CONSEIL DE SÉCURITÉ: LES DÉLÉGATIONS SOUSCRIVENT À L’IDÉE DE PROROGER, POUR LA DERNIÈRE FOIS, LE MANDAT DE LA MISSION DE L’ONU AU TIMOR-LESTE

15 novembre 2004
CS/8243

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LES DÉLÉGATIONS SOUSCRIVENT À L’IDÉE DE PROROGER, POUR LA DERNIÈRE FOIS, LE MANDAT DE LA MISSION DE L’ONU AU TIMOR-LESTE

15/11/2004
Communiqué de presse
CS/8243


Conseil de sécurité

5076e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LES DÉLÉGATIONS SOUSCRIVENT À L’IDÉE DE PROROGER, POUR LA DERNIÈRE FOIS, LE MANDAT DE LA MISSION DE L’ONU AU TIMOR-LESTE


Elles demandent à la MANUTO de réfléchir à sa stratégie de sortie


En dépit des progrès remarquables accomplis au cours de la phase de consolidation de la Mission d’appui des Nations Unies au Timor-Leste (MANUTO), le pays n’a pas encore atteint le seuil critique d’autonomie.  Cette conclusion de la mission intégrée d’évaluation technique, qui s’est rendue sur le terrain, au début du mois d’octobre, a été étayée, ce matin, par le Représentant spécial du Secrétaire général au Timor-Leste, M. Sukehiro Hasegawa.  Il a argué que la situation sur le terrain ne justifie pas encore la modification de la composition, des effectifs et des tâches de la Mission telles qu’assignées par la résolution 1543 du 14 mai 2004.


Le Représentant spécial a donc relayé la proposition du Secrétaire général de proroger le mandat de la MANUTO, jusqu’au mois de mai 2005.  S’ils ont souscrit à l’idée d’une prorogation de six mois, les 15 membres du Conseil et les 10 autres intervenants, dont beaucoup ont salué le projet de résolution présenté en ce sens par le Brésil, ont néanmoins enjoint la Mission à se concentrer d’emblée sur une stratégie de sortie et ce faisant, à renforcer l’appropriation nationale des trois programmes qu’elle est chargée d’appuyer à savoir l’administration publique et le système judiciaire; le renforcement du maintien de l’ordre; et la sécurité et la stabilité.


 C’est à la lumière de l’état de mise en œuvre de ces programmes, que les délégations ont reconnu les lacunes dans la gouvernance, la réforme du secteur de la sécurité ou encore dans celui des institutions.  Elles ont convenu des défis liés aux élections locales, à la nomination du Provedor pour les droits de l’homme et la justice, à la législation relative à l’état de droit, à la formation des fonctionnaires dans les domaines judiciaire et financier, et ou encore à la constitution d’une police et de forces armées compétentes.  


Se félicitant de la bonne disposition des membres du Conseil, le représentant du Timor-Leste a appuyé la mise sur pied par la MANUTO de huit groupes de travail, qui réunissant des représentants de son gouvernement, de la Mission, des institutions des Nations Unies, des institutions de Bretton Woods, des ONG et d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, doivent identifier les activités à mener pour assurer une transition sans heurt des opérations de consolidation de la paix à des activités traditionnelles d’assistance au développement.  Les conclusions de ces groupes, a annoncé le Représentant spécial, seront présentées à la conférence internationale des donateurs prévue entre la fin du mois de mars et le début du mois d’avril 2005. 


Sukehiro Hasegawa a rappelé que les groupes se sont départagés les questions des institutions publiques, du secteur de la justice; du processus relatif aux crimes graves; de la formation d’une police démocratique; des agences nationales de sécurité; de l’appui aux groupes vulnérables; du renforcement de la transparence et de l’obligation redditionnelle; et de la transition du maintien de la paix au développement durable.  Le succès dans ce dernier domaine a été lié par de nombreuses délégations à une résolution rapide des questions frontalières. 


Aussi, le représentant de l’Indonésie, a-t-il annoncé, que les 29 et 30 octobre derniers, le deux pays se sont mis d’accord sur 96% des dispositions relatives à la démarcation de la frontière terrestre.  La réunion prévue les 21 et 22 décembre, a-t-il affirmé, devrait permettre de résoudre les trois segments restants sur les neuf qui faisaient l’objet de négociations.  Concernant la frontière maritime, les délégations ont souhaité la conclusion rapide d’un accord avec l’Australie qui, permettrait un partage équitable des ressources pétrolières et de gaz naturel, essentiel au développement socioéconomique du Timor-Leste.   


LA SITUATION AU TIMOR-LESTE


Rapport intérimaire du Secrétaire général sur la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (S/2004/888)


Dans le présent rapport, qui  couvre la période allant du 14 août au 9 novembre 2004, le Secrétaire général recommande que la MANUTO soit maintenue avec ses tâches, sa configuration et sa taille actuelle jusqu’au 20 mai 2005, se plaçant ainsi dans la ligne de la résolution 1543 (2004) adoptée le 14 mai par le Conseil de sécurité.  Le Conseil  avait alors  décidé de proroger le mandat de la Mission pour une période de six mois, avec pour objectif de le proroger ensuite de nouveau pour une dernière période, également de six mois.


Le Secrétaire général constate que la paix et la stabilité ont continué de régner au Timor-Leste et que le pays a avancé régulièrement sur la voie de la création des institutions. Grâce au concours de la MANUTO et d’autres partenaires bilatéraux et multilatéraux, les capacités de l’administration publique, du système judiciaire et des organismes chargés de la sécurité ont augmenté. En outre, on a entrepris des préparatifs pour la tenue des élections locales.  Il reste toutefois encore beaucoup à faire dans des domaines essentiels allant de la bonne gouvernance à la réforme du secteur de la sécurité en passant par le renforcement des institutions.


Le Secrétaire général rapporte les conclusion de la mission d’évaluation technique intégrée qui s’est rendue au Timor-Leste début octobre, conformément à la résolution 1543 (2004) du Conseil de sécurité.  La mission devait déterminer dans quelle mesure il faudrait modifier la taille, la composition et les tâches de la MANUTO, y compris la configuration de sa composante police et de sa composante militaire.  Elle a conclu qu’en dépit de progrès remarquables, le Timor-Leste n’a pas encore atteint le seuil critique d’autonomie. L’administration publique – notamment les secteurs financier, bancaire et judiciaire – reste faible et fragile. En particulier, certains des 58 conseillers civils de la MANUTO, dont le rôle devait désormais être limité à l’encadrement, continuent aujourd’hui encore d’exercer des fonctions d’exécution dans des institutions clefs. Dans le domaine du maintien de l’ordre, la police nationale de Timor Leste (PNTL) continue de souffrir d’un manque de compétences et de valeurs professionnelles, d’expérience en matière de maintien de l’ordre, de matériel et d’infrastructures nécessaires, et de capacités en matière de gestion et de coordination. La mission d’évaluation technique estime qu’une formation complémentaire s’impose pour la porter au niveau voulu de professionnalisme, de compétence et de savoir-faire et que le rôle des conseillers de police civile en matière de formation et d’encadrement reste indispensable, au niveau des effectifs autorisés de 157 membres de la police civile au cours des six mois à venir.  La mission technique rappelle en outre que, si les relations bilatérales entre l’Indonésie et le Timor-Leste se sont améliorées, en particulier au niveau le plus élevé, les frontières du pays avec l’Indonésie ne sont toujours pas définies. Elle juge donc nécessaire le maintien des 42 officiers de liaison chargés de faciliter les contacts entre les organismes chargés de la sécurité aux frontières et pour suivre l’évolution de la situation en matière de sécurité.


Sur la base des conclusions de la mission technique, le Secrétaire général estime que la situation sur le terrain ne justifie aucune modification des tâches de la Mission telles qu’elles ont été assignées par la résolution 1543 (2004). Tout changement dans la composition ou la taille de la MANUTO, y compris celle de la composante police et de la composante militaire, risquerait de compromettre sa capacité de s’acquitter de ses responsabilités. C’est pourquoi il recommande que la Mission soit maintenue avec ses tâches, sa configuration et sa taille actuelle jusqu’au 20 mai 2005. Cette période finale de six mois permettrait d’achever les tâches de la MANUTO et d’affermir les progrès accomplis jusqu’à présent.   

Cette prolongation du mandat de la MANUTO devant être le dernier, le Secrétaire général estime que la Mission devra de plus en plus axer son attention sur sa stratégie de retrait au cours des six mois à venir, l’objectif étant de faire en sorte qu’une fois la MANUTO partie, le pays puisse continuer de fonctionner sans véritablement pâtir de ce retrait. Selon le Secrétaire général, cela exige que la MANUTO redouble d’efforts pour encourager les Timorais à participer de plus en plus aux trois domaines d’intervention de la Mission, à savoir l’Appui à l’administration publique et au système judiciaire du Timor-Leste ainsi qu’à la justice en matière de crimes graves; l’appui au renforcement du maintien de l’ordre; et l’appui à la sécurité et à la stabilité du Timor-Leste. 

Le Secrétaire général demande instamment à tous les partenaires bilatéraux et multilatéraux du Timor-Leste de renforcer leur coopération avec la MANUTO en vue de réussir la transition.  Il invite le Timor-Leste et l’Indonésie à n’épargner aucun effort pour régler les questions bilatérales en suspens, notamment la démarcation de leur frontière terrestre. Il salue enfin les efforts déployés par le Groupe des crimes graves pour achever ses enquêtes en novembre 2004 et mener à bien les procès et autres activités d’ici à mai 2005.  Il rappelle que les auteurs des crimes graves commis en 1999 au Timor oriental devraient être traduits en justice, réitère son appel aux États Membres pour qu’il coopèrent pleinement à la lutte contre l’impunité, et affirme son  intention de continuer d’explorer les moyens possibles de traiter cette question en vue de formuler au besoin des propositions.


Déclarations


M. SUKEHIRO HASEGAWA, Représentant spécial du Secrétaire général au Timor-Leste, a indiqué que depuis le début de la période de consolidation, la situation dans le pays est restée pacifique et stable, à l’exception des incidents intervenus lors de la manifestation des anciens combattants de l’indépendance, le 20 juillet dernier.  Il a  aussi indiqué que, dans le même temps, les autorités du pays ont pris immédiatement des mesures pour traiter de la question des vétérans.  Une réunion a d’ailleurs été organisée, le 21 août, entre ces derniers et le Gouvernement.  Le Représentant spécial a jugé encourageant que, le 26 octobre, le Premier Ministre ait appelé le corps diplomatique à appuyer un programme visant à reconnaître la contribution des vétérans. 


Après un processus réussi d’enregistrement des électeurs, les préparatifs des premières élections locales progressent, a poursuivi le Représentant spécial.  Il a aussi fait part des problèmes rencontrés durant ces trois derniers mois.  Il a cité l’incapacité du Parlement à nommer un « Provedor  » pour les droits de l’homme et la justice et à se prononcer sur les rapports des Commissions présidentielles sur les vétérans et les anciens combattants.  Le Parlement devrait aussi examiner un nombre important de projets de loi dont celui sur les manifestations.  Quant au Gouvernement, le Représentant spécial a souligné l’urgence de garantir la transparence dans les opérations financières, en particulier en ce qui concerne le secteur pétrolier. 


Sur le front diplomatique, il a fait savoir que le Timor-Leste  continue de renforcer ses liens avec les pays de la région.  Les relations amicales avec l’Indonésie ont été consolidées récemment par la visite que le Premier Ministre a effectuée à Jakarta du 19 au 22 octobre.  Toutefois, a-t-il fait remarquer, les discussions sur la démarcation de la frontière n’ont pas abouti à un accord final.  Abordant le statut de mise en œuvre du mandat de la MANUTO, il a signalé les progrès enregistrés dans l’édification des institutions.  Il a néanmoins souligné que plusieurs ministères et institutions d’état continuent de dépendre des conseillers internationaux, en particulier les secteurs de la justice et des finances.  Il est clair, a-t-il prévenu, que cette forme d’assistance restera indispensable au-delà du mois de mai. 


Le Représentant spécial a aussi signalé que le processus des Crimes graves ne sera pas en mesure de répondre à toutes la attentes dans les délais impartis.  Le Secrétaire général, a-t-il annoncé, examinera les diverses propositions avancées jusqu’ici.  En attendant, il a souligné la nécessité de déployer davantage d’experts et de spécialistes.  Concernant le renforcement des capacités judiciaires, il a indiqué qu’un certain nombre de défis subsistent dans le domaine de la police.  Il a cité notamment la capacité de gestion administrative, les équipes, les infrastructures, le soutien logistique, les mécanismes de coordination ou encore les législations devant compléter la loi organique de la police.  De plus, a-t-il indiqué, certains policiers continuent d’agir en violation des droits de l’homme.  Il a donc jugé important de maintenir sur place les 157 conseillers pour une nouvelle période de six mois. 


Citant les mêmes défis pour ce qui est des forces de défense, le Représentant spécial a ajouté que les agences nationales de sécurité n’ont pas encore la capacité de gérer seules les affaires frontalières.  Il a donc jugé nécessaire de maintenir, pour une nouvelle période de six mois, les 477 militaires affectés à cette tâche.  Globalement, le Représentant spécial a prévenu que malgré les progrès, la situation sur le terrain ne plaide pas encore pour une modification des tâches de la MANUTO ni pour une réduction de ses effectifs.  Conscient que la MANUTO doit redoubler d’efforts pour encourager une appropriation nationale des trois programmes dont elle est chargée,  il a annoncé la création de huit groupes de travail qui réunissent les représentants du Gouvernement, des institutions des Nations Unies, des institutions de Bretton Woods, des partenaires bilatéraux et de la société civile.  Les recommandations des huit groupes seront présentées dans le prochain rapport du Secrétaire général et à la conférence des donateurs qui doit se tenir à la fin du mois de mars ou au début du mois d’avril 2005. 


M. HENRIQUE R. VALLE (Brésil) s’est félicité des évolutions positives constatées durant les derniers mois.  Il a estimé que Timor-Leste rembourse déjà la communauté internationale des efforts qu’elle a consentis, affirmant que les autorités timoraises sont soucieuses d’établir un climat démocratique et désireuses d’établir des relations de bon voisinage.


Dans six mois, le mandat de la MANUTO touchera à sa fin et le Brésil espère que le Conseil de sécurité décidera de le prolonger de six mois, a déclaré le représentant.  Il reste en effet encore beaucoup à faire.  Certains secteurs, comme l’administration publique, restent faibles et nécessitent une attention particulière, a déclaré le représentant, qui a affirmé que son pays continuerait, après le départ de la MANUTO, à développer ses relations bilatérales avec Timor-Leste.


M. HERALDO MUÑOZ (Chili) s’est félicité des progrès accomplis, notamment en matière de sécurité.  Néanmoins, le Chili estime que le Timor-Leste n’a pas encore atteint l’autosuffisance nécessaire pour que la MANUTO achève ses travaux.  Le Chili soutient donc un prolongement de six mois de la mission.  L’administration publique a de toute évidence besoin que l’assistance se poursuive, a déclaré le représentant, qui s’est inquiété du fonctionnement de la justice et des carences en matière de droits de l’homme.  La MANUTO devra poursuivre l’amélioration de l’appareil judiciaire, a-t-il affirmé.


Il faut aussi agir afin d’améliorer la situation économique du pays, a déclaré le représentant qui s’est félicité des premières mesures prises en ce sens. Il a en outre salué de l’excellente coopération entre Timor-Leste et ses voisins et a souhaité un accord rapide sur la délimitation de la frontière avec l’Indonésie.  Il a rappelé que les responsables des crimes graves commis en 1999 doivent répondre de leurs actes devant la justice, notant toutefois que l’Unité chargée des crimes graves ne pourrait sans doute pas achever son travail à la date prévue.  Il a souligné le travail effectué par la police nationale dans le pays et le travail de supervision effectué par la composante policière de la MANUTO.


M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a pris note des progrès vers l’autosuffisance, signalés dans le rapport du Secrétaire général.  Il a toutefois pris note des défis qu’il reste à relever, en tenant compte de la recommandation de maintenir la taille, la composante et les tâches de la Mission jusqu’en mai 2005.  Il a jugé important, dans ce contexte, que la Mission commence à appliquer, sans autre retard, une stratégie de sortie claire.  Il s’est félicité de ce que les relations du Timor-Leste avec l’Indonésie continuent de se renforcer, tout en regrettant l’absence d’un accord sur la démarcation des frontières terrestres.  Reconnaissant aussi les difficultés rencontrées par le Gouvernement pour traiter de la question des anciens combattants, il a appelé ce dernier à déployer davantage d’efforts.  Il s’est ensuite félicité de l’adhésion du Timor-Leste à sept traités des droits de l’homme avant de saluer le travail des institutions de l’ONU et des partenaires bilatéraux et multilatéraux.  Mon pays, a-t-il conclu, travaille avec l’Australie et le Gouvernement national à la formation de la police timoraise.  Le premier cours de formation de formateurs a commencé en octobre, a-t-il signalé.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a salué les progrès considérables accomplis par le Timor-Leste dans l'édification de sa nation et il s'est félicité du travail de la Mission d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO) dans les domaines de consolidation de la paix et d’appui au développement des institutions du Timor-Leste.  Il a insisté sur l'importance des relations entre le Timor-Leste et les pays voisins, particulièrement l'Indonésie, espérant que les deux pays parviendraient prochainement à un accord sur la délimitation définitive de leurs frontières terrestres.  De même, il a souhaité que les négociations avec l'Australie concernant la frontière maritime ainsi que le partage des ressources pétrolières et de gaz naturel progressent, afin de favoriser la sécurité et le développement socioéconomique de la population timoraise.


Le représentant a ensuite souligné qu'en dépit des progrès accomplis, le Timor-Leste n'avait pas encore atteint le seuil d'autonomie souhaité.  Il a évoqué la fragilité de l'administration publique, les faiblesses institutionnelles en matière de maintien de l'ordre et le développement peu avancé des capacités nationales de sécurité.  M. Baali a donc appuyé la recommandation du Secrétaire général de proroger le mandat de la MANUTO pour six mois sans modification de ses tâches telles qu'assignées par la résolution 1543 (2004).  Il a enfin rappelé que l'appui de la communauté internationale demeurait indispensable et il a demandé au Gouvernement et au peuple timorais de redoubler d'efforts pour obtenir des succès plus grands encore dans l'édification de leur nation.


M. ZHANG YISHAN (Chine) a constaté que durant les six derniers mois, le pays est resté stable, l’économie a progressé, des institutions d’État importantes ont été établies ou ont fait des progrès.  Le représentant a donc félicité le peuple timorais et les Nations Unies, notant toutefois que des tâches importantes restaient à résoudre.  La Chine appuie le renouvellement de la MANUTO pour six mois sans changement de mandat ni de dimension, afin de consolider les acquis et d’aider le Timor-Leste à parvenir au plus vite à l’autosuffisance, a-t-il dit, avant de rendre hommage aux efforts du Timor-Leste pour améliorer ses relations avec les pays voisins. 


M. JOEL W. ADECHI (Bénin) s’est félicité, à son tour, des nombreux progrès réalisés par le Timor-Leste qui montrent à son avis que le pays bénéficie pleinement de l’assistance de la communauté internationale.  Après avoir cité quelques éléments de cette assistance internationale, il a affirmé que de nombreuses tâches restaient à accomplir, en prenant acte des informations contenues dans le rapport du Secrétaire général.  Il s’est par ailleurs dit « perplexe » devant les retards enregistrés dans la question de la démarcation de la frontière et plaidé pour le maintien de la MANUTO dans sa configuration actuelle.  La stratégie de sortie de la Mission doit s’appuyer sur le relais que pourraient offrir les institutions des Nations Unies jusqu’à ce que le pays atteigne le niveau d’autonomie nécessaire, a estimé le représentant.


M. JEAN NOEL POIRIER (France) a estimé que la situation au Timor-Leste, malgré les difficultés, évolue de façon positive.  La France est favorable à la prorogation du mandat de la MANUTO pour une période de six mois afin qu’elle s’acquitte de ses missions de soutien aux autorités de Dili.  La France restera attentive aux résultats obtenus dans les six prochains mois afin de faire barrage à l’impunité, a ajouté le représentant, qui a soutenu le projet de résolution présenté par le Brésil.


M. WOLFGANG F. H. TRAUTWEIN (Allemagne) a salué les progrès « réguliers » qu’effectue le Timor-Leste avec l’aide de la MANUTO.  Il a félicité le Représentant spécial d’avoir mis sur pied les huit groupes de travail pour « donner suite aux préoccupations des membres du Conseil ».  Il a appelé les autorités du pays à faire des efforts rapides et urgents pour atteindre la « ligne finale ».  Les efforts du Gouvernement pour résoudre les problèmes extérieurs exigent une attention constance de la part de tous, a-t-il poursuivi,  en citant par exemple, la question de la démarcation de la frontière.  Concernant le rôle de l’ONU, il a appelé la Mission à se concentrer, pendant les six mois à venir, sur l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie de sortie et d’assurer, ce faisant, le renforcement de la coopération bilatérale et multilatérale.  Il a appuyé la recommandation du Secrétaire général concernant une dernière prorogation du mandat de la Mission.  Il a encouragé tous les acteurs à aider le Timor-Leste à connaître le succès et a conclu sur le processus de réconciliation nationale, en disant attendre avec intérêt les propositions spécifiques qui devraient être formulées bientôt.


M. JULIO HELDER DE MOURA LUCAS (Angola) s’est félicité des progrès réalisés par le peuple timorais pour créer une société stable et démocratique.  Il s’est prononcé pour le maintien de la MANUTO jusqu’en mai 2005 sous sa forme et avec son mandat actuels.  Il a toutefois noté que la justice et l’administration publique restent faibles et fragiles, nécessitant une assistance continue de la communauté internationale.  Il a jugé nécessaire de poursuivre la formation de la police pour qu’elle atteigne le niveau requis de professionnalisme.  Le mandat final devra porter sur la stratégie de sortie de l’ONU et les engagements des partenaires bilatéraux et multilatéraux, dont l’assistance sera cruciale pour l’avenir durable du pays, a affirmé le représentant.  Il a noté la tenue en mars 2005 d’une conférence de donateurs et a souhaité qu’elle fournisse un cadre pour une assistance et un développement durable.  Il a estimé que les relations entre le Timor-Leste et ses voisins australien et indonésien sont très importantes pour son avenir et son développement, et a souhaité que le processus de délimitation des frontières avance rapidement et soit réglé avant la fin du mandat de la MANUTO.


M. MASOOD KHALID (Pakistan) a salué les efforts hardis des autorités du Timor-Leste au service de la réconciliation nationale.  Attribuant les progrès enregistrés au peuple de ce pays, il a jugé que la tâche de la MANUTO demeure toujours utile pour assurer une transition sans heurt du maintien à la consolidation de la paix.  Il reste encore beaucoup à faire, a poursuivi le représentant, en commentant le rapport du Secrétaire général.  Il a donc appuyé la prorogation du mandat de la MANUTO pour consolider les acquis et achever les tâches clés.  Le défi à long terme demeure le redressement socioéconomique, a-t-il prévenu en mettant l’accent sur les problèmes structurels.  Un tel redressement ne pourra se réaliser sans une aide internationale durable.  L’appui constant des voisins du pays est également vital, a-t-il ajouté, en ce qui concerne, en particulier, l’Indonésie.  Le représentant a conclu en arguant que le succès du maintien de la paix ne se mesure pas en années mais en décennies.  Le pays aura donc encore besoin pour longtemps d’une présence internationale. 


M. LAURO L. BAJA (Philippines) s’est félicité des efforts du Gouvernement timorais et des mesures prises en faveur des anciens combattants et pour mettre fin aux affrontements de groupes violents.  Il a noté des progrès importants dans la situation intérieure et l’économie, ainsi que dans les relations de Timor-Leste avec les pays voisins.  Il a toutefois noté les lacunes encore à combler dans le domaine de la bonne gouvernance et a estimé que l’assistance internationale resterait nécessaire après le départ de la MANUTO.  Le représentant a appuyé la prolongation du mandat de la MANUTO pour six mois, avec le même mandat et dans le même format et s’est félicité de la tenue d’une conférence des donateurs en mars.


M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a salué les autorités timoraises pour les progrès constants dans le développement du pays.  Il s’est dit satisfait du renforcement des relations entre le Timor- Leste et l’Indonésie, en disant attendre des progrès concrets dans la question de la démarcation de la frontière.  Félicitant ensuite la MANUTO, il a dit adhérer aux conclusions de la mission intégrée d’évaluation, en appuyant la prorogation de la Mission, pour une période de six mois, qui permettrait à l’ONU de quitter le pays sur un succès important.  Il a par ailleurs appelé les partenaires bilatéraux et multilatéraux à continuer d’appuyer les efforts de la MANUTO et, après son départ, à assister comme il se doit le peuple du Timor-Leste.  Le représentant a enfin insisté sur l’importance de combattre l’impunité, en disant attendre les propositions qui seront soumises dans ce domaine.


M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie) a estimé que le Timor-Leste a réalisé de nombreux progrès durant les derniers mois mais a aussi constaté des insuffisances et notamment une pénurie de personnel qualifié qui limite le potentiel de l’administration et des structures de maintien de l’ordre du pays.  Beaucoup d’efforts devront donc encore être fournis, a relevé le représentant, qui s’est toutefois réjoui que la situation intérieure soit dans l’ensemble restée stable.  Il a ainsi félicité les autorités pour leur gestion de problèmes sociaux aigus comme celui des anciens combattants, et pour la préparation des futures élections municipales.  Il s’est également réjoui de l’état de la coopération bilatérale avec l’Indonésie, y compris pour résoudre la question de la délimitation des frontières terrestres.  La Fédération de Russie soutient le renouvellement du mandat de la MANUTO jusqu’au 20 mai 2005, dans son format et son mandat actuels.  Le représentant a enfin jugé important que la MANUTO prépare une stratégie de sortie pour assurer une transition ordonnée.


M. JUAN ANTONIO YAÑEZ-BARNUEVO (Espagne) s’est félicité des progrès enregistrés par le Timor-Leste avec l’aide de la MANUTO et des partenaires bilatéraux et multilatéraux.  Il a retenu du rapport du Secrétaire général qu’il reste encore des tâches importantes, en particulier les élections locales, la législation sur l’état de droit, la formation des fonctionnaires dans le domaine judiciaire et financier, et la constitution d’une police et de forces armées compétentes.  Le représentant a salué la création des groupes de travail pour préparer la transition du maintien de la paix à un programme de reconstruction durable et a dit espérer que la conférence des donateurs permettrait la concrétisation de l’assistance au peuple qui est indispensable à cette dernière étape de la MANUTO.  Le représentant a par ailleurs indiqué que tous les auteurs de délits graves devraient être traduits en justice, en disant attendre les propositions du Secrétaire général sur la lutte contre l’impunité.  Il a enfin exprimé l’espoir d’une conclusion rapide d’accords sur les frontières terrestre et maritime. 


M. JOHN C. DANFORTH (États-Unis) a appuyé les recommandations du Secrétaire général pour une prolongation du mandat de la MANUTO jusqu’au 20 mai 2005.  Il a invité la MANUTO à préparer pendant cette période les transferts de ses responsabilités dans la police, la justice et l’administration à ses homologues timorais et aux agences internationales d’assistance.  La communauté internationale doit examiner les mesures à prendre pour poursuivre les auteurs des atrocités commises en 1999, a ajouté le représentant, qui a estimé que la décision récente d’une cour d’appel indonésienne réduisant à une seule personne le nombre des condamnés pour ces actes a une incidence sur la question de la responsabilité.  Du fait des compétences limitées de l’Unité des crimes graves et de son incapacité à juger des crimes des militaires indonésiens, et du fait des manquements des tribunaux indonésiens, d’autres mesures devraient être prises, a déclaré le représentant.


M. JOSÉ LUIS GUTERRES (Timor-Leste) a affirmé que son pays est stable et en paix.  Néanmoins, les progrès réalisés dans la mise en place d’institutions démocratiques restent fragiles et de nombreux défis se posent, a-t-il ajouté.  Le développement des capacités en matière de finances, de justice et d’administration publique progresse lentement, a ajouté le représentant, qui a encouragé les membres du Conseil et les autres partenaires du développement à poursuivre leur soutien par le biais des conseillers civils.  Rappelant que seuls 50 des 102 postes de conseillers civils du PNUD sont effectivement pourvus, il a souhaité que les autres soient recrutés au plus vite et à mis en garde contre les risques d’une réduction des effectifs à ce stade.


Le représentant a insisté sur la faiblesse des ressources humaines et matérielles timoraises dans le secteur de la police et a estimé que des conseillers techniques et des juges de tutelle auprès des structures clefs, dans le cadre d’un programme d’assistance aux structures administratives essentielles et au système judiciaire, contribueraient à la réalisation des objectifs communs.  Il a demandé que le nombre des conseillers de police soit maintenu au niveau actuel de 157.  M. Guterres a par ailleurs rappelé que son pays a adhéré aux principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et établi des points focaux dans les principaux ministères afin de collecter les données nécessaires aux rapports initiaux exigés par ces traités.  Il a en revanche noté que, malgré ses efforts, le Groupe des crimes graves pourrait ne pas être en mesure d’achever son travail dans le temps imparti, du fait de la faiblesse de ses ressources.


Le représentant a rappelé que le processus de réconciliation après un conflit est toujours difficile et a affirmé que son pays, avec la coopération de l’ONU, s’efforce d’avancer en ce sens.  La justice et la réconciliation restent essentielles pour une démocratie stable, a-t-il rappelé.  Le travail accompli par la Commission d’établissement des faits et de réconciliation a permis de refermer les plaies du passé, a-t-il assuré.  Il a également rappelé les efforts de son gouvernement pour trouver une solution appropriée et durable au problème des anciens combattants.


Les relations entre le Timor-Leste et l’Indonésie continuent à être renforcées et tous les efforts sont faits, notamment pour parvenir à un accord sur la délimitation de la frontière terrestre, a affirmé le représentant, selon qui il reste seulement 5% de la frontière à délimiter.  Pour le représentant, cet accord permettrait de renforcer la confiance mutuelle et profiterait aux populations qui vivent à proximité.  M. Guterres a appuyé le renouvellement pour six mois du mandat de la MANUTO, jusqu’au 20 mai 2005, dans son format et son mandat actuels, ainsi que la constitution de huit groupes de travail devant permettre d’identifier les activités les mieux à même de garantir une transition souple vers un développement durable.  Cette initiative, a-til affirmé, contribuera à l’élaboration de la meilleure stratégie de sortie possible.


M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie) a souligné l’attachement de son pays au renforcement de ses relations avec le Timor-Leste, en indiquant que les deux pays poursuivent leurs consultations sur la démarcation de leurs frontières terrestres.  Il a souligné qu’en juin dernier, les Ministres des affaires étrangères des deux pays ont conclu un projet d’accord qui doit être soumis à leurs chefs d’État et dont 90% des dispositions ont été agréées.  À la fin du mois d’octobre, les deux parties ont réalisé des progrès en s’accordant sur six des neuf segments non résolus.  Elles devraient se rencontrer, une nouvelle fois, les 21 et 22 décembre prochain, pour essayer de conclure un accord sur les trois segments restants.  Pour faciliter la gestion de leurs frontières, l’Indonésie est prête, a encore affirmé le représentant, à signer un accord provisoire à n’importe quel moment tout en continuant à négocier sur les questions en suspens.  Le représentant a ensuite apporté des clarifications sur la présence d’un bâtiment indonésien dans les eaux territoriales du Timor-leste, le 19 septembre et celle, signalée le 2 novembre, du personnel militaire sur la Ligne de coordination tactique.  Regrettant la manière dont les faits sont relatés dans le rapport du Secrétaire général, le représentant a invité l’ONU à faciliter réellement les relations entre son pays et le Timor-Leste.


M. VANU GOPALA MENON (Singapour) a remarqué que les institutions judiciaires et administratives du Timor-Leste n'en étaient qu'au début de leur développement.  La capacité nationale doit encore être mise en place et le travail des juges internationaux et des conseillers civils des Nations Unies reste donc crucial, a-t-il souligné.  Il a également jugé nécessaire de poursuivre les programmes d'éducation, de création d'emplois et de santé en raison du nombre croissant de personnes qui retournent dans le pays.  Le représentant a également souligné que le Timor-Leste venait à peine de commencer à instituer une capacité de sécurité nationale, ce qui rendait vital le rôle des forces de sécurité de la MANUTO.  Des risques subsistent en matière de sécurité intérieure en raison notamment du manque d'expérience des forces de police et de la lente résolution des doléances exprimées par les anciens combattants, a-t-il relevé.  Le représentant a donc appuyé la prorogation de la MANUTO jusqu'au 20 mai 2005, insistant sur la nécessité de se consacrer au renforcement des institutions locales.  Il faut s'assurer que le départ des forces des Nations Unies ne déclenche pas l'instabilité, a-t-il expliqué, avant de demander à l'Organisation d'étudier comment élargir les programmes du PNUD, du FNUAP et de l'UNICEF.


M. Gopala Menon a demandé que soit évaluée la capacité d'autonomie du Timor-Leste avant l'expiration du mandat de la MANUTO, afin de prévoir le niveau d'assistance dont ce pays aura besoin avant et après mai 2005.  Il a enfin salué les progrès réalisés par la jeune nation, tout en rappelant qu'elle avait encore beaucoup à accomplir.  L'assistance internationale sera indispensable pour consolider les gains de la paix, a-t-il déclaré, notamment dans le domaine des forces de sécurité, de l'administration et des institutions judiciaires.  Il a conclu en affirmant l'engagement de Singapour d'aider le Timor-Leste à réussir.


M. JOHN DAUTH (Australie) a constaté que le Timor oriental a fait des progrès notables mais n’est pas encore parvenu à l’autosuffisance.  Il faut encore faire beaucoup pour développer les capacités de l’administration publique et le professionnalisme et la compétence des institutions liées à la sécurité, a estimé le représentant, pour qui ce sont là deux domaines essentiels pour la stabilité à long terme du Timor-Leste.  Il est clair que Timor-Leste a besoin que se poursuive l’assistance de la communauté internationale, a ajouté M. Dauth.  Le représentant a donc apporté un ferme appui à la recommandation du Secrétaire Général visant la reconduction de la MANUTO dans son format actuel jusqu’au 20 mai 2005.  Tout retrait précipité risquerait de remettre en cause les nombreux acquis, a-t-il ajouté, en insistant sur le rôle de la Mission dans le développement des capacités des institutions clefs.


Le représentant a estimé que, durant les six prochains mois, la MANUTO devrait mettre en œuvre une stratégie de transition viable qui tienne compte des besoins en développement de Timor-Leste.  Au-delà, a-t-il dit, il est essentiel que les agences de développement des Nations Unies et la communauté internationale restent engagées en faveur d’une assistance coordonnée au pays.  Il a enfin affirmé que l’Australie resterait un partenaire bilatéral majeur du Timor-Leste, notamment dans le domaine de la police et de la bonne gouvernance.


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a reconnu la nécessité d’une assistance internationale continue au Timor-Leste, en particulier de la part des institutions de développement.  Il s’est donc félicité que la MANUTO ait créé huit groupes de travail afin de faciliter une transition sans heurts du maintien de la paix à la reconstruction.  Il s’est dit confiant que davantage de progrès seront enregistrés grâce aux efforts constants du peuple timorais et à l’assistance de l’ONU.  Il a dit attendre avec intérêt la conférence des donateurs, tout en regrettant que la question de la démarcation de la frontière terrestre avec l’Indonésie n’ait pas encore été réglée.  Il a aussi souligné la nécessité de régler au plus vite la question des crimes graves avant de rappeler qu’en tant que voisin et membre de la communauté internationale, le Japon œuvre à la création d’un pays viable.  Dès l’indépendance, a-t-il encore rappelé, le Japon a débloqué une somme de 60 millions de dollars qui devait être affectée aux domaines de l’agriculture, des infrastructures et du renforcement des capacités.  Le représentant a appelé les autres partenaires au développement à déployer autant d’efforts.


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) a félicité le Gouvernement timorais pour sa détermination constante d’affronter les défis malgré ses capacités limitées.  Il a noté les progrès enregistrés dans la délimitation de la frontière terrestre avec l’Indonésie et a dit attendre avec intérêt un prochain accord.


Les objectifs et mandats actuels de la MANUTO devraient être maintenus dans leur forme actuelle jusqu’en mai 2005, a estimé M. MacKay.  Le représentant a jugé nécessaire que la MANUTO utilise ces six prochains mois pour assurer une transition sans heurt.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité, les institutions des Nations Unies et les donateurs réfléchissent à l’aide qu’il serait nécessaire d’apporter à Timor-Leste lorsque la MANUTO aura cessé ses activités.  Il s’est dit satisfait de la création de groupes de travail chargés d’examiner les mesures nécessaires pour gérer la transition.


La transition dans le secteur de la justice sera très importante, a précisé le représentant, qui a apporté son soutien aux activités de l’Unité des crimes graves, afin que les auteurs des crimes de 1999 soient traduits en justice d’une manière conforme au droit international.  La Communauté internationale ne saurait tolérer un environnement d’impunité, a affirmé M. MacKay.


M. GONÇALO AIRES DE SANTA-CLARA GOMES (Portugal) a souscrit aux conclusions du Secrétaire général sur les progrès réalisés au Timor-Leste mais aussi sur la fragilité de l’administration publique et donc sur la nécessité de poursuivre l’assistance internationale, sans apporter de changement dans la composition ou les effectifs de la MANUTO, y compris en ce qui concerne ses composantes militaire et de police.  Le représentant a rappelé que son pays avait donné au Timor-Leste une partie importante de l’équipement utilisé par l’ancien contingent portugais de la MANUTO, et ayant une valeur de 20 millions de dollars.


Tout en se félicitant de l’amélioration des relations entre le Timor-Leste et son voisin indonésien, le représentant s’est inquiété du manque de progrès dans la délimitation des frontières terrestres ou maritimes.  Il s’est aussi inquiété des insuffisances qui persistent dans le secteur d la justice, et notamment des propos du Secrétaire général selon qui il est possible que les procédures en matière de crimes graves puissent ne pas répondre pleinement aux attentes de tous ceux qui ont été affectés par les événements de 1999.  Le représentant a rappelé que tous les auteurs de crimes graves doivent être poursuivis et a affirmé que le Portugal soutiendra toute initiative du Secrétaire général dans ce domaine.


Il est important que la MANUTO prenne fin comme prévu en mai 2005, a déclaré le représentant, mais il est encore plus important que le Timor-Leste continue de bénéficier d’un appui cohérent et organisé de la part du système des Nations Unies après cette date.  Il faut désormais commencer à envisager une transition en douceur pour le Timor, sans opération de maintien de la paix, mais avec une présence solide et coordonnée des Nations Unies capable de soutenir ceux qui resteront pour aider Timor-Leste au-delà de mai 2005, a conclu le représentant.


M. RASTAM MOHD ISA (Malaisie) a reconnu le rôle important que la MANUTO continue de jouer au Timor-Leste.  Prenant note des recommandations du Secrétaire général sur la prorogation du mandat de la Mission, le représentant a souscrit à l’idée que la période finale permettra à cette dernière de s’acquitter pleinement de son mandat et de consolider la paix.  Il est évident que la transition vers la phase de développement nécessitera une pleine coopération des partenaires bilatéraux et multilatéraux, a prévenu le représentant, en soulignant le rôle de son pays dans ce domaine.  Il a estimé que la MANUTO doit redoubler d’efforts pour encourager une plus grande implication des Timorais dans la mise en œuvre des trois programmes et pour trouver les partenaires qui peuvent apporter leur concours à ce processus.  Il a dit attendre avec intérêt la prochaine conférence des donateurs.  Il a conclu sur les relations entre le Timor-Leste et l’Indonésie qui, a-t-il dit, augurent bien d’un règlement rapide de la question de la démarcation de leurs frontières terrestres.  Il a aussi noté que les négociations avec l’Australie sur leurs frontières maritimes se sont poursuivies, en espérant un accord mutuellement bénéfique qui pourrait garantir l’accès du Timor-Leste à des ressources vitales pour son développement.


Mme LAXANACHANTORN LAOHAPHAN (Thaïlande) a salué les progrès accomplis par le Timor-Leste depuis deux ans et demi, tout en rappelant qu'il restait encore de nombreux défis à relever.  Elle a appuyé la recommandation du Secrétaire général de proroger le mandat de la MANUTO jusqu'au 20 mai 2005 afin d'assurer le fonctionnement ininterrompu de l'administration civile après le retrait de la Mission.  Une stratégie de sortie planifiée est nécessaire à toute opération de maintien de la paix, a-t-elle expliqué.  La représentante a ensuite souligné que la fin du mandat de la MANUTO ne signifiait pas que le Timor-Leste soit capable de faire fonctionner son administration publique.  Ce pays continuera à s'appuyer sur l'assistance fournie par des experts internationaux pour renforcer sa capacité institutionnelle, a-t-elle expliqué, avant d'évoquer les trois programmes établis.  Elle a d'abord relevé la faiblesse du système d'administration publique et de justice, alors que seuls quatre juges internationaux sont en place, que les juges nationaux sont en formation et qu'il faut encore adopter des lois.  En matière d'application de la loi, elle a relevé que les forces de police timoraises étaient loin d'être prêtes, faute d'expérience et d'impartialité, et elle a appelé à étudier la possibilité d'instituer un organe externe de surveillance pour recueillir les plaintes émises à leur encontre.  Enfin concernant la sécurité, elle a constaté que le climat de paix résultait des contacts accrus entre le Timor-Leste et l'Indonésie, qu'elle a appelés à poursuivre les négociations en vue de définir leurs frontières terrestres.  Elle a en outre jugé indispensable de renforcer la surveillance des côtes timoraises.


La représentante a ensuite appelé la communauté internationale à se montrer réaliste dans ses attentes vis-à-vis du Timor-Leste.  Elle a ainsi jugé impossible que le Groupe d'enquête sur les crimes graves puisse achever, avant le 20 mai 2005, tous les procès concernant les violations des droits de l'homme commises en 1999, comme le lui impose la résolution 1543 (2004).  De même, elle a souligné la difficulté d'intégrer les anciens combattants à la vie civile, car davantage de personnes prétendent avoir fait partie de la résistance civile que de la résistance armée.  À cet égard, elle a salué les travaux sur un projet de loi relatif à la reconnaissance des anciens combattants.  Enfin, la représentante a rappelé le rôle vital du développement pour parvenir à une paix durable postconflit.  Elle est nécessaire d'aider les Timorais à poursuivre leur développement social et économique, a-t-elle expliqué, avant d'insister sur le rôle de la Banque mondiale, du PNUD et de l'UNICEF dans le pays.  En conclusion, elle a relevé que le retrait de la MANUTO coïnciderait avec le troisième anniversaire du Timor-Leste, nation aussi jeune que prometteuse, dotée de ressources en pétrole et en gaz.  Soulignant que la communauté internationale tirerait avantage d'un Timor-Leste stable et prospère, elle a rappelé qu'une conférence internationale des donateurs devait se tenir en mars 2005.


M. DIRK JAN VAN DEN BERG (Pays-Bas), au nom de l’Union européenne et des pays associés ou candidats, a déclaré que la position de l’Union européenne n’a pas changé de manière significative depuis la dernière réunion du Conseil de sécurité sur le sujet, en août.  Il a donc félicité le Gouvernement du Timor-Leste pour les progrès accomplis dans les secteurs de l’administration civile et des forces de police et de sécurité, ainsi que pour les importantes lois adoptées et la préparation des élections locales.  Le représentant a également salué le travail de la MANUTO et celui des organisations qui contribuent à la récente amélioration de la situation économique et permet, selon le représentant, d’espérer une poursuite de l’amélioration dans l’avenir.  L’Union européenne, a ajouté M. van den Berg, souhaite voir davantage d’efforts tendant à développer le secteur privé au Timor-Leste.


Le rapport du Secrétaire général montre très clairement les raisons pour lesquelles le Timor-Leste n’est pas encore autosuffisant, a déclaré le représentant. L’Union européenne partage les conclusions du Secrétaire général sur le maintien de la MANUTO dans les termes de la résolution 1543 du Conseil de sécurité.  Elle soutient également la conclusion du Secrétaire général concernant la mise au point d’une stratégie de sortie durant les six prochains mois.  L’Union européenne continuera en outre à soutenir Timor-Leste après le départ de la MANUTO, a assuré le représentant.


M. van den Berg s’est enfin dit préoccupé de l’absence de progrès dans la lutte contre l’impunité.  Il est essentiel de faire en sorte que les responsables des crimes graves commis en 1999 soient tenus responsables de leurs actes et que justice soit rendue aux victimes et au peuple du Timor-Leste, a ajouté le représentant.  L’Union européenne attend les propositions du Secrétaire général en ce sens et les examinera favorablement, a-t-il conclu.  


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