DE RETOUR À NEW YORK, LA MISSION DU CONSEIL EN RDC ET AU BURUNDI SE DÉCLARE ENCOURAGÉE, MAIS AVEC LE SENTIMENT QUE RIEN N’EST JOUÉ

30 novembre 2004
CS/8255

DE RETOUR À NEW YORK, LA MISSION DU CONSEIL EN RDC ET AU BURUNDI SE DÉCLARE ENCOURAGÉE, MAIS AVEC LE SENTIMENT QUE RIEN N’EST JOUÉ

30/11/2004
Communiqué de presseCS/8255

Conseil de sécurité

5091e séance – matin

DE RETOUR À NEW YORK, LA MISSION DU CONSEIL EN RDC ET AU BURUNDI SE DÉCLARE ENCOURAGÉE, MAIS AVEC LE SENTIMENT QUE RIEN N’EST JOUÉ

« Nous sommes revenus encouragés même si beaucoup reste à faire », a déclaré, ce matin, devant le Conseil de sécurité, le représentant de la France, Jean-Marc de La Sablière, qui vient de conduire une mission du Conseil au Rwanda, en République démocratique du Congo (RDC) au Burundi et en Ouganda.  Cette mission, qui s’est déroulée du 21 au 25 novembre derniers, avait pour objectif, a-t-il rappelé, d’apprécier la marche des processus de paix congolais et burundais et les implications pour la région.  Ces deux pays accueillent chacun une opération des Nations Unies; celle de la RDC étant désormais la plus importante. 

Le représentant de la France a fait état de progrès tangibles, concernant en particulier l’attachement aux élections, mais aussi les retards dans le travail législatif, les risques toujours réelles d’une nouvelle flambée de la violence et l’instabilité persistante dans l’est due à la présence des rebelles rwandais ex-FAR et Interhamwe.  Devant les menaces d’action militaire du Rwanda, le représentant de la France a réitéré la position de la mission du Conseil selon laquelle ce problème doit être réglé avec le soutien de la MONUC à l’armée congolaise et en plein respect de la souveraineté des États.

La parution, dans les prochains jours, du rapport de la mission du Conseil, qui comporte un compte rendu de chacune des étapes et une série de conclusions et de recommandations, devrait être suivie d’une séance publique au cours de laquelle les représentants des pays visités ainsi que les États et les organisations intéressées pourront intervenir et enrichir ainsi la réflexion du Conseil. 

MISSION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

Exposé du Chef de la mission du Conseil de sécurité en Afrique centrale

En commençant son exposé, M. Jean-Marc de La Sablière a indiqué que la mission, qui est intervenue au bon moment, s’est inscrite d’une part, dans l’effort de concertation à Dar es-Salaam, les 19 et 20 novembre, et d’autre part, en RDC comme au Burundi, en soutien très fort de l’action menée à un moment clef des processus par Carolyn McAskie et Bill Swing.  Il s’est agi d’un moment clef, s’est-il expliqué, car les dispositifs de transition entrent, dans l’un et l’autre pays, dans leur phase ultime.  À Kinshasa et Bujumbura, les Gouvernements et les Parlements sont désormais engagés dans les préparatifs des élections. 

Nous sommes revenus encouragés même si beaucoup reste à faire, a indiqué le représentant de la France au début de son analyse des deux situations.  Il a ainsi fait part d’une détermination très largement partagée à aller aux élections.  Il a aussi fait observer que depuis juin 2003, la RDC a mis en place les institutions de transition et que les incidents de Bukavu et de Kinshasa de mai/juin derniers ont été surmontés.  Au Burundi, un cessez-le-feu général a été conclu et le calme règne sur 95% du territoire en dehors de Bujumbura rural ou sévit encore le FNL.  Le cadre de la fin de la transition et de l’après-transition a été largement agréé et la Constitution doit être adoptée par le peuple dans le cadre d’un référendum prévu pour le 22 décembre.

Toutefois, a prévenu le représentant, rien n’est joué car les difficultés et les pesanteurs ne doivent pas être sous-estimées.  Il a rappelé qu’en RDC, le texte de la Constitution ne fait pas encore l’objet d’un accord et que dans les deux pays, il reste un important travail législatif à accomplir sans parler de l’établissement des listes électorales.  En RDC, a-t-il insisté, il est indispensable que l’espace présidentiel approfondisse son dialogue.  Dans ce cadre, la communauté internationale doit pouvoir influencer avec efficacité les choses.  Pour ce faire, a-t-il poursuivi, en RDC, les mécanismes de concertation doivent être mieux utilisés comme le souhaite le Comité international d’accompagnement de la transition (CIAT) qui demande la mise en place des deuxième et troisième commissions conjointes décidées en septembre dernier à New York. 

Pour M. de La Sablière, il est également essentiel que les élections prévues en 2005 ne soient pas d’ici-là compromises par de nouvelles flambées de violence.  Tel est le sens des efforts que le Conseil a consentis depuis six mois, a-t-il expliqué, en déployant l’ONUB au Burundi et en renforçant la MONUC en RDC.  Beaucoup reste à faire dans ce pays en matière de désarmement et de restructuration des forces de défense, a-t-il ajouté, notant que plusieurs pays ont accepté d’apporter une contribution importante à la RDC dans ces domaines.  L’ambassadeur a poursuivi en exprimant sa préoccupation face à la fragilité de la paix dans la région.  Il ne faudrait pas, a-t-il dit que l’instabilité particulièrement sensible dans l’Est de la RDC compromette les processus en cours, rappelant la présence de tous les groupes armés, problème soulevé avec tous les chefs d’État.  Il a expliqué que la présence sur le territoire congolais, des ex-FAR et Interhamwes est un problème pour l’organisation des élections dans le Kivu, pour le Burundi et toujours pour le Rwanda, même si, a-t-il ajouté, le Conseil n’a pas la même appréciation que les autorités burundaises sur l’ampleur de cette menace.  Ce problème doit être réglé rapidement, a-t-il déclaré, avec le soutien de la MONUC à l’armée congolaise, en respectant la souveraineté des États. 

M. de La Sablière a ensuite considéré que la dimension régionale de certains problèmes renforce l’idée que le succès de la Conférence des Grands Lacs doit être suivie par la mise en œuvre rapide de la Déclaration de Dar es-Salaam en établissant des priorités.  Il faut aussi penser à la période post-électorale, a-t-il ajouté, qui doit connaître la stabilité et les voies du développement avec le soutien de la communauté internationale.  De plus, à ses yeux, l’impunité doit être combattue avec la plus grande détermination, après toutes les violations des droits de l’homme qu’a connues la région.  L’ambassadeur a conclu que le Conseil de sécurité a du travail à faire sur ce point, devant notamment réfléchir aux mesures à prendre à l’égard du FNL, mouvement qui s’oppose au processus de paix.  Il a suggéré que le Conseil agisse dès qu’il aura reçu le rapport du Secrétariat concernant l’établissement d’une commission internationale d’enquête judiciaire.

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