DES DELEGATIONS INVITENT LE CONSEIL A PRENDRE DES MESURES FERMES CONTRE LES PARTIES AUX CONFLITS QUI VIOLENT LES DROITS DES ENFANTS

20 janvier 2004
CS/2618

DES DELEGATIONS INVITENT LE CONSEIL A PRENDRE DES MESURES FERMES CONTRE LES PARTIES AUX CONFLITS QUI VIOLENT LES DROITS DES ENFANTS

20/01/2004
Communiqué de presseCS/2618

Conseil de sécurité

4898e séance – matin et après-midi

DES DELEGATIONS INVITENT LE CONSEIL A PRENDRE DES MESURES FERMES CONTRE LES PARTIES AUX CONFLITS QUI VIOLENT LES DROITS DES ENFANTS

On compte 15 000 enfants soldats enrôlés de force dans le conflit du Libéria, a indiqué ce matin la Directrice exécutive de l’UNICEF, Carol Bellamy, devant le Conseil de sécurité réuni sous la présidence de la Ministre chilienne des affaires étrangères, Soledad Alvear, pour examiner le dernier rapport* du Secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés.  Arrachés à leurs familles et à leurs communautés par des chefs de guerre qui les transforment, à force de drogues et de violence morale et physique, en farouches soldats au service de causes qui ne sont pas les leurs, les enfants soldats doivent faire l’objet d’une attention renforcée de la communauté internationale, a plaidé le représentant du Bénin, exhortant à cet égard le Conseil de sécurité à prendre des mesures plus rigoureuses contre les parties aux conflits qui recrutent et exploitent les enfants. 

Plus d’une trentaine d’entités sont listées en annexe du rapport du Secrétaire général, a précisé quant à lui le Représentant spécial pour les enfants et les conflits armés, Olara Otunnu.  Pour la première fois, a-t-il souligné, ce rapport contient une liste actualisée des parties qui recrutent ou utilisent des enfants dans les conflits armés ne figurant pas à l’ordre du jour du Conseil de sécurité.  La mise à jour de cette liste et le renforcement de sa fiabilité constituent toutefois une priorité pour les Nations Unies et supposent l’allocation de ressources supplémentaires au Bureau du Représentant spécial, ont fait valoir certaines délégations, alors que le Pakistan proposait pour sa part la création d’un point focal au sein du Département des affaires politiques, à New York, qui serait chargé de centraliser l’information et les données collectées par les bureaux-pays.  Se félicitant de la création, au sein des opérations de maintien de la paix déployées en République démocratique du Congo et en Sierra Leone, de postes de conseillers chargés de la protection des droits de l’enfant, la majorité des délégations se sont prononcées pour un soutien financier aux programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) afin qu’ils intègrent la réinsertion des enfants après les conflits.

Au-delà des parties soupçonnées de recruter ou d’utiliser des enfants soldats, la liste devrait intégrer également les groupes qui utilisent la violence sexuelle comme arme de guerre, a jugé ensuite le représentant de l’Allemagne.  Son homologue du Royaume-Uni a estimé quant à lui qu’il fallait établir une « feuille de route institutionnelle » qui prévoirait un système efficace de riposte contre les mouvements qui se rendent coupables de violations des droits des enfants.  Par ailleurs, il faudrait établir des indicateurs de progrès sur l’application des recommandations internationales, en particulier celles émanant du Conseil de sécurité, avant d’envisager, le cas échéant, des mesures telles que l’interdiction de voyager faite aux dirigeants de mouvements contrevenant les droits de l’enfant, l’exclusion de ces dirigeants de tout mécanisme de gouvernance, l’impossibilité pour eux de se prévaloir de toute mesure d’amnistie, l’embargo sur les exportations et les livraisons d’armes légères ou encore les restrictions imposées aux ressources financières des parties concernées.  Encourageant la communauté internationale à dénoncer les Etats et entités qui enrôlent des enfants soldats, le représentant des Etats-Unis a déploré une telle pratique par l’ancien Président libérien Charles Taylor et par le Myanmar où des milliers d’enfants de 11 ans sont enrôlés de force.

Convaincus de la nécessité de passer à l’action sur la base de l’arsenal juridique dont dispose désormais la communauté internationale, les membres du Conseil de sécurité ont dans leur ensemble accueilli favorablement les propositions formulées par la France dans le projet de résolution sur la protection des enfants et les conflits armés qui devrait être soumis pour adoption d’ici à la fin janvier.  Ce texte propose la mise en place d’un mécanisme de suivi concret sur le terrain mettant à contribution les acteurs compétents des Nations Unies, mécanisme qui permettrait au Conseil de décider d’actions à entreprendre sur la base d’informations précises et fiables.  Le représentant de la France a estimé que le texte final devrait tenir compte de toutes les violations des droits de l’enfant commises dans les zones de conflit -enlèvements, mutilations ou violences sexuelles- et contenir des dispositions encourageant les organisations régionales en matière de protection des enfants dans les conflits armés.  A cet égard, Jean-Marc de La Sablière a mentionné l’initiative de la CEDEAO qui a mis en place un mécanisme de surveillance par les pairs («peer review»), et celle de l’Union européenne qui a permis d’adopter en décembre 2003 les Lignes directrices sur les enfants dans les conflits armés.

Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants se sont exprimés au cours de ce débat: Brésil, Algérie, Angola, Fédération de Russie, Roumanie, Philippines, Espagne, Chine, Colombie, Myanmar, Ukraine, Israël, Bangladesh, Irlande, Sierra Leone, Ouganda, Inde, République arabe syrienne, Egypte, Mali, Japon, Costa Rica, Fidji, Equateur, Norvège, Canada, Monaco, Mexique, Azerbaïdjan, Indonésie, Liechtenstein, Arménie et Kenya.

*(S/2003/1053)

Les enfants et les conflits armEs

Rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés (S/2003/1053)

Le présent rapport du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés a été établi sur la base de larges consultations au Siège de l’Organisation des Nations Unies et avec les équipes de pays, les missions de maintien de la paix, les groupes régionaux et les organisations gouvernementales.

Le Secrétaire général indique que malgré les nombreux progrès accomplis pour la protection des enfants touchés par les conflits armés, dont la fin récente des conflits en Angola, en Sierra Leone et à Sri Lanka, la situation des enfants demeure grave et inacceptable sur le terrain d’autant que les belligérants continuent de violer impunément les droits de l’enfant.  Durant 2003, poursuit-il, cette tendance a été marquée par les situations particulièrement tragiques – terreur, dénuement et vulnérabilité totale - qu’ont connues les enfants dans l’est de la République démocratique du Congo, dans la province indonésienne d’Aceh, en Iraq, au Libéria, dans les territoires palestiniens occupés et dans le nord de l’Ouganda.

Afin d’asseoir sur des bases solides la phase de mise en œuvre et de renforcer les progrès accomplis à ce jour pour les inscrire dans la durée, le Secrétaire général a affirmé qu’il importait au plus haut point de prendre plusieurs mesures, notamment les suivantes: incorporer de façon systématique les questions relatives aux enfants dans toutes les négociations et les accords de paix et en faire l’une des composantes centrales des programmes mis en œuvre après les conflits; inscrire la protection des enfants dans le mandat de toutes les opérations de paix des Nations Unies; mettre impérativement au point un mécanisme systématique et coordonné de surveillance et de communication de l’information; réfléchir à la possibilité de déployer des conseillers en matière de protection de l’enfance dans toutes les opérations de paix; encourager les organisations régionales à renforcer leurs activités en faveur des enfants touchés par la guerre; prendre des mesures ciblées à l’encontre des parties et de leurs complices qui exploitent illicitement les ressources naturelles; prendre des mesures concrètes décidées par le Conseil de sécurité lorsque les parties n’ont pas progressé ou ont progressé insuffisamment dans l’application des résolutions 1379 (2001) et 1460 (2003); actualiser chaque année la liste des parties qui recrutent ou utilisent des enfants dans les conflits armés et y faire figurer toutes les situations où ces pratiques persistent; prendre sans tarder des mesures propres à assurer que les auteurs de crimes à l’encontre d’enfants soient parmi les premiers à être jugés par la Cour pénale internationale; et redoubler d’efforts de façon concertée afin de mettre un terme aux conflits qui bouleversent la vie de millions d’enfants et de s’attaquer aux facteurs principaux qui facilitent l’apparition et la résurgence des conflits.

Déclarations

M. OLARA OTUNNU, Secrétaire général adjoint et Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, a estimé que la lutte pour la protection des enfants dans les situations de conflits armés était à un tournant dans la mesure où elle a fait l’objet d’une attention accrue du Conseil de sécurité.  Toutefois, la situation de ces enfants reste préoccupante malgré les efforts de la communauté internationale, a-t-il dit, avant de faire valoir que le défi se posait désormais en termes de volonté politique et de choix dans la mesure où des mécanismes de protection ont été mis au point.  Il est nécessaire de créer un mécanisme de contrôle et de rapport efficace pour assurer le suivi de l’application des mesures de protection et renforcer la protection des enfants dans les situations de conflits armés.  Le Conseil de sécurité est l’instance la mieux appropriée en la matière, a déclaré M. Otunnu, avant d’indiquer que le dernier rapport du Secrétaire général contient deux annexes, la première recensant les parties impliquées dans des conflits à l’ordre du jour du Conseil et qui recrutent et exploitent des enfants soldats, la seconde recensant les parties dans les conflits qui ne sont pas à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. 

Le défi réside en priorité dans la collecte d’informations, a-t-il fait remarquer, plaidant pour un engagement accru des agences des Nations Unies qui doivent intégrer la question des enfants dans les conflits armés au premier rang de leurs priorités et de leur allocation de ressources.  La réinsertion des enfants doit être intégrée à toutes les étapes des processus de paix, a-t-il dit, soulignant à ce titre l’importance de la collaboration avec les organisations régionales, notamment l’Union européenne et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ainsi qu’avec les organisations non gouvernementales.  Lorsqu’un conflit armé prend fin, il faut à ce moment-là déployer les efforts les plus importants pour réinsérer les enfants dans la société et lutter contre la résurgence des conflits, a souligné le Représentant spécial.  Les intérêts des enfants doivent primer sur toute autre considération car c’est de ces générations que dépendent nos perspectives de paix et de sécurité, a-t-il conclu. 

Mme CAROL BELLAMY, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a déclaré que du Népal à la République démocratique du Congo (RDC), et du Libéria à la Colombie, les enfants, garçons et filles, ont continué de souffrir des conséquences des conflits armés.  Au cours de mes voyages, a dit Mme Bellamy, j’ai vu les impacts horribles de la guerre sur l’enfance.  Nous n’avons pu, en tant que communauté internationale, protéger les enfants dans de nombreuses zones de conflit, dont le Soudan et le Libéria.  Le film que nous venons de projeter montre le profond impact psychologique que subissent les enfants.  Au Libéria, on estime à 15 000 le nombre d’enfants soldats enrôlés de force.  De nombreux enfants sont également victimes d’exploitation sexuelle, avec les risques que cela implique et en particulier celui de la propagation du VIH/sida.  Les enfants sont aussi victimes des mines antipersonnel, même dans des régions où les pays ont adhéré à la Convention d’Ottawa.  En RDC, nous avons constaté les effets palpables de la violence sexuelle contre les mineurs, qui sont délibérément visés.  Ces politiques sont devenues systématiques et sont le fait de toutes les parties en conflit.  Dans ce pays, nous travaillons avec des ONG en vue d’offrir un certain réconfort aux victimes de viol.  Le personnel de l’ONU devrait être respectueux des principes que l’Organisation énonce et défend, et ne pas tomber dans les mêmes travers que les groupes de combattants.

La liste publiée par le Secrétaire général sur les groupes qui emploient des enfants dans les conflits, ainsi que sur ceux qui en font des victimes sexuelles est un outil utile de ciblage de nos actions, a souligné la Directrice exécutive de l’UNICEF.  En Afghanistan, nous soutenons un programme de rééducation et de réinsertion des enfants.  En Côte d’Ivoire, nous participons à la promotion d’un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) qui prendrait en compte les intérêts des enfants.  Nous soutenons le retour à l’école des enfants qui ont vécu dans les régions affectées par les conflits.  Nous l’avons fait au Libéria et en Afghanistan.  L’école peut fournir un asile à l’enfance maltraitée.  Nous soutenons les recommandations faites par le Secrétaire général, notamment en ce qui concerne la condamnation de ceux qui commettent des agressions contre les enfants.  Il est important qu’il existe des moyens qui permettraient aux jeunes de surmonter les traumatismes inhérents à la violence qui les entoure, de façon à ce que cette violence ne soit pas intériorisée et plus tard répétée.  L’UNICEF demande que les questions relatives à l’enfance figurent systématiquement dans les mandats des opérations de maintien de la paix.

M. RONALDO SARDENBERG (Brésil) a estimé que le dernier rapport du Secrétaire général constituait une étape cruciale en dix années de mobilisation de la communauté internationale sur la question des enfants et les conflits armés.  Le Brésil a toujours accordé la plus grande importance à la protection des droits de l’enfant, a-t-il poursuivi, déplorant que les enfants soient encore les victimes faciles de toutes sortes d’abus et de violations du droit humanitaire.  Une meilleure coordination entre l’Assemblée générale et le Conseil économique et social, a-t-il estimé, faciliterait l’action des différents Départements des Nations Unies dans le domaine de la protection des enfants dans les conflits armés.  Les listes présentées en annexe du rapport du Secrétaire général constituent un instrument efficace qui mérite d’être mis à jour régulièrement grâce à des mécanismes adéquats de suivi et de contrôle des crises et conflits, a-t-il dit, plaidant pour la mise en place de groupes de travail associant plusieurs agences qui oeuvreraient à plusieurs niveaux, pour la désignation de ces parties à la mise en œuvre de programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) en faveur des enfants soldats.  Le Brésil a plaidé pour l’adoption par le Conseil de sécurité de mesures progressives et ciblées pour contraindre les parties aux conflits à recruter et utiliser des enfants: interdiction de déplacements à l’étranger, gel des avoirs, ou encore conditionnalités pour la fourniture de l’aide.  Appelant le Conseil de sécurité à faire preuve de volonté politique, M. Sardenberg a exigé que la problématique des enfants dans les conflits armés soit associée à chaque étape des opérations de maintien de la paix.

M. ABDALLAH BAALI (Algérie) s’est félicité des actions menées par le Bureau de M. Otunnu.  La régularité que le Conseil imprime à l’examen de la question des enfants et les conflits armés est louable et nous rappelle le devoir de vigilance et d’efficacité auquel doit se soumettre le Conseil.  Les avancées qualitatives enregistrées n’ont cependant pas encore produit les effets attendus, comme le relève le Secrétaire général lui-même.  Le caractère multidimensionnel de cette stratégie appelle le Conseil à exercer de manière efficace ses responsabilités.  Le traitement de la question ne saurait toutefois occulter les causes profondes qui sont à l’origine des conflits.  Des normes, comme le droit à la santé, à l’éducation et à un cadre de vie sain devraient être considérées pour régler les questions liées à la situation des enfants.  Nous demandons en outre que les informations qui ont trait à la rédaction des rapports soient fiables. 

L’Algérie soutient le principe de l’incorporation systématique de questions relatives aux enfants dans les négociations et les accords de paix pour en faire des composantes essentielles des programmes post-conflit.  Elle soutient aussi la mise au point d’un mécanisme performant de surveillance et de contrôle au sein duquel les organisations non gouvernementales ont un rôle à jouer.  Elle appuie le principe de l’actualisation des listes et souhaite l’intégration des situations spécifiques des enfants vivant sous occupation étrangère.  L’Algérie, a indiqué son représentant, encourage toute prise de mesures appropriées quand les parties n’ont pas progressé dans l’application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Ces mesures doivent être ciblées pour que les enfants ne souffrent pas directement de leurs effets négatifs.  Le commerce illicite des armes et des ressources naturelles appelle également l’adoption de mesures appropriées.

M. JOEL W. ADECHI (Bénin) s’est inquiété de la situation des enfants soldats arrachés à leurs familles et à leurs communautés par des chefs de guerre qui les transforment, à force de drogues et de violence morale et physique, en farouches soldats au service de causes auxquelles ils ne comprennent rien.  Commentant le dernier rapport du Secrétaire général, M. Adechi a exhorté le Conseil de sécurité à prendre des mesures plus rigoureuses contre les parties aux conflits qui recrutent et exploitent les enfants, parties qui sont listées en annexe du rapport du Secrétaire général.  La lutte contre les abus et crimes de guerre qui affectent les enfants doit être menée en intégrant tous les facteurs qui les caractérisent, a-t-il dit, souhaitant que la communauté internationale s’investisse de toute urgence dans la lutte contre la prolifération des armes légères ou celle des mines antipersonnel.  A cet égard, M. Adechi a fait part des initiatives prises par la CEDEAO, notamment l’adoption en 2000 de la Déclaration et du Plan d’action d’Accra sur les enfants touchés par les conflits armés.  Par ailleurs, a-t-il dit, l’exploitation illicite des ressources naturelles qui favorise la perpétuation des conflits affecte lourdement les enfants qui sont exploités et mis à contribution dans des conditions exécrables et sont victimes de toutes sorte d’abus.  Les opérations de maintien de la paix doivent être planifiées pour intégrer les initiatives de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) afin de faciliter le retour des enfants à la vie normale, a jugé le représentant du Bénin, avant de soutenir les termes du projet de résolution présenté par la France et qui sera prochainement adopté par le Conseil. 

M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a déclaré que la communauté internationale devrait déployer beaucoup plus d’efforts pour éliminer les violences que subissent les enfants dans les conflits armés.  Un consensus international a pu être atteint afin de mettre fin à la participation des enfants aux conflits.  L’engagement du Secrétaire général et de l’ONU, l’existence d’un cadre normatif que doivent respecter tous les groupe en conflits, la désignation et la mise en accusation de ceux qui commettent des violences contre l’enfance, et qui sont reflétés dans le rapport du Secrétaire général, sont les bienvenus.  L’insertion de la protection des enfants dans les mandats des missions de maintien de la paix est une indication très claire des progrès accomplis par le Secrétaire général et les Etats Membres.  L’Angola soutient les recommandations faites par le Représentant spécial du Secrétaire général, notamment la création de dispositions particulières pour défendre les droits de l’enfant dans les missions de maintien de la paix.  Nous sommes également en faveur du renforcement des moyens dévolus au Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général.  Il reste beaucoup à faire pour effacer les traces du long conflit que notre pays a connu, mais avec le soutien de ses partenaires et de la communauté internationale, l’Angola mettra tout en œuvre pour créer un cadre propice à l’épanouissement de ses jeunes.

M. ALEXANDER V. KONUZIN (Fédération de Russie) a insisté sur la vulnérabilité particulière des enfants en situation de conflits armés, en particulier en Afrique, avant de souligner que l’un des moyens de protéger les enfants consistait à prévenir le déclenchement des conflits.  C’est à ce stade que le Conseil de sécurité a un rôle essentiel à jouer, a estimé le représentant.  Il a condamné le recrutement des enfants soldats, qu’il qualifie de crime de guerre, et a appuyé à cet égard l’initiative du Secrétaire général visant à lister régulièrement les parties à un conflit qui recrutent des enfants soldats.  Plaidant ensuite pour un mécanisme de contrôle et de suivi de l’application des mesures adoptées par le Conseil de sécurité, M. Konuzin a exhorté les membres du Conseil à envisager des mesures de fermeté contre les entités soupçonnées de recruter des enfants dans les conflits armés.  La Fédération de Russie a également jugé que le contrôle de l’application des mesures prises par le Conseil de sécurité en matière de protection des enfants dans les conflits armés pouvait relever, dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Libéria, de la compétence du Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest basé à Dakar.  Les autres organismes des Nations Unies et des organisations régionales ou non gouvernementales doivent également pouvoir s’investir dans cette tâche, a dit le représentant, soulignant la nécessité de renforcer la coordination dans le domaine de la protection des enfants. 

M. MIHNEA IOAN MOTOC (Roumanie) a déclaré que sa délégation condamnait le recrutement des enfants dans les zones de conflit.  Les enfants soldats, traumatisés et mutilés, voient toujours leur avenir d’adultes profondément compromis.  Un des éléments qui attire notre attention est celui des femmes et des filles victimes de violences sexuelles, parfois commises par des soldats de maintien de la paix et par des travailleurs humanitaires.  Notre pays, qui fournit des contingents de maintien de la paix, soutient les mesures indiquées par le Secrétaire général sur la formation et la sensibilisation des contingents de maintien de la paix.  Nous sommes en faveur d’un mécanisme de suivi des violations des droits de l’enfant dans les zones en conflit.  La Roumanie a ratifié la Convention sur les droits de l’enfant et son Protocole.  Nous soutenons le rôle que pourrait jouer la Cour pénale internationale pour mettre fin aux violations commises contre les enfants dans les zones de conflit.  Nous soutenons aussi les actions et les progrès accomplis en dehors du cadre des Nations Unies par les ONG et les organisations de la société civile.  Le projet de résolution que le Conseil de sécurité va élaborer devra, à notre avis, tenir compte des impératifs nécessaires à une meilleure protection des enfants dans les conflits armés. 

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a rappelé que le thème de la protection des enfants et les conflits armés constituait l’un des principes fondateurs de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  Commentant à son tour le rapport du Secrétaire général, M. Akram a salué le rôle du Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés ainsi que celui de l’UNICEF dans la promotion et la protection des droits des enfants.  L’inscription des parties se livrant au recrutement d’enfants soldats sur une liste actualisée régulièrement constitue une étape décisive dans la mesure où cette démarche les oblige à prendre des mesures pour faire cesser ces activités.  Le représentant s’est prononcé en faveur d’allocations additionnelles de fonds aux initiatives de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), tout en considérant que le renforcement des mécanismes existants en matière de protection des enfants dans les conflits armés suffisait et qu’il n’était nul besoin au stade actuel de créer de nouveaux mécanismes.  La collecte des informations et des données pourrait, de l’avis de M. Akram, être confiée aux bureaux-pays des Nations Unies et être coordonnée au niveau du Département des affaires politiques par un point focal.  Regrettant que la cause des enfants ne soit prise en considération qu’à la fin des conflits, il a insisté sur le rôle clef du Conseil de sécurité dans la prévention des conflits et dans la protection des enfants en situation de conflits armés. 

M. LAURO BAJA (Philippines) a rappelé que plusieurs résolutions ont été adoptées par le Conseil de sécurité sur la question des enfants dans les conflits armés.  Le Conseil devrait maintenant être capable de définir le rôle qui lui revient dans un mécanisme de surveillance de la situation des enfants dans les zones en conflit, dont le Secrétaire général recommande la création.  Les donateurs devraient être plus généreux en ce qui concerne le financement des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), car nous savons tous que la non-exécution de certaines parties de ces opérations entraîne souvent la reprise des conflits.  Aux Philippines, le Gouvernement a obtenu de bons résultats en ce qui concerne la réinsertion sociale des enfants affectés par les conflits armés.  Un Bureau spécial a été créé au sein du Cabinet de la Présidence des Philippines pour connaître de cette question.  Le mandat du Conseil contient des dispositions qui pourraient être utilisées pour réellement venir en aide aux enfants, et nous espérons qu’elles seront utilisées.

M. STUART HOLLIDAY (Etats-Unis) a exhorté le Conseil de sécurité à intensifier les efforts déployés pour éliminer les souffrances des enfants dans les conflits armés.  Il a demandé aux parties listées en annexe du rapport du Secrétaire général de mettre de toute urgence un terme à la pratique du recrutement des enfants soldats.  Mentionnant l’enrôlement des enfants soldats en Côte d’Ivoire, au Libéria, en République démocratique du Congo, le représentant des Etats-Unis a plus particulièrement insisté sur la situation au Myanmar où l’armée régulière enrôle des enfants âgés de 11 ans à peine.  De même, a-t-il dit, en Colombie, les enfants âgés de 10 ans sont enrôlés comme esclaves sexuels ou pour participer aux opérations de déminage.  M. Holliday a ensuite condamné la tragédie du Libéria où les séquelles de la politique de Charles Taylor se feront sentir longtemps, tandis qu’en Ouganda, l’Armée de résistance du Seigneur a enlevé plus de 40 000 enfants en seize ans de guerre au nord du pays.  Outre les gouvernements, les groupes armés doivent se plier aux mesures adoptées par le Conseil de sécurité, a-t-il dit, avant d’exiger que le prochain rapport annuel liste tous les gouvernements et acteurs non étatiques impliqués dans le recrutement des enfants soldats, et a demandé au Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés de proposer un plan d’action pour l’éradication de l’enrôlement des enfants soldats. 

M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a déclaré que le problème des enfants dans les conflits armés s’est aggravé parce que les Etats Membres n’ont pas pu ou su appliquer les instruments juridiques en vigueur.  La violence sexuelle à l’égard des filles constitue l’une des questions les plus troublantes et les plus urgentes à résoudre.  Concernant la mise en place d’un système d’information et de surveillance, que l’Espagne soutient, M. Arias a estimé qu’il faudrait renforcer les structures qui existent sur le terrain.  Quant aux activités qui se déroulent au Siège de l’ONU, nous soutenons l’inclusion des questions relatives à la protection des enfants dans les mandats des opérations de maintien de la paix, a dit M. Arias.

La souffrance d’un enfant pris dans la tourmente d’une guerre d’adultes est toujours inacceptable, a déclaré M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France).  Mais que cet enfant soit exploité, instrumentalisé au service de cette guerre et que sa souffrance persiste dans un inquiétant climat d’insécurité est révoltant: c’est un scandale que la communauté internationale ne doit pas tolérer.  Il s’est réjoui ensuite de l’engagement unanime du Conseil de sécurité et de celui de la communauté internationale pris en faveur du Protocole facultatif à la Convention sur les droits de l’enfant, qui interdit le recrutement de mineurs, ainsi que de l’inclusion dans le statut de Rome de dispositions spécifiques sur le recrutement ou l’utilisation d’enfants soldats, qualifiés de crimes de guerre.  Mentionnant ensuite les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité en matière de protection des enfants dans les conflits armés, notamment la 1460 (2002), le représentant a estimé que la communauté internationale disposait désormais d’un arsenal juridique complet.  Au regard d’une situation sur le terrain qui reste bien sombre, il a souligné que la communauté internationale n’avait plus besoin de normes nouvelles mais d’action et de mise en œuvre.  A cet égard, il a présenté les grandes lignes du projet de résolution soumis par la France au Conseil de sécurité pour adoption d’ici à la fin de janvier, à savoir la mise en place d’un mécanisme de suivi concret sur le terrain mettant à contribution les acteurs compétents des Nations Unies et qui permettra au Conseil de décider d’actions à entreprendre sur la base d’informations précises et fiables.  Toutes les violations des droits de l’enfant dans les zones de conflit -enlèvements, mutilations ou violences sexuelles- doivent être prises en compte, a poursuivi le représentant.  Enfin, le texte devrait contenir des dispositions encourageant les organisations régionales en matière de protection des enfants dans les conflits armés, notamment la CEDEAO qui a mis en place un mécanisme de surveillance des pairs («peer review») et l’Union européenne qui a adopté en décembre 2003 les Lignes directrices sur les enfants dans les conflits armés. 

M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a déclaré que son pays appuyait toutes les réflexions et actions menées par l’ONU sur la question difficile des enfants dans les conflits armés.  Malgré les progrès accomplis, la communauté internationale a visiblement encore beaucoup d’efforts à faire pour régler cette question.  L’incidence d’un conflit sur la vie d’un enfant reste énorme, et le moment est venu de mettre en œuvre toutes les règles et engagements pris par la communauté internationale.  En Birmanie, des enfants restent massivement engagés dans les opérations militaires gouvernementales contre les groupes rebelles.  Il en est de même en Ouganda, où les rebelles pratiquent les enlèvements d’enfants pour les embrigader de force dans leurs troupes.  La situation en Irlande du Nord, qui est citée dans le rapport du Secrétaire général, n’a rien à voir avec les cas extrêmes que nous venons d’évoquer.  L’Irlande du Nord est à un stade avancé du règlement de son conflit.  Le Royaume-Uni estime qu’il faut mettre fin aux abus contre les enfants, et pense qu’il faut établir des indicateurs de progrès sur l’application des recommandations internationales.  Enfin, nous devons lutter contre les abus en prévoyant un système efficace de riposte contre les auteurs de violations des droits des enfants.  Une « feuille de route institutionnelle » devrait à cet égard être établie.  Nous appuyons l’évaluation faite par le Secrétaire général sur la manière dont l’ONU a réagi aux violations des droits des enfants.  Les Etats Membres doivent pour leur part fournir les ressources dont on a besoin pour mener à bien les programmes de DDR.

M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a condamné de nouveau les atrocités subies par les enfants dans les conflits armés et exhorté le Conseil de sécurité à ne pas se limiter à condamner ces actes.  A cet égard, il s’est félicité du projet de résolution élaboré par la France qui sera présenté prochainement au Conseil pour adoption.  Pour une meilleure efficacité, l’Unicef, le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général et les autres agences des Nations Unies doivent coordonner davantage leurs actions, a souligné M. Pleuger.  L’an dernier, a-t-il rappelé, le Conseil de sécurité a pris des mesures efficaces, notamment en imposant une liste qui recense les parties aux conflits recrutant des enfants soldats.  En dépit de telles mesures, la situation demeure inquiétante, notamment en Ouganda ou dans la région de l’Ituri en République démocratique du Congo.  Ceux qui sont accusés des crimes les plus graves en matière de droits de l’homme et de droits de l’enfant doivent être traduits devant la justice internationale, a insisté le représentant de l’Allemagne, avant d’exposer certaines des positions que défendra sa délégation lors des négociations sur le projet de résolution.  Il nous faut, a-t-il insisté, envoyer un message de fermeté aux parties, désigner clairement les parties concernées et envisager des poursuites, prévoir des mesures de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) en faveur des enfants, identifier un point focal au Siège des Nations Unies et dans les pays, et enfin, prévoir des mesures de compensation pour les parties qui se plient aux exigences posées par le Conseil de sécurité.  Dans les missions de maintien de la paix, nous devons élaborer des mesures adaptées aux situations pour protéger les enfants et les fillettes et envisager leur réinsertion, a-t-il également déclaré, avant de considérer que la violence sexuelle comme forme d’arme de guerre doit être intégrée à la liste contenue en annexe dans le rapport annuel du Secrétaire général.

M. ZHANG YISHAN (Chine) a regretté qu’à l’heure actuelle, des millions d’enfants ne connaissent que les abus et la violence que leur font subir les conflits armés.  La communauté internationale, le Conseil de sécurité et les parties à ces conflits, ont l’obligation de veiller à la sauvegarde de ces enfants.  Les résolutions précédemment adoptées constituent le cadre juridique au sein duquel devrait être assurée la protection des enfants.  Des accords de paix conclus ou encouragés par l’ONU ont contribué un tant soi peu à réduire les souffrances de l’enfance dans certaines régions.  Il nous faut cependant redoubler d‘efforts pour obliger toutes les parties aux différents conflits à respecter les normes du droit international.  La Chine soutient les sanctions contre les personnes et groupes qui se rendent coupables de brutalités et de violations contre les enfants.  La communauté internationale devrait pour sa part assurer l’aide nécessaire à la réintégration des enfants sortant de zones de conflit dans leurs sociétés d’origine.  La Chine pense également que l’ONU et les organisations régionales devraient renforcer leur collaboration en vue de maximiser des synergies qui permettraient une meilleure défense des droits des enfants dans les conflits.

Mme SOLEDAD ALVEAR, Ministre des affaires étrangères du Chili, a réaffirmé l’attachement de son pays à la protection des enfants dans les zones de conflits armés et a jugé inconcevable que près de 300 000 enfants, garçons et filles confondus, soient enrôlés dans des conflits armés dans diverses parties du monde.  C’est là une véritable crise de valeurs, a-t-elle insisté.  Nous avons la responsabilité d’oeuvrer à la restauration de la dignité humaine et devons prendre des mesures pour assurer le désarmement, la démobilisation et la réinsertion de ces enfants.  Estimant ensuite que le Conseil de sécurité a pour sa part pris ses responsabilités depuis 1998 en matière de protection des enfants dans les conflits armés, la Ministre chilienne a toutefois plaidé pour des mesures supplémentaires, notamment par le renforcement du concept d’alerte rapide.  Nous devons agir avant, pendant et après les conflits en matière de protection des enfants, a-t-elle souligné, en souhaitant que des mécanismes de surveillance plus efficaces soient envisagés.  Chaque année, un des membres du Conseil de sécurité devrait être chargé de s’assurer de la mise en œuvre des recommandations de cet organe, a-t-elle dit, en particulier pour ce qui est de la protection des civils, des femmes et des enfants en situation de conflits armés.  Présentant ensuite l’éducation comme un des éléments clefs pour assurer la protection en amont des enfants au risque de conflits armés et leur réinsertion après les conflits, Mme Alvear a préconisé que la protection des enfants soit abordée de manière prioritaire dans le domaine de la sécurité internationale. 

M. LUIS GUILLERMO GIRALDO (Colombie) a déclaré que le recrutement d’enfants soldats est la plus grave violation qui soit commise contre les droits de l’enfant.  Il devrait être fait obligation à tous les Etats Membres de mettre fin à tout contact avec les groupes qui se rendent coupables de ce crime.  En Colombie, un combattant sur deux a moins de 18 ans.  Ces enfants ne peuvent pas quitter ces groupes.  Ils y sont retenus et détenus sous la contrainte des armes et sont fréquemment victimes de torture et d’exécutions sommaires.  Les groupes rebelles colombiens ont enlevé des milliers d’enfants et exigent des rançons pour leur libération.  Toutes les 37 heures, un mineur est enlevé par les FARC et les autres groupes armés illégaux.  Beaucoup de familles abandonnent leurs foyers dans les zones rurales, de peur de perdre leurs enfants, comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport.  Mais nous ne sommes pas d’accord avec les chiffres élevés qu’il cite concernant les enfants de la rue.  Notre Gouvernement a pris des mesures vigoureuses pour combattre ce fléau, a indiqué le représentant, qui estime que de bons résultats ont été réalisés.  Notre Gouvernement a honoré ses engagements internationaux et ne recrute pas de mineurs dans les forces armées nationales.

U KYAW TINT SWE (Myanmar) s’est félicité des progrès réalisés ces dernières années en matière de protection des droits de l’enfant, tout en déplorant l’impact des conflits armés sur les enfants.  Le Myanmar connaissait jusqu’à présent 18 groupes armés en lutte armée et il n’en reste plus qu’un actuellement, a-t-il indiqué, soulignant à ce titre les efforts intenses de son Gouvernement pour résoudre les conflits.  Le représentant a déploré ensuite la politisation de la protection des enfants, en particulier dans le rapport du Secrétaire général qui contient des informations mensongères sur la situation au Myanmar.  De nombreuses ONG ont exercé des pressions pour que le Myanmar figure dans la liste des entités enrôlant des enfants, a-t-il regretté.  Ces pressions qui avaient échoué en 2002, a-t-il rappelé, ont abouti à l’inscription de l’armée du Myanmar en 2003 sur la liste II publiée en annexe du rapport du Secrétaire général.  Dans notre pays, il n’y a aucun système de conscription forcée et personne ne peut être enrôlé avant l’âge de 18 ans, a-t-il dit, assurant que les personnels militaires ne correspondant pas à ces critères étaient démobilisés.  Le Myanmar estime que la protection et la promotion des droits de l’homme et des droits de l’enfant doivent faire l’objet avant tout d’une coopération au niveau international, a dit le représentant. 

M. MARKIYAN KULYK (Ukraine) a déclaré que le Président de l’Ukraine a soumis au Parlement le Protocole facultatif à la Convention sur les droits de l’enfant pour ratification.  Note pays soutient la création de la liste des parties qui recrutent des enfants dans les conflits armés, mais nous pensons que cette liste ne sera efficace que lorsque le Conseil aura adopté des mesures pour sanctionner les groupes qui y figurent.  Il existe aussi un manque certain d’informations du fait que ces groupes ne savent même pas, la plupart du temps, qu’ils sont mis à l’index par la communauté internationale.  Nous pouvons créer une culture globale qui condamne tous ceux qui violent les droits des enfants ou qui utilisent des armes de destruction massive.  Mais l’imposition de sanctions contre ces groupes ou individus ne suffit pas.  Les mesures que prend le Conseil ne devraient pas aggraver le sort des innocents, et en particulier des enfants.  L’Ukraine soutient la création de programmes spéciaux en faveur de la réinsertion sociale des enfants qui ont été traumatisés dans les situations de conflit.  Nous espérons que le projet de résolution final qui sera adopté permettra de redynamiser la question de la lutte contre les abus que subissent les enfants.

M. ARYE MEKEL (Israël) a jugé inacceptable la situation que vivent les enfants dans les conflits armés et a mis en garde contre les conséquences graves des exactions dont ils sont victimes.  Il s’est félicité du déploiement de conseillers chargés de la protection des enfants dans les opérations de maintien de la paix, ainsi que de la liste des parties figurant en annexe du rapport du Secrétaire général et qui recense les mouvements en contravention avec les règles établies.  La pratique de conscription forcée des enfants est odieuse, a-t-il dit, avant de s’inquiéter du recrutement des enfants par des organisations terroristes, utilisés comme boucliers humains, comme poseurs de bombes.  A cet égard, il a déploré que le rapport du Secrétaire général ne fasse pas mention de cette réalité.  Les enfants israéliens et palestiniens sont victimes de cette violence, a-t-il dit, soulignant que les enfants israéliens sont les victimes des groupes terroristes palestiniens qui utilisent des enfants pour perpétrer leurs attentats.  Personne ne peut se targuer d’avoir le monopole d’être une victime dans notre région, a-t-il dit, tout en regrettant l’adoption par l’Assemblée générale d’une résolution concernant les enfants palestiniens.  Mettant en garde contre le danger de la politisation accrue des souffrances des enfants, M. Mekel a déploré qu’Israël ait été obligé, en raison de la pression de certains pays, de retirer son projet de résolution sur la protection des enfants israéliens. 

M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY (Bangladesh) a déclaré que la Convention sur les droits de l’enfant et ses Protocoles facultatifs devaient devenir des instruments universels de protection des enfants.  Notre pays a toujours demandé que le Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général soit financé sur un budget prévisible et constant.  Les enfants sont de plus en plus victimes d’agressions dont les auteurs se targuent d’une certaine forme d’impunité.  Il est temps que le Conseil abandonne la simple rhétorique pour passer aux actes et prendre des dispositions concrètes en vue de punir les auteurs de violations.  Les forces de maintien de la paix doivent être l’objet d’une politique de tolérance zéro quand elles commettent des violations des droits des enfants dans les zones en conflit.  Les soldats de la paix que fournit le Bangladesh reçoivent une formation spéciale de sensibilisation à la préservation des droits de l’enfant dans les zones en conflit.  Comme l’a mentionné Mme Bellamy ce matin, nos troupes  participent à des programmes de réinsertion des enfants dans les sociétés sortant de conflits.  Nous le faisons notamment en Afghanistan.

M. RICHARD RYAN (Irlande), intervenant au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, a souscrit à l’engagement continu du Conseil de sécurité en faveur de la protection des enfants dans les conflits armés.  L’Union européenne estime qu’un examen annuel de cette question par le Conseil de sécurité doit insister sur le respect des normes et envisager des mesures ciblées.  Il faut mettre en place des actions de réinsertion des enfants après les conflits et de prévention de l’enrôlement des enfants dans les conflits armés, a dit M. Ryan, qualifiant cet enrôlement de crime de guerre.  Les auteurs de crimes de guerre doivent être poursuivis lorsqu’ils s’en prennent à des enfants, a-t-il dit, avant de rappeler que les enfants sont les premières victimes des guerres.  L’Union européenne lance un appel en faveur de la ratification de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant et de ses Protocoles facultatifs, a-t-il dit, précisant que des Lignes directrices européennes sur les enfants et les conflits armés avaient été adoptées le 10 décembre 2003 à Rome.  Par ailleurs, l’Union européenne accordera une importance cruciale à la protection des enfants dans les crises au cours des six prochains mois, a-t-il indiqué, avant de se féliciter de l’implication de conseillers chargés de la protection des enfants dans les missions de maintien de la paix.  Il a invité le Conseil de sécurité à préciser, dans la résolution qu’il adoptera prochainement, les mesures qui seront prises contre les groupes ou entités agissant en violation des règles définies en matière de protection des enfants. 

M. SYLVESTER EKUNDAYO ROWE (Sierra Leone) a déclaré que cette réunion était la suite logique de celle tenue hier par le Conseil sur les armes légères et de petit calibre.  La Sierra Leone a toujours soutenu que les deux questions sont liées et que le règlement de l’une dépend des solutions que l’on apporte à la première.  Le fléau des armes légères et de petit calibre, qui sont pour nous des armes de destruction massive du fait de leur impact dévastateur sur les populations, et notamment sur les enfants des pays en conflits, doit être jugulé.  Les campagnes de mobilisation de l’opinion internationale peuvent jouer un rôle important dans la lutte contre les violations dont sont victimes les enfants.  Nous soutenons les propositions et recommandations du Secrétaire général et dans la déclaration de son Représentant spécial.  Nous sommes cependant en faveur d’un durcissement des peines qui devraient être infligées aux personnes et aux groupes coupables de recruter des enfants pour combattre dans les conflits.  Nous sommes en ce moment très préoccupés par ce qui se passe en Côte d’Ivoire et au Libéria, où des bandes de jeunes armés constituent une source de mercenariat régional.  Des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) efficaces devraient être initiés pour les désarmer et les réintégrer socialement.  Nous demandons, à l’instar de la Directrice exécutive de l’UNICEF, que les ressources destinées au DDR ne dépendent pas de contributions volontaires.

M. CHARLES C. WAGABA (Ouganda), commentant le dernier rapport du Secrétaire général, a rappelé que son pays avait ratifié la Convention sur les droits de l’enfant et ses deux Protocoles facultatifs, notamment sur la participation des enfants aux conflits armés.  Un accord a été signé avec l’organisation «Save the Children» pour former les Forces de défense populaires de l’Ouganda (UPDF), l’armée nationale, à la protection des enfants.  Or, a-t-il déploré, le rapport du Secrétaire général contient des accusations relatives à l’enrôlement d’enfants mineurs dans l’armée qui ne sont pas exactes, comme peut le constater l’UNICEF sur le terrain.  Cependant, il a reconnu que certaines familles et communautés encourageaient leurs enfants à tricher sur leur âge pour se faire enrôler mais il a assuré que de telles recrues sont immédiatement démobilisées.  Des dizaines de milliers d’enfants ont en revanche été recrutés de force par l’Armée de résistance du Seigneur, a-t-il dit, insistant sur les mutilations, l’exploitation sexuelle et l’utilisation de ces enfants dans les conflits.  Toutes les pressions doivent être exercées sur l’Armée de résistance du Seigneur qui est listée à juste titre dans l’annexe du rapport du Secrétaire général.  Le représentant a cependant protesté contre l’inscription de l’armée ougandaise sur cette même liste, a dit M. Wagaba, avant de s’interroger sur les motivations du Représentant spécial du Secrétaire général, Olara Otunnu, invité à plusieurs reprises par le Gouvernement ougandais mais qui n’a jamais daigné se rendre dans ce pays. 

M. V. K. NAMBIAR (Inde) a déclaré qu’il était parfois difficile de faire la distinction entre un enfant soldat volontaire et un autre qui est contraint de combattre malgré lui.  Certains enfants rejoignent des groupes de combat pour s’assurer une protection ou tout simplement un repas quotidien.  L’Inde félicite M. Olara Otunnu pour la pertinence de ses informations et la qualité du travail qu’il a accompli.  L’Inde regrette que le Conseil n’ait aucun outil lui permettant de réellement agir dans la mise en œuvre de la Convention et de ses Protocoles facultatifs.  Si les Etats peuvent être parties à la Convention sur les droits de l’enfant, il est plus difficile de trouver comment y faire figurer les groupes non étatiques.  Une reconnaissance formelle leur donnerait une légitimité qu’ils ne méritent pas face aux Etats.  Nous regrettons aussi que les recommandations qui sont faites ne tiennent pas compte des spécificités religieuses ou culturelles qui régissent la vie des enfants dans certaines régions.  L’Inde aimerait également que soit mis en place un mécanisme clair et transparent pour la collecte des données figurant dans les rapports.  On a trop recours aux informations fournies par des ONG.  Mais ces ONG elles-mêmes peuvent manquer de crédibilité.  Il serait donc nécessaire que l’on utilise davantage la présence de l’ONU sur le terrain.

M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a fait part de sa préoccupation à la lecture du dernier rapport du Secrétaire général et a souhaité que les normes internationales soient respectées scrupuleusement par les Etats Membres.  Il est regrettable qu’aucune mesure n’ait été prise pour assurer la protection des enfants dans les territoires palestiniens et dans le Golan syrien occupés, en dépit de la quatrième Convention de Genève.  Il est également dommage que le rapport ne contienne aucune information concernant la situation des enfants dans ces territoires et, en particulier de leurs besoins humanitaires.  Invitant le Conseil de sécurité et la communauté internationale à éviter la politique des «deux poids, deux mesures», M. Mekdad a exhorté les agences des Nations Unies à réfléchir aux implications de l’occupation étrangère pour les enfants.  Il a réaffirmé ensuite le caractère fondamental de l’arsenal juridique dont dispose la communauté internationale pour assurer la protection des enfants. 

M. AHMED ABOUL GHEIT (Egypte) a déclaré que le Conseil a longtemps porté attention à certains groupes d’enfants victimes de violences, mais l’Egypte tient aujourd’hui à attirer l’attention du Conseil sur la situation des enfants vivant sous occupation étrangère.  Il est très important que nous nous penchions sur cette question.  C’est pourquoi, notre délégation demande que l’on tienne compte de ces enfants, a dit le représentant.  Notre pays soutient l’envoi de conseillers sur les droits des enfants dans les missions de maintien de la paix.  Nous devons aussi veiller à ce que les flux d’information sur les enfants en situation de conflits armés deviennent plus systématiques et plus crédibles.  Nous souhaiterions souligner l’importance des recommandations énoncées par le Secrétaire général dans son rapport, et sommes en faveur de l’inclusion de la question des enfants dans les mandats des missions de paix de l’ONU.

M. CHEIK SIDI DIARRA (Mali), intervenant au nom des pays membres du Réseau de la sécurité humaine, s’est inquiété de la persistance de l’enrôlement des enfants et leur utilisation dans les conflits armés, soulignée par la résolution 1460 du Conseil de sécurité.  Peu de résultats ont été obtenus depuis l’adoption de ladite résolution, il y a une année, a regretté le représentant, tout en mentionnant certaines initiatives prises au niveau régional pour compléter l’arsenal juridique que compose la Convention sur les droits de l’enfant, ses Protocoles facultatifs, le Statut de Rome ou encore les règles de l’Organisation internationale du travail.  Rappelant les grandes lignes du document adopté en mai 2002, « Un monde digne des enfants », M. Diarra a insisté sur certaines mesures à mettre en œuvre, notamment la mise en place de postes de conseillers chargés de la protection des enfants dans les opérations de maintien de la paix, ou encore des mesures ciblées contre les parties listées en annexe du rapport du Secrétaire général.  Il faut également s’attaquer aux causes profondes des conflits, a-t-il dit, mentionnant à ce titre la prolifération des armes légères et de petit calibre, leur commerce illicite, ou encore le fléau des mines antipersonnel.  Le Réseau de la sécurité humaine a développé un programme de formation aux droits de l’enfant et mis en place un système d’alerte, a précisé M. Diarra, précisant que ces instruments avaient été mis à disposition des organisations non gouvernementales et des Nations Unies. 

M. TOSHIRO OZAWA (Japon) a déclaré que cette réunion se tient au moment où l’ONU envisage le déploiement de nouvelles missions de maintien de la paix en Afrique.  Pour les Japonais, qui vivent dans la paix, le concept d’enfants soldats de 10 ans armés de Kalachnikov semble totalement irréel.  Cependant, notre pays mène en ce moment des actions en Afghanistan, où se posent aussi des problèmes nés des longs conflits que ce pays a connus.  Le Japon entend pleinement participer aux efforts mondiaux de défense des droits de l’enfant.  Nous appuyons le Statut de Rome de la Cour pénale internationale qui dit que l’usage d’enfants dans les conflits armés est un crime de guerre.  Nous invitons tous les Etats qui n’ont pas signé ou ratifié le Protocole facultatif à la Convention sur les droits de l’enfant concernant la participation des enfants aux conflits armés à le faire le plus tôt possible.  Nous demandons aussi que le rapport qui avait été requis sur la manière dont l’ONU réagit aux violations contre les droits des enfants soit soumis dans les meilleurs délais au Conseil.  Enfin, le Japon félicite M. Olara Otunnu pour le travail qu’il a accompli.

M. BRUNO STAGNO UGARTE (Costa Rica) a estimé que la protection des enfants dans les conflits armés devait constituer une priorité pour le Conseil de sécurité.  Plus de 300 000 enfants sont enrôlés dans les conflits armés, sans compter les millions qui souffrent des dommages collatéraux.  Tous les enfants gardent des séquelles psychologiques des guerres, a poursuivi M. Stagno Ugarte, avant de mettre en avant les mesures prises pour intégrer les questions de protection des enfants.  Le représentant du Costa Rica s’est à son tour prononcé pour l’affectation de ressources propres au Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général au titre du budget ordinaire des Nations Unies.  Déplorant les enlèvements, mutilations et autres exactions dont sont victimes les enfants en situation de conflits armés, M. Stagno Ugarte a exhorté le Conseil de sécurité à définir des sanctions contre les entités qui continuent de recruter des enfants soldats.  Il est indispensable à cette fin que les listes en annexe du rapport du Secrétaire général soient actualisées et le représentant a demandé au Conseil de prévoir un régime de sanctions qui tienne compte de la situation des enfants.  Enfin, le Conseil de sécurité doit encourager les efforts du Secrétaire général et de son Représentant spécial en faveur de la protection des enfants en situation de conflits armés et se saisir de toutes les situations de conflits dans lesquelles les enfants sont enrôlés. 

M. ISIKIA RABICI SAVUA (Fidji) a déclaré que les débats du Conseil permettaient aux groupes vulnérables, et notamment aux enfants, de recevoir l’attention qu’ils méritent de la part de la communauté internationale.  Fidji se réjouit que le Conseil reconnaisse l’impact négatif des conflits sur la vie des mineurs.  Les institutions internationales de défense des droits de l’homme devraient, selon nous, apporter leur soutien aux institutions nationales en vue d’intégrer les droits de l’enfant dans les programmes scolaires et éducatifs nationaux.  Nous suggérons aussi que le Conseil fournisse une assistance aux Etats pour les aider à intégrer dans leurs lois nationales les principes qui figurent dans les résolutions qui sont adoptées en faveur de la défense des enfants en situation de conflit.

M. LUIS GALLEGOS CHIRIBOGA (Equateur), commentant les résultats obtenus depuis 1998 en matière de protection des droits de l’enfant, a estimé que la communauté internationale disposait désormais d’un arsenal juridique solide qu’il lui appartient d’appliquer.  Il est nécessaire de trouver un mécanisme idoine pour faire de la protection des droits de l’enfant un principe qui s’impose non seulement aux Etats Membres, mais également aux entités non étatiques qui portent gravement atteinte aux droits de l’enfant dans les situations de conflits armés.  Une des réalités les plus dramatiques qu’ait à connaître la communauté internationale est réellement l’enrôlement d’enfants soldats, a-t-il dit ensuite, mettant en avant les sévices et souffrances infligés aux enfants.  De même, M. Chiriboga a tenu à condamner les facteurs qui amplifient les conflits, notamment la prolifération des armes légères, les mines antipersonnel, avant d’inviter le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts pour atténuer les conséquences des conflits armés sur les enfants du monde. 

M. JOHAN L. LOVALD (Norvège) a dit que la réalité montre que malgré les décisions prises au niveau international en matière de protection des civils dans les conflits armés, les enfants continuent d’être victimes de terribles exactions.  Notre pays est inquiet de la situation qui prévaut dans le nord de l’Ouganda.  Nous demandons que soient prises en compte les recommandations faites par le Coordonnateur des secours d’urgence sur ce qui se passe au Soudan et en Ouganda.  La Norvège est heureuse que les programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) fassent désormais partie des opérations de maintien de la paix.  Nous devons maintenant examiner les meilleures pratiques utilisées par les conseillers aux droits de l’enfant qui ont été intégrés aux missions des Nations Unies.  La Norvège estime par ailleurs que les transferts d’armes légères devraient être mieux contrôlés, et nous pensons que tous les Etats devraient ratifier le Statut de Rome pour que la communauté internationale puisse mettre fin à l’impunité dont jouissent les chefs de guerre.

M. GILBERT LAURIN (Canada) a souligné que le Conseil de sécurité disposait d’un cadre d’action solide en matière de protection des enfants dans les conflits armés grâce aux résolutions adoptées.  Il a invité ensuite les Etats Membres à ratifier le Statut de Rome de la Cour pénale internationale ainsi que les Protocoles facultatifs de la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant.  Il a lancé un appel en faveur de mesures fermes à l’encontre de mouvements qui, à l’instar de l’Armée de résistance du Seigneur, au nord de l’Ouganda, enlèvent et mutilent des enfants.  Les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) et la réinsertion des enfants doit faire l’objet d’un suivi pour s’assurer qu’ils ne puissent en aucun cas être enrôlés de nouveau.  Pour que les mécanismes de protection des enfants soient efficaces, il nous faut établir des mécanismes fiables de suivi et le Conseil de sécurité doit pouvoir par ailleurs disposer d’informations fiables et actualisées.  C’est pourquoi, le Canada demande au Secrétariat des Nations Unies de mettre à la disposition du Conseil de sécurité les informations indispensables à la recherche de solutions.  Le représentant a engagé le Conseil de sécurité à envisager le déploiement de conseillers chargés de la protection des enfants dans le cadre des missions de maintien de la paix qui seront déployées prochainement au Soudan et au Burundi.  Il a estimé ensuite que le Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés avait un rôle précieux à jouer, tout comme les agences de l’ONU et les ONG, avant de presser les membres du Conseil de sécurité, les Etats Membres et la société civile de prendre des mesures immédiates pour protéger les enfants.

M. MICHEL BORGHINI (Monaco) a déclaré que la Principauté de Monaco a toujours été sensible aux problèmes qui affectent les enfants.  Nous avons positivement pris note des progrès accomplis dans l’élaboration et la mise en œuvre des normes en faveur de la protection des enfants.  Monaco se félicite de la participation des ONG à ces actions.  Il est regrettable que l’impunité continue de prévaloir.  Nous sommes préoccupés par les violations que subissent les enfants, notamment quand elles sont commises par des forces de maintien de la paix.  Nous soutenons le renforcement des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) et le renforcement de négociations entre les parties à un conflit.  Monaco est également en faveur d’un cadre qui serait plus propice aux actions de la Cour pénale internationale contre les violations des droits des enfants dans les zones de conflit.

M. ENRIQUE BERRUGA (Mexique) a rappelé son attachement en faveur de l’inclusion de conseillers chargés de la protection des enfants dans les opérations de maintien de la paix.  La protection et la réinsertion des enfants doivent constituer des priorités, a-t-il dit, avant de plaider pour des mesures appropriées pour les fillettes et les enfants handicapés.  Seule une implication des bailleurs de fonds est susceptible de faciliter la mise en œuvre des programmes de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), a-t-il dit, avant d’assurer que sa délégation est disposée à poursuivre la réflexion sur les mécanismes à adopter pour protéger les enfants.  Le Mexique est convaincu de la nécessité d’inclure des dispositions dans la résolution qui sera adoptée à la fin janvier concernant l’enrôlement des mineurs, l’impact de la prolifération des armes légères et l’exploitation des ressources naturelles. 

M. YASHAR ALIYEV (Azerbaïdjan) a déclaré que son pays commémorait aujourd’hui la tragédie du «janvier noir» qui vit les troupes soviétiques prendre d‘assaut Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, en vue de rétablir un régime communiste menacé d’être renversé par la population.  Parmi les nombreuses victimes de cette intervention, on comptait beaucoup d’enfants.  Notre pays soutient la mise en place d’un cadre global pour résoudre les questions liées aux violations des droits des enfants.  Mais, c’est sur le terrain que la communauté internationale doit déployer le maximum de ses efforts et de ses ressources.  Dans notre pays, plus d’un millier d’enfants victimes du conflit avec l’Arménie vivent en situation instable.  Nous sommes d’accord avec la recommandation qui suggère que des rapports plus détaillés soient établis sur tous les conflits où souffrent des enfants.  Le conflit que connaît notre région, même s’il est de basse intensité, devrait figurer à l’agenda international.  Selon des informations émanant d’ONG, des centaines d’enfants azéris ont été enlevés de force et enrôlés par l’armée arménienne.  Nous demandons que cette question soit évaluée par le Conseil de sécurité.

M. DESRA PERCAYA (Indonésie) a exprimé sa préoccupation face aux statistiques établies par les rapports de l’UNICEF et condamné l’impact des conflits armés sur les enfants.  Nous sommes pour l’intégration de conseillers pour la protection des enfants dans les opérations de maintien de la paix, a-t-il poursuivi, avant de souligner que les perspectives visant à atténuer les souffrances des enfants dans les conflits armés semblent sombres.  Les considérations principales proposées par le Secrétaire général en matière de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) à destination des enfants doivent être prises en compte, a-t-il dit, avant de mettre en garde contre les risques encourus par les populations vulnérables dans le contexte des missions de paix, d’où la nécessité de mieux former le personnel des opérations.  Il a invité le Conseil de sécurité à insister sur la nécessité de lutter contre le commerce illicite des armes légères et la prolifération des mines antipersonnel dans la perspective de la protection des enfants dans les conflits armés. 

M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a dit que les débats et les processus d’examen devraient désormais insister sur la mise en oeuvre des termes déjà agréés concernant la protection des enfants.  Nous sommes favorables à ce que les auteurs des violations des droits de l’enfant soient tenus responsables de leurs actes et qu’il soit mis fin à l’impunité.  Le Statut de Rome ayant qualifié l’utilisation d’enfants dans les conflits comme un crime de guerre, des peines lourdes devraient être appliquées aux auteurs de ces violations.  Nous soutenons à cet égard le point de vue énoncé par le Secrétaire général dans son rapport.  Une meilleure coordination devrait être établie entre les acteurs internationaux travaillant sur le terrain et le Siège de l’ONU en vue de maximiser les chances de résultats positifs dans les actions que lancent le Conseil de sécurité et l’ONU.  Le bureau du Représentant spécial du Secrétaire général doit poursuivre la tâche qu’il a accomplie jusqu’ici de manière louable et pour laquelle nous le remercions.

M. ARMEN MARTIROSYAN (Arménie) a salué les mesures prises par le Conseil de sécurité en matière de protection des droits de l’enfant en situation de conflits armés avant de déplorer les mutilations, l’enrôlement et l’exploitation sexuelle dont sont victimes les enfants en dépit des normes internationalement établies pour la protection des enfants.  Les mécanismes de rapport des Etats doivent être renforcés, a-t-il dit.  De même, des mesures doivent être prises pour forcer les entités non étatiques à se plier aux règles juridiques.  La question des enfants réfugiés et leur réinsertion est un problème qui interpelle également l’Arménie, a-t-il dit, rappelant que son pays accueille 65 000 Azerbaïdjanais sur son territoire.  La protection des enfants exige une démarche globale et une action concertée de l’ensemble de la communauté internationale en tirant parti de l’expérience de chaque Etat et organisations.  Il a déploré ensuite les allégations mensongères de l’Azerbaïdjan qui a choisi par ailleurs de réprimer par la force les aspirations légitimes du peuple du Haut-Karabakh.  Les représentants azéris devraient reconnaître que l’Arménie ne fait qu’appliquer les résolutions pertinentes des Nations Unies. 

Mme JUDITH MBULA BAHEMUKA (Kenya) a déclaré que sa délégation remerciait le Bureau du Représentant spécial pour les enfants et les conflits armés, et est très satisfaite des tâches accomplies par Olara Otunnu, qu’elle félicite.  M. Otunnu a mobilisé la conscience mondiale sur les violations que subissent les enfants.  Le Kenya regrette que de nombreuses parties aux conflits continuent de bafouer impunément les normes établies par la communauté internationale pour défendre les droits des enfants.  Nous soutenons par conséquent les recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général et remercions l’UNICEF et les autres institutions de l’ONU, ainsi que les ONG pour leur travail remarquable.  Notre pays continue de jouer les médiateurs dans les conflits qui affectent la Corne de l’Afrique, et nous soutenons le renforcement des initiatives régionales appuyées par l’ONU pour résoudre ces guerres.  Le Kenya espère également que le Conseil élargira la liste des violations figurant au rapport, en vue d’y inclure les impossibilités de fournir une aide humanitaire aux groupes vulnérables, qui sont créées par des parties aux conflits.

Reprenant la parole en fin de séance, le Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés a invité le Conseil de sécurité à prendre des mesures ciblées dans le cadre de sa prochaine résolution et a demandé aux parties de préparer des plans d’action sur les mesures qu’elles comptent prendre pour mettre fin à l’exploitation des enfants dans les conflits armés.  Il en va de la crédibilité des efforts du Conseil de sécurité, a-t-il dit, avant de considérer que toutes les victimes de conflits armés devaient pouvoir bénéficier de la protection du Conseil.  Evoquant le mécanisme de suivi et d’élaboration de rapports proposé par de nombreuses délégations, il a jugé nécessaire d’approfondir les discussions afin de parvenir à la définition d’un système de collecte d’informations et de données efficace.  Tous les organes de l’ONU peuvent devenir parties prenantes de la campagne des Nations Unies pour le respect des normes, a-t-il précisé.  Il a fait part de sa tristesse face à la polémique lancée par la délégation ougandaise et l’a invitée à se joindre aux efforts de la communauté internationale en faveur de la protection des enfants.  Les critères d’élaboration des listes dépendent des informations fournies par les ONG et les équipes de l’ONU sur le terrain, a précisé M. Otunnu. 

Pour sa part, le Directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF a partagé les attentes de la communauté internationale en faveur d’une action concrète sur le terrain.  Nous sommes sur le terrain avant d’être ici, a-t-il dit aux membres du Conseil, assurant que l’UNICEF continuerait de renforcer les mécanismes de suivi et de collecte de données sur le terrain.  L’UNICEF entend également faire en sorte que les leçons soient tirées des expériences vécues sur le terrain, a-t-il dit, en soulignant les efforts de son organisation en faveur de la démobilisation des enfants soldats pendant les conflits. 

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