MESSAGE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION

14 octobre 2004
SG/SM/9539-OBV/442

MESSAGE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DE L’ALIMENTATION

14/10/2004
Communiqué de presseSG/SM/9539 OBV/442

MESSAGE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE

DE L’ALIMENTATION

On trouvera ci-après le message du Secrétaire général à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation célébrée le 16 octobre:

Quelque 840 millions de personnes dans le monde souffrent de faim chronique. Jamais, il n’y a eu autant d’affamés.  Cela est inacceptable dans un monde d’abondance. Notre planète a de quoi nourrir tous ses habitants, hommes, femmes et enfants, mais nous devons faire beaucoup mieux sur divers plans – politique, économique, scientifique et logistique – si nous voulons atteindre l’objectif du Millénaire pour le développement qui consiste à réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de gens qui souffrent de la faim.

Cette année, le thème de la Journée mondiale de l’alimentation, « La biodiversité pour la sécurité alimentaire », souligne le rôle primordial que joue la biodiversité dans la lutte contre la faim. La biodiversité fournit le réservoir génétique de plantes, animaux et micro-organismes pour la production alimentaire et la productivité agricole. Elle assure la préservation des écosystèmes qui fournissent des services essentiels en fertilisant les sols, en recyclant les nutriments, en assurant la régulation des agents nuisibles et des maladies, en maîtrisant l’érosion et en fécondant beaucoup de nos cultures et de nos arbres. Ceux qui ont une bonne connaissance de la biodiversité, notamment les agriculteurs qui sont responsables de la santé et du bien-être de leur famille, savent comment se nourrir en temps de crise, quand survient une guerre civile, une catastrophe naturelle ou une maladie invalidante.

Nous ne pouvons donc qu’être profondément alarmés par la diminution sans précédent de la diversité biologique au cours du siècle dernier. De nombreuses espèces de poissons d’eau douce, qui apportent la variété indispensable au régime alimentaire des ménages les plus pauvres, ont disparu, et nombre des plus importantes zones de pêche marines ont été décimées. Nos réserves alimentaires sont aussi devenues plus vulnérables parce que nous n’utilisons que très peu d’espèces : 30 espèces de cultures seulement dominent la production alimentaire et 90 % des viandes que nous consommons viennent de 14 espèces seulement de mammifères et d’oiseaux, espèces qui elles-mêmes s’appuient sur la diversité biologique pour leur productivité et leur survie. La biodiversité agricole a considérablement diminué, et de nombreuses espèces de bétail sont menacées d’extinction.

En 2002, les parties à la Convention sur la diversité biologique s’étaient engagées à réduire considérablement, d’ici à 2010, le rythme auquel diminue la diversité génétique, un objectif qui a ensuite été repris au Sommet mondial pour le développement durable. Si nous ne faisons pas plus pour atteindre cet objectif et préserver et utiliser de façon durable la précieuse richesse que constitue la diversité biologique, nous faillirons à notre devoir de nourrir le monde. Et si nous échouons dans cette entreprise, il n’y a guère d’espoir d’éliminer l’extrême pauvreté. En cette Journée mondiale de l’alimentation, j’engage les simples particuliers autant que les organisations à prêter davantage attention à la diversité biologique, un allié essentiel dans notre combat contre ces deux fléaux que sont la faim et la pauvreté, et dans les efforts que nous menons pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement.

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