L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INVITE LES ÉTATS À METTRE AU POINT DES MOYENS APPROPRIÉS DE PROMOUVOIR LE DIALOGUE ET LA COMPRÉHENSION MUTUELLE ENTRE LES CIVILISATIONS

20 octobre 2005
AG/10407

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INVITE LES ÉTATS À METTRE AU POINT DES MOYENS APPROPRIÉS DE PROMOUVOIR LE DIALOGUE ET LA COMPRÉHENSION MUTUELLE ENTRE LES CIVILISATIONS

20/10/2005
Assemblée générale
AG/10407
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Assemblée générale

35e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE INVITE LES ÉTATS À METTRE AU POINT DES MOYENS APPROPRIÉS DE PROMOUVOIR LE DIALOGUE ET LA COMPRÉHENSION MUTUELLE ENTRE LES CIVILISATIONS 

Culture de paix et promotion du dialogue entre les civilisations ont été aujourd’hui au centre du débat de l’Assemblée générale, qui a adopté par consensus deux résolutions.  Par l’une d’elles, intitulée « Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations »1, et amendée oralement, l’Assemblée invite les États, les organisations internationales et régionales et la société civile, y compris les organisations non gouvernementales, à mettre au point aux échelons local, national, régional et international des moyens appropriés de promouvoir le dialogue et la compréhension mutuelle entre les civilisations.

L’Assemblée générale, qui se prononcera ultérieurement sur le projet de résolution intitulé « Promotion du dialogue entre les religions et de la coopération en faveur de la paix »2, invite en outre les système des Nations Unies à continuer d’encourager et de faciliter le dialogue entre les civilisations et à définir les moyens de promouvoir le dialogue entre les civilisations dans le cadre des activités que mènent les organismes des Nations Unies dans divers domaines.

Le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations, officiellement entériné par l’Assemblée générale en novembre 20013, relève d’un processus qui vise notamment à promouvoir l’ouverture, l’équité, l’égalité, la justice et la tolérance entre les êtres humains et à renforcer la compréhension et le respect mutuels par l’interaction entre les civilisations.

Dans une deuxième résolution, intitulée « Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, 2001-2010 »4, l’Assemblée générale encourage les autorités compétentes à dispenser aux enfants, dans les écoles, une éducation qui fasse leur part à la compréhension mutuelle, à la tolérance, à la citoyenneté active, aux droits de l’homme et à la promotion d’une culture de paix.  Elle invite par ailleurs les États Membres à célébrer chaque année, le 21 septembre, la Journée internationale de la paix comme une journée mondiale de cessez-le-feu et de non-violence, conformément à sa résolution 55/282 du 7 septembre 2001.

Ouvrant le débat qui a précédé l’adoption des deux résolutions, le Président de la soixantième session de l’Assemblée générale, Jan Eliasson, a notamment souligné la nécessité de s’interroger, à mi-parcours de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, sur l’efficacité des démarches et des pratiques mises en œuvre.  Est-ce que les gouvernements ont fait assez pour promouvoir la paix et la non-violence? a-t-il ainsi demandé.  A-t-on réussi à mobiliser les parties prenantes, parmi lesquelles les institutions, les fonds et les programmes des Nations Unies?  Que peut-on faire de plus pour encourager la société civile et le secteur privé à accroître leur rôle dans les efforts pour soutenir une culture de paix, laquelle doit être enracinée dans les esprits et les cœurs des peuples, en particulier des jeunes?  Selon M. Eliasson, le fait de renforcer la culture de paix et de promouvoir le dialogue interconfessionnel contribuera à accroître l’espoir et la foi dans l’avenir.

De nombreuses délégations ont par ailleurs salué l’initiative que représente l’Alliance des civilisations, lancée officiellement en juillet 2005 par le Secrétaire général, suite aux propositions des Premiers Ministres espagnol et turc, et qui vise à lutter contre les préjugés, la confrontation et la polarisation.  L’Alliance des civilisations tente de démontrer que les peuples du monde ne sont pas forcément divisés par des considérations religieuses ou culturelles, mais plutôt unis par des valeurs universelles, a ainsi affirmé le représentant de la Turquie.

Pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme, nous devons choisir de célébrer les valeurs qui nous unissent, de développer des sociétés tolérantes caractérisées par l’inclusion, et de souligner à quel point la diversité enrichit nos sociétés, a souligné, à cet égard, le représentant du Royaume-Uni, au nom de l’Union européenne.  Son homologue des Émirats arabes unis a rappelé que les actes de violence, le terrorisme, le nettoyage ethnique et autres violations graves des droits de l’homme ne pouvaient être attribués à une nationalité, une religion ou une race donnée, mais que leurs auteurs provenaient d’horizons politiques, religieux et ethniques divers.  Le délégué du Pakistan a, lui, mis en évidence le besoin urgent de développer des mécanismes de coordination aux niveaux international, régional, et national pour renforcer la coopération entre les différents acteurs du système international en faveur d’un dialogue interculturel et interreligieux.

Les représentants des pays suivants ont pris la parole: Bangladesh, République islamique d’Iran, Philippines, Royaume-Uni (au nom de l’Union européenne), Japon, Égypte, Émirats arabes unis, Pakistan, Togo, Bélarus, Liban, Yémen, Malaisie, Myanmar, Suisse, Turquie, Mongolie, Qatar, Chine, Fiji, Brésil, Iraq, Jamaïque, Thaïlande, El Salvador, Maroc, Népal, Kazakhstan et Espagne.  L’Observateur de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) s’est également exprimé, ainsi que la représentante du Venezuela qui a expliqué la position de son pays.  

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal.

1. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.6

2. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.4

3. Résolution A/RES/56/6

4. Projet de résolution publié sous la cote A/60/L.5

CULTURE DE PAIX

Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations

Déclarations

Le Président de la soixantième session de l’Assemblée générale, M. JAN ELIASSON (Suède), a souligné que lors du Sommet mondial de septembre 2005, les dirigeants des États Membres avaient réaffirmé la Déclaration et le Programme d’action en faveur d’une culture de paix, de même que le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations et son plan d’action.  Ils se sont en outre engagés à prendre des mesures pour promouvoir une culture de paix et un dialogue aux niveaux local, national, régional et international, a-t-il ajouté, notant que ces engagements formaient le contexte du débat d’aujourd’hui.  Les débats, a-t-il précisé, sont fondés sur les trois rapports du Secrétaire général, y compris un préparé par l’UNESCO sur l’examen à mi-parcours de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, 2001-2010.  Le Président de l’Assemblée générale a souligné que l’examen à mi-parcours de la Décennie internationale était l’occasion de dresser le bilan des progrès réalisés et de fournir un nouvel élan.  Nous devons nous interroger sur l’efficacité des démarches et des pratiques mises en œuvre, a-t-il observé.  Est-ce que les gouvernements ont fait assez pour promouvoir la paix et la non-violence, a-t-il ainsi demandé?  A-t-on réussi à mobiliser les parties prenantes, parmi lesquelles les agences, les fonds et les programmes des Nations Unies?  Que peut-on faire de plus pour encourager la société civile et le secteur privé à accroître leur rôle dans les efforts pour soutenir une culture de paix, laquelle doit être enracinée dans les esprits et les cœurs des peuples, en particulier des jeunes? 

Selon M. Eliasson, la tâche concrète des États Membres est de faire en sorte que l’on continue à chercher une manière plus efficace pour renforcer une culture de paix mondiale.  Nous devons en particulier mettre l’accent, non seulement sur les mécanismes de collaboration, mais aussi sur un certain nombre de domaines, dont l’éducation, a-t-il dit, ajoutant que des moyens plus efficaces d’une collaboration avec la société civile, les organisations non gouvernementales, les médias et le secteur privé devaient être définis.  Il a estimé que de nouveaux aspects n’avaient pas été pris en compte lors du débat international qui a précédé l’adoption par l’Assemblée générale de la Déclaration et du Programme d’action.  L’un de ces aspects est la diversité culturelle, a-t-il précisé, notant que dans le Document final du Sommet de septembre, les dirigeants des États Membres avaient reconnu que toutes les cultures et les civilisations contribuaient à l’enrichissement de l’humanité.  Ils ont en outre reconnu l’importance du respect de la religion et de la diversité culturelle à travers le monde, a-t-il déclaré.  Le Président de l’Assemblée générale a par ailleurs estimé que nous vivons dans un monde où règnent la méfiance et les soupçons.  Le fait de renforcer la culture de paix et de promouvoir le dialogue interconfessionnel contribuera à accroître l’espoir et la foi dans l’avenir, a-t-il affirmé.

M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY (Bangladesh) a présenté le projet de résolution A/60/L.5, intitulé « Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, 2001-2010 ».  Rappelant que son pays était né au terme d’un conflit sanglant, M. Chowdhury a précisé que depuis sa création, les valeurs de tolérance, de diversité, de démocratie et de compréhension mutuelle étaient défendues par le Bangladesh, comme ce fut le cas à l'occasion de la promulgation en 1999 de la Déclaration sur une culture de paix.  « Le Programme d'action est axé sur les domaines de l'éducation, du développement durable, de la démocratie participative, des droits de l'homme, de l'égalité entre les sexes, de la tolérance, de la solidarité et de la sécurité internationale », a poursuivi le représentant bangladais. 

Le représentant a ensuite souligné que le développement durable ne pouvait se réaliser sans la mise en œuvre préalable de politiques soutenant la dignité et la liberté humaines.  Dès lors, M. Chowdhury s'est félicité que son pays ait fourni environ 39.000 soldats pour les missions de maintien de la paix de l'ONU et qu’il ait atteint un taux de croissance national  de 5% au cours des deux dernières décennies. Alors que nous nous situons à mi-parcours de la Décennie, le Bangladesh a salué les activités de l'UNESCO en faveur de la promotion de la paix ainsi que le rôle joué par la société civile, en particulier la « Fundación Cultura de Paz » pour son rapport sur les progrès réalisés par environ 700 organisations dans plus de 100 pays.  En ce qui concerne le projet de résolution A/60/L.5, élaboré par 105 délégations, M. Chowdhury a fait savoir que des points particuliers y avaient été ajouté.  Ainsi, prenant note du Document final, le projet de résolution met l'accent sur le rôle phare de la société civile, en particulier les ONG et les jeunes, dans la promotion d'une culture de paix.

M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a déclaré que jamais auparavant la communauté internationale avait été confrontée à un besoin urgent d’efforts concertés pour promouvoir une culture de paix et un dialogue entre les civilisations.  En tant que nouveau paradigme, la promotion de la paix et du dialogue entre les civilisations repose sur l’idée que les sources du savoir et de la sagesse sont diverses.  Le renforcement d’un tel dialogue, a poursuivi le représentant, pourrait être un élément important dans la lutte contre les fléaux actuels, comme notamment le terrorisme.

M. Zarif a ensuite introduit et présenté, au nom des 67 coauteurs, le projet de résolution contenu dans le document A/60/L.6 et intitulé « Programme mondial  pour un dialogue entre les civilisations ».  Ce projet de texte fait le bilan des acquis et souligne que le dialogue entre les civilisations est un processus, fondé sur l’inclusion et un désir collectif d’apprendre, de découvrir et d’intégrer des perspectives multiples pour la promotion de ce dialogue, a affirmé le représentant.  Le texte, qui met l’accent sur le fait que les générations futures sont l’objet véritable de ce dialogue, invite les États, les organisations régionales et de la société civile, à développer les voies appropriées pour la promotion de ce dialogue et d’en faire état au Secrétaire général qui devra présenter à la 65e session de l’Assemblée générale un rapport sur les progrès accomplis. 

M. LAURO BAJA (Philippines) a présenté, au nom des coauteurs, le projet de résolution A/60/L.4 sur la promotion du dialogue entre les religions et de la coopération en faveur de la paix.  M. Baja s'est félicité de la réaffirmation par le Sommet de septembre, du Programme d'action en faveur d'une culture de paix ainsi que de la valeur des initiatives pour un dialogue des cultures et des civilisations, notamment le dialogue interconfessionnel.

En ce qui concerne le projet lui-même, il tient compte du fait que des éléments nouveaux ont dû être pris en considération depuis l'adoption de la résolution sur la même question lors de la session précédente.  Ainsi, le représentant philippin a rappelé, entre autres, qu'au cours de l'année écoulée, un Sommet sur le dialogue interconfessionnel et interethnique avait eu lieu en Albanie et qu'une « Conférence sur la religion dans la paix et les conflits » avait été tenue en Australie afin d'apporter une réponse au fondamentalisme.  M. Baja a évoqué aussi la déclaration adoptée lors du Sommet du Groupe des 77 au Qatar ou encore la Réunion Asie-Europe en juillet 2004 à Bali sur le même thème du dialogue interconfessionnel.  Ces manifestations témoignent de manière éloquente de la valeur du projet de résolution qui tient compte de l'appel universel pour un dialogue en vue de prévenir la mésentente et les conflits et de renforcer les liens interconfessionnels, interculturels et entre les civilisations dans le cadre des avancées vers la promotion de la paix, a poursuivi le représentant bangladais.  Enfin, ce projet de résolution  invite également le Secrétaire général a rendre compte des moyens de renforcer les liens et les actions pratiques pour la mise en œuvre des initiatives en faveur du dialogue entre les religions et la coopération pour la paix, a conclu M. Baja.

M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a affirmé que l’Union européenne se félicitait de l’occasion qui lui était donnée de réaffirmer, à mi-parcours de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix aux profit des enfants du monde, les termes de la Déclaration et du Programme d’Action.  L’Union européenne appuie également les autres activités en cours portant sur le dialogue interconfessionnel et le dialogue interculturel, comme celles stipulées dans l’Agenda mondial pour le dialogue entre les civilisations et dans son Programme d’Action, a-t-il dit.  Elle salue l’initiative récente que représente l’Alliance des civilisations, annoncée en juillet dernier par le Secrétaire général.  Chacune de ces initiatives, a-t-il estimé, peut contribuer à constituer une plate-forme commune sur laquelle la communauté internationale devra s’appuyer pour faire face aux forces de l’extrémisme et du sectarisme, qui menacent de plus en plus notre vie quotidienne.  Pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme, nous devons choisir de célébrer les valeurs qui nous unissent, de développer des sociétés tolérantes caractérisées par l’inclusion, et de souligner à quel point la diversité enrichit nos sociétés, a ajouté M. Thomson. 

Le représentant a également observé que le respect, la tolérance et la dignité formaient les pierres angulaires d’un monde sûr et pacifique dans lequel tous les peuples et tous les individus pourraient réaliser pleinement leur potentiel d’êtres humains.  Les gouvernements doivent travailler avec leurs propres communautés, a-t-il déclaré.  De même, selon lui, les efforts des États Membres pour combattre l’extrémisme doivent être associés à un travail visant à s’attaquer à la pauvreté et à l’injustice.  Il faut que l’on soit capable de promouvoir les droits des peuples et de parvenir à l’application des règles qui leur sont liées pour réaliser l’objectif de tolérance et de paix, a-t-il souligné.  Une éducation de bonne qualité constitue la base d’un véritable dialogue entre les peuples, a-t-il également dit.  Les enfants sont des citoyens pleins de ressources et capables de contribuer à la construction d’un avenir meilleur pour tous, a-t-il estimé, notant que l’Union européenne encourageait les enfants et les jeunes à s’exprimer et à faire connaître leurs opinions.  Rassembler des jeunes de différents pays contribue à lutter contre les stéréotypes et les préjugés, a-t-il estimé.  Les jeunes doivent être considérés comme faisant partie des solutions à trouver et mettre en place, a-t-il poursuivi, en rendant également hommage au travail réalisé par l’UNESCO, une institution qui joue un rôle pionnier dans le Programme d’action pour une culture de paix.  Il a appelé l’UNESCO à chercher à développer de plus grandes synergies au sein du système de l’ONU pour rendre visibles les résultats des efforts entrepris.    

M. SHINICHI KITAOKA (Japon) a déclaré qu’il était urgent de mettre en place un partenariat global pour mettre en œuvre des actions concrètes en faveur du dialogue entre les peuples et les civilisations.  À côté des actions de l’UNESCO, le Japon salue aussi les initiatives des États pour mettre en œuvre le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations, a ajouté le représentant qui s’est également félicité de l’initiative « Alliance des civilisations », lancée en juillet 2005 par le Secrétaire général.  Tout au long de son histoire, a poursuivi l’intervenant, le Japon a été exposé à différentes civilisations, notamment celles de la Chine, de l’Inde et, à l’époque moderne, de l’Occident, et les a acceptées.  Il a réussi à coexister avec différentes cultures tout en préservant sa propre identité. 

Le Japon, a-t-il ajouté, reconnaît le grand apport de la diversité culturelle et attache beaucoup d’importance à l’interaction entre les peuples.  De même, son pays accorde une attention aux échanges entre les jeunes, a affirmé M. Kitaoka qui a par ailleurs indiqué que le Japon avait pris un certain nombre d’initiatives pour renforcer la compréhension mutuelle avec les pays islamiques telles que la mise en place d’une série de conférence à l’instar du Forum pour le dialogue Japon/Monde arabe, comme élément du dialogue entre les civilisations.  Dans les années à venir, nous aurons à poursuivre nos efforts en collaboration étroite les uns avec les autres, pour étendre le dialogue et les échanges de vues entre les civilisations, a-t-il conclu.

M. MOHAMED ABDELSATTAR ELBADRI (Égypte) a estimé qu’une culture de paix constituait « l'âme de la sécurité collective qui doit être érigée entre les nations du monde ».  Qualifiant le monde de « continuum civilisationnel », le représentant égyptien a déclaré que si le patrimoine humain était unique, celui des civilisations était multiple.  Dans ce contexte, le représentant égyptien a insisté pour que la contribution apportée à la communauté internationale par le monde islamique soit mieux reconnue et prise en compte.  À cet égard, la résolution 56/6 de l'Assemblée générale et la Déclaration du pacte des civilisations témoignent de la prise de conscience qui a eu lieu à ce niveau, a-t-il néanmoins souligné.  « Ces sources, utilisées à bon escient, permettront à la communauté internationale d'établir de manière effective le dialogue entre les civilisations et de construire des ponts entre les peuples », a-t-il poursuivi avant de rappeler que le respect de la singularité culturelle et religieuse d'autrui était indispensable à un tel processus.

En outre, le représentant de l'Égypte a attiré l’attention de l'Assemblée sur les risques d'instrumentalisation du dialogue et sur les risques de stigmatisation des peuples et des religions, notamment à des fins politiques.  Après avoir rappelé que son pays, sous le Gouvernement du Président Anouar El Sadate, avait été en 1977 l'un des premiers à tendre la main pour l'instauration de la paix au Proche-Orient, le représentant a souligné que l'Égypte avait ces dernières années multiplié les efforts pour soutenir la mise en œuvre du Programme d'action en faveur d'une culture de paix.  En outre, le rôle prépondérant joué par l'Égypte dans le cadre de la Ligue arabe et de la Bibliothèque d'Alexandrie témoigne de son implication en faveur de la coopération et de la paix dans le monde.  Le représentant égyptien a conclu son intervention en affirmant que « l'an 2000 ne devrait pas rester la seule année à avoir été consacrée à la célébration d’une culture de paix, dans la mesure où chaque année devrait célébrer une paix juste et durable basée sur le respect des croyances d'autrui ».

M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Émirats arabes unis) a rappelé que les actes de violence, le terrorisme, le nettoyage ethnique et autres violations graves des droits de l’homme ne pouvaient être attribués à une nationalité, une religion ou une race donnée, mais que leurs auteurs provenaient d’horizons politiques, religieux et ethniques divers.  À ce titre, il s’est montré profondément concerné par les campagnes de dénigrement, fondées sur la discrimination, la haine et la distorsion, et menées par de nombreux médias occidentaux à l’encontre de certains groupes ethniques ou religieux.  Ainsi, il a exhorté les États et les médias à faire montre d’objectivité et de transparence eu égard aux questions et aux crises relevant des pays en développement, et notamment des pays islamiques et arabes.

Passant ensuite à la mondialisation, il a souligné l’existence du fossé numérique ainsi que l’aliénation et la marginalisation des jeunes des pays en développement, et a émis le souhait que les pays développés mettent fin à leur mainmise sur les technologies modernes, renoncent à leurs politiques unilatérales, mesurent l’étendue des préoccupations de certaines populations et cessent de s’ingérer dans les affaires internes de autres pays et de nier les droits nationaux.  Il a également estimé que toute initiative visant à promouvoir le dialogue entre les civilisations devrait inclure une réflexion sur les problèmes liés à l’occupation étrangère et la réduction du fossé existant entre pays riches et pauvres.  L’intervenant a ensuite rappelé qu’au niveau local, son pays garantissait la liberté religieuse, culturelle et sociale des minorités vivant en son sein, et qu’il encourageait la tenue d’événements culturels, rassemblant des philosophes, des membres de groupes musicaux et folkloriques du monde entier, afin d’enrichir les connaissances des habitants des Émirats arabes unis eu égard à d’autres cultures, tout en maintenant son propre environnement culturel distinctif.  Enfin, il a précisé qu’au niveau international, les Émirats arabes unis avaient conclu un certain nombre d’accords bilatéraux et régionaux en matière de coopération dans les domaines de l’éducation, de la culture et des médias, et participait à des conférences et des forums portant sur les échanges d’idées, l’art et la philosophie.

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a déploré que la multiplication des sources et des canaux d’information ait favorisé un renforcement des stéréotypes et des préjugés et une aggravation des malentendus, au lieu de promouvoir une meilleure compréhension entre les peuples et les civilisations.  Les causes profondes des heurts entre les cultures et les civilisations sont souvent liées à des conflits d’intérêts politiques et économiques, a-t-il observé.  « Nous devons par conséquent aller plus loin pour renforcer le dialogue entre les différentes fois et croyances religieuses et jeter des « ponts d’amitiés » pour améliorer le sort de ceux qui souffrent de l’intolérance », a estimé Munir Akram.

M. Akram a par ailleurs souligné qu’il y a un besoin urgent de développer des mécanismes de coordination aux niveaux international, régional, et national pour renforcer la coopération entre les différents acteurs du système international en faveur d’un dialogue interculturel et interreligieux.  À cet égard, il faut, sur le plan international,  fournir des efforts qui prennent en compte les aspects politiques, institutionnels, religieux et culturels, a estimé l’intervenant.  Sur le plan national, il faut se concentrer sur le développement des ressources humaines, à travers la lutte contre la pauvreté, l’éducation, et la justice sociale, ainsi qu’à travers la lutte contre l’intolérance.  Le représentant du Pakistan a conclu son propos en souhaitant que l’Assemblée générale adopte à nouveau par consensus la nouvelle résolution soumise par son pays sur la promotion de la compréhension entre les cultures et les religions.  

M. KODJO MENAN (Togo) a rappelé que l’attachement de l’Assemblée à la culture de paix trouve sa justification dans le fait que l’état du monde actuel demeure éloigné de l’idéal qui a animé les fondateurs de la Charte.  Il a noté que l’Organisation, fidèle à sa vocation de préserver les générations futures du fléau de la guerre, entretient de multiples et coûteuses opérations, en particulier en Afrique.  Au plan régional, il a évoqué la création, par l’Union africaine, d’un Conseil de paix et de sécurité et d’un Mécanisme de consultation par les Pairs.  Il a prôné le resserrement des liens entre les organes de l’ONU, Assemblée générale, Conseil de sécurité, Conseil économique, mais aussi entre ces organes et les organisations régionales, afin d’aller encore plus avant dans la quête d’une paix pour les populations du monde, et a loué la décision d’établir une Commission de consolidation de la paix.

Il a noté que la campagne de sensibilisation du public menée par l’UNESCO, en sa qualité de Coordonnateur du Programme de la Décennie, a permis de faire prendre conscience de ce que le concept de la culture de la paix allait de pair avec le dialogue entre les civilisations, surtout après l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 aux États-Unis, et qu’à l’intérieur des pays, les communautés de l’UNESCO continuaient d’œuvrer à amener les populations à adhérer aux valeurs de tolérance, de respect d’autrui, de la diversité culturelle et de coexistence pacifique.  Il a également indiqué que le Gouvernement togolais avait pris la décision de créer une Commission de réflexion et de réhabilitation de l’histoire du Togo qui doit permettre de réhabiliter toutes les personnalités qui ont joué un rôle décisif dans l’histoire politique de la nation.  Ceci constitue une étape essentielle dans le renforcement de la réconciliation nationale et de l’unité du pays.  Enfin, il a rappelé que la finalité d’une culture de paix devait être d’assurer le bien-être des populations du monde en développement, et que la nécessité de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015, réaffirmée avec force par la Réunion plénière de haut niveau de l’Assemblée générale, devait être suivie de l’appui nécessaire que les pays en développement.

M. VALENTIN RYBAKOV (Bélarus) a affirmé que la mondialisation, les menaces et les défis auxquels la communauté internationale est confrontée soulignaient de plus en plus l’interdépendance entre les peuples et les pays dans les différents domaines de l’activité humaine.  Il est indispensable d’unir les efforts et de développer des partenariats mondiaux en tenant compte de l’originalité des civilisations et des voies d’accéder au progrès, a-t-il considéré.  La création de l’Alliance des civilisations peut donner un nouvel élan à une démarche fondée sur le dialogue entre les civilisations, a-t-il estimé.

Le représentant a également assuré que son pays s’enorgueillissait d’organiser un grand nombre de festivals et de rencontres artistiques représentant le monde intellectuel dans toute sa diversité.  Il a en outre souligné l’importance de la mise en œuvre des idéaux de dialogue entre les civilisations au niveau local.  Le paysage culturel du Bélarus se caractérise par la présence de 140 nationalités et ethnies, a-t-il affirmé.  Ces cultures ont leurs racines historiques en Bélarus, a-t-il ajouté.  Tout en conservant leur originalité, elles constituent ensemble l’héritage commun de la culture du pays, a-t-il encore estimé.  Le représentant a également indiqué que son pays soutenait la Déclaration pour le dialogue entre les civilisations, car elle constitue une base qui permettra le développement de la compréhension mutuelle entre les peuples. 

M. IBRAHIM ASSAF (Liban) a déclaré que l’Organisation des Nations Unies constituait le lieu le plus représentatif du dialogue entre les cultures et les civilisations.  Avant son intervention sur le thème de la tolérance, il a soutenu que ce dialogue signifiait d’abord accepter les différences, elles-mêmes situées au cœur même du dialogue et source d’enrichissement mutuel.  Le dialogue entre les civilisations signifie aussi accepter l’interaction, la complémentarité, et non l’intégration, la dissolution ou l’aliénation de l’identité de l’autre, a-t-il observé. 

Soulignant que la vérité représentait un bien commun à toutes les civilisations, le représentant a par ailleurs indiqué qu’il fallait toujours essayer de comprendre ce qu’il y a de positif chez les autres, tout en ne niant pas leurs lacunes, et que les plus puissants devaient savoir écouter les plus faibles.  Le dialogue au Liban n’est pas un slogan mais une réalité vécue tous les jours, a-t-il également remarqué tout en notant que cette coopération s’impose dans tous les aspects de la vie culturelle et religieuse, faisant du Liban un modèle.  La mise en œuvre du Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations dépendra de la détermination de la communauté internationale qui doit s’efforcer de mettre en œuvre les engagements pris en vertu de la Charte, comme l’engagement à l’égard de la tolérance, a-t-il conclu.

M. TAREK M. MUTAHAR (Yémen) a affirmé que six ans après la Déclaration des Nations Unies sur l'éducation au respect des droits de l'homme, les efforts en la matière devaient être poursuivis dans la mesure où les violations de ces droits fondamentaux constituent toujours une préoccupation majeure, en particulier en ce qui concerne les droits des femmes et des enfants.  Rappelant que les chefs d'États ont souligné la nécessité de poursuivre la pédagogie en matière de respect des droits de l’homme dans tous les pays, le représentant yéménite s'est félicité de la création, dans son pays, d'un Ministère chargé des droits fondamentaux, à la tête duquel une femme a été nommée.  Le représentant du Yémen a en outre fait savoir que son pays s'efforçait d'intégrer les dispositions des traités relatifs aux droits de la personne humaine dans son droit interne, et a précisé que le Yémen s'était doté d'une stratégie nationale pour l'alphabétisation totale des adultes et des enfants d’ici à 2025.

Soulignant la tolérance qui existe au Yémen à l'égard de la communauté juive du pays, le représentant a néanmoins précisé que son gouvernement privilégiait un dialogue interreligieux national qui incite les médias, les experts et les enseignants à intégrer au discours ambiant les principes de tolérance de l'Islam, afin de lutter contre l'extrémisme.  Le représentant du Yémen a ainsi déclaré que, chargés de donner l'exemple, les dirigeants nationaux s'efforçaient d’accorder des mesures d'amnistie aux personnes arrêtées et détenues depuis l'été 2004.  « Nous croyons en la coexistence pacifique et demandons que toutes les nouvelles résolutions évitent la politique du deux poids deux mesures lorsqu'il s'agit des droits de l'homme », a-t-il conclu.

M. NG YEN YEN (Malaisie) a déploré que les attaques terroristes du 11 septembre 2001, de Madrid; de Londres et de Bali avaient exacerbé le fossé grandissant entre civilisations, ainsi que les représentations négatives des pays musulmans au sein des pays occidentaux et ailleurs.  Il a précisé qu’il était injustifiable d’associer le terrorisme à une race ou à une religion particulière, et que les origines du terrorisme devaient être examinées avec soin afin de remédier au phénomène de manière efficace.  L’intervenant a par ailleurs rappelé qu’en Malaisie, le concept d’islam hadhari (islam et vie civile) – visant à la qualité de vie - était profondément ancré, et avait permis l’intégration harmonieuse d’une société multiraciale et multiconfessionnelle.  Au niveau national, la Commission des droits de l’homme de la Malaisie a organisé à Kuala Lumpur un dialogue entre les religions auquel ont participé des représentants des principaux groupes religieux, et à l’échelon international, la Malaisie a récemment accueilli la réunion inaugurale de la Commission des personnalités éminentes de l’Organisation de la conférence islamique, du 27 au 29 janvier 2005, à Putrajaya, dont les participants ont établi un plan favorisant le dialogue entre les cultures et les religions, y compris par l’entremise des organisations régionales et multilatérales.  Enfin, il a indiqué que la Malaisie allait accueillir la troisième Réunion ministérielle Asie-Europe sur les cultures et les civilisations à Kuala Lumpur en 2007.

U WUNNA MAUNG LWIN (Myanmar) a d’abord rappelé que l’existence de divers conflits, du terrorisme et de la criminalité transnationale organisée, qui sont des entités aux activités transfrontalières, avait de graves répercussions sur le développement, la paix et la sécurité dans le monde.  Il a loué les relations de bon voisinage que son pays entretenait avec ses cinq nations voisines, dont la Chine et l’Inde, et a précisé que le Myanmar voulait en approfondir la qualité et étendre ces liens à d’autres nations du monde. 

Il a indiqué que son pays avait réussi à instaurer la paix avec 17 groupes qui y menaient des insurrections.  Afin de renforcer les liens nationaux et de promouvoir le développement économique et social des 100 groupes ethniques du Myanmar, notamment ceux habitant les régions frontalières, le Gouvernement a mis en place un programme de développement des régions frontalières, et dépensé 65 milliards de kyats (monnaie nationale) et plus de 550 millions de dollars américains, a dit le représentant.  Ces mesures visent à accélérer le développement des infrastructures, en particulier dans le secteur des communications, de l’éducation et de la santé, illustrant ainsi l’attachement du Myanmar envers la stratégie d’atténuation de la pauvreté.  L’harmonie interconfessionnelle qui existe entre Bouddhistes, Chrétiens, Musulmans et Hindous est une des règles de la vie sociale au Myanmar.  La promotion des droits de l’enfant y est prioritaire, et les femmes jouissent d’une égalité avec les hommes en ce qui concerne les droits en matière d’héritage, de divorce, et d’accession à la propriété, a dit M. Maung Lwin. 

M. FRANK GRUETTER (Suisse) a affirmé que la compréhension réciproque des cultures était indispensable à la cohabitation pacifique des différentes civilisations.  La Suisse, composée de cultures et de religions diverses, a dû apprendre cette cohabitation pacifique sur son territoire limité, a-t-il dit, précisant qu’elle avait également dû surmonter des clivages confessionnels, linguistiques et des intérêts économiques divergents pour créer une unité nationale, tout en respectant les diversités.  Selon lui, la diversité peut être une source de richesse seulement si l’appréciation de la différence ne sert pas à faire perdre de vue des asymétries et des injustices politiques, économiques et culturelles.  De même, le respect mutuel et la tolérance sont des éléments indispensables à une cohabitation pacifique entre les différents groupes d’une société, a-t-il ajouté. 

Le représentant a en outre observé que le respect mutuel sur la base de valeurs partagées ne s’épanouissait que dans un cadre démocratique, respectueux des minorités et basé sur le respect de la loi.  La participation active des minorités aux débats et décisions politiques est vitale pour éviter que le système démocratique ne conduise à une domination de la majorité, a-t-il noté.  Le représentant a également considéré, que, même si d’un côté, l’appel à des valeurs communes ne suffisait souvent pas à lui seul pour résoudre les conflits et pour surmonter les incompréhensions, il fallait reconnaître, de l’autre côté, que le cadre politico-juridique d’une démocratie restait vide et pouvait même devenir injuste s’il n’était pas animé par un esprit de respect mutuel et de valeurs fondamentales partagées.

M. ERSIN ERÇIN (Turquie) a affirmé que la portée et la nature des défis et des menaces à la paix, à la sécurité, au bien-être et au progrès du monde avaient sans aucun doute rendu plus essentiel que jamais un dialogue authentique entre les différentes cultures et civilisations.  La Turquie, a-t-il dit, estime qu’un dialogue important et opérationnel au sein de la communauté internationale est impératif.  Selon le représentant, la mondialisation a contraint les sociétés à être plus interdépendantes.  Ainsi, la compréhension mutuelle et le dialogue entre les cultures et les civilisations devraient constituer les éléments fondamentaux des échanges de la mondialisation, si les États Membres souhaitent réaliser les objectifs de progrès et de paix commune.

M. Erçin a également souligné que son pays s’efforçait en permanence de bâtir une culture de réconciliation et de compromis dans sa propre région et au-delà, ce dont témoigne notamment, a-t-il précisé, le Forum commun de l’Organisation de la Conférence islamique et de l’Union européenne initié en 2002 par la Turquie.  La Turquie jouit d’une riche perspective qu’elle a entretenue à travers des échanges qui facilitent la tolérance, le respect mutuel et la compréhension, ainsi que le dialogue et la coopération entre les différentes cultures et religions, a-t-il ajouté.  L’Alliance des civilisations, initiative co-parrainée par la Turquie, et officiellement lancée en juillet dernier par le Secrétaire général, représente un effort véritable visant à démontrer que les peuples du monde ne sont pas forcément divisés par des considérations religieuses ou culturelles, mais plutôt unis par des valeurs universelles, a souligné le représentant.

Mme O. ENKHTSETSEG (Mongolie) a d’abord rappelé que le dialogue entre les civilisations, proposé par l’ancien Président iranien Khatami, était une initiative essentielle en matière de lutte contre le concept d’affrontement des civilisations.  Elle a ensuite évoqué la mondialisation et l’interdépendance croissante qu’elle promeut entre peuples, religions, cultures et civilisations.  Elle a regretté les réactions de rejet, de méfiance ou même de peur qui pouvaient en découler, et a rappelé que les échanges et la préservation des identités ne s’excluaient pas.  Elle a précisé que l’action résolue de toutes les parties prenantes, à savoir les gouvernements, les organisations internationales, la société civile, les médias et le monde universitaire permettrait à la communauté internationale de faire face à l’intolérance.

Elle a indiqué que les civilisations nomades, dont celle de la Mongolie, avaient coexisté dans la plupart des cas de manière pacifique avec les sociétés sédentaires de l’Asie et de l’Europe, et avaient permis le développement de réseaux d’échanges ainsi que la création de centres administratifs, culturels et religieux.  Elle a ajouté que la contribution des civilisations nomades n’était cependant ni appréciée à sa juste valeur ni reconnue par le reste du monde.  Elle a précisé que la capacité des nomades à s’adapter à la nature et à vivre en harmonie avec elle, alliée à des techniques de développement éprouvées, renforçaient la validité de leurs modes de vie, en particulier au vu du contexte actuel caractérisé par des menaces environnementales, dont celles de la déforestation, de la désertification et de l’érosion des sols, observées dans de nombreux pays.  La représentante a indiqué qu’à l’occasion du 800e anniversaire de la création de l’État mongol, son pays organiserait des événements au plan national et international afin de rendre hommage aux traditions et aux cultures nomades, et participerait ainsi de manière concrète à la promotion et à la facilitation du dialogue entre les civilisations.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a affirmé qu’au-delà de l’absence de guerre, la paix était aussi un processus, logé dans les cœurs et les esprit de tous les peuples, et constituait le bien commun le plus précieux des nations.  Il a déclaré que son pays rejetait le fanatisme religieux et toute association du terrorisme à l’Islam.  Le Qatar a toujours apporté son soutien à l’action de l’ONU pour la promotion de la culture de la paix et du dialogue entre les civilisations en appuyant toutes les résolutions des Nations Unies relatives aux programmes pertinents, a ajouté le représentant. 

M. Al-Nasser a également indiqué que le gouvernement de son pays avait pris des mesures concrètes pour mettre en œuvre le Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations, comme la promotion, au niveau des programmes scolaires et universitaires, de la culture de la tolérance, du respect de la diversité, de la compréhension et de la reconnaissance mutuelles des nations.  La culture de paix consiste à développer le potentiel créatif des hommes et des femmes, pour leur permettre de vivre dans la paix et l’harmonie, a estimé l’intervenant qui a appelé la communauté internationale, y compris les instances religieuses, à se saisir du programme de la culture de la paix comme moyen pour accélérer les progrès vers un monde meilleur.  Les nations du monde doivent continuer à promouvoir la diversité culturelle et le dialogue dans tous les domaines relatifs à la paix, au développement et à la sécurité, a-t-il conclu, en vue de favoriser une coopération internationale dans le règlement des questions cruciales.   

M. WANG GUANGYA (Chine) a affirmé que la diversité des civilisations et les différences entre elles ne devaient pas être sources de conflits, mais servir au contraire de moteur pour la coopération et les échanges internationaux.  Compte tenu de l’extension de la globalisation, qui rend les problèmes économiques et sociaux de plus en plus complexes, il appartient aux pays d’agir dans un esprit d’ouverture et d’égalité, tout en reconnaissant la diversité du monde, en renforçant le dialogue entre les civilisations, en réglant pacifiquement les différends internationaux et régionaux, afin d’édifier collectivement un monde harmonieux regroupant toutes les nations.  Le représentant a par ailleurs mis en garde la communauté internationale contre la tentation d’associer le terrorisme à telle ou telle religion dans la lutte contre ce fléau.

Soulignant ensuite la spécificité de l’histoire de son pays, s’étendant sur 5 000 ans, M. Wang a rappelé que la culture chinoise était une cristallisation d’échanges et de mélanges entre les diverses ethnies chinoises ainsi qu’entre les Chinois et les cultures étrangères.  La diversité, la tolérance et l’harmonie sont des caractéristiques de la culture chinoise, a-t-il ajouté.  L’intervenant a terminé son intervention en mettant l’accent sur les efforts du Gouvernement chinois pour promouvoir le dialogue entre les civilisations.  Ainsi, outre la présentation à l’ONU d’un rapport sur la mise en œuvre de ce dialogue, la Chine a également participé activement à la préparation de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle.  Le Gouvernement chinois continuera d’intensifier ses efforts pour renforcer avec les autres pays le dialogue entre les civilisations afin d’assurer le progrès, la paix dans le monde et le développement, a-t-il conclu.

M. ISIKIA R. SAVUA (Fidji) a rappelé que la Décennie internationale de la promotion d'une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, 2001-2010, ne pouvait suffire à créer un règlement intégré des problèmes mondiaux.  Il a ensuite indiqué que les objectifs de l'UNESCO en matière d'éducation étaient d'encourager les États Membres à modifier leurs législations et leurs politiques d'enseignement, afin de garantir que des valeurs tels que les droits de l'homme, la paix, la participation à la démocratie, la tolérance, la non-violence et la compréhension entre les cultures fassent partie des cursus, afin d'assurer une concordance entre les processus éducatifs et les buts recherchés.

M. Savua a rappelé les initiatives concrètes et positives qui avaient été menées par un certain nombre d’agences onusiennes, dont l'Organisation internationale du Travail (OIT), qui est intervenue dans le domaine de la prévention et de la réhabilitation des enfants touchés par les conflits, ceci, dans le cadre du Programme international pour l'élimination du travail des enfants.  L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est pour sa part consacrée, au cours des dix dernières années, à l'étude de la violence comme problème majeur de santé publique, a indiqué M. Savua.  L’OMS a, à cet égard, lancé une stratégie de prévention basée sur neuf recommandations, a-t-il précisé.  En 2002, en collaboration avec l’UNESCO, la FAO a de son coté lancé le projet « Éducation pour tous », qui est une initiative visant à autonomiser les populations rurales afin qu'elles deviennent des acteurs pouvant résister à toute implication dans des conflits civils et ayant les capacités d’en sortir.  L'Université des Nations Unies a, de son coté, lancé deux projets de recherche, essentiellement liés à la Décennie internationale, et dont l'objectif est d'approfondir les connaissances relatives à l'impact des conflits armés sur les enfants, ainsi que celles ayant trait à l’amélioration de leur situation.

M. FREDERICO DUQUE ESTRADA MEYER (Brésil) a d’abord rappelé que son pays demeurait profondément attaché à la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde.  Au niveau national, il a précisé que 97 acteurs de la société civile –y compris des universités, des écoles, des ONG et le secteur privé– participaient à l’heure actuelle à 13 projets qui étaient directement liés au concept de Culture de la paix, que plus de 15 millions de Brésiliens avaient signé le Manifeste 2000 pour une culture de la paix et de la non-violence de l’UNESCO, et que sept des États brésiliens avaient déjà adopté le principe d’ouvrir les écoles le week-end afin d’assurer des programmes en matière de sports, d’art, de culture et de loisirs.   Il a également indiqué que le Gouvernement brésilien avait dégagé trois sphères d’activité prioritaires, à savoir la promotion de l’intégration sociale et la réduction des inégalités sociales; la croissance durable avec la création d’emplois et de revenus, entraînant une diminution des inégalités observées au plan régional; et la promotion et l’élargissement des principes de citoyenneté et de démocratie.  Il a aussi évoqué le domaine de l’éducation où la promotion d’une culture basée sur le respect des droits de l’homme fondamentaux, englobant l’intégralité des couches sociales du pays, et les institutions de l’appareil judiciaire et du système juridique, a été entreprise.  Il a ajouté que le Programme était régi par la conviction qu’un environnement de violations persistantes ne pouvait être modifié qu’en favorisant le renforcement de la primauté du droit, de la culture de la paix, du respect de la pluralité et de la diversité culturelle, sexuelle, ethnique et religieuse au sein des nouvelles générations.

L’intervenant a reconnu toutefois que des manifestations de racisme à l’égard des populations afro-brésilienne, autochtone et rom avaient encore cours, et a déclaré que cet état de fait était inacceptable.  Enfin, il a rappelé que son pays avait adhéré à un programme de lutte nationale contre la violence et la discrimination dont sont victimes les homosexuels et autres minorités sexuelles, s’accompagnant d’un train de mesures éducatives et juridiques.

M. SAMIR SHAKIR MAHMOOD SUMAIDA’IE (Iraq) a souligné que l’examen des deux points à l’ordre du jour revêtait une importance accrue dans le contexte actuel.  Le représentant a fait état de certaines tendances, minoritaires, qui découlent d’une mentalité arrogante cherchant à imposer certaines cultures au détriment d’autres.  Si cela se faisait, on ne pourrait qu’aboutir à une situation conflictuelle entre les civilisations.  On ne peut faire reculer l’histoire, a-t-il dit, notant que le dialogue entre les civilisations avait pris une tendance populaire, ce qui lui avait conféré un caractère réaliste et non plus simplement philosophique.  La minorité qui essaie de contrer ce courant progressiste et novateur commet des actes terroristes qui font des milliers de victimes civiles et n’ont pas leur place dans le monde d’aujourd’hui, a-t-il ajouté.  Il convient par conséquent de mettre un terme à ce genre de pratiques, a-t-il également souligné. 

Selon lui, le terrorisme n’a pas de religion, de nationalité ou de patrie.  Il est coupé de tout ce qui a trait à la civilisation et à l’humanité, a-t-il estimé.  La situation actuelle requiert plus de coopération, a encore dit le représentant.  Il nous incombe à tous de nous accepter les uns et les autres, et non plus de nous rejeter.  La religion, a-t-il poursuivi, ne doit plus être un prétexte pour nous exclure les uns et les autres.

M. STAFFORD NEIL (Jamaïque) a fait état du rôle important joué par les individus, dans leur vie quotidienne, pour développer l’harmonie et la compréhension entre les peuples et les nations.  Rappelant que le monde est fait de cultures, religions, systèmes politiques et conditions économiques diverses, il a noté que la mondialisation, par la multiplication des liens et échanges, intensifie l’interdépendance.  Selon lui, plus ces contacts s’intensifient, plus il est nécessaire de promouvoir l’idéal de tolérance et la compréhension.  Car à ses yeux, la mondialisation présente un danger sérieux dans la mesure où elle tend l’homogénéisation des cultures ou encore à l’imposition des modèles des cultures les plus puissantes et les plus influentes sur ceux des plus faibles.  Afin de promouvoir une culture de la paix, M. Neil a insisté sur le rôle des institutions nationales, de la société civile et des médias ainsi que du système des Nations Unies, en particulier l’UNESCO. 

Pour sa part, la Jamaïque s’atèle à promouvoir une culture de la non-violence au sein de ses établissements scolaires à travers le Programme Jamaican Schools Improvement Peace Programme, a expliqué M. Neil.  Il a précisé que sept écoles participaient à ce programme, sous l’auspice du Ministère de l’éducation et de la jeunesse avant d’évoquer un autre programme, réalisé en coopération avec l’UNESCO, « écoles de paix et d’amour (PALS) », également chargé d’inculquer des valeurs pacifiques aux jeunes.  M. Neil a estimé que le respect de la diversité, la compréhension mutuelle de telle sorte qu’aucune nation ne puisse clamer sa supériorité sur une autre, constituaient un point de départ essentiel en vue d’un dialogue mondial entre les civilisations..  En outre, M. Neil a appelé les Nations Unies à poursuivre leur soutien au dialogue et a mis l’accent sur l’approche locale, particulièrement dans les sociétés multiculturelles.  Toutefois, le représentant jamaïcain a fait part de ses doutes quant au paragraphe 16 du Rapport suggérant que le dialogue mondial pouvait constituer une réponse au terrorisme.  « Nous croyons qu’il est préférable de mettre l’accent sur l’interdépendance au sein de la communauté mondiale, de mettre fin à l’intolérance, à l’extrémisme, à la polarisation et aux conflits », a-t-il conclu.

Mme KHUNYING LAXANACHANTORN LAOHAPHAN (Thaïlande) a rappelé que son pays prenait part à l’Alliance des civilisations initiée par l’Espagne et la Turquie.  Elle s’est en outre félicitée de la participation de la Thaïlande au Dialogue interconfessionnel tenu en septembre dernier.  « Il devient impératif de mettre en œuvre tous ces voeux de bonnes intentions et de ne pas les laisser demeurer lettre morte afin de faire de la paix une partie intégrante de notre existence », a insisté Mme Laohaphan.  La paix est un processus que l’on doit sans cesse cultiver, a-t-elle expliqué avant d’ajouter que la création d’un environnement propice à la paix était aussi important que la paix elle-même.  Selon Mme Laohaphan, alors que la paix est constamment menacée au niveau mondial par les attaques terroristes et au niveau local par les conflits entre les communautés, la colère, l’avidité et le mépris constituent trois importantes menaces pour la paix.  En effet, les pendants de ces comportements étant la violence, les sentiments d’injustice et d’exploitation, ces phénomènes attisent le ressentiment des plus démunis, comme ce fut le cas lors des récentes catastrophes naturelles imputables au manque de respect pour l’environnement, a estimé la représentante. 

Nous devons faire place au compromis, a poursuivi Mme Laohaphan, en expliquant qu’il était nécessaire de rechercher activement l’harmonie et la paix entre les êtres humains, indépendamment de leur religion ou de la couleur de leur peau.  Pour cela la représentante de la Thaïlande a prôné la promotion de l’éducation formelle et informelle ainsi que des échanges entre jeunes.  Mme Laohaphan a rappelé que les médias et l’industrie de la publicité avaient leur part de responsabilité dans l’éducation, et que dès lors, ils se devaient de ne pas penser uniquement en termes de profit mais aussi en termes d’impacts sociaux.  Afin de promouvoir l’Agenda mondial pour un dialogue entre les civilisations, la Thaïlande soutient les recommandations de l’UNESCO telles que le développement de la coordination entre le système des Nations Unies, les États Membres et les organisations de la société civile; le rapprochement entre la déclaration pour une éducation au développement durable (2005-2010) et les OMD; le développement des outils de communication; et enfin le soutien des médias internationaux pour une meilleure promotion de la culture de paix et du dialogue entre les civilisations.  « Chacun d’entre-nous peut être un messager de la paix », a-t-elle conclu.

M. CESAR EDGARDO MARTINEZ (El Salvador) a rappelé que le concept de l'égalité des cultures et des civilisations ainsi que le partage des valeurs et des principes attachés à la culture de la paix -à savoir la tolérance, le respect d'autrui, la compréhension mutuelle, le respect de la diversité culturelle, l'adhésion à la non-violence et les principes de la co-existence pacifique- faisaient maintenant partie d'un langage commun.  Il a indiqué que le défi majeur du XXIe siècle consistait à élargir et à étoffer la notion de sécurité collective, associé à une définition précise des responsabilités, des accords, des stratégies et des institutions indispensables à l'établissement d'un système de sécurité collective qui soit efficace, efficient et équitable.  Il a noté que l'adhésion à la culture de la paix et au dialogue entre les cultures et les civilisations représentait une composante essentielle de cet engagement, rendue encore plus pressante par l'avènement de la mondialisation et la survenue de nouvelles menaces et de nouveaux défis.

L’intervenant a ensuite précisé que les technologies de l'information et de la communication, le resserrement de l'intégration au plan régional et la dynamique des flux migratoires permettaient à des personnes issues des quatre coins du monde de mieux se connaître, de communiquer eu égard à leurs différences et d'échanger des idées, des connaissances et des valeurs.  Il a notamment loué les initiatives de l'UNESCO en matière d'éducation afin de renforcer l'éducation à la paix, les droits de l'homme, la diversité linguistique ainsi que la coopération technique entre États Membres.  Enfin, il a réitéré qu'il fallait élaborer des mécanismes de coopération à tous les niveaux afin d'accroître la coopération entre tous les acteurs pertinents de la promotion et de la consolidation d'une culture de paix, et a réaffirmé le caractère indéfectible de la volonté politique de son pays à l'égard de la culture de la paix.

M. ABDERRAZZAK LAASSEL (Maroc) a déclaré que la promotion du dialogue entre les religions et celle du dialogue entre les civilisations constituaient les composantes d’une même action visant à lutter contre toutes les formes d’extrémismes.  Le représentant, qui a salué et encouragé le travail de l’ONU dans ses efforts pour promouvoir le dialogue entre les peuples, s’est néanmoins déclaré préoccupé par la montée des extrémismes et des fanatismes, qui ne sont, a-t-il précisé, l’apanage d’aucune religion et d’aucune civilisation.  Le dialogue ne peut être fructueux, a-t-il estimé, que s’il est engagé sur des bases solides. 

Le représentant s’est par ailleurs félicité du fait que l’arsenal juridique de la promotion du dialogue entre les civilisations s’était enrichi aujourd’hui par l’adoption, par l’UNESCO, d’une convention sur la diversité culturelle qui affranchit la culture des règles du commerce international.  Le représentant a également indiqué que son pays avait salué la décision du Secrétaire général de créer un groupe de haut niveau sur l’Alliance des civilisations.  Il a ajouté que le Maroc était coauteur des projets de résolutions L.4, L.5 et L.6.  Convaincu de la pertinence du message véhiculé par ces projets de résolution, le Maroc souhaite qu’ils soient adoptés par consensus par l’Assemblée générale, a-t-il souligné.

M. SHRESTHA (Népal) a observé que nous vivons dans un monde caractérisé à la fois par de nombreuses possibilités et de grandes incertitudes.  Il a cité en exemple la multiplication des échanges,  la familiarisation croissante des individus aux différentes langues, cultures et traditions des peuples de la planète, favorisant le rapprochement des nations, et les aléas nées notamment de la guerre, des conflits civils, de l’intolérance ethnique et religieuse, de la violence et de la menace du terrorisme.  C’est à la lumière de ce paradoxe, a estimé le représentant, que prend tout son sens la culture de la paix qui rejette la violence, l’extrémisme, le fanatisme et promeut les valeurs universelles de tolérance, de solidarité et d’harmonie qui constituent des principes et objectifs cardinaux de la Charte des Nations Unies.  Il faut que les enfants, dont les tendres mains devraient tenir des stylos plutôt que des armes, soient exposés à une culture de non-violence, a ajouté M. Shrestha.  Saluant l’action de l’UNESCO dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action en faveur d’une culture de paix et de non-violence pour les enfants, il a également appelé la communauté internationale à mener plus d’activités ciblant les enfants, en particulier dans les pays en situation de conflit.

Le représentant a ensuite présenté les efforts du Népal, pays de naissance de Bouddha, en faveur de la paix.  Les enseignements de paix, de compassion, de non-violence et de tolérance de Bouddha demeurent aujourd’hui encore pertinents en ces temps de turbulences, a-t-il estimé, soulignant qu’un tel message d’harmonie et de paix était approprié pour chaque culture et religion.  L’intervenant a annoncé que son pays s’était engagé à développer Lumbini, ville natale de Bouddha, pour en faire une cité fontaine pour la paix et l’harmonie dans le monde et un lieu de méditation où les gens pourront venir discuter des enseignements de Bouddha et faire des recherches.  Le soutien de l’ONU et de l’ensemble de la communauté internationale à la réalisation du Plan cadre pour le développement de Lumbini, en dépit des progrès déjà accomplis par le Népal, demeurent nécessaires, a-t-il conclu.    

M. YERZHAN KH. KAZYKHANOV (Kazakhstan) a rappelé qu'à mi-parcours de la Décennie internationale de la promotion d'une culture de non-violence et de paix au profit des enfants du monde, 2001-2010, il était devenu évident que la priorité devait être accordée à l'éducation, y compris l'éducation à la paix et à la non-violence chez les enfants, et que la famille, les médias et d'autres institutions d'enseignement devaient accroître leur engagement sur cette question.

Il a ensuite indiqué qu’il est indispensable de renforcer la compréhension mutuelle afin de venir à bout de l'intolérance et de lutter contre les stéréotypes.  Il a réaffirmé le rôle joué par le Kazakhstan dans l'élaboration de l'initiative de la Rencontre des dirigeants des religions traditionnelles mondiales, qui s'était tenue à Astana en septembre 2003, et a rappelé que le thème de la prochaine réunion de cette organisation, qui aura également lieu l’an prochain Astana, sera: « Religions, société et sécurité internationale ».  Le représentant a précisé que son pays avait également offert d'accueillir la prochaine conférence de l'OSCE qui doit traiter des questions interconfessionnelles au printemps 2006. 

M. JUAN ANTONIO YÁÑEZ-BARNUEVO (Espagne) a déclaré que l’initiative pour l’Alliance des civilisations, lancé par le Secrétaire général et soutenu par son pays, n’avait pas pour vocation de remplacer d’autres initiatives internationales pour la promotion du dialogue entre les civilisations.  Pour le Groupe de haut niveau sur l’Alliance des civilisations, il s’agit de faire en sorte que les mesures prises par la communauté internationale soient placées sur un plan différent en mettant l’accent sur les relations entre l’Occident et le monde musulman et en donnant la parole aux bonnes volontés, a-t-il précisé en demandé aux États Membres de soutenir cette initiative. 

M. Yáñez-Barnuevo a annoncé que l’Espagne accueillera en novembre 2005 la première réunion de ce Groupe de haut niveau et a souhaité que celui-ci apporte des propositions concrètes contre le terrorisme et l’idéologie de la crainte.  Tout en s’intéressant particulièrement aux générations futures,  il faut que la communauté internationale agisse aux plans  local, national local et international, a-t-il poursuivi.  Nous devons axer notre action au-delà du dialogue, entreprendre des tâches ensemble, surmonter nos différences, exploiter notre diversité.  Il s’agit d’un objectif qui mérite le soutien et toute l’attention de la communauté internationale, a conclu l’intervenant.  

M. ABDUL WAHAB, Observateur permanent de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a rappelé que toutes les civilisations, religions et cultures devaient saluer « l’unité dans la diversité » du genre humain.  L’Histoire démontre que toutes les civilisations se sont enrichies et développées grâce au dialogue et aux interactions et qu’au contraire, l’absence de partage du savoir et le manque de respect envers l’expression des différentes cultures pouvaient avoir un impact  négatif sur la paix et la sécurité.  À cet égard, M. Wahab a souligné que le processus de mondialisation actuel peut aussi bien promouvoir la paix que susciter la mésentente et l’incompréhension entre les civilisations.  Pour l’OCI, la dissémination de concepts erronés à travers les médias et les systèmes éducatifs est la principale cause des déviations idéologiques qui desservent les intérêts de l’humanité.  Ainsi, « le fait de placer le mot Islam devant le terme terrorisme constitue pour nous un sacrilège», a souligné M. Wahab.  Considérant que médias et éducation sont complémentaires, le représentant de l’OCI a appelé chaque pays à rechercher des stratégies susceptibles de contrer les tendances déviantes en la matière.  En outre, il a encouragé les médias à diffuser une culture de tolérance basée sur le dialogue et la reconnaissance du pluralisme culturel et civilisationnel.  Il a également prôné l’inclusion d’une culture de paix dans les programmes et les manuels scolaires, ainsi que la promotion d’échanges culturels et l’apprentissage des langues étrangères afin de faire tomber les barrières existantes.

Estimant que l’Islam défend la paix, la compassion et la tolérance entre les peuples, le représentant de l’OCI a souligné que son organisation avait, depuis sa création, multiplié les efforts afin de renforcer les liens entre le monde musulman et le reste du monde en général.  Enfin, M. Wahab a conclu son intervention en affirmant qu’il espérait que le Conseil de l’Europe et l’OCI pourraient travailler ensemble afin de combattre le terrorisme international et l’islamophobie.

Explication de position

La représentante du Venezuela a déclaré qu’en dépit de l’importance accordée par le Gouvernement vénézuélien aux enfants et à la promotion de la culture de la paix, son pays ne pouvait être coauteur des projets de résolution A/60/L.5 et A/60/L.6, parce qu’ils mentionnaient tous deux, au paragraphe 13 pour le premier et au paragraphe 4 pour le second, le Document final de la réunion plénière de haut niveau, considéré par la délégation vénézuélienne comme un simple document de travail.

Rapports

Promotion du dialogue entre les religions (A/60/201)

Ce rapport du Secrétaire général contient les vues d’États Membres et d’entités du système des Nations Unies sur la question.  Dans sa résolution 59/23 du 11 novembre 2004, l’Assemblée générale, affirmant que la compréhension mutuelle et le dialogue entre les religions constituaient des dimensions importantes du dialogue entre les civilisations et la culture de la paix, avait invité le Secrétaire général à porter la promotion du dialogue entre les religions à l’attention de tous les gouvernements et de toutes les organisations internationales intéressées.  Il donne également suite à la résolution 59/142 de l’Assemblée générale en date du 15 décembre 2004, traitant de la promotion de la compréhension, de l’harmonie et de la coopération culturelle et religieuse.

Pour le Département de l’information publique (DPI), dont le point de vue est présenté dans le rapport, la promotion du dialogue interreligieux dans le cadre du Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations demeure une question prioritaire.  Afin d’examiner les diverses manifestations de l’intolérance et d’étudier les moyens de promouvoir le respect et l’entente entre les peuples, le Département a ainsi lancé, en 2004, un cycle de séminaires intitulé « Unlearning Intolerance » (Désapprendre l’intolérance), dont le premier était axé sur l’antisémitisme et le deuxième sur l’islamophobie.  Le troisième, qui se tiendra conjointement avec la Journée mondiale de la liberté de la presse (le 3 mai), étudiera comment contrer le rôle –potentiel ou réel– des médias s’agissant d’attiser l’intolérance.

Examen global à mi-parcours de la Décennie internationale de la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde, 2001-2010(A/60/279)

Le rapport, établi par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) rend compte de l’examen global à mi-parcours de la Décennie et des éléments concernant l’application des résolutions 59/142 et 59/143 de l’Assemblée générale, en date du 15 décembre 2004, ayant respectivement trait à la promotion de la compréhension, de l’harmonie et de la coopération culturelle et religieuse et à la Décennie susmentionnée.  Sont passées en revue les activités menées par le système des Nations Unies, au niveau national et par les ONG.

En matière d’éducation, les activités axées sur les principes tels que les droits de l’homme, la paix, la participation démocratique, la tolérance, la non-violence et la compréhension entre cultures sont intégrées dans les programmes scolaires, en tenant compte tenu du contexte socioculturel propre à chaque pays; des interventions en faveur de la réadaptation des enfants touchés par la guerre sont menées, ainsi que la lutte contre les modes de pensée stéréotypés et les attitudes et comportements discriminatoires à l’égard des femmes.  La participation des jeunes aux activités en faveur de la paix est vivement encouragée.  L’accès du plus grand nombre à la société du savoir et l’adaptation des politiques scientifiques aux besoins de la société sont également prônés.

En ce qui concerne les sciences sociales et humaines, un cadre éthique, normatif et éducatif pour la promotion de la sécurité humaine au niveau régional a été conçu et un inventaire de la violence et de ses causes et comment y remédier a été dressé, associé à la mise en place de plans d’action nationaux de prévention de la violence et de systèmes de collecte de données.

Dans le domaine de la communication, des actions sont menées dans le cadre de la décennie sur le soutien aux médias indépendants dans les zones de conflit et sur le recours aux technologies de l’information et des communications comme outils de promotion du dialogue interculturel.

Eu égard au développement économique et social durable, des mesures faisant valoir la nécessité d’un partage éthique et durable des ressources ont été prises, avec la mise au point de programmes d’activités rémunératrices pour les groupes de population vulnérables (femmes, jeunes défavorisés ou marginalisés, populations rurales).

Enfin, le rapport réaffirme que la mobilisation accrue des ressources humaines et matérielles aux niveaux international, régional et national pour la conduite d’activités favorisant les différentes dimensions d’une culture de la paix, le renforcement des liens avec les objectifs du Millénaire pour le développement, le recours aux technologies de l’information et des communications ainsi que l’appui des médias de masse en faveur d’une culture de la paix sont indispensables à sa réussite.

Programme mondial pour le dialogue entre les civilisations (A/60/259)

Ce Programme figure en annexe de la résolution 56/6 qui avait été adoptée en 2001 et qui demandait au Secrétaire général de rendre compte, à cette session, de l’exécution du Programme.  Il est souligné que les attentats de 2001 ainsi que l’interdépendance croissante des peuples du fait de la mondialisation ont rendu l’appel au dialogue plus pertinent et plus pressant; à la fois pour apporter une réponse constructive au terrorisme mais aussi pour préserver la diversité, élément de cette « liberté plus grande » évoquée par les fondateurs de l’Organisation dans le Préambule de la Charte des Nations Unies.

Au niveau international, le Secrétaire général a lancé en juillet 2005 l’Alliance des civilisations, suite aux propositions des Premiers ministres espagnol et turc, et afin de lutter contre les préjugés, la confrontation et la polarisation.  En ce qui concerne l’Organisation des Nations Unies pour la science, l’éducation et la culture (UNESCO), une résolution de la Conférence générale précise qu’elle doit axer ses efforts, au niveau régional et sous-régional, autour de l’éducation pour tous (EPT), des sciences et de la technologie, de la diversité culturelle ainsi qu’autour des médias et technologies de l’information et de la communication.  Enfin, pour élargir la réflexion sur les difficultés à venir et les différentes dimensions du dialogue, l’UNESCO a organisé une conférence internationale sur le dialogue entre les civilisations à son siège, à Paris en avril 2005.

Dans ces observations, le Secrétaire général rappelle que l’on ne renonce pas à son identité en entamant un dialogue puisqu’au départ, le concept de dialogue suppose une différence entre les interlocuteurs.  Il considère par ailleurs que pour porter ses fruits, le dialogue entre les civilisations, doit comme beaucoup d’idées de portée mondiale être mené au niveau local avant d’être étendu au niveau national puis transnational.  D’autre part, M. Kofi Annan encourage l’engagement des gouvernements, la coopération interinstitutionnelle et la mobilisation des personnalités modèles au sein des sociétés afin de garantir le succès du dialogue auprès de toutes les populations et en particulier les jeunes, qui auront à le perpétuer.  Il fait enfin savoir qu’une reformulation des textes communs et une reconceptualisation des relations internationales mettant l’accent sur l’interdépendance accrue des peuples, des sociétés et des personnes, en particulier les jeunes, permettrait de mener à bien ce partenariat mondial et de dissuader de toute entreprise les adeptes actuels et potentiels des extrémismes; tout en les convaincant du bien-fondé de ce dialogue.

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À l’intention des organes d’information • Document non officiel
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