LE CONSEIL ENCOURAGE LE PARLEMENT DE TRANSITION DE LA SOMALIE ET LE PRÉSIDENT INTÉRIMAIRE À CHOISIR UN PREMIER MINISTRE ET À ÉTABLIR UN PROGRAMME D’ACTION

26 octobre 2004
CS/8225

LE CONSEIL ENCOURAGE LE PARLEMENT DE TRANSITION DE LA SOMALIE ET LE PRÉSIDENT INTÉRIMAIRE À CHOISIR UN PREMIER MINISTRE ET À ÉTABLIR UN PROGRAMME D’ACTION

26/10/2004
Communiqué de presseCS/8225

Conseil de sécurité

5064e séance – après-midi

Le Conseil encourage le parlement de transition de la Somalie et le Président intérimaire à choisir un Premier ministre et à établir un programme d’action

Il attend les recommandations du Secrétaire général sur

le renforcement du rôle de l’ONU dans la consolidation de la paix en Somalie

À l’issue de consultations officieuses sur la situation en Somalie, le Président du Conseil de sécurité pour le mois d’octobre, M. Emyr Jones Parry du Royaume-Uni, a lu au nom des membres du Conseil la déclaration suivante:

Le Conseil de sécurité réaffirme ses résolutions antérieures et les déclarations de son président concernant la situation en Somalie, notamment la résolution 1558 (2004) du 17 août 2004 et la déclaration de son président (S/PRST/2004/24) datée du 14 juillet 2004.

Le Conseil réitère sa volonté de parvenir à un règlement global et durable de la situation en Somalie, et son respect pour la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et l’unité du pays, conformément aux buts et principes énoncés dans la Charte des Nations Unies.

Le Conseil salue les récents progrès réalisés à la Conférence de réconciliation nationale en Somalie tenue à Nairobi, y compris la mise en place du Parlement fédéral de transition de la Somalie et l’élection qui a suivi du Président du Parlement et Président intérimaire de la Somalie, qui représentent autant d’étapes importantes en vue du rétablissement de la paix et de la stabilité en Somalie.

Soulignant qu’il importe de consolider les acquis obtenus jusqu’ici, le Conseil attend avec intérêt la formation en Somalie, dans le proche avenir, d’un gouvernement fédéral de transition capable d’engager un processus de réconciliation et de reconstruction dans un esprit de consensus et de dialogue avec toutes les parties somaliennes.

À cet égard, le Conseil encourage le Parlement fédéral de transition et le Président à prendre des mesures supplémentaires afin de choisir un premier ministre et un cabinet efficient et efficace, et à établir un programme d’action et un calendrier préliminaires pour la période de transition. Il prie instamment les institutions fédérales de transition d’associer pleinement les femmes aux activités de réconciliation et de reconstruction à mener après le conflit. Il prend note des échanges de vues en cours pour tracer les contours d’éventuels mécanismes de coopération entre le Gouvernement fédéral de transition et la communauté internationale.

Le Conseil rend hommage aux États membres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), notamment au Gouvernement kényan, ainsi qu’aux autres pays et organisations pour l’appui constructif qu’ils ont apporté au processus de réconciliation nationale en Somalie au cours des deux dernières années, et les encourage à poursuivre leurs efforts en faveur de la cause de la paix dans ce pays.

Le Conseil accueille avec satisfaction et appuie l’engagement que l’Union africaine a pris de faciliter le processus de transition en Somalie, en particulier en préparant une mission d’appui à la paix en Somalie, y compris des formules pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion, et encourage la communauté internationale des donateurs à contribuer à ces efforts.

Le Conseil se félicite également des efforts déployés par le Bureau politique des Nations Unies en Somalie, l’Équipe de pays des Nations Unies, l’Organe de coordination de l’aide à la Somalie, l’Union européenne, le Forum des partenaires de l’IGAD, la Ligue des États arabes et tous ceux qui participent à l’élaboration d’un cadre de consolidation de la paix, efforts qui devraient conduire à la formulation d’un programme d’assistance rapide, et appelle la communauté internationale à soutenir ce programme ainsi que les programmes de développement économique et de relèvement d’urgence, à mesure que la sécurité revient en Somalie.

Le Conseil partage l’avis du Secrétaire général, selon lequel « au stade actuel des progrès accomplis dans le processus de paix en Somalie, l’Organisation des Nations Unies sera probablement invitée à renforcer son rôle et sa présence dans la consolidation de la paix, afin d’être en mesure d’aider les parties somaliennes à concrétiser leur accord. Dans le même temps, il est clair que tout renforcement du rôle de l’Organisation en Somalie doit être progressif, et devrait dépendre de l’issue des échanges de vues avec le nouveau gouvernement ». Le Conseil attend avec intérêt les recommandations du Secrétaire général à cet égard.

Le Conseil prie instamment les dirigeants somaliens de créer un environnement favorable pour le futur gouvernement fédéral de transition en faisant des efforts résolus pour améliorer les conditions de sécurité sur le terrain et réaffirme que ceux qui persistent sur la voie de l’affrontement et du conflit devront répondre de leurs actes. Le Conseil continuera de suivre la situation de près.

Rapport du Secrétaire général sur la situation en Somalie (S/2004/804)

Ce rapport, publié le 8 octobre dernier, décrit les progrès réalisés par la Conférence de réconciliation nationale en Somalie, la situation en matière de sécurité et les activités humanitaires et de développement mises en œuvre par les programmes et organismes des Nations Unies.  Il couvre la période écoulée depuis le 9 juin 2004, date du dernier rapport sur la question.

Les progrès observés au cours des dernières semaines à la Conférence de réconciliation nationale, organisée à Mbagathi (Somalie) sous les auspices de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), sont dignes d’éloges, estime le Secrétaire général.  À la mi-septembre, 268 des 275 députés du Parlement fédéral de transition avaient prêté serment, les sept députés restant ayant été empêchés de se rendre à Nairobi en raison d’une mauvaise santé ou de problèmes logistiques. 

Entre-temps, le Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie, l’équipe de pays des Nations Unies et les donateurs ont poursuivi leurs efforts afin d’élaborer des projets de plan visant à appuyer le futur gouvernement fédéral et les institutions de transition en Somalie pendant la période suivant la Conférence.

Cependant, la situation sur le plan de la sécurité demeure précaire.  Des tensions occasionnelles sont apparues au « Puntland » et les affrontements entre clans et à l’intérieur des clans ont persisté dans le centre et le sud du pays, y compris à Mogadishu.  Pour une large part, cette insécurité résulte de la criminalité, de la délinquance, des accrochages entre milices rivales pour le contrôle des routes, des ports, des aéroports et autres ressources au niveau local, explique le Secrétaire général.

Au stade actuel d’avancement du processus de paix en Somalie, il faudra vraisemblablement prévoir un renforcement du rôle et de la présence des Nations Unies en vue de la consolidation de la paix, observe-t-il.  À ce titre, le Secrétaire général préconise que les ressources mises à disposition du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie pour 2004-2005 soient maintenues à leur niveau actuel, et lance un nouvel appel pour que des contributions à la mesure des besoins soient versées au titre de l’Appel global révisé en faveur de la Somalie.

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