L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, LA DETTE ET LE COMMERCE INTERNATIONAL PLACÉS AU CENTRE DU DIALOGUE DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT

27 juin 2005
AG/10364

L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, LA DETTE ET LE COMMERCE INTERNATIONAL PLACÉS AU CENTRE DU DIALOGUE DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT

27/06/2005
Communiqué de presse
AG/10364

Assemblée générale

106e & 107e séances plénières – matin & après-midi


L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT, LA DETTE ET LE COMMERCE INTERNATIONAL PLACÉS AU CENTRE DU DIALOGUE DE HAUT NIVEAU DE L’ASSEMBLÉE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


Au nom de l’Allemagne, du Brésil et du Chili, la France propose la mise

en place d’un projet pilote de contribution de solidarité sur les billets d’avion


L’augmentation de l’aide publique au développement (APD), l’allègement de la dette et l’accès aux marchés mondiaux ont occupé le devant de la scène de l’Assemblée générale qui tient aujourd’hui et demain un Dialogue de haut niveau sur le financement du développement.  « Nous vivons une période porteuse de promesses extraordinaires qui peuvent faire de la pauvreté une histoire ancienne.  Des années de travail acharné en faveur du développement nous amènent à deux pas d’une victoire décisive » a affirmé le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, devant les Ministres des affaires étrangères, des finances, de l’économie, du commerce ou de la coopération au développement qui ont répondu favorablement à l’invitation du Président de l’Assemblée générale, Jean Ping du Gabon. 


Trois ans après l’adoption du Consensus de Monterrey, qui a départagé les responsabilités entre pays riches et pauvres à l’issue de la Conférence internationale sur le financement du développement, l’Assemblée générale a convoqué les acteurs de ce Consensus à faire le bilan de sa mise en œuvre et à identifier les travaux à prévoir pour l’avenir.  Au titre des « promesses extraordinaires », les délégations ont reconnu que de nombreux pays en développement ont avancé résolument sur le chemin de la bonne gouvernance politique et économique.  Concernant l’autre partie au « contrat » de Monterrey, elles ont relevé la décision que la Commission européenne a adoptée, la semaine dernière, dans le domaine de l’APD. 


Expliquée aujourd’hui par le représentant du Luxembourg, au nom de l’Union européenne, la décision vise à ce que les pays européens parviennent d’ici à 2015 à consacrer 0,7% de leur Produit national brut (PNB) à l’APD, avec un objectif intermédiaire de porter l’APD à 0,56% du PNB d’ici à 2010.  Ce qui signifierait, a souligné le représentant, que l’aide de l’Union européenne serait doublée par rapport à 2004.  Les délégations se sont également félicitées de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide qui, adoptée en mars 2005 par le Comité d’aide au développement (CAD) de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), vise la mise en place d’ici à 2010 d’indicateurs pour mesurer les progrès en matière d’appropriation, d’alignement, d’harmonisation, de gestion axée sur les résultats et de responsabilité mutuelle. 


Outre l’APD, le Consensus de Monterrey porte sur la mobilisation des ressources internes, les investissements étrangers directs (IED) et autres sources privées, le commerce international, la dette, et les questions systémiques.  La réunion de suivi du Consensus n’est envisageable qu’en 2007 mais l’Assemblée générale a jugé bon de dresser cet état des lieux en tant que contribution à la Réunion plénière de haut niveau durant laquelle, du 14 au 16 septembre 2005, les chefs d’État et de gouvernement évalueront le degré de réalisation des neuf Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) fixés dans la Déclaration de 2000.  


« Malgré les engagements pris jusqu’ici, nous ne sommes pas au bout du chemin », a tempéré Kofi Annan, en soulignant, dans son rapport, qu’il manquerait toujours quelque 50 milliards de dollars pour réaliser les OMD.  Pour combler ce déficit, le Secrétaire d’État pour le développement international du Royaume-Uni a rappelé l’idée de son Gouvernement de créer une facilité de financement internationale avant que d’autres délégations n’annoncent la proposition du Qatar de mettre sur pied un Fonds pour le développement et l’assistance humanitaire.  Une autre idée est venue de la France.  Son Ministre des finances a, au nom de l’Allemagne, du Brésil et du Chili, proposé la mise en place d’un projet pilote de contribution de solidarité sur les billets d’avion.  Si tous les pays y participaient, une contribution de 5 euros pour chaque passager avec une majoration de 20 euros pour les vols en classe affaires permettrait de récolter environ 10 milliards d’euros par an, soit près d’un quart du déficit de financement estimé des OMD, a suggéré le Ministre.  Une grande partie des trois quarts restants pourraient provenir de décisions audacieuses en matière d’allègement de la dette, ont affirmé de nombreuses délégations en qualifiant de « pas important » la décision des Ministres des finances du G-8 d’annuler la totalité de la dette des pays bénéficiant de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) qui ont atteint le point de décision.  L’Initiative, prise le 11 juin dernier et qui concerne près de 40 milliards de dollars, doit être entérinée dans quelques jours par le Sommet du G-8.  D’autres délégations ont attiré l’attention sur la situation des pays à revenu intermédiaire menacés également par la non-viabilité de leur dette.  La Ministre de la coopération internationale de l’Égypte a proposé, en faveur de ces pays, un mécanisme d’échange de la dette –debt/swap- contre le développement. 


Décrit comme le moteur du développement, le commerce international et ses iniquités ont suscité de nombreux commentaires, alors que s’approche la sixième Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui doit se tenir à Hong Kong en décembre 2005.  Avant l’échéance de 2006, plusieurs délégations ont voulu que, conformément au Cycle de développement, lancé à Doha en 2001, la Conférence parachève les négociations sur les modalités de suppression des barrières commerciales qui continuent d’entraver l’accès des produits du Sud aux marchés du Nord.  Faisant fond de l’Initiative européenne « Tout sauf les armes » en faveur des pays les moins avancés (PMA), le représentant luxembourgeois a appelé les membres de l’OMC concernés à accorder à tous les produits originaires des PMA un accès en franchise et sans quotas à leur marché.  Nous devons mettre fin au régime « scandaleux » que constituent les subventions sur le coton, a, par exemple, renchéri la Ministre de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, avant que le Ministre des affaires étrangères du Bénin ne fixe l’échéance de 2010.  Cette date, a expliqué le Président du Bureau de coordination du Groupe des PMA, est choisie pour permettre à la communauté internationale de procéder après cinq ans, soit en 2015, à l’évaluation de l’impact que de telles mesures auront eu sur les progrès économiques et sociaux.  À la grande satisfaction du Ministre béninois et de ses pairs du Sud, la Ministre allemande a aussi demandé l’élimination des subventions agricoles à l’exportation octroyées dans les pays du Nord.  


Après avoir entendu une cinquante d’interventions, l’Assemblée générale poursuivra son dialogue de haut niveau demain, mardi 28 juin à 10 heures.  Elle organisera parallèlement des tables rondes sur des aspects spécifiques du financement du développement. 


MISE EN ŒUVRE ET SUIVI DES TEXTES ISSUS DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


Dialogue de haut niveau


M. JEAN PING, Président de l’Assemblée générale, a estimé que le Dialogue de haut niveau permet de poser un nouveau et important jalon dans la préparation de la Réunion plénière de haut niveau que l’Assemblée générale tiendra du 14 au 16 septembre sur la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  La Conférence de Monterrey, a-t-il rappelé, a été l’aboutissement d’une prise de conscience des problèmes complexes de développement et du manque de ressources financières dans les pays en développement.  Le processus lancé à Monterrey, a-t-il insisté, a eu pour objectif d’explorer les facteurs interdépendants affectant la capacité des États à générer des ressources financières au développement.  De façon inédite, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont été invités à rejoindre l’ONU dans un partenariat dynamique afin de mobiliser des ressources publiques et privées nouvelles.  En reconnaissant la responsabilité individuelle et partagée des États, a poursuivi le Président, l’Assemblée générale a décidé que l’approche intergouvernementale devrait être exhaustive et aboutir au partenariat holistique qui fonde le Consensus de Monterrey. 


Les OMD ont un lien crucial avec le Consensus de Monterrey, a-t-il souligné.  À la faveur de la Réunion de haut niveau, de nombreuses initiatives en faveur du développement ont déjà vu le jour.  Le Président a cité la décision du G-8 d’annuler 100% de la dette de 18 pays en développement, celle de la Commission européenne de réaliser l’objectif visant à consacrer 0,7% du PNB de leurs États membres à l’aide publique au développement (APD) selon un échéancier précis, de mettre en place des mesures commerciales plus équitables dans le cadre du Cycle des négociations de Doha ou encore de créer de nouvelles sources financières telles qu’une facilité de financement internationale.  Le Président a aussi salué la création, à l’initiative du Qatar, d’un fonds pour le développement conformément aux conclusions du deuxième Sommet du Sud.


Dans ce contexte, le Président a jugé essentiel de renforcer la cohérence des systèmes monétaires, financiers et commerciaux pour créer un environnement international favorable aux réformes nécessaires à la mobilisation des ressources aux fins du développement.  À la veille du Sommet de l’OMC, la communauté internationale doit travailler avec acharnement pour donner corps aux engagements pris à Doha.  Le Président a conclu en rappelant l’appel contenu dans le Consensus de Monterrey visant à la convocation en 2007 d’une Conférence internationale de suivi pour faire le point sur l’application des engagements pris dans la ville mexicaine.  Les dispositions, a-t-il insisté, doivent être prises en 2005 au plus tard.


Le Secrétaire général des Nations Unies, M. KOFI ANNAN, a déclaré que les décisions qui pourraient être prises à l’occasion de ce dialogue pourraient faire de la pauvreté une histoire ancienne.  Des années de travail acharné en faveur du développement et du respect de la dignité humaine nous ont amenés à deux pas d’une victoire décisive, a-t-il dit.  Poursuivant, il a indiqué qu’il existait aujourd’hui un espoir réel de vaincre la pauvreté car beaucoup de pays en développement ont réussi à tirer des millions de personnes du dénuement et du désespoir.


Le Secrétaire général a expliqué que les Objectifs du Millénaire étaient un point de ralliement sans précédent, une référence mondiale en fonction de laquelle les politiques doivent être façonnées et les progrès mesurés.  À ce titre, le Consensus de Monterrey a été le point de départ d’un partenariat entre les pays riches et les pays pauvres, a estimé M. Kofi Annan.  Et aujourd’hui, a-t-il continué, à quelques jours du Sommet du G-8, et à moins de 12 semaines du Sommet mondial qui se tiendra ici à l’ONU, la question est de savoir si nous mènerons les choses à leur terme.  Il s’est, dans ce contexte, félicité de la décision prise par les ministres des finances du G-8 d’annuler la dette de certains des pays les plus pauvres du monde.  Il a également trouvé encourageant de savoir que l’Union européenne avait adopté un calendrier précis pour la réalisation de l’objectif qui consiste à ce que les pays consacrent 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement d’ici à 2015.  Le déficit de ressources qui maintient des millions et des millions de personnes dans le dénuement le plus total devrait pouvoir être comblé, a-t-il prévu. 


Évoquant ensuite les responsabilités des « riches et des pauvres », M. Kofi Annan a dit que de nombreux pays en développement qui se sont engagés à faire respecter la légalité, à combattre la corruption, à développer leurs institutions et à investir dans leur capital humain, s’acquittaient de ces promesses.  Il a demandé que, de leur côté, les pays développés doublent le montant de leur aide à l’Afrique et qu’ils s’efforcent d’atténuer les effets pervers des transferts de capitaux privés volatiles.  Il a aussi exhorté les pays développés à ouvrir la voie à la création d’un régime de commerce par le biais duquel les pays en développement pourraient lutter à armes égales sans avoir à faire face à des subventions injustes ou a des tarifs douaniers prohibitifs. 


Le Secrétaire général a jugé que, malgré les engagements récemment pris en ce qui concerne la dette et l’aide publique au développement (APD), le chemin était encore long.  Les fonds promis n’ont pas encore été versés, a-t-il rappelé, et l’engagement n’est pas encore universel, ni parmi les donateurs, ni parmi les pays en développement, ni au sujet d’une question aussi essentielle que le commerce.  Les décisions que vous prendrez, et les mesures que vous adopterez en 2006 détermineront l’avenir du développement pour la décennie à venir, a ensuite lancé le Secrétaire général. 


Il a conclu son allocution en disant que l’idée de la responsabilité mutuelle devrait dissiper les doutes qui subsistent, et que le principe cardinal du Consensus de Monterrey était que les États sont responsables non seulement vis-à-vis du peuple qu’ils servent, mais aussi vis-à-vis les uns des autres.


Le Président du Conseil économique et social, M. MUNIR AKRAM (Pakistan), a déclaré que le Consensus de Monterrey souffrait d’un grave déficit de mise en œuvre.  À cet égard, il a rappelé que le Conseil économique et social, aux termes du document final du Consensus de Monterrey, avait pour tâche de favoriser la coopération entre les Nations Unies et les institutions financières et commerciales en vue d’appliquer les mesures prises à Monterrey.  Cette année, la réunion spéciale de haut niveau du Conseil avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement a justement eu pour but de remplir au mieux cette fonction, a précisé le Président.  Les participants ont estimé que l’accent devait être mis sur la création d’emplois qui est un élément important des stratégies nationales de développement, sur la croissance mue par le secteur privé et sur la bonne gouvernance. 


Le Président de l’ECOSOC a ajouté que des inquiétudes avaient été exprimées s’agissant de la stabilité des flux de capitaux privés internationaux.  À ce titre, il a été noté que, outre les politiques macroéconomiques nationales, d’autres initiatives devaient être trouvées pour limiter les effets néfastes des flux volatiles de capitaux.  Le Président a ainsi estimé qu’il serait utile d’établir de nouveaux instruments financiers.  Les discussions ont également admis qu’il était indispensable d’alléger le poids énorme de la dette des pays en développement.  Il a précisé que cette question portant sur la durabilité de la dette avait fait l’objet de points de vue divergeant quant aux solutions à mettre en place en fonction du niveau de pauvreté des pays concernés. 


M. DELANO FRANLYN, Ministre des affaires étrangères et du commerce extérieure de la Jamaïque, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a regretté que tous les rapports sur le développement conduisent à la conclusion que la communauté internationale est très loin d’avoir mobilisé le niveau nécessaire de fonds pour financer les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Un élan multidimensionnel, cohérent et ciblé est donc essentiel pour renforcer le niveau et la qualité des ressources.  La plupart des pays en développement et les pays à économie en transition ont accompli des progrès important pour mobiliser les ressources, a affirmé le Ministre avant de souhaiter que l’accent soit mis sur la possibilité de donner aux pays en développement « la marge de manœuvre » nécessaire à l’adaptation à leur situation particulière.  La communauté internationale doit inverser la tendance des transferts nets de ressources, a-t-il aussi souhaité avant d’appeler à des mesures énergiques pour renforcer la capacité du secteur privé au niveau local afin de lui permettre de mieux se placer au niveau mondial.  Regrettant le manque de progrès dans le Programme de travail de Doha, le Ministre a jugé pressant que l’OMC mette enfin en place un système commercial juste, équitable et fondé sur des règles, accordant la priorité à la dimension du développement.  Poursuivant sur les tendances de l’aide publique au développement, le représentant s’est félicité de la décision de la Commission européenne en la matière avant de saluer l’initiative du Qatar de créer un fonds pour le développement et l’assistance humanitaire.


Le Ministre a ensuite commenté la question de la dette, en appelant à l’annulation de celle des PMA, des pays africains et en attirant l’attention sur la situation des pays à bas et à revenu intermédiaire.  Il a demandé une plus coordination entre les institutions financières, monétaires et commerciales internationales pour promouvoir la cohérence des politiques.  Il a aussi dénoncé les déséquilibres systémiques dans ces domaines pour appeler à des réformes de l’architecture financière internationale et renforcer ainsi la voix et la participation des pays en développement dans les processus de prise de décisions des institutions financières internationales.  


M. LUIS ERNESTO DERBEZ, Ministre des affaires étrangères du Mexique, a déclaré que son pays soutenait la vision exprimée par le Secrétaire général dans son rapport « Dans une liberté plus grande », où il est souligné que le Conseil de sécurité doit être réformé sans que cela n’entrave les travaux des autres organes des Nations Unies, en particulier le Conseil économique et social.  Il est essentiel pour nous, a poursuivi le représentant, de lier les Objectifs du Millénaire et l’action des différents mécanismes financiers de développement qui ont été établis à l’issue de la Conférence internationale de Monterrey. 


Le renforcement de ce lien, a estimé le Ministre, permettra de solidifier la cohérence entre les stratégies nationales de développement et le processus de mondialisation économique.  Poursuivant, il a considéré que le présent dialogue de haut niveau était l’occasion d’examiner dans le détail l’état de la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire et d’identifier les domaines dans lesquels la communauté internationale doit concentrer ses efforts.  Il s’est également félicité des progrès considérables réalisés en matière de financement du développement, notamment en ce qui concerne l’allègement de la dette des pays les plus pauvres et la décision prise par les pays développés d’affecter 0,7% de leur produit national brut (PNB) au à l’aide publique au développement.  L’année 2005, a souligné le Ministre, est une année cruciale pour les Nations Unies.  En tant qu’États Membres, a-t-il lancé, nous devons convenir d’une nouvelle architecture internationale capable de répondre aux défis du développement et de la sécurité et, ce, par le biais du dialogue et du consensus.  


Mme ULLA TØRNǼS, Ministre de la coopération pour le développement du Danemark, a espéré que le même esprit qui a prévalu à Monterrey animerait la réunion d’aujourd’hui et le Sommet de septembre.  À la réunion au sommet de l’Union européenne, il y a moins de deux semaines, les chefs d’État et de gouvernement ont convenu d’objectifs ambitieux pour le développement, a-t-elle souligné.  Les engagements pris à Monterrey sont liés de près aux Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-elle insisté.  La Ministre a en outre affirmé avoir présenté aujourd’hui le rapport du Danemark sur l’Objectif numéro 8, concernant la mise en place d’un partenariat mondial pour le développement, espérant qu’il serait source d’inspiration.  Les pays en développement doivent prendre la responsabilité de leur propre développement, en améliorant notamment la bonne gouvernance et en encourageant le développement du secteur privé et des entreprises, a-t-elle noté.


Appuyer la création d’un développement propice au secteur privé et aider les pays pauvres à s’intégrer davantage dans l’économie planétaire en tirant profit de la mondialisation constituent deux priorités essentielles pour le Danemark, a ajouté la Ministre.  Selon elle, un régime commercial international ouvert et équilibré est une condition préalable à la croissance et au développement.  Il convient de donner un accès libre, sans quotas et tarifs douaniers, aux exportations des pays pauvres, a-t-elle affirmé.  La Ministre a également mis l’accent sur la relation triangulaire assistance-croissance-commerce, plaidant ainsi pour davantage d’assistance, en particulier pour l’Afrique.


M. HILARY BENN, Secrétaire d’État pour le développement international du Royaume-Uni, a fait remarquer qu’à la veille du Sommet mondial de septembre prochain, nous savons que l’éducation primaire pour tous ne sera pas assurée avant 2130, soit 115 ans plus tard que l’objectif que nous nous sommes fixés.  La pauvreté ne sera pas réduite de moitié d’ici à 2150, soit 135 plus tard, et nous ne pourrons pas non plus éradiquer les maladies infantiles évitables d’ici à 2165, soit 150 ans après la date butoir.  Ceux qui meurent, sont malades, n’ont pas accès à l’éducation et sont pauvres aujourd’hui ne peuvent plus attendre.  C’est pourquoi, nous devons les assister davantage en éliminant leur dette et en leur donnant accès au commerce international.  


Cinq pays ont déjà atteint l’objectif de consacrer 0,7% de leur PNB à l’aide publique au développement et d’autres s’engagent à le faire.  Le Royaume-Uni est déterminé à réaliser cet objectif d’ici à 2013.  L’Union européenne a convenu de manière collective à la fin du mois de mai de consacrer 0,56% du PNB d’ici à 2010 et 0,7% d’ici à 2015.  Cet engagement permettra de doubler l’aide de l’Union européenne en la faisant passer de 40 à 80 milliards en 2010.  La moitié de cette aide publique au développement sera versée à l’Afrique.  Mais ces efforts ne sont pas suffisants, a estimé le Secrétaire d’État, appelant tous les pays développés à augmenter leur aide.  Cette aide doit être prévisible et à long terme pour que les pays en développement puissent y compter et pour qu’elle soit utilisée de manière effective pour soutenir les priorités établies par les pays en développement eux-mêmes.  Nous devons également reconnaître que ces engagements futurs en faveur de l’APD ne permettent pas de verser les fonds qui sont indispensables maintenant.  C’est pourquoi, le Royaume-Uni avait proposé la création d’une facilité de financement internationale pour anticiper nos versements.  À cet égard, M. Benn s’est félicité de l’appui de nombreux pays, comme la France, l’Allemagne, l’Italie, la Suède, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud, ainsi que d’un large éventail d’ONG et de groupes religieux.  Le Royaume-Uni, a-t-il poursuivi, salue également les initiatives de moyens innovants de financement lancées par la France, l’Allemagne, le G-8, le Brésil et autres pays pour mobiliser d’autres ressources en faveur du développement.  


Les Ministres des finances du G-8 se sont déjà entendus pour éliminer 100% de la dette contractée par les pays pauvres les plus endettés auprès de la Banque mondiale, du FMI et de la Banque africaine de développement.  La semaine prochaine, les dirigeants du G-8 prendront des décisions pour s’attaquer aux questions concernant l’Afrique et les changements climatiques.  En outre, le Sommet du Millénaire+5 de septembre prochain nous offrira une occasion unique pour nous prononcer sur les mesures nécessaires à la réalisation des objectifs pour 2015.  M. Benn a toutefois rappelé que l’avenir des pays en développement est entre leurs mains.  Ils jouent leur rôle pour garantir une bonne gouvernance, créer des institutions solides et bâtir leur progrès financement.  En décembre prochain, lorsque l’OMC tiendra son sommet à Hong Kong, nous devrons saisir l’occasion pour garantir un régime commercial plus juste.


Mme CARIN JAMTIN, Ministre du développement international de la Suède, a dit attendre de ce dialogue une discussion constructive sur la façon d’accélérer la mise en œuvre du Consensus de Monterrey.  Elle a rappelé l’adoption de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide qui devrait être mise en œuvre d’ici 2010.  Cette échéance a également été retenue pour la réalisation, par les pays de l’Union européenne, de l’objectif consistant à consacrer 0,7% du PNB à l’APD.  La Ministre a aussi insisté sur la décision du G-8 d’annuler la totalité de la dette de 18 pays en développement.  Ces initiatives, a-t-elle prévenu, ne doivent pas empêcher les institutions financières internationales à faire plus pour répondre aux besoins des pays en développement.  La Ministre a reconnu le rôle essentiel du commerce dans la mobilisation des ressources aux fins du développement.  Elle a dénoncé la politique des subventions agricoles et espéré des progrès substantiels dans les négociations relatives au Cycle de Doha.  Se tournant vers les pays en développement, elle les a rappelés à leur obligation de concrétiser les engagements pris en ce qui concerne l’égalité entre les sexes, la protection de l’environnement, la santé génésique ou encore l’éducation.  Une bonne gouvernance économique et politique est la clef du développement durable, a-t-elle tranché avant d’encourager une vision plus cohérente de l’architecture financière internationale.  La Ministre a dit attendre de tous les acteurs du Consensus de Monterrey qu’ils redoublent d’efforts pour assurer une coordination des efforts systématique et harmonieuse.


M. PAUL TOUNGUI, Ministre de l’économie, des finances, du budget et de la privatisation du Gabon, a déclaré que, concernant la mobilisation des ressources nationales, les actions menées par les pays en développement n’avaient pas produit les résultats escomptés.  Nous sommes convaincus qu’une meilleure articulation des stratégies nationales, un élargissement de la base économique et un renforcement des capacités humaines permettraient de mobiliser davantage de ressources, a-t-il estimé.  Sur la mobilisation des ressources internationales, M. Toungui a déclaré que les investissements étrangers directs se trouvaient concentrés dans un nombre limité de pays, ce qui ralentit fortement l’épanouissement du secteur privé.  Dans ces conditions, a dit le représentant, les mesures proposées par le Secrétaire général dans son rapport sont à notre sens appropriées.  Il a également dit que le renforcement de la coopération internationale dans le domaine du commerce était essentiel pour aboutir à la libéralisation effective des échanges. 


Poursuivant, M. Toungui a indiqué que les réformes structurelles entreprises dans les pays en développement étaient annihilées par le poids de la dette, ce qui rend difficile la réalisation des OMD.  Nous saluons à cet égard l’initiative du G-8 sur l’annulation de la dette multilatérale.  Eu égard au fardeau de la dette, M. Toungui a encore déclaré que les seules capacités et ressources nationales ne suffisaient pas, et que cette situation risquait de persister tant qu’une solution idoine et mutuellement profitable n’aura pas été trouvée par la communauté internationale.  À titre d’exemple, il a dit que les ressources importantes consacrées par le Gabon au remboursement de sa dette auraient pu être allouées à l’amélioration des investissements destinés aux secteurs structurants et sociaux, à l’élargissement de la base productive et à la réduction de la pauvreté.


M. CONOR LENIHAN, Ministre de la Coopération pour le développement de l’Irlande, a estimé qu’un consensus se dessinait entre les pays développés.  L’Irlande, a-t-il indiqué, a appuyé la décision de l’Union européenne de consacrer plus de 50% de l’aide publique au développement à l’Afrique.  Il s’est en outre félicité que l’Union ait décidé de doubler son aide au développement entre 2004 et 2010.  Selon le Ministre, les pays donateurs peuvent jouer un rôle important pour améliorer la gouvernance.  Il s’est par ailleurs félicité de la décision des Ministres des finances du G-8 d’effacer la dette pour les pays les plus pauvres, une décision que préconisait depuis longtemps l’Irlande, a-t-il précisé.


Selon le Ministre, le système des Nations Unies a également un rôle clef à jouer pour assister les États Membres à formuler et appliquer leurs stratégies nationales de développement.  Une plus grande cohérence est nécessaire entre les plateformes de développement stratégique des différents fonds, en particulier les Institutions de Bretton Woods, a-t-il expliqué.   


Mme HEIDEMARIE WIECZOREK-ZEUL, Ministre de la coopération économique et du développement de l’Allemagne, a souligné l’obligation des pays industrialisés de tenir leurs promesses pour mettre fin au « scandale » de la pauvreté dans le monde.  La pauvreté est une arme de destruction massive qu’il faut combattre avec acharnement, a-t-elle prévenu en dénonçant le fait que les dépenses militaires représentent 1 000 milliards de dollars contre 78 milliards pour le développement.  Ce n’est pas de cette façon que nous pourrons établir la paix et faire de celle-ci le véritable fil de la vie humaine.  La Ministre a salué l’Union européenne pour avoir pris la décision de réaliser d’ici à 2015 l’objectif visant à consacrer 0,7% du PNB à l’APD.  Pour sa part, le Gouvernement allemand a décidé d’atteindre 0,52% d’ici à 2010.  L’Allemagne, a aussi indiqué la Ministre, finance substantiellement l’annulation de la dette des pays pauvres très endettés décidée par le G-8.  Il faut maintenant demander la mise en place d’outils novateurs de financement, a-t-elle estimé.  Il faut une percée en la matière comme la taxe sur le combustible aérien ou sur les transactions financières.  Commentant à son tour les questions commerciales, la Ministre a demandé l’élimination de « l’obscénité » que sont les subventions sur le coton.  Il faut aussi, a-t-elle ajouté, éliminer les subventions agricoles à l’exportation.


M. BALEDZI GAOLATHE, Ministre des finances et du développement du Botswana, a déclaré que peu de progrès avaient été réalisés dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire.  Le VIH/sida continue de faire des ravages, la proportion de gens vivant dans un état d’extrême pauvreté en Afrique sub-saharienne demeure au taux élevé de 45%, la région étant également affectée par une constante insécurité alimentaire et un fort taux de mortalité maternel. 


Le Consensus de Monterrey, a rappelé le Ministre, repose sur la mobilisation des ressources internationales et domestiques et la réforme des institutions internationales.  Dans ce cadre, a-t-il dit, nous croyons que le versement des 0,7% du PNB des pays industrialisés en faveur du développement des pays les moins avancés représente une manne indispensable.  Nous reconnaissons cependant que les pays en développement eux-mêmes ont un rôle important à jouer en s’efforçant de mobiliser leurs propres ressources et en mettant en œuvre des politiques propices à l’investissement extérieur et en promouvant la bonne gouvernance.  Le représentant a également dit que le Consensus de Monterrey demandait aux pays en développement de renforcer leurs politiques macroéconomiques et en libéralisant leur économie par une ouverture accrue au secteur privé.  À cette fin, a indiqué le Ministre, notre pays a mis en place des mesures politiques et fiscales visant à encourager la croissance économique et à lutter contre l’inflation.  Nous nous efforçons, en outre, de conduire une politique de tolérance zéro pour éliminer la corruption, a-t-il ajouté.


Mme HILDE F. JOHNSON, Ministre du développement international de la Norvège, a souligné que l’heure tournait, et qu’une grande partie du temps était déjà passée.  Nous devons absolument aller de l’avant, a-t-elle assuré, ajoutant que la communauté internationale devait faire plus, faire mieux et plus rapidement.  La Ministre a ainsi souligné la nécessité de réformer le cadre international.  Nous avons également besoin de plus d’aide et d’une meilleure aide, a-t-elle dit.  De même, il faut une réforme concernant la gouvernance dans les pays en développement, et continuer les efforts permanents pour lutter contre la corruption.  Il est essentiel en outre de mobiliser le secteur privé et la société civile.


La Ministre a en outre affirmé que les événements récents, avec les promesses formulées par l’Union européenne, incitaient à l’optimisme.  De nombreux pays en développement voient leur progrès échouer en raison du fardeau de la dette, a-t-elle expliqué, se félicitant du bon travail fourni par le G-8.  Nous devons renforcer notre détermination et obtenir des résultats, a-t-elle conclu, précisant qu’il fallait respecter la date butoir de 2015.


Mme SRI MULYANI INDRAWATI, Ministre de la planification du développement national de l’Indonésie, a rappelé que les pays en développement ont pris des mesures afin de renforcer leurs institutions et d’améliorer la gouvernance tout en essayant de renforcer les infrastructures et le capital humain.  Ces pays ont mis en place des stratégies de lutte contre la pauvreté mais leurs efforts ne sauraient suffire sans un appui international adéquat et durable.  L’Indonésie a relevé un certain nombre de défis économiques, sociaux et politiques dont la crise de 1997 et plus récemment les conséquences du tsunami.  Malgré ces difficultés, des élections ont pu être tenues et le système démocratique est une force qui permettra la création d’une nation prospère.  Un grand nombre de politiques macroéconomiques a assuré la stabilité et un taux d’inflation faible.  Ces éléments vont assurer une croissance économique de 6% cette année, malgré la hausse des prix du pétrole.  L’élément principal de l’économie est le renforcement des réformes et des institutions sur la base de la bonne gouvernance.  Le pays met en place un cadre réglementaire pour les investissements qui sont perçus comme une valeur ajoutée. 


Les efforts de lutte contre la corruption ont, pour leur part, déjà donné des résultats.  Pour les cinq ans à venir, l’objectif est de réduire le taux de pauvreté à 8% contre 16% en 2004.  L’Indonésie a pris également des mesures avec l’Afrique du Sud en faveur d’un partenariat intercontinental pour promouvoir une coopération entre l’Asie et l’Afrique.  Ce partenariat a été décidé lors du Sommet Afrique-Asie qui vient de se tenir à Jakarta.  Dans ce contexte, a poursuivi la Ministre, le respect du Consensus de Monterrey est un élément fondamental.  La responsabilité de mobiliser des ressources incombe aux pays en pays développement eux-mêmes mais un grand nombre d’entre eux n’ayant pas l’espace fiscal nécessaire, le financement extérieur demeure essentiel.  Dénonçant le manque d’appui de la communauté internationale, la Ministre a appelé à l’augmentation de l’APD, à l’annulation ou l’allègement de la dette et à la mise en place d’un système international fiable.  Elle a appelé les pays développés à fixer un calendrier précis pour le respect de leurs engagements.  Ils doivent coordonner leur politique en matière d’aide, et la rationaliser afin d’en améliorer l’efficacité.  La Ministre a insisté sur la réduction de la dette de tous les PMA et à des mesures en faveur des pays à revenu intermédiaire.  La décision du G-8 ne va pas assez loin, a-t-elle estimé avant d’appeler à la mise en place d’un système commercial libre et équitable.  Tant qu’on n’aura pas réglé les déséquilibres macroéconomiques et fait participer les pays en développement aux processus de prise de décisions internationales, on ne disposera pas des mécanismes nécessaires à la mise en oeuvre des OMD, a prévenu la Ministre.


M. MOTEE RAMDASS, Ministre du commerce et de la protection des consommateurs de Maurice, a estimé que deux ans après la réunion de Monterrey, il n’y avait pas de quoi se réjouir.  En effet, les déclarations d’intention pour accroître l’aide publique au développement ne se sont toujours pas matérialisées au niveau attendu.  L’Afrique est au centre d’une crise et reste prisonnière du cercle vicieux de la pauvreté extrême, des taux de mortalités infantiles et maternelles élevés et d’un manque d’accès à l’eau potable.  L’incidence du VIH/sida, des maladies transmissible pèse d’un poids énorme. 


L’importance des liens entre développement, commerce et intégration aux marchés mondiaux de l’économie des pays en développement a été reconnue lors des sommets mondiaux.  Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un système de règles qui s’applique de manière égale à des partenaires inégaux et qui ne tient pas compte des disparités dans les niveaux de développement, a dit le Ministre.  Pour Maurice, qui ne dispose pas de matière première et dont le marché interne est limité, la seule option est de mettre en place des stratégies tournées vers l’export et les marchés internationaux.  Cependant, Il faut reconnaître que nous ne pouvons pas entrer en compétition sur un pied égalité avec les pays en développement les plus technologiquement développés.  La seule solution est de fournir à des pays comme le nôtre des conditions d’accès aux marchés qui leur soient favorables.


Nous devons aussi reconnaître que l’ouverture des marchés n’est pas suffisante sans une capacité de production.  Dans ce cadre, l’aide de la communauté internationale est cruciale.  Pour ce qui est de la dette extérieure, il est regrettable que l’initiative PPTE en faveur des pays pauvres les plus endettés ait suscité des réactions mitigées.  Nous apprécions la proposition visant à redéfinir la notion de « durabilité » de la dette, à savoir un niveau de dette permettant tout de même à un pays d’atteindre ses objectifs de développement.


M. THIERRY BRETON, Ministre de l’économie, des finances et de l’industrie de la France, a jugé que sans une mobilisation forte, les Objectifs du Millénaire ne seraient pas atteints en 2015.  Face à ce constat, a-t-il demandé, devons-nous baisser les bras et renoncer, alors même qu’à l’évidence une répartition aussi inégale des fruits du développement n’est pas viable?  Pour M. Breton, il est au contraire urgent de passer à la vitesse supérieure et d’examiner toutes les options possibles pour que la croissance et la mondialisation profitent réellement à tous.  


Le représentant a estimé qu’un régime commercial tourné vers les pays pauvres, bien qu’absolument nécessaire, n’était pas suffisant.  Poursuivant, il a dit que les membres du G-8 étaient parvenus la semaine dernière à un accord sur l’annulation de la dette multilatérale des pays pauvres endettés à l’égard des institutions financières internationales.  M. Breton a affirmé que les annulations de dette ne pouvaient cependant constituer qu’un levier du financement du développement.  C’est pourquoi, la France souhaite que le Sommet de septembre soit l’occasion d’avancer à la fois pour accroître le niveau de l’aide publique au développement et améliorer sa qualité.  À cet égard, M. Breton s’est félicité de l’avancée majeure que représente l’engagement des pays de l’UE d’atteindre collectivement en 2010 un pourcentage de 0,56% d’aide au développement, soit une augmentation de plus de 30 milliards d’euros. 


Concernant le rôle de la France, M. Breton a indiqué que son pays veillerait à ce que les deux tiers de son aide bilatérale restent orientés vers l’Afrique, une zone prioritaire, selon lui, sur laquelle il faut concentrer tous les efforts. 


M. Breton a en outre émis le souhait que soient trouvées de nouvelles sources de financement, qui apportent des ressources supplémentaires mais également plus stables et prévisibles.  Elles sont, a-t-il dit, indispensables pour financer des stratégies de long terme qui sont les fondements d’un véritable développement.  Il a déclaré que la France était convaincue que les prélèvements de solidarité internationale sont l’une des voies les plus prometteuses pour les pays en développement et l’architecture de l’aide internationale.  Dans ce contexte, pour agir rapidement, nous plaidons avec l’Allemagne, le Brésil et le Chili, pour la mise en place d’un projet pilote de contribution de solidarité sur les billets d’avion.  Les recettes ainsi collectées seraient dépensées via des institutions existantes, de manière à éviter toute bureaucratie inutile.  Elles pourraient financer les programmes de développement humains les plus urgents, comme par exemple des campagnes de vaccination ou encore l’achat groupé de traitements contre le sida.


M. MOHAMED NOURI JOUINI, Ministre du développement et de la coopération internationale de la Tunisie, a expliqué que le processus d’intégration internationale n’avait cessé de s’accentuer grâce à la libération progressive des mouvements de biens, de services et de capitaux et au progrès des technologies de l’information et de communication.  Ce processus, a-t-il dit, a entraîné une croissance rapide de l’économie mondiale et des échanges internationaux et amélioré sensiblement le bien-être de l’humanité.  Le représentant a estimé qu’il était nécessaire de mettre en œuvre les politiques adéquates pour mobiliser l’épargne nationale publique et privée qu’elle se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur.  Cela inclut, a précisé le Ministre, l’implication des citoyens dans l’élaboration des choix fondamentaux du pays, le renforcement des mécanismes du marché, l’intégration dans l’économie mondiale et l’indissociabilité des dimensions économique et sociale de l’effort de développement. 


Poursuivant, M. Jouini  a déclaré que si les pays en développement devaient appliquer avec détermination des programmes d’ajustement et de réformes qui privilégient le développement du secteur privé, la bonne gouvernance et la stabilité macroéconomique, le soutien financier internationale ne devait pas manquer aux pays qui réussissent dans l’application volontaire des réformes politiques et économiques.  En effet, a-t-il ajouté, ces pays doivent être encouragés à persévérer dans la voie des réformes et non pas être pénalisés par la réduction ou l’élimination de l’aide publique au développement.  C’est pourquoi, l’appui de la communauté internationale doit continuer pour les pays à revenu intermédiaire.  Le Ministre a également rappelé que l’APD jouait un rôle essentiel pour les pays qui ne sont pas en mesure de mobiliser suffisamment de financement public et privé national.  C’est pourquoi, cette aide doit être augmentée pour appuyer, entre autres, les programmes d’éducation et de santé, et ce conformément aux objectifs maints fois rappelés par les conférences internationales, a demandé M. Jouini.  De surcroît, a-t-il continué, l’APD devra être complétée de nouvelles sources de financement.  À cet égard, il a souhaité que le Fonds mondial de solidarité, adopté au cours de sa 56e session par l’Assemblée générale des Nations Unies, devienne opérationnel afin qu’il puisse s’acquitter de sa mission dans la lutte contre la pauvreté.  M. Jouini a encore plaidé pour un système commercial multilatéral universel  non discriminatoire et équitable, conçu comme un outil pour donner aux pays en développement l’accès aux marchés, aux technologies et aux modes modernes de gestion.  La communauté internationale doit, dans le cadre des négociations en cours au sein de l’Organisation mondiale du commerce, veiller à ce que le commerce joue pleinement son rôle dans la promotion de la croissance et du progrès social de tous. 


M. ANDREW NATSIOS, Administrateur de l’Agence pour le développement international des États-Unis, a affirmé que son pays avait accru l’aide publique au développement au-delà de l’engagement pris par le Président Bush à Monterrey.  L’assistance des États-Unis a totalisé 19 milliards en 2004, soit le quart du total de l’OCDE, a-t-il ainsi précisé.  Pour aider les pays en crise et ceux relevant de conflits à retrouver la stabilité, les États-Unis ont récemment annoncé une aide supplémentaire de 674 millions d’assistance humanitaire en faveur des situations d’urgence en Afrique, qui s’ajoutera cette année à environ 1,4 milliard de dollars déjà promis.


En tant que fondateur et plus important donateur du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et la malaria, les États-Unis ont fourni plus de 500 millions de dollars par an pour le planning familial volontaire et les soins de santé maternelle dans 60 pays.  Sans croissance économique durable, la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement sera remise en cause, a-t-il estimé.  Le volume de l’assistance et les autres ressources doit, selon lui, s’accroître si l’on veut poursuivre l’accroissement de l’APD.  Par ailleurs, les Nations Unies pourraient être utiles en aidant les pays à prendre des décisions efficaces pour assurer une bonne gestion de leurs programmes de développement.  Mettre un terme à la pauvreté est un défi considérable, tandis que mettre en place des institutions économiques équitables et efficaces prendra temps et persévérance, a-t-il souligné, précisant que les politiques choisies doivent être mises en œuvre pour protéger les membres les plus vulnérables de la société.  Avec les bons choix, nous pourrons atteindre les objectifs fixés à Monterrey ainsi que dans la Déclaration du Millénaire, a-t-il conclu.


M. ERROL CORT, Ministre des finances et de l’économie d’Antigua-et-Barbuda, a jugé impérieux de conserver l’esprit de partenariat international scellé dans le Consensus de Monterrey.  Il a particulièrement mis l’accent sur les questions de la dette, du commerce international et des investissements étrangers directs.  Concernant le premier point, il a pris note des décisions prises récemment par le G-8, en relevant qu’à son avis, elles n’allaient pas assez loin.  Il a recommandé un partenariat entre pays très endettés et pays développés pour réduire la dette non viable.  Cette initiative doit faire partie du programme international pour le financement du développement, a-t-il dit avant d’implorer les grands créditeurs à travailler davantage avec les pays en développement endettés. 


S’agissant du commerce, il a fait part des difficultés pour les pays en développement comme le sien, à demeurer compétitifs.  Il a donc appelé à un système commercial plus équitable permettant aux pays en développement de diversifier leur production.  Les pays nantis doivent reconnaître le caractère injuste des barrières qu’ils ont mis en place, a-t-il dit avant de conclure sur les investissements étrangers directs qui sont un élément important pour promouvoir la croissance économique.  Le Ministre a fait part du cadre réglementaire et des incitations mises en place dans son pays. 


M. NGUYEN SINH HUNG, Ministre des finances du Viet Nam, s’est félicité de la tenue de ce dialogue qui offre une excellente occasion d’examiner la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, de partager les expériences de chaque pays à cet égard et de discuter des manières de renforcer le partenariat mondial pour le développement, notamment.  Il a rappelé que depuis 20 ans, son pays avait fait de grands efforts pour transformer son économie en un système basé sur le marché notamment en mobilisant les ressources domestiques, en favorisant la participation de tous les secteurs, en ouvrant l’économie aux échanges et en créant un environnement favorable aux investissements tout en maintenant la stabilité politique, en répondant aux questions sociales et en encourageant la protection de l’environnement et le développement humain.  Il a expliqué que dans les cinq dernières années, le PIB du Viet Nam avait augmenté en moyenne de 7,5%, que le total des investissements avait atteint 36,5% du PIB et que les exportations avaient connu une hausse de 16%. 


Rappelant que le Consensus de Monterrey avait permis des avancées dans plusieurs pays, M. Hung a toutefois affirmé que beaucoup restait à faire pour sa pleine mise en œuvre.  Ainsi, il a demandé que les pays en développement mobilisent les ressources domestiques et externes de manière à améliorer les revenus pour le budget gouvernemental et afin de développer les marchés nationaux tout en réformant le cadre légal afin de créer un environnement favorable aux investissements étrangers.  Par ailleurs, il a déclaré que les pays développés devaient accélérer la mise en œuvre de l’engagement de 0,7% du PNB pour l’aide publique au développement (APD).  De plus, il a souhaité que la communauté internationale accorde un rôle plus important aux pays en développement dans l’élaboration des politiques internationales sur les questions financières et monétaires ainsi qu’en ce qui concerne les investissements et le développement.  Le Ministre a aussi suggéré que les pays développés ouvrent encore plus leurs marchés, retirent les barrières tarifaires et maintiennent les traitements préférentiels pour soutenir les pays les moins avancés et les pays en développement. 


Mme FAYZA ABOULNAGA, Ministre de la coopération internationale de l’Égypte, a déclaré que chaque pays était responsable de son économie et de son développement social.  Pour autant, il est clair que l’intégration à l’ordre économique mondial des pays en développement requiert que la communauté internationale joue un rôle primordial dans la création d’un environnement propice aux efforts nationaux.  La représentante a, dans ce cadre, estimé que l’heure était venue de mettre en œuvre les engagements pris dans les enceintes multilatérales.  Les pays africains, et les pays en développement dans leur ensemble, ont fourni de sérieux efforts pour établir un environnement économique favorable au développement, en intensifiant notamment les réformes et en renforçant leurs cadres administratifs en vue d’attirer les investissements extérieurs et de promouvoir le rôle du secteur privé.  Ces progrès, a précisé Mme Aboulnaga, ne pourront toutefois être couronnés de véritable succès sans le soutien, conforme à leurs engagements, des pays développés.  Dans ce contexte, l’accent doit être mis sur l’accroissement du rôle des Nations Unies dans le domaine du développement.  Nous croyons en outre fermement à la nécessité de parvenir rapidement à de nouveaux accords visant à convenir de nouvelles sources de financement du développement, a poursuivi Mme Aboulnaga.  Nous estimons également essentiel d’améliorer la coopération entre pays développés et institutions donatrices, ce qui aura pour effet d’assurer une plus grande efficacité aux programmes d’aide au développement. 


S’agissant de la dette, la Ministre a souhaité que l’allégement porte dans le futur sur les pays à revenu intermédiaire, qui, selon les rapports de la Banque mondiale, regroupent près de 70% des pauvres du monde entier.  Elle a finalement souhaité que le présent dialogue soit l’occasion d’envoyer un message clair reprenant les aspects liés au développement du Cycle de Doha et le besoin de répondre aux besoins des pays en développement. 


M. JEAN-MARC HOSCHEIT (Luxembourg), au nom de l’Union européenne, a souligné que l’aide extérieure ne peut être efficace que si elle a lieu dans un environnement national favorable.  Le renforcement de la bonne gouvernance et la mise en place d’un système de gestion transparente et responsable des finances publiques sont d’une importance capitale.  Il a aussi souligné l’importance déterminante d’un cadre transparent, stable et prévisible pour les investissements.  S’agissant du commerce, il a prévenu que la sixième Conférence ministérielle de l’OMC à Hong Kong est une occasion à ne pas manquer.  Faisant fond sur l’expérience acquise dans le cadre du programme « Tout sauf les armes », l’Union européenne exhorte tous les pays en développement membres de l’OMC à accorder à tous les produits originaires des PMA un accès en franchise et sans quotas à leur marché.  En outre, a poursuivi le représentant, l’Union européenne est fermement déterminé à fournir aux pays en développement une aide liée au commerce qui soit renforcée et plus efficace.  S’agissant de l’APD, il a rappelé la décision de la Commission européenne de fixer un objectif collectif de 0,7% d’ici à 2015 et un objectif intermédiaire consistant à porter le rapport APD/PNB à 0, 56% d’ici à 2010, ce qui signifie un quasi doublement de l’aide annuelle versée par rapport aux niveaux de 2004. 


Le représentant a malgré tout souligné la nécessité de mécanismes de financement innovants.  Concernant la qualité de l’aide, il a dit l’attachement de l’Union européenne à la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide, notamment en ce qui concerne l’approbation d’ici septembre d’objectifs-cibles vérifiables pour 2010.  Afin de permettre aux pays en développement de mieux planifier l’utilisation des augmentations prévues des flux d’APD, le représentant a annoncé que l’Union européenne établira de nouveaux mécanismes d’aide plus prévisibles et moins précaires.  Il a promis qu’elle relèvera le défi du déliement de l’aide en adoptant un règlement relatif à l’accès à l’aide extérieure de la communauté.  Par ailleurs, l’Union européenne s’est engagée à relever de 50% ses dépenses d’aide en Afrique à partir de 2006.  Le représentant a aussi reconnu les besoins de développement spécifiques des pays à revenu intermédiaire.  Concluant sur la dette, il s’est félicité des progrès accomplis par le FMI et la Banque mondiale en ce qui concerne l’élaboration d’un cadre pour la viabilité de la dette ainsi que de la proposition faite par le G-8 de supprimer l’encours de la dette des PPTE qui ont atteint le point de décision.  Il est essentiel de se mettre d’accord sur les modalités d’un allègement supplémentaire de la dette multilatérale et de réussir à les mettre en application. 


M. MUSTAPA MOHAMED, Ministre du Gouvernement de la Malaisie, s’est félicité de l’annulation de la dette décidée lors du dernier G-8.  Il souhaite un engagement accru de tous les États Membres des Nations Unies dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Dans ce cadre, a-t-il dit, le rôle de l’ONU en matière d’examen de la situation de l’état du financement du développement est particulièrement précieux.  Nous saluons les efforts réalisés par les pays en développement, qui ont entrepris avec courage et volonté les réformes nécessaires à leur prospérité dans les domaines de la bonne gouvernance, de la transparence ou encore de l’ouverture des économies nationales aux investissements privés.  Le Ministre a estimé que le frein numéro un au développement était la grande pauvreté, un fléau contre lequel il est urgent de lutter en renforçant le partenariat entre pays développés et pays en développement.  Pour sa part, la Malaisie s’est efforcé de libéraliser son économie en privatisant ses entreprises dans le but d’accroître la croissance et renforcer rapidement les capacités du pays, a précisé M. Mohamed.  L’intégration à l’économie mondiale est à ce prix, a-t-il lancé.  La croissance économique, a-t-il également indiqué, est le plus sûr moyen de lutter contre les différents facteurs de déstabilisation des sociétés les plus vulnérables, les ressources ainsi acquises pouvant être utilisées dans l’établissement d’infrastructures indispensables à la stabilité et au développement durable des pays minés par la pauvreté.


M. BERHANE ABREHE, Ministre des finances de l’Érythrée, a indiqué que pour de nombreux pays les moins avancés, les Objectifs du Millénaire pour le développement ne peuvent être réalisés en raison d’un manque de ressources, de l’état des infrastructures et des capacités institutionnelles et humaines.  Rappelant les principes de base du Consensus de Monterrey, le Ministre a dressé un tableau mitigé des résultats obtenus en s’inquiétant plus particulièrement de la situation en Afrique subsaharienne qui, selon un rapport du Secrétaire général, se trouve prise dans la spirale du VIH/sida et de la pauvreté. Toutefois, a relevé le Ministre, la situation diffère d’un pays à l’autre.  L’Érythrée devrait atteindre les Objectifs du Millénaire d’ici à 2015.  Toutefois, à l’heure actuelle, le pays n’est pas sur la bonne voie dans deux domaines décisifs, à savoir l’élimination de la pauvreté et l’éducation primaire universelle. 


Compte tenu de l’expérience de l’Érythrée, les pays peuvent progresser dans la réalisation des OMD s’ils disposent de bonnes politiques et s’ils sont réellement engagés à assurer le développement de leur pays.  L’élimination de la pauvreté, a rappelé le Ministre érythréen des finances, est inscrite dans la Constitution nationale.  Nous avons établi pour principe d’éliminer la pauvreté en créant un environnement compétitif qui permette aux entreprises privées de se développer.  Nous avons également investi dans l’éducation, l’assainissement, l’édification des capacités institutionnelles, et l’accès aux soins de santé, la gestion des pâturages et dans l’agriculture.  Nous adhérons aussi à une politique de tolérance zéro face à la corruption.


Évoquant la guerre qui a ravagé l’Érythrée, le Ministre a expliqué que les difficultés économiques auxquelles est actuellement confronté son pays sont liées aux tentatives d’invasion répétées de grande ampleur menée par l’Éthiopie.  Au cours des cinq dernières années, a expliqué le Ministre, nous avons aussi connu une sécheresse et souffert de la hausse du prix du pétrole.  Le Ministre a par ailleurs regretté les considérations politiques auxquelles se livrent les pays développés pour allouer l’aide publique au développement.  Même si l’élimination de la dette de 18 pays africains est une bonne nouvelle, cette mesure soulève cependant des questions d’objectivité et d’équité.


M. JUMA NGASONGWA, Ministre de l’industrie et du commerce de la République-Unie de Tanzanie, a affirmé que des réformes avaient été entreprises dans son pays afin d’élaborer une stratégie de bonne gouvernance démocratique.  Un effort systématique de lutte contre tous les aspects de la corruption a été engagé, a-t-il précisé.  Le Ministre a également souligné qu’il était possible de générer beaucoup plus de ressources pour les besoins publics.  La République-Unie de Tanzanie a relevé le défi lancé par le Secrétaire général des Nations Unies aux pays confrontés à l’extrême pauvreté d’adopter et de commencer à mettre en place, pas plus tard qu’en 2006, des stratégies nationales de développement suffisamment conséquentes pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement avant 2015.  Des stratégies ambitieuses ont non seulement été entreprises, mais ces objectifs sont en train d´être atteints avant la date butoir, a-il fait valoir.  En 2005, le Gouvernement a adopté une stratégie quinquennale pour la croissance économique et la réduction de la pauvreté, a-t-il expliqué.  Selon lui, la République-Unie de Tanzanie doit pouvoir bénéficier d’une augmentation accrue de l’aide publique au développement.


Le Ministre a souligné la nécessité de conclure le cycle de négociations de Doha, le développement devant être au cœur des négociations.  Il convient en outre d’améliorer notamment l’accès au marché des pays en développement, d’aider ceux-ci à surmonter les contraintes que constitue l’offre, à stabiliser les prix des produits de base.  Il a enfin lancé un appel à la communauté internationale pour que celle-ci aide à la mise en place des stratégies nationales pour la croissance et la réduction de la pauvreté devant mener à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.


M. YENDJA YENTCHABRE, Ministre du développement et de l’aménagement du territoire, Togo, a indiqué que son pays avait engagé un processus devant aboutir à terme à l’instauration des structures et mécanismes nécessaires à la mobilisation des concours financiers de ses partenaires en développement, citant la création d’un Comité national de suivi des OMD et d’une Cellule d’élaboration et de mise en œuvre du Document de stratégie de réduction de la pauvreté.  Il a expliqué qu’un projet de DSRP intérimaire avait été transmis au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale alors qu’un premier rapport de suivi des OMD avait conclu que seuls trois des objectifs, à savoir ceux liés à l’éducation primaire pour tous, à la lutte contre le VIH/sida et à la réduction du taux de mortalité maternelle, étaient réalisables.  Il a regretté que malgré ces efforts, le Togo n’ait pu bénéficier jusqu’à présent de la concrétisation des engagements pris à Monterrey. 


Le Ministre a affirmé que la suspension de la coopération avec l’Union européenne avait entraîné une raréfaction des ressources nécessaires à l’accroissement des investissements alors que l’absence de coopération avec les institutions de Bretton Woods n’avait pas permis d’engager la résolution de la question de la dette extérieure.  M. Yentchabre a fait valoir que la situation politique dans son pays était désormais stable et a ainsi souhaité que le processus de réengagement de la communauté internationale dans le cadre de la facilités LICUS (Low Income Countries Under Stress) puisse être dynamisé dans les plus brefs délais.  Il a également lancé un appel pressant à toute la communauté internationale pour qu’elle accompagne le Togo dans ses efforts pour atteindre les OMD, soulignant notamment l’apport que pourrait constituer la remise de dette. 


Mme NENEH MACDOUALL-GAYE, Secrétaire d’État au commerce, à l’industrie et à l’emploi de la Gambie, a souligné les besoins particuliers de l’Afrique qui méritent une réponse adaptée.  Dans ce contexte, elle a attiré l’attention sur le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et la précision des Documents stratégiques pour l’élimination de la pauvreté (DSRT) qui sert désormais aux pays de cadre de développement.  Les impératifs du développement africain sont donc clairement définis, a-t-elle dit en jugeant que seule la volonté politique des donateurs manque.  Elle a appelé à l’augmentation de l’APD mais aussi à l’amélioration de sa qualité.  Elle a salué le fait que l’idée de la facilité de financement internationale pourrait éviter la politisation de l’aide.  Elle a aussi salué la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.  La Secrétaire d’État s’est également félicitée de la décision du G-8 d’annuler la dette des 18 pays africains, en espérant qu’elle sera suivie d’une autre décision en faveur de tous les pays africains. 


Rendant hommage aux pays qui ont dépassé l’objectif de consacrer 0,7% du PNB à l’APD, la Secrétaire d’État a encouragé le Japon à concrétiser rapidement son intention de doubler l’aide en faveur de l’Afrique.  Elle a ensuite salué l’entrée du Qatar dans la base des donateurs, avec son idée de créer un Fonds pour le développement et l’assistance humanitaire.  Qualifiant le commerce de moteur du développement, la Secrétaire d’État a appelé à l’élimination des obstacles commerciaux et non commerciaux dont la politique des subventions.  Elle a adressé un message à la prochaine Conférence ministérielle de l’OMC pour qu’elle trouve une solution au problème récurrent de l’instabilité des cours des matières premières.  Elle a conclu sur les sources novatrices de financement du développement, en souhaitant que l’on étudie, entre autres, les moyens de compenser les pays qui souffrent de la fuite des cerveaux.


M. RAFAEL CORREA, Ministre de l’économie et des finances de l’Équateur, a expliqué que la formulation des programmes économiques nationaux était une décision souveraine, mais que les accords internationaux fixaient des limites et devaient continuer à aider les pays en développement en leur donnant un cadre adéquat à cette fin.  Le Consensus de Monterrey est l’un de ces outils de référence, a dit le Ministre.  Poursuivant, il a regretté qu’aucun objectif convenu dans le cadre du Consensus n’ait été véritablement atteint.  Notre gouvernement n’a pas pu mobiliser les ressources financières pour respecter ses engagements, cela étant en grande partie dû au poids de la dette extérieure, à la crise financière nationale ayant frappé notre pays ces dernières années, et au manque de vision de développement concertée au niveau régional. 


Le Ministre a souhaité que prévale une logique de coopération qui ne soit pas qu’une logique de marché, pour ainsi parvenir à établir, dans le cas de l’Amérique du Sud, un espace d’intégration au sein duquel les organismes régionaux auraient véritablement leur mot à dire.  Cette entreprise n’est pas qu’affaire de technicité économique mais de volonté politique et de vision de nos dirigeants.  C’est pourquoi, nous appelons de nos vœux la mise en place d’une nouvelle architecture financière qui tiendrait compte de la justice sociale, et qui s’appuierait sur un tribunal international de la dette destiné à régler les situations inextricables de paiements des plus pauvres. 


M. JAMES SMITH, Ministre des finances des Bahamas, a affirmé que son pays avait de tout temps montré combien il était engagé à surmonter les difficultés en matière de financement du développement.  Le pays, a-t-il dit, a notamment amélioré un régime de législation en matière de lutte contre la corruption et le blanchiment de l’argent sale.  Les Bahamas continuent d’être confrontés aux difficultés résultant de la petite taille du pays, a-t-il ajouté.  La question de la réforme de la gouvernance économique mondiale est essentielle, a également indiqué le Ministre pour qui il est urgent que des propositions réalistes soient formulées pour assurer une représentation efficace des pays en développement. 


Les Bahamas saluent avec optimisme la volonté manifestée récemment d’assurer une plus grande équité dans les institutions internationales, a-t-il dit.  Le Ministre a par ailleurs souhaité que les Nations Unies jouent un rôle plus important dans tous les aspects de la fixation de normes et d’évaluation.  Le cas des petits pays en développement doit être pris en compte dans le cadre d’un forum objectif et ouvert, a-t-il poursuivi.


M. MANUEL CHANG, Ministre des finances du Mozambique, a jugé important de s’assurer que les pays en développement aient accès à des sources de financement novatrices pour parvenir à la réalisation des OMD.  Le Consensus de Monterrey, a-t-il rappelé, a insisté sur un commerce international plus équitable.  Le Cycle de Doha doit être parachevé en 2006 et réaliser les promesses faites en matière de développement.  Dans le domaine de l’aide, le Ministre a salué la décision de l’Union européenne et a appelé les autres donateurs à s’inspirer de cet exemple.  Après avoir félicité les pays nordiques qui ont dépassé les objectifs fixés, il a rendu hommage à la décision du G-8 d’annuler la dette de certains pays en développement, tout en les appelant à aller plus loin.  Revenant sur la question de l’aide, il a jugé important de l’améliorer.  La question de l’efficacité est une question préoccupante, a-t-il dit en appelant à harmoniser cette aide pour l’alignement aux procédures des pays concernés, à réduire sa volatilité et à accroître sa prévisibilité ainsi qu’à minimiser les coûts de transaction et à renforcer ses capacités. 


M. ROLAND PIERRE, Ministre de la planification et de la coopération externe d’Haïti, a déclaré que la responsabilité de l’accroissement du financement au développement était principalement une affaire interne.  Des progrès immédiats sont possibles quand la libre interaction entre l’offre et la demande est gênée artificiellement.  Il suffit alors de libéraliser.  Le Ministre a expliqué que l’expérience d’Haïti en matière de microcrédit constitue un cas d’étude intéressant.  Ainsi, l’abolition du plafond légal a permis de démultiplier le volume de ressources dans le secteur de la microfinance.  Aujourd’hui, toutes les banques commerciales sont impliquées dans l’activité et représentent de loin les plus grands opérateurs du marché.  Il existe encore d’autres dispositions légales à abolir, qui permettraient d’aller plus en profondeur dans cette mobilisation de ressources internes.


Poursuivant, M. Pierre a indiqué que le secteur de l’immobilier était un autre domaine où la libéralisation pouvait porter rapidement ses fruits.  La libéralisation de ce secteur permettrait de relancer l’industrie de la construction qui constitue un moteur pour l’économie dans notre pays, a-t-il dit.   En dehors de ces mesures à effet rapide, a poursuivi le Ministre, il n’y a d’autre solution que de s’atteler patiemment à la tâche et d’investir dans le capital humain, d’améliorer la gouvernance politique et économique et de réduire le niveau général de risque dans l’économie. 


M. ROGATIEN BIAOU, Ministre des affaires étrangères et de l’intégration du Bénin, qui est également Président au niveau ministériel du Bureau de coordination du Groupe des pays les moins avancés, a estimé que les engagements pris à Bruxelles à l’issue de la Troisième Conférence des Nations Unies en faveur des pays les moins avancés étaient souvent dissociés de ceux pris à l’issue du Consensus de Monterrey.  Les objectifs de développement inscrits dans le Programme d’action de Bruxelles en faveur des PMA sont l’expression spécifique des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il affirmé, notant que les partenaires au développement se consacraient effectivement à orienter leur soutien à la mise en œuvre de ce Programme d’action. 


Selon le Ministre, au-delà de l’annulation de la dette et de l’élargissement du nombre des pays en développement bénéficiaires, les pays développés, en particulier les pays membres du G-8, devraient s’engager à supprimer les subventions agricoles, notamment celles relatives au coton d’ici à 2010, et à atteindre l’objectif de 0,7% dont 0,15% à 0,20% seront affectés aux PMA d’ici à 2010.


M. AGUSTIN CARSTENS, Directeur adjoint au Fonds monétaire international (FMI), a indiqué que le Fonds aide les pays à mettre en place leur propre stratégie d’élimination de la pauvreté en contribuant à la mise au point de cadres permettant la stabilité macroéconomique et une croissance accélérée.  Le FMI aide aussi les pays en développement à mettre en place un environnement propice au commerce et à l’investissement étranger direct par le renforcement des secteurs financiers et l’adaptation des cadres réglementaires.  Compte tenu de l’importance du commerce pour le développement, le FMI renforce ses activités liées à l’ajustement commercial.  Dans le domaine de l’aide, le FMI continuera à accorder des prêts à des taux concessionnels et envisage une nouvelle facilité pour compenser les chocs économiques.  Concluant sur les questions de la dette, il a indiqué que l’Initiative pour les pays pauvres très endettés couvre désormais 27 pays.  Il a salué la proposition du G-8 en rappelant que le FMI a identifié des questions qui permettront d’aller de l’avant.


M. FRANÇOIS BOURGUIGNON, Vice-Président de la Banque mondiale, a affirmé que des progrès significatifs avaient été réalisés dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, citant notamment le consensus à travers les agences et les groupes de pays, tel qu’énoncé par le Secrétaire général des Nations Unies dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande », le rapport de suivi mondial 2005 établi conjointement par la Banque mondiale et le FMI, et le rapport des Nations Unies sur le financement du développement.  Selon lui, la clef du succès sera à la fois la réaffirmation de l’engagement international en faveur des objectifs fixés à Monterrey et un soutien politique fort.


La Banque mondiale a identifié quatre éléments clefs visant à obtenir des résultats concrets, a-t-il souligné, citant un soutien financier aux pays qui ont mis en œuvre des stratégies de développement, la nécessité de donner un coup d’accélérateur à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement concernant l’éducation pour tous, les soins de santé de base et la lutte contre le VIH/sida et les autres maladies graves.  Il est également essentiel, a-t-il poursuivi, d’œuvrer avec la communauté internationale en faveur des États à revenu faible et de demeurer totalement engagé en faveur du financement du développement.


M. FRANCISCO THOMPSON FLORES, Organisation mondiale du commerce (OMC), a fait référence au rapport du Secrétaire général « Dans une liberté plus grande » pour faire valoir que le commerce n’était pas la réponse ultime à tous les problèmes humains.  La libéralisation du commerce n’est pas, en outre, le seul moyen pour répondre aux défis posés par nos sociétés, a-t-il dit.  Toutefois, a-t-il poursuivi, le commerce est un important moteur de croissance en vue de contribuer en profondeur à l’effort mondial de lutte contre la pauvreté et de promotion du développement.  C’est dans ce contexte que l’OMC peut apporter sa pierre à l’édifice.  C’est là que notre contribution aux Objectifs du Millénaire peut être la plus forte.  Un message adressé au Sommet du Millénaire de septembre prochain pourrait catalyser le Cycle de Doha en vue de la tenue de notre 6ème conférence ministérielle qui sera organisée à Hong Kong en décembre de cette année, a poursuivi M. Flores.  Un message fort de soutien permettrait par ailleurs de réaffirmer que ce sont les plus pauvres qui subissent le plus durement les délais dans la mise en œuvre du cycle de Doha. 


Poursuivant, M. Flores a déclaré que beaucoup restait à faire pour que le commerce devienne un instrument efficace de promotion du développement.  Des progrès significatifs doivent ainsi être accomplis dans les domaines de l’agriculture, de l’accès aux marchés et des services.  Dans ce cadre, il convient de rappeler que les gains économiques ne seront maximisés qu’à la condition que les pays en développement eux-mêmes fassent la démonstration de leur engagement au processus visant à l’ouverture de leurs marchés nationaux


M. CARLOS FORTIN, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a indiqué qu’en 2004, les flux mondiaux d’IED ont été révisés à la hausse mais continuent de se concentrer dans quelques pays.  En outre pour la majorité des pays la question est d’attirer le type d’IED qui permet la croissance et le développement économique.  Le Programme de travail de Doha, a poursuivi le représentant, a placé le développement au cœur des négociations.  Or, les progrès se font toujours attendre.  Il est temps de se mettre d’accord sur un calendrier relatif à l’élimination des subventions agricoles.  L’accès en franchise des exportations des PMA doit aussi devenir une réalité de même que la création d’un fonds en faveur de ces pays.  Concernant la dette, il a salué la décision du G-8 mais il a attiré l’attention sur les autres pays qui se heurtent au même type de problèmes.  Il faut que les créanciers et les débiteurs s’engagent dans un dialogue constructif.  Concluant sur les questions systémiques, il a plaidé pour le renforcement de la cohérence entre les systèmes financiers, commerciaux et monétaires.


M. MARK MALLOCH BROWN, Administrateur du PNUD, s’est félicité du fait que, concernant la dette, le récent Sommet du G-8 ait abouti à l’annulation de la dette extérieure de 18 pays en développement.  Au plan du commerce international, M. Malloch Brown a dit que le Consensus de Monterrey avait réussi à placer le commerce au centre de l’agenda sur le développement.  Dans ce cadre, le rôle du secteur privé dans le développement a été reconnu par tous pour ce qu’il est, à savoir un partenaire indispensable pour l’effort visant à réaliser les Objectifs du Millénaire.  Ainsi, trois ans après la Conférence de Monterrey, le dialogue et la coopération avec la société civile apparaissent comme un élément essentiel pour la bonne conduite des relations internationales, mais aussi pour mener à bien les efforts nationaux de développement.


Ce dialogue noué à Monterrey doit se poursuivre, de même que ceux liant les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods, et les pays développés et en développement.  L’esprit de Monterrey est animé par la recherche du consensus, les engagements mutuels et le partage des responsabilités aux fins de développement. C’est cet esprit qui doit nous guider alors que se profile le Sommet mondial de septembre prochain. 


M. ICHIRO AISAWA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Japon, a affirmé que son pays poursuivrait ses efforts en vue d’atteindre l’objectif de 0,7% du PNB.  Le Ministre a également indiqué qu’au cours des trois prochaines années l’aide japonaise à l’Afrique serait doublée.  Le Japon, a-t-il précisé, consacre 40% de l’aide publique au développement (APD) au secteur agricole des pays asiatiques en développement.  Il entend aider à mettre en place certaines des initiatives prises dans le cadre du nouveau Plan d’action pour le partenariat stratégique Asie-Afrique, annoncé en Indonésie lors du dernier sommet Asie-Afrique en avril dernier, en ce qui concerne les ressources humaines et le renforcement des capacités.


Nous devons éviter de nous concentrer exclusivement sur les nouveaux mécanismes financiers comme les taxations internationales, a-t-il déclaré.  Selon lui, les pays donateurs doivent redoubler d’efforts pour renforcer les initiatives appropriées en tenant compte de leurs capacités, fondées sur leurs propres systèmes institutionnels. 


M. E. AHAMED, Ministre d’État aux affaires étrangères de l’Inde, a argué qu’il est temps que le Consensus de Monterrey se traduise en mesures concrètes, en particulier en faveur de l’APD.  Si l’absence de progrès a poussé la communauté internationale à rechercher des mécanismes novateurs, il est important que l’APD ne soit pas réduite à moins de 0,7% du PNB.  Il serait tout aussi regrettable que les sources nouvelles de financement représentent un fardeau plus lourd pour les pays en développement.  Le Ministre a poursuivi en soulignant le rôle moteur du commerce dans le développement et en espérant une conclusion rapide du cycle des négociations de Doha.  Il devrait aboutir à une réaffirmation du principe de traitement différencié.  Le Ministre a en outre appelé à une correction démocratique des institutions de Bretton Woods.  Parlant de la dette, il a voulu que la question de sa viabilité soit envisagée au-delà de sa simple contribution à la réalisation des OMD.  Ce qui pose problème c’est le fait que les pays en développement ne soient pas représentés de manière permanente à la prise des décisions internationales, a-t-il résumé.  Le développement doit être replacé au centre des préoccupations internationales et le rôle des Nations Unies en la matière doit être réaffirmé.  La cohérence entre les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED ne saurait suffire.  Le Ministre a donc émis des réserves sur la proposition du Secrétaire général visant à créer un Comité exécutif du Conseil économique et social pour faciliter la coopération avec ces institutions.   Il a souligné le rôle de l’ONU dans l’orientation de l’ordre du jour macroéconomique. 


Mme MARJATTA RASI, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Finlande, a estimé que l’année 2005 était une année charnière pour le développement, l’occasion de faire un premier vrai  bilan des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire.  Monterrey est, dans ce contexte, le cadre commun où peuvent être forgés les partenariats pour le développement, a-t-elle dit.  Les pays en développement, eu égard aux engagements pris, doivent s’assurer de leur devenir en s’efforçant de mettre en œuvre des stratégies nationales sur la base de l’identification de leurs besoins en matière de développement et de progrès économiques.  Poursuivant, la Ministre a dit que, dans ce cadre, une bonne gouvernance était absolument indispensable, et ce pour que la croissance bénéficie aux plus pauvres et s’inscrive dans un projet viable de développement durable.  Des ressources accrues sont nécessaires pour réaliser les Objectifs du Millénaire, a encore déclaré Mme Rasi.  C’est pourquoi, le niveau de l’APD doit rapidement être relevé pour atteindre les engagements initiaux.   


Nous saluons la récente décision prise par les Ministres des finances du G-8 d’annuler la dette extérieure de 18 pays en développement, a indiqué la Ministre.  Il reste encore à réformer le commerce international en ouvrant les marchés des pays développés aux produits des pays en développement.  Une aide technique et davantage d’investissements sont en outre indispensables en vue de favoriser l’établissement d’infrastructures adaptées aux objectifs fixés par la déclaration de Doha. 


M. HELMUT K. ANGULA, Directeur général de la Commission nationale de planification de la Namibie, a noté que la tenue de ce dialogue de haut niveau était opportune alors que le manque de ressources financières constituait l’obstacle le plus important à la mise en application du Consensus de Monterrey. Il a déclaré que la réponse des partenaires de développement, en ce qui concerne l’assistance, n’avait pas été proportionnelle aux progrès effectués par les pays en développement pour mobiliser des ressources nationales.  Il a indiqué qu’une aide publique au développement (APD) substantielle était nécessaire, non seulement pour beaucoup de pays à bas revenu et les pays les moins avancés mais aussi pour de nombreux pays à revenu moyen.  Il a pris note de l’appel du Secrétaire général pour que les pays pauvres adoptent des stratégies nationales de développement permettant d’atteindre les OMD d’ici à 2015 et qu’ils puissent compter sur une aide internationale prévisible à cet égard.  Mais il a demandé que ces initiatives ne soient pas un fardeau supplémentaire pour les pays en développement.  Par ailleurs, il s’est félicité des récentes initiatives, notamment du G-8, en matière de dette des pays pauvres mais a affirmé qu’elles devaient être élargies afin d’inclure un plus grand nombre de pays en développement.  Il a aussi insisté sur l’importance de l’accès au marché et a souhaité que les pays développés mettent fin aux subventions et aux autres mesures qui font obstacle à l’accès au marché pour les pays en développement. 


M. Angula a rappelé que pour réduire l’extrême pauvreté d’ici à 2015, tout particulièrement en Afrique subsaharienne, 50 milliards de dollars par année étaient nécessaires.  Ainsi, il a déclaré qu’il fallait trouver de nouvelles sources de financement et a salué le lancement d’une facilité de financement internationale tout en insistant pour que celle-ci vienne s’ajouter aux engagements existants.  De plus, il a appelé les partenaires du développement à respecter les promesses faites, notamment celle de consacrer 0,7% de leur PNB à l’APD.  Enfin, il s’est félicité que les besoins spécifiques de l’Afrique aient été reconnus mais a indiqué que, pour le moment, les bonnes intentions et les engagements pour soutenir l’Afrique n’avaient pas encore été honorés.


M. PETER ADAMS, Directeur exécutif de l’Agence pour le développement international de la Nouvelle-Zélande, a affirmé que 2005 pouvait et devait être une année charnière pour les Nations Unies et le développement.  Nous nous réunissons à un moment où il y a des possibilités de progrès réels, notamment en matière de développement économique et de protection de l’environnement, a-t-il déclaré.  Il convient, pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, d’accroître l’aide aux pays en développement, a-t-il estimé, espérant que des progrès seraient réalisés dans ce domaine.  La Nouvelle-Zélande, a-t-il indiqué, participe à ces efforts.  Une meilleure gestion de l’aide permettra aux pays en développement de mieux maîtriser leur propre voie de développement, a-t-il affirmé.  Il est important également au sein du système des Nations Unies d’axer les efforts sur une meilleure utilisation de l’aide par les pays en développement, a-t-il ajouté.


Il a par ailleurs mis l’accent sur l’impact du changement climatique sur le développement.  Ainsi, un dialogue international constructif est nécessaire et urgent, a-t-il assuré.  Il faut que le cadre international en matière de changement climatique soit plus inclusif, a-t-il dit. 


M. JOAO GOMES CRAVINHO, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération du Portugal, citant le rapport du Secrétaire général, a souligné la nécessité de mobiliser les ressources financières nationales pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il est cependant important que les pays donateurs et les gouvernements qui reçoivent une aide adoptent une approche commune qui soit sensible aux préoccupations de chacun.  Pour ce qui est de la mobilisation des ressources internationales pour le développement et des investissement étrangers directs, le Portugal élabore actuellement sa nouvelle Stratégie de coopération pour le développement qui s’inspire des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Ce processus donnera lieu à la naissance d’un nouveau mécanisme de financement du développement qui aidera à la mobilisation des ressources et renforcera la synergie entre les investissements directs et l’APD. 


En termes de ressources publiques, le Portugal souhaite consacrer d’ici à 2010 0,51% de son PNB à l’APD en accordant une attention particulière aux pays les moins avancés, en particulier en Afrique subsaharienne.  Nous avons déjà atteint les objectifs des Nations Unies en consacrant 0,20% de notre PNB à l’aide aux pays les moins avancés et nous demandons instamment aux pays développés d’accorder une attention égale à cet objectif.  Il devient clair qu’il nous faut mettre au point de nouveaux mécanismes pour financer la coopération pour le développement.  Le Portugal croit en un partenariat mondial qui associe gouvernements et organisations de la société civile, de l’hémisphère Nord comme de l’hémisphère Sud, mais il reste cependant beaucoup à faire pour renforcer un tel partenariat, a fait observer M. Gomes Cravinho.


M. GUISEPPE DRAGO, Ministre des affaires étrangères de l’Italie, a estimé que l’aide publique au développement ne représentait qu’une partie d’une stratégie plus large visant à développer les marchés de capitaux domestiques, attirer les investissements étrangers, résoudre le problème de la dette extérieure et, de façon plus générale, examiner les règles et procédures en vigueur dans les domaines commercial et financier.   L’Italie est particulièrement attachée au rôle du secteur privé en tant que moteur de la croissance économique, a dit M. Drago.  La coopération italienne consiste à ce titre à promouvoir le développement des entreprises dans les pays pauvres, en particulier dans les domaines de l’agriculture et de la confection.  C’est dans cet esprit visant à créer de nouvelles opportunités économiques que l’Italie a lancé des initiatives pour rationaliser la circulation des envois de fonds des immigrés et encourager le développement du microcrédit et de la microfinance en liaison avec le système bancaire italien. 


M. Drago a également indiqué que son pays avait activement soutenu l’annulation de 100% de la dette des pays pauvres.  L’Italie est en outre engagée dans une série d’initiatives en matière de développement touchant différents secteurs, en particulier la lutte contre la pauvreté et la faim dans le monde.  Notre pays a par ailleurs proposé un projet de recherche de fabrication de nouveaux vaccins contre les maladies les plus répandues, telles que le paludisme, le VIH/sida et la tuberculose. 


M. OSKARAS JUSYS, Sous-secrétaire des affaires étrangères de Lituanie, a affirmé que la mondialisation nécessitait des efforts collectifs pour lutter contre la pauvreté dans un monde en évolution constante.  Il a estimé que pour honorer les engagements pris à Monterrey, il fallait considérablement améliorer les partenariats et renforcer le dialogue entre pays développés et pays en développement.  Il est de la plus haute importance de s’interroger sur ce qui a été accompli depuis 2000 pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  La pauvreté, la faim et les maladies transmissibles ainsi que le terrorisme international continuent de faire obstacle aux efforts des pays en développement.  Dans certaines régions, la pauvreté s’est même accrue.  Il a toutefois souligné les avancées faites à la fois par les pays en développement et les pays développés, notant entre autres que le partenariat était aujourd’hui basé sur les Documents de stratégie de réduction de la pauvreté.  Par ailleurs, M. Jusys a indiqué qu’en 2004, de nombreux pays d’Europe, auparavant bénéficiaires d’aide, avaient accédé à l’Union européenne après de profondes réformes.  Tous ces pays soutiennent les efforts de la communauté internationale pour répondre aux besoins des plus pauvres et partagent l’idée européenne concernant la solidarité, a-t-il ajouté.  Il a précisé que l’objectif de 0,56% d’APD d’ici à 2010, adopté par le Conseil européen était la preuve de cette solidarité.  Il a notamment insisté sur l’importance de la mobilisation des ressources nationales, de la bonne gouvernance et de la libéralisation du commerce ainsi que de la promotion des investissements pour parvenir aux OMD.  Enfin, il a souligné qu’en 10 ans, la Lituanie avait réussi son processus de réforme et que cette expérience unique pourrait servir d’exemple pour de nombreux pays en développement. 


Réaffirmant son soutien au Consensus de Monterrey, M. BRUCE BILLSON, Secrétaire parlementaire pour les affaires étrangères et le commerce de l’Australie, a plaidé pour une approche intégrée au financement du développement.  Cette approche, a-t-il précisé, devrait permettre de mobiliser les ressources nationales, faciliter l’investissement étranger direct, poursuivre la libéralisation du commerce et augmenter l’APD.  En ce qui concerne la libéralisation du commerce, il a exhorté les pays développés et en développement à accorder la plus haute priorité à la conclusion du Cycle de Doha sur les échanges commerciaux d’ici à 2006.  Il a particulièrement insisté sur l’importance de réformer le secteur de l’agriculture, notamment en éliminant les subventions, en réduisant les distorsions commerciales et en abaissant les barrières douanières.  Il a fait valoir le programme d’aide australien aux pays les moins avancés qui donne un accès sans quota et sans barrières douanières à tous les produits de ces derniers.  Par ailleurs, il a affirmé qu’un environnement commercial plus ouvert devait s’accompagner d’une bonne gouvernance afin de se traduire par des gains en matière de réduction de la pauvreté.  La promotion de la stabilité macroéconomique et de l’état de droit, la garantie des droits de propriété et la lutte contre la corruption sont centrales pour ces efforts, a-t-il estimé. 


En matière d’APD, M. Billson a souhaité que les efforts soient coordonnés et répondent aux besoins spécifiques de chaque pays, soulignant que l’Australie s’était engagée de 2005 à 2009 à fournir deux milliards de dollars australiens en APD, en plus du programme d’aide existant.  Il a aussi mis en lumière quelques unes des aides accordées par son pays à la région Asie-Pacifique, notant que plus des deux tiers des pauvres du monde résidaient dans cette région.  Il a indiqué que l’efficacité de l’aide demeurait la clef pour ces efforts et a déclaré que l’Australie préparait un document de travail sur son programme d’aide qui sera présenté au Parlement en 2006 et qui vise à offrir un soutien efficace et bien ciblé à ces partenaires. 


Documentation


-     Rapports du Secrétaire général (A/59/800 et A/59/822)

-     Notes du Secrétaire général (A/59/826 et A/59/850)

-     Résumé établi par le Président du Conseil économique et social (A/59/823-E/2005/69)

-     Note du Secrétariat (A/59/855)

-     Document de séance (A/59/CRP.6)


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