CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE COMITÉ CONTRE LE TERRORISME DOIT FOURNIR UNE AIDE ACCRUE AUX PAYS QUI N’ONT PAS ENCORE PRÉSENTÉ LEURS RAPPORTS SUR LA LUTTE CONTRE CE FLÉAU

19 Juillet 2004
CS/2716

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE COMITÉ CONTRE LE TERRORISME DOIT FOURNIR UNE AIDE ACCRUE AUX PAYS QUI N’ONT PAS ENCORE PRÉSENTÉ LEURS RAPPORTS SUR LA LUTTE CONTRE CE FLÉAU

19/07/2004
Communiqué de presseCS/2716

Conseil de sécurité

5006e séance – matin

CONSEIL DE SÉCURITÉ: LE COMITÉ CONTRE LE TERRORISME DOIT FOURNIR UNE AIDE ACCRUE AUX PAYS QUI N’ONT PAS ENCORE PRÉSENTÉ LEURS RAPPORTS SUR LA LUTTE CONTRE CE FLÉAU

Un certain nombre d’États Membres demandent la nomination d’un expert des droits de l’homme et de l’état de droit au sein du CCT

Dans une déclaration présidentielle faisant suite au débat qu’il a tenu ce matin sur les menaces à la paix et à la sécurité internationales provoquées par les actes terroristes, le Conseil de sécurité a invité aujourd’hui le Comité contre le terrorisme (CCT) à accélérer ses travaux relatifs aux évaluations des besoins des pays en matière d’assistance dans la lutte contre ce fléau, et s’est félicité de la préparation de la première visite du Comité dans un État Membre, avec l’assentiment de celui-ci, afin de renforcer le suivi de l’application de la résolution 1373 (2001).

Après que le Président du CCT, Alexander Konuzin, de la Fédération de Russie, ait relevé dans son rapport soumis aux membres du Conseil que 71 États Membres ne s’étaient pas acquittés, dans les délais convenus, des obligations contenues dans la résolution 1373 qui demandent aux États Membres de soumettre des rapports nationaux sur la manière dont ils mettent en œuvre ses termes, le Conseil a demandé à ces États de s’acquitter de toute urgence de leurs obligations afin de préserver l’universalité de la riposte qu’exige la résolution 1373.

À cet égard, le représentant des États-Unis a indiqué que son pays, pour qui la lutte contre le terrorisme restait la priorité absolue, ferait tout pour renforcer le rôle et les capacités des Nations Unies dans ce domaine.  À ce sujet, il a déploré que trop d’États n’avaient pas encore mis en place les nouvelles structures et lois nécessaires pour mener à bien le combat contre le terrorisme et qu’une trentaine de pays n’avaient pas encore signé ou ratifié tous les textes et conventions régissant la lutte contre ce fléau.  La nouvelle direction exécutive du CCT, a-t-il souligné, doit donc s’atteler à travailler activement avec le plus grand nombre possible de pays afin de les encourager à prendre part aux mesures antiterroristes.  Intervenant également au cours du débat, les représentants de l’Allemagne et des Philippines ont appelé le Conseil et le CCT à trouver les raisons pour lesquelles 71 États n’avaient pas encore soumis leurs rapports nationaux.  Est-ce par manque de moyens humains, financiers et matériels?  Ou est-ce par méfiance envers le CCT dont la légitimité serait contestée, s’est demandé le représentant des Philippines?  Les deux délégations, auxquelles s’est ajoutée celle des Pays-Bas, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, ont demandé qu’un haut fonctionnaire chargé de veiller au respect des droits de l’homme et de l’état de droit dans la mise en œuvre des mesures et politiques recommandées dans la lutte contre le terrorisme, soit nommé au sein du Directoire exécutif du CCT.  Le représentant des Pays-Bas a par ailleurs salué le fait que les recommandations sur la revitalisation du mandat et du programme de travail du CCT soient présentées, dans un proche avenir, par le Secrétaire général des Nations Unies au Conseil de sécurité.  Le rôle central du Secrétaire général dans le fonctionnement de toute entité onusienne, a souligné le représentant de la présidence de l’Union européenne, doit en effet être réaffirmé.

L’Union européenne s’est également félicitée de la proposition de la Ligue arabe d’accueillir, au Caire, la 4ème Réunion spéciale des organisations internationales, régionales et sous-régionales sur la mise en œuvre de la résolution 1373.  Cette décision indique la volonté des États arabes de s’attaquer efficacement au problème du terrorisme, a noté de son côté le représentant de la Chine, qui a soutenu le principe de visites du CCT dans les États, avec leur accord, pour établir un partenariat et un dialogue fructueux.  Dans leurs interventions, les délégations de l’Algérie, de la Syrie et du Pakistan ont demandé pour leur part que la transparence et l’équité président aux actions du Comité et que, selon les mots du représentant de l’Algérie, aucune sphère culturelle ou religieuse ne soit systématiquement stigmatisée dans la lutte contre le terrorisme.

MENACES À LA PAIX ET À LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES CAUSÉES PAR DES ACTES TERRORISTES

Déclarations

M. ALEXANDER KONUZIN, Président du Comité contre le terrorisme (CCT), a déclaré que cet organe devait changer ses méthodes de travail en intégrant à l'avenir au processus d'examen des rapports l'évaluation des besoins des pays en matière d'assistance.  De telles mesures pourraient êtres mises en œuvre en développant la coopération avec les donateurs et en s'assurant que les efforts d'assistance technique sont mieux adaptés aux besoins réels.  Encourager les États à devenir parties aux conventions et protocoles pertinents en matière de terrorisme et à appliquer leurs dispositions dans le cadre de leur législation nationale reste un de nos principaux objectifs, a indiqué le Président du Comité.  Celui-ci a en outre renforcé sa coopération et sa coordination avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales telles que l'Union européenne ou le Centre antiterroriste de la Communauté des États indépendants.

Abordant ensuite les aspects couverts par le 12e programme de travail du Comité, qui s'étend de juillet à septembre 2004, le Président a annoncé que le Comité avait reçu 515 rapports d'États membres ou autres depuis le 30 juin dernier.  Toutefois, 71 États membres n'ayant pas remis leurs rapports à temps, le Comité s'est déclaré disposé à les assister afin de leur permettre de résoudre les problèmes à l'origine de ces retards.  La principale tâche du CCT pour cette période consiste en la mise en œuvre de la résolution 1535 (2004), a indiqué son Président, ajoutant que le Comité poursuivrait sa coordination avec les organes des Nations Unies chargés des différents aspects de lutte contre le terrorisme, en particulier le Comité établi par le Conseil de sécurité en vertu de la résolution 1267 (1999) et concernant Al-Qaida et les Talibans, et celui établi en vertu de la résolution 1540 (2004) sur le problème de la non-prolifération de la menace terroriste.

S'agissant de l'assistance technique, le Comité s'est engagé à mettre en place un mécanisme efficace d'échange de l'information non confidentielle avec les donateurs potentiels, notamment avec le Groupe d'action contre le terrorisme du G-8.  Il a par ailleurs l'intention de préparer sa première visite à un État membre, une telle mission s'avérant essentielle pour créer un climat de coopération et offrir une assistance technique basée sur une évaluation plus précise des besoins spécifiques des pays.  Conformément à la résolution 1373 (2001), le Comité développera enfin toutes les formes nécessaires de dialogue avec les États membres nécessitant une assistance en vue de renforcer leur capacité de lutte contre le terrorisme, a conclu son Président.

M. JOHN C. DANFOTH (États-Unis) a déclaré que la lutte contre le terrorisme restait la priorité du Gouvernement américain qui, a-t-il insisté, fera tout pour renforcer et améliorer les capacités de l’ONU dans ce domaine.  Le Comité contre le terrorisme (CCT) peut donner une impulsion aux États pour les encourager à mettre en place de nouvelles structures et promulguer de nouvelles lois pour lutter contre ce fléau, a dit M. Danforth.  À ce jour, trop d’États n’ont pas encore pris les mesures qui s’imposent sur cette question, a-t-il toutefois regretté en indiquant qu’une trentaine de pays n’avaient pas encore signé ou ratifié certains protocoles et conventions relatifs à la lutte contre le terrorisme.  Le travail du CCT aurait dû contribuer à réduire le nombre d’attentats terroristes, a estimé le représentant, mais il n’en a rien été.  La Direction exécutive du CCT doit s’atteler à la tâche de manière proactive pour inciter le plus grand nombre de pays à participer de manière efficace à la lutte antiterroriste.  Pour cela, le CCT devrait effectuer des visites sur le terrain afin d’évaluer les mesures concrètes prises par les États, a estimé M. Danforth. Les États-Unis, a-t-il ajouté, exhortent tous les États à établir des relations de travail interactives entre leurs spécialistes et le CCT.

M. HERALDO MUÑOZ (Chili) a rappelé que le CCT a lancé une étape importante grâce à la revitalisation de ses travaux, qui visait à ce que les États Membres respectent pleinement la résolution 1373 en mettant en place les mécanismes adéquats.  Pour améliorer la collaboration entre le CCT et le Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban, a suggéré le représentant chilien, le Président du CCT doit participer aux réunions d'autres organes et échanger davantage d'informations.  Au cours d'une réunion récente entre les deux Comités, a notamment été évoquée la possibilité de transmettre les informations pertinentes sur l'assistance technique et les visites du Comité dans les pays.  Rappelant la gravité de la menace que pose le terrorisme, il a lancé un appel aux États qui ne sont pas encore parties aux instruments juridiques existants de le faire et d’intégrer leurs dispositions à la législation nationale.

M. LAURO BAJA (Philippines) a indiqué qu’il faudrait trouver les raisons pour lesquels 71 États n’ont pas pu ou voulu soumettre leurs rapports nationaux de lutte antiterroriste au CCT et au Conseil de sécurité.  Est-ce dû à des questions sur la légitimité du CCT, ou est-ce simplement dû à un manque de capacités humaines et matérielles au niveau de ces États?  Nous devons répondre à ces questions, a dit le représentant.  Ensuite, a-t-il dit, le Conseil devrait veiller à ce que les droits de l’homme soient respectés dans toute action de lutte anti-terroriste.  Sans ce respect, a-t-il estimé, la lutte contre le terrorisme perdrait de sa légitimité et ne bénéficierait plus du soutien dont elle a besoin.

M. GÜNTER PLEUGER (Allemagne) a exprimé le souhait que le nouveau Directeur exécutif du CCT encourage le renforcement du dialogue avec tous les États Membres de l’ONU dans un esprit de coopération, de transparence et d’équité.  Outre l’amélioration de ses structures opérationnelles, M. Pleuger s’est déclaré convaincu que la revitalisation en cours du CCT devrait renforcer la légitimité aux yeux de tous les États Membres.  L’Allemagne, a-t-il ajouté, attend la nomination prochaine d’un expert des droits de l’homme et de l’état de droit parmi les hauts responsables du Directorat du CCT qui devra oeuvrer pour renforcer sa coopération et la coordination de ses travaux avec les autres organes des Nations Unies, notamment le Comité des sanctions contre Al-Qaida, les Taliban et les entités qui leur sont associées.  À cet égard, a noté le représentant, ces deux Comités ont commencé à faire des efforts.

M. AIZAZ AHMAD CHAUDHRY (Pakistan) a affirmé que les besoins des pays en matière d'assistance devaient être soumis dans le cadre des procédures d'examen du Comité contre le terrorisme.  S'il a ensuite salué les efforts du Président du Comité pour renforcer la coordination avec d'autres structures, le représentant a toutefois estimé que celle-ci devait se faire dans le cadre des mandats des différents organes.  Il a enfin appuyé la volonté du Comité d'améliorer ses méthodes de communication, processus indispensable à son avis pour lutter contre toute mauvaise interprétation de ses travaux.

M. JULIAN KING (Royaume-Uni) a déclaré que la menace du terrorisme n’a pas diminué au cours de ces dernières années.  La communauté internationale doit donc être unie pour lutter contre ce fléau, a dit le représentant.  Le CCT, a-t-il estimé, a permis de progresser sur cette voie, notamment en sensibilisant les États à la menace du terrorisme, mais au fil des ans, son dynamisme s’est ralenti.  Nous devons donc profiter du changement opéré à la tête de cet organisme pour en relancer les activités, a estimé le représentant.  Le CCT, a-t-il poursuivi, doit continuer à développer ses relations avec le Comité contre Al-Qaida, les Taliban et leurs associés.  Le représentant a ensuite invité le CCT à renforcer sa coopération avec les États qui n’ont pas les moyens de s’acquitter des engagements contenus dans les différents textes relatifs à la lutte antiterroriste.

M. YAÑEZ BARNVEVO (Espagne) a déclaré que le renforcement des mécanismes de transparence du Comité était indispensable pour informer tous les États membres et le public de l'avancée de ses travaux.  Il a ensuite fait part de l'importance qu'il accordait à trois objectifs du CCT: le renforcement du rôle du Comité dans le domaine de l'assistance technique et dans l'application de la résolution 1373 du Conseil de sécurité; la préparation des premières visites du Comité dans les pays qui le jugent nécessaire, ce qui permettra à son avis de nouer un dialogue avec les autorités compétentes en vue de vérifier la mise en œuvre des dispositions de ladite résolution; l’intensification de la coopération entre le Comité et les organisations internationales, régionales et sous-régionales.

M. YISHAN ZHANG (Chine) a dit que sa délégation avait confiance en la présidence actuelle du CCT.  La Chine soutient la réforme et la revitalisation du Comité, a dit le représentant.  Notre pays est favorable à la proposition invitant le CCCT à effectuer des visites sur le terrain.  Ces visites, qui devraient se faire en total accord avec le pays concerné, devraient aussi permettre d’alléger les tâches nécessaires à l’élaboration, par ces États, de leurs rapports nationaux, a indiqué le représentant.  La Chine se félicite d’autre part de la proposition de la Ligue des États arabes d’accueillir la 4ème réunion spéciale du CCT au Caire, a ensuite dit le représentant en notant que cette décision montrait la volonté de la Ligue arabe et de ses États membres de faire face au terrorisme.

M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a déclaré qu'il fallait renforcer la coordination entre le CCT et le Comité des sanctions contre Al-Qaida et les Taliban.  Il a poursuivi en affirmant que les visites à certains pays étaient de nature à raffermir la mise en oeuvre de la résolution 1373 et a, pour cette raison, encouragé les préparatifs en cours de la première visite à un État partie.  Vérifier sur place la mise en oeuvre de la résolution 1373 est en effet selon lui indispensable, mais ce processus devrait toutefois concerner toutes les régions et pays du monde sans discrimination aucune.  Il a également appelé les 71 pays qui n'ont pas encore présenté leur rapport à temps à le faire sans tarder et le Comité à les aider à respecter cette obligation.  Le représentant a enfin salué la tenue d'une réunion avec les pays de la Ligue des États arabes en décembre prochain.

M. ISMAEL ABRAÃO GASPAR MARTINS (Angola) a déclaré que son pays coopérerait entièrement avec le CCT.  L’Angola considère que le processus de revitalisation du Comité doit avant tout renforcer le rôle central de l’ONU dans la lutte contre le terrorisme et la mise en oeuvre de la résolution 1373, a indiqué le représentant.  Le rapport soumis par le CCT prouve que la communauté internationale s’adapte à l’évolution des actes de terrorisme, a poursuivi le représentant, qui s’est félicité que la direction technique du CCT, récemment créée, ait déjà pu être mise en place.  L’exposé qui a été fait par le Président du CCT montre qu’il faudrait rapidement mettre en place des méthodes et des structures capables d’aider les pays qui n’ont pas pu présenter leurs rapports, et qui sont majoritairement des pays en développement.  Ces pays, qui sont vulnérables aux actes de terrorisme, ont désespérément besoin d’assistance technique et de renforcement de capacités, a souligné le représentant de l’Angola. 

M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a déclaré que le Comité contre le terrorisme devait persuader les États de tirer parti de tous les avantages offerts par cet organe, regrettant toutefois le manque d'un mécanisme de retour de l'information pour ces derniers.  Selon le représentant, le CCT ne saurait être un tribunal ou un commissariat, se félicitant à cet égard des efforts déployés par le CCT pour améliorer la transparence de ses méthodes de travail.  Il a conclu en précisant que si la condamnation des attentats terroristes a toujours été un des axes principaux de la politique étrangère du Brésil, cette condamnation devait se faire dans le respect des dispositions pertinentes du droit international.

M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a déclaré que le CCT était entré dans une phase transitoire qui prendra fin quand sa direction technique sera totalement opérationnelle.  L’application des termes de la résolution 1373 reste l’objectif prioritaire des actions du CCT, a dit le représentant.  La Roumanie, a-t-il indiqué, s’inquiète cependant que 71 États n’aient pas pu présenter leurs rapports nationaux et invite donc le CCT à porter une attention particulière à cette question en apportant plus d’assistance technique à ces États.  Nous invitons d’autre part les pays donateurs à soutenir les pays dépourvus de ressources techniques ou humaines, de manière à permettre la mise en œuvre de la résolution 1373, a conclu M. Motoc.

M. DIRK JAN VAN DEN BERG (Pays-Bas) a déclaré, au nom de l’Union européenne (UE), que les pays de l’UE se félicitaient de la présentation du programme de travail du Comité contre-terrorisme (CCT) pour la période des prochains 90 jours.  L’Union européenne, a dit M. van den Berg, considère que ce document fait partie du processus de revitalisation du CCT, conformément aux termes de la résolution 1535.  Après avoir relevé que le Directeur exécutif du CCT soumettra bientôt l’organigramme du CCT au Conseil, le représentant s’est félicité que cela se fasse par l’entremise du Secrétaire général, ce qui, selon lui, réaffirme le rôle central du Secrétaire général dans le processus de revitalisation du CCT.  Étant donné que l’Union européenne attache une place importante au respect des droits de l’homme dans la lutte contre le terrorisme, M. van den Berg s’est félicité qu’un expert en ce domaine soit nommé au sein du CCT.  Par ailleurs, a-t-il poursuivi, l’Union européenne soutient l’appel lancé par le CCT à tous les États qui n’ont pas soumis leurs rapports nationaux pour qu’ils le fassent le plus rapidement possible, en vertu des obligations contenues dans la résolution 1373, a déclaré M. van den Berg.

Nous encourageons donc le CCT et son Directeur exécutif à améliorer le dialogue qu’ils entretiennent avec les États, a dit le représentant de la présidence de l’Union européenne, en vue de parvenir à l’application totale de la résolution 1373.  Le Conseil européen, en ce qui le concerne, soutient totalement ces efforts et a nommé un coordonnateur pour le contre-terrorisme en Europe, tout en intégrant la lutte antiterroriste dans la politique étrangère de l’Union européenne, a souligné M. van den Berg.  L’accent est mis à cet égard, sur la ratification et la mise en œuvre, sans réserve, des différents protocoles et conventions relatifs au terrorisme et aux activités de financement de ces activités, a précisé le représentant.  Tout en comprenant que le CCT traverse une période de transition, l’Union européenne pense que l’addition d’un certain nombre d’experts à son personnel devrait lui permettre de mieux assister les pays qui, tout en ayant la volonté politique de mettre en œuvre la résolution 1373, n’en ont pas les moyens.  M. van den Berg a indiqué également le souhait de l’Union européenne de voir plus de dialogue et d’échange d’informations entre le CCT, les pays ayant besoin d’assistance, et les pays donateurs, et notamment une coopération étroite entre le CCT et le G-8.  Il s’est par ailleurs félicité de l’offre faite par la Ligue des États arabes d’accueillir en partenariat avec le CCT, la 4ème réunion spéciale des organisations internationales, régionales, et sous-régionales, sur la mise en œuvre de la résolution 1373, au Caire, à la fin de cette année.

M. MILAD ATIEH (République arabe syrienne) a félicité le CCT pour ses efforts en vue d'accroître la capacité des États Membres à aligner leurs législations nationales sur les dispositions pertinentes de la résolution 1373 du Conseil de sécurité.  Il a ensuite salué la relation interactive entre le Comité et les organisations internationales, régionales et sous-régionales, comme l’atteste la création de la Direction exécutive du Comité.  S'inquiétant du fait que le terrorisme international était selon lui à son apogée, le représentant a affirmé qu'il fallait coordonner les efforts internationaux pour s'attaquer à ses racines profondes.  Dans ce contexte, il est indispensable de mettre en place une démarche objective et impartiale, a-t-il poursuivi.  Affirmant que le terrorisme frappe davantage s’il recourt aux armes de destruction massive, il a rappelé que sa délégation avait invité la communauté internationale à combattre les deux de front, en présentant notamment une résolution qui appelait à faire du Moyen-Orient une région libre de ce type d'armes.

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a déclaré que le Comité contre le terrorisme (CCT) devrait mettre l’accent sur l’assistance technique dans la lutte contre les différents trafics qui peuvent contribuer au financement du terrorisme.  Le représentant a donc invité le CCT à coopérer avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime.  La lutte contre le terrorisme, a-t-il souligné, doit respecter scrupuleusement les normes en vigueur des droits de l’homme et de l’état de droit.  Il faut aussi combattre la dissémination des armes de destruction massive, a poursuivi le représentant en se félicitant que le Conseil de sécurité ait à cet égard adopté, de manière unanime, des résolutions contre la prolifération des armes de destruction massive.  Le Liechtenstein, a-t-il affirmé, s’est acquitté des obligations qu’il a prises envers le CCT en lui présentant des rapports sur les mesures prises en application de la résolution 1373.  Son pays, tout en étant conscient du volume de travail et des moyens limités dont dispose le Comité pour s’acquitter de son mandat, exhorte la communauté internationale à apporter une assistance aux pays qui en ont besoin, a conclu le représentant.

M. PRAYONO ATIYANTO (Indonésie) a rappelé que le douzième programme de travail du CCT visait le renforcement de la lutte contre le terrorisme, soulignant à cet égard l'importance de la coopération et de la coordination avec les pays qui souhaitent une assistance technique.  L’Indonésie a créé un centre de prévention et de répression du terrorisme en Indonésie, qui a pour mandat de s'attaquer à la dimension transnationale de ce crime.  Le Centre s'efforcera par ailleurs de renforcer la coopération entre l'Indonésie et l'Australie, a poursuivi le représentant, ajoutant que dans le cadre de la mise en œuvre de la résolution 1373, les deux pays ont constitué un groupe de juristes pour faciliter la diffusion et le partage d'informations pertinentes entre les deux pays, notamment au plan pénal.   Ce Groupe tiendra sa première réunion à Canberra, en Australie, en août prochain.  Rappelant enfin que le terrorisme concerne tous les pays, le représentant a souligné la nécessité d'adopter une approche multilatérale pour le combattre et affirmé à cet égard la volonté de l'Indonésie de coopérer avec d'autres pays.

M. ARYE MEKEL (Israël) a déclaré qu’aucune raison ne pouvait justifier un acte terroriste.  Israël l’a appris à ses dépends, a-t-il indiqué, en appelant la communauté internationale à prévenir les actes terroristes, de manière à en éliminer les auteurs avant même qu’ils n’agissent.  La communauté internationale ne doit jamais prendre à la légère le discours des responsables de ces actes, a poursuivi le représentant.  Israël attire par ailleurs l‘attention du Conseil de sécurité sur le danger que posent les missiles antiaériens mobiles, a-t-il dit, estimant que le Conseil devrait prendre des mesures drastiques afin d’en éliminer la menace.  Ensuite, a-t-il dit, le Conseil devrait prendre des sanctions contre tout État qui accueillerait des terroristes et rendre leurs noms publics de manière à mettre ces pays au ban de la communauté internationale.

M. SHINICHI KITAOKA (Japon) a souhaité que le Comité contre le terrorisme donne des directives à la communauté internationale pour mieux diriger la lutte contre le terrorisme.  Le Japon, a-t-il indiqué, s’engage à assister les États qui le souhaitent à renforcer leurs capacités pour lutter plus efficacement contre le terrorisme.  Pour sa part, le Comité devrait déployer des efforts en faveur de l'assistance technique.  Le représentant a rappelé que le Japon avait concentré son action sur la région du Sud-Est asiatique.  Cette action est basée sur trois axes prioritaires, à savoir la coopération avec les organisations de détection et de prévention du terrorisme, la surveillance des déplacements transfrontaliers des terroristes et enfin la promotion à l'adhésion par les États aux traités et protocoles internationaux existants en ce domaine.  Cette année, le Japon a proposé de consacrer 6,8 millions de dollars à l’amélioration de la sécurité de ses aéroports.  Il est essentiel de renforcer la coopération internationale pour mettre un terme au terrorisme et surtout aux moyens qui l’alimentent.

M. PHILIPPE D. DJANGONÉ-BI (Côte d’Ivoire) a déclaré que sa délégation avait noté des recommandations et des conclusions du rapport du CCT.  Les actes terroristes sont devenus une des principales menaces à la paix et à la sécurité sur tous les continents, a indiqué le représentant.  Le diagnostic de ce mal ne sera parfait que quand ses causes et symptômes seront clairement identifiés, a estimé le représentant.  La définition claire du terrorisme, a-t-il poursuivi, permettra de mieux lutter contre ce fléau.  Il a ensuite invité le Conseil à participer pleinement à une définition claire du terrorisme.  Les négociations en cours sur un projet de convention générale sur le terrorisme international et un projet de convention sur les actes de terrorisme nucléaire devraient rapidement aboutir, afin que l’existence des démocraties naissantes ne soit pas mise en danger.  Les terroristes auront alors atteint leurs objectifs, a estimé le représentant.  La Côte d’Ivoire dénonce certaines formes de terrorisme d’État que mènent certains pays puissants pourtant réputés démocratiques en se servant de structures multilatérales existantes au sein du système des Nations Unies, comme le programme d’action de l’ONU destiné à prévenir, combattre et éliminer le trafic illicite des armes légères et de petit calibre, le traité de non-prolifération nucléaire, ou les Conventions d’Ottawa et de Kyoto, a dit le représentant.

M. ALISHER VOHIDOV (Ouzbékistan) a rappelé que l'Asie centrale a été confrontée aux formes les plus brutales du terrorisme, qui ont remis en cause la stabilité de la région.  Il a ensuite déclaré qu'il fallait lutter en amont contre les groupes extrémistes radicaux qui recrutent les jeunes et les poussent à commettre des attentats, attirant à ce titre l'attention du Conseil de sécurité et du CCT sur ces groupes.  Le représentant a en outre appelé à lutter contre la prolifération des armes de destruction massive, soulignant qu’il est urgent de libérer la région de ce type d'armes.  La criminalité transnationale organisée qui sévit grâce au trafic des drogues dans la région contribue à financer les activités terroristes, a-t-il fait remarquer.  C’est pourquoi, il est essentiel de renforcer la coopération non seulement au niveau international, mais également au niveau régional par le biais de mécanismes appropriés entre le Comité et les organisations internationales, régionales et sous-régionales pertinentes.  Le représentant s'est enfin félicité du programme de travail du Comité contre le terrorisme, qui devrait, selon lui, contribuer à renforcer ses liens avec les États Membres, notamment dans l'évaluation des besoins de ces derniers en matière d'assistance technique.

M. YERZHAN KH. KAZYKHANOV (Kazakhstan), rappelant que le terrorisme international constituait toujours une menace très grave à la paix et à la sécurité internationales, a souligné la nécessité de renforcer la coopération entre les États pour y mettre un terme.  À cet égard, il a rappelé que l'Organisation du traité de sécurité collective s'est exprimée en faveur de l'application des dispositions de la résolution 1535 du Conseil de sécurité.  Le représentant s'est dit ensuite convaincu que les visites du Comité contre le terrorisme dans les États Membres seraient de nature à couronner cette démarche de succès.  Dans le cadre de la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive, le représentant a souligné que les pays membres de l'Organisation du traité de sécurité collective étaient à la pointe en ce domaine, qu'il s'agisse de la mise en œuvre du Plan d'action de lutte contre le trafic illicite ou de l'harmonisation des différentes législations nationales en matière de lutte contre le terrorisme.  En matière de sécurité, notre volonté d'agir avec les organisations internationales a été confirmée dans le cadre d'une Déclaration de nos chefs d'État lors d'un sommet le 18 juin dernier au Kazakhstan, a ajouté le représentant.  Ce document envisage une série de mesures couvrant les multiples aspects de la lutte contre le terrorisme.

Répondant aux observations formulées par les délégations, le Président du Comité contre le terrorisme a souligné que la communauté internationale doit éviter de sombrer dans la routine afin d’assurer le succès de la lutte contre le terrorisme.  Le CCT partage tous les points de vue exprimés aujourd’hui qui visent notamment sa réforme et la revitalisation de ses activités, a-t-il indiqué.  Concernant les États qui n’ont pas encore adhéré aux différentes conventions relatives au terrorisme, il a déclaré qu’un certain nombre d’entre eux avaient contacté le CCT pour lui demander une assistance technique afin d’évaluer leur participation à ces instruments.  Le CCT se félicite des propositions faites par les délégations visant à encourager les organisations régionales de lui soumettre, elles aussi, des rapports sur la mise en œuvre de la résolution 1373.

Déclaration Présidentielle

« Le Conseil de sécurité accueille avec satisfaction l’exposé du Président du Comité contre le terrorisme sur les travaux du Comité. Le Conseil réaffirme que le terrorisme sous tous ses formes et dans toutes ses manifestations constitue l’une des menaces les plus graves à la paix et à la sécurité et que tout acte de terrorisme est un crime injustifiable, quels que soient la motivation, le lieu où il a été commis et l’auteur.

Le Conseil de sécurité rappelle la déclaration de son Président en date du 16 octobre 2003 (S/PRST/2003/17) et sa résolution 1535 (2004), faisant part de l’intention du Conseil de revoir la structure et les activités du Comité contre le terrorisme.

Le Conseil de sécurité salue les activités de l’Ambassadeur Inocencio Arias (Espagne) en qualité de Président du Comité contre le terrorisme et se déclare convaincu que le nouveau Président, soutenu par le nouveau Bureau du Comité, continuera de coordonner avec efficacité le Comité contre le terrorisme dans la lutte mondiale contre le terrorisme sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies, en assurant le suivi de l’application de la résolution 1373 (2001).

Le Conseil de sécurité invite le Comité contre le terrorisme à poursuivre ses activités telles qu’elles sont énoncées dans le programme de travail pour son douzième trimestre (S/2004/541) en se concentrant sur les modalités d’application de la résolution 1535 (2004) concernant la revitalisation du Comité, notamment en examinant le plan d’organisation de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme récemment créée.

Le Conseil de sécurité note qu’il importe de poursuivre l’action du Comité contre le terrorisme visant à renforcer les capacités des États Membres afin de lutter contre le terrorisme, définir et aborder les problèmes auxquels les États se heurtent pour appliquer la résolution 1373 (2001), faciliter la fourniture d’une aide technique adaptée aux besoins des pays, encourager le maximum d’États à devenir parties aux conventions et protocoles internationaux relatifs à la lutte contre le terrorisme, et renforcer son dialogue et sa coopération avec les organisations internationales, régionales et sous-régionales actives dans les domaines évoqués dans la résolution 1373 (2001).

Le Conseil de sécurité invite le Comité contre le terrorisme à accélérer ses travaux relatifs aux évaluations des besoins des pays en matière d’assistance pouvant être communiquées aux États et organismes donateurs intéressés et se félicite de la préparation de la première visite du Comité dans un État Membre avec l’assentiment de celui-ci afin de renforcer le suivi de l’application de la résolution 1373 (2001), en s’attachant en particulier à l’aide qui pourrait être fournie afin de répondre aux besoins des États.

Le Conseil de sécurité relève qu’au 30 juin 2004, 71 États n’avaient pas encore respecté le délai pour la présentation de leur rapport au Comité contre le terrorisme conformément à la résolution 1373 (2001). Il leur demande de le faire de toute urgence, en vue de préserver l’universalité de la riposte qu’exige la résolution 1373 (2001).

Le Conseil de sécurité invite le Comité contre le terrorisme à continuer de lui rendre compte de ses activités à intervalles réguliers et exprime son intention de revoir la structure et les activités du Comité en octobre 2004. »

*   ***   *

À l’intention des organes d’information • Document non officiel.