LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA FORCE DES NATIONS UNIES À CHYPRE JUSQU’AU 15 DÉCEMBRE

11 juin 2004
CS/2700

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA FORCE DES NATIONS UNIES À CHYPRE JUSQU’AU 15 DÉCEMBRE

11/06/2004
Communiqué de presse
CS/2700


Conseil de sécurité

4989e séance – après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE LE MANDAT DE LA FORCE DES NATIONS UNIES

À CHYPRE JUSQU’AU 15 DÉCEMBRE


      Le Conseil de sécurité a, ce matin, décidé de proroger le mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre pour une nouvelle période prenant fin le 15 décembre 2004.  En adoptant à l’unanimité la résolution 1548 (2004) il a également décidé d’étudier les recommandations que le Secrétaire général fera dans le cadre de son examen de la Force et d’y donner suite dans un délai d’un mois après les avoir reçues.  Par ce texte, le Conseil prie instamment la partie chypriote turque et les forces turques d’annuler sans retard toutes les restrictions encore imposées à la Force et les engage à rétablir à Strovilia le statu quo militaire qui y existait avant le 30 juin 2000.


LA SITUATION À CHYPRE


Projet de résolution S/2004/484: Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord


Le Conseil de sécurité,


      Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date du 26 mai 2004 (S/2004/427) sur l’Opération des Nations Unies à Chypre, et en particulier l’appel lancé aux parties pour qu’elles fassent le point sur la question humanitaire des personnes disparues et s’emploient à la régler avec la célérité et la détermination qui s’imposent,


      Notant que le Gouvernement chypriote est convenu qu’en raison de la situation qui règne dans l’île, il est nécessaire d’y maintenir la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre au-delà du 15 juin 2004,


      Se félicitant que le Secrétaire général ait l’intention de procéder d’ici à trois mois à un examen du mandat, des effectifs et du concept d’opérations de la Force, compte tenu des résultats des référendums du 24 avril 2004 et en prenant en considération l’évolution de la situation sur place et les positions des parties,


      Accueillant avec satisfactionet encourageant les efforts que l’Organisation des Nations Unies déploie, dans le cadre de toutes ses opérations de maintien de la paix, pour sensibiliser le personnel de maintien de la paix à la question de l’action de prévention et de lutte contre le VIH/sida et d’autres maladies transmissibles,


1.    Réaffirme toutes ses résolutions pertinentes sur Chypre, et en particulier la résolution 1251 (1999) du 29 juin 1999 et ses résolutions ultérieures;


2.    Décide de proroger le mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre pour une nouvelle période prenant fin le 15 décembre 2004, d’étudier les recommandations que le Secrétaire général fera dans son examen de la Force et d’y donner suite dans un délai d’un mois après les avoir reçues;


3.    Prie instamment la partie chypriote turque et les forces turques d’annuler sans retard toutes les restrictions encore imposées à la Force et les engage à rétablir à Strovilia le statu quomilitaire qui y existait avant le 30 juin 2000;


4.    Prie le Secrétaire général de présenter un rapport sur l’application de la présente résolution parallèlement au rapport visé plus haut;


5.    Décide de demeurer saisi de la question.


Explications de vote


Le représentant du Royaume-Uni s’est félicité de l’adoption à l’unanimité de cette résolution qui prolonge le mandat de la Force.  Il est indéniable que la situation depuis le référendum a changé.   Nous nous félicitons de l’intention annoncée du Secrétaire général de procéder à un examen en ce qui concerne la Force et attendons ses recommandations.  Nous souhaitons que le Conseil les examine rapidement.

Le représentant des États-Unis a déclaré que suite aux derniers événements, la donne a été modifiée sur le terrain, d’où la nécessité de revoir le mandat de la Force.  Les États-Unis ont voté en faveur de ce texte car il contient un calendrier clair.  Il est évident qu’un nouveau mandat pour la Force sera adopté sur la base des recommandations du Secrétaire général.   Il est en effet nécessaire que le Conseil de sécurité soit en mesure de revoir les opérations de maintien de la paix quand la situation sur le terrain l’exige.  Nous regrettons les résultats d’un des référendums car nous considérons qu’une occasion a été manquée.  Nous appuyons la conclusion du rapport selon lequel le rejet par la partie grecque pose des questions sérieuses sur la création d’un État bicommunautaire.  Il faut que les Chypriotes grecs articulent clairement leurs préoccupations.  Nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut continuer à appliquer les termes des résolutions pertinentes.


Le représentant du Chili a appelé les parties à respecter leurs engagements en vue de parvenir à la réunification de Chypre.  Nous pensons qu’il est nécessaire de combler le fossé qu sépare les deux communautés en matière de développement.  Il ne s’agit pas de favoriser la sécession mais de promouvoir la réunification. 


Le représentant du Pakistan a émis des réserves quant au contenu de cette résolution.  Compte tenu des résultats des référendums sur le plan de Règlement du Secrétaire général, il a estimé que le mandat de la Force des Nations Unies chargée du maintien de la paix à Chypre n’aurait dû être prolongée que pour une période de trois mois et non de six mois.  Par ailleurs, il a estimé que l’inclusion du paragraphe 3 a modifié la teneur de la résolution qui n’est plus une simple résolution technique, mais est devenue une résolution abordant les questions de fond.  Il a formé le vœu que le prochain rapport du Secrétaire général soit l’occasion d’exhorter la communauté internationale à mettre un terme à l’isolement de la communauté chypriote turque, qui ne peut aujourd’hui bénéficier des opportunités de l’adhésion de leurs voisins chypriotes grecs à l’Union européenne.


A l’instar du représentant du Pakistan, le représentant de l’Algérie s’est inquiété que cette résolution qui ne devait être qu’une résolution technique, soit devenue une résolution de fond.  Il a espéré que le Conseil de sécurité donnera suite au rapport du Secrétaire général et aux recommandations qui y figurent. 


Le représentant de la Roumanie a déclaré que l’examen global du mandat de l’opération à Chypre est devenu plus que nécessaire.  En tant que pays de la région, la Roumanie considère que les efforts en vue de la réunification de Chypre doivent se poursuivre.  Le représentant s’est félicité de ce que les échanges entre les communautés connaissent une nouvelle fluidité et a noté une amélioration des relations entre la Grèce et la Turquie: ces deux éléments ne peuvent que contribuer à résoudre la situation à Chypre.  Il a lancé un avertissement sur toute initiative hâtive qui pourrait risquer de remettre en cause toute avancée à Chypre. 


Pour l’examen de la question, le Conseil était saisi du rapport du Secrétaire général S/2004/427 (voir notre communiqué de presse CS/2697 du 8 juin 2004).


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