KOFI ANNAN SOULIGNE L’IMPORTANCE DE L’INFORMATION DANS LA LUTTE CONTRE LES CATASTROPHES NATURELLES A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE L’EAU

22 mars 2004
SG/SM/9209-ENV/DEV/755-OBV/411

KOFI ANNAN SOULIGNE L’IMPORTANCE DE L’INFORMATION DANS LA LUTTE CONTRE LES CATASTROPHES NATURELLES A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE L’EAU

22/03/04
Communiqué de presseSG/SM/9209 ENV/DEV/755 OBV/411

KOFI ANNAN SOULIGNE L’IMPORTANCE DE L’INFORMATION DANS LA LUTTE CONTRE LES CATASTROPHES NATURELLES A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE L’EAU

On trouvera ci-après le texte du message du Secrétaire général, Kofi Annan, délivré à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau sur le thème « L’eau et les catastrophes : être informé, être prêt », le 22 mars 2004

Le thème retenu cette année pour la Journée mondiale de l’eau est « L’eau et les catastrophes : être informé, être prêt ». Les catastrophes liées à l’eau – inondations, sécheresses, ouragans, typhons et cyclones tropicaux – coûtent d’innombrables vies humaines et font d’énormes dégâts matériels; elles plongent des millions de personnes dans la détresse et entraînent des pertes économiques désastreuses. Comme toujours, ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui sont les plus durement touchés, mais comme on l’a vu en Europe centrale en 2002, même les pays industrialisés peuvent être frappés de plein fouet. Nous voudrions certes penser que ces catastrophes sont purement naturelles, mais il est un fait que l’activité humaine fait nettement augmenter les risques et aggrave certaines situations de vulnérabilité, et que certaines catastrophes, comme les marées noires et les fuites de déchets toxiques, qui polluent gravement nos précieuses ressources en eau, sont exclusivement du fait de l’homme.

Les sociétés modernes ont des avantages certains par rapport aux civilisations d’hier, que les phénomènes liés à l’eau pouvaient purement et simplement anéantir. Nous disposons de connaissances immenses et avons les moyens de les diffuser jusque dans les endroits les plus reculés du monde. Grâce au progrès scientifique, nous pouvons mieux prévoir le temps, mieux cultiver la terre, mieux gérer les ressources naturelles, et mieux nous préparer aux catastrophes naturelles et en gérer les conséquences. Les nouvelles technologies resteront le fondement de tous nos efforts. Mais une action rationnelle fondée sur une information complète et menée sur les fronts politique, social et culturel, conjuguée à une participation du public à tous les stades de la gestion des catastrophes, est indispensable pour que nous soyons moins vulnérables aux catastrophes et que des situations dangereuses ne dégénère pas en catastrophes ingérables.

La Journée mondiale de l’eau coïncide avec la publication de directives pour la réduction des pertes dues aux inondations. Ces directives, qui prennent la forme d’un manuel et d’une série d’options à l’intention des décideurs, sont le fruit d’efforts conjoints du Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat de l’ONU, du Service météorologique national des États-Unis, des responsables de la Stratégie internationale de prévention des catastrophes naturelles, de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique et de l’Organisation

météorologique mondiale, qui ont bénéficié du soutien de l’Agence suisse pour le développement et la coopération. Elles devraient être utiles aux participants à la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes, laquelle doit se tenir à Kobe-Hyogo, au Japon, en janvier 2005. Je recommande à tous les intéressés d’en prendre connaissance.

Au-delà des questions de prévention des catastrophes liées à l’eau, la communauté internationale a pris des mesures pour faire face à d’autres problèmes qui se posent à l’échelle mondiale dans le domaine de l’eau. En 2000, les Chefs d’État se sont engagés à faire cesser l’exploitation inconsidérée des ressources en eau en élaborant des stratégies de gestion de ces ressources qui aillent dans le sens d’un accès équitable et permettent de satisfaire les besoins de tous. Au Sommet mondial pour le développement durable qui s’est tenu en 2002, les dirigeants politiques du monde sont convenus d’arrêter au plus tard en 2005 des plans intégrés de gestion et d’utilisation efficiente des ressources en eau.

La communauté internationale a pris bien des initiatives louables face aux problèmes qui se posent dans le domaine de l’eau, mais ses efforts sont, dans l’ensemble, insuffisants. Pour atteindre l’objectif du Millénaire consistant à réduire de moitié, d’ici à 2015, la proportion de gens pour qui l’eau potable est inaccessible ou inabordable, il va falloir chaque jour 270 000 nouveaux raccordements aux systèmes d’approvisionnement en eau. Pour ce qui est de l’assainissement, les besoins sont plus énormes encore. Ces chiffres n’ont pas pour objet de minimiser les efforts que déploient certains gouvernements et des milliers d’associations, mais de montrer que des mesures sortant de l’ordinaire doivent être prises d’urgence.

C’est dans cet esprit que j’ai décidé de créer un Comité consultatif pour les questions relatives à l’eau et à l’assainissement. Présidé par l’ancien Premier Ministre Ryutaro Hashimoto, ce comité consultatif comprendra aussi tout un éventail de personnalités, d’experts techniques et de personnes qui ont fait la preuve qu’elles savent mobiliser les bonnes volontés, faire bouger les organismes publics et travailler avec les médias, le secteur privé et la société civile. J’ai demandé à ce comité de mobiliser toutes les compétences de ses membres afin de faire connaître les problèmes qui se posent, d’aider à réunir des fonds pour financer des projets et de favoriser la création de nouveaux partenariats dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

L’eau est un élément central des stratégies visant à éliminer la pauvreté et à parvenir à un développement durable. Que cette Journée mondiale de l’eau nous incite à redoubler d’efforts pour que les questions relatives à l’eau reçoivent l’attention qu’elles méritent, dès aujourd’hui et à long terme.

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