LE CONSEIL APPUIE FERMEMENT L’ENGAGEMENT DES PARTIES SOUDANAISES À SIGNER UN ACCORD DE PAIX GLOBAL D’ICI LE 31 DÉCEMBRE 2004

19 novembre 2004
CS/8249

LE CONSEIL APPUIE FERMEMENT L’ENGAGEMENT DES PARTIES SOUDANAISES À SIGNER UN ACCORD DE PAIX GLOBAL D’ICI LE 31 DÉCEMBRE 2004

19/11/2004
Communiqué de presse
CS/8249


Session du Conseil de sécurité à Nairobi                   

5082e séance – matin                                       


LE CONSEIL APPUIE FERMEMENT L’ENGAGEMENT DES PARTIES SOUDANAISES À SIGNER UN ACCORD DE PAIX GLOBAL D’ICI LE 31 DÉCEMBRE 2004


Il se dit prêt à envisager la création d’une opération en appui

à l’accord de paix et, en attendant, proroge jusqu’au 10 mars 2005 la Mission de l’ONU


NAIROBI, 19 novembre -- À l’issue de sa réunion sur la situation au Soudan, qui tient son caractère « historique » du fait qu’elle s’est tenue en dehors du Siège de l’ONU à New York, le Conseil de sécurité, présent depuis deux jours à Nairobi, a adopté aujourd’hui, à l’unanimité, la résolution 1574 (2004). 


Dans ce texte qui couvre aussi la crise du Darfour, il se félicite de la signature par le Gouvernement du Soudan et le Mouvement pour la libération du peuple soudanais SPLM/A), intervenue également aujourd’hui, de la « Déclaration sur la conclusion des négociations de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) pour la paix au Soudan » et de l’accord selon lequel les six protocoles mentionnés dans la Déclaration de Nairobi du 5 juin 2004 constituent l’essentiel de l’accord de paix global. 


L’engagement pris par les parties de parvenir à un tel accord d’ici au 31 décembre 2004 a été fermement appuyé par le Conseil qui, dans la résolution, se déclare, une nouvelle fois, disposé à envisager la création d’une opération de l’ONU en vue de soutenir l’application de l’accord.  En attendant, le Conseil proroge le mandat de la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (UNAMIS) pour une nouvelle période de trois mois, soit jusqu’au 10 mars 2005.


Soulignant qu’un accord de paix global contribuera, entre autres, à résoudre la crise au Darfour, le Conseil de sécurité se félicite du Protocole humanitaire et de celui sur la sécurité signés, le 9 novembre 2004, par le Gouvernement soudanais, l’Armée populaire de libération du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité.  Il exige de ces parties qu’elles mettent immédiatement fin à toutes les violences et attaques et qu’elles honorent l’engagement de laisser librement passer les organisations humanitaires et leurs employés. 


Le Conseil décide d’ailleurs de prendre les mesures qui s’imposent contre toute partie qui faillirait à ses engagements.  Il appuie les décisions de l’Union africaine de porter à 3 320 personnes les effectifs de sa mission au Darfour et d’en élargir le mandat. 


Outre les membres du Conseil, la Ministre du développement international de la Norvège, le Premier Vice-Président du Soudan, le Chef du SPLM/A ainsi que les représentants de la Ligue arabe, du Japon, de l’Australie et des Pays-Bas, au nom de l’Union européenne, se sont exprimés. 


Résolution du Conseil de sécurité 1574(2004) (S/2004/903)


Le Conseil de sécurité,


      Rappelant ses résolutions 1547 (2004) du 11 juin 2004, 1556 (2004) du 30 juillet 2004 et 1564 (2004) du 18 septembre 2004 ainsi que les déclarations de son président concernant le Soudan,


Réaffirmant son attachement à la souveraineté, l’unité, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Soudan, et rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale,


Réaffirmant aussi son soutien au Protocole de Machakos, en date du 20 juillet 2002, et aux accords qui en sont issus par la suite,


      Se déclarant résolu à aider le peuple soudanais à promouvoir la réconciliation nationale, une paix durable et la stabilité, et à construire un Soudan prospère et uni dans lequel les droits de l’homme sont respectés et la protection de tous les citoyens est assurée,


Rappelant qu’il a favorablement accueilli la signature, le 5 juin 2004 à Nairobi, de la Déclaration dans laquelle les parties ont confirmé leur accord à l’égard des six protocoles signés entre le Gouvernement soudanais et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan, et ont confirmé à nouveau leur volonté de mener à bien les étapes restantes des négociations,


      Louant à nouveau l’actionet le soutien continu de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), en particulier ceux consentis par le Gouvernement kényen à la présidence du Sous-Comité sur le Soudan, qui ont facilité les pourparlers de paix de Nairobi, saluant les efforts déployés par l’Équipe de surveillance de la protection des civils, la Commission militaire conjointe dans les monts Nouba et l’Équipe de contrôle et de vérification appuyant le processus de paix, et exprimant l’espoir que l’IGAD continuera de jouer un rôle essentiel durant la période de transition,


      Encourageantles parties à conclure sans délai un accord de paix global, et soulignant qu’il importe que la communauté internationale, une fois qu’un tel accord aura été signé et aura commencé à être appliqué, apporte son concours en vue de sa mise en œuvre,


      Soulignant que des progrès sur la voie d’une solution au conflit au Darfour créeraient les conditions voulues pour l’apport d’un tel concours,


Se déclarant profondément préoccupé par l’insécurité et la violence croissantes au Darfour, la situation humanitaire catastrophique, les violations persistantes des droits de l’homme et les violations répétées du cessez-le-feu, et réaffirmant à cet égard que toutes les parties sont tenues d’honorer les engagements mentionnés dans ses précédentes résolutions sur le Soudan,


      Condamnant tous les actes de violence et toutes les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commis par toutes les parties, et soulignant qu’il est indispensable de traduire en justice sans retard les auteurs de tels crimes,


Rappelant à cet égard que toutes les parties, y compris les groupes rebelles soudanais tels que le Mouvement pour la justice et l’égalité et l’Armée de libération soudanaise, doivent respecter les droits de l’homme et le droit international humanitaire, et rappelant également qu’il incombe au premier chef au Gouvernement soudanais de protéger sa population sur son territoire et de maintenir l’ordre tout en respectant les droits de l’homme,


Soulignant l’importance de nouveaux progrès sur la voie du règlement de la crise au Darfour, se félicitant du rôle vital et étendu que joue l’Union africaine à cette fin, et accueillant avec satisfaction la décision du Gouvernement soudanais en faveur de l’élargissement de la Mission de l’Union africaine,


Prenant note des rapports du Secrétaire général en date du 28 septembre 2004 (S/2004/763) et du 2 novembre 2004 (S/2004/881),


      Profondément préoccupé par la situation au Soudan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales et la stabilité dans la région,


1.    Déclare appuyer fermement les efforts faits par le Gouvernement soudanais et le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan pour parvenir à un accord de paix global, encourage les parties à redoubler d’efforts, se félicite de la signature d’un mémorandum d’accord à Nairobi le 19 novembre 2004 intitulé « Déclaration sur la conclusion des négociations de l’IGAD pour la paix au Soudan », joint à la présente résolution, et de l’accord selon lequel les six protocoles mentionnés dans la Déclaration de Nairobi du 5 juin 2004 constituent et forment l’essentiel de l’accord de paix, appuie fermement l’engagement pris par les parties de parvenir à un accord global final d’ici au 31 décembre 2004, et compte que l’accord sera appliqué intégralement et en toute transparence, sous la surveillance internationale appropriée;


2.    S’engage, dès la conclusion d’un accord de paix global, à aider le peuple soudanais en ce qu’il entreprend de bâtir une nation pacifique, unie et prospère, à la condition que les parties honorent tous leurs engagements, en particulier ceux souscrits à Abuja et à N’Djamena;


3.    Prie instamment la Mission d’évaluation conjointe de l’Organisation des Nations Unies, la Banque mondiale et les parties, de concert avec d’autres donateurs bilatéraux et multilatéraux, de poursuivre leurs efforts visant à préparer l’apport rapide d’une aide à la reconstruction et au développement économique du Soudan, y compris une aide publique au développement, éventuellement un allégement de la dette et l’accès aux marchés, une fois qu’un accord de paix global aura été signé et aura commencé à être appliqué;


4.    Se félicite de l’initiative du Gouvernement norvégien qui entend convoquer une conférence internationale de donateurs pour la reconstruction et le développement économique du Soudan dès la signature d’un accord de paix global;


5.    Se félicite de la poursuite des opérations de la Commission militaire conjointe, de l’Équipe de surveillance de la protection des civils et de l’Équipe de contrôle et de vérification, en attendant la mise en œuvre d’un accord de paix global et la création d’une opération de l’Organisation des Nations Unies à l’appui de la paix;


6.    Se déclare une fois de plus disposé, dès la signature d’un accord de paix global, à envisager la création d’une opération de l’Organisation des Nations Unies à l’appui de la paix en vue de soutenir l’application de cet accord, et demande une fois de plus au Secrétaire général de lui soumettre, dès que possible après la signature d’un accord de paix global, des recommandations touchant les effectifs, la structure et le mandat d’une telle opération, y compris un calendrier pour son déploiement;


7.    Se félicite des travaux préparatoires déjà effectués par la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (UNAMIS), qu’il a créée par sa résolution 1547 (2004), souscrit aux propositions faites par le Secrétaire général dans ses rapports des 28 septembre et 2 novembre 2004 tendant à accroître les effectifs de la Mission, proroge le mandat de l’UNAMIS pour une nouvelle période de trois mois, jusqu’au 10 mars 2005, et demande au Mouvement/Armée de libération du peuple soudanais de s’engager à coopérer pleinement avec l’UNAMIS;


8.    Demande à tous les pays de la région de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour soutenir activement la mise en œuvre intégrale et sans retard d’un accord de paix global;


9.    Souligne qu’un accord de paix global contribuera à instaurer dans tout le Soudan une paix durable et la stabilité et à résoudre la crise au Darfour, et souligne la nécessité d’adopter une approche nationale qui associerait tous les intéressés, y compris les femmes, à la réconciliation et à la consolidation de la paix;


10.   Souligne qu’il importe que les pourparlers de paix d’Abuja entre le Gouvernement soudanais, l’Armée populaire de libération du Soudan et le Mouvement pour la justice et l’égalité visant à résoudre la crise au Darfour aillent de l’avant, insiste pour que toutes les parties aux pourparlers de paix d’Abuja négocient de bonne foi afin de parvenir rapidement à un accord, se félicite de la signature le 9 novembre 2004 du Protocole humanitaire et du Protocole sur la sécurité, exhorte les parties à les appliquer rapidement, et espère qu’interviendra bientôt la signature d’une déclaration de principes en vue d’un règlement politique;


11.   Exige des forces gouvernementales et des forces rebelles et de tous les autres groupes armés qu’ils mettent immédiatement un terme à toutes les violences et attaques, y compris les enlèvements, s’abstiennent de réinstaller de force des civils, coopèrent avec les actions internationales de secours humanitaire et de surveillance, veillent à ce que leurs membres respectent le droit international humanitaire, pourvoient à la sécurité du personnel humanitaire, et honorent, à tous les niveaux, l’engagement qu’ils ont pris de laisser librement passer les organisations humanitaires et leurs employés, conformément à la résolution 1502 (2003) du 26 août 2003 sur l’accès des travailleurs humanitaires aux populations dans le besoin et aux Protocoles d’Abuja du 9 novembre 2004;


12.   Comme il l’a déjà fait dans ses résolutions précédentes sur le Soudan, décide de surveiller l’observation par les parties de leurs obligations à cet égard et, sous réserve d’une nouvelle décision du Conseil, de prendre les mesures qui s’imposent contre toute partie qui faillirait à ses engagements;


13.   Appuie fermement les décisions de l’Union africaine de porter à 3 320 personnes les effectifs de sa mission au Darfour et d’en élargir le mandat aux tâches énumérées au paragraphe 6 du communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine en date du 20 octobre 2004, prie instamment les États Membres de fournir le matériel, les moyens logistiques et financiers et les autres ressources nécessaires, et exhorte le Gouvernement soudanais et tous les groupes rebelles au Darfour à coopérer pleinement avec l’Union africaine;


14.   Demande de nouveau aux États Membres d’apporter d’urgence une généreuse contribution à l’action humanitaire en cours au Soudan et au Tchad;


15.   Demande à toutes les parties de coopérer pleinement avec la Commission internationale d’enquête créée par le Secrétaire général, décrite dans sa lettre du 4 octobre 2004 adressée au Président du Conseil de sécurité (S/2004/812),dont les conclusions seront communiquées au Conseil de sécurité;


16.   Réaffirme qu’il importe de déployer davantage d’observateurs des droits de l’homme dans le Darfour;


17.   Prie le Secrétaire général de le tenir régulièrement informé de l’évolution de la situation au Soudan et de faire toutes recommandations qu’il jugera utiles sur les mesures à prendre pour que la présente résolution et ses précédentes résolutions sur le Soudan soient appliquées;


18.   Décide de rester saisi de la question.


Annexe


Déclaration sur la conclusion des négociations de l’IGAD pour la paix au Soudan, Gigiri (Nairobi), 19 novembre:


Attendu que le Gouvernement de la République du Soudan et le Mouvement/Armée de libération du peuple soudanais (les Parties) ont confirmé dans la Déclaration de Nairobi sur la phase finale des négociations de paix pour le Soudan conduites par l’Autorité intergouvernementale pour le développement, en date du 5 juin 2004, leur accord relatif aux six textes, dont le Protocole de Machakos et les textes sur le partage du pouvoir, le partage des richesses, les arrangements de sécurité, et le règlement du conflit dans le Kordofan méridional/les monts Nouba, le Nil bleu et la région d’Abyei,


Attendu que le 16 octobre 2004, dans une déclaration commune à la presse, les Parties se sont une nouvelle fois engagées à mettre au point et à conclure l’accord de paix général, sachant qu’il est essentiel pour tous les Soudanais que le processus de paix soit rapidement mené à bien, du fait que cela contribuerait au règlement de tous les problèmes du pays,


Prenant acte des progrès déjà accomplis pour les arrangements de sécurité et les dispositions concernant le cessez-le-feu, notamment du travail étendu que manifestent les annexes relatives aux modalités de mise en œuvre,


Déclarant que la conclusion de l’initiative menée par l’Autorité intergouvernementale pour le développement est essentielle pour un accord de paix global au Soudan et notamment pour le règlement du conflit au Darfour,


Les Parties affirment que les six protocoles visés dans la Déclaration de Nairobi en date du 5 juin 2004 constituent et forment l’Accord de paix de base et invitent donc le Conseil de sécurité de l’ONU à adopter, à sa séance de Nairobi, une résolution entérinant ces six protocoles.


En outre, les Parties se déclarent déterminées à mener à bien dans les meilleurs délais les négociations relatives aux deux annexes concernant l’accord de cessez-le-feu et les modalités de mise en œuvre pour que l’accord de paix global puisse être conclu et signé le 31 décembre 2004 au plus tard.


Déclarations


Mme KERSTIN MULLER, Vice-Ministre des affaires étrangères d’Allemagne, a encouragé toutes les parties à parvenir à la conclusion d’un accord et à le signer avant la fin de l’année.  Elle a noté par ailleurs que la situation au Darfour continuait de se détériorer et a déclaré qu’il était important de rappeler aux signataires des accords d’Abuja que l’impunité ne serait pas tolérée.  Le gouvernement doit honorer ses engagements dans ce sens, a-t-elle dit.  Son pays, a-t-elle poursuivi, estime qu’il était impératif de mettre un terme aux violations des droits de l’homme qui hypothèquent les progrès déjà réalisés au Soudan car, a-t-elle précisé, la communauté internationale ne resterait pas les bras croisés si ces attaques, viols et tueries devaient continuer au Darfour.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a salué la venue du Conseil de sécurité à Nairobi, signe de l’importance qu’accorde le Conseil à l’Afrique et qui lui permet de mieux comprendre les problèmes du continent.  L’Algérie soutient la résolution adoptée ce matin, a-t-il indiqué, car le Conseil a montré sa sagesse, alliant incitations et fermeté.  Le Conseil de sécurité a également reconnu l’importance du rôle de l’Union africaine. La résolution est, à son avis, un message fort et clair en direction des parties qui se sont engagées à mettre un terme à leur conflit d’ici la fin de l’année.  Il a assuré les parties du soutien de la communauté internationale, mais a averti qu’elle reste prête à agir dans le cas où le cessez le feu n’est pas respecté.  


Sir EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a déclaré que son pays attendait des parties aux conflits qu’elles honorent leurs engagements au 31 décembre.  Il a ajouté que les attaques et les atrocités commises au Darfour devraient s’arrêter, et a indiqué que la responsabilité première de cette situation incombe au Gouvernement soudanais, même si les groupes rebelles ont également leur part de responsabilités.  Il a appelé les parties soudanaises à prendre le chemin de la coopération et de la paix, ajoutant que c’est le signal que la communauté internationale attend pour apporter une assistance concrète.


M. ANDREY DENISOV (Fédération de Russie) a salué l’adoption à l’unanimité de la nouvelle résolution en précisant que cela témoignait de l’engagement de la communauté internationale pour une solution au problème du Soudan. Il a affirmé que le gouvernement et le SPLM/A devraient à présent respecter leurs engagements en accélérant la conclusion d’un accord d’ici la fin de l’année. Ceci permettrait à tous de recueillir les dividendes de la paix.  Il faudra ensuite passer à la reconstruction du pays.  M. Denisov a précisé que son pays était décidé à jouer son rôle de suivi du respect des engagements pris par les deux parties et que le Conseil devait pour sa part continuer d’appuyer ce processus pour que la sécurité revienne au Darfour, que l’aide humanitaire puisse y être acheminée sans heurts. Pour ce faire, a-t-il dit, la force de maintien de la paix de l’Union africaine doit être renforcée et appuyée.


M. LAURO BAJA, (Philippines) a déclaré que la résolution nouvellement adoptée était à la fois pleine de substance et significative.  En décidant d’organiser cette réunion au Kenya, le Conseil de sécurité a démontré que l’Afrique était importante et que les membres du Conseil étaient décidés à mettre un terme au conflit qui secoue le pays le plus étendu du continent.  Il a conclu que les parties doivent travailler à la réalisation de la paix au Soudan.


Pour M. WANG GUANGYA (Chine), sans stabilité et sécurité sur le continent africain, il n’y aura pas de paix.  La résolution adoptée ce jour est très importante car elle devrait mettre un terme à ce conflit qui a provoqué la mort de plus de 2 millions de personnes et entravé le développement de toute la région de la Corne de l’Afrique.  La Chine espère que les deux parties vont redoubler d’efforts afin de signer un accord définitif et global cette année, pour que cela serve d’exemple sur le continent africain, a-t-il lancé.  Le point sensible reste, à son avis, la mise en œuvre de ces accords, car il faut que les parties respectent leurs engagements.


M. JUAN ANTONIO YANEZ-BARNUEVO (Espagne) s’est félicité de la résolution votée ce jour, qui s’appuie sur le processus de Naivasha.  C’est un appui fort au travail de l’IGAD et l’Espagne se réjouit de la signature du mémorandum d’entente.  La résolution exprime sans équivoque, à son avis, l’appui du Conseil à un Soudan unifié, pacifique et prospère.  La résolution concerne aussi le conflit du Darfour et servira à éviter que ne surgissent de nouvelles tensions dans ce pays.  Il faut, a-t-il dit, inciter les différentes parties à respecter leurs engagements à signer l’accord définitif avant la fin de cette année et à l’appliquer.  Il n’y aura aucune excuse et il est important également que les violations du droit international humanitaire du cessez-le-feu et les attaques contre les populations civiles s’arrêtent sans conditions.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a salué l’initiative du Conseil de tenir cette réunion à Nairobi afin de donner un élan au processus de Naivasha.  Nous récoltons aujourd’hui les fruits des efforts conjoints de l’ONU, du Gouvernement kényen et des autres partenaires impliqués dans la recherche de la paix au Soudan, a-t-il affirmé.  Le Pakistan se dit toujours préoccupé par la situation qui prévaut au Darfour et il invite le Conseil à analyser les raisons de cette détérioration.  De nouveaux mouvements sont apparus et la question du contrôle des milices n’est pas réglée, a-t-il dit.  La résolution adoptée prend en compte une démarche pragmatique, basée sur la coopération et non sur la coercition, s’est-il félicité. 


La résolution adoptée aujourd’hui est en ligne avec la position prise par mon pays depuis les premières résolutions sur le Soudan, a déclaré, pour sa part, M. MIHNEA MOTOC (Roumanie).  Il a salué le rôle joué par les organisations régionales et fait remarquer que la communauté internationale ne pourrait jouer son rôle dans le processus de reconstruction et de développement d’après-guerre, qu’une fois que l’accord global aura été atteint et le conflit au Darfour résolu.  


M. JOËL ADECHI (Bénin) a salué le large consensus atteint par les parties tout en soulignant que la situation qui prévaut au Soudan requiert une solution urgente.  Se félicitant de la franchise et de l’ouverture d’esprit qui a caractérisé les discussions et le sens aigu des responsabilités des uns et des autres durant les discussions, il a ajouté que le processus consacré par la signature, ce jour, du mémorandum d’entente, apporte un réel espoir de paix durable au Soudan et dans la région.  Il a encouragé les parties à créer des ouvertures pour que cet accord soit inclusif.  Cette résolution arrive donc comme une avancée importante, a dit M. Adechi, en lançant un appel à la communauté internationale pour qu’elle contribue à financer les programmes de reconstruction et de développement durable que le Soudan met en œuvre.


M. HERALDO MUÑOZ (Chili) a réitéré le souhait de voir une fin au conflit Nord-Sud d’ici la fin de l’année et a demandé au Conseil de sécurité de mettre tout en œuvre pour assurer une paix durable au Soudan.  Notant l’interdépendance des conflits au Sud et au Darfour, il s’est déclaré optimiste qu’une paix au Sud du pays mènerait à une résolution du conflit au Darfour.  Il a également salué les progrès réalisés à Abuja, ainsi que le rôle de chef de file qu’ont assumé les organisations régionales dont l’IGAD et l’Union africaine.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIÈRE (France) après avoir exprimé l’espoir que la conclusion d’un accord de paix aura des conséquences positives pour toute l’Afrique, a rendu hommage aux efforts des médiateurs de l’IGAD.  Il a relevé toutefois que la paix ne serait complète que lorsque le conflit du Darfour aura pris fin.  Ce conflit a provoqué un drame humanitaire effroyable qui se traduit notamment par la présence de 230 000 réfugiés soudanais au Tchad, a-t-il dit, ajoutant qu’il fait peser une menace sur la paix et la sécurité internationales.  Il a insisté sur le climat de violence et d’impunité qui continue de régner sur le Darfour et qui constitue un facteur préoccupant d’instabilité.


S’agissant du conflit du Sud, la France a appelé les dirigeants des deux côtés à accélérer la conclusion des négociations.  Les négociateurs ont la responsabilité envers leurs citoyens de conclure la paix sans plus tarder, a-t-il indiqué, et de nouveaux atermoiements risquent d’avoir des conséquences négatives ailleurs.


M. RONALDO SARDENBERG (Brésil) a félicité le Président kényen, Mwai Kibaki et les médiateurs de l’IGAD pour leur exceptionnel travail diplomatique, dans leur recherche d’une issue à la question soudanaise. Il a également salué le rôle que les pays voisins et l’Union africaine continuent à jouer dans le processus de paix.  Aussi complexes que soient les négociations, le Chili reste convaincu que la paix est réalisable.  Il encourage les différentes parties, et tous les dirigeants, à s’y engager avec célérité, afin d’aboutir à un retour à la stabilité dans toute la sous-région.


M. ISMAEL GASPAR MARTINS (Angola) a affirmé que son pays était heureux de constater une ouverture entre les deux parties, facteur-clef pour la mise en œuvre des accords conclus.  Il ne peut y avoir de paix sans concessions mutuelles,.a dit M. Martins, en se félicitant de l’implication de la communauté internationale et du travail préliminaire effectué par l’ONU.  Il faut une synchronisation des efforts si nous voulons que ce processus soit réussi, a-t-il dit.  Le peuple soudanais doit maintenant jouer un rôle de premier plan, a conclu le représentant.


M. JOHN DANFORTH (États-Unis) a souligné que la réussite de cette réunion historique réside entre les mains des parties au conflit.  Il les a exhortées à prouver par des mesures concrètes que la signature du mémorandum et cette nouvelle résolution du Conseil, la quatrième en date sur le Soudan, constituent bien plus qu’un événement médiatique, tel que certains le décrivent déjà.  Il a exhorté les représentants du Soudan et du SPLM/A à remplir les engagements qu’ils ont souscrits.  La communauté internationale, leur a-t-il dit, exige que ces engagements soient respectés.  En contrepartie, il a promis le soutien continu des donateurs durant toute la période de transition, pour qu’un Soudan dirigé par un gouvernement de coalition et faisant pleinement partie de la communauté internationale voie le jour.  Une fois la stabilité revenue dans le reste du pays, M. Danforth s’est déclaré convaincu que la situation au Darfour se rétablirait également.  Mais, a-t-il insisté, la souffrance et les atrocités doivent cesser immédiatement, et la fourniture de l’aide humanitaire être facilitée.


M. ALI OTHMAN TAHA, Premier Vice-Président du Soudan, a rappelé les efforts entrepris par son gouvernement pour atteindre une paix durable dans son pays.  La Résolution 1574 (2004), le mémorandum d’entente et les négociations de Naivasha sont, selon lui, le fruit de nombreuses années passées à la recherche d’une solution.  Il a réaffirmé que le Soudan restait pleinement engagé à voir installer la paix dans tout son territoire.  Par ailleurs, il a remercié la Norvège pour son initiative d’organiser une Conférence des bailleurs de fonds sur le Soudan.


Le Chef du Mouvement pour la libération du peuple soudanais (SPLM/A), JOHN GARANG, a estimé que la résolution adoptée démontre clairement que des mesures beaucoup plus vigoureuses sont nécessaires.  M. Garang a réitéré la volonté du SPLM/A à respecter son engagement, afin d’éviter que les populations du Soudan ne souffrent davantage.  Appelant au concours financier de la communauté internationale, il a noté cependant que la mise en œuvre des accords sur le partage des richesses et du pouvoir requiert des ressources considérables et la paix n’aurait aucun sens si elle ne présentait pas des avantages tangibles pour tous.


Mme HILDE F. JOHNSON, Ministre norvégienne du développement international, a, pour sa part, affirmé qu’il incombait aux responsables soudanais de choisir le chemin de la paix plutôt que celui de la division et de la guerre en mettant en œuvre l’accord global.  La phase de soutien au développement à long terme ne pourra être lancée q’une fois que le fondement d’un environnement de paix sera en place.  Celle-ci est subordonnée à la tenue d’une conférence des bailleurs de fonds pour le Soudan, a-t-elle souligné.  En contrepartie, les bailleurs de fonds doivent s’engager à ne pas faire de promesses vaines, a-t-elle souligné,.car la reconstruction et le développement du Soudan nécessitent des ressources considérables.


M. SAMIR HOSNI, s’exprimant au nom de la Ligue arabe, a affirmé que son Organisation s’était toujours préoccupée de la situation au Soudan.  La Ligue a toujours encouragé le SPLM/A à signer un accord de paix avec le Gouvernement soudanais, a-t-il dit, et a suivi le déroulement des négociations de Machakos et de Naivasha, ainsi que les différentes initiatives de l’Union africaine et de l’ONU.  Il a révélé que la Ligue arabe avait accordé 200 millions de dollars pour la réalisation de projets de développement au Soudan.  Le Représentant de la Ligue a lancé un appel aux institutions arabes de financement, pour alléger la dette du Soudan qui s’élève à 65 milliards de dollars.


Rendant compte de sa récente mission en septembre au Darfour et dans l’est du Tchad, M. KEITARO SATO (Japon) a fait part de l’espoir des populations déplacées de rentrer chez elles dès que les conditions le permettront.  M. Sato a déclaré que son pays, en tant que prochain membre du Conseil de sécurité, était déterminé à jouer  un rôle constructif dans les discussions pour la réconciliation nationale et la reconstruction.  Le Japon, a-t-il dit, apprécie vivement l’initiative prise par l’IGAD dans le processus de Naivasha, ainsi que le rôle joué par l’Union africaine dans les négociations de paix d’Abuja et voudrait apporter son assistance pendant la période de transition, tout en s’impliquant dans les situations d’urgence et dans l’aide au développement.


M. GEORGE ATKIN, Ambassadeur d’Australie au Kenya, s’exprimant au nom de son pays et de la Nouvelle Zélande, s’est dit gravement préoccupé par les conflits en cours au Soudan et par la dégradation de la situation des droits de l’homme au Darfour.  Il a appelé toutes les parties à prévenir, sans délai d’autres attaques sur les civils.  L’Australie et la Nouvelle-Zélande invitent instamment le Conseil à maintenir la pression sur toutes les parties à ce stade critique, a-t-il lancé.  M. Atkin a rendu hommage à l’Union africaine pour son rôle dans la solution de la crise au Darfour, et salué la décision de renforcer la mission d’observateurs de l’Union dans cette région.


M. ADRIAN KOOIJMANS (Pays-Bas), s’exprimant également au nom de l’Union européenne, s’est félicité de la tenue de cette réunion à Nairobi.  L’UE se dit prête à participer aux efforts de reconstruction et de développement du Soudan, et a réservé 400 millions d’euros à cette fin.  La crise au Darfour ne peut être réglée qu’à travers une solution négociée qui prenne en compte les causes profondes du conflit, a-t-il poursuivi.  Malheureusement, les progrès réalisés à la table de négociations ne se traduisent pas par des progrès sur le terrain, a constaté M. Kooijmans.  L’UE, a précisé M. Kooijmans, tout en affirmant qu’elle prendrait des mesures appropriées, y compris des sanctions, à l’encontre du gouvernement et de toutes les autres parties, si des progrès concrets ne sont pas réalisés, est prête à appuyer le Soudan dans la mise en œuvre de ses engagements.


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