MALGRE UN REGAIN DE VIOLENCE, IL EST ENCORE POSSIBLE DE RELANCER LE PROCESSUS DE PAIX ISRAELO-PALESTINIEN, ESTIME LE SOUS-SECRETAIRE GENERAL AUX AFFAIRES POLITIQUES

18 mars 2004
CS/2642

MALGRE UN REGAIN DE VIOLENCE, IL EST ENCORE POSSIBLE DE RELANCER LE PROCESSUS DE PAIX ISRAELO-PALESTINIEN, ESTIME LE SOUS-SECRETAIRE GENERAL AUX AFFAIRES POLITIQUES

18/03/2004
Communiqué de presseCS/2642

Conseil de sécurité

4927e séance – matin

MALGRE UN REGAIN DE VIOLENCE, IL EST ENCORE POSSIBLE DE RELANCER LE PROCESSUS DE PAIX ISRAELO-PALESTINIEN, ESTIME LE SOUS-SECRETAIRE GENERAL AUX AFFAIRES POLITIQUES

Dans le cadre de l’examen de la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, le Conseil a entendu ce matin un exposé du Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, Danilo Türk.  Tout en s’inquiétant d’un regain de violence depuis le mois dernier qui a causé la mort de 101 personnes -80 Palestiniens et 21 Israéliens- il a estimé qu’il est toujours possible de relancer la paix.  Il a dénoncé les activités des forces militaires israéliennes qui ont fait 14 morts le 7 mars dernier et les deux attentats suicides perpétrés par des Palestiniens qui, le 22 février et le 14 mars, ont causé au total la mort de 18 Israéliens.  

M. Türk a par ailleurs estimé que la proposition du Premier Ministre Sharon de retirer les forces israéliennes de la bande de Gaza et la décision de la Cour suprême israélienne de prolonger jusqu’au 17 mars la suspension de la construction d’une partie du mur de séparation allaient dans le sens d’un apaisement des tensions.  Le retrait toutefois, a-t-il indiqué, doit être intégral et le Gouvernement israélien devrait établir un calendrier à ce sujet.  Ce retrait devrait en outre constituer le premier volet d’une réponse aux appels lancés par les Nations Unies à Israël pour qu’il mette un terme à son occupation.  En outre, M. Türk a exhorté l’Autorité palestinienne à s’acquitter de ses responsabilités en matière de sécurité en vertu de la Feuille de route de façon à ce que les responsables d’attentats soient traduits en justice.

LA SITUATION AU MOYEN-ORIENT, Y COMPRIS LA PALESTINE

Dans sa présentation, M. DANILO TÜRK, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, a décrit une situation entre Palestiniens et Israéliens marquée par un regain de violence depuis le dernier exposé mensuel sur la situation.  Il a notamment évoqué l’attentat suicide de dimanche dernier à la suite duquel le Premier Ministre Sharon a décidé d’annuler un entretien avec son homologue palestinien Quoreï. 

Malgré ce regain de violence, les chances de paix demeurent et la proposition du Premier Ministre Sharon de retirer les forces israéliennes de la bande de Gaza est un élément positif dans cette voie.  Afin de garantir son succès, le processus de retrait devrait s’articuler autour de quatre éléments.  Tout d’abord, il doit contribuer à la mise en œuvre de la Feuille de route, qui reste le seul plan auquel les deux parties et la communauté internationale souscrivent.  Ce retrait doit ensuite être mené en consultation avec la partie palestinienne.  En outre, il doit être intégral considéré comme le premier volet d’une réponse aux appels lancés par les Nations Unies au Gouvernement d’Israël pour mettre un terme à son occupation comme le demandent les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité.  A cette fin, M. Türk a invité Israël à présenter un calendrier.  

S’agissant du rôle de la communauté internationale, le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques a précisé que les représentants du Quatuor diplomatique s´étaient réunis à Washington le 10 mars dernier afin de discuter des moyens de redynamiser son rôle et le processus de la Feuille de route.  Soulignant l’importance de l’implication de la communauté internationale dans son ensemble, il a notamment salué les efforts inlassables de l’Egypte.  Malgré ces efforts, la violence persiste.  A titre d’illustration, il a rappelé que 101 personnes avaient perdu la vie, soit 80 Palestiniens et 21 Israéliens, depuis le dernier exposé mensuel devant le Conseil.  Cela porte le total des victimes depuis septembre 2000 à 946 morts du côté israélien et à 3 245 du côté palestinien. 

S’inquiétant des conséquences des activités des forces israéliennes dans la bande de Gaza, il a dénoncé le nombre considérable de civils, en particulier d’enfants, tués au cours de ces opérations et surtout le recours à des assassinats extrajudiciaires.  Il a réaffirmé son opposition à ces actes illégaux en appelant Israël à mettre un terme à des activités qui tuent des enfants et des civils.  Le 7 mars, des opérations militaires menées dans des zones densément peuplées ont fait 14 morts dont plusieurs enfants, ce qui a amené le Secrétaire général à exhorter Israël à respecter ses obligations en vertu du droit international humanitaire et de protéger les civils dans les territoires occupés.  

Par ailleurs, M. Türk s’est également inquiété de la persistance d’attaques terroristes contre des civils israéliens.  Le 22 février, un attentat suicide a causé la mort de huit personnes à Jérusalem et blessé 60 autres.  Le 14 mars, un double attentat suicide a provoqué la mort de 10 personnes et en blessant 16 autres à Ashdod.  Rappelant qu’aucune cause ne pouvait justifier de tels actes, M. Türk a exhorté l’Autorité palestinienne à s’acquitter de ses responsabilités en matière de sécurité conformément à la Feuille de route, de façon à ce que les responsables de ces attentats soient traduits en justice.

Le Sous-Secrétaire général a déploré la dégradation des conditions de vie des Palestiniens dont l’accès au travail, à la santé et à l’éducation du fait des activités des forces militaires israéliennes est quotidiennement entravé.  Sur les 193 millions de dollars demandés pour le financement des activités d’urgence en 2004, 45 millions seulement ont été promis, a-t-il regretté, en attirant l’attention sur la crise financière que connaît l’Autorité palestinienne. 

Soulignant les conséquences de la construction du mur de séparation, M. Türk a noté que la Cour suprême israélienne avait décidé la semaine dernière de suspendre jusqu’au 17 mars la construction d’une section au nord-ouest de Jérusalem dans l’attente de l’examen de pétitions présentées par huit villages palestiniens.  Autre évolution, cette semaine, la même juridiction a ordonné au Gouvernement de répondre aux demandes d’une pétition soutenant que la présence du mur nuisait aux conditions de vie de villageois palestiniens.  Il a précisé que les Autorités israéliennes ont commencé le 22 février dernier à démanteler 8 km de barrières qui isolaient les villages de Baqa al-Sharqia et Nazlat’Issa du reste de la Cisjordanie.  Tout en se félicitant de ces progrès, M. Türk a réitéré son appel au Gouvernement d’Israël de s’abstenir de construire le mur sur des territoires palestiniens. 

Au Sud-Liban, a-t-il ajouté, nous sommes préoccupés par l’installation d’un engin explosif artisanal par le Hezbollah le long de la Ligne bleue, près de Ramyah, que l’armée israélienne a tenté sans succès de désamorcer, en janvier dernier.  Ces engins sont dangereux et constituent une menace à la paix et à la sécurité internationales; ils sont aussi dangereux pour la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et la population locale des deux côtés de la Ligne bleue.  La FINUL et le Représentant spécial du Secrétaire général au Sud-Liban continuent d’examiner la situation avec les Autorités libanaises.

Les violations de l’espace aérien libanais par l’armée israélienne demeurent aussi préoccupantes et donnent lieu à des tirs de la part du Hezbollah.  Le 10 mars, le Représentant spécial du Secrétaire général a fait une déclaration exhortant les deux parties à faire preuve de retenue.

Le problème des migrants kurdes d’Iraq installés temporairement à Naqoura a été réglé au début du mois, les Kurdes ayant accepté un transfert volontaire dans une autre région à l’intérieur du Liban, en attendant leur retour en Iraq.  Cette réinstallation a été opérée par les forces armées libanaises, en consultation avec la FINUL et le Haut Commissariat pour les réfugiés.  Le 18 février dernier, le général de division Alain Pellegrini a pris ses fonctions en tant que commandant de la FINUL.  La situation au Golan reste calme.  Le Président Assad maintient sa proposition de reprendre les négociations de paix avec Israël.  Nous espérons qu’Israël saisira cette chance, a déclaré M. Türk.

Lors du dernier exposé, M. Terje Roed-Larsen avait déclaré qu’il existait une nouvelle chance de parvenir à la paix.  J’appelle donc une nouvelle fois les parties et la communauté internationale à faire preuve de détermination dans la mise en œuvre de la Feuille de route.  La communauté internationale, en particulier les partenaires au sein du Quatuor, doit faire tout son possible pour ramener les parties à la table de négociation.  Nous espérons que l’initiative de retrait de la bande de Gaza, qui a été approuvée au début de la semaine par la Knesset, constituera la mesure audacieuse nécessaire permettant de faire redémarrer le processus de paix.

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