à relever, en particulier liés à la situation en matière de sécurité et le combat contre la production et le trafic de drogue.

La présentation, par le Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, de quatre projets de résolution sur la question de la Palestine, ainsi que l’examen des rapports4 du Comité et du Secrétaire général sur le règlement de la question de Palestine, ont également été l’occasion d’un long débat au cours duquel de nombreuses délégations ont notamment salué l’accord conclu le 15 novembre dernier entre Israël et l'Autorité palestinienne permettant la réouverture du terminal de Rafah. 

Le Ministre des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Nasser Al-Kidwa, a estimé que le 30e anniversaire, célébré il y a quelques semaines, du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien évoquait la réalité tragique du peuple palestinien, lequel était toujours privé de ses droits inaliénables, comme le droit à l’autodétermination et à l’indépendance nationale, en raison de l’attitude d’Israël qui continue de défier la communauté internationale et le droit international.  De son côté, le représentant des États-Unis a jugé que le mandat de 1975 établissant le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et le mandat de 1977 créant la Division des droits palestiniens au sein du Secrétariat perpétuaient une démarche partiale et inégale à l’égard du conflit au Moyen-Orient.  Ces organes reflètent une vision révolue de la Guerre froide, a-t-il déclaré, ajoutant que les Nations Unies devraient les éliminer et chercher les moyens de revitaliser l’Organisation en tant que partenaire impartial dans la recherche de la paix.

Les délégués des pays suivants ont pris la parole: Venezuela, Chili, Barbade, Allemagne, Afghanistan, Royaume-Uni (au nom de l’Union européenne), Pakistan, Inde, Japon, Islande, Nouvelle-Zélande, Norvège, République islamique d’Iran, Canada, Chine, Koweït, République de Corée, Indonésie, Malaisie, Australie, Sénégal, Émirats arabes unis, Tunisie, Égypte, Inde, Algérie, Bahreïn, Yémen, Cuba, Soudan, États-Unis et Arabie saoudite.  Le Ministre des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne s’est également exprimé.  L’observateur de la Palestine a exercé son droit de réponse.

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale aura lieu demain à 10 heures.

1. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.22

2. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.23

3. Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales publié sous la cote A/60/224-S/2005/525

4. Rapport du Comité sur l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien publié sous la cote A/60/35 et rapport du Secrétaire général sur le règlement de la question de Palestine publié sous la cote A/60/539

LES OCÉANS ET LE DROIT DE LA MER: LA VIABILITÉ DES PÊCHES, NOTAMMENT GRÂCE À L’ACCORD DE 1995 AUX FINS DE L’APPLICATION DES DISPOSITIONS DE LA CONVENTION DES NATIONS UNIES SUR LE DROIT DE LA MER DU 10 DÉCEMBRE 1982 RELATIVES À LA CONSERVATION ET LA GESTION DES STOCKS DE POISSONS DONT LES DÉPLACEMENTS S’EFFECTUENT TANT À L’INTÉRIEUR QU’AU-DELÀ DE ZONES ÉCONOMIQUES EXCLUSIVES (STOCKS CHEVAUCHANTS) ET DE STOCKS DE POISSONS GRANDS MIGRATEURS, ET D’INSTRUMENTS CONNEXES

Le projet de résolution A/60/L.22 a été adopté par 141 voix pour, une contre (Turquie) et 4 abstentions (Colombie, Équateur, Jamahiriya arabe libyenne et Viet Nam) et le projet de résolution A/60/L.23 a été adopté sans vote.

Explications de position

La représentante du Venezuela a indiqué, s’agissant de la résolution sur « les océans et le droits de la mer » que le Venezuela n’était pas partie à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982, y compris l’Accord de 1995.  C’est pourquoi son pays ne se sentait pas concerné par les dispositions de cette Convention, sauf pour les parties que le Venezuela aura choisi dans le cadre de conventions qu’elle pourra signer dans le futur.  Les raisons qui ont empêché son pays de ratifier cette Convention perdurent, a souligné la représentante, et c’est pourquoi notre délégation s’abstiendra sur cette résolution.  Revenant sur l’alinéa 4 du projet de résolution, elle a affirmé que cette Convention n’était ni unitaire ni universelle, en conséquence elle ne s’applique pas aux parties non contractantes.  S’agissant du projet de résolution sur la « viabilité des pêches », l’intervenante a expliqué que son pays avait mis en place une réglementation en matière de pêche et d’aquaculture, à travers notamment des programmes visant la préservation des ressources maritimes.  Réaffirmant que le Venezuela n’est pas partie à la Convention de l’ONU sur le droit de la mer, elle a indiqué que sa délégation, en dépit de ces réserves, ne bloquera pas le consensus. 

Le représentant du Chili a déclaré que sa délégation avait soutenu le consensus pour l’adoption du projet de résolution sur la viabilité des pêches, étant entendu les éléments suivants.  D’abord, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer contient des normes autonomes et complètes en matière de pêche en haute mer, qui ont une validité à part entière et propre.  Ensuite, nous avons choisi le consensus sur le point faisant référence à l’« Accord de 1995 sur l’application des dispositions de la Convention de l’ONU sur le droit de la mer de 1982 » parce que même si le Chili n’en fait pas partie, il partage ces principes et les applique, a expliqué le représentant.  Enfin, en ce qui concerne le principe de compatibilité, clairement exprimé par les instruments juridique cités dans la résolution et le droit international, nous pensons qu’il doit être pleinement appliqué en haute mer par chaque navire de pêche et chaque pays côtier correspondant, lorsqu’il s’agit de ressources partagées et présentes dans cet espace maritime, ainsi que dans la zone économique exclusive respective, a conclu le délégué.

Le représentant de la Barbade a déclaré que sa délégation appuyait pleinement le contenu du paragraphe 46 de la résolution sur les « océans et le droit de la mer ».  Il s’agit d’un appel lancé à l’ensemble des États en ce qui concerne un régime concernant la divulgation d’informations relatives au transport des matières radioactives à travers les régions où se trouvent les petits États insulaires en développement.  Ce transport est dangereux pour la vie et les écosystèmes de notre pays, a souligné le représentant qui a rappelé que sa délégation rejetait avec détermination les arguments avancés par certains pays selon lesquels seule l’Agence internationale de l’énergie atomique était habilitée à examiner cette question.  Il s’agit au contraire d’une question qui doit être abordée dans un cadre intergouvernemental élargi et l’Assemblée générale, qui constitue le seul organe délibérant démocratique, est un cadre approprié.  En essayant de justifier ce transport, certains parlent de sécurité, ce qui est inacceptable après le 11 septembre, car des terroristes peuvent attaquer des navires avec ce type de cargaison, et cela quel que soit leur état de sécurité.

LA SITUATION EN AFGHANISTAN ET SES CONSÉQUENCES POUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES; ASSISTANCE INTERNATIONALE D’URGENCE POUR LE RÉTABLISSEMENT DE LA PAIX ET DE LA NORMALITÉ EN AFGHANISTAN ET POUR LA RECONSTRUCTION DE CE PAYS DÉVASTÉ PAR LA GUERRE

Rapport du Secrétaire général (A/60/224-S/2005/525)

Dans ce rapport, le Secrétaire général donne un aperçu des progrès accomplis dans l’application de l’Accord de Bonn, en particulier durant la période écoulée depuis la publication de son précédent rapport, daté du 18 mars 2005.  Les parties à l’Accord de Bonn s’étaient engagées à mettre en œuvre un processus politique soulignant le droit des Afghans à choisir librement leur avenir politique.  Le processus de Bonn a ainsi tracé la voie d’une transition progressive, vers la mise en place de structures de pouvoir de plus en plus légitimes, et aboutissant à l’établissement d’un gouvernement pleinement représentatif et librement élu.

Selon le Secrétaire général, le processus de Bonn a donné certains résultats remarquables, en particulier le passage à des institutions politiques élues, transition qui s’achèvera dans quelques semaines avec la tenue d’élections législatives et locales.  Ces résultats sont à mettre au crédit de la ténacité des Afghans, dans la lutte qu’ils ont menée pour reconstruire leur pays dévasté par plus de 20 années de guerre.  Ils s’expliquent aussi par la qualité du partenariat qui s’est noué entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale, notamment les forces militaires, qui n’ont pas lésiné sur leur coopération et leur appui.

Le Secrétaire général souligne que les critères politiques énoncés dans l’Accord de Bonn du 5 décembre 2001 auront été remplis une fois qu’auront été tenues les élections législatives (à la Wolesi Jirga) et les élections aux conseils provinciaux, le 18 septembre de cette année.  Il affirme que des progrès sensibles ont été faits dans la réalisation des objectifs de ce processus politique, mais l’application du volet institutionnel de l’Accord de Bonn a été inégale selon les secteurs.  Le renforcement des institutions continue à faire problème.  De nombreuses institutions publiques d’importance critique aux niveaux national et provincial demeurent fragiles et vulnérables à la corruption.  Les efforts faits pour réformer les institutions du secteur de la sécurité ont rencontré un succès mitigé.  Avec l’achèvement du volet « désarmement et démobilisation » du programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, un concours supplémentaire de 21 millions de dollars sera nécessaire pour parachever les efforts de réinsertion actuellement menés et pour appliquer avec succès le programme établi pour disperser les groupes armés illégaux.  L’Armée nationale afghane atteindra, avec trois ans d’avance, l’effectif visé de 43 000 hommes d’ici à septembre 2007.

En dépit de l’action des forces de lutte contre les stupéfiants, la culture du pavot et le commerce des stupéfiants demeurent l’une des principales menaces pesant sur l’établissement de la légalité et sur un bon gouvernement de l’Afghanistan, écrit le Secrétaire général.  Si cette tendance n’est pas contrecarrée, la fragile démocratisation du pays et l’édification de l’État seront compromises et les résultats obtenus jusqu’à présent seront menacés.  La réforme du secteur de la justice a été relativement lente, retardée par le manque de capacités, d’équipements et de moyens de communication, mais aussi par la difficulté d’intégrer les mécanismes de la justice traditionnelle dans la réforme de la justice.  Le Gouvernement a pris plusieurs mesures pour réformer le secteur public et la fonction publique.  Mais les ressources consacrées au développement d’administrations provinciales efficaces, obéissant aux instructions du gouvernement central, sont restées insuffisantes.  La Commission afghane indépendante des droits de l’homme a eu un effet positif sur la défense des droits de l’homme; cet effet se poursuivra sans doute, car la Commission est actuellement présente dans 11 villes du pays.

Par ailleurs, le Secrétaire général constate qu’au cours des derniers trois ans et demi, une croissance économique importante a eu lieu dans les villes et la sécurité alimentaire s’est notablement améliorée; pourtant, malgré ces résultats, la reconstruction est entravée par la situation incertaine sur le plan de la sécurité, à quoi s’ajoute le sous-développement de la législation et de la réglementation, qui continue à décourager les investisseurs privés.  Malgré une aide internationale importante accordée à l’Afghanistan, le passage de la phase des secours à celle du relèvement est compromis par des années de sécheresse, le nombre de personnes déplacées, les problèmes fonciers, les pressions de l’urbanisation, qui s’expliquent par le grand nombre de personnes rentrées au pays et, plus récemment, les graves inondations dans certains districts.  Les moyens de prévenir les catastrophes mis en place par les services de l’administration afghane sont de plus en plus efficaces et ces services ont assumé des responsabilités nouvelles dans les secours en cas de catastrophe et l’aide humanitaire.

La sécurité, en Afghanistan, reste le principal problème.  Les insurgés, les éléments opposés au gouvernement, en particulier dans le sud et le sud-est du pays, manifestent une sophistication grandissante dans l’emploi des armes utilisées et le type d’attaques commises.  Pour aider à endiguer toute montée de la violence dans les semaines précédant et suivant les élections, diverses mesures (conçues sur le modèle de celles prises lors des élections présidentielles de l’an dernier) ont été prises par les forces militaires internationales et par l’Administration de transition. 

Selon le Secrétaire général, il n’y a pas de solution simple aux problèmes de la violence extrémiste et du terrorisme.  Le Gouvernement afghan doit pour sa part chercher à les résoudre, en particulier en s’attaquant avec énergie à la corruption et à l’inefficacité de certains fonctionnaires, qui risquent de compromettre la confiance de la population dans les institutions de gouvernement.  Les organismes nationaux et internationaux qui participent à la reconstruction doivent continuer à faire de leur mieux, dans des conditions qui, dans plusieurs provinces, sont extrêmement difficiles.  Mais cela ne suffira pas à limiter l’activité des extrémistes, que leur isolement politique intérieur, démontré à plusieurs reprises depuis le début du processus de Bonn, n’a pas empêché de trouver, année après année, des ressources financières et des moyens de lancer des attaques de plus en plus violentes contre les fonctionnaires afghans et les communautés locales.  Les Taliban et le mouvement Hezb-Islami-Gulbuddin Hekmatyar ne sont pas des opérateurs autonomes; leurs sources extérieures de soutien doivent être éliminées, si l’on veut épargner à l’Afghanistan la perspective d’une insurrection interminable, dont les conséquences seraient imprévisibles tant pour le pays que pour l’ensemble de la région.

Déclarations

M. JAN ELIASSON (Suède), Président de l’Assemblée générale, a affirmé que l’Afghanistan continuait de faire face à de graves défis et menaces, tels que la sécurité, le développement ou l’assistance humanitaire.  L’aide de la communauté internationale dans le maintien de la paix, l’assistance humanitaire et l’attribution de fonds est essentielle, a-t-il dit, ajoutant que les Nations Unies et les agences spécialisées continueraient de jouer un rôle important dans le processus qui a suivi les Accords de Bonn.  Le Président s’est félicité de l’importance des Nations Unies dans la mobilisation de la communauté internationale en matière de développement, de sécurité et de droits de l’homme en Afghanistan.

M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré que la fin du Processus de Bonn était une étape majeure pour l'Afghanistan et pour la communauté internationale.  Il a rappelé que de nombreux progrès ont été accomplis dans le pays dans le rétablissement de la sécurité, la démobilisation et le désarmement des anciens combattants, la refonte d'institutions comme la police, l'armée et la justice, la reconstruction économique et la condition des femmes.  À cet égard, M. Pleuger a fait remarquer que le Gouvernement afghan compte actuellement trois femmes et 10% des candidats aux élections parlementaires et du Conseil provincial de septembre 2005 étaient des femmes.  À la Chambre basse du Parlement afghan, les femmes représentent 27,4% des membres, taux plus élevé que dans de nombreux pays occidentaux.  Le nouveau Parlement aura une représentation multiethnique équitable, de même que l’actuel Gouvernement qui a étendu ses pouvoirs au-delà de Kaboul.  Le retour de 3,5 millions de réfugiés depuis 2002 montre que les Afghans sont plus optimistes pour l’avenir du pays.  Il faut cependant poursuivre les efforts pour faciliter le retour et la réintégration durable des autres réfugiés et personnes déplacées, a-t-il souligné, estimant que le processus politique en Afghanistan et l'engagement financier de la communauté internationale ont permis au peuple afghan « fatigué par la guerre et la misère » d'appliquer les différentes étapes prévues dans l'Accord de Bonn.  Nous avons fait un long chemin, a-t-il poursuivi, mais il reste néanmoins de nombreux défis à relever, en particulier liés à la situation en matière de sécurité en Afghanistan et le combat contre la production et le trafic de drogue.

Le représentant a estimé que le projet de résolution présenté aujourd'hui reflétait à la fois les progrès réalisés et le chemin encore à faire.  L'Afghanistan peut être un excellent modèle de construction de la paix, a-t-il ajouté, rappelant que ce processus permettait également de s'attaquer au terrorisme international.  Il a rappelé que l'Allemagne restait très attachée à ce processus, soulignant sa contribution financière, militaire, politique, civile, culturelle et économique, et assuré que cet engagement serait poursuivi par le nouveau Gouvernement allemand.

M. RAVAN FARHÂDI (Afghanistan) a affirmé qu’il était temps, une semaine avant le quatrième anniversaire de l’Accord de Bonn du 5 décembre 2001, de dresser le bilan des événements survenus en Afghanistan et d’évaluer les défis à venir.  Il a rappelé qu’il y a juste deux mois, le 18 septembre 2005, des millions d’hommes et de femmes, bravant les menaces de ceux qui voulaient briser le processus politique, s’étaient rendus aux urnes pour élire leurs représentants à l’Assemblée nationale et dans les conseils provinciaux.  Il a mis l’accent sur la représentation massive des femmes au sein de l’Assemblée, égale au 27%, soit un niveau sans précédent dans la vie politique afghane.  La première session du nouveau Parlement élu est prévue le mois prochain, marquant ainsi un nouveau chapitre de l’histoire récente de l’Afghanistan, a-t-il précisé.  Le représentant a également souligné que le pays avait atteint la fin du volet politique du Processus de Bonn.  Depuis l’adoption, l’an dernier, de la résolution de l’Assemblée générale, des avancées substantielles ont été faites, a-t-il déclaré.  Des progrès continuent d’être réalisés vers la formation d’une armée et d’une police nationales, a-t-il poursuivi.  Le pays se trouve également dans la phase finale du processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), a-t-il noté, indiquant que 60 000 anciens combattants avaient ainsi été désarmés et démobilisés.  Le démantèlement des groupes armés illégaux avance également.  Le représentant a par ailleurs assuré que la République islamique d’Afghanistan continuait de renforcer la protection et la promotion des droits de l’homme dans l’ensemble du pays.

Il a affirmé que l’absence de sécurité dans certaines parties du sud et du sud-est de l’Afghanistan, due aux activités des Taliban, d’Al-Qaida et d’autres groupes extrémistes, constituait le principal défi à la stabilité et au développement de l’Afghanistan.  Il a réaffirmé l’engagement de son pays à combattre le fléau du terrorisme sous toutes ses formes.  De même, il a souligné que son Gouvernement avait pris des mesures importantes pour lutter contre la culture, la production et le trafic de stupéfiants, avec notamment la création d’un ministère spécial, la mise en œuvre d’un plan de lutte et la mise en place à cet effet d’un fonds d’affectation spéciale.  Le représentant a également évoqué la préparation de la Stratégie afghane de développement national destinée à lutter contre les problèmes tels que la pauvreté, la mortalité infantile et maternelle, la malnutrition et l’absence de ressources nécessaires pour la santé.  Il a estimé que la réussite de la transition lancée par l’Accord de Bonn ne devait pas signifier la fin de l’engagement de la communauté internationale en Afghanistan, mais plutôt le début d’une nouvelle phase.

Mme ROSEMARY DAVIS (Royaume-Uni), s’exprimant au nom de l’Union européenne (UE), a estimé que les élections parlementaires et provinciales afghanes du 18 septembre dernier, après le succès de la présidentielle de 2004, constituaient une étape importante sur la voie de la stabilité, la sécurité et la prospérité dans ce pays.  Saluant la détermination du peuple afghan et l’appui de la communauté internationale à ce processus complexe, notamment l’action de l’ONU et des forces alliées internationales stationnées dans ce pays, la représentante a indiqué que l’UE avait pour sa part apporté sa contribution à l’assistance électorale pour un montant de 60 millions de dollars.  Elle a toutefois indiqué qu’il restait de nombreux défis à relever; à son avis, la communauté internationale doit maintenir et même renforcer son engagement de façon durable en Afghanistan pour y soutenir la bonne marche des réformes en vigueur.  À ce sujet, la représentante a indiqué que la prochaine conférence consacrée à la question, prévue à Londres à la fin de janvier 2006 et organisée conjointement par la Grande-Bretagne, le Gouvernement afghan et l’ONU, devrait permettre notamment à l’Afghanistan de fixer ses propres priorités.  Évoquant la Déclaration conjointe UE-Afghanistan signée à Strasbourg le 16 novembre dernier, qui consacre le rôle primordial de l’UE dans les efforts de reconstruction afghans, la déléguée a indiqué que pour la période 2002-2006, l’UE avait prévu une aide de 3,1 milliards de dollars. 

L’intervenante a en outre mis l’accent sur les progrès réalisés par les autorités afghanes en matière de sécurité, de justice et de droit de l’homme.  Ainsi, outre la réhabilitation des infrastructures judiciaires, plus de 79 000 membres des forces armées et de la police ont été entraînés, rendant ainsi l’armée afghane plus professionnelle, plus responsable et plus équilibrée du point de vue de la représentation ethnique.  60 000 hommes ont par ailleurs rejoint le programme de désarmement, démobilisation et réhabilitation (DDR), a indiqué la représentante, qui a cependant exprimé la préoccupation de l’UE en ce qui concerne la protection des droits de l’homme, dans la mesure où des actes de violence sur les femmes et les enfants étaient encore signalés.  Enfin, se félicitant de la réduction significative de la culture du pavot dans le pays, qui est passé de 130 000 hectares en 2003-2004 à 104 000 hectares en 2004-2005, la représentante a néanmoins affirmé que le commerce de la drogue continuait de représenter le défi le plus important en matière de sécurité pour l’Afghanistan. 

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a affirmé que l’Afghanistan et le Pakistan étaient liés d’une façon inextricable par l’histoire, la culture, la foi et l’interdépendance mutuelle.  Un Afghanistan pacifique et prospère est dans le meilleur intérêt du Pakistan, et même de la région entière, a-t-il dit.  Selon lui, la paix permettra le retour en toute sécurité de 3 millions de réfugiés qui vivent toujours sur le sol pakistanais.  Les relations bilatérales étroites entre l’Afghanistan et le Pakistan sont marquées par des visites fréquentes de haut rang, des niveaux record de commerce de transit et de commerce bilatéral, a-t-il dit.  Pour soutenir les progrès en cours, l’Afghanistan doit bénéficier du soutien constant de la communauté internationale afin de permettre au pays de surmonter les énormes défis auxquels il est confronté, a-t-il considéré.  Les Nations Unies doivent continuer de jouer un rôle capital pour la stabilisation et le développement de l’Afghanistan, a-t-il ajouté. 

L’insécurité constitue un défi majeur en Afghanistan, a souligné le représentant, qui a condamné les attaques récentes dans le pays.  Le gouvernement afghan doit continuer de recevoir le soutien de la Force internationale d’assistance à la sécurité et de la Coalition de l’opération Enduring Freedom afin de bâtir une société sûre.  Il a assuré que le Pakistan s’était engagé de façon déterminée dans une campagne visant à éliminer les éléments d’Al-Qaida et des Taliban situés sur le côté pakistanais de la frontière.  Il a précisé que 75 000 hommes avaient été déployés et que 700 postes avaient été établis le long de la frontière.  Revenant à la question des réfugiés afghans sur le territoire pakistanais, le représentant a appelé à un plus grand soutien de la part de la communauté internationale.

Mme ROSEMARY BANKS (Nouvelle-Zélande) a salué les progrès accomplis en Afghanistan dans la mise en oeuvre des Accords de Bonn, en particulier la tenue des élections du 18 septembre dernier.  Il reste cependant beaucoup à faire avant que l'Afghanistan puisse envisager l’avenir avec confiance, a-t-elle estimé, assurant de l'engagement de son pays aux efforts des autorités afghanes pour ramener la paix et la sécurité sur le territoire et améliorer les conditions du développement économique et social dans le pays.  Elle a notamment rappelé les contributions de la Nouvelle-Zélande, à la fois d'un point de vue financier et humain, aux programmes d'assistance ou de lutte contre le trafic de drogue.  À cet égard, elle a espéré que le Gouvernement afghan serait en mesure d'aider les agriculteurs à réduire leur dépendance économique de la culture du pavot.

La représentante a également exhorté les autorités de ce pays à continuer leur travail en matière de promotion des droits de l'homme, et spécialement des droits de la femme, estimant que la participation active des femmes lors des élections avait contribué à consolider leur implication dans la vie politique du pays.  Enfin, elle a insisté sur la nécessité de demeurer engagé auprès du Gouvernement de Kaboul, rappelant que le rétablissement de la sécurité hors de la capitale afghane était un élément crucial sur le chemin de la stabilité politique en Afghanistan.

M. NIRUPAM SEN (Inde) a jugé que le rythme du changement démocratique qu’avait connu l’Afghanistan était remarquable: élections présidentielles historiques, entrée en vigueur de sa première Constitution, élections parlementaires et provinciales.  Ces progrès marquent une étape importante dans la voie d’une société pacifique, stable et prospère.  Le représentant indien a rappelé que son pays, qui avait toujours apporté son soutien pour un Afghanistan souverain, démocratique et prospère avait financé la construction du bâtiment qui abritera le nouveau Parlement.  Comme par le passé, l’Inde est coauteur du projet de résolution sur l’Afghanistan présenté chaque année à l’Assemblée générale.  Ce texte, a-t-il précisé, reflète de manière équilibrée la situation dans ce pays, invite le Gouvernement afghan à poursuivre sa lutte contre les groupes terroristes et salue les efforts de la communauté internationale de l’après-Bonn.

Condamnant l’assassinat le 23 novembre dernier d’un ressortissant indien travaillant dans un projet de construction de route en Afghanistan, M. Sen a observé que la récente escalade de violence, marquée également par le meurtre de membres du personnel humanitaire, souligne la menace que font toujours peser les éléments terroristes sur la sécurité du pays.  Il a estimé qu’il fallait un appui de la communauté internationale au-delà du seul combat contre les terroristes sur le terrain, mais aussi en matière de lutte contre le financement du terrorisme qui doit être une lutte de principe et non une lutte d’intérêts.  Enfin, se félicitant de la chute de la production de la culture du pavot, le représentant a rappelé que l’Afghanistan était toujours le premier producteur de drogues, avec 87% de la production mondiale totale en 2005, nécessitait un appui soutenu de la communauté internationale.  Il a conclu en rappelant que l’Inde figurait parmi les six premiers contributeurs pour la reconstruction de l’Afghanistan, notamment dans des secteurs aussi variés que l’éducation et la santé, l’agriculture ou l’industrie, qui avaient été identifiés comme prioritaires par le Gouvernement afghan.

M. TOSHIRO OZAWA (Japon) a affirmé que la réussite du processus électoral en Afghanistan montrait que ce pays venait de franchir le jalon le plus important du processus de transition.  Il s’agit d’une réalisation impressionnante qui témoigne de l’attachement du peuple afghan à la liberté et à la démocratie, a-t-il ajouté.  Les défis demeurent néanmoins très importants, a-t-il dit, citant, par exemple, la question de l’appropriation nationale.  Il a estimé que l’appropriation nationale ne devait pas être le prétexte à une réduction du niveau de l’assistance internationale au pays. 

Le représentant a mis l’accent également sur la nécessité de trouver un cadre de coopération pour l’après Bonn.  Il s’est ainsi félicité de l’initiative prise par les Gouvernements de l’Afghanistan et du Royaume-Uni pour l’organisation de la Conférence de Londres, prévue en janvier prochain.  La communauté internationale doit continuer à aider l’Afghanistan dans les domaines politique et de la sécurité, a dit l’intervenant tout en réitérant la conviction du Japon selon laquelle c’est au Afghans eux-mêmes que revient au premier chef de garantir la sécurité de leur pays.  Il faut redoubler d’efforts dans la refonte du système sécuritaire, a-t-il considéré.  Selon lui, il apparaît évident qu’un lien existe entre le processus de démantèlement des groupes armés illégaux et les efforts entrepris en termes de réformes du secteur de la justice, de lutte contre les trafics de drogue et de stupéfiants et de développement.  Il a indiqué que de son côté, le Japon a pris les mesures nécessaires pour continuer sa mission navale en soutien à l’opération Liberté immuable, elle-même appuyant la FIAS.

M. HJÁLMAR W. HANNESSON (Islande) a rappelé que quatre ans après les Accords de Bonn, le processus politique qui y était envisagé touchait à sa fin avec la tenue d'élections législatives et provinciales le 18 septembre dernier, les premières depuis 30 ans.  Il a salué l'organisation de ces élections et félicité le peuple afghan, plus particulièrement les femmes, pour cette réussite, affirmant que leur pleine participation dans tous les aspects de la vie politique, comme au niveau civil, économique et social, devait constituer priorité.

Le représentant a par ailleurs estimé que l'Afghanistan avait réalisé des progrès considérables en matière de stabilité grâce à l'aide internationale, mais que l'environnement sécuritaire demeurait précaire.  À cet égard, il a regretté la dépendance du pays de la production et du trafic de drogues et de stupéfiants, la plus importante de la planète.  En conclusion, il a affirmé que l'Afghanistan continuait d'avoir besoin d'une aide internationale coordonnée et que son pays se proposait d’apporter une telle aide.

Mme MONA JUUL (Norvège) a déclaré que la situation précaire en matière de sécurité menaçait la stabilité et le développement de l’Afghanistan.  La communauté internationale doit continuer d’appuyer la réforme de ce secteur, à l’instar de la Norvège, qui a renforcé son assistance à la formation de policiers afghans dans le cadre du projet dirigé par l’Allemagne.  Le commerce illicite des stupéfiants constitue aussi un défi considérable, a poursuivi la représentante, qui préconise une approche multidimensionnelle et cohérente pour promouvoir des moyens alternatifs de subsistance, le renforcement de la législation nationale et les campagnes d’information.  Elle invite en outre la communauté internationale à redoubler d’efforts dans le domaine humanitaire et du développement, en particulier dans les zones rurales, ainsi qu’à garantir la protection des personnels déployés sur le terrain et le respect du droit international. 

L’Afghanistan fait face à un héritage de violations de droits de l’homme perpétrées au cours de deux décennies de conflit, a rappelé Mme Juul.  Pour rétablir une paix et une stabilité durables, a-t-elle souligné, une réconciliation est indispensable entre victimes, responsables et autres parties prenantes.  Par conséquent, une justice de transition adaptée, visant à la consolidation de la paix et à la réconciliation, doit être mise en place bien au-delà des seuls tribunaux.  Mme Juul a estimé que la principale responsabilité en matière de droits de l’homme incombait au Gouvernement afghan, insistant notamment sur la nécessité de permettre aux femmes de prendre part à tous les aspects de la reconstruction et de la consolidation de la paix.

M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a déclaré que la tenue des élections au Parlement et aux conseils provinciaux le 18 septembre dernier, qui marquait la conclusion du processus de Bonn, avait été pour le peuple afghan une nouvelle occasion de démontrer son ferme attachement à la construction d’un pays stable et démocratique.  Comme l’a indiqué le récent rapport du Secrétaire général, les progrès économiques et sociaux ont été réalisés par le Gouvernement afghan dans différents secteurs ces dernières années: adoption d’une nouvelle monnaie, réouverture d’écoles, désarmement, démobilisation, formation de professionnels de l’armée et de la police.  Le représentant a estimé que tous ces projets offraient des raisons d’être confiant, montrant que le pays progresse dans la bonne direction et que le Gouvernement est en train de s’approprier le processus de reconstruction. 

Le représentant a observé cependant que de nombreux défis demeuraient en matière de sécurité.  L’économie de la drogue et le terrorisme sapent gravement la sécurité du pays et son développement, a fait remarquer M. Zarif qui a affirmé que l’Iran condamnait les actes terroristes odieux perpétrés en Afghanistan.  La culture du pavot et le trafic de stupéfiants affectent la reconstruction politique du pays et la stabilité de la région, a affirmé le représentant rappelant que cette culture avait augmenté dans des régions à la frontière iranienne.  En conséquence la lutte contre ce problème devrait être prioritaire pour le Gouvernement afghan et la communauté internationale, grâce à une stratégie à long terme, en accélérant le rythme de la reconstruction dans tous les domaines.  Enfin, M. Zarif a rappelé que l’Iran joue son rôle dans ce processus, s’étant engagé notamment dans la construction de routes, la formation de main d’œuvre, des projets dans le secteur de l’électricité.  L’Iran accueille plus de trois millions de réfugiés.  Nous sommes coauteurs du projet de résolution sur l’Afghanistan, a-t-il conclu.

M. ALLAN ROCK (Canada) a estimé que la constance des progrès accomplis en Afghanistan ne signifiait pas qu'il fallait relâcher la vigilance sur la situation globale dans la pays, rappelant que la construction d'un État est un long processus.  Il a souligné la contribution de son pays dans les domaines de la défense, de la diplomatie et du développement, et affirmé que le Canada jouait un rôle de chef de file en Afghanistan du Sud, notamment à Kandahar.  Saluant le fait que la sécurité, la gouvernance et le développement constituaient les principaux points d'entente entre le Gouvernement et la communauté internationale, il a ajouté que des mécanismes de contrôle et de coordination devaient être intégrés aux accords sur l'Afghanistan et à la stratégie nationale de développement.  À cet égard, il s'est prononcé en faveur de la création d'un secrétariat de petite envergure, impartial et professionnel, chargé de cette fonction de surveillance.

Le représentant a également souligné que les voisins de l'Afghanistan jouaient un rôle déterminant dans sa stabilité et sa prospérité futures, et insisté sur l’engagement de son pays pour la création d'une structure de justice efficace et la mise en œuvre d'une stratégie de justice transitionnelle, afin que ceux qui veulent déstabiliser le pays, qui ne respectent pas les droits de la personne ou violent le droit international humanitaire soient traités comme il se doit.  « La justice est une condition préalable à la paix durable », a-t-il ajouté, affirmant enfin que la MANUA devait être investie de la capacité requise et de l'appui nécessaire pour s’acquitter de son mandat dans un environnement complexe en constante évolution. 

M. ZHANG YISHAN (Chine), s’exprimant au nom de l'Organisation de Shanghai pour la Coopération, a rappelé que les changements en cours en Afghanistan étaient en relation étroite avec la région dans laquelle les pays membres de l’Organisation de Shanghai sont situés.  Il a salué les progrès positifs réalisés dans le pays, sur le plan politique avec la tenue d'élections et la promulgation d'une nouvelle Constitution, sur le plan économique avec un taux de croissance de 20% l'année dernière, et enfin sur le plan de la sécurité avec des efforts importants pour combattre le terrorisme et le trafic de drogue.  Il a en outre estimé que des relations amicales et de coopération avaient été tissées avec ses voisins. 

Toutefois, le représentant a évoqué plusieurs problèmes qui exigent une action urgente, comme l'augmentation significative d'activités terroristes perpétrées par les Taliban ou d'autres extrémistes, et la persistance d'une production et d'un trafic de drogues importants.  Il a insisté sur la nécessité de continuer à soutenir l'Afghanistan dans le rétablissement de la sécurité dans le pays afin de garantir la stabilité régionale et internationale, tout en respectant sa souveraineté et son intégrité territoriale.  La réconciliation nationale sera un élément capital à cet égard, a-t-il ajouté.  Il a souligné la contribution financière de la Chine et de la Fédération de Russie, notamment en annulation de dettes, ainsi que l'établissement de relations de coopération élargies avec l'Afghanistan.  Il a particulièrement évoqué la nécessité d'améliorer la sécurité frontalière pour mieux lutter contre le trafic de drogues.  Le rôle des Nations Unies est de coordonner les efforts de reconstruction et de consolidation de la paix de la communauté internationale, a-t-il conclu, assurant le Gouvernement afghan du soutien des gouvernements membres de l’Organisation de Shanghai. 

M. FAISAL AL ENEZI (Koweït) a félicité le peuple afghan des résultats des élections, ce qui prouve, a-t-il estimé, son attachement à la liberté et à la démocratie.  La mise en œuvre des différents programmes de reconstruction offerts à l’Afghanistan est importante, a-t-il ajouté, notant qu’elle contribuera à assurer le retour des réfugiés dans leur pays.  Le représentant a insisté sur l’importance de la motivation et de l’élan qui caractérise l’aide fournie par la communauté internationale à l’Afghanistan, au vu des défis, comme celui de la sécurité, auxquels est confronté le pays.  Il a en outre souligné la nécessité de remettre sur pied les forces armées afghanes et de réformer le système judiciaire.  Le Koweït, a-t-il poursuivi, appuie les efforts entrepris par le Gouvernement afghan en vue d’éradiquer le trafic de stupéfiants.

Le représentant a ajouté que son pays avait pris différentes mesures d’ordre économique pour aider l’Afghanistan à restaurer la sécurité et la stabilité et à reconstruire ses infrastructures.  Il a espéré que les Nations Unies poursuivront leurs efforts en vue de fournir au Gouvernement afghan l’assistance nécessaire pour restaurer la paix et la stabilité dans le pays.

M. JOON OH (République de Corée) a estimé qu’un certain nombre de défis subsistent sur la voie de la stabilité et du développement durable de l’Afghanistan.  Il est essentiel de garantir la sécurité sur l’ensemble du territoire du pays, a observé le représentant qui a relevé qu’il y avait encore quelques 1 800 groupes illégaux qui continuent à sévir.  Il s’est inquiété également du fait que les attaques terroristes devenaient de plus en plus violentes, avec un recours à des armes de plus en plus sophistiquées.  Pour inverser cette tendance et garantir un environnement plus sûr, le programme actuel de réinsertion doit être accéléré et l’Armée nationale et la police afghanes doivent être renforcées, tant quantitativement que de qualitativement. 

M. OH a ensuite salué les mesures prises par le Gouvernement qui ont permis de réduire la culture du pavot et l’a encouragé à poursuivre ses efforts en coopération étroite avec la communauté internationale.  Il a rappelé que l’engagement de la communauté internationale devait aller au-delà du processus de Bonn.  Pour sa part, la Corée, a-t-il dit, a participé de façon active au processus de reconstruction de l’Afghanistan avec notamment la fourniture, depuis 2002, d’équipes médicales, une offre d’aide de 57 millions de dollars au titre des secours d’urgence et de l’assistance électorale.  Il a conclu en notant que sa délégation était coauteur du projet de résolution sur l’Afghanistan soumis à l’Assemblée. 

M. ANDY RACHMIANTO (Indonésie) a affirmé qu’il y avait encore des défis à relever en Afghanistan, même si des progrès globaux y avaient été enregistrés, notamment dans la consolidation institutionnelle d'un gouvernement central.  La situation sécuritaire y est particulièrement inquiétante, a-t-il ajouté, en particulier en raison de l’évolution des armes utilisées et du type d'attaques perpétrées par des insurgés.  Un autre domaine critique est à son avis la culture et le commerce des stupéfiants qui compromettent l'établissement de l'état de droit et d'une gouvernance effective de l'Afghanistan, estimant que cette menace devait être maîtrisée pour protéger la fragile démocratisation du pays.

Le représentant a toutefois salué les efforts des autorités afghanes, en particulier dans la démobilisation et le désarmement d'anciens combattants, la mise en place d'une armée et d'une police qualifiées et l'amélioration des droits de l'homme par le biais de la Commission afghane indépendante des droits de l'homme.  Il a également rappelé que la tenue des élections parlementaires et provinciales marquait la conclusion de la phase de transition politique en Afghanistan, et souligné la nécessité pour la communauté internationale de demeurer fermement engagée aux côtés de ce pays pour relever les défis qui perdurent dans les autres domaines. 

M. NORZUHDY MOHAMMAD NORDIN (Malaisie) a reconnu que malgré les progrès réalisés depuis 2001, il reste des défis importants à relever en Afghanistan, notamment en matière de sécurité, de trafic des stupéfiants, de l’état de droit, du secteur de la justice, des droits de l’homme et du développement social et économique.  La présence importante de la communauté internationale est indispensable à la mise en œuvre d’une stratégie de développement durable.  Dans ce contexte, la Malaisie est déterminée à coopérer et à fournir une aide technique dans le cadre de son Programme de coopération technique.

Le représentant a relevé que la poursuite du trafic de stupéfiants pose non seulement une menace à la stabilité et à la sécurité de l’Afghanistan mais également à celles des pays voisins et même au niveau international.  Malgré les efforts déployés, l’Afghanistan demeure le plus grand producteur d’opium au monde.  Nous soutenons pour cela le Plan de lutte contre les drogues.  Concernant la sécurité, le représentant a relevé que bien que les élections aient été pacifiques, un grand nombre d’attaques ont été perpétrées à l’encontre de citoyens afghans.  Le représentant a aussi exprimé son horreur devant les images vidéos montrant des corps de soit disant Taliban brûlés.  De tels évènements ainsi que les abus commis par un certain pays à l’encontre de détenus augurent mal des efforts de la communauté internationale.  Sa délégation, a réaffirmé le représentant, appuie le rôle central et impartial que jouent les Nations Unies en faveur de la consolidation de la paix et de la stabilité en Afghanistan.  Tout en se félicitant de la détermination du Gouvernement afghan d’élaborer une stratégie nationale pour le développement, qui sera examinée lors de la Conférence de Londres en janvier 2006, la Malaisie exhorte la communauté internationale à soutenir ce processus et à contribuer généreusement aux efforts de développement du pays.

M. ANDREW SOUTHCOTT (Australie) s’est dit inquiet des informations selon lesquelles les Taliban et les autres forces extrémistes se réorganisent en Afghanistan.  Selon lui, la reconstruction sera le moyen par lequel les cycles de la pauvreté, de l’absence d’ordre et de la violence pourront être brisés.  En conséquence, il a rappelé que depuis 2001, son pays a débloqué une somme de 110 millions de dollars pour l’aide au développement en Afghanistan.  Pour la période 2005-2006, il compte débloquer quelque 26 millions de dollars.  En septembre dernier, a encore rappelé le représentant, le pays a envoyé une équipe de travail sur les opérations spéciales pour une période d’un an.  Le Gouvernement examine aussi la possibilité de déployer, en 2006, 200 hommes de sa Force de défense pour contribuer à l’équipe de reconstruction menée par la FIAS. 

Après avoir souligné les dangers de la production des drogues et l’importance de relations de bon voisinage pour la stabilité de l’Afghanistan, le représentant a estimé que la Conférence de Londres, prévue en janvier 2006, devrait offrir le cadre planification nécessaire à la reconstruction..  Ce sera aussi l’occasion pour le nouveau Gouvernement d’exprimer clairement ses aspirations et ses idées.  L’Australie, a-t-il assuré, a l’intention de jouer un rôle constructif dans le nouveau « Pacte pour l’Afghanistan ».

QUESTION DE PALESTINE

Rapport du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (A/60/35)

Ce rapport porte sur la période allant du 7 octobre 2004 au 5 octobre 2005.  Il est noté que l’année a été marquée par des promesses et des espoirs mais que les efforts visant à relancer le processus de paix dans le cadre de la Feuille de route ont été compliqués par l’évolution de la situation sur le terrain. 

Dans ses conclusions, le Comité dit qu’il a été encouragé par le fait que la communauté internationale avait intensifié ses efforts, en particulier le Quatuor, mais aussi l’Égypte et la Jordanie, en vue de redynamiser la Feuille de route et de faciliter le dialogue entre les parties.  Il réaffirme que ce document demeure la meilleure voie à suivre pour parvenir à un règlement global, juste et durable de la question de la Palestine prévoyant deux États, Israël et la Palestine et se fondant sur les frontières de 1967.

Le Comité estime par ailleurs que son programme de réunions et conférences internationales contribue à attirer l’attention des gouvernements, des organisations intergouvernementales, des organisations de la société civile et de l’opinion sur des questions cruciales pour la promotion d’un règlement pacifique du conflit.  Il souligne la contribution essentielle que lui apporte la Division de l’ONU des droits des Palestiniens dans l’exécution de son mandat et la mise en œuvre de son programme de travail.  Il lui demande en conséquence de poursuivre les activités qui lui ont été prescrites, notamment les services d’appui fonctionnel, le programme de recherche, de suivi et de publications et ses autres activités informationnelles, y compris l’amélioration graphique du site Web sur la question de Palestine; le programme de formation annuel du personnel de l’Autorité palestinienne; et la célébration annuelle de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.

Le Comité espère que la Division continuera de mieux faire connaître la question de Palestine à la communauté internationale et d’apporter un appui aux droits du peuple palestinien et à un règlement pacifique de la question de Palestine.  Il estime que le programme spécial d’information sur la question de Palestine du Département de l’information a contribué pour une large part à informer les médias et l’opinion publique sur les questions d’actualité.  Il demande que le programme se poursuive, avec la souplesse nécessaire, requise par l’évolution de la situation relative à la question de Palestine.

Enfin, souhaitant contribuer à un règlement global, juste et durable de la question de Palestine et compte tenu des nombreuses difficultés auxquelles se trouve confronté le peuple palestinien et qui entravent le processus de paix, le Comité demande à tous les États de s’associer à cet effort et invite de nouveau l’Assemblée générale à reconnaître l’importance de son rôle et à reconfirmer son mandat à une majorité écrasante.

Rapport du Secrétaire général sur le règlement pacifique de la question de Palestine ( A/60/539)

Ce rapport, soumis en application de la résolution 59/31 de l’Assemblée générale, contient les réponses reçues du Président du Conseil de sécurité et des parties concernées aux notes verbales envoyées par le Secrétaire général conformément à la demande figurant au paragraphe 13 de ladite résolution.  Il porte sur la période allant de septembre 2004 à septembre 2005.  Ce rapport contient également deux notes verbales adressées respectivement par le Représentant permanent d’Israël auprès de l’Organisation des Nations Unies et par l’Observateur permanent de la Palestineauprès de l’ONU.

Dans une note verbale datée du 4 août 2005, le représentant permanent d’Israël affirme que la violence dans la région résulte de la décision de la partie palestinienne d’abandonner les négociations de paix et de recourir à la violence et au terrorisme pour parvenir à ses fins.  Dans celle adressée par l’Observateur permanent de la Palestine datée du 2 août 2005, ce dernier déclare que trente-huit ans après qu’Israël a occupé le territoire palestinien, y compris Jérusalem-Est et d’autres territoires arabes, la condition préalable fondamentale, pour résoudre la question de Palestine et parvenir à un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien basé sur la solution de deux États, reste le retrait d’Israël du territoire palestinien occupé depuis 1967.  Tous deux réaffirment cependant leur engagement à trouver un règlement pacifique au conflit.

Dans ses observations sur l’état actuel du conflit israélo-palestinien et sur les efforts menés au niveau international pour relancer le processus de paix en vue de parvenir à un règlement pacifique, le Secrétaire général estime que le moment favorable à une revitalisation du processus de paix au Moyen-Orient, survenu au cours de cette dernière année, n’a pas disparu malgré les revers enregistrés.  Il évoque notamment leretrait israélien de la bande de Gaza et de certaines parties du nord de la Cisjordanie.  Il rappelle que l’Organisation des Nations Unies, pour sa part, continuera à œuvrer pour une reprise du processus de paix et à s’efforcer de soulager les graves difficultés sociales et économiques que connaît le peuple palestinien.  Il réaffirme en outre que la Feuille de route offre à Israël comme aux Palestiniens la meilleure formule pour dépasser le conflit et avancer vers la paix, la sécurité et la prospérité, soulignant que les efforts concertés de la communauté internationale sont nécessaires à l’appui de ce processus.  Enfin, il rend hommage à Yasser Arafat, décédé le 11 novembre 2004.

Déclarations

M. JAN ELIASSON (Suède), Président de l’Assemblée générale, a affirmé que la solidarité faisait partie intégrante des responsabilités communes d’appui au processus de paix au Moyen-Orient.  Il a déclaré que la communauté internationale ne devait pas ménager ses efforts pour aider le peuple palestinien et Israël à progresser sur la voie vers une paix durable et globale.  La Feuille de route, appuyée par le Quatuor, nous donne à cet égard une base solide, a-t-il poursuivi.  Il est essentiel que les Palestiniens et les Israéliens coopèrent dans la mesure du possible, a souligné le Président de l’Assemblée générale, précisant notamment que la violence et la terreur devaient cesser.  Tout doit être fait pour atténuer les souffrances du peuple palestinien, a-t-il également affirmé.

M. PAUL BADJI (Sénégal), Président du Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a rappelé que le 29 novembre commémore la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, après une année marquée par des promesses et des espoirs, ainsi que par une évolution sur le terrain qui a compliqué davantage les efforts en vue de la reprise du processus politique pour la mise en œuvre de la Feuille de route.  Il a salué la transition politique démocratique et pacifique en Palestine après le décès de Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, et les engagements pris par Mahmoud Abbas et Ariel Sharon lors du sommet de Charm el-Cheikh de février 2004.  Le retrait israélien de la bande de Gaza et de quatre colonies de peuplement dans le nord de la Cisjordanie a constitué l'une des évolutions politiques les plus notables de ces dernières années, a-t-il poursuivi, demandant à Israël de donner des garanties concernant la circulation sans entrave des personnes et des biens en provenance et à destination de Gaza.  À cet égard, il a salué les accords conclus le 15 novembre dernier entre Israël et l'Autorité palestinienne.

Le Comité reste toutefois profondément préoccupé par l'intensification de l'expansion des colonies de peuplement dans d'autres parties de la Cisjordanie et par l'accélération de la construction du mur illégal dans le Territoire palestinien occupé, a indiqué son Président.  Ces mesures, a-t-il souligné, constituent une violation du droit international et de l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice.  Il a exhorté le Gouvernement israélien à s'abstenir de toute action qui pourrait déstabiliser davantage la situation, et à améliorer la situation humanitaire des palestiniens, saluant les contributions financières substantielles annoncées par les donateurs internationaux en vue du redressement de la situation économique et sociale de Gaza à la suite du retrait israélien. 

Il a également rappelé que le Comité estimait fermement que l'Organisation des Nations Unies devrait continuer à exercer sa responsabilité permanente sur la question de la Palestine.  Conscient des critiques pesant sur les activités du Comité, M. Badji a  rappelé que le seul but de ce dernier était de parvenir à une solution juste, globale et durable sur la question, déclarant qu'il permettait de mieux sensibiliser l'opinion publique internationale au sujet et de promouvoir les droits inaliénables du peuple palestinien.

M. NASSER AL-KIDWA, Ministre des affaires étrangères de l’autorité palestinienne, a rappelé qu’il y a quelques semaines, le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien avait célébré le trentième anniversaire de sa création par l’Assemblée générale des Nations Unies.  Cette occasion, a-t-il dit, évoque la réalité tragique du peuple palestinien, qui voit toujours niés ses droits inaliénables, comme le droit à l’autodétermination et à l’indépendance nationale, et ce, en raison de l’attitude d’Israël, par ses tentatives de colonisation de la terre palestinienne, et qui continue de défier la communauté internationale et le droit international.  L’intervenant a demandé aux membres de la communauté internationale de continuer à fournir leur appui au peuple palestinien face à l’intransigeance d’Israël.  La tâche de la communauté internationale est de véritablement faire cesser la colonisation de la terre palestinienne, a-t-il assuré.  Israël continue d’implanter des colonies, malgré les dispositions du droit international, les résolutions pertinentes des Nations Unies, en particulier celles du Conseil de sécurité, le processus de paix et les dispositions de la Feuille de route.  De même, Israël continue d’ériger un mur de séparation, malgré l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) et les résolutions de l’Assemblée générale prises lors de sa dixième session d’urgence.

M. Al-Kidwa a rappelé qu’en septembre dernier, Israël avait appliqué son plan de désengagement de Gaza et de certaines parties de la Cisjordanie du Nord, ce qui, a-t-il dit, constitue un fait important et positif, qui pourrait ouvrir la voie à d’autres faits nouveaux positifs.  Le plan de désengagement reste néanmoins unilatéral, a-t-il estimé, et Israël, dans le même temps, a causé d’importantes destructions dans des zones de colonies et laissé de nombreuses questions sans réponse.  Les Palestiniens ont besoin d’une assistance urgente pour leur permettre de supporter les fardeaux additionnels dans la bande de Gaza, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, a-t-il poursuivi.  Il est, selon lui, important d’avoir une possibilité réelle de revenir à la Feuille de route, en commençant par la mise en œuvre des accords de Charm el-Cheikh, y compris le retrait des villes et des régions vers les positions d’avant septembre 2000 et la libération des prisonniers et des détenus.  L’intervenant a mis l’accent sur la nécessité de mettre un terme, dans tous les cas, aux activités de peuplement, à la construction du mur de séparation et aux autres activités israéliennes à Jérusalem.  Les Palestiniens, a-t-il ajouté, ont besoin de l’aide de tous, y compris du Secrétariat des Nations Unies qui devrait, par exemple, mettre en œuvre la résolution de l’Assemblée générale portant sur l’élaboration d’un registre des dommages causés par le mur.  M. Al-Kidwa a réaffirmé la condamnation du terrorisme sous toutes ses formes, y compris les dernières attaques terroristes commises contre Amman.  Nous devons tous convenir que le fait de viser des civils innocents, où que ce soit, à quelque moment que ce soit, constitue un acte terroriste condamnable contre lequel nous devons lutter, a-t-il déclaré.  Il a fait valoir que le peuple palestinien, l’Autorité palestinienne et le leadership palestinien déploient des efforts énormes pour établir l’état de droit, construire les institutions et renforcer le tissu social.  Évoquant les prochaines élections législatives, qui seront les deuxièmes du genre, il a souhaité mettre en garde contre toute ingérence d’Israël ou d’une autre partie dans ce processus.  Ces élections, a-t-il ajouté, devront se tenir sur tout le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.

M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Émirats arabes unis) a estimé que les résultats du retrait par Israël de Gaza et de la partie nord de la Cisjordanie ne sont pas ceux escomptés.  Il a imputé ce fait aux obstacles dressés par les forces israéliennes qui contrôlent le secteur de Gaza et les points de contrôle et a cité la poursuite des activités liées aux colonies de peuplement en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, ainsi que les violations quotidiennes des droits des Palestiniens.  Les différents rapports continuent de démasquer les vraies intentions d’Israël en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et dans le Golan, a-t-il regretté en s’attardant, en particulier, sur les conséquences du mur de séparation.  Le représentant a rappelé que ce sont les politiques dangereuses d’Israël qui ont alimenté la frustration et le désespoir parmi les peuples de la région et accru la violence, les tensions et l’instabilité.  Il a donc souligné la responsabilité de la communauté internationale de trouver une solution à la cause palestinienne et a invité le Conseil de sécurité et le Quatuor à faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à sa campagne hostile contre les Palestiniens et leur Autorité. 

Le représentant a appelé la communauté internationale à forcer Israël à coordonner avec l’Autorité palestinienne son retrait des territoires de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, à démanteler les colonies de peuplement illégales et à détruire le mur de séparation.  La communauté internationale doit aussi, a-t-il poursuivi, offrir la protection nécessaire au peuple palestinien, à ses institutions et à ses sites sacrés contre les tentatives israéliennes de changer leur identité religieuse.  La communauté internationale doit fournir un appui politique, financier et moral à l’Autorité palestinienne.  Le représentant a encore a estimé que la réforme du système de sécurité palestinien lui permettra d’assumer pleinement et efficacement ses responsabilités.  Il a enfin appelé la communauté internationale à réaffirmer les principes fondamentaux de la Question de Palestine tels que stipulés dans les résolutions pertinentes de l’ONU qui sont d’ailleurs conformes à l’Initiative de paix arabe adoptée par le Sommet de Beyrouth en 2002. 

M. ALI HACHANI (Tunisie) a observé que la situation au Moyen-Orient traversait une phase délicate qui exigeait une attention soutenue de la communauté internationale afin de mettre un terme au conflit dans la région et d’atteindre une solution durable qui permette la libération de touts les territoires arabes occupés.  Le représentant tunisien a rappelé que son pays avait toujours mis en garde sur les dangers que représenterait le non-respect de la Feuille de route, pouvant ainsi conduire à un retour en arrière.  L’intransigeance d’Israël dans ses politiques contre le peuple palestinien et d’expansion du mur de séparation sont contre-productifs, a-t-il poursuivi, comme l’a rappelé l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice.  Cette violence d’État commise par Israël suscite une contreviolence.  Par conséquent, si nous souhaitons atteindre une paix juste et durable dans la région, il faut qu’Israël se retire sans condition du plateau du Golan syrien, conformément à toutes les résolutions adoptées. 

Le retrait israélien de la bande de Gaza constitue un pas important conforme à la Feuille de route, mais des considérations internes ne doivent pas entraver le processus de paix, car la route vers la paix est longue et difficile et exige tous nos efforts, a estimé le représentant tunisien qui a mis en garde contre toute déclaration qui pourrait saper la confiance entre les deux parties.  Nous attendons avec intérêts les efforts déployés par le Quatuor pour redynamiser la confiance et ouvrir la voie à des négociations de paix, afin de permettre aux Palestiniens de jouir pleinement de leurs droits, y compris celui d’avoir Jérusalem comme capitale.  La Tunisie poursuivra ses efforts dans le cadre bilatéral et régional, a-t-il conclu, remerciant l’Organisation pour les efforts déployés au Proche-Orient.   

Mme HAYATI ISMAIL (Malaisie) a reconnu que le chemin de la paix reste semé d’embûches.  Pour les surmonter, elle a appelé à de la volonté politique de la part de toutes les parties.  Elle s’est dite encouragée par la reprise du dialogue entre les dirigeants palestiniens et israéliens et par les efforts renouvelés du Quatuor.  Elle a félicité l’Égypte et la Jordanie pour leur rôle dans la facilitation du processus de paix.  Après avoir également loué le retrait d’Israël de la bande de Gaza et du nord de la Cisjordanie, la représentante s’est catégoriquement opposée à l’expansion des colonies de peuplement en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.  Elle a, en revanche, salué la réouverture du point de passage de Rafah.  La construction du mur de séparation, a-t-elle poursuivi, compromet gravement les perspectives d’une paix globale dans la région.  Elle a appelé Israël à se conformer à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice (CIJ) et de la résolution pertinente de l’Assemblée générale.  Elle a, en outre, jugé regrettable que le Conseil de sécurité n’ait pas été en mesure d’examiner la question spécifique du mur conformément aux fonctions et pouvoirs que lui attribue la Charte des Nations Unies. 

La question de Palestine demeure en tête de l’ordre du jour du Mouvement des pays non alignés et de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI).  En sa qualité de Président du Mouvement et du sixième Sommet de l’OCI, la Malaisie a lancé plusieurs initiatives de haut niveau, a dit l’intervenante avant d’en décrire certaines.  Il revient à Israël, a-t-elle conclu, de démontrer qu’il renonce à l’option militaire au profit d’une solution pacifique du conflit.  À l’Autorité palestinienne, la représentante a demandé de poursuivre les efforts pour réformer les institutions pertinentes et améliorer l’appareil de sécurité. 

M. MAGED ABDELFATTAH ABDELAZIZ (Égypte) a affirmé que la communauté internationale devrait accorder le même intérêt aux droits de l’homme des Palestiniens et des Israéliens.  Le travail de la communauté internationale, a-t-il poursuivi, doit avoir pour objet de renforcer la sécurité des Palestiniens dans leurs territoires et de mettre un terme aux assassinats ciblés des activistes.  L’ONU devrait, selon lui, utiliser le plus possible la Commission de consolidation de la paix, une fois qu’elle aura été créée, pour aider le peuple palestinien économiquement et socialement.

Le représentant a, par ailleurs, souligné que son pays appuyait fermement le rôle du Quatuor dans la mise en œuvre de la Feuille de route en vue de la négociation du statut final, et lancé un appel à Israël pour qu’il continue de se retirer de tous les territoires occupés afin de parvenir à l’objectif commun de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Le retrait israélien devrait, selon lui, s’inscrire dans la mise en œuvre de la Feuille de route et devrait s’accompagner d’autres mesures de retrait, notamment de Jérusalem–Est et de tous les points de passage.

M. NIRUPAM SEN (Inde) a salué l'accord conclu récemment entre Israël et l'Autorité palestinienne concernant le point de frontière à Rafah et la création d'un port dans la bande de Gaza, estimant qu'il s'agit de développements significatifs qui permettront d'améliorer la vie et l'économie du peuple palestinien vivant dans la bande de Gaza.  L'ouverture de la frontière à Rafah a créé l'espoir de progrès supplémentaires dans les efforts accomplis pour relancer le processus de paix, a-t-il affirmé, évoquant aussi la transition démocratique réussie cette année en Palestine comme un gage d'optimisme.  Toutefois, il a rappelé que la situation humanitaire du peuple palestinien demeurait grave, notamment en raison des difficultés de circulation des personnes dans les territoires et de la poursuite de la construction du mur de séparation.  Conformément à la Feuille de route, Israël a l'obligation de geler toute activité d'implantation, a-t-il déclaré, estimant que les actions israéliennes ne devaient

pas menacer la paix en rendant plus difficile la création d'un État palestinien viable.  Il a donc appelé Israël à respecter ses obligations juridiques telles qu'énoncées dans l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice.

Le représentant a rappelé qu’au cours de ces années, l’Inde assiste l’Autorité palestinienne par le biais de projets de développement et de renforcement des ressources humaines, dont la création des bibliothèques Jawaharlal Nehru et Mahatma Gandhi, dans la bande de Gaza.  Au cours de la visite du Président Abbas en Inde, en mai 2005, a poursuivi le représentant, le Premier Ministre de l’Inde avait annoncé l’octroi d’une aide de 15 millions de dollars pour financer entre autres des hôpitaux, des centres pour les technologies de l’information et des écoles.  Par ailleurs, le représentant a affirmé qu'il était de la responsabilité de l'Autorité palestinienne de prendre des mesures contre la violence, notamment en réformant ses services de sécurité.  Il a rappelé que l'Inde assistait l'Autorité palestinienne dans ses projets de développement et rendu hommage à Yasser Arafat.  Enfin, il a exhorté les Palestiniens et les Israéliens à faire un usage optimal des opportunités de ce nouveau départ, se félicitant de la pérennité de l'accord de cessez-le-feu conclu à Charm el-Cheikh, et appelant la communauté internationale à faire pression sur toutes les parties pour faire appliquer la Feuille de route.  La vision d'un État palestinien indépendant, démocratique et viable aux côtés d'Israël, dans des frontières sûres et reconnues, est toujours valable, a-t-il ajouté, et peut-être plus réalisable aujourd'hui que jamais.

M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a déclaré que le rapport du Comité rendait compte avec lucidité et impartialité de la situation tragique que continue de vivre le peuple palestinien dans sa patrie occupée par Israël, estimant vital que le Comité puisse poursuivre ses travaux conformément à son mandat.  Pour véritablement marquer une rupture, le retrait israélien de Gaza doit s'inscrire dans le cadre de la Feuille de route, a-t-il ajouté, faisant part des doutes sérieux de sa délégation quant aux réelles intentions israéliennes, suscités par la poursuite de la construction du mur de séparation et l'intensification de l'expansion de colonies de peuplement en Cisjordanie.  Par ces mesures, Israël dessine une nouvelle cartographie des territoires occupés compromettant gravement les chances de la création d'un futur État, a-t-il déclaré.

Soulignant la profonde préoccupation de son pays concernant la dégradation de la situation humanitaire, économique et sociale dans les territoires occupés, le représentant a appelé le Conseil de sécurité à user de détermination pour obtenir le retrait inconditionnel d'Israël de l'ensemble des terres palestiniennes et arabes occupées, comme il l'a fait récemment pour obtenir le départ de troupes étrangères dans la région.  Il a en outre exhorté la communauté internationale, représentée par le Quatuor, à s'impliquer davantage afin de parvenir à un règlement juste et durable du conflit au Moyen-Orient fondé sur le respect des résolutions du Conseil sur la question.  Enfin, il a rappelé la conviction de l'Algérie que le conflit israélo-arabe ne saurait être résolu sans la fin de l'occupation israélienne et la renonciation à toutes les politiques tendant à attiser les passions et à hypothéquer le succès du processus de paix.

M. TAWFEEQ AHMED ALMANSOOR (Bahreïn) a rappelé que le débat de l’Assemblée générale sur la question de la Palestine se tenait en parallèle avec la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, occasion pour la communauté internationale de renouveler son engagement et sa solidarité envers ce peuple.  Il a ensuite dénoncé la poursuite des pratiques illégales de l’État israélien, telles que l’expansion du mur de séparation et la construction de nouvelles colonies qui sont, à son avis, la cause de la détérioration de la situation dans les territoires occupés.  Ces deux facteurs sapent le droit principal du peuple palestinien à l’autodétermination, car l’occupation par définition, viole les droits de l’homme, a-t-il précisé. 

Le représentant a par ailleurs déploré les violations du droit international et des résolutions de l’ONU par la partie israélienne, dont notamment, la poursuite de la colonisation israélienne des territoires palestiniens et arabes.  M. Almansoor s’est félicité en revanche du retrait israélien de la bande de Gaza, le saluant comme un pas significatif de nature à réactiver les négociations de paix visant à créer un État palestinien vivant côte à côte pacifiquement avec Israël.

M. ABDULLAH ALSAIDI (Yémen) a affirmé que le débat d’aujourd’hui portait sur une question qui a des implications très graves à la fois sur le plan humanitaire et sur le plan de la sécurité.  Les Palestiniens sont soit obligés de vivre dans des parties de leur territoire qui ont été détruites, soit forcés de se déplacer, a-t-il dit.  Les pratiques israéliennes visent des communautés entières, a ajouté le représentant, notant qu’elles contribuaient à augmenter la paupérisation du peuple palestinien ainsi que ses souffrances, et ce, dans le but d’empêcher la mise en place d’éléments permettant la création d’un État viable. 

Le représentant a ajouté que la communauté internationale devait redoubler d’efforts pour mettre un terme à ces pratiques et exiger qu’Israël applique les résolutions pertinentes des Nations Unies, cesse le blocus imposé aux Palestiniens, ainsi que la construction d’un mur de séparation dans le territoire palestinien occupé et démantèle la partie déjà érigée.  Il incombe également à la communauté internationale de rejeter toutes les mesures prises par Israël qui sont contraires au droit international, a souligné le représentant.  Selon lui, il faut également trouver une solution juste au problème des réfugiés, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies.  Il a, par ailleurs, félicité la Secrétaire d’État américaine, Condoleezza Rice, pour l’accord sur la liberté de circulation aux différents points de passage de Gaza, ainsi que le Quatuor pour les efforts qu’il a déployés. 

Mme ILEANA NUÑEZ MORDOCHE (Cuba) a déclaré que Yasser Arafat était mort il y a un an sans voir son rêve et celui de son peuple d'un État palestinien indépendant réalisé, estimant que la situation actuelle dans tout le Proche-Orient était caractérisée par une instabilité persistante avec la poursuite des implantations de colonies en Cisjordanie, l'occupation étrangère de l'Iraq et les menaces qui pèsent sur la Syrie.  Concernant la situation dans les territoires occupés, il est évident qu'un peuple tout entier est en train d'être massacré d'une manière flagrante, massive et systématique, a-t-elle ajouté, alors qu'Israël continue d'occuper illégalement de grandes parties de la Palestine, de la Syrie et du Liban.  Cuba demande à nouveau l'application des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité et l'Assemblée générale sur le sujet, a-t-elle déclaré, dénonçant une obstruction continue de la part des États-Unis sur ce problème, en particulier en cinq ans d'administration républicaine, et la stagnation du Conseil qui en a découlé.

La représentante a affirmé que le récent retrait unilatéral par Israël de la bande de Gaza ne constituait pas le début de la fin de la politique de génocide appliquée par ce pays, qui continue, à ses yeux, d'être la Puissance occupante.  Israël poursuit la construction illégale du mur, a-t-elle ajouté, séparant de nombreuses familles palestiniennes et empêchant la libre circulation.  Elle a exhorté la communauté internationale et les Nations Unies à permettre aux Palestiniens d'avoir un État, considérant qu'il s'agissait là d'une dette de l'humanité envers un peuple héroïque.  Soumis depuis 45 ans à un blocus de la part des États-Unis, Cuba est convaincu qu'aucun mur ni répression ne saurait éteindre l'aspiration du peuple palestinien à la souveraineté et à l'indépendance, a-t-elle déclaré, l'assurant de son soutien et demandant le retrait sans condition des territoires arabes occupés par Israël. 

M. ABDEL BARI (Soudan) a affirmé que la tragédie palestinienne était devenue une tragédie pour l’humanité, estimant que l’attitude arrogante israélienne face au droit international et l’indulgence de la communauté internationale concouraient à encourager les brutalités dans les territoires occupés, en violation des résolutions internationales.  Le représentant a ainsi dénoncé les pratiques illégales israéliennes, telles la destruction de maisons et la confiscation de terres palestiniennes, ainsi que la construction du mur de séparation malgré l’arrêt de la Cour internationale de Justice, qui demandait pourtant la suspension des travaux de construction.  Il revient à l’ONU de faire respecter le droit international, a rappelé l’intervenant, mais on constate que la politique des deux poids deux mesures est appliquée dans la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité. 

Après avoir dénoncé ce qu’il considère être le « silence honteux » de la communauté internationale face aux violations des principes du droit humanitaire, de la 4e Convention de Genève, de la Charte de l’ONU et d’autres accords, le représentant a estimé qu’il incombait à toutes les parties concernées d’obliger Israël à se retirer de tous les territoires palestiniens et arabes occupées depuis le 4 juin 1967, y compris Jérusalem-Est.  En conclusion, le représentant a appelé les États Membres à fournir d’urgence une assistance technique au peuple palestinien pour contribuer à réduire ses souffrances et lui permettre de reconstruire son économie. 

M. ROBERT O’BRIEN (États-Unis) a affirmé que son pays demeurait fermement engagé en faveur d’une paix juste et durable au Moyen-Orient.  Les efforts des États-Unis, a-t-il dit, continuent de se concentrer sur l’élan à donner sur les questions économiques et de sécurité après le désengagement israélien de Gaza et du nord de la Cisjordanie afin de faire progresser la Feuille de route vers la réalisation de la vision du Président Bush d’une solution de deux États.  Il a souligné que l’accord du 15 novembre sur le mouvement et l’accès entre Israël et la Palestine constituait un pas en avant.  Pour la première fois depuis 1967, a-t-il précisé, les Palestiniens ont le contrôle des entrées et des sorties à partir de leur territoire par le biais du point de passage de Rafah.  Le représentant a ajouté que toutes les parties avaient des obligations qu’elles devaient honorer pour parvenir à l’objectif de deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.

Le représentant a assuré que les projets de résolution soumis à l’Assemblée générale ne reflétaient pas les complexités du conflit israélo-palestinien ni la nécessité pour les parties de prendre des mesures en faveur de l’objectif de la paix et de la sécurité à la fois des Israéliens et des Palestiniens.  L’Assemblée générale est priée d’examiner les événements de la région à travers le prisme déformant des partis pris, a-t-il assuré, affirmant que les résolutions partiales telles que le texte dont l’Assemblée générale est actuellement saisie sapaient la capacité des Nations Unies à jouer un rôle constructif en faveur de la paix.  Selon le représentant, le mandat de 1975 établissant le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et le mandat de 1977 créant la Division des droits palestiniens au sein du Secrétariat perpétuent une démarche partiale et inégale à l’égard du conflit au Moyen-Orient.  Ces organes reflètent une vision révolue de la Guerre froide, a-t-il déclaré, ajoutant que l’Organisation devrait les éliminer et chercher les moyens de revitaliser les Nations Unies en tant que partenaire impartial dans la recherche de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens, engagées en faveur de la Feuille de route et de la réalisation de la vision de deux États.  L’ONU, a-t-il poursuivi, doit examiner les mandats anciens, en particulier ceux du Comité et de la Division, avec un regard critique.  Il a conclu son intervention en indiquant que les États-Unis n’appuieraient pas ces projets de résolution déséquilibrés qui ne servent pas la cause de la paix entre les Israéliens et les Palestiniens et a demandé aux autres États de retirer également leur soutien à ces textes.

M. ABDULLATIF SALLAM(Arabie saoudite) a déclaré que malgré les efforts internationaux, Israël persiste dans son refus de respecter ses engagements et crée de nouvelles rivalités sur le terrain pour entraver la reprise des négociations, dénonçant la poursuite des violences qui dissipent les chances d'arriver à la paix.  Il a déploré particulièrement les pratiques brutales israéliennes à l’encontre du peuple palestinien, notamment la destruction des habitations, ainsi que l'arrogance israélienne, qui continue à ses yeux de défier les résolutions du Conseil de sécurité et de l'Assemblée générale.  Il a estimé que seul le respect des résolutions prises par les Nations Unies pourrait éviter les manifestations de désespoir et de frustration dues aux sentiments d'injustice qui existent face à l'occupation israélienne.

Le représentant a par conséquent affirmé qu'il était très important de raviver le processus de paix au Proche-Orient sans pratiquer la politique des « deux poids, deux mesures ».  Il a exhorté Israël à appliquer les différentes résolutions qui le concernent et à respecter le principe « terre contre paix », tout en démantelant le mur de séparation.  Le retrait de la bande de Gaza est un premier pas qui en appelle d'autres, a-t-il ajouté, appelant à revenir aux frontières du 4 juin 1967 pour arriver à établir une paix globale, durable et juste dans la région.

Droit de réponse

L’Observateur de la Palestine a d’abord indiqué que sa délégation n’avait pas l’intention de prendre la parole après l’intervention du Ministre palestinien des affaires étrangères, mais compte tenu des propos d’une autre délégation qui a demandé pendant le débat l’élimination du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien et de la Division des droits des Palestiniens du Secrétariat des Nations Unies, il entendait exercer son droit de réponse pour clarifier les choses.  Il a fait remarquer que les programmes concernant la Palestine étaient examinés de manière démocratique, la volonté générale étant exprimée au sein de l’Assemblée générale.  C’est cela qui fait que chaque année sont prolongés les programmes et les mandats du Comité pour trouver une solution à la question palestinienne, a noté l’orateur qui s’est par ailleurs dit surpris d’entendre que les résolutions de l’Assemblée générale préjugeaient d’un règlement du conflit au Moyen-Orient.  Alors qu’on construit un mur, que la Puissance occupante opprime le peuple palestinien, et viole ses droits, peut-on parler de préjuger d’un règlement?  Il a ensuite estimé que la position exprimée par cette délégation était sa position politique traditionnelle protégeant Israël de toutes les décisions de la communauté internationale et du droit international: c’est cela qui permet à Israël de ne pas honorer les obligations qui lui incombent en vertu de la Charte des Nations Unies et du droit international.  Il a considéré que la déclaration à laquelle il répondait était anti-palestinienne.  Nous avons adopté une attitude très positive en organisant des réunions, un dialogue et en nous efforçant de mettre en œuvre les résolutions de l’ONU et les dispositions de la Feuille de route, a-t-il conclu, tout en affirmant que sa délégation tendrait toujours la main vers ce pays de façon à ce qu’il joue un rôle juste dans la résolution du conflit.  

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.