CONDAMNATION UNANIME DU TERRORISME, RECONNAISSANCE DU DEVOIR DE PROTÉGER, CRÉATION D’UNE COMMISSION DE CONSOLIDATION ET D’UN CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME, PERCÉES DU SOMMET MONDIAL DE L’ASSEMBLÉE

16 septembre 2005
AG/10385

CONDAMNATION UNANIME DU TERRORISME, RECONNAISSANCE DU DEVOIR DE PROTÉGER, CRÉATION D’UNE COMMISSION DE CONSOLIDATION ET D’UN CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME, PERCÉES DU SOMMET MONDIAL DE L’ASSEMBLÉE

16/09/2005
Assemblée générale
AG/10385
Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

7e & 8e séances plénières – matin & après-midi

CONDAMNATION UNANIME DU TERRORISME, RECONNAISSANCE DU DEVOIR DE PROTÉGER, CRÉATION D’UNE COMMISSION DE CONSOLIDATION ET D’UN CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME, PERCÉES DU SOMMET MONDIAL DE L’ASSEMBLÉE

Le Sommet mondial se termine et cède la place au débat général de la soixantième session de l’Assemblée, prévu du 17 au 28 septembre

L’Assemblée générale a clôturé, dans la soirée, un Sommet mondial que beaucoup ont qualifié de plus grand rassemblement de dirigeants politiques jamais organisé dans l’Histoire.  Arrivés à New York le 14 septembre dernier, 146 chefs d’État et de gouvernement ont ainsi donné le coup d’envoi des manifestations liées au 60ème anniversaire des Nations Unies.  Ils ont quitté le Siège de l’ONU après avoir adopté sans vote un document dans lequel « ils s’engagent à rendre sa vocation à un système des Nations Unies plus efficace, plus efficient, plus responsable et plus crédible ».  La finalisation de la plupart des engagements a été renvoyée à la soixantième session de l’Assemblée générale qui débutera demain, samedi 17 septembre, par le traditionnel débat général.

« Nous sommes résolus à continuer d’entreprendre concrètement de trouver les moyens de donner suite aux décisions issues du Sommet du Millénaire*, de façon à apporter des solutions multilatérales aux problèmes qui se posent dans les domaines du développement, de la paix et de la sécurité collective, des droits de l’homme et de l’état de droit, et du renforcement de l’ONU » affirment les chefs d’État et de gouvernement, dans un document de 42 pages et de 178 paragraphes.

Le Document final, qui souligne que l’Afrique est le seul continent à ne pas être en voie de réaliser un seul des objectifs de la Déclaration du Millénaire d’ici à 2015, constitue un ensemble de changements qui vont très loin, avait commenté le Secrétaire général de l’ONU, lors de l’inauguration du Sommet.  Mais, avait-il modéré, « Ne nous abusons pas, et n’abusons pas non plus les peuples des Nations Unies.  Nous n’avons pas encore accompli la réforme fondamentale et de grande ampleur, qu’à l’instar de bien d’autres, je crois nécessaire.  De grandes divergences, dont certaines, légitimes, portent sur le fond, n’y sont pas pour rien ». 

Comme beaucoup d’autres délégations, Kofi Annan avait estimé que le «plus grand échec» se situe sur le front de la non-prolifération des armes nucléaires et du désarmement, qui n’est pas mentionné dans le Document final.  Le manque de progrès dans la réforme du Conseil de sécurité a également déçu.  Saisie d’au moins trois propositions, l’Assemblée générale est priée, par les chefs d’État et de gouvernement, d’examiner d’ici à la fin 2005, les progrès réalisés.

Il y a six mois, dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande »**, Kofi Annan avait recommandé, selon ses mots, «des propositions ambitieuses mais nécessaires, compte tenu des périls et des promesses de l’époque, et réalisables pourvu que la volonté politique y fût».  Aux yeux de ses signataires comme à ceux du Secrétaire général, le Document final comprend toutefois des progrès décisifs.  Le progrès le plus cité apparaît dans le chapitre «paix et la sécurité collective», dans lequel les chefs d’État et de gouvernement «condamnent fermement le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu’en soient les auteurs, les lieux et les buts».  Ils soulignent l’importance de conclure, à la soixantième session de l’Assemblée générale, une convention générale sur le terrorisme international.  Pour ce faire, les États Membres doivent encore s’entendre sur une définition du terrorisme.  L’autre percée de ce chapitre est la décision d’instituer une Commission de consolidation de la paix qui devrait être opérationnelle le 31 décembre 2005 au plus tard. 

Les progrès décisifs ne s’arrêtent pas là.  Dans le chapitre « droits de l’homme et état de droit », le concept du « devoir de protéger » les civils du génocide et d’autres crimes graves contre l’humanité est reconnu. Un Conseil des droits de l’homme est également créé, le Président de l’Assemblée générale étant appelé à organiser des négociations afin d’arrêter le mandat, les modalités d’organisation, les fonctions, la taille, la composition et les méthodes de travail du Conseil. 

Partie la plus longue et peut-être la moins novatrice, le chapitre sur le développement comprend néanmoins des propositions, notées avec intérêt, de sources novatrices de financement. Quant à la dette, les chefs d’État et de gouvernement énumèrent, après l’annulation de la dette accordée à 18 pays par le G-8, des mesures supplémentaires pour assurer sa viabilité.  Enfin, s’agissant du commerce, ils promettent de «faire diligence» pour appliquer les volets du programme de travail de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) arrêté à Doha, dit «Cycle du développement».   

Les représentants du Venezuela, des États-Unis, de Cuba et du Bélarus ont expliqué leur position sur le Document final.  Des déclarations de clôture ont été faites par les deux Coprésidents du Sommet mondial, à savoir le Président du Gabon et le Premier Ministre de la Suède, respectivement Président de la cinquante-neuvième et Président de la soixantième session de l’Assemblée générale.  Le Sommet s’est terminé par une présentation des résultats des tables rondes qui y ont été organisées tout comme une Réunion distincte de haut niveau sur le suivi de la Conférence internationale sur le financement du développement, qui s’est tenue à Monterrey au Mexique en 2002.  Auparavant, l’Assemblée avait entendu les 71 déclarations des chefs d’État et de gouvernement ainsi que de hauts responsables.  En fin de séance, treize observateurs et représentants de la société civile ont exprimé leurs vues sur le Document final. 

Avant de clore le Sommet, le Président de la soixantième session de l’Assemblée, Jan Eliasson (Suède), a félicité les représentants de la société civile de leur contribution.

*     A/55/2

**    A/59/2005  

RÉUNION PLÉNIÈRE DE HAUT NIVEAU

PRÉSENTATION ET ADOPTION DU DOCUMENT FINAL DU SOMMET MONDIAL DE 2005 (A/60/L.1)

      « Nous nous engageons à rendre sa vocation à un système des Nations Unies plus efficace, plus efficient, plus responsable et plus crédible ».  C’est ce que déclarent, dans un document final de 42 pages et 178 paragraphes, les chefs d’État et de gouvernement qui ont été réunis au Siège de l’ONU à New York, du 14 au 16 septembre 2005.  Dans ce premier chapitre intitulé valeurs et principes, ils se disent « résolus à continuer d’entreprendre concrètement de trouver les moyens de donner suite aux décisions issues du Sommet du Millénaire », de façon à apporter des solutions multilatérales aux problèmes qui se posent dans les quatre domaines du développement, de la paix et de la sécurité collective, des droits de l’homme et de l’état de droit, et du renforcement de l’ONU.

Dans le long chapitre consacré au développement, les chefs d’État et de gouvernement réaffirment que chaque pays est responsable au premier chef de son propre développement économique et social, tout en reconnaissant que les efforts des pays en développement doivent être complétés par des politiques, mesures et programmes d’appui mondiaux.  Dans le document, les pays en développement décident d’adopter en 2006 au plus tard, et de mettre en œuvre des stratégies nationales de développement pour atteindre les buts et objectifs de développement convenus au niveau international.  Le document précise que c’est à chaque État qu’il appartient de concilier les avantages découlant de l’acceptation de règles et d’engagement internationaux et les inconvénients résultant de la réduction concomitante de sa marge de manœuvre.  Il est particulièrement important pour les pays en développement, insistent les chefs d’État et de gouvernement, que tous les pays tiennent compte de la nécessité de procéder à cet arbitrage entre marge de manœuvre et règles et engagements internationaux. 

En matière de financement du développement, les chefs d’État et de gouvernement se disent encouragés par les estimations de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) selon lesquelles le montant de l’aide publique au développement (APD) augmentera dorénavant de 50 milliards de dollars par an environ d’ici à 2010.  Ils se félicitent, en outre, des efforts déployés récemment pour améliorer la qualité de l’aide et en accroître l’impact, notamment la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement.  Ils reconnaissent aussi qu’il est important de mettre en place des sources novatrices de financement, à condition, ajoutent-ils, qu’elles n’imposent pas aux pays en développement un fardeau excessif.  Ils citent la Facilité de financement internationale et les prélèvements, prônés par certains pays, d’une contribution sur les billets d’avion. 

Quant à la mobilisation des ressources nationales, les chefs d’État et de gouvernement décident « solennellement »  de promouvoir la bonne gouvernance, d’appliquer des politiques macroéconomiques rationnelles à tous les niveaux et de faire de la lutte contre la corruption à tous les niveaux une priorité.  Ils promettent d’appuyer les efforts déployés par les pays en développement et les pays en transition pour créer un climat national propice aux investissements, notamment grâce à la mise en place d’un cadre transparent, stable et prévisible, doté de mécanismes d’exécution des contrats adéquats et de respect des droits de propriété et de la primauté du droit.  Ils demandent aux institutions financières et bancaires internationales d’envisager de renforcer la transparence des mécanismes de notation des risques. 

S’agissant de la dette, les chefs d’État et de gouvernement se félicitent des propositions du G-8 concernant l’annulation de l’intégrité de la dette que les pays pauvres très endettés, qui remplissent les conditions requises, doivent au Fonds monétaire international (FMI), à l’Association internationale de développement (AID), et au Fonds africain de développement.  Ils soulignent, en outre, qu’il faudrait envisager de prendre des mesures et des initiatives supplémentaires visant à assurer la viabilité à long terme de la dette moyennant un accroissement de financement sous forme de dons, et l’annulation de l’intégralité de la dette publique multilatérale et bilatérale des pays pauvres très endettés.  Il faudrait aussi envisager, ajoutent les chefs d’État et de gouvernement, de réduire sensiblement ou de restructurer la dette des pays pauvres à revenu faible ou intermédiaire dont le niveau d’endettement n’est pas viable.  Le document propose des formules telles que les échanges dette/développement durable ou des arrangements de conversion de créances entre créanciers multiples.  Ces initiatives pourraient aussi prendre la forme, suggèrent les chefs d’État et de gouvernement, de nouveaux efforts du FMI et de la Banque mondiale pour développer le cadre devant permettre d’assurer la viabilité de la dette de ces pays. 

Concernant le commerce, ils promettent de « s’efforcer » d’atteindre l’objectif du Programme d’action de Bruxelles consistant à ce que les pays les moins avancés (PMA) aient accès pour leurs produits d’exportation, en franchise de droits et hors quotas, aux marchés des pays développés et à ceux des pays en développement qui sont en mesure de leur accorder cet avantage.  Les chefs d’État et de gouvernement promettent aussi de « faire diligence » pour appliquer les volets du programme de travail de Doha se rapportant au développement.  Consacrant une large partie de ce chapitre au développement durable, les chefs d’État et de gouvernement soulignent la nécessité d’honorer tous les engagements et obligations qui découlent de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et d’autres accords internationaux pertinents dont « pour beaucoup d’entre nous, le Protocole de Kyoto ».  Ensemble, ils réaffirment leur adhésion à l’objectif ultime de la Convention-cadre qui est de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui exclue toute perturbation anthropique dangereuse du régime climatique.

Le chapitre se termine par les besoins particuliers de l’Afrique « seul continent à ne pas être en voie de réaliser un seul des objectifs de la Déclaration du Millénaire d’ici à 2015 ».  Pour permettre au continent de s’intégrer pleinement à l’économie mondiale, les chefs d’État et de gouvernement s’engagent à renforcer la coopération avec le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) par le biais d’un appui cohérent aux programmes élaborés par les responsables africains dans ce cadre.  Ils s’engagent à appuyer la création d’un consortium international de mise en place d’infrastructures comprenant l’Union africaine, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, le NEPAD, pour faciliter les investissements publics et privés d‘infrastructures en Afrique. 

Au chapitre de la paix et de la sécurité collective, les chefs d’État et de gouvernement « réaffirment l’obligation faite à tous les États Membres de s’abstenir dans leurs internationales de recourir à la menace ou à l’emploi de la force de manière incompatible avec la Charte des Nations Unies ».  Ils « condamnent fermement le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, quels qu’en soient les auteurs, les lieux et les buts, car il constitue une des menaces les plus graves pour la paix et la sécurité internationales ».  Ils considèrent que l’Assemblée générale devrait développer, sans retard, les éléments d’une stratégie de lutte antiterroriste proposés par le Secrétaire général.  Ils soulignent aussi qu’il importe de n’épargner aucun effort pour parvenir à un accord et conclure, à la soixantième session de l’Assemblée générale, une convention générale sur le terrorisme international.  Ils reconnaissent également que pourrait être examinée la question de la tenue d’une conférence de haut niveau pour formuler une réponse internationale au terrorisme. 

Sur la question du maintien de la paix, les chefs d’État et de gouvernement demandent instamment que soient élaborés plus avant les propositions tendant à accroître les moyens d’intervention rapide pouvant être déployés pour renforcer les opérations de maintien de la paix dans les situations de crise.  Ils se disent favorables à la constitution d’une force de police permanente.  Les chefs d’État et de gouvernement conviennent de soutenir les efforts que déploient l’Union européenne et d’autres entités régionales pour mettre en place des capacités telles que les dispositifs à déploiement rapide, les forces et moyens en attente et les dispositifs de soudure.  Ils conviennent également d’appuyer l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan décennal de renforcement des capacités en coopération avec l’Union africaine. 

Les chefs d’État et de gouvernement décident d’instituer une Commission de consolidation de la paix qui devrait commencer à fonctionner le 31 décembre 2005 au plus tard.  La Commission a pour vocation première de rassembler toutes les parties intéressées aux fins de la mobilisation de ressources, et de formuler des conseils et des propositions concernant des stratégies intégrées de consolidation de la paix et de relèvement après les conflits.  Les chefs d’État et de gouvernement demandent aussi au Secrétaire général de créer un fonds permanent pluriannuel pour la consolidation de la paix, fonds qui serait financé à l’aide de contributions volontaires. 

Pour ce qui est du chapitre droits et état de droit, les chefs d’État et de gouvernement prennent la résolution de renforcer le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, en doublant son budget ordinaire au cours des cinq prochaines années, « compte tenu des autres programmes prioritaires à l’intention des pays en développement et de la nécessité de recruter du personnel hautement qualifié, géographiquement très diversifié et se répartissant également entre les sexes », précisent-ils.  S’ils soulignent que c’est à chaque État qu’il incombe de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité, les chefs d’État et de gouvernement se disent néanmoins prêts à « mener en temps voulu une action collective résolue, par l’entremise du Conseil de sécurité, conformément à la Charte, notamment son Chapitre VII, au cas par cas et en coopération, le cas échéant, avec les organisations régionales compétentes, lorsque les moyens pacifiques se révèlent inadéquats et que les autorités nationales n’assurent manifestement pas la protection de leurs populations ».  Ils soulignent encore que l’Assemblée générale doit poursuivre l’examen du devoir de protéger et des conséquences qu’il implique. 

Terminant par le chapitre renforcement de l’ONU, les chefs d’État et de gouvernement, souhaitent, s’agissant du Conseil de sécurité, qu’il soit réformé sans tarder, afin de le rendre plus largement représentatif, plus performant et plus transparent, ce qui, affirment-ils, accroîtra encore son efficacité, la légitimité de ses décisions et la qualité de leur mise en œuvre.  Ils s’engagent à continuer à s’efforcer d’aboutir à une décision à cette fin, et prient l’Assemblée générale d’examiner d’ici à la fin 2005, les progrès accomplis sur cette voie.  Ils décident, par ailleurs, de créer un Conseil des droits de l’homme, en priant le Président de l’Assemblée générale d’organiser des négociations ouvertes, transparentes et sans exclusion, devant aboutir le plus tôt possible, au cours de la soixantième session, afin d’arrêter le mandat, les modalités d’organisation, les fonctions, la taille, la composition et les méthodes de travail du Conseil.

S’agissant du Secrétariat de l’ONU, les chefs d’État et de gouvernement prient, par ailleurs, le Secrétaire général de veiller à ce que les plus hautes qualités de travail, de compétence et d’intégrité soient l’élément déterminant du recrutement, « compte dûment tenu du principe d’une répartition géographique équitable ».  Ils le prient aussi de présenter à l’Assemblée générale à sa soixantième session, des indications détaillées sur le bureau de l’éthique professionnelle, doté d’un statut indépendant, qu’il compte créer.  Ils lui demandent également de soumettre à l’Assemblée générale, des propositions concernant les conditions qui doivent être réunies et les mesures qui devraient être prises pour qu’il puisse s’acquitter efficacement de ses responsabilités en matière de gestion.  Les chefs d’État et de gouvernement se déclarent décidés à étudier une proposition détaillée concernant les modalités d’une opération ponctuelle visant à améliorer par des départs négociés la structure et la qualité des effectifs.  Ils demandent enfin au Secrétaire général de présenter une évaluation externe indépendante du système d’audit et de contrôle de l’ONU et des institutions spécialisées et de soumettre à l’Assemblée générale des propositions détaillées concernant la création d’un comité consultatif de contrôle indépendant.  Concernant la Charte des Nations Unies, les chefs d’État et de gouvernement recommandent la suppression du Chapitre XIII et les références au Chapitre XII du Conseil de tutelle « qui n‘a plus aucune fonction à remplir ».  Ils décident aussi de supprimer les références aux « États ennemis » figurant aux Articles 53, 77, et 107 de la Charte.  

Les détails sur les incidences financières relatives au Document final du Sommet mondial 2005 figurent dans le document paru sous la cote A/60/355.

Déclarations des chefs d’État et de gouvernement

M. NICANOR DUARTE FRUTOS, Président du Paraguay, a attiré l’attention sur la nécessité qu’il y ait des hommes politiques disposés à combattre la corruption, des juges animés de courage, et des chefs d’entreprise prêts à sortir des chemins battus, afin d’atteindre un seuil de compétitivité et de créer des emplois.  Il doit y avoir une participation égale de la part de tous, et non l’iniquité qui existe actuellement.  Il a ensuite affirmé que le fait que le bénéfice des richesses soit dirigé vers les pays riches est non seulement injuste mais constitue aussi une menace pour la paix.  Les ressources doivent être affectées à l’ensemble des nations afin d’établir une véritable base pour la démocratie.  Le Président a noté que son gouvernement mène une lutte de fond contre la pauvreté extrême, et qu’entre 2002 et 2004, il a réussi à la faire passer de 20,1% à 17,1%.  Au total, le Paraguay est parvenu à  faire passer le nombre de pauvres de 46,4% à 39,2%.  Il a noté que les promesses de l’Organisation n’ont pas été tenues, et que les abus associés à la mondialisation pourraient créer un nouveau conflit à l’échelle mondiale.  Alors que le terrorisme intégriste sème la souffrance dans de nombreuses régions, l’accès des produits des pays pauvres au dit « premier » monde est rendu impossible suite à un boycott, l’exclusion des pays pauvres des organes de décision ainsi que la destruction des capacités de décision, sont autant de menaces pour les démocraties fragiles, pour la liberté que pour la paix en Amérique latine.  Il a réaffirmé que son pays avait pour objectif de réduire la pauvreté extrême à 13% en 2008.

Le Président a souligné que l’analphabétisme est en  régression et que la participation scolaire a augmenté.  L’accès à l’enseignement primaire va s’étendre, avec un accent mis sur la qualité.  L’accès à l’enseignement secondaire et universitaire, appliquant la parité des sexes, est en progression, et marque une participation croissante des femmes dans le processus du développement, ainsi qu’une amélioration de leur statut juridique.  Un accent a été mis sur la lutte contre le trafic des personnes, ainsi que sur celle contre la violence à l’égard des femmes.  La participation des femmes a progressé au niveau politique, parlementaire, judiciaire, ainsi que dans d’autres instances gouvernementales.  Le système de santé vise à faire progresser les derniers indicateurs des progrès de la santé, à réduire le taux de mortalité infantile et maternelle, la malnutrition et autres maladies endémiques, ainsi que la lutte contre le VIH/sida.  Le Président a noté qu’il faut continuer à lutter contre la dégradation de l’environnement, et  a approuvé une politique nationale de l’environnement, avec la préservation du patrimoine naturel et culturel.  Il a indiqué qu’une des principales tâches consiste à réduire les inégalités au niveau de l’approvisionnement en eau, l’assainissement et l’habitat dans les implantations urbaines.  Il a souligné les problèmes créés par l’existence des subventions et des barrières tarifaires qui nuisent aux échanges entre pays pauvres et pays riches.  Il a aussi insisté sur la nécessité de combler le fossé numérique et de relancer la recherche technologique et les techniques innovantes.  Enfin, il a rappelé que son pays ferait tout en son pouvoir pour imposer les principes d’efficacité, de rationalité, de transparence, afin d’améliorer la situation sociale, restaurer la confiance en l’Etat et promouvoir un nouveau dynamisme de la société.

M. KURMANBEK S. BAKIEV, Président du Kirghizistan, a affirmé que son pays soutenait la réforme de l’Assemblée générale des Nations Unies, ainsi que le renforcement des fonctions de coordination du Conseil économique et social (ECOSOC) et l’élargissement du Conseil de sécurité pour ce qui est de sa couverture géographique.  Il a indiqué que le programme national d’action à moyen terme développé dans son pays était étroitement associé aux Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le niveau de la dette extérieure est une des barrières qui entravent le développement durable du pays, dont le territoire est constitué de 94% de montagnes.  Il convient de déterminer un nouveau niveau de dette gérable et des mesures urgentes de simplification du fardeau de la dette pour les pays en développement, a-t-il souligné.  Selon lui, la communauté mondiale se doit d’envisager un appui supplémentaire pour les pays en développement pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, avec une référence pour les territoires montagneux.

Le Président kirghize a rappelé l’engagement de son pays en faveur de la démocratie, marqué par les événements de mars 2005.  Depuis 1990, le Kirghizistan a connu une évolution complexe, a-t-il expliqué, notant que le peuple avait appris les idées de liberté et de démocratie et comprenait mieux les bases de l’économie de marché.  Depuis la révolution de mars, la société civile a clairement soumis au Gouvernement la question de la transparence et de la lutte contre la corruption, a-t-il affirmé, notant que des mesures avaient été prises à cet effet.

M. SUSILO BAMBANG YUDHOYONO, Président de l’Indonésie, a déclaré qu’il était venu parler au nom de 220 millions d’Indonésiens et qu’il était porteur d’un message de 4,6 milliards d’Asiatiques et d’Africains rassemblés dans le cadre du Partenariat stratégique afro-asiatique formé à Jakarta en avril dernier.  Je souhaite également, a-t-il ajouté, vous faire part des engagements de la région Asie-Pacifique et de ses deux milliards d’habitants en ce qui concerne la mise en œuvre des OMD.  Il a rappelé que 8 millions de personnes mouraient chaque année, notamment en Asie et en Afrique, des conséquences de la pauvreté.  Pour faire face au défi de la pauvreté, il a souligné l’importance de l’augmentation des flux de financement du développement, mais aussi celle de l’ouverture des marchés des pays développés aux produits des pays en développement.  Tout en reconnaissant la nécessité pour les pays en développement d’assurer une bonne gouvernance, de lutter contre la corruption, d’assurer l’utilisation efficace de leurs ressources limitées et de mettre en œuvre des stratégies de développement, il a exhorté les pays développés à s’engager vers un partenariat mondial pour le développement qui puisse profiter équitablement à toutes les parties.  Dans l’intérêt de la sécurité mondiale, il a souhaité un Conseil de sécurité réformé doté d’une composition qui reflète mieux les réalités du monde.  Il a  suggéré que l’on élimine le droit de veto, selon lui contreproductif.  La région Asie-Pacifique qui rassemble  plus de la moitié de la population humaine devrait y  obtenir plus de sièges. Le Président a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité d’une politique de désarmement et de non-prolifération qui nous conduise vers l’élimination de toutes les armes de destruction massive et d’une commission de consolidation de la paix qui travaille en coordination avec le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social (ECOSOC)

Dans la lutte contre le terrorisme, nous devons établir une coopération internationale efficace et trouver les moyens de s’attaquer à ses causes profondes, a poursuivi le Président, ajoutant que selon lui, il fallait faire appel aux modérés pour lutter contre le radicalisme violent.  Il a également souhaité un consensus sur la responsabilité de protéger les peuples des menaces de génocide, de nettoyage ethnique et de crime contre l’humanité.  Enfin, il a assuré la communauté internationale du soutien de l’Indonésie pour renforcer les efforts de revitalisation de l’Organisation en précisant que son pays, qui est en train de reconstruire son économie et de créer des emplois pour réduire la pauvreté, était engagé à promouvoir la bonne gouvernance, lutter contre la corruption et construire la paix à Aceh. 

M. VLADIMIR VORONIN, Président de la République de Moldova, a déclaré que son pays était déterminé à poursuivre les efforts visant à restaurer sa souveraineté et son intégrité territoriale, en obtenant le retrait complet et inconditionnel des troupes russes et en recherchant une solution durable au conflit politique dans la partie orientale du pays, en collaboration avec la communauté internationale.

Il a tenu à souligner que sans une élimination des facteurs de pression externes, en particulier la présence militaire étrangère, sans une démocratisation et une démilitarisation de la Transnistrie et sans un contrôle effectif des frontières de cette zone, il serait impossible de régler le conflit, de mettre fin au trafic illicite d’armes, de drogue et d’êtres humains, et d’assurer la stabilité et la sécurité dans cette région  de l’Europe.  Enfin, il a annoncé que la Moldova continuerait à travailler activement au développement de la démocratie et de l’état de droit, ainsi qu’à l’application large des droits de l’homme sur l’ensemble du territoire, afin que les populations qui se trouvent sous le contrôle du régime séparatiste de Tiraspol puissent également en bénéficier.

Sa Majesté le Roi ABDULLAH II de Jordanie a déclaré que son pays était sur la bonne voie pour atteindre la majorité des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Les défis sont réels et il y a beaucoup à faire, a-t-il assuré, soulignant néanmoins que des progrès avaient été réalisés en matière de réduction de la pauvreté, de santé, d’éducation, d’égalité des sexes, d’environnement et d’autres domaines.  Cet effort fait partie d’une stratégie nationale beaucoup plus large en Jordanie, a-t-il ajouté.  Mais nous n’agissons pas dans le vide, a-t-il assuré, observant que le pays, la région et le monde étaient tous affectés par les questions de paix. 

Le Roi de Jordanie a ajouté que l’une des étapes critiques était d’assurer une tolérance zéro pour ceux qui encouragent l’extrémisme.  La Jordanie a travaillé avec la communauté internationale musulmane pour s’opposer aux interprétations extrémistes de l’Islam, a-t-il expliqué.  La Jordanie veut qu’un Islam véritable, modéré, traditionnel remplace un Islam fondamentaliste, radical et militant partout dans le monde pour chaque musulman, a-t-il souligné.  Alors que nous travaillons pour la paix, le développement doit progresser, a-t-il par ailleurs ajouté.  Le monde connaît les éléments nécessaires, à savoir un commerce équitable et l’allègement de la dette.  Nous devons poursuivre et élargir les efforts entrepris, notamment les décisions prises par le G-8 d’annuler la totalité de la dette des pays les plus pauvres, a-t-il poursuivi. 

M. MARTIN TORRIJOS ESPINO, Président du Panama, a noté que son pays avait entrepris de lutter contre la pauvreté et la faim, orientant ses efforts vers les groupes les plus démunis, par le biais de mesures de redistribution des richesses, de réformes budgétaires intégrées, et en transférant les ressources directes et indirectes vers  les groupes humains qui se sont trouvés marginalisés depuis des décennies. Il a indiqué que des avancées ont été faites dans le domaine de l’enseignement, avec un relèvement de la qualité, un accroissement du souci accordé au contenu, et une augmentation de la couverture de l’éducation préscolaire.  Il a également mis en place des programmes de réduction de la mortalité infantile et maternelle, et a prévu une couverture universelle des programmes de suivi maternel et prénatal ainsi que la fourniture de services d’accouchements gratuits.  En ce qui concerne le VIH/sida, il a insisté sur les activités de prévention et de sensibilisation/prise de conscience, surtout auprès des femmes et des jeunes, et a institué des programmes d’inclusion sociale des personnes handicapées.

Il a ajouté que le Panama avait appuyé le document final du Sommet du Millénaire, non par adhésion totale à son contenu; mais parce qu’il le considère comme l’amorce d’un processus.  Il a déploré que les références qui y sont faites à la lutte contre le trafic, tant légal qu’illicite des armes légères et de petit calibre, soient par trop timides, ainsi que celles relevant de la création du conseil des droits de l’homme, dont il a proposé qu’il se dote de mandats clairs et précis, visant à éviter la politisation et la sélectivité qui abondent au sein de l’Organisation actuelle.  Enfin, il a terminé en insistant sur le fait que l’Organisation, en se prononçant pour des réformes, avait tacitement reconnu ses carences, et avait entrepris de se mettre au niveau des temps modernes, condition essentielle pour s’attaquer et éradiquer la pauvreté.

M. ALEKSANDER KWASNIEWSKI, Président de la Pologne, a déclaré que son pays, qui fêtait cette année le 25ème anniversaire du mouvement Solidarność (Solidarité), qui a inspiré de profonds changements en Europe centrale et de l’Est, était engagé à promouvoir les valeurs universelles que sont la liberté, la sécurité, la démocratie et la solidarité.  La Pologne trouve sa force dans ses valeurs du passé, a-t-il ajouté, en souhaitant que la solidarité soit perçue comme un des principes clés des relations internationales.  Il a également souhaité que l’on combine le respect de la diversité et le souci d’assistance.  Faisant sienne une citation de Jean Paul II, il a formé le voeu d’une coopération internationale qui l’emporte sur l’égoïsme national.  Il a estimé que les changements démocratiques ne naissaient pas parce qu’ils ont été inventés ailleurs, mais parce que les populations en voulaient et a exhorté l’ONU à assurer la protection et l’assistance aux êtres humains quand leur État n’était pas en mesure de le faire.  Le Président polonais a enfin affirmé que le multilatéralisme devait rester le principe directeur de toutes les activités des Nations Unies. 

M. FAURE ESSOZIMNA GNASSINGBE, Président du Togo, a affirmé que, malgré les retards accusés dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement ainsi que dans la mise en œuvre des résultats des grandes conférences mondiales comme la Conférence de Monterrey sur le financement du développement, son pays espérait vivement que l’impulsion nouvelle donnée par le Sommet inciterait les partenaires du Nord à concrétiser les engagements pris.  Le Président togolais a ainsi salué les initiatives récemment prises en faveur du développement, dont les décisions du G-8 liées à la recherche de nouvelles sources de financement du développement ou à l’élimination des obstacles au commerce.

Selon le Président togolais, les efforts visant à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement doivent être accompagnés d’une réforme hardie de l’ONU et d’une amélioration du fonctionnement de ses organes, si la communauté internationale tient à renforcer l’ensemble du système et à le rendre plus efficace et crédible.  Concernant la réforme du Conseil de sécurité, il est nécessaire de veiller à ce qu’elle ne vise pas seulement à satisfaire les ambitions de quelques grands pays, mais à faire en sorte que toutes les régions du monde, notamment l’Afrique, y soient équitablement représentées.

M. EDUARDO RODRÍGUEZ VELTZÉ, Président de la Bolivie, a regretté que trop de nations continuent de souffrir des inégalités d’un ordre international déséquilibré.  Il a défendu le droit de son peuple à vivre une vie sans pauvreté, un fléau contre lequel devraient être déployés des efforts au niveau mondial.  Il a déclaré qu’une des difficultés qui compromettait la sécurité nationale de la Bolivie et le bien–être de la communauté internationale dans son ensemble était la persistance des  trafics de stupéfiants.  M. Veltzé a estimé qu’il était nécessaire de mettre en place une véritable coopération internationale pour lutter contre ce fléau en offrant aux populations des zones productrices de drogues les moyens de se tourner vers d’autres cultures.  À cet égard, il a précisé que lors du Sommet des Amériques en 2002 les pays de cette région s’étaient engagés à ouvrir leurs marchés à des produits alternatifs de substitution aux plantes et aux cultures qui participent à la production des drogues. 

Estimant ensuite que le fonctionnement de certains organes de l’ONU ne traduit pas la réalité du monde actuel, il a dit que son pays appuyait le processus de réforme en cours.  Il a ainsi estimé indispensable la réforme du Conseil de sécurité, ainsi que celle de l’ECOSOC, qui devrait permettre à cet organe de mieux soutenir la réalisation des OMD.  La Bolivie souhaite une consolidation de l’Organisation afin de mieux la mettre au service de la liberté des personnes, a-t-il dit, en se déclarant favorable à la création d’un conseil des droits de l’homme et d’une commission de maintien de la paix.

M. STJEPAN MESIĆ, Président de la Croatie, a estimé que l’emblème de l’ONU constituait déjà un programme en soi même si les nations d’il y a 60 ans étaient beaucoup plus unies que ne le sont celles d’aujourd’hui.  Si une troisième guerre mondiale a pu être évitée, l’ONU n’a pas été en mesure d’empêcher la prolifération de conflits sanglants, a t-il ainsi ajouté.  M. Mesić a ensuite expliqué que des progrès notables avaient été enregistrés en matière de développement et de terrorisme malgré le caractère partial, inachevé et mitigé de ces résultats.  Le Président croate s’est ensuite prononcé en faveur de la réforme des Nations Unies et ce, même si l’unanimité sur la forme était peu probable.  Après avoir précisé que les mêmes  grandes valeurs étaient partagées au sein de l’Organisation, M. Mesić a souligné que l’essentiel était que la réforme soit acceptée par la majorité des États Membres afin que l’ONU ne devienne pas un simple accessoire sur la scène internationale ou un instrument de légitimation de politiques opposées à la majorité onusienne.  Ceci est notre dette envers les fondateurs des Nations Unies mais aussi envers nos enfants et les enfants de nos enfants, a-t-il conclu.

M. RUNALDO RONALD VENETIAAN, Président du Suriname, a déclaré que le document final sur le point d’être adopté proposait des mesures concrètes dans la lignée de ce qui avait été fait durant les soixante dernières années.  Il a affirmé que son pays avait progressé dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, « en particulier dans les domaines de l’éducation et de l’environnement ».  Toutefois, il a estimé que comme beaucoup d’autres pays en développement, le Suriname rencontre de nombreux obstacles liés notamment à la concurrence déloyale et au poids de la dette.  Le Président a appelé les pays développés à augmenter significativement, dès l’année prochaine, leur part de PNB consacrée à l’aide publique au développement pour atteindre le seuil des 0,7% en 2015.

À ses yeux, « il ne peut y avoir de développement sans sécurité, ni de sécurité sans développement ».  Il a noté que sur les questions liées au désarmement et à la non-prolifération, « la communauté internationale a assisté à des reculs importants ».  Il a regretté que ce problème ne soit pas évoqué dans le document final.

M. JORGE FERNANDO BRANCO DE SAMPAIO, Président du Portugal, a mis l’accent sur notre responsabilité collective de répondre aux aspirations des millions de personnes dont la vie ne se résume plus qu’à une lutte pour la survie.  Il a souhaité que les OMD se traduisent en réalisations concrètes en faveur des plus pauvres et des plus vulnérables.  Comment pouvons-nous avoir bonne conscience, alors qu’en cette période d’abondance inégalée, des millions de personnes meurent chaque année en raison du manque de ressources, s’est-il interrogé, en estimant que nous avions l’obligation de rendre disponible ce qui est nécessaire.  Il a rappelé l’engagement de son pays d’atteindre le chiffre 0,5% des PNB en faveur du développement d’ici à 2010, en précisant que le Portugal accordait une grande importance aux PMA d’Afrique auxquels il destinait 0,2% de son PNB.  Nous accompagnons le mouvement de remise de dette et sommes conscients de la nécessité de trouver de nouvelles sources de financement du développement, a-t-il ajouté.  Nous sommes très attachés à la bonne gouvernance, à la consolidation de la démocratie et au renforcement des capacités de l’État, a ajouté le Président, en rappelant toute l’importance de la création d’une commission de consolidation de la paix dont le projet avait été proposé par le Portugal en 2003.  Le Président portugais a affirmé par ailleurs que l’ONU devait jouer un rôle important dans la lutte contre le terrorisme international en trouvant les réponses appropriées.  Il a également souhaité que l’on relance les débats sur le désarmement et la création d’un conseil des droits de l’homme qui soit représentatif.

M. LEONEL FERNADEZ REYNA, Président de la République dominicaine, a réitéré la volonté politique exprimée par son pays d’appuyer le consensus national, les pouvoirs publics, les capacités techniques et institutionnelles, ainsi que les ressources financières s’attachant à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a indiqué que tout gouvernement – choisi à la suite d’un scrutin démocratique – se doit de faciliter les possibilités économiques et éducatives, de lutter contre la pauvreté, les inégalités, l’exclusion sociale et l’insécurité, et qu’il a la tâche d’améliorer le niveau de vie ainsi que la santé des populations.  Il a ajouté qu’une Commission Présidentielle a été créée en République dominicaine pour contrôler le bon déroulement du processus de réalisation des OMD, fournir un appui aux nombreux ministères et instances gouvernementales, assurer l’orientation correcte nécessaire à la mise en œuvre des Objectifs, et maintenir le dialogue et les échanges d’informations avec les entités de la société civile.  Il a révélé qu’après plusieurs consultations interministérielles et interinstitutionnelles, il s’était avéré que les besoins de la République dominicaine se chiffraient entre 29 et 30 milliards de dollars pour mener à bien les OMD sur une durée de dix ans – pour un pays dont le produit intérieur brut se monte à 21 milliards de dollars; d’où son appel aux institutions financières internationales, aux capitaux d’investissement étrangers, et à la coopération des organismes d’aide des pays développés, ainsi que le recours aux échanges de créances contre des programmes de développement durable.  Il a également insisté sur l’établissement de politiques qui assurent la stabilité macroéconomique, stimulent les investissements et créent un environnement propice, promouvant ainsi la confiance et la prévisibilité.  Il a indiqué que plusieurs facteurs positifs - taux de croissance économique de 5%, inflation négative, et stabilisation du cours du peso, avaient été remis en cause par la flambée des prix du pétrole.  Enfin, afin de contrer les conséquences désastreuses que pourrait avoir une récession sur les économies émergentes, le Président Reyna a suggéré que la crise énergétique soit placée en tête de liste de l’ordre du jour international, et qu’un sommet international soit organisé pour s’attaquer à ce problème.

M. BOUNNHANG VORACHITH, Premier Ministre de la République démocratique populaire lao, a déclaré que les OMD sont loin d’avoir été réalisés dans de nombreuses régions.  La misère persiste en Afrique et dans la région Asie-Pacifique, malgré les taux de d’une croissance prometteurs que connaissent les pays de ces régions.  Un des objectifs de la République démocratique populaire lao est de sortir du groupe des PMA d’ici à 2020, a annoncé M. Vorachith.  Le Gouvernement lao a adopté une stratégie nationale de croissance et d’éradication de la pauvreté qui va dans le sens de la réalisation des OMD.  Elle se concentre sur le développement de l’agriculture et la mise en valeur de la forêt; l’éducation; la santé; et la promotion de structures socioéconomiques.  Au cours du siècle dernier, notre pays a enregistré des progrès notables dans ces domaines.  Nous avons aussi créé une Commission nationale pour l’avancement des femmes afin de promouvoir l’égalité entre les genres, a indiqué le Premier Ministre en ajoutant que la mortalité infantile a été réduite et que la santé maternelle s’améliore de manière significative grâce aux politiques conjuguées du Gouvernement, du secteur privé et de l’aide publique externe.  M. Vorachith a ensuite déclaré que les maladies infectieuses telles que le VIH/sida ou le paludisme continuent de poser des menaces à son pays, notamment du fait de sa proximité avec la région du Mékong où la prévalence de ces maux est élevée.  La culture persistante de l’opium et le faible taux de qualification des travailleurs limitent d’autre part la capacité de notre pays à répondre à ses besoins de développement et aux appels de la modernité a-t-il déploré.  Petit pays enclavé, la République démocratique populaire lao ne peut progresser sans le soutien et l’assistance des bailleurs de fonds internationaux, a souligné M. Vorachith.  Après avoir demandé que le processus d’accession à l’OMC soit simplifié, il a dit que les défis auxquels son pays fait face ne pourront être relevés que dans un climat de paix et de sécurité.  C’est pourquoi notre pays soutient totalement les efforts de lutte contre le terrorisme, a conclu M. Vorachith.

M. KOSTAS KARAMANLIS, Premier Ministre de la Grèce, rappelant que la Grèce participait aux efforts collectifs pour le développement, a indiqué qu’elle avait considérablement augmenté son aide publique au développement (APD), comme les autres membres de l’Union européenne, en se fixant pour objectif de consacrer 0,56% du PNB d’ici à 2010 et en portant une attention particulière à l’Afrique.  Il a cependant estimé que beaucoup restait à faire et que la pauvreté et la faim étaient les hontes de ce siècle.  Le Premier Ministre a regretté qu’en dépit du cadre juridique en vigueur en matière de droits de l’homme, d’une vaste jurisprudence et de la création de tribunaux pénaux internationaux, il subsiste un grand écart avec la mise en œuvre au niveau international.  C’est pourquoi, nous devons prendre des mesures concrètes pour réduire l’application sélective des instruments en vigueur, les décisions arbitraires et les violations commises en toute impunité.  Ces mesures donneraient un nouvel élan aux engagements pris dans le cadre de la Déclaration du Millénaire.

Par ailleurs, M. Karamanlis a déclaré que le document final du Sommet 2005 était une occasion de réaffirmer l’engagement de la communauté internationale envers certains principes de base: l’obligation de s’abstenir d’utiliser la force, par exemple, ou encore l’autorité du Conseil de sécurité pour maintenir et restaurer la paix et la sécurité internationales.  Seul un tel engagement pourra nous donner l’espoir de faire face avec succès au terrorisme, aux pandémies mondiales, à la pauvreté extrême, aux catastrophes naturelles, aux armes de destruction massive, au crime organisé transfrontalier, aux graves violations des droits de l’homme et autres fléaux de notre monde, a-t-il insisté.  Enfin, il a affirmé que l’ONU devait s’adapter pour faire face aux nouveaux défis et que le document final constituait un bon début sur le long et nécessaire chemin de la réforme.

M. JOHN HOWARD, Premier Ministre de l’Australie, a estimé qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que les Nations Unies résolvent tous les problèmes du monde et que le multilatéralisme tel que l’incarnent des institutions comme cette Organisation ne peut être qu’un élément  d’une approche globale en matière de politique étrangère.  L’État-Nation demeure le centre de toute action légitime pour maintenir l’ordre et la justice dans le monde.  Nous vivons avec la menace terroriste, a ajouté le Premier Ministre qui a précisé que son pays avait signé, cette semaine,  la Convention sur le terrorisme nucléaire.  Nous soutenons l’élan lancé lors de ce Sommet pour conclure une convention globale de lutte contre le terrorisme. Nous aurions pu faire plus et les critiques et déceptions sont compréhensibles, notamment celles ayant trait à l’absence de dispositions relatives au désarmement et à la non-prolifération des armes de destruction massive, notamment en raison des risques de prolifération par des terroristes.

Au cours du Sommet, a déclaré le Premier Ministre, nous avons annoncé que l’objectif du gouvernement de l’Australie est de doubler notre aide qui atteindra 4 milliards de dollars d’ici 2010.  Il a toutefois insisté sur l’importance de la bonne gouvernance et de la croissance du secteur privé pour réduire la pauvreté.  Il a également plaidé en faveur de l’assouplissement des barrières tarifaires et a accueilli favorablement l’initiative du Président Bush d’éliminer des subventions et autres barrières.  Le Premier Ministre a aussi insisté sur le lien entre sécurité et développement économique des Etats fragiles.  Dans ce contexte, il a accueilli favorablement la création d’une commission de consolidation de la paix à laquelle l’Australie contribuera à hauteur de 3 millions de dollars sur trois ans.

Le Premier Ministre a par ailleurs estimé que l’adoption du concept de « responsabilité de protection » était un pas en avant important, tout en faisant part de ses préoccupations quant aux maigres résultats obtenus au sujet du conseil des droits de l’homme.  Les Etats membres devront travailler assidûment au cours de cette session pour apporter plus de substance dans les négociations en cours portant sur les modalités de travail du conseil.  Le Ministre a enfin annoncé une contribution de 10 millions de dollars au Fonds pour la démocratie.

M.KJELL MAGNE BONDEVIK, Premier Ministre de la Norvège, s’est félicité de l’engagement de son pays à augmenter sa participation à l’aide publique au développement.  Le monde entier espère que la pauvreté ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir, a-t-il dit.  L’accroissement de cette aide, a-t-il précisé, permettrait de réduire les inégalités, en réduisant les barrières tarifaires et en promouvant l’investissement et le développement social.  Par ailleurs, considérant que la bonne gouvernance et les droits de l’homme étaient indispensables au développement, M. Bondevik a apporté son soutien au renforcement du Bureau du Haut Commissaire aux droits de l’homme.  Il a souligné à ce propos que son pays s’était engagé à investir 15 millions de dollars dans le Fonds de la commission de maintien de la paix et dans le Fonds humanitaire. 

En outre, M. Bondevik a souligné que le désarmement et la non-prolifération constituaient des priorités en raison notamment de la violence croissante et de la menace terroriste.  Il a été d’avis que la guerre contre le terrorisme ne pourrait se faire uniquement par des moyens militaires et que, selon lui, la meilleure façon de contrer ce fléau serait de s’attaquer aux germes que sont les conflits armés et l’occupation, l’intolérance et la répression, l’humiliation et le désespoir.  Mettons-nous d’accord pour agir, a conclu le Premier Ministre norvégien.

M. KEITH CLAUDIUS MITCHELL, Premier Ministre de la Grenade, a affirmé que son pays appuyait entièrement les propositions de réformes au sein du Secrétariat des Nations Unies et de tous les organes de l’Organisation.  Des changements doivent avoir lieu, mais avec une efficacité accrue, a-t-il dit.  Il s’est en outre félicité des décisions prises dans le domaine du développement et a loué ceux des pays développés qui se sont engagés à respecter leurs promesses en matière d’aide au développement, de libéraliser le commerce et d’alléger la dette des pays pauvres, et a exhorté d’autres pays à suivre cet exemple.  Toutefois, il a estimé difficile de comprendre les décisions prises par l’Union européenne concernant la réforme des marchés du sucre et de la banane, qui, a-t-il précisé, détruira virtuellement les industries liées à ces produits dans les Caraïbes, aura un effet désastreux sur le monde agricole vulnérable et les personnes qui en dépendent et constituera un obstacle majeur à la réalisation des OMD.

Le Premier Ministre de la Grenade a rappelé les ravages causés par l’ouragan Ivan qui a frappé son pays en septembre 2004, puis, en juillet 2005, par l’ouragan Emily.  Le passage de ces deux ouragans a annulé les gains obtenus dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il affirmé.  Le pays n’atteindra probablement pas les Objectifs d’ici 2015, a-t-il ajouté.  La situation économique et fiscale constitue un défi majeur, a-t-il poursuivi, se félicitant des démarches entreprises par le Fonds monétaire international (FMI) qui a appelé la communauté internationale et les agences donatrices à accorder davantage de financement et d’aide pour soutenir le pays dans ses efforts de reconstruction.

M. THAKSIN SHINAWATRA, Premier Ministre de la Thaïlande, a rappelé que si pour la plupart des êtres humains, 60 ans était l’âge de la retraite, cet âge devait être avant tout celui du renouveau pour les Nations Unies.  M. Thaksin Shinawatra a ensuite précisé que le monde moderne exigeait plus de transparence, de flexibilité et de dynamisme de la part de l’ONU.  Abordant les questions économiques, il a dit que bien que la caractéristique première du capitalisme et de l’économie de marché soit la libre concurrence, il fallait s’efforcer de rendre ce système plus juste.  Le Premier Ministre thaïlandais a ensuite affirmé que la lutte contre la pauvreté en Asie, en Amérique latine et en Afrique devait rester la priorité de l’Agenda des Nations Unies.  Selon lui, l’élimination de la pauvreté permettrait de parvenir au règne des droits de l’homme et à la réduction des injustices, des conflits, du radicalisme, de la violence et du terrorisme.  Le Premier Ministre a par ailleurs estimé que les pays devraient avoir plus de chances de participer au commerce international, ce qui les rendrait moins dépendants de l’aide publique au développement.  « En tant que membres des Nations Unies, nous devons réaliser que nous ne serons jamais unis tant que les divisons fondées sur des intérêts nationaux et politiques persisteront entre nous », a poursuivi M. Thaksin en ajoutant que l’ONU avait besoin d’être réformée et de se tourner vers l’avenir en oubliant les luttes et les amertumes du passé.  La revitalisation des différents organes onusiens devra aller de pair avec celle de la gestion du système, a souligné M. Thaksin.

M. OTMAR HASLER, Premier Ministre du Liechtenstein, s’est félicité que la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement occupait une place centrale dans le document final du Sommet mondial.  Il a indiqué que son pays souscrivait pleinement à la philosophie du document qui souligne que le développement, la sécurité et les droits de l’homme sont interdépendants et se renforcent mutuellement.  M. Hasler a également estimé que la création de la commission de consolidation de la paix pourrait grandement améliorer l’efficacité des Nations Unies dans le domaine de la prévention des conflits, et a signalé que son pays soutenait les premières conclusions du travail visant à créer un conseil des droits de l’homme qui reflèterait la position centrale des droits de l’homme parmi les activités de l’Organisation.  Il s’est aussi félicité que le Sommet mondial ait permis de reconnaître la responsabilité qui incombait à la communauté internationale de protéger les populations civiles lorsque les gouvernements ne s’en chargeaient pas.

Notant que des décisions importantes ont été prises lors de ce Sommet mondial, le Premier Ministre du Liechtenstein a néanmoins souligné que des progrès supplémentaires devaient être réalisés concernant la réforme de l’Organisation afin d’éviter la répétition d’erreurs passées, comme celles relatives à la gestion du Programme « pétrole contre nourriture ».  Il a notamment plaidé pour un renforcement du rôle de l’Assemblée générale, le seul organe universel de l’Organisation, estimant qu’elle devait retrouver une place centrale.  M. Hasler a par ailleurs salué les efforts visant à rendre le travail du Conseil de sécurité plus représentatif, plus responsable et plus transparent.

M. RALPH EVERADA GONSALVES, Premier ministre de Saint-Vincent-et-les Grenadines, a expliqué que du point de vue de son pays, la réunion de haut niveau devait travailler d’urgence sur trois points.  Faire avancer pratiquement les Objectifs du Millénaire pour le développement, autour des principes de solidarité, de complémentarité, d’équité, et d’anoblissement humain; renforcer le rôle des Nations Unies dans la gestion des questions mondiales fondamentales, politiques, économiques, sociales, et de sécurité; corriger les problèmes récurrents qui surviennent dans le commerce international, la finance mondiale, sur les questions monétaires et de transfert de technologie, le financement du développement, et globalement sur la prise de décisions, de façon à refléter les principes de justice, d’équité, de démocratie, de transparence, de responsabilité et à assurer une participation sans exclusive.  Le Premier Ministre a jugé inacceptable que les pays les plus riches fassent à répétition des promesses sur l’aide au développement et ne les respectent pas, en toute impunité.  De plus, estime le Premier Ministre, l’aide est délivrée d’une façon unilatérale et discrétionnaire qui porte atteinte à la dignité des donateurs et des bénéficiaires.  Dans les Caraïbes, notamment, l’aide a diminué alors que le tiers de la région vit dans la pauvreté.

Dans le même temps, a concédé le Premier Ministre, les pays en développement qui refusent les principes constitutionnels, les pratiques démocratiques au quotidien, la bonne gouvernance et les normes couramment admises de comportement politique, sans corruption, n’ont pas vraiment le droit de se plaindre de l’indifférence des donateurs a leur égard.  Chacun doit avoir les mains propres.  Outre la mauvaise gouvernance, M. Gonsalves a déploré l’inéquité du commerce international, la prévalence des principes de l’économie libérale, l’oubli dans lequel sont laissés certains pays, les catastrophes naturelles, autant d’éléments qui retardent la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire.  Saint-Vincent-et-les Grenadines reste très vulnérable du fait de sa petite taille, de ses ressources limitées et du manque de diversification de son économie.  L’archipel des Antilles est particulièrement touché par la crise de la banane, et appelle ses partenaires internationaux à se mettre d’accord sur ce point.  Le Premier Ministre a salué l’initiative du Venezuela, qui fournit des produits pétroliers à bas prix aux Caraïbes, un exemple de coopération Sud –Sud et de bon voisinage.

M. PAUL MARTIN, Premier Ministre du Canada, a mis l’accent sur les trois piliers que constituent la sécurité, le développement et les droits humains.  Estimant que la sécurité représentait la protection de la vie, donc la base de toutes les activités, il a jugé importantes les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité.  Il a souligné que le plus important était que le Conseil fonctionne bien, en regrettant que ses membres aient trop souvent utilisé le droit de veto ou menacé de la faire.  Il s’est félicité que la « responsabilité de protéger », maintenant applicable au monde entier, ait des racines canadiennes.  S’agissant du pilier développement, il a exhorté les pays donateurs à accroître leur aide au développement et à supprimer les dettes des pays les plus endettés, déplorant l’injustice que constituent à son avis les subventions agricoles des pays riches.

S’agissant de la question du respect des droits humains, il a mis l’accent sur le respect des droits des plus démunis, de leurs cultures, de leurs traditions, de leurs croyances et opinions.  Il a appuyé la proposition de créer un Conseil des droits de l’homme, notant que la Commission des droits de l’homme souffrait d’un grave problème de crédibilité du fait de sa politisation croissante.  Il a également mis l’accent sur le changement climatique, en précisant que le Canada présidera en novembre 2005 la Conférence des Nations Unies sur la question avec comme objectif que les pays reconnaissent que l’activité humaine en est une cause déterminante.  Alors que les signataires du Protocole de Kyoto ont commencé à prendre les mesures qui s’imposent, a-t-il ajouté, nous devons travailler à la création d’un régime mondial pour assurer une véritable réduction des émissions de gaz à effet de serre.  En conclusion, il a déclaré que le temps du statu quo et des débats stériles étaient révolus et devaient laisser la place à un nouveau multilatéralisme pragmatique dont on juge les résultats plutôt que les promesses.

M. ANDRANIK MARGARYAN, Premier Ministre de l’Arménie, a affirmé que le terrorisme constituait le plus grave fléau auquel est confrontée l’humanité.  L’Arménie condamne fermement le terrorisme sous toutes ses formes, a-t-il déclaré.  Par ailleurs il a loué les mesures prises par le Secrétaire général visant à prévenir d’éventuels actes de génocide.  Il a ainsi souligné l’importance de l’inclusion dans le document final du Sommet mondial 2005 du concept de devoir de protéger les populations contre le génocide, les crimes de guerre, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité.  La communauté internationale devrait redoubler d’efforts pour empêcher tout génocide à l’avenir, a-t-il ajouté, précisant que l’Arménie, qui avait elle-même survécu au premier génocide du XXe siècle, connaissait bien les conséquences horribles de la politique du génocide.

Le Premier Ministre arménien a également indiqué que son pays demeurait engagé en faveur d’une solution pacifique dans le conflit du Haut-Karabakh.  La population du Haut-Karabakh a utilisé son droit à l’autodétermination conformément aux principes du droit international, comme l’ont récemment fait certains pays présents lors de cette session, a-t-il observé.  Seules des conditions de respect mutuel, dans une atmosphère de tolérance et avec la volonté de reconnaître la vérité historique, permettront d’assurer dans la région une coexistence pacifique et de bon voisinage, a-t-il souligné.

M. MAATIA TOAFA, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de Tuvalu, a souligné les efforts déployés par son pays pour atteindre les OMD.  Il a ensuite fait observer que les statistiques de la pauvreté restaient cependant très élevées dans de nombreuses régions, notamment en ce qui concerne l’assainissement, l’accès à l’eau potable, la mortalité infantile et l’éducation.  La réalisation des OMD a pris du retard dans plusieurs pays moins avancés, dont Tuvalu, en raison du manque d’assistance technique et financière, de capacités humaines, et d’infrastructures, a-t-il poursuivi.  Afin de remédier à cette situation, il a appelé à la pleine mise en œuvre du Programme d’action de Bruxelles pour les pays les moins avancés.  Il a estimé que l’éradication de la pauvreté et la réalisation d’un développement durable étaient nécessaires à l’établissement durable de la sécurité et la paix internationales. 

Concernant la réforme des Nations Unies, M. Toafa a apporté le soutien de son pays à un élargissement du Conseil de sécurité, en demandant que soient accordé au Japon, à l’Allemagne, au Brésil et à l’Inde le statut de membre permanent.  Il a aussi appuyé la création d’un Conseil des droits de l’homme.  M. Toafa a ensuite insisté sur la promotion de la sécurité environnementale en faisant à cet égard remarquer que le développement durable et la sécurité à long terme de Tuvalu étaient étroitement liés au règlement des questions du changement climatique, de la sauvegarde de la biodiversité et de la bonne gestion des ressources forestières et en eau potable.  Il a indiqué que la mise en œuvre de la Stratégie de Maurice était essentielle pour le développement des petits États insulaires en développement (PEID) et a émis l’espoir que le document final de ce Sommet permettrait de faire avancer les efforts que déploient les États Membres pour atteindre les OMD et assurer le développement durable.

M. MARI ALKATIRI, Premier Ministre du Timor-Leste, a concentré son intervention sur les succès que son pays a enregistrés, en trois ans d’indépendance, dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Son pays, a-t-il dit, est conscient de la nécessité et de l’importance de la coopération internationale et régionale pour la paix, la stabilité et le développement économique.  C’est dans ce contexte, a-t-il souligné, que le Timor-Leste est devenu membre du Forum régional asiatique et d’autres organisations régionales et internationales.  Il s’est également dit conscient que pour atteindre les OMD, son pays doit avoir la capacité d’exécuter les programmes pertinents.  Le renforcement des capacités institutionnelles est donc crucial, a-t-il reconnu avant de rendre hommage au peuple timorais, et d’exprimer sa gratitude au Secrétaire général de l’ONU pour l’appui qu’il a accordé à son pays.  

M. CARLOS GOMES, Premier Ministre de la Guinée-Bissau, a déclaré que l’examen de la mise en œuvre des OMD nous oblige à reconnaître que beaucoup reste encore à faire en vue de concrétiser les décisions prises ces dix dernières années, notamment à Monterrey en matière de financement du développement et à Johannesburg en matière de développement durable.  Il a estimé indispensable un effort collectif pour préserver en tout lieu et à chaque moment la vie humaine et ne ménager aucun effort aux niveaux national et international de garantir la pleine jouissance des droits de l’homme, la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, la protection de l’environnement et l’utilisation rationnelle des ressources en faveur du développement durable de la planète.  Il a estimé que l’aide internationale était actuellement insuffisante pour permettre aux pays en développement de faire face à leur responsabilité dans ces domaines.  Mais il s’est dit persuadé que cette Réunion de haut niveau pourra aboutir à des décisions concrètes capables de permettre une réduction complète d’ici 2015 du nombre de pays pauvres dans le monde.  S’agissant tout particulièrement de la Guinée-Bissau, il a précisé que son pays était en train de conclure le processus de retour à la normalité constitutionnelle avec la tenue récente d’élections présidentielles avec l’aide des pays de la sous-région dans le cadre de la CEDEAO, des membres de la Communauté de Langue Portugaise (CLP), de l’Union européenne, de l’Union africaine et du Système des Nations Unies.  Sérieusement engagés dans la prise en compte de la mobilisation de potentialités humaines et matérielles au développement, a-il ajouté, la Guinée-Bissau a élaboré un Document de Stratégie nationale pour la réduction de la pauvreté (DENARP) pour créer les conditions nécessaires à la relance de l’économie, la consolidation de la paix et de la stabilité.

M. RICARDO ALARCÓN DE QUESADA, Président de l’Assemblée nationale de Cuba, a estimé que le but du Sommet mondial 2005, visant à examiner les progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, avait été complètement détourné.  Il a déploré que peu avait été fait pour remplir les OMD et que l’objectif du Sommet mondial avait été pris en otage au moyen d’une manipulation tortueuse.  Les pays qui s’imaginent être les propriétaires du monde cherchent à imposer de prétendues réformes aux Nations Unies qui n’ont pour seul but que de les transformer en un instrument de leur dictature mondiale, a-t-il affirmé.  Les nations pauvres ont droit au développement et continueront de se battre pour lui, a conclu le responsable politique cubain.

M. EDUARDO STEIN BARILLAS, Vice-Président du Guatemala, a mis en avant les résultats de son pays dans la réalisation des OMD.  Il a expliqué que des avancées avaient été effectuées en matière d’éducation, de  santé, de nutrition des enfants et dans l’établissement des institutions nécessaires pour assister le développement.  Toutefois, il a indiqué que ces progrès n’avaient pas été suffisants pour réduire la pauvreté.  De plus, il a constaté que, dix ans après la conclusion des Accords de paix, le Guatemala faisait encore face à des défis concernant la consolidation de l’état de droit et le renforcement de la démocratie.  Nous avons redoublé nos efforts, a-t-il poursuivi, pour parvenir à une croissance économique plus rapide et pour consolider une gouvernance démocratique à participation sans exclusive.  Soulignant que chaque pays était le premier responsable de son développement, il a espéré que les efforts nationaux seraient appuyés par la communauté internationale, notamment en ce qui concerne le commerce, le financement et l’exploitation des technologies. 

Le Vice-Président du Guatemala a également fait part des positions de son pays s’agissant du renforcement des Nations Unies.  Il a ainsi appuyé la Stratégie intégrée de lutte contre le terrorisme, l’établissement d’une commission de consolidation de la paix et d’un conseil des droits de l’homme.  Par ailleurs, il a souhaité l’élargissement du Conseil de sécurité afin qu’il soit plus représentatif.  Enfin, il a regretté que l’opportunité d’avancer dans le domaine de la non-prolifération nucléaire et du désarmement n’ait pas été saisie.

CHEIKH SALMAN BIN HAMAD AL-KHALIFA, Prince héritier du Royaume de Bahreïn, a approuvé le contenu du rapport du Secrétaire général faisant un lien direct entre le développement, la sécurité, et les droits de l’homme.  Aujourd’hui, plus que jamais, a-t-il estimé, l’Organisation à besoin de réformer et de restructurer ses organes principaux afin de renforcer son efficacité et devenir plus démocratique et plus représentatif de sa composition.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité, qui ne reflète pas les réalités internationales d’aujourd’hui, soit élargi et que ses méthodes de travail soient révisées dans un souci de plus grande transparence.  S’agissant du développement, il a jugé important la mise en place d’un système commercial multilatéral équitable et le respect des engagements du cycle de Doha.  Cheikh Salman bin Hamad al-Khalifa a souhaité que le Sommet de 2005 apporte un soutien à la réalisation des OMD d’ici à 2015. 

Le CARDINAL ANGELO SODANO, Secrétaire d’État du Saint-Siège, s’est fait l’écho des catholiques du monde entier qui voient dans les Nations Unies une institution toujours plus nécessaire pour la paix et pour le progrès de toute l’humanité.  L’ONU n’est pas un super gouvernement, mais plutôt la résultante de la volonté politique de chacun des pays membres, a-t-il rappelé, soulignant que la réforme de l’institution doit être attentive aux réelles exigences de nos peuples plutôt qu’aux équilibres de pouvoir.  À son avis, les mécanismes prévus dans les chapitres VI et VII de la Charte des Nations Unies conservent toute leur valeur et contiennent les critères nécessaires pour prévenir les menaces contre la paix et pour garantir la sécurité collective.  Cependant, ils doivent être complétés par les instruments juridiques internationaux nécessaires en ce qui concerne le désarmement, le contrôle des armements, la lutte contre le terrorisme et la criminalité internationale, ainsi que la coopération effective entre l’ONU et les organismes régionaux.

Le Saint-Siège est favorable à la création de la Commission de la consolidation de la paix, a-t-il poursuivi.  En ce qui concerne la « responsabilité de protéger », le cardinal Sodano a considéré qu’elle renvoie à la prééminence de la dignité de tout homme ou de toute femme, en tant que personne, sur l’État et sur tout système idéologique.  Il a demandé aux États d’avoir le courage de continuer les discussions sur les modes d’application et sur les conséquences pratiques de ce principe.  Abordant le thème du développement, le Secrétaire d’État du Saint-Siège a apprécié les nouveaux mécanismes de financement récemment proposés par le Gouvernement français et par d’autres États, mais a souligné qu’il faut encore beaucoup travailler pour arriver à une mobilisation économique et financière solidaire.  Il a aussi mis l’accent sur la nécessité pour les pays en développement de combattre la corruption, de garantir la légalité, et de redoubler d’efforts dans les domaines sociaux du développement.  À l’humanité exposée aux pandémies actuelles, «nous ne pouvons pas offrir une vision ambiguë, réductrice ou pire encore, idéologique de la santé », a enfin déclaré le cardinal Sodano.  « Ne vaudrait-il pas mieux parler clairement de la « santé des femmes et des enfants » que d’utiliser le terme de « santé de la reproduction », s’est-il interrogé ?  Il a conclu en renouvelant son appui total aux objectifs de ce Sommet, afin que surgisse bientôt une ère de paix et de justice sociale.  Ainsi que l’avait dit Jean Paul II: « les pauvres ne peuvent pas attendre ».

M. SATO KILMAN, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de Vanuatu, a évoqué la catastrophe causée par l’ouragan Katrina pour souligner la vulnérabilité croissante de l’environnement mondial.  S’associant aux déclarations faites sur ce sujet au nom des autres pays insulaires, il a espéré que la communauté internationale sera capable de mieux connaître les caractéristiques naturelles et vulnérables de ces États.  Le Ministre a constaté que, pour la plupart des pays en développement, la difficulté à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) réside surtout dans la pénurie de ressources financières et techniques.  Il a donc lancé un appel aux partenaires du développement afin qu’ils augmentent le flux d’aide au développement.  Il a apprécié les engagements pris en la matière par des pays comme le Qatar, la Chine, la France, ou encore par l’Union européenne.

Pour le Ministre, les Nations Unies doivent continuer à assumer le rôle central dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, et pour cela les réformes envisagées sont nécessaires, afin de garantir un mandat plus représentatif.  Il a aussi considéré que les nations les plus fortes doivent faire preuve de transparence et de véritable leadership afin de faire naître le plus large appui aux objectifs universels tendant au bien commun de l’humanité.  Enfin, M. Kilman a réaffirmé son opposition au développement et à la production d’armes de destruction massive.  Ainsi cette année, a-t-il annoncé, son pays a ratifié la Convention d’Ottawa et la Convention pour l’interdiction des armes chimiques, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, ainsi que la Convention de Stockholm.

M. ELYOR GANIEV, Ministre des affaires étrangères de l’Ouzbékistan, s’est inquiété de « l’incapacité de la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour prévenir les conflits et gérer les raisons qui mènent à ces conflits ».  Il a estimé que la réforme des Nations Unies devait mener à un Conseil de Sécurité plus équilibré et plus représentatif et s’est prononcé contre la transformation de la Commission des droits de l’homme en un Conseil, estimant que ce Conseil « pourrait être utilisé à des fins personnelles par certains pouvoirs influents et certains groupes pour défendre les intérêts de certains pays aux dépens d’autres pays ».

Il a appelé à l’adoption de mesures préventives contre toute personne ou organisation extrémiste et terroriste.  A cet égard, il a évoqué la nécessité de revoir le fonctionnement de la coopération internationale dans ce domaine.  M. Ganiev a également estimé que la stabilité en Asie centrale était étroitement liée à la situation en Afghanistan, regrettant le retard pris dans la gestion de l’après-guerre dans ce pays.  Il a également fait part de son inquiétude concernant l’augmentation de la production de drogues en Afghanistan et donc des trafics en Asie centrale.  « Compte tenu de la situation actuelle dans cette région, la nécessité de démilitariser la région prend une dimension urgente », a-t-il déclaré, invitant les membres permanents du Conseil de Sécurité à aider l’Asie centrale à devenir une zone dénucléarisée.

M. FREDERICK MITCHELL, Ministre des affaires étrangères et de la fonction publique des Bahamas, a déclaré que les nations étaient réunies pour renouveler leur engagement envers un partenariat mondial, permettant d’avancer dans le cadre d’un programme de développement mondial basé sur la responsabilité mutuelle.  La mise en œuvre pleine et entière des conclusions des grands sommets et conférences des Nations Unies devrait constituer une priorité pour la communauté internationale, a-t-il insisté.  Afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, il est également nécessaire de dégager davantage de ressources, a-t-il ajouté, appelant tous les pays développés à verser enfin 0,7% de leur PIB à l’Aide publique au développement.  Il a ensuite rappelé que les Bahamas étaient un petit État insulaire en développement, qui a toujours pris la responsabilité de son propre développement.  Il s’est déclaré encouragé que la communauté internationale reconnaisse les besoins spécifiques de ces petits États, qui doivent bénéficier d’un traitement spécifique en matière de commerce international, de développement de capacités et de transfert de technologies et de savoir-faire.  Il a également jugé indispensable de réformer la gouvernance économique mondiale afin de renforcer la voix et la participation des pays en développement dans les prises de décisions.  De même, M. Mitchell a demandé qu’une représentation permanente des petits pays en développement soit assurée au sein des institutions financières et économiques internationales.

M. Mitchell a ensuite évoqué la menace du VIH/sida, puis la relation interdépendante entre développement, paix et sécurité.  Il ne peut y avoir de développement socioéconomique sans sécurité, a-t-il expliqué, se félicitant que les risques liés au transport de matériel et déchets radioactifs par voie maritime aient enfin été reconnus.  Il a ensuite apporté son soutien aux efforts déployés pour revitaliser les Nations Unies.  Il a espéré que la réforme du Conseil de sécurité, le projet d’une Commission de consolidation de la paix et le projet de convention globale sur le terrorisme seraient menés à bien avant la fin de cette  soixantième session.

M. NORMAN JOSÉ CALDERA CARDENAL, Ministre des affaires étrangères du Nicaragua, a affirmé que les réformes du Conseil de sécurité étaient importantes mais ne constituaient pas une fin en soi.  Le Conseil doit être élargi dans les deux catégories de membres, permanents et non permanents, et ouvert aux opinions des nations les plus faibles, a-t-il ajouté.  La recherche de consensus continue d’être nécessaire mais ne doit pas entraîner le report indéfini des réformes, a-t-il également souligné.  La mondialisation nous oblige à rechercher des réformes qui ne se limitent pas au domaine économique, a estimé M.  Caldera Cardenal.  Selon lui, la rénovation dont a besoin l’ONU doit donner un nouvel élan au mandat contenu dans la Déclaration du Millénaire.  Évoquant ensuite le fléau du terrorisme, il a mis l’accent sur la nécessité de faire de l’Organisation des Nations Unies le mécanisme efficace dont le monde a besoin pour faire aux maux qui affligent la communauté internationale. 

M. ALLAM-MI AHMAD, Ministre des affaires étrangères et de l’intégration africaine du Tchad, a estimé que les aspirations légitimes de toute l’humanité au progrès économique et social devaient être prises en compte.  Il a rappelé que les populations africaines croupissaient dans l’extrême pauvreté alors que, paradoxalement, leur continent était doté d’immenses richesses naturelles.  Notant les besoins en expertise des nations africaines, il a insisté sur l’importance d’un partenariat et d’une coopération justes et équitables entre riches et pauvres.  Par ailleurs, M. Ahmad a indiqué que son pays qui avait connu pendant des décennies les affres de la guerre était conscient de la nécessité de vivre à l’abri du besoin par un développement économique et social, lui-même conditionné par la paix et la sécurité.  Il s’est ainsi félicité de la coopération liant les pays riverains du Sahara pour lutter contre les prémices d’un certain terrorisme et faire face à toute éventualité.  Rappelant les efforts de médiation du Tchad dans la crise du Darfour, le Ministre s’est en revanche inquiété de voir celle-ci embraser toute la sous-région.  Il a aussi fait observer que son pays accueillait plus de 200 000 réfugiés, demandant aux institutions humanitaires de prendre en compte la nécessité d’aider le Tchad à alléger le poids qu’il supporte.  Insistant sur la question de l’élargissement du Conseil de sécurité, il a déclaré que l’Afrique était dans son bon droit d’y réclamer une place de membre permanent.  Il en va de notre dignité, de notre droit à apporter notre contribution aux questions de paix et de sécurité et à la conception de solutions justes et équitables, a-t-il conclu. 

M. ELMAR MAHARRAM OGLU MAMMADYAROV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, s’est félicité tout particulièrement que les États Membres aient accepté la notion de « responsabilité de protéger », notant qu’aucun pays ne pouvait, à lui seul, faire face aux menaces internationales et transfrontalières.  Le terrorisme international, le séparatisme extrémiste ou encore l’occupation de territoires d’un État Membre, a-t-il ajouté, ne sont pas des problèmes auxquels un État puisse faire face seul.  Il a jugé impérative une action immédiate de protection de millions de civils pour assurer la sécurité de tous les peuples et réaliser les OMD.  Il a invité l’Assemblée générale à prendre des mesures courageuses pour renforcer sa crédibilité par l’examen de questions de grande urgence et importance politique.  S’agissant de la réforme du Conseil de sécurité, il a souhaité qu’elle ne se limite pas à l’augmentation du nombre de sièges, mais qu’elle soit aussi l’occasion de demander plus de transparence dans le processus de décision et une meilleure participation des États non membres aux travaux du Conseil.  Dans ce contexte, il a notamment souhaité la mise en place d’un mécanisme de suivi de la mise en œuvre des résolutions du Conseil.  Il a fait sienne l’importance d’accorder un rôle accru à l’ECOSOC pour examiner notamment les conséquences économiques des conflits armés.  Enfin, il a présenté la contribution de son pays à la sécurité régionale grâce à la coopération dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants et la non prolifération des armes de destruction massive.  Il a indiqué que l’Azerbaïdjan avait signé hier la Convention des Nations Unies pour la répression des actes terroristes nucléaires.  Il a également précisé que son pays contribuait à la sécurité énergétique mondiale en développant un oléoduc de pétrole Baku-Tbilissi-Akhalkalaki et un pipeline de gaz Baku-Tbilissi-Erzurum, tout en mentionnant la construction d’une ligne de chemin de fer Baku-Tbilissi-Akhalkalaki-Kars.

M. RAMESH NATH PANDEY, Ministre des affaires étrangères du Népal, a estimé que les Objectifs du Millénaire pour le développement ne pourraient être atteints par les pays les moins développés, et en particulier ceux enclavés comme le Népal, qu’à condition que la dette extérieure soit annulée et les barrières commerciales abaissées.  Ces objectifs, a-t-il dit, ne peuvent être réalisés qu’à la condition que les accords internationaux convenus à Doha, Monterrey, Johannesburg, Bruxelles et Almaty, soient pleinement mis en œuvre.  Il a estimé que le terrorisme faisait peser une menace très sérieuse sur la démocratie, le droit international et sur l’âme même de la civilisation humaine, et a estimé que ce fléau devait être condamné et combattu collectivement et de manière résolue.  Le terrorisme au Népal, a précisé M. Pandey, a eu pour effet de saper le développement économique du pays.  C’est pourquoi, le Gouvernement népalais avait engagé les efforts requis pour rétablir la paix et la sécurité, reconstruire les infrastructures détruites par les attaques et redynamiser les institutions démocratiques.  M. Pandey a précisé par ailleurs que les forces de sécurité de son pays tentaient de respecter constamment les droits humains dans leurs efforts d’éliminer les activités terroristes et dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

M. KNOWLSON GIFT, Ministre des affaires étrangères de Trinité-et-Tobago, a proposé que, cinq ans après le Sommet de 2000, au cours duquel les pays membres avaient réaffirmé leur attachement aux buts et aux principes de la Charte, les participants se livrent à un examen en profondeur de l’efficacité et de l’efficience de l’Organisation.  L’exercice est sujet à polémique, a reconnu le Ministre, car si les intérêts communs sont étroitement imbriqués, de fortes différences sont aussi apparues.  La Réforme du Conseil de sécurité est significative à cet égard.  Des petits pays à revenu moyen comme Trinité-et-Tobago se soucient plus des inégalités dans les structures économiques internationales et de la réticence de certains membres influents à changer cet état des choses.  Les obstacles rencontrés lors du processus de Doha en témoignent. 

Depuis le Sommet du Millénaire, l’attention s’est portée sur des thèmes  qui touchent particulièrement les pays en développement, comme le financement du développement, le développement durable, le sida, les enfants, ou encore des sujets spécifiques touchant les pays enclavés ou les petites îles.  Mais l’impact des interventions des Nations Unies a été jusque-là limité, a jugé le Ministre affirmant qu’il faut faire plus.  Alors que de nombreux pays en développement  se réapproprient la responsabilité de leur progrès et parviennent à franchir des barrières réputées insurmontables, les initiatives en faveur de la réduction de la dette des PMA sont bienvenues.  Les pays avancés qui tiennent leurs promesses en matière d’aide au développement doivent aussi être applaudis, comme ceux qui cherchent de nouveaux modes de financement.  Trinité-et-Tobago est parvenue à atteindre ses objectifs propres, au nombre de 20, et a apporté de l’aide à ses voisins.  Pourtant, de par le monde, plus d’un milliard de personnes vivent toujours dans un extrême dénuement, et des dizaines de milliers sont fauchés quotidiennement par des maladies curables.  Sans parler du terrorisme.  Il ne peut pas y avoir de sécurité sans développement, ni l’inverse, a insisté le Ministre.  L’insatisfaction continue à croître dans les pays où le plus grand nombre ne profite pas de la croissance économique, et là où des approches culturelles et de civilisation spécifiques sont marginalisées.  Le vrai test de l’efficacité des Nations Unies sera sa capacité à identifier ces différences et à proposer des solutions pour en sortir, en allant jusqu'à la mise en place de mesures concrètes.

Mme ROSEMARY BANKS, Chef de la délégation de la Nouvelle-Zélande, a déclaré que son pays avait augmenté son APD de 23% cette année et s’est particulièrement félicitée de l’intérêt accordé aux petits États insulaires en développement dans le document final adopté par l’Assemblée générale.  Elle a précisé que son pays continuerait de mettre l’accent sur la promotion de la parité entre les sexes, de la santé, et des droits sexuels qui sont des questions déterminantes pour la réalisation des OMD.  Elle s’est félicitée de la décision de créer une Commission de consolidation de la paix et de s’entendre sur la notion de responsabilité de protéger les populations menacées de génocides ou de crimes contre l’humanité.  Elle a estimé que l’ONU devait saisir l’occasion de ce Sommet pour démontrer que l’Assemblée générale pouvait parvenir à la conclusion d’une convention de lutte contre le terrorisme en s’appuyant sur la Stratégie de lutte contre le terrorisme proposée par le Secrétaire général.  Elle a particulièrement salué l’accent mis sur les droits de l’homme et la décision de doubler le budget du Haut Commissariat aux droits de l’homme.  Elle a néanmoins regretté que le document final n’aille pas assez loin en ce qui concerne le projet de création d’un Conseil des droits de l’homme dont l’Assemblée générale débattra au cours de sa 60ème session.  Par ailleurs, elle a soutenu l’augmentation du nombre de membres du Conseil de sécurité pour que ce dernier soit plus représentatif du monde du XXIe siècle.

M. NASSER AL-KIDWA, Ministre des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, qui prononçait le discours de son Président, M. Mahmoud Abbas, a affirmé que la Palestine était confrontée aujourd’hui à deux tâches historiques qu’elle est déterminée à accomplir, à savoir la réalisation de l’indépendance et de la paix et l’édification des institutions de l’État.  La première des priorités, a-t-il ajouté, est de mettre fin à l’occupation et d’accéder à la liberté.  La voie pour y parvenir a été tracée dans les nombreuses résolutions de légitimité internationale et les étapes pour y parvenir, définies dans la Feuille de route.  Les Palestiniens oeuvrent à promouvoir une culture de paix, à rejeter la violence et à éliminer ses causes, a-t-il également souligné, et ce, afin de transformer les souffrances subies pendant des décennies en énergie créatrice pour construire.  Il a souhaité que la cause palestinienne devienne un modèle de démocratie et de progrès, et non un outil aux mains de ceux qui veulent exploiter les sentiments des opprimés du monde et encourager le terrorisme ou créer un conflit entre civilisations.

Comme l’a rappelé M. Al-Kidwa, le Président de l’Autorité palestinienne, a par ailleurs estimé qu’il appartenait à Israël de transformer le retrait israélien des territoires palestiniens en étape véritablement positive.  Le processus de paix, a-t-il dit, ne trouvera aucun élan sans la complète cessation des activités de colonisation, avec la poursuite de la construction du mur de séparation et le morcellement continu de la Cisjordanie.  Il a souligné que d’importantes réalisations avaient été accomplies concernant la réforme et le développement des institutions gouvernementales et du système financier.  Le Moyen-Orient se trouve à un carrefour.  Soit nous réalisons des progrès véritables et efficaces en direction de la paix, de la stabilité, de la sécurité, de la construction et de la coexistence; soit nous retournons dans la spirale vicieuse de la violence et du terrorisme, loin des solutions réelles et nécessaires pour les défis auxquels nous sommes confrontés, a-t-il conclu.  Il s’est dit confiant que la communauté internationale aidera les Palestiniens à choisir la première option.

M. ALVARO URIBE VÉLEZ, Président de la Colombie, a estimé que le processus de réforme en cours devait permettre de renforcer les États et la création de capacités nationales pour répondre de manière efficace aux besoins des populations.  À son avis, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont tout à fait réalisables à condition que les pays en développement aient un libre accès aux marchés.

En Colombie, les OMD ont été intégrés dans un plan de développement national qui se concentre sur l’éducation, la couverture médicale et un accès plus grand à l’eau potable et aux services sanitaires de base, a précisé le Président colombien. Tout en combattant la corruption et le terrorisme dans le pays, la Colombie s’est engagée à éradiquer la pauvreté, a-t-il précisé.  En ce qui concerne la réforme de l’ONU, M. Uribe Vélez a souhaité que la Commission de consolidation de la paix se concentre sur des stratégies de soutien au développement national et sur des initiatives en faveur des pays émergeant de conflits.  Pour ce qui est de la création d’un conseil des droits de l’homme, le Président a estimé que l’une des tâches principales d’un tel organisme serait de promouvoir la coopération entre les États.

M. ELIAS ANTONIO SACA GONZÁLEZ, Président d’El Salvador, a affirmé que son pays accordait la plus grande importance aux Nations Unies pour mettre en avant des formules de coopération permettant de répondre aux défis auxquels le monde fait face.  Nous appuyons donc le processus de réforme intégral des Nations Unies, qui permettra d’y introduire davantage de démocratie et d’y garantir une meilleure représentation de tous les Etats.  Il a expliqué que le Document final du Sommet avait déçu son pays, et qu’il espérait que le processus de réforme irait plus loin, grâce au dialogue.  Il a alors souligné que les Nations Unies avaient aquis l’expérience nécessaire pour gérer les questions internationales.  Le Salvador estime que la démocratie ne constitue pas l’apanage d’un pays, et il considère que le mécanisme le plus valable permettant de relever les défis mondiaux est le consensus collectif garanti par la Charte.  Nous nous félicitons donc de la proposition d’une Commission de consolidation de la paix, car elle permettra de lier paix, sécurité et développement, a-t-il affirmé.

M. Saca Gonzalez a ensuite déclaré que le peuple du Salvador faisait preuve d’une véritable détermination de paix après de nombreuses années d’un conflit fratricide.  Les accords de paix ont été signés sous l’auspice de l’ONU en 1992 et ils ont permis au peuple salvadorien de se développer.  le développement doit être envisagé dans un contexte intégral, ce qui est étroitement lié à la paix et à la sécurité, a-t-il déclaré, appelant à tenir compte des différences entre les pays quant aux ressources, au développement et aux limites.  Le Salvador souhaite attirer l’attention sur les pays à revenu moyen, dont il fait partie.  Il a été marginalisé dans la coopération internationale en raison de son niveau de développement, ce qui a affecté ses efforts vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il faut donc créer un mécanisme permettant de favoriser les efforts fournis par les Etats afin de motiver la poursuite de leurs politiques de développement et de les récompenser.

M. BHARRAT JAGDEO, Président du Guyana, a déclaré que les Objectifs de développement internationaux et en particulier les OMD constituaient un jalon important permettant de mesurer le niveau de développement des pays, et qu’ils constituaient des conditions préalables au progrès économique et social des petits pays comme le Guyana.  À cet égard, et afin d’accélérer ce processus, le Gouvernement de Guyana a récemment adopté une stratégie de réduction de la pauvreté, a précisé M. Jagdeo.  Force est cependant de constater que les progrès obtenus sont menacés par des éléments qui sont hors de notre contrôle, a-t-il poursuivi.  Ainsi, la réduction du prix du sucre par l’Union européenne constitue une lourde perte de 40 millions de dollars chaque année pour le Guyana, a souligné le Président.  Ce manque à gagner réduit à néant les huit milliards de remise de dette récemment consentis par le G-8.  Ces décisions politiques, économiques et commerciales sont prises de manière unilatérale et ont une incidence négative sur des millions de personnes, a-t-il déploré.  Ensuite, M. Jagdeo s’est prononcé en faveur d’une réforme et d’une augmentation du nombre de sièges au Conseil de sécurité afin de pouvoir faire face aux menaces qui pèsent sur le monde actuel. 

M. AHMAD TEJAN KABBAH, Président de la Sierra Leone, a appelé à une mise en œuvre rapide d’initiatives telles que celles du G-8 sur la dette et celles des institutions financières multilatérales.  Il a aussi voulu une plus grande souplesse dans l’utilisation de l’aide au développement et une meilleure reconnaissance des priorités établies par les pays en développement eux-mêmes.  Il a également lancé un appel aux six pays qui, sur les 22 donateurs, n’ont pas encore promis de réaliser l’objectif visant à consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement (APD).  Il a rendu compte des efforts déployés par son pays pour mettre en œuvre un environnement propice à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment par le biais  du renforcement des institutions démocratiques, la décentralisation, la restructuration des entités chargées de la sécurité.  Il a invité la communauté internationale à appuyer l’initiative de son gouvernement pour verser des réparations aux victimes de la guerre et à apporter des contributions pour rendre opérationnel le Fonds d’affectation créé à cet effet.  Le Président s’est ensuite félicité du contenu du document final, comme « base des réformes de l’ONU » avant de juger important de reprendre au plus vite les négociations sur des questions urgentes en suspens telles que la réforme du Conseil de sécurité. 

M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, a considéré que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont des priorités pour l’humanité.  Après la Seconde Guerre mondiale et avec l’apparition de l’État providence, les États occidentaux et certains pays d’Asie décolonisés ont réalisé leurs objectifs de développement, mais le défi reste à relever pour le reste du monde.  Il a annoncé que l’Ouganda va non seulement réaliser ces objectifs, mais également les dépasser.  L’objectif du pays en ce qui concerne l’éradication de la pauvreté n’est pas de 28% d’ici à 2015, mais de 10% en 2017.  En dépit d’une campagne de terrorisme violente fomentée par nos voisins dans les années 1990, l’Ouganda a dépassé les buts à atteindre en matière d’eau potable, de scolarisation primaire, de lutte contre le sida et de réduction de la pauvreté, mais pas en ce qui concerne le taux de mortalité infantile, a expliqué le Président.  Il a recommandé de chercher d’abord à réaliser le développement humain en assurant l’éducation et la santé pour tous, avant de se doter d’une meilleure infrastructure commerciale.  Nous devons veiller à ce que chaque pays se prenne en charge et qu’il puisse mobiliser les ressources sur le plan national qui permettent la réalisation des OMD, a-t-il insisté.  L’avenir des pays en développement leur incombe en premier lieu leurs gouvernements et non pas aux donateurs, a-t-il affirmé.  Comment peut-on réaliser les OMD sans régler le problème de l’emploi? s’est interrogé le Président.  Nous devons créer des emplois pour les Ougandais, en tirant parti des nombreuses terres agricoles du pays, a-t-il dit en insistant sur la suppression des bidonvilles.

M. JOSEPH J. URUSEMAL, Président de la Micronésie, a estimé que la question du changement climatique et du réchauffement de la planète nécessiterait l’adoption de politiques volontaires et concertées en vue d’appliquer les obligations prises en vertu des conventions sur le changement climatique, le Protocole de Kyoto et les autres accords internationaux pertinents.  Nous appelons les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier sans délai le Protocole de Kyoto, a-t-il lancé.  Il a ensuite dit que les Objectifs du Millénaire pour le développement demeuraient la base de travail la plus solide pour le développement durable.  Force est de constater toutefois que, s’agissant de l’Océanie, les résultats n’ont pas satisfait à nos engagements, a-t-il regretté.  Le Président micronésien a fait remarquer que la communauté internationale n’avait pas alloué suffisamment de ressources à l’effort de développement des îles de sa Fédération.  C’est pourquoi, il a appelé les Nations Unies et la communauté internationale des donateurs à appuyer plus largement l’aide au développement de cette région du Pacifique.  Dans ce cadre, a-t-il ajouté, nous reconnaissons la nécessité de renforcer la coopération et les partenariats liant les Nations Unies et nombre de ses Etats membres dans le Pacifique.  A cette fin, il a plaidé pour l’instauration d’une présence physique de l’Organisation en Micronésie, laquelle contribuerait à son avis à améliorer la coordination entre parties prenantes, à renforcer les capacités et l’efficacité de l’utilisation des ressources et de l’acheminement de l’aide. 

M. ANOTE TONG BERETITENTI, Président de Kiribati, a insisté sur le fait que les petits états insulaires en développement ne pouvaient pas atteindre leur objectif d’un développement durable sans un partenariat plus significatif et plus efficace avec les autres pays du monde.  Il a affirmé que des initiatives régionales comme le Plan du Pacifique tendaient à encourager la coopération entre pays du Sud pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement mais a rappelé aux pays développés leur engagement à consacrer 0,7% de leur produit national brut à l’aide publique au développement.  « Nous sommes capables d’arriver à un développement durable et de réduire notre dépendance à l’aide internationale », a-t-il déclaré, espérant s’appuyer notamment sur les ressources marines de son pays. M. Beretitenti a rappelé l’extrême vulnérabilité des petits états insulaires très proches du niveau de la mer, comme Kiribati, face au changement climatique.  Il s’est ensuite prononcé pour l’admission de Taiwan au sein des Nations Unies et pour un Conseil de sécurité élargi, « reflet plus fidèle de la réalité du monde d’aujourd’hui », demandant qu’une date butoir soit fixée aux négociations afin de continuer d’avancer vers la réforme.

M. CHARLES GYUDE BRYANT, Président du Gouvernement national de transition du Libéria, a confirmé la tenue d’élections au Libéria le 11 octobre prochain et s’est félicité des progrès que son pays a pu enregistrer sur la voie de la paix, grâce au soutien de la communauté internationale.  Il a dit qu’il espérait que la démocratie et la stabilité s’installeraient dans la région d’Afrique de l’Ouest.  Il a ensuite estimé que la Déclaration du Millénaire et le Programme d’action de Bruxelles offraient aux pays pauvres des moyens réalistes de surmonter les fléaux que sont la pauvreté, le réchauffement climatique, le VIH/sida, le paludisme, le cancer et d’autres maladies mortelles.  Plus que jamais, les États Membres, quelle que soit leu taille, doivent honorer leurs engagements d’œuvrer au respect des droits de l’homme et à la dignité de toutes les personnes. 

M. EMILE LAHOUD, Président du Liban, a affirmé que les défis sécuritaires constituaient aujourd’hui le souci fondamental des États.  Selon lui, le fait d’assurer la sécurité politique de la société peut être assuré par un système international reposant sur le pluralisme, le respect des principes du droit international et l’application des résolutions internationales.  La région du Moyen-Orient est le meilleur exemple de la gravité que constitue la bonne application de ces principes, a-t-il dit.  Le Président libanais a souligné que son pays saluerait la création d’un comité d’instauration de la paix dans le cadre des Nations Unies et souhaiterait l’adoption de la proposition du Secrétaire général suggérant que le Conseil de sécurité établisse des critères clairs envers lesquels il s’engagerait, pour des cas l’habilitant, à user de la force.

Dans le cadre de l’exécution des Objectifs du Millénaire pour le développement, le Liban soutient la proposition française appelant l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) à contribuer au financement des projets de développement dans les États pauvres, a-t-il indiqué, notant qu’une telle orientation réalisait plus de justice sociale et de stabilité dans les relations internationales.  La force du changement réside dans la volonté et le respect des principes humains sublimes, a-t-il déclaré, concluant que le changement de la face du globe relevait de la responsabilité commune.

M. MAUMOON ABDUL GAYOOM, Président des Maldives, a exhorté l’Assemblée à prendre conscience de la crise sans précédent qui frappait actuellement son pays.  Pourtant, a-t-il indiqué, les Maldives ont déjà réalisé les objectifs liés à la réduction de la pauvreté et à l’universalisation de l’éducation primaire et sont sur le point de réaliser les objectifs de réduction de la mortalité infantile et des inégalités entre les sexes.  « Les Maldives ont connu une véritable catastrophe nationale avec le tsunami et nos pertes s’estiment à 62% du PNB », a rappelé M. Gayoom.  Il a ensuite regretté que neuf mois après la tragédie, il n’y avait aucun signe de reprise pour le secteur du tourisme qui constitue le moteur de l’économie des Maldives.  M. Gayoom a expliqué que pour la première fois de leur histoire, les Maldives auraient besoin d’une aide financière; le cas échéant, les OMD ne pourraient être réalisés dans les délais fixés.  Les Maldives, par une décision de l’Assemblée générale adoptée six jours avant le tsunami, ne figurent plus dans le groupe des PMA, a rappelé le Président qui souligne par ailleurs qu’en dépit de l’assistance internationale dont le pays bénéficie, les problèmes liés à la démographie et à l’environnement continuent de se poser.  Le Gouvernement des Maldives est cependant résolu à poursuivre ses efforts en vue de réaliser les OMD, a-t-il affirmé.  Les petits États insulaires en développement, comme les Maldives, sont souvent les premières victimes des tragédies qui affectent la planète, a-t-il fait remarquer.

M. BINGU WA MUTHARIKA, Président du Malawi, a tenu à souligner que les pays les plus pauvres de la planète n’étaient pas en mesure d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement en raison d’un manque total d’infrastructures indispensables à leur réalisation.  Il a cité notamment l’absence de structures de production de biens et de services dans les pays de l’Afrique subsaharienne, les effets dévastateurs du VIH/sida, la fuite des capitaux ou encore la réticence des pays industrialisés à s’engager dans un système commercial qui ne pénalise pas les exportations agricoles des pays en développement.  En conclusion, il a plaidé pour davantage de coopération entre les nations.

M. HONOURABLE LAISENIA QARASE, Premier Ministre des Fidji, a souligné l’importance de la volonté collective pour mener à bien la réforme et le renforcement des Nations Unies.  Non seulement l’Organisation doit être plus efficace et responsable, mais elle doit faire davantage d’efforts pour réduire le fossé entre les pays développés et les pays en développement.  Réaffirmant l’engagement constant de son pays auprès des Nations Unies, le Premier Ministre a déclaré que l’établissement et le maintien de la paix internationale restaient les objectifs principaux des Nations Unies.  Il a accueilli favorablement la proposition tendant à créer une commission de reconstruction de la paix.

Souhaitant une meilleure représentation des réalités géopolitiques au sein du Conseil de sécurité, il a affirmé le soutien de son pays à l’entrée de l’Inde et du Japon au sein de cet organe.  Il a souhaité au règlement rapide des questions concernant le Moyen-Orient, le peuple coréen et Taiwan.  Il a accueilli chaleureusement la proposition visant à créer un conseil des droits de l’homme.  Il a rappelé que l’équilibre doit toujours être maintenu entre les droits des individus et les droits des communautés.  En particulier, les intérêts des populations autochtones, notamment le droit de propriété sur leurs ressources naturelles, doivent être protégés.  L’accès au marché et la rémunération des prix des exportations restent des préoccupations majeures pour les petits États vulnérables comme les Fidji.  Leur croissance économique et leur viabilité sont menacées par la fin des quotas et la réduction des prix des matières premières.

M. HAMA AMADOU, Premier Ministre du Niger, a constaté avec regret que bon nombre de pays, dont le sien, étaient encore très loin de la réalisation des OMD.  Pour beaucoup de ces pays, a-t-il ajouté, la situation s’est même fortement dégradée et la pauvreté s’est accentuée.  Il a déclaré que les économies de nombreux pays s’étaient dégradées, victimes de l’inéquité du commerce international, de l’amenuisement progressif de l’APD, du poids excessif de la dette et de la faiblesse des investissements.  Même si de l’avis du FMI, de la Banque mondiale, de l’Union européenne, du PNUD et de nombreux autres partenaires, le Niger est bien géré, la mondialisation est une épreuve douloureuse pour notre pays, a-t-il ajouté.  Il a ensuite déclaré que l’expérience de son pays montrait que la liberté, la bonne gouvernance et les bonnes politiques macroéconomiques ne suffisaient pas sans un apport financier extérieur conséquent, et des investissements plus ambitieux dans le domaine des infrastructures et des secteurs productifs créateurs d’emplois.  Il a estimé indispensable des ressources additionnelles au delà de celles qu’apportent l’annulation de la dette promise par le G-8. 

Citant une estimation du rapport rédigé par Jeffrey Sachs, le Conseiller spécial du Secrétaire général, il a indiqué que les besoins de financement d’un pays comme le Niger étaient de 900 millions de dollars par an pour réaliser les OMD, alors que le pays ne recevait aujourd’hui que 120 millions.  Pire, a-t-il a précisé, l’« APD dont nous bénéficions décroît d’année en année et ne représente en 2005 que la moitié de son niveau d’il y a 15 ans, si bien que le Niger ne reçoit que 20 dollars par habitant et par an, soir 1,6 dollar par mois.  Par conséquent, a-t-il conclu, les multiples promesses faites ici et là par les pays riches doivent se concrétiser au plus vite si la communauté internationale veut réellement nous donner une chance d’atteindre les OMD et de garantir la paix sociale dans nos pays ». 

Mme LINETH SABORIO CHAVERRI, Vice-Présidente du Costa Rica, a renouvelé l’engagement de son pays en faveur du désarmement et du développement durable.  Elle a considéré que si le Conseil de sécurité constituait l’organe le plus légitime pour la défense de la sécurité internationale et pour le maintien de la paix, celui-ci n’en devait pas moins être réformé.  À cet égard, Mme Chaverri s’est prononcée en faveur d’une augmentation du nombre des membres non permanents  et de l’élimination du droit de veto concernant les questions telles que les crimes de guerre et crimes contre l’humanité.  Elle a regretté que cette suggestion n’ait été reprise dans le projet de document final et espère qu’elle sera adoptée dans un avenir proche.  En outre, la Vice-Présidente du Costa Rica a affirmé son désir de voir la Commission de droits de l’homme transformée en conseil de droits de l’homme.  Mme Chaverri a aussi souligné l’importance de conclure aussi vite que possible la convention sur les droits des personnes handicapées.  Elle a apporté le soutien de son pays à la Cour Pénale Internationale, à la création d’un Haut Commissaire à la lutte contre le terrorisme et à l’adoption d’une convention sur le terrorisme international avant la fin de l’année.  Mme Chaverri encourage les pays industrialisés à respecter leur engagement de financement de l’aide publique au développement à hauteur de 0.7% de leur PNB.  Elle s’est aussi prononcée en faveur de l’initiative visant à créer une Coalition de la forêt tropicale.  En ce qui concerne la gestion, elle a exhorté l’Assemblée à réexaminer en profondeur le rapport Volker.  Il faut confronter et analyser les cas de mauvaise gestion et les allégations de corruption qui ont fait surface au sein de l’Organisation au cours des derniers mois, a-t-elle déclaré.  À ce moment de l’Histoire, nous devons créer les conditions propices à l’instauration d’une société inclusive, équitable et mondialisée a-t-elle conclu.

M. RASHID MEREDOV, Vice-Premier Ministre du Turkménistan, a rappelé que la présente session avait une signification spéciale pour son pays qui célèbre cette année le dixième anniversaire de l’adoption par l’Assemblée générale des Nations Unies de la résolution consacrée à la « Neutralité permanente du Turkménistan ».  Le Ministre a rappelé que l’une des principales tâches de l’Organisation était la prévention des menaces auxquelles la communauté mondiale est confrontée.  Cela suppose, a-t-il dit, l’élaboration d’un système de mesures préventives, l’élaboration d’instruments juridiques et de mécanismes pour leur mise en œuvre.  Selon lui, l’attention accordée par les Nations Unies aux questions de renforcement de la sécurité et de mesures préventives en Asie centrale est opportune et nécessaire, l’idée de création d’un Centre régional pour l’Asie centrale sur la diplomatie préventive, avec un siège à Ashgabat, est une initiative internationale significative.

M. M. JAYAKUMAR, Premier Ministre de Singapour, a souligné qu’en 60 ans d’existence, l’ONU n’a jamais cessé de faire l’objet de crises et de polémiques.  Le vrai problème, a-t-il confié, n’est pas que les Nations Unies soient ignorées, mais qu’elles soient par trop sollicitées.  L’ONU n’est pas la panacée et la validité toujours réelle des principes de la Charte n’exempte pas les États Membres de leurs responsabilités nationales dans un système international où l’État demeure l’acteur central et les intérêts nationaux, le moteur essentiel des relations internationales.  Le Premier Ministre a précisé par ailleurs que la Charte n’était pas un texte sacré gravé dans des tablettes de marbre et que, pour être pertinents, ses principes devaient être fonctionnels.  La réforme de l’ONU ne devrait frapper les esprits qu’au jour de son anniversaire.  Bien au contraire, les débats, les discussions voire les disputes font partie intégrante de la dynamique, a-t-il dit.

Le Premier Ministre a ensuite fait valoir que la réforme de la gestion mettait en confrontation directe les intérêts des États membres et ceux de l’Organisation dans son ensemble.  Toutefois, ces réformes ne peuvent être évitées parce qu’elles sont essentielles au rétablissement de la confiance et à l’appui du public sans lesquels aucune institution ne peut fonctionner efficacement.  Concernant les droits de l’homme, le Premier Ministre s’est dit ouvert à la transformation de la commission des droits de l’homme en un Conseil du même nom.  Mais les questions essentielles ne sont-elles que structurelles, s’est-il interrogé, en mettant l’accent sur le nombre de concepts contestés en la matière.  La tendance de certains États à défendre leurs points de vue comme des normes universelles provoque inévitablement de la résistance, politise inutilement le processus et finit par porter préjudice à la cause des droits de l’homme.  Tant que cette question plus profonde ne sera pas sérieusement traitée, tout changement ne pourra être que superficiel, a prévenu le Premier Ministre.  Il a estimé par ailleurs qu’il fallait faire preuve de souplesse concernant la création de la Commission de consolidation de la paix, compte tenu de la complexité et du caractère délicat des fonctions proposées.  Le Premier Ministre a conclu sur la réforme du Conseil de sécurité, en estimant que les nouveaux membres permanents ne devraient pas être dotés du droit de veto.  Cela ne ferait que compliquer le rôle d’instrument de la paix du Conseil de sécurité, a-t-il dit.

M. AHMED ABOUL GHEIT, Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a estimé que les succès en matière de développement resteront tributaires de notre capacité à obtenir la paix et la sécurité et à consolider les principes de la justice et d’équité internationales.  Le respect de tels principes, a-t-il ajouté, nécessite le rejet de tout recours à la force et de toute forme d’occupation.  Il a aussi souligné la nécessité de parvenir à de réels progrès dans le domaine du désarmement et de la non prolifération ou encore de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire, en rappelant l’objectif de parvenir à un Moyen-Orient dépourvu de toute arme nucléaire.  Il a indiqué que l’Égypte s’était engagée en 2000 à promouvoir la démocratie, la primauté du droit, et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, des efforts qui ont été conclus il y a quelques jours par la tenue d’élections présidentielles.  S’agissant de la réforme des Nations Unies, il a souhaité un meilleur équilibre entre les différents organes et des méthodes de travail plus transparentes en ce qui concerne le Conseil de sécurité.  Il a souhaité qu’un rôle plus important soit confié à l’ECOSOC qui pourrait être chargé d’aider les pays en développement à réaliser les OMD.  Il a estimé que la commission de consolidation de la paix constituera un outil efficace pour renforcer les capacités des pays sortant de conflit  et a souhaité que l’on encourage la société civile à participer à tous les travaux des Nations Unies.  S’agissant de la lutte contre le terrorisme, il a précisé que l’Egypte proposait la tenue d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale notamment dans le but d’examiner les responsabilités de chacun et les moyens des Nations Unies de soutenir les efforts nationaux et régionaux pour éradiquer ce fléau. 

M. NYAN WIN, Ministre des affaires étrangères du Myanmar, a estimé que les progrès réalisés à ce jour dans la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) étaient très éloignés des objectifs originaux.  Les priorités du Myanmar sont la lutte contre le terrorisme, le désarmement nucléaire, le développement durable, la protection de l’environnement et l’éradication de la pandémie du VIH/sida et celle de la grippe aviaire, a-t-il indiqué.  M. Win a indiqué que son pays avait réalisé des progrès satisfaisants afin d’atteindre les OMD d’ici à 2015, notamment dans les domaines de l’éradication de la pauvreté et de l’accès à l’éducation primaire pour tous.  Selon ses estimations, le taux de scolarisation primaire au Myanmar atteindra 99% d’ici à 2015.  Le Ministre des affaires étrangères du Myanmar a également fait remarquer que son pays avait désormais éradiqué des maladies telles que la variole, la lèpre et la poliomyélite.  M. Win a néanmoins signalé que Myanmar pourrait accélérer ses efforts vers le développement s’il recevait une assistance financière extérieure, particulièrement des institutions financières internationales.  Il a enfin plaidé pour la réforme de l’Organisation des Nations Unies afin d’accroître son efficacité et de renforcer sa capacité à faire face aux menaces et défis du XXIe siècle.

M. ABDULLAH BIN ZAYED AL NAHYAN, Ministre de l’information et de la culture des Émirats arabes unis, a réaffirmé le rôle central des Nations Unies et l’importance de sa Charte qui constitue la référence majeure pour bâtir des relations internationales qui reposent sur le respect, la liberté, la tolérance et la responsabilité conjointe.  Nous soulignons l’importance de renforcer les Nations Unies et de réformer ses organes principaux.  Le Ministre a également déclaré que les progrès réalisés dans les domaines économique, social et humanitaire n’ont bénéficié qu’à un petit nombre de personnes dans le monde.  Un pourcentage important continue de souffrir entre autres de la faim, de la pauvreté, de maladies graves, du chômage, de l’analphabétisme, des déplacements et des effets négatifs des conflits armés.

Le Ministre a dit sa conviction selon laquelle le développement constitue la question la plus importante de notre temps puisqu’il peut seul nous permettre d’éliminer la pauvreté et la faim et de garantir la sécurité humaine.  Nous devons donc répondre aux défis à travers le prisme d’une sécurité collective.  J’estime aussi, a ajouté le Ministre, que les efforts internationaux en matière de développement seront sans effet sans le maintien de la paix et de la sécurité, la justice pour tous, le respect de la diversité culturelle, le droit des peuples à l’autodétermination et la fin de l’occupation où qu’elle se trouve.  Il est extrêmement important de parvenir à une solution juste et durable au Moyen-Orient.

M. SAYYID HAITHAM BIN TARIQ AL-SAID, Ministre de l’héritage et de la culture du Sultanat d’Oman, a expliqué que cette année le Sultanat d’Oman procèdera au premier examen de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement qui figure en tête de sa politique nationale.  Passant en revue les réalisations de son pays, le Ministre a indiqué que les inégalités entre les sexes dans l’accès à l’éducation à tous les niveaux n’existaient plus.  Nous avons pris d’importantes mesures pour éliminer l’analphabétisme qui devrait totalement disparaître d’ici à la fin de 2005.  Les taux de mortalité des enfants âgés de moins de cinq ans diminuent à un rythme de 4,96% par an.  Le Ministre a aussi expliqué que les femmes avaient accès aux postes de décision, qu’elles disposaient du droit de vote et d’être candidates au Conseil de consultation (Shoura Council).  Le Ministre a fait également état de ce qui avait été accompli au niveau écologique, le Sultanat d’Oman arrivant à la deuxième place des pays arabes et à la 83e place sur 146 pays selon le rapport sur les indicateurs de durabilité écologique pour l’année 2005. 

Sur un plan économique, le Ministre a rendu hommage à l’accord conclu permettant l’annulation de la dette de 18 pays à faible revenu.  Nous attendons avec impatience le lancement de la deuxième phase, à savoir l’annulation de la dette d’autres pays en développement.  Abordant la question du terrorisme, le Ministre a estimé qu’il était grand temps de mettre en œuvre une stratégie internationale de lutte contre le terrorisme qui repose sur un échange d’informations entre pays.  Il a également estimé nécessaire de faire la distinction entre le droit à la légitime défense, la résistance face à un agresseur et les actes de terrorisme commis par des individus ou groupes illégitimes qui tuent et terrorisent les populations civiles pour arriver à leurs fins.  Le Ministre a aussi lancé des appels pour qu’une zone exempte d’armes de destruction massive soit créée au Moyen-Orient.

M. ABDELWAHEB ABDALLAH , Ministre des affaires étrangères de la Tunisie, a déclaré que les résultats obtenus dans son pays sur la voie de la réforme, du progrès et de la modernisation au cours des deux décennies écoulées étaient conformes aux OMD, notamment en ce qui concerne la réduction de la pauvreté, l’amélioration du produit intérieur brut, la généralisation de l’enseignement, le renforcement de l’égalité entre hommes et femmes, la santé reproductive et l’intégration du principe de développement dans toutes les politiques nationales.  La Tunisie, a-t-il ajouté, est convaincue que la réalisation des OMD nécessite la conjugaison des efforts de la communauté internationale, États et organisations, en vue d’impulser encore plus les valeurs de la solidarité et d’aider les pays en développement, notamment africains, à remporter le pari du progrès et de la modernité. 

Le Ministre des affaires étrangères tunisien a estimé le moment venu de hâter la mobilisation des ressources financières nécessaires en vue de permettre au Fonds mondial de solidarité d’entamer la mission qui lui a été assignée, à l’initiative de la Tunisie, pour éradiquer la pauvreté, l’exclusion et la marginalisation.  Il a rappelé que son pays accueillera du 16 au 18 novembre prochain la deuxième phase du Sommet mondial de la société de l’information lancé en 1998 avec la volonté d’édifier une société du savoir et de contribuer à la réduction du fossé numérique.  Enfin, il a exprimé l’espoir que ce sommet se traduirait par l’adoption d’un consensus de mesures pratiques qui renforcent les programmes de développement dans le monde et consolident les fondements de la sécurité collective.  À cet égard, il a notamment cité la lutte contre le terrorisme et le traitement de ses causes, mais aussi la limitation de l’armement et de la propagation des armes de destruction massive.  

M. RAYMOND RAMAZANI BAYA, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la République démocratique du Congo (RDC), a souligné que c’est dans un environnement difficile que son pays a intégré les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans sa stratégie de lutte contre la pauvreté et dans ses plans de développement.  Mais en dépit de ce contexte difficile, les résultats ne sont pas nuls, a-t-il précisé en citant les chiffres de la croissance, l’assainissement de l’environnement financier et juridique, la stabilisation du taux de change et la maîtrise de l’inflation.  Il a ajouté que la paix et la sécurité sont rétablies sur une très grande partie du territoire national, en se félicitant du rôle de la communauté internationale dans cette évolution positive de la situation politique et économique de son pays. 

Mais le rythme des progrès est trop lent, au regard des besoins et des problèmes qui se posent, a reconnu le Ministre.  Le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose font des ravages dans les franges les plus dynamiques de la population.  Les défis à relever sont de taille et la détermination du peuple congolais et l’implication de son gouvernement ne suffiront pas, a prévenu le Ministre.  Il a, en conséquence, réaffirmé sa foi dans le Consensus de Monterrey.  Il s’est ensuite félicité de l’annulation par le G-8 de la dette de dix-huit pays pauvres très endettés et exprimé l’espoir que cette mesure sera étendue à tous les autres pays.  Il a enfin salué la France pour son initiative d’imposer une taxe sur les billets d’avion.  Il a félicité les pays comme la France qui tentent d’identifier de nouvelles sources de financement et qui se sont engagés à consacrer d’ici à l’an 2015, 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement (APD). 

M. SIOSIUA ‘UTOIKAMANU, Ministre des finances du Tonga, a fait part des progrès accomplis par son pays dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, pointant en particulier l’accès à l’éducation primaire désormais étendu à tous et les avancées enregistrées en matière de lutte contre la pauvreté.  Il a par ailleurs souligné les difficultés particulières auxquelles font face les petits États insulaires en développement, qui sont accentuées en cas de choc externe comme la montée actuelle des cours du pétrole.  Comme il est rappelé dans le Consensus de Monterrey, l’aide publique au développement constitue, pour les petits États insulaires, une source majeure de financement du développement, a-t-il ajouté.  Déclarant son soutien à la réforme de l’ONU, il a, enfin, précisé que, s’agissant de l’élargissement envisagé du Conseil de sécurité, son pays soutenait la nomination du Japon comme membre permanent.

M. RABBIE L. NAMALIU, Ministre des affaires étrangères et de l’immigration de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, a déclaré soutenir les principes de la Déclaration adoptée lors du Sommet Asie-Afrique de Djakarta, priant la communauté internationale et les Nations Unies à faire de même.  Il a fait part de sa grande satisfaction du fait que les Objectifs du Millénaire pour le développement figurent dans le Document final.  Il a aussi fait part de sa satisfaction de voir les programmes d’action d’Almaty, Maurice et Bruxelles pris en compte.  Il a appelé la communauté internationale à poursuivre son assistance à tous les pays concernés, afin de les aider à atteindre les objectifs fixés par ces plans.  Il a indiqué que le mois prochain, les chefs d’État de la région du Pacifique approuveraient le Plan pour le Pacifique, qui fixe les priorités des pays de la zone en matière de sécurité, de croissance économique, de développement durable et de bonne gouvernance.  Le Ministre a enfin remercié les Nations Unies, le Conseil de sécurité et les institutions de l’ONU pour le soutien qu’ils avaient récemment apporté au rétablissement de la paix sur l’île de Bougainville.

M. MUSTAFA OSMAN ISMAIL, Ministre des affaires étrangères du Soudan, a relevé l’opportunité historique que constitue ce Sommet mondial pour consolider le rôle central des Nations Unies dans le maintien de la paix internationale.  L’Organisation incarne la sécurité collective, le multilatéralisme, et les efforts pour rendre le monde plus sûr.  La première priorité de ce Sommet, c’est le développement durable et la libération de millions d’hommes de la pauvreté, des maladies et de la faim.  Le Soudan est très inquiet des résultats modestes atteints dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, qui ont donné de l’espoir à des millions de personnes qui aspirent à vivre dignement, a rappelé le Ministre.  L’économie et les conditions sociales continuent à se détériorer dans les pays les moins avancés, dont le nombre s’est accru depuis l’an 2000.  Ce qui sera décidé lors de ce Sommet sera l’aune de la crédibilité de l’engagement des Nations Unies pour le développement et pour la réduction de la pauvreté.  Le moins que l’on puisse faire est de mettre en place dans les meilleurs délais le Plan d’action de Bruxelles.

Réaffirmant sa condamnation de toutes formes de terrorisme, le Ministre a jugé le thème du choc des civilisations fallacieux.  Le Soudan soutient le dialogue des civilisations, et l’établissement d’une commission pour la consolidation de la paix, rattachée au Conseil économique et social, qui associerait les États récemment sortis d’un conflit.  La commission devrait travailler dans la neutralité, estime M. Ismail, sans sortir du rôle qui lui a été attribué.  Il approuve aussi l’idée d’un fonds permanent pour la consolidation de la paix, qui assisterait les pays après la conclusion d’un accord de paix pour l’élimination des mines et l’installation de réfugiés et déplacés.  Le Soudan est attaché à des valeurs et des croyances qui prennent en compte le respect de la dignité de l’homme et la promotion des droits humains, a réaffirmé le Ministre.  Le pays soutient toutes les propositions destinées à reformer les institutions concernant les droits de l’homme, y compris la mise en place d’un Conseil des droits de l’homme.  Toutefois, la communauté internationale ne juge pas tous les pays de la même manière, estime le Ministre.  Le thème des droits de l’homme peut servir des fins politiques.  Ce sont donc plus les pratiques que les institutions qu’il est urgent de réviser.

Au regard des efforts déployés pour parvenir à une paix globale et durable, le Soudan voudrait mettre un terme aux combats au Darfour.  Il salue les efforts sincères de l’Union africaine qui ont permis la signature de la Déclaration de principes, qui constitue une feuille de route pour parvenir à un règlement juste et définitif de la situation au Darfour.  Le pays demande à la communauté internationale de soutenir cette initiative de l’Union africaine.

M. MOHAMED OULD EL ABED, Ministre des affaires économiques et du développement de Mauritanie, a déclaré que « la situation politique qui prévalait dans le pays avant le 3 août 2005 n’avait pas permis d’enregistrer des avancées significatives sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire ».  Reconnaissant que « seules quelques cibles seront potentiellement réalisables à l’horizon 2015 », il a toutefois réaffirmé l’attachement de la Mauritanie à ces objectifs.  Le Ministre a par ailleurs appelé à la mobilisation constante des bailleurs pour le financement du développement, assurant que la transition démocratique était en cours.  Il a ensuite énuméré les différents points sur lesquels la Mauritanie s’engageait, notamment l’organisation d’un référendum constitutionnel dans un délai de 12 mois et la tenue d’élections législatives et présidentielles « libres et transparentes » dans un délai de deux ans au maximum.  Il a enfin invité la communauté internationale à « appuyer son pays dans son œuvre d’édification et de développement d’une Mauritanie démocratique et prospère ».

M. ABDURRAHMAN M. SHALGAM, Secrétaire du Comité populaire général pour les liaisons étrangères et la coopération internationale de la Jamahiriya arabe libyenne, a estimé que la solidarité internationale est le seul moyen de créer un système économique équitable et de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  L’état actuel du monde, a-t-il encore dit, résulte du fait que les pays victorieux qui ont écrit la Charte se sont octroyés des droits et des privilèges qui ont conduit à la marginalisation de l’Assemblée générale et rendu le Conseil de sécurité « inéquitable et déséquilibré ».  Ces facteurs ont fait de l’ONU un organe moins démocratique qui a permis un abus du droit de veto.  Les Etats « amis » des grandes puissances ont ainsi pu recevoir un appui qui leur a permis d’agir dans une parfaite impunité et d’échapper aux condamnations.  D’autres États ont, en revanche, été injustement punis par des sanctions pour la simple raison que leurs politiques ne semblent pas en harmonie avec celles de certains privilégiés du Conseil de sécurité.  L’échec de l’ONU à apporter justice aux populations rend sa réforme impérative.

Maintenant que l’Organisation compte 191 États Membres confrontés à de nouveaux obstacles, à leur émancipation et à leur croissance, le processus de réforme exige que le pouvoir de décision ne soit confié qu’à l’Assemblée générale.  Le Conseil de sécurité devrait se limiter à être un organe exécutif qui met en œuvre les décisions de l’organe au sein duquel tous les Etats sont sur un pied d’égalité.  En l’occurrence, l’Afrique mérite un siège permanent au Conseil avec ou sans réforme de l’ONU.  Elle demeurera autorisée à  prétendre à d’autres sièges plus tard, au même titre que d’autres continents.  L’Afrique réclame deux sièges permanents dotés de tous les privilèges y compris le droit de veto conformément à la cinquième Conférence au Sommet qui a eu lieu à Syrte les 4 et 5 juillet derniers. 

M. ABDULLAHI SHEIKH ISMAIL, Ministre des affaires étrangères du Gouvernement fédéral de transition de Somalie, a déclaré qu’une réforme des Nations Unies serait l’un des moyens les plus efficaces non seulement de renforcer l’Organisation, mais aussi de répondre aux aspirations les plus diverses des peuples du monde, que ce soit au niveau mondial, continental ou régional.  À cet égard, il a affirmé la nécessité d’un engagement actif de la communauté internationale en faveur de son pays, après une période caractérisée selon lui par l’indifférence politique et l’inertie.  Il a toutefois souligné le rôle déterminant joué en Somalie par les États Membres de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’Union africaine, l’Union européenne, la Ligue des États arabes, le Gouvernement du Kenya, et les Nations Unies.  La combinaison de leurs efforts a débouché sur la création du Gouvernement fédéral de transition en Somalie, a poursuivi le représentant, en ajoutant que ce Gouvernement s’efforce d’instaurer un bon climat politique et sécuritaire, et de promouvoir la réconciliation nationale à travers tout le pays.  Le représentant somalien  a demandé à la communauté internationale de ne pas renoncer à appuyer ce processus déterminant de consolidation des institutions, sous peine de laisser la voie libre aux terroristes et aux fauteurs de troubles.  Le Ministre a enfin vivement encouragé les Nations Unies à soutenir les efforts actuels de l’Union africaine et de l’IGAD en envoyant en Somalie une mission de consolidation de la paix pour y empêcher le retour des hostilités.

M. MARIO ALBERTO FORTIN MIDENCE, Ministre des Relations extérieures du Honduras, a affirmé que son pays se sent protégé par un système multilatéral efficace, fondé sur le respect plein et entier du droit international qui s’appuie lui-même sur les propositions et les principes qui conduisirent les États Membres à mettre en place l’Organisation des Nations Unies.  Il a néanmoins regretté qu’une plus grande communauté de vues ne se soit faite au sujet des thèmes essentiels pour que l’Organisation puisse assumer une plus grande responsabilité dans la résolution des défis qui caractérisent le millénaire actuel.  Il a aussi noté que les travaux ayant trait à la réforme intégrale du système des Nations Unies ont marqué le pas.  Il a également fait part de sa déception concernant la réforme du Conseil de sécurité, où il aurait souhaité que des pays tels le Japon et l’Allemagne –des contributeurs de premier plan au développement économique et social des peuples– disposent d’un siège.  Il a déploré tant l’absence de mise en œuvre d’un accord visant à assurer la pleine application des droits fondamentaux de l’homme que le non-achèvement des travaux sur le Conseil des droits de l’homme.  Il est revenu ensuite sur le droit inaliénable des peuples à participer aux délibérations internationales et à conclure des accords, d’où sa demande de satisfaire les aspirations du peuple de Taiwan désireux de se joindre à la communauté internationale pour construire un monde meilleur.  Le Président Midence a rappelé qu’il convenait de s’entendre au plus tôt sur une convention générale sur le terrorisme international, phénomène qui contrevient à tous les principes, qu’ils soient moraux ou religieux, et qui est une violation flagrante des droits de l’homme.

Le Ministre a souligné qu’un consensus national en matière de réduction de la pauvreté existait au Honduras, et prévoyait une démocratie plus inclusive.  Il a indiqué que le produit intérieur brut avait dépassé les projections et qu’il en était de même des investissements consacrés à la lutte contre la pauvreté: les indicateurs en matière d’éducation, d’environnement, d’égalité des sexes et d’autres secteurs ou domaines ont aussi été satisfaisants, bien qu’étant restés un peu en dessous de l’indice de satisfaction du Gouvernement.  Enfin, il a reconnu que la flambée des prix des carburants représente une menace pour les progrès accomplis, et a souhaité que l’Organisation des Nations Unies mette au point un mécanisme qui contribue à maîtriser cette surenchère constante, dont les répercussions sur les pays en développement sont véritablement dramatiques.

M. ABDULLAH-MOHAMED AL-SAIDI (Yémen) a affirmé que son pays était convaincu que les Objectifs du Millénaire pour le développement ne pourraient pas être accomplis tant qu’il n’y aurait pas d’équité dans les relations commerciales internationales.  Il a souligné l’importance de la poursuite de ces OMD dans la réalisation du développement durable, et a expliqué que le Yémen multipliait les efforts en ce sens, avec la coopération de la société civile, dans le domaine de l’éradication de la pauvreté notamment.  Il a par ailleurs tenu à saluer la décision du G-8 d’alléger la dette de 16 pays africains, et a souhaité que l’on se penche également sur le cas des pays qui n’ont pas bénéficié du même intérêt.

Le représentant du Yémen a également estimé qu’il fallait revoir le cadre des relations internationales de manière à ce qu’elles soient fondées sur la confiance.  Il a néanmoins remarqué que si le processus de réforme de l’Organisation des Nations Unies visait à élargir certains organes ou à en créer d’autres, cela devait se faire dans le but de lui conférer plus de crédibilité et d’efficacité.  Présentant ses condoléances et son sentiment de sympathie aux proches des victimes de l’ouragan Katrina, il a enfin jugé indispensable de créer un mécanisme international visant à venir en aide aux populations des conséquences des catastrophes naturelles.

Présentation des conclusions des tables rondes

Prenant la parole au nom de M. JOHN HOWARD, Premier Ministre de l’Australie, Mme FRANCES LISSON a exprimé le sentiment d’optimisme qui avait prévalu au sein de la table ronde quant à l’avenir de l’Organisation, en dépit de commentaires ambivalents portant sur le projet de document final que l’Assemblée va adopter.  Nombre de participants estimaient en effet que ce document excluait des éléments qui auraient dû en être le centre.  Les espoirs étaient bien plus élevés que ce que contient le document, a-t-elle expliqué, faisant référence à l’absence de notions telles que le désarmement ou la nécessité de lutter contre la prolifération.  Cependant, a-t-elle souligné, le document contient des éléments importants comme la Commission de consolidation de la paix, l’interdépendance des mondes développés et en développement, ou encore l’élimination de la pauvreté.  Elle a relaté que le sentiment général était donc que le projet de document final du Sommet mondial représentait un équilibre parmi les questions et qu’il contenait des avantages réalisables, grâce à des notions telles que la responsabilité de protéger ou les résultats du développement.

M. ALEKSANDER KWASNIEWSKI, Président de la Pologne, a résumé les délibérations qui se sont tenues à l’occasion de la table ronde 2.  Il a indiqué que les participants avaient souligné que les défis d’un monde interdépendant ne pouvaient être confrontés avec succès que par le multilatéralisme.  Pour eux, ce Sommet devait être celui de la solidarité.  À leurs yeux, les réformes de l’Organisation devaient, à tous les niveaux, être poursuivies dans un esprit de justice et dans le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales.  Les efforts de développement ont reçu l’assentiment de tous en vue notamment de parvenir à faire des Objectifs de développement une réalité dans les délais prévus.  La solidarité internationale est une nécessité car la mise en commun des efforts nationaux doit être complétée par ceux de la communauté internationale dans son ensemble, a-t-il dit.  Dan une autre observation, M. Kwasniewski a salué les bonnes volontés qui se sont exprimées au cours des échanges portant sur le renforcement des initiatives visant la promotion des droits de l’homme et de la démocratie.  À cet égard, la création future du Conseil des droits de l’homme a été accueillie favorablement.  M. Kwasniewski s’est par ailleurs fait l’écho de l’ensemble des intervenants en notant que les objectifs de développement ne pourraient être atteints qu’en mobilisant davantage de ressources, en particulier pour éliminer la pauvreté et la faim.  Une coordination plus efficace de la part des donateurs et une coopération améliorée avec les pays en développement sont indispensables à cette fin, de même qu’il apparaît vital de réduire ou supprimer la dette, accorder crédits et bourses et trouver de nouvelles sources de développement.  La société civile et le secteur privé devaient être davantage associés aux initiatives de développement économique.  L’autonomie des personnes et leur participation accrue dans ce domaine doivent être encouragées dans les différentes politiques commerciales.  L’éducation a en outre fait l’objet de nombreux commentaires, les participants ayant reconnu, notamment, que l’investissement dans les domaines de la promotion de la science et de la technologie pouvait être porté au crédit du développement, de la réduction de la pauvreté et des maladies mortelles. 

Les participants, a noté M. Kwasniewski, ont réitéré leur condamnation du terrorisme et prôné une approche préventive et proactive impliquant l’action vitale des Nations Unies et des organisations régionales.  C’est pourquoi, les conventions et protocoles des Nations Unies pertinents doivent être ratifiés par tous les États Membres et tous les efforts doivent être engagés en vue De l’adoption d’une convention générale contre le terrorisme international.  Le développement, la démocratie, les droits de l’homme et la sécurité se complètent entre eux, a-t-il également été dit.  C’est en ce sens que la réforme de l’Organisation, et notamment du Conseil de sécurité, devra donner aux Nations Unies les moyens de répondre aux défis multidimensionnels auxquels la communauté internationale va faire face au cours du XXIe siècle.

Présentant les conclusions de la troisième table ronde, M. WINSTON BALDWIN SPENCER, Premier Ministre d’Antigua-et-Barbuda, a expliqué que les chefs d’État et de gouvernement avaient exprimé aussi bien enthousiasme que frustration, en raison, d’une part, des progrès accomplis, et d’autre part, de l’absence de progrès dans d’autres domaines.  Beaucoup reste à faire pour que le monde ne vive plus dans la crainte, a-t-il affirmé, mais le projet de document final du Sommet mondial fait beaucoup pour aider à répondre aux aspirations des peuples et le Sommet n’est que le début du processus.  Les participants ont souligné l’importance des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui sont systématiquement utilisés par des institutions nationales pour évaluer et guider les politiques publiques.  Certains dirigeants ont même suggéré l’adoption de nouveaux objectifs, tels que la cessation des violences domestiques.  Ils ont souligné le besoin d’une politique cohérente ayant trait au commerce, ainsi que la nécessité d’évaluer les aides.  Certains déficits sapent pourtant la réalisation des OMD, comme le manque de ressources ou leur mise en œuvre limitée.  Les défis propres aux pays insulaires en développement et enclavés ont également été soulignés, tout comme l’importance des technologies de l’information et de la communication et la nécessité de renforcer l’accès des pays en développement à ces technologies.  Les petits États insulaires en développement ont souligné le besoin de traiter les problèmes dans un esprit de solidarité.  Il faut prendre en charge des mesures liées au climat ou à la désertification, qui constituent des défis mondiaux essentiels.  La décision du G-8 d’annuler la dette de certains pays a été saluée, mais certains participants ont noté que la qualité de l’aide était tout aussi importante et que l’aide publique au développement (APD) devait être versée à tous les pays qui en ont besoin.  La question des pays à revenu moyen a été évoquée, tout comme la nécessité d’une cohérence des politiques et de l’aide, afin de garantir que l’APD, la réduction de la dette et les mesures liées au commerce conduisent à un résultat positif pour le développement.  Les participants ont également pris bonne note de la décision du G-8 de doubler son aide à l’Afrique d’ici à 2008, et ils ont reconnu que le NEPAD constituait une bonne initiative émanant de l’Afrique, et qui mérite un soutien vigoureux de l’extérieur.

Les participants ont également souligné que le commerce international doit devenir un moteur du développement, et que l’achèvement des négociations de Doha est donc essentiel.  Les participants ont soutenu l’importance de la réforme de l’Organisation, soulignant qu’il ne faut pas laisser passer cette occasion historique pour la renforcer.  Le processus de réformes doit être guidé par des consultations ouvertes et approfondies, en sauvegardant les intérêts des pays en développement, qui représentent deux tiers des membres de l’Organisation.  La table ronde a souhaité un Conseil de sécurité plus représentatif, y compris grâce à une présence et un poids accrus des pays africains.  Des Nations Unies réformées donneraient aux pays en développement un sentiment d’appropriation de l’Organisation, et l’application des décisions en deviendrait plus aisée.  M. Baldwin Spencer a jugé encourageant d’entendre la confiance que les participants ont manifestée au multilatéralisme à travers les Nations Unies.  L’Assemblée générale doit travailler sans relâche pour garantir que les idées soient concrétisées avant que l’élan ne soit perdu, a-t-il conclu.

M. OLUSEGUN OBASANJO, Président du Nigéria et Président de la quatrième table ronde, a estimé que ce Sommet Mondial était un succès.  Il ne s’agit évidemment pas d’un succès complet, a-t-il remarqué, signalant que les représentants des 191 États Membres ne rentreront probablement pas dans leur pays en prétendant qu’ils ont obtenu tous ce qu’ils revendiquaient.  M. Obasanjo a indiqué que le document final contenait de nombreuses notions importantes comme l’interconnexion entre sécurité et développement et le besoin de protéger les populations, et offrait des pistes pour créer le Conseil des droits de l’homme.  Il a par la suite évoqué les lacunes du document, citant entre autres l’absence de réforme d’un Conseil de sécurité qui ne représente plus le monde tel qu’il est au XXIe siècle, la non-mention des aspects du désarmement, de l’impunité et du rôle de la Cour pénale internationale (CPI).

Par son affirmation du besoin de protéger les populations, le document final cristallise l’un des engagements de l’Organisation visant à éviter un autre Rwanda, a également souligné M. Obasanjo.  Ce texte considère aussi le terrorisme comme l’une des plus grandes menaces à la paix et à la sécurité internationales, a-t-il ajouté, remarquant que le besoin d’arriver à une Convention globale sur le terrorisme et la nécessité d’aider les pays en développement à lutter contre lui étaient également mentionnés dans le document final.

M. Obasanjo a enfin plaidé pour une mondialisation plus inclusive et plus équitable.  Les pays en développement doivent bénéficier d’une plus grande ouverture aux marchés des pays développés et d’un plus grand accès à l’aide des institutions financières internationales, a-t-il affirmé, estimant par ailleurs que ces institutions devaient être réformées pour que l’on puisse arriver à un développement équitable.

Le document évoque également la nécessité de réformer l’Organisation des Nations Unies, a-t-il souligné, indiquant que l’accent avait été mis sur la nécessité de démocratiser la prise de décision et avait débouché sur le renforcement proposé des pouvoirs du Conseil économique et social.

Enfin, M. Obasanjo a déclaré que les engagements nationaux devaient être suivis de faits, ce qu’il a considéré comme le plus grand de tous les défis.  Le fossé existant entre actes et promesses doit être comblé, a-t-il indiqué, soulignant l’importance du rôle des parlements nationaux dans cet effort et suggérant le développement d’un partenariat stratégique entre l’Union interparlementaire et l’ONU à cet effet.

Explications de position

Le représentant du Venezuela a estimé que le document final ne peut être qu’un acte obscur comme en atteste d’ailleurs son adoption dans l’ombre, et ce, en contradiction avec tous les principes démocratiques.  Le débat avait suscité des espoirs, a-t-il dit, mais malheureusement la finalisation des dispositions a été confiée d’abord à un petit groupe de 32 personnes, puis de 15 personnes.  De nombreuses observations ont été rejetées par un groupe encore plus restreint, a-t-il ajouté avant d’exprimer ses réserves.  Le représentant a estimé que le processus de négociation était tellement grotesque que cela ne permettait pas à son pays d’approuver certains aspects louables du document.  Ce document aurait pu être amélioré mais au lieu de cela, le débat a été étouffé et, aujourd’hui, le document est imposé aux délégations malgré ses conséquences graves pour la majorité des nations.  La partie relative au terrorisme, s’est-il aussi plaint, passe sous silence le terrorisme d’État qui affecte surtout les pays faibles.  Un vide savant, laissant prévoir un monopole et un contrôle dictatorial, a été laissé sur la composition de la future commission de consolidation.  De même, le concept de responsabilité de protéger, qui se voit opportunément associé au conseil des droits de l’homme, appelle des questions sur l’identité du futur protecteur.  Le représentant s’est aussi interrogé sur l’importance, la gestion et l’objectif du Fonds pour la démocratie.  Enfin, il s’est aussi étonné que le document ne mentionne aucunement le désarmement.  Qui peut s’en étonner lorsque l’on connaît l’identité des détenteurs des armes de destruction massive?

Le représentant des États-Unis a expliqué que sa délégation avait voté en faveur de l’adoption du Document final.  Il s’est félicité que les États Membres aient accepté de dénoncer le terrorisme dans toutes ses formes, de faire avancer la cause du développement, de réformer l’administration des Nations Unies, d’instituer une Commission de consolidation de la paix et de créer un Conseil des droits de l’homme.  Cependant, il a tenu à préciser que les États-Unis considéraient que la référence à la Conférence internationale sur la population et le développement et à la Plate-forme d’action de Beijing, ainsi que l’emploi du terme « santé reproductive » contenue dans les paragraphes 57 g) et 58 c), d) et e) ne créaient aucun droit et ne pouvaient être interprétés comme constituant un soutien, une approbation ou une promotion de l’avortement.  Il a ensuite souligné que le Document final représentait une avancée importante dans le long processus de réforme des Nations Unies.  Nous ne pouvons pas permettre que l’effort de réforme déraille, ni qu’il s’épuise.  Les États-Unis, à travers leurs représentants aux Nations Unies, travailleront sans relâche durant la 60e session et au-delà, afin d’assurer que la réforme aboutisse.  Nous vous assurons que le peuple américain et tous les peuples du monde nous observerons pendant l’accomplissement de cette tâche.

Le représentant de Cuba a signalé que son pays avait émis des réserves à l’égard du Document final et a souhaité les réitérer.  Aux irrégularités grossières du processus de négociation s’ajoutent de graves omissions dans le Document, a-t-il estimé, qu’il s’agisse du désarmement nucléaire ou bien du désarmement dans son ensemble.  Il a également déploré l’absence de mesures concrètes concernant la poursuite des Objectifs du Millénaire pour le développement, qui sont encore loin d’être réalisés cinq ans après le Sommet du Millénaire.  L’inclusion des références au commerce et à l’environnement a quant à elle subi un retard impardonnable, a-t-il affirmé.  Il a par ailleurs affirmé que « la délégation des États-Unis et ses alliés » avaient insisté pour que soient créées certaines entités, fonds et commission qui, au lieu de renforcer le rôle de l’Organisation, ne font que la dénaturer, a-t-il indiqué.  Le représentant de Cuba a enfin estimé que l’insertion de la responsabilité de protéger les peuples dans le document final pourrait éventuellement être utilisée pour justifier des agressions.  Cela a été le « sommet de l’égoïsme », a-t-il conclu, affirmant qu’il ne fallait certainement pas exprimer une autosatisfaction face aux résultats obtenus.

Le représentant du Bélarus a dit comprendre les sentiments exprimés par le Venezuela et Cuba.  Le document adopté aujourd’hui unit-il les États? s’est-il interrogé, répondant non.  Le document renforce-t-il la liberté des États à choisir leur voie de développement? non, a encore répondu le représentant.  Il a lancé un appel aux États pour qu’ils fassent tout leur possible pour unir véritablement leurs efforts afin de parvenir aux objectifs définis dans la Charte des Nations Unies et dans la Déclaration du Millénaire. 

Déclarations de clôture

M. OMAR BONGO, Président du Gabon et Coprésident du Sommet mondial, s’est félicité de la réponse collective aux défis du moment que constitue le Document final.  Il faut poursuivre la réforme de l’ONU pour donner à l’Organisation les moyens d’une gestion plus moderne et mieux adaptée à ses multiples missions.  Il faut aussi poursuivre les efforts aux fins de la revitalisation de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité.  Des milliers de personnes, a fait observer le Président, ont les yeux rivés sur l’ONU.  La solidarité multilatérale, incarnée par les Nations Unie, est leur seul et unique espoir.  Il faut faire de l’ONU un instrument de paix, de prospérité et de justice pour tous les peuples de la Terre, a-t-il conclu.

M. GÖRAN PERSSON, Premier ministre de la Suède et Coprésident du Sommet mondial, a déclaré que les dirigeants du monde avaient réaffirmé le rôle de la coopération internationale afin de pouvoir surmonter les défis.  L’attachement à la Charte des Nations Unies a été démontré par la réunion d’un si grand nombre de dirigeants.  Le Document final renforce les Nations Unies ainsi que le système de sécurité collective et réaffirme notre volonté de parvenir aux Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015.  Cependant, nous devons redoubler d’efforts et des ressources additionnelles doivent être mobilisées.  Nous le devons aux millions d’être humains qui souffrent de maladies qui pourraient être soignées, de conflits qui pourraient être évités et de famines qui pourraient être stoppées.  Nous devons également réagir face au changement climatique mondial.  M. Persson a ensuite prié les dirigeants de conclure une convention et de s’entendre sur une stratégie de lutte contre le terrorisme, qui constitue l’une des menaces les plus graves de notre temps.  Nous allons mettre en place une commission de consolidation de la paix afin d’aider les pays qui sortent de conflits et nous allons créer un conseil des droits de l’homme pour favoriser leur respect au bénéfice de tous les êtres humains.  Les ressources seront augmentées afin de renforcer le Commissariat des droits de l’homme et la place de cette question dans le système des Nations Unies, a-t-il souligné.

Le Premier ministre suédois a cependant reconnu que les dirigeants avaient échoué à traiter de la menace émanant des armes, ce qui laisse une tâche importante à traiter pour l’avenir.  Les États doivent respecter leurs engagements en matière de désarmement comme de non-prolifération.  Nous devons insuffler un nouvel élan au multilatéralisme pour gérer ce problème des armes.  Par ailleurs, de nombreuses voix se sont élevées pour réclamer un Secrétariat qui soit à la hauteur des défis du XXIe siècle.  Nous suivrons avec intérêt la mise en œuvre des mesures stipulées dans le Document final du Sommet mondial, a-t-il prévenu.

M. Persson a ensuite déclaré que la véritable direction politique relevait à la fois de paroles et d’actes.  Nous avons entendu les paroles au cours de ces dernières journées et je l’apprécie, a-t-il expliqué.  Les vues ont parfois été divergentes sur certaines questions mais cela ne constitue pas un problème, car cela démontre au contraire que les Nations Unies sont une instance de débat vivante sur les questions qui nous concernent tous, ce qui correspond parfaitement à leur mission.  Cette réunion plénière va se terminer mais en réalité, nos travaux ne font que commencer.  Nous avons prononcé nos paroles, nous devons maintenant passer à l’action et maintenir l’élan initié ici.  Je demande aux dirigeants politiques de rester personnellement attachés à ces questions pour que les paroles se concrétisent.  Nous devons unir nos forces pour que le 60e anniversaire de l’Organisation soit une année de changement.  Nous le devons aux citoyens, aux générations à venir et à nous-mêmes.

Déclarations des Observateurs et des représentants de la société civile

M. AMRE MOUSSA, Secrétaire général de la Ligue des États arabes, a salué les 60 ans de cohérence, de coopération et d’interaction créative entre l’ONU et la Ligue des États arabes.  Il a aussi salué le document final comme un engagement pour tous, les États et les organisations régionales internationales.  L’engagement de la Ligue est un engagement juridique et moral qu’elle tient à réitérer, a-t-il dit, en ajoutant que le contenu du document final concernant le rôle des organisations régionales ouvrait de nouvelles perspectives pour le travail collectif.  Dans ce cadre, il a souligné que la réforme doit être un processus global ayant pour objectif de réguler les relations entre les nations.  Il a mis l’accent sur le rôle de législateur de l’Assemblée générale qui, selon lui, doit devenir l’organe directeur des Nations Unies et préconisé le consensus pour toutes les décisions importantes.

Mme BENITA FERRERO-WALDNER, Membre de la Commission européenne, a indiqué que l’Union européenne fournissait 55% de la totalité de l’aide au développement aux pays pauvres de la planète.  Aujourd’hui, nous versons 43 milliards d’euros par an à l’Aide publique au développement (APD), et ce montant sera augmenté au cours des cinq prochaines années de 20 milliards supplémentaires, a-t-il précisé.  Par ailleurs, 50% du cette somme ira à l’Afrique.  Le commerce est une autre clé pour le développement, a-t-elle dit.  C’est pourquoi l’UE reste fermement engagée à faire un succès du cycle des négociations de Doha, ce qui suppose notamment la suppression des taxes à l’exportation.  S’agissant de la paix et de la sécurité internationales, elle a appuyé l’accord sur la création de la Commission du maintien de la paix.  Mme Ferrero-Waldner a, par ailleurs, émis le souhait que soit finalisée, à l’occasion de la 60ème Session de l’Assemblée générale, une convention la plus complète possible sur la lutte contre le terrorisme.  Par ailleurs, a-t-elle fait valoir, la Commission des droits de l’homme a perdu sa capacité d’agir efficacement au profit des victimes.  La mise en place d’un nouveau conseil, restreint et plus fonctionnel, devrait  aider les Nations Unies à devenir une véritable force dans le domaine de la protection des droits humains.

M. EKMELEDDIN IHSANOGLU, Secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), a affirmé que cinq ans après la Déclaration du Millénaire, « de nombreux pays en développement se sont rendus compte que la volonté politique d’appliquer les décisions prises n’est pas vigoureuse ».  Le monde musulman est toujours victime de nombreuses injustices et de campagnes de diffamation, a-t-il dit en évoquant la situation en Palestine et au Cachemire. Il a dénoncé « la progression de l’islamophobie », notamment dans « les régimes démocratiques établis de longue date » et a espéré que la création d’un Conseil des droits de l’homme permettrait d’atténuer ce problème.  Le Secrétaire général de l’OCI a affirmé que, de son côté, « l’Organisation de la Conférence Islamique fait des efforts importants pour gérer cette situation », dans un esprit d’harmonie et de paix.  Il a rappelé son rejet de la violence et du terrorisme, estimant que « la guerre contre le terrorisme n’a pas donné de résultats convaincants parce qu’elle s’appuyait principalement sur la force militaire ».  Il a également demandé d’inclure la notion de terrorisme d’État dans la définition du terrorisme, « dans un souci d’équité », et s’est prononcé pour une réforme des Nations Unies qui « prenne en considération la représentation du monde musulman et les réalités du monde actuel ».

M. ANDERS JOHNSSON, Secrétaire général de l’Union interparlementaire, a rappelé que la semaine dernière se sont réunis 150 présidents de parlement dans la salle de l’Assemblée générale de l’ONU, afin de discuter du rôle croissant des parlements dans les travaux des Nations Unies.  La Déclaration adoptée à l’issue de cette réunion lance le message selon lequel les Parlements ont un rôle essentiel à jouer pour combler le fossé démocratique dans les relations internationales.  Les parlementaires veulent que les gouvernements agissent maintenant, et pas dans cinq ou dix ans, afin de réaliser une réforme complète de l’ONU.  Le Secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP) a mis l’accent sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, la conclusion d’une convention générale sur le terrorisme, une avancée significative en matière de désarmement nucléaire, de non-prolifération et de contrôle des armes.  Le texte adopté réaffirme aussi l’importance cruciale de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans le développement, la paix et la sécurité.  Il ajoute que les parlements devraient travailler davantage en partenariat avec l’UIP, en tant qu’entité parlementaire unique, face aux Nations Unies.  L’UIP devrait aussi faciliter la diffusion d’informations aux parlements nationaux sur les activités de l’ONU.

M. ZHANG DEGUANG, Secrétaire général de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui réunit le Kazakhstan, la Chine, le Kirghizistan, la Fédération de Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, a indiqué que son organisation avait récemment admis le Pakistan, l’Iran et l’Inde comme membres observateurs.  Il a précisé que des liens avaient été établis avec de nombreuses organisations régionales (l’ANASE, la CEI) et des institutions de l’ONU (PNUD, CESAP) et qu’il espérait renforcer ses relations avec d’autres organisations internationales, soulignant que l’OCS représentait près de 1,5 milliard de personnes.

M. ACHIM STEINER, Directeur général de l’Union mondiale pour la conservation de la nature et de ses ressources (IUCN) - Union mondiale pour la nature, a rappelé que le Projet du Millénaire stipulait que l’une des clés de la réussite des politiques de lutte contre la pauvreté reposait sur la prise en compte des principes du développement durable.  Il a regretté que le projet de Document final ne mette pas suffisamment l’accent sur le lien entre les Objectifs du Millénaire pour le développement et la préservation des ressources naturelles et de l’environnement.  Il a par ailleurs annoncé que le Partenariat pauvreté-environnement allait prochainement lancer un plan d’action de 300 millions de dollars, auquel participeraient près de 100 organisations partenaires.  L’objectif de cette initiative sera d’améliorer les moyens de subsistance de près de 50 millions de personnes dans vingt pays.

M. TERRIS DAVIS, Secrétaire général du Conseil de l’Europe, a souligné que, dans notre monde interdépendant, les grands défis mondiaux peuvent être relevés par la coopération internationale, le multilatéralisme et le rejet des intérêts nationaux et régionaux.  Le Conseil de l’Europe, rassemblant plus de 800 millions de personnes, partage les mêmes idéaux et les mêmes valeurs que les Nations Unies.  Les deux organisations travaillent de concert depuis plus de cinquante ans pour promouvoir la paix, la justice et les droits de l’homme.  Les 46 États membres du Conseil l’ont d’ailleurs encouragé, en mai dernier, à coopérer davantage avec les Nations Unies et les organisations de son système.  Le Conseil de l’Europe partage les objectifs de droits de l’homme, de démocratie et d’état de droit qui sont au centre du projet de déclaration finale. 

M. Davis a ensuite insisté sur la nécessité de se battre contre la torture, le terrorisme, le racisme et la liberté d’expression.  La lutte contre le terrorisme ne doit néanmoins pas justifier les atteintes aux libertés civiles et aux droits de l’homme.  Il a accueilli avec satisfaction les efforts du Comité contre le terrorisme du Conseil de sécurité et a présenté l’approche anti-terroriste du Conseil de l’Europe.  Il a rappelé que le Conseil de l’Europe a adopté des directives spéciales sur les droits de l’homme et la lutte contre le terrorisme pour définir les limites à apporter aux actions de l’État dans sa lutte contre le terrorisme.  Le Conseil a également adopté deux nouveaux accords sur la prévention et le financement du terrorisme.  Néanmoins, les barrières religieuses et culturelles qui sont à la base du terrorisme doivent être brisées.  Le Secrétaire général a souligné trois autres points.  Tout d’abord, il a réaffirmé l’importance d’une ratification large de la Cour pénale internationale.  Il a rappelé l’attachement du Conseil à l’abolition de la peine de mort et a accueilli favorablement l’établissement d’un Conseil des droits de l’homme.  S’agissant de la réforme des Nations Unies, il s’est prononcé en faveur d’une composition plus représentative du Conseil de sécurité afin d’accroître sa légitimité, d’un processus décisionnel plus efficace au sein du Conseil et d’une mise en oeuvre plus effective de ses décisions.  M. Davis a appelé de ses voeux une coopération renforcée entre les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales, ainsi qu’il est prévu dans le projet de document final.

M. DON MCKINNON, Secrétaire général du Commonwealth, a rappelé qu’un tiers des populations des 53 pays du Commonwealth vit avec moins d’un dollar par jour et que deux tiers des cas de VIH/sida et de mortalité maternelle dans le monde se produisent dans ces pays.  Nos succès limités dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement doivent servir à envoyer une onde de choc à ceux qui peuvent faire plus.  Cette année, les pays du G-8 ont promis d’augmenter leurs dons et d’annuler la dette des pays à faible revenu, a-t-il relevé.  C’est de ce genre d’initiative dont nous avons besoin jusqu’à ce que les OMD soient atteints.  La communauté internationale doit totalement éliminer la pauvreté et la faim et non pas seulement l’éliminer de moitié d’ici 2015, a-t-il déclaré.

Le Secrétaire général a indiqué que sur les 53 États du Commonwealth, 11 ont réalisés des progrès significatifs dans la réalisation des OMD, tandis 31 avancent lentement et que certains régressent, a noté M. Mckinnon.  Le Commonwealth devra redoubler d’efforts pour atteindre les OMD.  Nous aiderons à bâtir ou à rebâtir des institutions démocratiques car nous savons qu’elles vont main dans la main avec des sociétés stables et prospères, et nous continuerons à souligner l’importance des questions de l’égalité entre les hommes et les femmes dans l’élaboration des politiques, a-t-il ajouté.  Le Commonwealth continuera à faire appel à son réseau de partenaires de la société civile.  Nous continuerons à travailler avec les petits États pour qu’ils bénéficient du commerce mondial.  « Après avoir entendu le discours du Président Bush, je m’attends à des résultats positifs à la Réunion ministérielle de l’Organisation du commerce qui aura lieu à Hong Kong en décembre », a conclu M. Mckinnon. 

M. HARUHIKO KURODA, Président de la Banque asiatique de développement, a affirmé qu’aucune région en développement n’a connu plus de succès en matière de croissance économique et d’allégement de la pauvreté absolue que celle de l’Asie/Pacifique.  M. Kuroda a par ailleurs indiqué que, en vue de parvenir aux Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015, des investissements massifs dans les secteurs des services et des infrastructures étaient nécessaires.  Dans ce contexte, la Banque asiatique de développement s’engage pleinement.  Pour autant, il sera indispensable que nos partenaires appuient plus avant nos efforts afin, notamment, d’associer en amont les plus démunis au processus de développement.  La croissance économique et sociale ne durera pas sans une participation accrue du secteur privé, a encore prévenu M. Kuroda, qui a insisté sur l’ampleur de la tâche.  Selon lui, la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide au développement établit un excellent cadre de partenariat, et, a rappelé l’intervenant, souligne l’importance de corriger les défaillances des institutions, de consolider les capacités de gestion financière et de débloquer des ressources suffisantes pour réaliser les OMD.

M. DONALD KABERUKA, Président de la Banque africaine de développement, a rappelé que si de nombreux pays en développement progressaient de façon satisfaisante vers l’élimination de la pauvreté et la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), tel n’était pas le cas de l’Afrique.  Nous savons tous que le plus grand défi consiste aujourd’hui à aider ce continent à accélérer sa progression vers les OMD, a-t-il affirmé.  Il a cependant souligné que les perspectives s’y étaient considérablement améliorées au cours des dernières années.  De nombreux pays africains développent la seconde génération de leurs stratégies de réduction de la pauvreté, a-t-il indiqué, avant de mentionner les effets positifs de l’initiative du NEPAD.  Une opportunité sans précédent existe aujourd’hui et nous sommes encouragés par la détermination de la communauté internationale à soutenir l’Afrique, a-t-il expliqué, évoquant l’initiative du G-8.  Il a cependant rappelé que trop souvent, les promesses n’avaient pas été tenues, et a émis l’espoir que les barrières douanières et les subventions à l’agriculture des pays développés soient supprimées au terme des prochaines négociations de l’OMC à Doha. 

La Banque africaine de développement, a rappelé son Directeur, est le partenaire privilégié des nouvelles initiatives destinées à soutenir le développement africain.  Elle se repositionne pour devenir la première institution de financement du développement africain, pour bâtir une culture de résultat et être une source de savoir.  Il a souligné que le document final du Sommet appelait à soutenir davantage la Banque dans ses efforts en vue de remédier au manque d’infrastructures.  Souhaitant que l’initiative de suppression de la dette soit étendue aux pays à revenu moyen, il a affirmé que la dépendance de l’Afrique à l’aide publique au développement décroîtrait au fur et à mesure que le régime du commerce international s’améliorerait.  Il a enfin prévenu que l’augmentation spectaculaire des prix du pétrole menaçait la croissance des pays africains.

M. GUY RIDER, Confédération internationale des syndicats libres (CISL), s’est dit heureux de prendre la parole au nom de 145 millions de travailleurs, femmes et d’hommes, rassemblés au sein de la CISL, mais aussi au nom de la Confédération mondiale du travail ainsi que du Global Call to Action against Poverty (GCAP).  Il a noté que la pauvreté et la faim restaient un fléau pour des milliards de personnes à travers le monde. C’est désormais le moment de faire preuve d’une vision et d’une direction et de la capacité de travailler ensemble pour mettre en oeuvre les engagements pris lors des sommets mondiaux de ces dernières années, a-t-il dit.  Il faut avant tout mettre en place un partenariat mondial propice au développement tel que le demande l’OMD numéro 8, qui inclut la mise en place d'un système commercial et financier multilatéral ouvert et équitable, et une aide plus importante et plus efficace.  L’obtention d’un travail décent est le meilleur moyen de sortir de la pauvreté comme l’a souligné la Commission mondiale sur la dimension sociale de la mondialisation de l’Organisation internationale du Travail (OIT).  Dans cette perspective, il a affirmé que les Nations Unies devaient être renforcées et non affaiblies.  Les éléments de la réforme non abordés à l’issue de ce Sommet doivent être réexaminés lors de la 60e session de l'Assemblée générale afin d’obtenir des solutions qui conviendront à tous. En ces temps de grande insécurité et de conflits mondiaux, a-t-il conclu, nous devons nous rappeler que la justice sociale demeure la meilleure garantie d’une paix universelle et durable. 

Intervenant au nom de la société civile et plus particulièrement des organisations Centro de la Mujer Peruana Flora Tristan; Articulación Feminista Marcosur; International Council of the World Social Forum; Feminist Task Force of the Global Call to Action against poverty, Mme VIRGINIA VARGAS s’est faite l’écho de la déception des mouvements de la société civile mondiale face aux conclusions de ce Sommet en disant aux Chefs d’État et de gouvernement qui y ont participé que la situation du monde était éthiquement inacceptable, politiquement dévastatrice et économiquement et écologiquement non durable.  Elle a estimé qu’un monde sans besoin serait possible le jour où nous défierons les paradigmes du développement qui privilégient la croissance économique au détriment des droits de l’homme. Elle a déclaré qu’un monde sans craintes était impossible tant que le pouvoir politique nourrirait  une alliance avec le pouvoir économique du commerce des armes.  Quel type de liberté pouvons-nous construire, a-t-elle demandé, quand la faim prive les nouvelles générations des forces vitales et de quelle liberté pouvons-nous jouir sans la reconnaissance de droits sexuels et reproductifs.  Au nom du Forum social mondial, elle a estimé que d’autres mondes étaient possibles.  Mais pour faire face aux défis du nouveau millénaire, a-t-elle ajouté, les Nations Unies ne peuvent se résumer à un forum de gouvernements, comme ce fut le cas lors de ce Sommet mondial.  Elle a souhaité que la reconstruction démocratique soit ouverte aux multiples contributions des mouvements sociaux et des forces démocratiques afin de parvenir à un monde meilleur sans pauvreté ni exclusion.   Les Nations Unies, a-t-elle demandé, doivent reprendre leur mission en étant représentatif de « Nous les peuples ».   

M. BAMANGA TUKUR, Président exécutif de l’African Business Roundtable (ABR), Président du Groupe d’affaires du NEPAD et de la BHI Holdings Limited, a déclaré que la conduite des affaires par le secteur privé et la mise en oeuvre des politiques de développement par les États se renforcent mutuellement.  Les dirigeants du monde des affaires sont sensibles à ce lien, a dit M. Tukur en indiquant que les membres de l’ABR avaient adopté de bonnes pratiques d’affaires comme celle de la transparence, de l’investissement dans les infrastructures locales et du soutien à la mise en œuvre des politiques de lutte contre le VIH/sida et les autres maladies qui affectent les populations des pays africains.  Ces différentes mesures s’intègrent dans le soutien à la réalisation des OMD, a dit M. Tukur. Le Contrat mondial de l’ONU (Global Compact)  a créé le cadre de transparence dans lequel le secteur privé peut efficacement apporter sa contribution à la réalisation des OMD.  C’est un cadre propice  à la promotion du respect des droits de l’homme, des normes de travail, de la protection de l’environnement et de la lutte contre la corruption.  L’ABR se félicite d’avoir été identifié comme un partenaire important de la promotion du développement  dans le Rapport du Projet du Millénaire, a dit M. Tukur.  Étant la seule association continentale des hommes d’affaires et des entreprises africains, elle est prête à assumer les responsabilités qu’on lui assigne et à relever les défis de la promotion du développement.

Remarques du Président de la soixantième session de l’Assemblée générale

M. JAN ELIASSON (Suède) a vivement regretté que le Document final du Sommet ait été adopté avant que tous les orateurs aient pu s’exprimer.  Notre réunion avait pris du retard car les orateurs ont dépassé le délai de cinq minutes imparti à chacun, et les dirigeants ont dû quitter New York un par un au moment même où un document important devait être adopté, a-t-il expliqué.  Je le regrette car vous méritez de vous faire entendre par tous et je remercie les quelques 80 délégations qui sont restées.  J’ai l’obligation de veiller à ce que votre message soit retransmis par les médias.  Vous nous avez exposé des idées cruciales car en tant que société civile, vous êtes des partenaires extrêmement importants et je ferai de mon mieux pour que vous soyez entendus.  Nous devons prendre conscience des grands problèmes de ce monde, dont vous êtes justement les porte-paroles.  Nous comptons sur votre appui, nous avons besoin les uns des autres et je vous remercie pour votre contribution.  Je pense que ce soir, nous avons un Document final dont nous pouvons nous féliciter, a-t-il conclu.

Liste des orateurs

Les chefs d’État du Paraguay, de la République kirghize, de l’Indonésie, de Moldova, de la Jordanie, du Panama, de Pologne, du Togo, de la Bolivie, de la Croatie, du Suriname, du Portugal, de la République dominicaine, de la Colombie, d’El Salvador, du Guyana, de Sierra Leone, de l’Ouganda, du Liberia, du Liban, des Maldives, du Malawi, du Gabon, les chefs de gouvernement de la République démocratique populaire lao, de la Grèce, de l’Australie, de la Norvège, de la Grenade, de la Thaïlande, du Liechtenstein, de Saint-Vincent-et-les Grenadines, du Canada, de l’Arménie, de Tuvalu, du Timor Leste, de la République de Guinée-Bissau, des États fédérés de Micronésie, de Kiribati, des îles Fidji, du Niger, du Costa Rica, de la Suède, le Président de l’Assemblée nationale de Cuba, les Vice-Présidents du Guatemala, du Guatemala, le Prince héritier de Bahreïn, le Secrétaire d’État du Saint-Siège, les Ministres de Vanuatu, de l’Ouzbékistan, des Bahamas, du Nicaragua, du Tchad, de l’Azerbaïdjan, du Népal, de Trinité-et-Tobago, du Turkménistan, de Singapour, de l’Égypte, du Myanmar, des Émirats arabes unis, d’Oman, de la Tunisie, de la République démocratique du Congo, des Tonga, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Soudan, de la Mauritanie, de la Jamahiriya arabe libyenne, de la Somalie, du Honduras, les chefs de délégation de la Nouvelle-Zélande, de la Palestine, de la Syrie, du Yémen, les responsables de la Ligue des États arabes, de la Communauté européenne, de l’Organisation de la Conférence islamique, de l’Union interparlementaire, l’Organisation de coopération de Shanghai, de l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources, du Conseil de l’Europe, du Secrétariat du Commonwealth, de la Banque asiatique de développement, de la Banque africaine de développement, de la Confédération internationale des syndicats libres, du Conseil d’administration du Centre pour les femmes péruviennes, du Groupe BHI Holdings Limited ont pris la parole.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel
À l’intention des organes d’information • Document non officiel.