L’INTERDICTION DE LA TORTURE EST ABSOLUE EN TOUTES CIRCONSTANCES ET S’APPLIQUE À TOUS LES ÉTATS, AFFIRME KOFI ANNAN

22 juin 2004
SG/SM/9373-OBV/428

L’INTERDICTION DE LA TORTURE EST ABSOLUE EN TOUTES CIRCONSTANCES ET S’APPLIQUE À TOUS LES ÉTATS, AFFIRME KOFI ANNAN

22/06/2004
Communiqué de presse
SG/SM/9373
OBV/428


L’INTERDICTION DE LA TORTURE EST ABSOLUE EN TOUTES CIRCONSTANCES

ET S’APPLIQUE À TOUS LES ÉTATS, AFFIRME KOFI ANNAN


Vous trouverez ci-dessous le message du Secrétaire général, Kofi Annan, à l’occasion de la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, le 26 juin 2004:


La Journée internationale de soutien aux victimes de la torture est l’occasion pour le monde de réaffirmer que la torture et les autres traitements cruels, inhumains ou dégradants sont inacceptables et ne peuvent être tolérés. Elle est l’occasion de redire que nous sommes déterminés à dénoncer les actes de ce type et à faire en sorte que les victimes obtiennent justice. Mais elle est surtout l’occasion, pour les gouvernements, de se demander s’ils font vraiment tout le nécessaire pour prévenir la torture, aider ceux qui en sont victimes, punir ceux qui la pratiquent et éviter qu’ils ne récidivent.


Malheureusement, nous savons que la torture et les autres traitements cruels, inhumains ou dégradants restent monnaie courante dans de nombreux pays. Pourtant, l’interdiction de ces actes n’est pas ambiguë : elle est absolue. Elle a force obligatoire pour tous les États, sur tous les territoires qui relèvent de leur juridiction ou se trouvent sous leur contrôle effectif. Elle s’applique en toutes circonstances, en temps de guerre comme en temps de paix. Appelée autrement, la torture n’en est pas davantage acceptable : les euphémismes ne peuvent servir à contourner des obligations juridiques.


Les États doivent honorer leurs obligations, surtout celle de s’assurer que les auteurs d’actes de torture ne restent pas impunis. Ni ceux qui orchestrent ou autorisent des actes de torture ou d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, ni ceux qui commettent ces actes ne doivent jouir de l’impunité. Des instances indépendantes doivent les juger et prononcer des sanctions à la mesure de leur crime.


Les nombreux États qui ont ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ont accepté de leur plein gré d’être liés par le droit coutumier international. Aujourd’hui, je demande à tous les États de ratifier ces deux traités essentiels, ainsi que le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture. Et je les engage à faire savoir au Rapporteur spécial chargé d’examiner la question de la torture, ainsi qu’à ceux qui s’occupent d’autres questions relatives aux droits de l’homme, que leurs portes sont ouvertes.


Je saisis aussi cette occasion pour rendre hommage à tous ceux qui, partout dans le monde, font ce qu’ils peuvent pour atténuer les souffrances des personnes qui ont survécu à la torture et des membres de leur famille. Grâce au Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les victimes de la torture, de nombreuses organisations non gouvernementales peuvent offrir aux victimes des soins médicaux et un soutien psychologique, une aide juridique et sociale et un appui financier. Je suis reconnaissant aux gouvernements et aux autres donateurs grâce à qui cette assistance est possible, et je demande à tous les membres de la communauté internationale d’alimenter le Fonds.


L’Organisation des Nations Unies a été créée pour réaffirmer la dignité et la valeur de l’être humain, et pour créer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande. Cette promesse restera lettre morte si nous ne faisons pas disparaître la torture de la surface de la terre. En cette Journée internationale de soutien aux victimes de la torture, réaffirmons que nous sommes résolus à y parvenir.


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