ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS DEVRAIENT SAISIR L’OCCASION POUR REVITALISER LE PROCESSUS DE PAIX, DÉCLARE M. ROED-LARSEN DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

15 novembre 2004
CS/8244

ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS DEVRAIENT SAISIR L’OCCASION POUR REVITALISER LE PROCESSUS DE PAIX, DÉCLARE M. ROED-LARSEN DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

15/11/2004
Communiqué de presseCS/8244

Conseil de sécurité

5077e séance – après-midi

ISRAÉLIENS ET PALESTINIENS DEVRAIENT SAISIR L’OCCASION POUR REVITALISER LE PROCESSUS DE PAIX, DÉCLARE M. ROED-LARSEN DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

La mort de Yasser Arafat marque la fin d’une ère, a déclaré, cet après-midi, le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, M. Terje Roed-Larsen, dans ce qui est sa dernière apparition devant le Conseil de sécurité.  Voulant présenter la situation « sous un jour nouveau », M. Roed-Larsen a dit voir des chances de changer la triste réalité au Moyen-Orient.  Malgré, les « très nombreuses difficultés », les parties sont plus que jamais près de réaliser la paix, a-t-il estimé, dans une longue intervention qui est allée de la genèse du processus de paix aux perspectives d’avenir.

S’exprimant dans le cadre de la réunion d’information mensuelle du Conseil, le Coordonnateur spécial a affirmé qu’au cours de la dernière décennie, Israéliens et Palestiniens n’ont jamais cessé d’appuyer la réconciliation, la paix et la coexistence.  Aujourd’hui, s’est-il félicité, le Premier Ministre israélien a fait prévaloir la vision de mettre fin à une occupation qui a commencé en 1967.  Il est, a-t-il insisté, le premier dirigeant israélien à initier un démantèlement à grande échelle des colonies de peuplement à Gaza et dans une partie de la Cisjordanie.

À travers la Feuille de route, la communauté internationale dispose d’une vision claire et partagée de la manière de mettre fin au conflit, a ajouté le Coordonnateur spécial, qui a appelé les Nations Unies, les partenaires du Quatuor et les pays de la région à travailler à la pleine mise en œuvre de ce document.  Maintenant que Yasser Arafat est parti, les Israéliens, les Palestiniens et leurs amis à travers le monde ne doivent épargner aucun effort pour assurer la réalisation pacifique du droit palestinien à l’autodétermination.  Le Coordonnateur spécial a ensuite fait le point de la situation en ce qui concerne le Sud-Liban, d’une part, et Israël et la Syrie, d’autre part.

EXPOSÉ DU COORDONNATEUR SPÉCIAL DE L’ONU POUR LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT

Le Coordonnateur spécial, M. TERJE ROED-LARSEN, a commencé son intervention, en rappelant que conformément à la Constitution, les Palestiniens doivent, dans un premier temps, organiser des élections présidentielles dans les 60 jours.  Ils doivent aussi prendre des mesures visibles, durables, ciblées et effectives pour mettre fin à la violence et aux activités terroristes.  Pendant cette période critique, a-t-il poursuivi, il revient à Israël de s’abstenir de toute action qui pourrait saper la confiance entre les parties.  Israël doit aussi faciliter les préparatifs et la conduite des élections et améliorer la situation en mettant fin aux couvre-feux et en allégeant les restrictions imposées au mouvement des personnes et des biens. 

Rappelant qu’il y a trois semaines, le Parlement israélien a approuvé le plan du Premier Ministre pour le retrait de Gaza et de la partie nord de la Cisjordanie, il a estimé que cette décision historique ouvre, pour la première fois depuis 1967, la voie à l’évacuation des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés.  Passant ensuite en revue la genèse du conflit israélo-palestinien, le Coordonnateur spécial a souligné que pour les deux parties, le conflit est profondément perçu comme une lutte existentielle.  En définitive, a-t-il affirmé, les deux parties poursuivent le même but, à savoir l’autodétermination, la paix, la sécurité et la prospérité.  Or, ces aspirations sont depuis longtemps noyées dans la violence.  Depuis le mois de septembre 2000, quelque 3 895 Palestiniens et 983 Israéliens sont morts.  Plus de 36 620 Palestiniens et 6 360 ont été blessés.

Au cours des quatre dernières semaines, a-t-il dit, les actes de terreur se sont poursuivis.  Il a souligné la responsabilité des autorités palestiniennes à mettre fin à la terreur et celle d’Israël de cesser les assassinats ciblés et de renoncer à un recours disproportionné à la force.  La violence, la terreur et le manque de confiance mutuelle, a-t-il aussi souligné, ont renforcé la conviction des parties qu’elles luttent pour leur survie et leur existence même.  La nécessité d’agir rapidement ne peut être plus claire, a-t-il ajouté en décrivant la détérioration grave de la situation économique et en prévenant de la menace que fait peser cette situation sur la loi et l’ordre, les restes de l’économie et les institutions autonomes.  L’échange de tirs intervenus, il y a deux jours, entre des hommes masqués et les gardes du corps d’Abou Mazen nous rappelle la volatilité de la situation, a-t-il insisté.  Cet incident doit aussi nous rappeler la nécessité d’un appui substantiel des donateurs et d’une décision déterminante d’Israël, dont la politique de bouclage des territoires est à l’origine de cette situation difficile.  Le Coordonnateur spécial a poursuivi en se faisant le défenseur du processus d’Oslo.

M. Roed-Larsen a affirmé que le recours à la violence et à la terreur, sans discernement, contre des civils, l’incitation et l’engagement constant de certains à éliminer l’État d’Israël et à libérer toute la Palestine historique, l’échec pour instituer des réformes et adopter des normes de gouvernance, de transparence et de responsabilité, que tous ces facteurs avaient conduit des Israéliens à croire que les Palestiniens n’étaient pas prêts à la paix et à une coexistence pacifique.  Aucun des deux camps n’a le sentiment d’avoir un partenaire pour la paix, a-t-il souligné.

Selon le Coordonnateur spécial, tôt ou tard, un nouveau départ devra se faire, laissant derrière lui la violence et la terreur et adoptant des moyens pacifiques.  Les principes d’Oslo demeurent valables, a-t-il déclaré.  Il s’est déclaré fermement convaincu que ces principes doivent être maintenus, a-t-il ajouté.  Selon lui, seule une solution prévoyant deux États vivant côte à côte permettra une sortie du conflit.  Une paix durable ne sera possible que si, au bout du compte, l’occupation commencée en 1967, s’achève et aboutisse à la coexistence de deux États, Israël et la Palestine, dans la paix et la sécurité.  Cet objectif ne sera atteint que par la négociation, et en totale coopération avec la communauté internationale et le Quatuor, et non pas par des actes de terreur, de violence et de subjugation, a-t-il indiqué.

Le Coordonnateur spécial a également observé que si les principes demeuraient inchangés, les mécanismes de mise en œuvre étaient aujourd’hui très différents de ce qu’ils étaient dans les premiers jours du processus d’Oslo.  Il est très important, dans ce contexte, que nous définissions clairement nos objectifs finaux au-delà de la vision que nous en avons déjà, a-t-il expliqué.  Ensuite, a-t-il ajouté, les principes pour mettre un terme au conflit, loin de ceux privilégiant le bilatéralisme à Oslo, ne peuvent être initiés que par la communauté internationale, comme le prévoit la Feuille de route.  Si les détails doivent être négociés et appliqués par les parties, nous sommes disposés à les aider et à tracer la fin de la route, a-t-il souligné.  Tout accord devra être garanti par la communauté internationale, et ces garanties devront être fermes et réelles, a-t-il assuré. 

Selon le Coordonnateur spécial, le Quatuor maintient sa vitalité et sa pertinence grâce à la combinaison exceptionnelle de légitimité, de force politique et de pouvoir économique et financier, représentés par la Fédération de Russie, l’Union européenne, les États-Unis et les Nations Unies.  À travers le consensus, ce sera l’outil opérationnel le plus efficace de la communauté internationale, dans le meilleur intérêt des parties et de la paix, a-t-il estimé, précisant que le double mécanisme de la Feuille de route et du Quatuor étaient plus importants que jamais, et que la mise en œuvre de la Feuille de route demeurait, à ce stade, l’objectif principal.

M. Roed-Larsen a rappelé que la mise en œuvre de l’initiative de retrait israélien et l’évacuation des colonies de la bande de Gaza et de Cisjordanie offrait la possibilité de revitaliser le processus de paix et de réaliser plus rapidement les principes d’Oslo et les engagements pris dans le cadre de la Feuille de route.  Le redéploiement israélien doit être coordonné avec l’Autorité palestinienne et le Quatuor, a-t-il dit.  Il doit être total et mener à la fin de l’occupation de Gaza, tout en étant accompagné de mesures similaires en Cisjordanie, a-t-il ajouté.

Le Coordonnateur spécial a également abordé la situation dans le sud du Liban et le conflit israélo-syrien.  Une situation généralement tendue, mais relativement calme prévaut le long de la Ligne bleue, avec des exceptions préoccupantes prenant la forme de violations des deux côtés de la Ligne, a-t-il affirmé.  S’agissant du conflit israélo-syrien, il a estimé de la plus grande importance que les négociations, aujourd’hui suspendues, reprennent entre les deux parties afin d’aboutir à une paix durable et complète au Moyen-Orient.  M. Roed-Larsen a également assuré que le Conseil de sécurité était le point de référence fondamental pour la paix au Moyen-Orient, ses décisions fixant les paramètres de base pour la paix et le processus permettant de la réaliser.  Il n’y a pas d’avenir pour la paix au Moyen-Orient sans ce conseil, a-t-il poursuivi. 

Malgré la situation qui prévaut dans la région, l’espoir et les chances d’aboutir à la paix subsistent au Moyen-Orient, a-t-il affirmé, précisant que son exposé devant le Conseil de sécurité était le dernier en tant que Représentant spécial dans la région.

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.