DES SCIENTIFIQUES DE RENOM DEMONTRENT LE ROLE DETERMINANT DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE DANS LA REALISATION DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DU MILLENAIRE

5 février 2004
DEV/2459

DES SCIENTIFIQUES DE RENOM DEMONTRENT LE ROLE DETERMINANT DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE DANS LA REALISATION DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DU MILLENAIRE

05/02/04
Communiqué de presseDEV/2459

DES SCIENTIFIQUES DE RENOM DEMONTRENT LE ROLE DETERMINANT DE LA SCIENCE ET DE LA TECHNOLOGIE DANS LA REALISATION DES OBJECTIFS DE DEVELOPPEMENT DU MILLENAIRE

Le Conseil interacadémique présente un rapport sur la question

« Concevoir un avenir meilleur : Stratégie pour édifier des capacités en sciences et en technologie dans le monde entier » est le titre du rapport initial du Conseil interacadémique (CIA) qui l’a présenté, cet après-midi, en présence du Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et de l’Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mark Malloch-Brown.  Créée en mai 2000 par 90 académies nationales pour offrir une expertise à des institutions internationales comme l’ONU ou la Banque mondiale, le CIA a publié un rapport de sept chapitres concernant la promotion des capacités scientifiques et technologiques, le lien entre ces deux domaines et la société, le renforcement des ressources humaines, la création d’institutions d’excellence, l’implication des secteurs public et privé, les questions de financement et la création de coalitions pour une action efficace. 

En substance, les recommandations du rapport appellent chaque nation à développer une stratégie scientifique et technologique, reflétant les priorités locales et s’appuyant sur des sources adéquates de financement, en consultation avec ses communautés scientifique, médicale, industrielle et d’ingénierie.  Saluant cette initiative, le Secrétaire général a estimé que le respect des huit engagements du Millénaire, fixés en 2000 et concernant des objectifs liés à la réduction de la pauvreté, à la lutte contre le VIH/sida ou encore à l’accès universel à l’éducation d’ici 2015, exige que l’on table sur la créativité humaine.  Espérant, au nom des Nations Unies et de leurs partenaires, la mobilisation des meilleurs esprits scientifiques pour mettre leurs connaissances et leurs conseils d’experts au service des peuples, Kofi Annan s’est félicité que le rapport du CIA propose de nouvelles mesures pour renforcer les capacités scientifiques au niveau national et multiplier les chances de coopération entre les communautés scientifiques du monde. 

Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour traduire en actes concrets les recommandations du rapport, a-t-il appelé en espérant que le Conseil interacadémique et la communauté scientifique dans son ensemble exploiteront ce premier pas, en partenariat avec les Nations Unies et leurs institutions, les autres organisations internationales et régionales et, les gouvernements.  C’est de cette manière que le potentiel de la science et de la technologie pourra être exploité dans l’intérêt de la lutte pour l’amélioration des conditions humaines, a encore dit le Secrétaire général.  

Les cerveaux représentent aujourd’hui une bonne partie de la richesse mondiale, a renchéri le CoPrésident du Panel des 11 rédacteurs du rapport et Directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie, en appelant à endiguer le phénomène de la fuite des cerveaux.  Selon Ismail Serageldin, le monde se dirige vers  une forme d’apartheid scientifique si des mesures concrètes ne sont pas prises, responsabilité qui revient en large partie au monde universitaire.  L’autre CoPrésident du Panel et Professeur à l’Institut national des mathématiques pures et appliquées de Rio de Janeiro, Jacob Palis, a fixé comme domaines prioritaires la mise à la portée du public des questions scientifiques, la lutte contre la fuite des cerveaux, la promotion des programmes spéciaux d’appui et de diffusion et le renforcement des capacités technologiques et scientifiques à l’échelle mondiale.  Il a également plaidé en faveur de la mise en place de groupes scientifiques de haut niveau, par le biais de réseaux d’excellence virtuels et de partenariats étroits entre la communauté scientifique et les ministères concernés des pays en développement.  A ce titre, Jacob Palis a mis l’accent sur le rôle des institutions internationales et régionales et la détermination des gouvernements à promouvoir la recherche et le développement tant sur le plan national que régional et international.

C’est de cette détermination que dépend l’avenir de la science et de la technologie dans les pays en développement, a insisté, Mamphela Ramphele, Directrice du développement humain à la Banque mondiale.  Lançant un cri d’alarme face à l’écart entre les pays du Nord et ceux du Sud, elle a étayé ses propos en indiquant que même en incluant l’Inde, les scientifiques du Sud ne contribuent qu’à hauteur de 30% aux publications mondiales.  Il faut, a-t-elle dit, briser ce cercle vicieux par un partenariat véritable, en particulier avec les bailleurs de fonds.  Le but ultime doit être de conjuguer les savoirs mondial et locaux et faire que la science sorte de sa tour d’ivoire pour régler les problèmes quotidiens des sociétés.

Les interventions des rédacteurs du rapport ont été suivies de questions de l’assistance.  Le Directeur de la Bibliothèque d’Alexandrie a rappelé que l’un des principaux problèmes rencontrés par les pays en développement est précisément l’accès à l’Internet et qu’un tel obstacle ne saurait être surmonté sans une aide internationale.  Pour sa part, le Professeur à l’Institut des mathématiques pures et appliquées de Rio de Janeiro a souligné que l’atlas mondial de la science et de la technologie est en plein changement et a estimé que les pays relativement avancés doivent assumer la responsabilité du partage des connaissances avec les pays en développement et offrir notamment des bourses d’étude et de formation aux scientifiques et chercheurs de ces pays.  Quant à la perception de la science et de la technologie comme un luxe, la Directrice du développement humain à la Banque mondiale a souhaité un changement culturel de la part des chercheurs et des scientifiques qui doivent engager un dialogue avec leurs dirigeants et expliquer à large échelle dans quelle mesure la science peut contribuer à améliorer les conditions de vie et la situation économique et sociale de leur pays. Elle a également remis l’accent sur l’importance de la coopération entre la Banque mondiale et l’UNESCO en matière de promotion de l’éducation et de la science, tâche si importante qu’elle ne saurait être assumée par une organisation à elle seule.

Concluant la réunion, le Secrétaire général de l’ONU a réitéré sa demande au CIA de lui présenter un rapport qui se penche sur la situation de l’Afrique en matière de recherche, science et développement.  Remettant officiellement son rapport au Secrétaire général, le CoPrésident du CIA, Bruce Alberts, a estimé qu’un rapport sur l’Afrique serait une suite logique de celui présenté aujourd’hui.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.