LE CONSEIL VEUT CAPITALISER SUR LE SUCCES DE LA CONFERENCE DE BERLIN SUR L’AFGHANISTAN POUR ASSURER LE BON DEROULEMENT DES ELECTIONS ET LA POURSUITE DE LA RECONSTRUCTION

6 avril 2004
CS/2655

LE CONSEIL VEUT CAPITALISER SUR LE SUCCES DE LA CONFERENCE DE BERLIN SUR L’AFGHANISTAN POUR ASSURER LE BON DEROULEMENT DES ELECTIONS ET LA POURSUITE DE LA RECONSTRUCTION

06/04/2004
Communiqué de presse
CS/2655


Conseil de sécurité

4941e séance – matin


LE CONSEIL VEUT CAPITALISER SUR LE SUCCES DE LA CONFERENCE DE BERLIN SUR L’AFGHANISTAN POUR ASSURER LE BON DEROULEMENT DES ELECTIONS ET LA POURSUITE DE LA RECONSTRUCTION


Le ton était à l’optimisme, ce matin, au Conseil de sécurité après le succès de la Conférence de Berlin sur l’Afghanistan.  Organisée conjointement les 31 mars et 1er avril derniers par l’ONU, l’Afghanistan, l’Allemagne et le Japon, la Conférence a donné lieu à des annonces de contributions d’un montant total de 8,2 milliards de dollars pour les exercices budgétaires allant de mars 2004 à mars 2007.  Cette somme, s’est félicité le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, représente 69% des fonds demandés par le Ministre afghan des finances.  Jean-Marie Guéhenno a également attiré l’attention sur le Plan de travail, présenté à Berlin par le Président Karzai, dont le sérieux a inspiré les documents finaux de la Conférence, à savoir la Déclaration de Berlin et son annexe relative à la lutte contre les stupéfiants.


Les problèmes liés au trafic illicite de la drogue, aux tensions entretenues par les seigneurs de guerre et à la reprise des activités des Taliban et des autres groupes extrémistes ont, en effet, été identifiés par les membres du Conseil comme des menaces persistantes à la sécurité et à la stabilité du pays, en particulier à l’approche des élections présidentielles et législatives prévues pour le mois de septembre prochain.  Comme l’a rappelé M. Guéhenno, le Plan de travail du Président Karzai vise le désarmement de 40% des milices et le cantonnement de toutes les armes lourdes d’ici le mois de juin.  Par ailleurs, a-t-il prévenu, les forces nationales et internationales en Afghanistan seraient très vite débordées si elles devaient surveiller, de façon crédible et significative, la tenue des élections dans l’ensemble du pays.


Les membres du Conseil de sécurité ont, en conséquence, relevé avec satisfaction que l’OTAN s’est engagée à étendre le mandat de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS).  Dans une déclaration présidentielle, publiée à l’issue de la réunion, les membres du Conseil ont aussi relevé que l’OTAN entendait créer cinq équipes de reconstruction de province supplémentaires d’ici l’été 2004, et d’autres encore par la suite.  La Force et l’opération « Liberté immuable », note encore la déclaration présidentielle, sont prêtes à apporter leur concours pour assurer la sécurité du déroulement du scrutin.  Le représentant de l’Afghanistan s’est particulièrement félicité de cette décision.  Lui faisant écho, le Secrétaire général adjoint aux opérations du maintien de la paix s’est réjoui que tous les membres du Conseil aient convenu que la question de sécurité était très préoccupante.  Le représentant des Etats-Unis a, pour sa part, insisté sur la nécessité de poursuivre les actions contre les forces d’Al-Qaïda, avant d’appeler les Nations Unies de s’en tenir au budget réservé aux élections et de le ramener de 135 à 68 millions de dollars.


Outre le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, les 15 membres du Conseil ont participé au débat, de même que les représentants de l’Afghanistan, de l’Irlande (au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés), du Japon et de l’Inde. 


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Déclarations


M. JEAN-MARIE GUEHENNO, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a d’abord souligné le succès de la Conférence sur l’Afghanistan qui s’est tenue la semaine dernière à Berlin.  La présence dans la capitale allemande de 25 ministres et de nombreux représentants gouvernementaux de haut niveau est un signal clair que la communauté internationale est déterminée à aider le Gouvernement afghan et à mener à bien le processus de paix.  La Déclaration de Berlin, a rappelé M. Guéhenno, établit une vision claire d’un partenariat remarquable comme en témoignent les annonces de contributions qui se sont élevées à 4,4 milliards de dollars pour l’année fiscale, soit 100% des sommes demandées.  Les 8,2 milliards de dollars promis pour les trois ans à venir représentent quant à eux 69% des fonds demandés par le Ministre des finances.  La Conférence a aussi approuvé un Plan de travail global qui prévoit la feuille de route de la coopération internationale  Ce Plan fixe des priorités politiques, sécuritaires et économiques pour les mois et les années à venir.  La Conférence de Berlin a aussi mis au point un programme de lutte contre la drogue fondé sur la coopération régionale.  En marge de la Conférence, des donateurs se sont réunis pour se pencher sur la préparation des élections présidentielles et législatives qui doivent se tenir en septembre.  A cette réunion, les donateurs ont annoncé des contributions d’un total de 135 millions de dollars.


Les tâches auxquelles est confrontée l’Afghanistan demeurent importantes, a poursuivi le Secrétaire général adjoint en soulignant que, sur le plan de la reconstruction et du développement, les niveaux de croissance et d’assistance recherchés par le Gouvernement afghan ne permettront en 2015 qu’un revenu par habitant de 500 dollars.  Il est donc important de débloquer les sommes promises en temps voulu, a insisté M. Guéhenno en attirant l’attention sur l’importance de la lutte contre l’économie de la drogue.  La tenue des élections, a-t-il ajouté, exige la poursuite du programme de désarmement.  Le Plan de travail de la Conférence de Berlin, a-t-il rappelé, vise le désarmement de 40% des milices et le cantonnement de toutes les armes lourdes d’ici le mois de juin prochain.  M. Guéhenno a donc appelé à une assistance efficace aux mesures de sécurité pour contribuer aux efforts du Gouvernement afghan, appuyer le processus électoral et protéger le pays des menaces que font peser les factions ou des tentatives radicales qui s’opposent à ce processus.  Les forces afghanes et les forces internationales sont en nombre limité et seront très vite dépassées si elles avaient à surveiller, de façon crédible et significative, la tenue des élections dans l’ensemble du pays.  M. Guéhenno a donc appelé l’OTAN et la Coalition à élargir le déploiement des forces internationales et à aider le Gouvernement afghan à honorer ses engagements dans le domaine des élections.  Ces élections doivent témoigner de l’effort conjoint de tous les acteurs internationaux qui seront inévitablement jugés à l’issue du processus, a conclu le Secrétaire général adjoint.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne), présentant à son tour les résultats de la Conférence de Berlin sur l’Afghanistan, le 31 mars et le 1er avril 2004, au nom du pays hôte, s’est félicité du partenariat forgé lors de cette rencontre dans le prolongement du processus de Petersberg, initié lors de la Conférence de Bonn.  Ont participé à la Conférence de Berlin 65 délégations, dont les membres de l’Union européenne, du G-8 et de l’OTAN, a-t-il dit.  Cette Conférence, que l’Afghanistan coprésidait, est parvenue à définir un plan de travail sur deux ans.  La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a présenté pour sa part un rapport sur l’évolution de la mise en œuvre des Accords de Bonn, a-t-il ajouté, avant de mentionner la tenue des élections parlementaires et présidentielles en Afghanistan en septembre prochain.  La Conférence de Berlin a abouti à des engagements de 8,2 milliards de dollars pour la période 2004-2006, dont 4,4 milliards pour le présent exercice budgétaire afghan.  Le programme d’investissement à long terme mis en place par le Gouvernement afghan dépendra dans sa mise en œuvre des efforts mobilisés par le Gouvernement lui-même, ce programme étant évalué à près de 28 milliards de dollars. 


M. Pleuger a ensuite évoqué la question du trafic de la drogue et indiqué qu’en marge de la Conférence de Berlin, une réunion organisée par sept pays avait eu lieu.  Un groupe de travail du G-8 sur la réforme de la sécurité s’est également réunie, de même qu’un groupe d’investisseurs en présence du Président Karzai.  La question de la sécurité a été abordée dans le cadre de cette Conférence et à cette occasion, le rôle accrû de l’OTAN en Afghanistan a été souligné, a ajouté le représentant allemand.  Enfin, a déclaré M. Pleuger, la Conférence de Berlin constitue une étape cruciale dans la reconstruction économique et politique de l’Afghanistan, et le partenariat noué entre la partie afghane et la communauté internationale doit être consolidé sur le long terme. 


M. HENRIQUE VALLE (Brésil) s’est dit encouragé par les résultats de la Conférence de Berlin.  L’engagement international, a-t-il dit, a été égalé par le travail inlassable et sérieux effectué par les autorités de la transition.  Saluant la qualité du plan de travail présenté par le Président Karzai à Berlin, il a voulu que la communauté internationale n’épargne aucun effort pour appuyer l’Afghanistan.  Le représentant s’est aussi félicité de la volonté du Gouvernement afghan de tenir des élections au mois de septembre.  L’expansion des forces de maintien de la paix, a-t-il estimé en la matière, renforcera la sécurité dans le pays.  Il a qualifié cette expansion de préalable à la tenue des élections avant de rappeler que la stabilité est gravement menacée par les activités liées au trafic de la drogue.  Notant, en conséquence, avec satisfaction, les stratégies intégrées présentées par le Gouvernement afghan, il a apprécié le fait que la Déclaration de Berlin marque, en la matière, la volonté de renforcer la coopération internationale.  La Conférence de Berlin a été un grand pas en avant qui a réaffirmé l’engagement continu de la communauté internationale.  Il faut espérer que les promesses faites seront traduites dans la réalité, a conclu le représentant.  


M. JAMES CUNNINGHAM (Etats-Unis) a salué les engagements financiers de la communauté internationale pour la reconstruction de l’Afghanistan et a jugé que la Conférence de Berlin avait redonné l’espoir à tous ceux qui pensaient que les donateurs montraient des signes de fatigue.  La Conférence a fixé à 68 millions de dollars le budget consacré pour les élections, a-t-il souligné, avant de demander aux Nations Unies de réduire le budget actuellement évalué à 135 millions de dollars.  Pour ce qui est de la sécurité, M. Cunningham a insisté sur la nécessité de poursuivre les actions contre les forces d’Al-Qaïda et des Taliban, avant de préciser que, dans le cadre de la formation de l’armée, les Etats-Unis participent à la formation de 10 000 hommes d’ici fin juin, tandis que 20 000 policiers seront formés, avec la contribution de l’Allemagne, à cette date.  Sept centres de formation de la police ont été ouverts à ce jour, a-t-il dit, et neuf équipes américaines de sécurité ont été déployées dans le pays, dont une à Hérat qui a été active après l’assassinat du Ministre de l’aviation, il y a quelques jours. 


M. WANG GUANGYA (Chine) a constaté des progrès réels dans le processus de paix en Afghanistan au lendemain de la Conférence de Berlin.  Il a espéré que grâce à des élections justes et libres, un gouvernement représentatif pourra être établi afin de parvenir aux objectifs de l’Accord de Bonn.  Il a aussi espéré que tous les groupes ethniques et les factions tiendront compte des intérêts de la nation tout entière en préservant l’unité du pays.  Soulignant l’importance de l’appui international, le représentant a estimé que pour promouvoir la poursuite du processus de paix, la communauté internationale doit concrétiser ses engagements le plus rapidement possible.  Il a cité comme priorité le renforcement de la sécurité en espérant que la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) pourra élargir son déploiement.  Les donateurs doivent fournir l’aide économique et financière promise, a poursuivi le représentant qui, en sa qualité de signataire de la Déclaration de Berlin sur la lutte contre la drogue, a appelé les gouvernements concernés à coopérer de bonne foi avec le Gouvernement afghan.  Il a conclu en rappelant l’aide fournie par son pays jusqu’ici dont les 15 millions de dollars de dons annoncés à Berlin.  Son pays, a-t-il ajouté, s’est également engagé à fournir du matériel de construction d’une valeur d’un million de dollars et d’annuler la dette bilatérale de l’Afghanistan.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a exprimé sa satisfaction face aux résultats de la Conférence de Berlin sur l’Afghanistan, pays qui partage un destin commun avec le sien.  La Conférence de Berlin a permis de donner aux Afghans des perspectives plus concrètes pour l’avenir, a-t-il ajouté, avant d’estimer que le retour à la sécurité était lié au soutien militaire actif de la communauté internationale jusqu’au moment où les forces afghanes seront opérationnelles.  Il a salué le rôle clef des équipes de reconstruction déployées sous commandement de l’OTAN dans certaines régions dans le cadre de la FIAS, évoquant ensuite les initiatives à soutenir activement dans les domaines du désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR).  La production et le trafic de la drogue constitue une menace grave pour l’Afghanistan et le reste de la communauté internationale, a-t-il fait remarquer, se réjouissant à cet égard de l’accord intervenu à Berlin entre l’Afghanistan et six pays voisins, dont le Pakistan.  Il est nécessaire de développer des productions alternatives, a-t-il dit ensuite, se félicitant de la décision du Gouvernement afghan d’organiser des élections en septembre prochain.  Il a invité la communauté internationale à investir dans la construction de routes, d’oléoducs et de gazoducs en Afghanistan, un pays de transit qui doit pouvoir s’intégrer dans son espace régional. 


M. HERALDO MUNOZ (Chili) s’est félicité du Plan de travail présenté à Berlin qui ouvre des perspectives prometteuses pour l’Afghanistan.  Il a noté l’engagement des donateurs et celui de l’OTAN d’élargir, au cours de ces derniers mois, la FIAS dans différentes régions du pays.  Il aussi noté avec satisfaction la détermination des pays de la région à lutter contre le trafic illicite de la drogue.  Une atmosphère de sécurité est indispensable pour réaliser des progrès politiques, économiques, de reconstruction et de développement, a souligné à son tour le représentant avant d’encourager la communauté internationale à donner tous les signaux de soutien à l’Afghanistan.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie), rappelant que le processus mis en place avec l’Accord de Bonn s’achèvera avec la tenue des élections en septembre prochain, a tenu à souligner certains défis posés à ce processus par l’insécurité et la poursuite de la production et du trafic illicite de la drogue.  Le représentant de l’Algérie a toutefois insisté sur certains progrès enregistrés, notamment pour ce qui est des structures dans le domaine de l’éducation et de la santé, de la reconstruction économique et de l’intégration des femmes dans la société afghane.  M. Baali a salué l’engagement financier de la communauté internationale en faveur de l’Afghanistan constaté à Berlin, tout en souhaitant que cette aide soit effectivement fournie afin de permettre le redressement économique et le retour à la sécurité.  Le représentant de l’Algérie a exhorté le Gouvernement afghan à poursuivre ses programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et la communauté internationale à renforcer le dispositif de la FIAS en attendant que l’armée afghane devienne opérationnelle. 


M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) s’est félicité, à son tour, du succès de la Conférence de Berlin qui a clairement montré l’engagement et la solidarité de la communauté internationale.  Appelant les autorités afghanes à respecter les délais fixés notamment pour les élections, le représentant a suggéré le renforcement de la coordination entre les institutions nationales.  Passant à la question de la lutte contre le trafic illicite de la drogue, il a souligné la nécessité d’une action coordonnée entre les acteurs régionaux mais aussi entre les acteurs internationaux.  La Roumanie se félicite de la Déclaration de Berlin, a dit le représentant, en annonçant le renforcement de la participation de son pays à la FIAS.  Il a en outre rappelé l’engagement de son pays d’investir dans les domaines de la reconstruction institutionnelle, l’éducation, la santé et l’agriculture.  Revenant à la lutte contre les stupéfiants, il a annoncé le lancement d’un projet pilote visant à proposer aux paysans afghans des cultures alternatives.


Mme ANA MARIA MENENDEZ (Espagne) a estimé que la Conférence de Berlin avait permis d’évaluer les progrès accomplis depuis la Conférence de Bonn et d’identifier de nouveaux domaines prioritaires.  A cet égard, elle a fait part de l’intérêt de l’Espagne pour les questions de sécurité, par le biais de la FIAS à laquelle elle compte doubler sa contribution par l’intermédiaire d’Eurocorps, ainsi que pour la lutte contre la production et le trafic illicites de la drogue. 


M. LAURO BAJA (Philippines) a salué les résultats de la Conférence de Berlin avant de se féliciter encore une fois des progrès politiques accomplis en Afghanistan.  La sécurité, a-t-il souligné, doit être assurée pour faciliter le processus électoral et l’enregistrement des électeurs.  La mise en place de nouvelles équipes de reconstruction de province supplémentaires est importante ainsi que le déploiement de militaires dans les municipalités.  La pleine application du programme de désarmement devrait aussi contribuer à la sécurité du processus électoral, a fait remarquer le représentant, avant de désigner le problème de la drogue comme autre obstacle aux efforts en cours.  Dans ce domaine comme dans d’autres, la coopération régionale et internationale est essentielle.  A cet égard, le représentant a rappelé l’intérêt de son pays d’intervenir dans les domaines de la santé, de l’assainissement, de l’agriculture, du génie civil ou encore des transports.


M. JOEL ADECHI (Bénin) s’est félicité des efforts déployés par le Gouvernement afghan depuis 2001 dans la mise en œuvre de l’Accord de Bonn, efforts qui méritaient d’être soutenus dans le cadre de la Conférence de Berlin.  Le parcours honorable du Gouvernement afghan doit trouver dans la sollicitude de la communauté internationale un réel encouragement pour restaurer la sécurité, organiser les élections générales, et engager une dynamique soutenue de reconstruction.  M. Adechi a engagé la communauté internationale à apporter tout l’appui nécessaire au Gouvernement afghan dans l’organisation, en septembre 2004, des élections, avant d’indiquer que, pour sa part, le Gouvernement devait intensifier ses efforts pour s’acquitter des programmes de DDR.  Il a salué le fait que le Gouvernement afghan ait engagé, conjointement avec les États de la région, des mesures décisives pour lutter contre la production et le trafic illicite de drogues. 


M. ALEXANDER KONUZIN (Fédération de Russie) a estimé que malgré les progrès accomplis dans les domaines du renforcement des organes centraux du pouvoir et de la réforme du secteur privé, les menaces internes et externes subsistent.  Il s’est dit préoccupé par les activités des Taliban et des autres forces extrémistes qui pourraient empêcher la tenue des élections nationales dans le pays.  Les évènements de l’Ouzbékistan démontrent que le succès dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme ne peut être obtenu que dans l’unité des efforts internationaux.  Soulignant l’autre menace qui est le trafic de la drogue, il a appuyé les mesures proposées par l’administration afghane tout en constatant que les flux de drogue continuent d’augmenter et que son pays est toujours utilisé comme zone de transit.  Il a donc jugé indispensable de prendre de nouvelles mesures, notamment la création d’une ceinture de sécurité plus solide autour de l’Afghanistan.  Il s’est aussi félicité de la Déclaration de Berlin sur la question avant de conclure, en rappelant l’aide octroyée par son pays qui a atteint depuis 2001, 170 millions de dollars.  La Fédération de Russie entend augmenter cette aide dès que la question de la dette afghane sera réglée.  Le but est, a-t-il expliqué, d’aboutir à un accord sur la conversion de la dette en investissements russo-afghans.


M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) a insisté sur les questions de sécurité, de reconstruction et de lutte contre la drogue en Afghanistan.  Les montants engagés pour les trois prochaines années et pour les élections prévues en septembre 2004 sont importants, a-t-il dit, avant de rappeler que le Royaume-Uni a contribué à hauteur de 200 millions de livres sur trois ans à la reconstruction, 10,5 millions de livres à la tenue des élections, 65 millions de livres à la sécurité.  Le retour à la sécurité est une priorité, a-t-il rappelé, invitant la communauté internationale à soutenir les équipes de reconstruction de province supplémentaires et les autres pays à contribuer aux effectifs de la FIAS.  La lutte contre la production et le trafic de la drogue suppose une action à long terme, a indiqué le représentant, avant de saluer l’initiative conjointe prise par l’Afghanistan et six de ses voisins pour lutter contre la drogue. 


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a indiqué que la Conférence de Berlin avait permis de claires avancées dans trois domaines fondamentaux, à savoir la démocratie et la réconciliation, la sécurité, et la reconstruction.  Saluant ensuite la tenue des élections présidentielles et législatives en septembre prochain, le représentant de la France a estimé que la démocratie, la réconciliation nationale et la sécurité devaient aller de pair.  A ce titre, l’appui de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS), dont le mandat a été élargi, est essentiel et la France entend accroître son engagement au sein de la FIAS dont elle assumera le commandement dès l’été prochain avec Eurocorps, a déclaré M. de La Sablière.  La France prend activement part à la constitution d’une armée nationale afghane solide et pluriethnique et poursuit par ailleurs sa participation à l’opération « Liberté immuable », a ajouté le représentant.  Il s’est ensuite félicité des contributions d’un montant de 4,4 milliards de dollars annoncés à Berlin pour 2004 et de l’Accord de coopération en matière de lutte contre les stupéfiants signé à Berlin, avant d’annoncer, entre autres, une aide supplémentaire de la France au processus électoral en matière de formation du personnel.  Les résultats de la Conférence de Berlin ont montré, dans le prolongement de l’Accord de Bonn, combien la coordination internationale était importante pour aider les Afghans à avancer dans leur processus de transition. 


M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a souligné que la reconstruction d’une nation est un processus lent et complexe.  En la matière, l’assistance internationale est un élément fondamental, a estimé le représentant en se félicitant, en conséquence, du succès de la Conférence de Berlin.  L’Afghanistan est arrivé à une étape cruciale dans la mise en œuvre du processus de Bonn, a-t-il encore estimé en se félicitant des délais fixés pour les élections et de la volonté de la FIAS de contribuer aux efforts en matière de sécurité.  Le représentant a rappelé l’engagement de l’OTAN d’étendre la mission de la FIAS en établissant des équipes de reconstruction de province supplémentaires.  Le fonctionnement de l’Etat exige des autorités centrales qu’elles étendent leur contrôle sur tout le pays, a-t-il ajouté en félicitant la communauté internationale de s’être penchée sur les problèmes de DDR.  Il a aussi souligné la menace que représentent la reprise des activités des Taliban et le trafic illicite de la drogue.  Il a donc mis l’accent sur la pertinence des textes adoptés à Berlin.


M. RAVAN FARHADI (Afghanistan) a remercié les délégations qui ont exprimé leur satisfaction concernant la Conférence de Berlin, en particulier celles qui ont souligné le rôle du peuple afghan.  Se félicitant du niveau de participation élevé à la Conférence, le représentant a indiqué que depuis la signature de l’Accord de Bonn, le partenariat entre son pays et la communauté internationale a prouvé que le succès est à portée de main.  Citant des progrès comme la Constitution et la tenue prochaine des élections, il a estimé que la Déclaration de Berlin témoigne du soutien continu de la communauté internationale.  Il s’est dit convaincu que les engagements pris à Berlin permettront au pays de rester sur la voie du développement et de la sécurité.  A ce propos, il s’est félicité de la décision de l’OTAN d’élargir le mandat de la FIAS, en particulier avant les élections.  S’agissant de la lutte contre le trafic illicite de la drogue, il s’est félicité de la signature de la Déclaration de Berlin par six pays de la région.


M. RICHARD RYAN (Irlande), intervenant au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, s’est félicité du partenariat entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale renforcé la semaine dernière à Berlin.  Cette Conférence a clairement démontré la coopération sans précédent, établie entre l’administration transitoire, les Nations Unies, les bailleurs de fonds et le reste de la communauté internationale, a ajouté le représentant.  L’Union européenne se félicite par ailleurs de la contribution de la société civile et des organisations non gouvernementales, a indiqué le représentant avant de préciser que pour 2004, les contributions globales de l’Union européenne s’élèvent à 700 millions d’euros.  D’autres domaines d’intervention doivent être mentionnés, a dit M. Ryan, en soulignant la nécessité de rétablir la sécurité, d’assurer le bon déroulement du processus électoral qui fait suite à l’adoption de la Constitution par la Loya Jirga, ainsi que les programmes de lutte contre la production et le trafic illicite de la drogue.  L’Union européenne accorde également une importance particulière au respect des droits de l’homme, a-t-il dit, souhaitant que l’indépendance de la Commission des droits de l’homme soit pleinement respectée. 


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a rappelé l’annonce de son pays de débloquer, en faveur de l’Afghanistan, 400 millions de dollars supplémentaires d’ici à la fin de l’année.  Soulignant l’importance de la sécurité humaine dans le processus de reconstruction de l’Afghanistan, il a estimé qu’en l’occurrence, la Conférence de Berlin aura été une initiative importante.  L’organisation des élections a permis à la Conférence d’accélérer le processus préparatoire, en insistant sur les problèmes liés à l’enregistrement des électeurs et la mobilisation des ressources.  Le Japon est déterminé à apporter une assistance pour assurer le succès en la matière, en fournissant, entre autres, quelque 8,2 millions de dollars.  Venant à la question de la sécurité dans le pays, le représentant a rappelé que son pays dirigeait les efforts de DDR qui ont donné lieu jusqu’ici au désarmement de quelque 5 500 anciens combattants.  Un renforcement du programme avant les élections revêt la plus grande importance, a dit le représentant en demandant à toutes les parties afghanes de prendre un ferme engagement à l’égard du DDR.  Le représentant a enfin soulevé la question du trafic des stupéfiants en plaidant pour une démarche globale qui encouragerait le DDR et les cultures de remplacement.  L’importance du développement rural ne saurait être exagéré, a-t-il dit avant d’attirer l’attention sur les programmes mis en place par son pays.


M. VIJAY K. NAMBIAR (Inde) a rappelé que la Conférence de Berlin avait permis à la communauté internationale de faire le bilan des progrès accomplis depuis l’Accord de Bonn, notamment dans les domaines clefs de la sécurité, du processus politique et de la reconstruction.  Il s’est félicité de la tenue d’élections générales en septembre 2004 et a estimé que cela contribuerait à renforcer la démocratie dans le pays.  Le succès du processus suppose la non-ingérence des voisins dans les affaires intérieures de l’Afghanistan, a rappelé le représentant de l’Inde, en faisant observer que la Conférence de Berlin avait souligné la nécessité d’éradiquer la menace terroriste, en particulier au sud et au sud-est du pays.  En octobre 2003, la mission du Conseil de sécurité sur le terrain avait conclu que le pays était confronté à des risques sérieux posés par le terrorisme, le trafic de la drogue et l’insécurité.  Il a ensuite déploré la recrudescence des attaques qui touchent désormais des agences des Nations Unies.  La sécurité dans le pays ne montre pas de signe d’amélioration, a-t-il constaté ensuite, avant de s’interroger sur les raisons pour lesquelles le Secrétariat de l’ONU ne prend pas toute la mesure, dans ses rapports, des dangers posés par Al-Qaïda et les Taliban en Afghanistan.  Ces rapports doivent être plus objectifs et refléter toute la réalité, a-t-il ajouté, tout en considérant que la présence internationale, dans l’attente de la mise en place d’une armée nationale efficace, était le seul moyen de contrer les aspirations de ces forces négatives.  La prolifération de la culture du pavot menace toute la région, a dit le représentant de l’Inde, avant de souhaiter que des mesures efficaces soient prises dans ce domaine.  Nous avons apporté, sur trois ans, près de 400 millions de dollars et soutenu des programmes pour le retour à l’école ou des programmes d’infrastructures. 


Projet de déclaration du Président du Conseil de sécurité


« Le Conseil de sécurité se félicite de l’issue de la Conférence de Berlin sur l’Afghanistan tenue les 31 mars et 1er avril 2004, sous la coprésidence de l’Organisation des Nations Unies, de l’Afghanistan, de l’Allemagne et du Japon. Le Conseil remercie l’Afghanistan et l’Allemagne d’avoir conjointement accueilli cette manifestation, étape importante sur la voie qui mène à un Afghanistan démocratique vivant dans la sécurité, la stabilité, la liberté et la prospérité.


Le Conseil exprime son entier soutien à l’engagement, pris par l’Afghanistan et la communauté internationale, de mener à bonne fin la mise en oeuvre de l’Accord de Bonn, et de poursuivre le processus de transition en Afghanistan en association durable, réalisant un modèle d’action concertée de la communauté internationale dans sa lutte contre le terrorisme.


Le Conseil de sécurité approuve la Déclaration de Berlin et souligne l’intérêt du Plan de travail du Gouvernement afghan, du rapport d’étape et de la Déclaration de Berlin sur la lutte contre les stupéfiants annexée à la Déclaration de Berlin, et se réjouit des importants engagements financiers pluriannuels consentis par la communauté des donateurs internationaux.


Le Conseil de sécurité exprime en particulier son entier soutien à l’engagement, pris par le Gouvernement afghan, d’appliquer les réformes et les mesures nécessaires évoquées dans le Plan de travail.


Le Conseil est heureux que le Président Karzai ait annoncé la tenue d’élections présidentielles et parlementaires au suffrage direct d’ici à septembre de l’année en cours. Il souligne l’importance d’un environnement sûr pour la tenue d’élections démocratiques libres et régulières, qui soient crédibles, et la nécessité de nouveaux efforts du Gouvernement afghan et de la communauté internationale à cette fin.


Le Conseil se félicite à cet égard que le Président de l’Afghanistan ait décidé d’appliquer vigoureusement le programme de désarmement, démobilisation et réinsertion, et en particulier de l’intensifier en prévision des élections de 2004, tout en continuant à former l’Armée nationale afghane et la Police nationale.


Le Conseil relève aussi que l’OTAN s’est engagée à élargir la mission de la Force internationale d’assistance à la sécurité en créant cinq équipes de reconstruction de province supplémentaires d’ici à l’été 2004, et d’autres encore par la suite, et que la Force et l’opération Liberté immuable sont prêtes à apporter leur concours pour assurer la sécurité du déroulement du scrutin.


Le Conseil de sécurité se félicite que les contributions annoncées pour les exercices allant de mars 2004 à mars 2007 par les participants à la Conférence de Berlin pour la reconstruction et le développement de l’Afghanistan aient atteint 8,2 milliards de dollars des États-Unis, et souligne combien il importe, à mesure qu’augmente la capacité d’absorption, qu’une partie croissante de cette aide passe par le budget de l’État afghan, sous la forme de soutien budgétaire direct ou de contributions au Fonds d’affectation spéciale pour la reconstruction de l’Afghanistan ou au Fonds d’affectation spéciale pour l’ordre public.


Le Conseil souligne que la culture du pavot à opium, la production et le trafic de stupéfiants constituent une grave menace à l’état de droit et au développement en Afghanistan, de même qu’à la sécurité internationale, de sorte que l’Afghanistan et la communauté internationale s’efforceront de les réduire et à terme de les éliminer, notamment en développant d’autres possibilités économiques. Le Conseil réaffirme qu’il importe que les États voisins et les pays situés sur les voies empruntées par le trafic accroissent leur coopération pour renforcer les mesures de lutte contre les stupéfiants.


Le Conseil de sécurité note que le Président Karzai a demandé lors de la Conférence de Berlin l’aide supplémentaire nécessaire pour faire échec aux stupéfiants. Il rappelle à ce propos qu’il faut mettre en oeuvre la Stratégie nationale afghane de lutte contre la drogue et les Plans d’action contre les stupéfiants en ce qui concerne la répression, la réforme de l’appareil judiciaire, les moyens d’existence remplaçant les revenus tirés de la drogue, la réduction de la demande et la sensibilisation du public. Le Conseil demande aux États Membres de soutenir la réalisation de ces Plans d’action. L’Afghanistan a besoin de ressources humaines comme financières pour s’attaquer à ce problème.


Le Conseil se félicite en particulier de la Déclaration de Berlin sur la lutte contre les stupéfiants, associée à la Déclaration de Kaboul sur les relations de bon voisinage, signée par l’Afghanistan et ses voisins, ainsi que de la Conférence sur la coopération policière régionale prévue pour les 18 et 19 mai à Doha.


Le Conseil de sécurité invite le Secrétaire général à inclure désormais dans les rapports qu’il présentera au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale sur la situation en Afghanistan, outre des renseignements sur la réalisation de l’Accord de Bonn, des chapitres sur les progrès obtenus pour la mise en oeuvre de la Déclaration de Berlin et du Plan de travail du Gouvernement afghan et la promotion de la coopération régionale et internationale avec l’Afghanistan.


Le Conseil réaffirme son plein appui aux mesures prises par le Représentant spécial du Secrétaire général et la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan, et réitère que l’Organisation des Nations Unies joue un rôle central et impartial dans les efforts internationaux déployés pour aider le peuple afghan à consolider la paix en Afghanistan et reconstruire le pays.


Le Conseil de sécurité demeurera saisi de la question. »


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À l’intention des organes d’information • Document non officiel.