L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SALUE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT KARZAI MAIS SOULIGNE L’AMPLEUR DES DÉFIS QUI RESTENT À RELEVER EN AFGHANISTAN

8 décembre 2004
AG/10316

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SALUE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT KARZAI MAIS SOULIGNE L’AMPLEUR DES DÉFIS QUI RESTENT À RELEVER EN AFGHANISTAN

08/12/2004
Communiqué de presse
AG/10316


Assemblée générale

69e séance plénière – après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE SALUE L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT KARZAI MAIS SOULIGNE L’AMPLEUR DES DÉFIS QUI RESTENT À RELEVER EN AFGHANISTAN


Elle élit des membres du CCQAB, du TANU, de la CFPI ainsi que

des Comités des placements, des contributions et des pensions du personnel


L’Assemblée générale s’est félicitée aujourd’hui du bon déroulement de l’élection présidentielle du 9 octobre en Afghanistan, tout en s’inquiétant de l’insécurité persistante et de l’ampleur de la production et du trafic de la drogue, lors d’un débat consacré à la situation dans le pays et à l’assistance internationale d’urgence pour le rétablissement de la paix et la reconstruction*, à l’issue duquel elle a adopté sans vote un projet de résolution**.


Le représentant de l’Afghanistan a estimé que la participation massive et enthousiaste du peuple afghan au scrutin du 9 octobre était un signe de son aspiration à la paix, malgré la campagne d’intimidation menée par les Taliban et Al-Qaida.  Pour le représentant du Japon, cela témoigne de la détermination des Afghans à construire un État véritablement démocratique. Il faut profiter de cet élan pour mener à bien les élections parlementaires prévues au printemps prochain, a déclaré, de son côté, le représentant de l’Allemagne.


Notant les progrès réalisés au cours de l’année écoulée, la plupart des orateurs ont cependant souligné l’ampleur des défis qui restaient à relever.  Le représentant de la Chine a cité la nécessité de renforcer l’autorité du Gouvernement central, d’éradiquer le terrorisme, d’apaiser les guerres de factions et d’accélérer le désarmement.  Le représentant des Pays-Bas a insisté, au nom de l’Union européenne, sur la lutte contre le trafic des stupéfiants, dont les revenus, a-t-il dit, entretiennent l’économie criminelle du pays.  L’insécurité et le trafic de la drogue se renforcent mutuellement, a estimé le représentant de la République islamique d’Iran, qui a exhorté la communauté internationale à développer de nouvelles stratégies de lutte contre la criminalité transnationale organisée et contre le terrorisme international.


Dans son rapport, le Secrétaire général souligne le fardeau considérable que représente, pour les pays voisins, la présence de réfugiés afghans. Le représentant du Pakistan, principal pays d’accueil, s’est inquiété à cet égard de la diminution récente du nombre de retours volontaires.


Par le texte qu’elle vient d’adopter, l’Assemblée générale a appelé la communauté internationale à assurer le bon déroulement des élections parlementaires prévues au printemps.  Elle a également condamné la violence et les intimidations perpétrées contre le personnel humanitaire et le personnel de l’ONU et a demandé instamment au Gouvernement afghan d’assurer leur sécurité et leur liberté de mouvement.


Outre les orateurs cités, les représentants du Kazakhstan, du Tadjikistan, de la Malaisie, de l’Islande, de la Norvège, de l’Inde, du Canada, de l’Ouzbékistan, de la Turquie, ainsi que l’Observatrice de l’Union interparlementaire ont également pris la parole.


Par ailleurs, l'Assemblée générale a nommé par acclamation, sur recommandation de la Cinquième Commission (administrative et budgétaire)*** des membres des six organes subsidiaires de l’ONU suivants: Comité consultatif pour les questions administratives et budgétaires (CCQAB); Comité des contributions; Comité des placements; Tribunal administratif des Nations Unies(TANU); Comité des pensions du personnel; et Commission de la fonction publique internationale (CFPI). 


En début de séance, le Président de l’Assemblée générale, M. Jean Ping (Gabon) a fait part, au nom des États Membres, de sa profonde sympathie au Gouvernement et au peuple des Philippines pour la perte tragique de vies humaines et les dégâts matériels considérables causés par le récent cyclone.  Il a espéré que la communauté internationale fera preuve de solidarité et répondra rapidement et généreusement à toute demande d’aide à ce pays.


Le Représentant permanent des Philippines a exprimé sa reconnaissance aux Nations Unies et aux États Membres qui ont répondu à l’appel à l’aide d’urgence lancé par son pays, qui émerge à peine d’un climat de mort et de destruction.  Il a particulièrement remercié les États-Unis, qui ont dépêché 500 hommes basés au Japon, ainsi que des hélicoptères et des avions de transport.  Il a salué également l’intervention de plusieurs organisations non gouvernementales.  Le représentant a indiqué qu’il restait encore beaucoup à faire, notamment pour éviter la propagation de maladies, restaurer les communications, l’électricité et l’eau.


La prochaine réunion de l’Assemblée sera annoncée dans le Journal de l’ONU.


*   rapport du Secrétaire général publié sous la cote A/59/581

**  projet de résolution publié sous la cote A/59/L.44

*** voir communiqué AG/AB/3646 du 5 novembre 2004


NOMINATIONS AUX SIÈGES DEVENUS VACANTS DANS LES ORGANES SUBSIDIAIRES ET AUTRES NOMINATIONS


En ce qui concerne le CCQAB*, l'Assemblée a nommé les six membres suivants pour pourvoir des sièges devenant vacants le pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2005: Mme Sun Minqin (Chine), MM. Rajat Saha (Inde) et Jun Yamazaki (Japan) au nom du Groupe des États d’Asie; MM. Ronald Elkhuisen (Pays-Bas) et Jerry Kramer (Canada) au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, et M. Jorge Flores Callejas (Honduras) pour le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes.  Les 16 membres du CCQAB examinent les projets de budget proposés par le Secrétaire général à l’Assemblée et donnent des avis toutes sur les questions administratives et budgétaires des Nations Unies (ONU).


Pour pourvoir les sièges devenus vacants au Comité des contributions,  chargé de réactualiser tous les trois ans le barème des quotes-parts à verser par les États Membres au titre du budget ordinaire de l’ONU, l'Assemblée a nommé les six membres suivants pour un mandat de trois ans à compter du 1er janvier 2005: MM. Paul Ekorong a Dong (Cameroun) et Hassan Mohammed Hassan (Nigéria) pour le Groupe des États d'Afrique; MM. Eduardo Manuel da Fonseca Fernandes Ramos (Portugal) et David Dutton (Australie) pour le Groupe des États d’Europe occidentale et autres États; et MM. Bernardo Greiver Del Hoyo (Uruguay) et Eduardo Iglesias (Argentine) pour le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes.


En ce qui concerne le Comité des placements, dont les neuf membres sont chargés de donner au Secrétaire général des conseils sur le placement des avoirs de la Caisse commune des pensions du personnel de l’ONU, ont été nommés par acclamation Mme Hélène Ploix (France), ainsi que MM. William J. McDonough (États-Unis) et Jürgen Reimnitz (Allemagne), pour un mandat de trois ans, prenant effet le 1er janvier 2005.


Par ailleurs, ont également été nommés par acclamation Mme Brigitte Stern (France), MM. Goh Joon Seng (Singapour) et Spyridon Flogaitis (Grèce) pour pourvoir des sièges devenant vacants au Tribunal administratif des Nations Unies (TANU) pour un mandat de quatre ans, à compter du 1er janvier 2005.  Les sept membres du TANU traitent des requêtes portant sur le non-respect de contrats d’engagement des fonctionnaires du Secrétariat de l’ONU et des conditions d’emploi.


S’agissant du Comité des pensions du personnel, qui traite des questions liées aux pensions du personnel, l’Assemblée a nommé par acclamation les huit membres suivants : Mme Valeria Maria Gonzalez Posse (Argentine), ainsi que MM. Kenshiro Akimoto (Japon), Aizaz Ahmad Chaudhry (Pakistan), Andrei Vitalievitch Kovalenko (Fédération de Russie), Gerhard Kuntzle (Allemagne), Lovemore Mazemo (Zimbabwe), Philippe Richard Okanda Owade (Kenya) et Thomas Repasch (États-Unis), pour un mandat de quatre ans prenant effet le 1er janvier 2005.


Pour ce qui est de la Commission de la fonction publique internationale (CFPI), l’Assemblée a nommé par acclamation cinq personnes pour pourvoir les sièges devenant vacants pour un mandat de quatre ans à compter du 1er janvier 2005.  Il s’agit de  MM. Shamsher M. Chowdhury (Bangladesh) et Xiaochu Wang (Chine) pour le Groupe des États d’Asie, Vladimir Titov (Fédération de Russie) pour le Groupe des États d’Europe orientale, ainsi que MM. Fatih Bouayad-Agha (Algérie) et El Hassane Zahid (Maroc) au titre du Groupe des États d’Afrique.  Les 15 membres du CFPI sont chargés de la réglementation des conditions d’emploi dans les 14 organisations appliquant le régime commun de l’ONU.


La Cinquième Commission recommande également à l’Assemblée générale de confirmer la nomination par le Secrétaire général de M. Khaya Ngqula (Afrique du Sud) comme membre du Comité des placements pour un mandat prenant effet en décembre 2004 et se terminant le 31 décembre 2006.


* Voir communiqué AG/AB/3646 du 5 novembre 2004


LA SITUATION EN AFGHANISTAN ET SES CONSÉQUENCES POUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES


Rapport du Secrétaire général sur l’assistance internationale d’urgence pour le rétablissement de la paix et de la normalité en Afghanistan et pour la reconstruction de ce pays dévasté par la guerre (A/59/581–S/2004/925)


Ce rapport décrit les progrès réalisés par l’Administration transitoire afghane dans l’application de l’Accord de Bonn, avec le concours de la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MINUA).  Sur le plan politique, l’adoption d’une nouvelle Constitution par la Loya Jirga constitutionnelle et le bon déroulement, le 9 octobre, de l’élection présidentielle, remportée par Hamid Karzai et marquée par une large participation de plus de 70% des électeurs inscrits, ont été deux succès décisifs pour le processus de transition.  Le prochain défi consiste à mener à bien les élections parlementaires prévues pour le printemps 2005.  Le rapport souligne à cet égard que le processus est beaucoup plus complexe et soulève d’énormes problèmes de sécurité.


L’insécurité persistante est l’une des principales difficultés auxquelles devra faire face le nouveau gouvernement, note le Secrétaire général, qui cite notamment le meurtre, le 2 juin dernier de cinq membres de « Médecins sans frontières » et l’enlèvement en plein jour, le 28 octobre, à Kaboul, de trois membres du personnel électoral international (finalement libérés le 22 novembre).  Le rapport identifie trois menaces qui pèsent sur le processus de Bonn, à savoir les attentats, la violence factionnelle entre milices et la violence criminelle liée notamment au trafic de drogues.  Le Secrétaire général estime que le déploiement immédiat de forces internationales supplémentaires, dotées de règles d’engagement robustes et uniformes, est sans doute la condition essentielle pour que des progrès puissent être accomplis dans les domaines interdépendants de la réforme du secteur de la sécurité, de lutte contre la drogue, de la reconstruction et du rétablissement de l’autorité de l’État et de l’ordre public.


Le rapport détaille l’avancée du processus de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR), conduit par le Japon, et recense les progrès de l’Armée nationale afghane, dotée actuellement de 15 000 soldats formés par les États-Unis, avec l’aide de la France.  Il évoque les difficultés de la réforme de la police, confiée à l’Allemagne et fait le point sur la réforme de la justice, pilotée par l’Italie.  Il souligne l’ampleur du trafic de drogue, précisant que la culture du pavot a augmenté des deux tiers cette année.  Compte tenu des aléas climatiques, la production n’a toutefois progressé que de 17%, ce qui fait de l’Afghanistan le plus grand producteur d’opium au monde (les 4 200 tonnes produites représentent 75% du volume total).  La lutte contre les stupéfiants, confiée au Royaume-Uni, passe par des mesures coercitives, mais aussi par la réduction de la dépendance économique à l’égard de la culture du pavot, en soutenant des activités génératrices de revenus licites.


Le Secrétaire général s’inquiète de la situation des droits de l’homme, notamment des conditions de détention et de l’enlèvement et de la traite d’enfants.  Concernant la parité des sexes, il constate que des idéologues conservateurs continuent d’empêcher les femmes d’exercer leurs droits.  Il note cependant avec satisfaction que la position des femmes dans le pays a été renforcée, notamment par des dispositions constitutionnelles.  Il se félicite par ailleurs du retour de 740 000 personnes, réfugiées principalement au Pakistan et en République islamique d’Iran, dans le cadre du programme de rapatriement librement consenti et de rapatriement assisté.


Le Secrétaire général observe qu’après une année tendue, caractérisée par des risques considérables et au cours de laquelle de nombreuses questions –y compris les indicateurs sociaux et les droits de l’homme– n’ont pas fait l’objet d’une attention suffisante, le fait que les Afghans aient accepté avec tant d’enthousiasme le passage à un régime civil et démocratique était une source d’espoir et d’optimisme.  Le nombre élevé d’Afghans qui se sont inscrits sur les listes électorales et qui ont voté, le nombre d’enfants qui continuent d’aller à l’école et le nombre de réfugiés qui sont rentrés d’exil récompensent la communauté internationale des investissements qu’elle a faits dans le Processus de Bonn et l’encouragent à rester pleinement engagée, conclut-il.


Projet de résolution intitulé « La situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales, assistance internationale d’urgence pour le rétablissement de la paix et de la normalité en Afghanistan et pour la reconstruction de ce pays dévasté par la guerre » (A/59/L.44)


Aux termes de ce texte adopté sans vote, souhaitant que le Gouvernement reflète la diversité ethnique, culturelle et géographique du pays, l’Assemblée générale souligne qu’il importe d’assurer un niveau de sécurité suffisant pour la tenue d’élections parlementaires crédibles aux dates prévues en Afghanistan et, à cette fin, lance un appel aux États Membres pour qu’ils fournissent des ressources, notamment du personnel et du matériel, ainsi que des observateurs et qu’ils se coordonnent étroitement avec la Mission d’assistance des Nations Unies et avec le Gouvernement.  Elle en appelle au Gouvernement afghan pour qu’il continue, avec l’aide de la communauté internationale et notamment de la coalition de l’opération Enduring Freedom et de la Force internationale d’assistance à la sécurité, chacune agissant conformément aux responsabilités qui lui sont confiées, de s’efforcer de parer la menace que font peser les agents d’Al-Qaida, les Taliban et autres groupes extrémistes, la violence entre milices rivales et la violence liée à la criminalité, en particulier celle qui concerne le trafic de drogue.  L’Assemblée demande à la communauté internationale d’aider le Gouvernement à mettre en œuvre sa stratégie nationale de lutte contre les stupéfiants, qui vise à éliminer la culture illicite du pavot à opium.


Par ailleurs, l’Assemblée demande instamment au Gouvernement et aux autorités locales de garantir la sécurité, la sûreté et la liberté de mouvement du personnel humanitaire et du personnel des Nations Unies et condamne vivement tous les actes de violence et d’intimidation perpétrés à leur encontre.  Elle note avec satisfaction les progrès du processus de désarmement, y compris des enfants soldats et souligne à nouveau qu’il importe de fournir aux enfants afghans des services en matière de santé et d’éducation, en tenant compte des besoins spécifiques des filles.  L’Assemblée insiste à nouveau sur la nécessité d’enquêter sur les allégations de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.  Elle condamne fermement la violence à l’encontre des femmes et des filles et se félicite des efforts du Gouvernement pour lutter contre la discrimination.  Elle exprime sa gratitude aux gouvernements des pays qui continuent d’accueillir des réfugiés afghans et, consciente du fardeau considérable qu’ils ont eu à assumer, demande au Gouvernement afghan de continuer à créer les conditions d’un retour volontaire, durable, sans risque et dans la dignité.  Enfin, l’Assemblée accueille avec satisfaction les promesses généreuses faites à la Conférence internationale de Berlin sur l’Afghanistan et engage vivement les donateurs à les honorer.


Déclarations


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne), qui a présenté un projet de résolution sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales, s’est rallié aux remarques du représentant des Pays-Bas au nom de l’Union européenne.  Évoquant les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord de Bonn lors de l’année en cours, tels l’adoption d’une Constitution pluraliste et démocratique et l’amélioration du rôle des femmes dans le processus politique, il a cependant expliqué que le chemin à parcourir restait important.  L’Afghanistan se doit de profiter de l’élan créé par le succès des élections présidentielles pour faire face efficacement aux défis que constituent l’organisation d’élections parlementaires, provinciales et cantonales, la poursuite du processus de désarmement et de démobilisation, la lutte contre la production et le trafic de drogue et le manque de sécurité causé entre autre par le terrorisme et ce même trafic, a-t-il estimé.


Ces différents défis sont interdépendants, a affirmé M. Pleuger, expliquant que le terrorisme, qui est financé par les revenus de la drogue, nuisait à l’établissement d’un environnement sûr, lui-même nécessaire à la tenue d’élections libres et justes.  Il est donc primordial que le Gouvernement afghan, avec l’aide de la communauté internationale, s’efforce de poursuivre le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration à travers le pays, de même que la lutte contre le trafic des stupéfiants, a-t-il signalé.  Remarquant que l’Afghanistan était un pays en transition, il a expliqué que l’aide humanitaire devait s’accompagner de mesures concernant la reconstruction du pays, et a estimé que les Nations Unies étaient et resteraient le principal organe impliqué dans cet effort.


M. RAVAN FARHADI (Afghanistan) a qualifié de jalon dans l’histoire de son pays la prestation de serment, hier, de Hamid Karzai, premier Président démocratiquement élu de l’Afghanistan.  Il s’est félicité de la mise en œuvre, au cours de l’année écoulée, de deux des points les plus importants de l’Accord de Bonn, à savoir l’adoption, le 4 janvier, d’une nouvelle Constitution par la Loya Jirga et l’élection présidentielle du 9 octobre.  Il a souligné la participation massive et enthousiaste de la population afghane, et notamment des femmes, à ces deux événements, démontrant ainsi son aspiration à la paix après des décennies de conflit, malgré la campagne d’intimidation menée par les Taliban et Al-Qaida.  Il a indiqué que les élections parlementaires auront lieu, comme prévu, au printemps 2005.


Il a fait part des nouveaux droits acquis par les femmes.  Il a salué les progrès dans la mise en place d’une armée et d’une police nationale, dans la réforme du système judiciaire et dans la mise en œuvre du processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR).  Il a cependant souligné que de nombreux défis restaient à relever, notamment l’élimination de la culture de l’opium.  Il a estimé que les liens entre les organisations criminelles, les terroristes et le trafic des drogues nécessitaient une forte coopération régionale et internationale.  Il a expliqué que la stratégie nationale de lutte contre le trafic des stupéfiants, adoptée par son pays en mai 2003, était axée sur la répression et sur le soutien aux cultures de substitution.  Il a réclamé parallèlement la mise en place de mesures plus efficaces pour réduire la demande d’héroïne dans les pays occidentaux.


Le représentant a espéré que la communauté internationale tiendra ses engagements en faveur de la reconstruction et du développement de l’Afghanistan.  Il a souligné les dégâts causés par six années de sécheresse dans la moitié des provinces du pays, qui ont fait chuter les rendements agricoles et provoqué la hausse du prix des céréales.  Il a lancé à cet égard un appel urgent pour la fourniture d’aide alimentaire et humanitaire.


M. ARJAN HAMBURGER (Pays-Bas), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a salué le peuple afghan ainsi que tous les acteurs impliqués dans l’organisation des élections présidentielles, et a indiqué que l’Union européenne était disposée à venir en aide au Gouvernement afghan et aux Nations Unies afin que les élections parlementaires et provinciales prévues pour le printemps prochain connaissent un succès similaire.  De nombreux défis subsistent, a-t-il cependant remarqué, expliquant que la sécurité s’était détériorée dans de nombreuses régions du pays lors de l’année en cours.  Or les menaces à la sécurité que causent le trafic des stupéfiants, la criminalité transnationale organisée et le terrorisme ne nuisent pas seulement au processus de reconstruction mais également à la mise en œuvre de l’Accord de Bonn, a-t-il affirmé.


Citant le rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales, M. Hamburger a souligné la nécessité de progresser dans les domaines du désarmement, de la démobilisation et de la réintégration (DDR), de la lutte contre les stupéfiants et de la réforme du secteur de la sécurité afin d’assurer le bon déroulement des élections parlementaires.  Il a indiqué que l’Union européenne s’inquiétait de remarquer que les stupéfiants constituaient une menace croissante à la sécurité du pays, expliquant que l’Afghanistan produisait 87% de l’opium mondial, et avait vu sa production croître de 17% de 2003 à 2004.  Les recettes de ce trafic continuent de nourrir l’économie criminelle du pays, a-t-il affirmé, exhortant la communauté internationale et la communauté internationale à joindre leurs efforts afin de combattre ce problème, qui affecte l’ensemble des aspects relatifs à la sécurité et au développement de l’Afghanistan.


M. YERZHAN KAZYKHANOV (Kazakhstan), au nom de l’Organisation de la coopération de Shanghai, a estimé que le territoire de l’Afghanistan n’est plus un bastion pour le terrorisme international et ne présente plus de menace pour ses voisins.  Des problèmes sérieux demeurent cependant, a-t-il poursuivi, et la façon de les résoudre déterminera le caractère irréversible ou non des réformes.  Saluant le succès des élections présidentielles du 9 octobre dernier, le représentant a souhaité qu’elles permettent de consolider la société afghane en respectant les intérêts des différentes communautés ethniques.  Il a ensuite souligné la situation difficile en matière de sécurité qui persiste et a espéré que les tentatives des extrémistes d’infiltrer les institutions seront bloquées.  De l’avis de sa délégation, la présence de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) devrait être étendue au régions sud et sud-est du pays. 


M. Kazykhanov a évoqué l’importance qu’il attache à la Déclaration de Kaboul sur les relations de bon voisinage.  En ce qui concerne les mesures sociales, économiques et de mise en œuvre de la loi, il a considéré qu’il faut renforcer les « ceintures de sécurité » contre le trafic des drogues et s’est dit prêt à coordonner l’action de son pays avec celle du Gouvernement afghan et des forces de la coalition.  Pour les besoins de la reconstruction, il a aussi invité à une meilleure coopération régionale.  Les Nations Unies, a-t-il préconisé, doivent continuer à jouer un rôle central dans la coordination des efforts internationaux en faveur de l’Afghanistan, tant au niveau de l’Assemblée générale que du Conseil de sécurité.


M. WANG GUANGYA (Chine) a constaté que l’Afghanistan était sur le point d’achever le processus politique prévu par l’Accord de Bonn.  Citant un proverbe chinois qui dit que les « 90 premiers km ne représentent que la moitié d’un trajet de 100 kilomètres », il a espéré que les élections parlementaires se tiendraient en temps voulu et a souligné l’ampleur des défis qui attendent le Président Karzai.  Sur le plan politique, le pays doit encore être unifié, sur le plan économique, il convient de panser les plaies de la guerre, dans le domaine de la sécurité, il faut renforcer l’autorité du Gouvernement central, éradiquer le terrorisme, apaiser les guerres de factions et accélérer le désarmement, a-t-il indiqué.  Il a en outre souligné l’ampleur du chemin qui reste à parcourir dans la lutte contre le trafic des stupéfiants.


Le représentant a affirmé que la Chine, en tant que pays voisin, avait toujours respecté la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Afghanistan.  Elle participe activement à la reconstruction économique, a-t-il ajouté, par une aide financière de 150 millions de dollars, destinés principalement aux secteurs hospitalier et de l’irrigation. Il a également indiqué que son pays, signataire de la Déclaration de Kaboul sur les relations de bon voisinage, était déterminé à prendre une plus grande part dans le processus de paix et de développement de l’Afghanistan.


M. RASHID ALIMOV (Tadjikistan) s’est félicité des récents progrès réalisés par l’Afghanistan, et a enjoint la communauté internationale à s’impliquer dans la tenue d’élections parlementaires, qui sont prévues pour avril prochain.  L’aide de la communauté internationale reste essentielle à la mise en œuvre du processus de Bonn, a-t-il estimé, remarquant que le pays était encore confronté à une série de problèmes non encore résolus, particulièrement dans les domaines de la sécurité et du maintien de l’ordre.  Le succès du processus de paix en Afghanistan dépendra de la présence de forces internationales dans le pays, a-t-il affirmé, plaidant pour une augmentation de ces forces jusqu’à ce que les nouvelles forces afghanes de sécurité soient formées.


M. Alimov a également remarqué que la production croissante de stupéfiants dans le pays ne constituait pas seulement un obstacle au succès du processus de Bonn, mais également à l’avenir de l’État afghan dans son ensemble.  Plaidant pour un partenariat mondial dans la lutte contre la menace que constituent les stupéfiants, il a expliqué que le démantèlement de l’« économie de l’opium » afghane demanderait des efforts supplémentaires de la part des pays qui servent de zone de transit ainsi que de ceux où la consommation d’héroïne constitue un problème.  Le représentant a d’ailleurs indiqué que le Tadjikistan, en tant que zone de transit, augmenterait ses efforts dans ce domaine.


M. RADZI ABDUL RAHMAN (Malaisie) a noté avec satisfaction les progrès en matière de paix réalisés par l’Afghanistan depuis la signature de l’Accord de Bonn.  Cependant, comme tout pays qui sort de plusieurs décennies de conflit interne, la situation en Afghanistan requiert un soutien continu de la part de la communauté internationale, a-t-il fait remarquer.  La Malaisie est prête à coopérer avec le Gouvernement afghan dans un contexte bilatéral, a-t-il ajouté.  Félicitant le Président Karzai récemment élu, le représentant a estimé que cette élection et l’adoption de la Constitution sont des étapes importantes nécessaires au processus de paix.  Parmi les défis à relever, il a cité le problème de sécurité, la préparation des élections parlementaires en avril 2005, la reconstruction des institutions, la lutte contre les stupéfiants et enfin le désarmement, la démobilisation et la réintégration des milices afghanes. 


Le représentant a appelé la communauté internationale à continuer à soutenir le Gouvernement et le peuple afghans dans la reconstruction du pays et le renforcement des bases démocratiques.  Le problème de la culture et du trafic des drogues, a-t-il rappelé, a un impact non seulement sur le pays mais aussi sur le monde entier.  C’est pourquoi la communauté internationale doit jouer un rôle en assistant le Gouvernement afghan dans sa lutte, a-t-il demandé.  Le représentant a aussi apprécié le rôle que joue le PNUD dans le processus de désarmement, de démobilisation et de réintégration.  Enfin, en qualité de Président en exercice du Mouvement des pays non-alignés, il a réitéré l’engagement des membres de celui-ci à l’égard de l’Afghanistan, comme indiqué dans le Document final du 13e Sommet qui s’est tenu à Kuala Lumpur en février 2003.


M. SHINICHI KITAOKA (Japon) a estimé que la forte participation aux élections présidentielles afghanes témoignait de la solide détermination de tous les citoyens afghans à construire un État véritablement démocratique.  Il a rappelé que le Japon avait contribué à hauteur de 17 millions de dollars à la tenue de ce scrutin et avait envoyé des équipes d’observateurs.  Soulignant les défis qui restent à relever, il a souhaité une accélération du processus de préparation des élections parlementaires prévues pour le printemps prochain.  Il s’est félicité de l’absence de problème majeur de sécurité lors de l’élection présidentielle et a précisé que des navires des Forces japonaises d’autodéfense étaient toujours en activité dans l’Océan indien.  Il a cependant souligné l’extrême précarité de la situation en matière de sécurité et a estimé que le programme de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), réalisé sous la conduite du Japon, ne sauraient suffire à rétablir la sécurité.


Le représentant a par ailleurs fait part de sa grande préoccupation quant à la production et au trafic de drogues, qui sapent les efforts de reconstruction du pays.  Il a attiré l’attention sur l’importance des infrastructures et a indiqué que le Japon venait d’achever la réhabilitation de la route Kaboul-Kandahar.  Il a déclaré que son pays avait consacré plus de 800 millions de dollars à l’Afghanistan depuis septembre 2001.  Il a estimé en conclusion que l’expérience afghane constituait un test pour les Nations Unies dans leur effort d’assistance à un peuple qui doit reconstruire un État défaillant.  Il a espéré à cet égard que le soutien de la communauté internationale au peuple afghan se poursuivrait après la mise en œuvre de l’Accord de Bonn.


M. HJALMAR W. HANNESSON (Islande) a déclaré que l’adoption de la nouvelle Constitution par la Loya Jirga et la tenue des élections présidentielles, respectivement les 4 janvier et 9 octobre 2004, constituaient deux étapes importantes dans le processus de reconstruction de l’Afghanistan.  À cet égard, il s’est félicité du taux élevé de participation des femmes aux élections -elles représentaient 40% des votants-, et a souligné l’importance de tirer les leçons des quelques irrégularités d’ordre organisationnel constatées afin de préparer les prochaines élections, notamment les élections parlementaires et locales prévues au printemps 2005.  Déplorant l’impact négatif de la persistance de conditions de sécurité difficiles sur les efforts de reconstruction, il a dénoncé les attaques perpétrées à l’encontre de la population civile, du personnel des Nations Unies et des organisations non gouvernementales.  Parmi les défis auxquels la communauté internationale doit faire face, le représentant de l’Islande a souligné le besoin de s’attaquer à tous les aspects du trafic illicite, capacité de production, routes du trafic et consommation inclus. 


En tant que coauteur traditionnel du projet de résolution, l’Islande est pleinement engagée à améliorer la situation en matière de sécurité de l’Afghanistan, a ajouté M. Hannesson en précisant que le contingent islandais continuera jusqu’à la mi 2005 à jouer un rôle majeur pour assurer le bon fonctionnement de l’aéroport international de Kaboul, élément essentiel du succès des opérations de la Force internationale de stabilisation et de la phase de reconstruction.  En conclusion, il a indiqué que son Gouvernement avait examiné la possibilité de fournir du personnel à l’appui des équipes provinciales de reconstruction en activité dans le nord du pays.     


M. MEHDI DANESH-YAZDI (République islamique d’Iran) s’est réjoui de l’élection du Président Karzai, et a espéré que les progrès récemment accomplis par l’Afghanistan, telles l’adoption d’une constitution et l’élection d’un chef d’État, s’accompagneraient de la tenue d’élections parlementaires justes et libres ainsi que de la mise en place d’un gouvernement représentatif et multiethnique.  Remarquant que le Gouvernement afghan avait accompli des efforts importants dans la mise en œuvre du processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), ainsi que dans l’établissement d’une armée et d’une police nationales et d’un système judiciaire juste et efficace, il a cependant estimé que beaucoup restait à faire.


Les principaux défis auxquels est confronté l’Afghanistan sont encore devant lui, a affirmé M. Danesh-Yazdi, expliquant que la poursuite de la sécurité en Afghanistan dépendrait non seulement de la lutte contre la menace terroriste, le trafic de stupéfiants et des activités criminelles, mais aussi du renforcement de l’armée et la police nationales et de l’expansion de l’autorité du Gouvernement à travers le pays.  Il s’est inquiété de la culture, de la production et du trafic croissants de stupéfiants en Afghanistan, qui menace la sécurité et le développement politique, économique et social du pays, a-t-il expliqué.  L’insécurité et le trafic de drogues se renforcent mutuellement, a-t-il affirmé, exhortant la communauté internationale à développer de nouvelles stratégies afin de lutter contre le crime transnational organisé et le terrorisme mondial.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a indiqué que le Président pakistanais s’était rendu personnellement à Kaboul le mois dernier pour féliciter le Président Karzai après son élection.  Il a estimé que la menace la plus grave pour l’Afghanistan résidait dans les activités des seigneurs de guerre et des factions et dans leurs liens avec les trafiquants de drogue.  Il a souhaité le désarmement de toutes les milices et la démilitarisation de Kaboul, faute de quoi, a-t-il ajouté, la mise en œuvre de l’Accord de Bonn resterait inachevée.  Il a reconnu que la résurgence de forces extrémistes et notamment des Taliban et d’Al-Qaida constituait également une menace importante.  Il a fait part à cet égard des efforts de son pays qui, a-t-il précisé, a capturé plus de 600 Taliban.  Il a parallèlement signalé la perte de plus de 200 soldats et policiers afghans, et a réclamé la présence de forces de sécurité sur le côté afghan de la frontière. 


Le représentant a indiqué que son pays avait recueilli des millions de réfugiés afghans, sans beaucoup d’aide de la communauté internationale.  Il s’est félicité du retour volontaire de nombre d’entre eux, mais s’est inquiété du ralentissement du processus.  Il a espéré que les réfugiés du Pakistan et de la République islamique d’Iran, qui représentent, a-t-il dit, entre 20 et 30% de la population totale du pays, pourraient participer aux élections parlementaires à venir, comme ils ont pu le faire lors du scrutin présidentiel.  Constatant que l’absence de perspective économique était actuellement comblée par la production illégale et le trafic des stupéfiants, il a souhaité que soient encouragés des moyens de subsistance alternatifs pour les paysans afghans et a également réclamé des efforts supplémentaires pour réduire la demande de drogues afghanes dans les pays consommateurs.  Il a indiqué que son pays, qui avait intérêt à voir se développer à ses frontières un pays solide et prospère, s’était engagé à contribuer à hauteur de 100 millions de dollars sur cinq ans à la reconstruction de l’Afghanistan.


M. JOHAN LOVALD (Norvège) a relevé que l’investiture du premier Président élu en Afghanistan est une étape très importante, signifiant que le peuple afghan veut une règle de droit.  Sans la sécurité, a-t-il poursuivi, il n’y aura pas de développement et inversement.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à accélérer le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) et la communauté internationale à soutenir les réformes en matière de sécurité.  La Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) a un rôle crucial à jouer dans ce domaine, a-t-il estimé, réaffirmant que la Malaisie est engagée à maintenir la présence militaire en Afghanistan par sa contribution à la FIAS à Kaboul et par sa participation à une des équipes provinciales de reconstruction.  Un des défis principaux est la lutte  contre l’économie de la drogue qui alimente les activités des terroristes, a indiqué le représentant, se félicitant à cet égard de la coordination des efforts internationaux sous la direction du Royaume-Uni.  Son pays, a-t-il précisé, accroît son soutien aux activités de lutte contre les stupéfiants.


Le représentant norvégien a souligné la nécessité de renforcer la coordination pour permettre la complémentarité des rôles de la composante militaire et de la composante civile.  Evoquant la diversité ethnique, le représentant a insisté sur une représentation équitable au sein du Gouvernement et lors des prochaines élections parlementaires, afin de promouvoir la réconciliation nationale.  En matière de droits de l’homme, la Norvège est prête à travailler en partenariat avec l’Afghanistan pour l’application de la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et pour élaborer la nouvelle Constitution, a déclaré son représentant.  Il a aussi indiqué que son pays participe au financement du fonds de reconstruction de l’Afghanistan, exhortant les donateurs à suivre cet exemple.


M. NIRUPAM SEN (Inde) a salué le peuple afghan à la suite de la récente tenue d’élections présidentielles, et a expliqué que l’organisation d’élections parlementaires, locales et cantonales ainsi que la mise en place d’un gouvernement constituaient les prochaines étapes du processus politique, qui permettrait au pays de progresser davantage vers la sécurité, la stabilité et le succès de sa reconstruction.  Il s’est dit confiant que le nouveau Gouvernement serait représentatif de la diversité ethnique, culturelle et géographique de l’Afghanistan, estimant que la réconciliation nationale était essentielle au succès de la construction du pays.  Il a cependant remarqué que le processus de paix en Afghanistan demeurait fragile, et que les activités terroristes menées par les Taliban, Al-Qaïda et Hizb-e-Islami constituaient la principale source d’insécurité dans le pays.  Il s’est étonné que le rapport du Secrétaire général n’ait pratiquement pas fait mention de la menace terroriste.


M. Sen s’est par ailleurs félicité du succès du programme de désarmement afghan, expliquant toutefois que la stabilisation à long terme du pays dépendrait du renforcement des autorités centrales afghanes et des institutions de sécurité nationale.  Il s’est également inquiété de la croissance de la culture, de la production et du trafic de stupéfiants en Afghanistan, faisant observer que la culture de l’opium y avait augmenté de deux tiers cette année.  Cette évolution pourrait nuire à la reconstruction politique et économique du pays et avoir des répercussions dangereuses pour la région et bien au-delà, a-t-il expliqué, exhortant les pays par lesquels l’opium pourrait transiter, de même que ceux qui connaissent une consommation d’héroïne importante, à fournir des efforts supplémentaires.


M. ALLAN ROCK (Canada) a exprimé son soulagement après la libération des travailleurs de l’ONU qui avaient été pris en otage.  Il a espéré que les auteurs de cette prise d’otages seraient traduits en justice.  Il s’est inquiété des menaces et de la violence dont les travailleurs humanitaires et spécialistes du développement continuent à faire l’objet en Afghanistan.  Il a par ailleurs salué les progrès remarquables réalisés au cours de l’année dans la marche vers la démocratie.  Il a indiqué que l’Afghanistan était le principal bénéficiaire de l’aide bilatérale du Canada, qui aura versé 616 millions de dollars pendant la période 2001-2009.


Le représentant a énuméré les obstacles qui restaient à surmonter, notamment dans le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), la lutte contre les stupéfiants, la menace que constituent des chefs de milice peu coopératifs, la promotion et la protection des droits de la personne ou encore la mise en place de solides institutions dans l’ensemble du pays.  Il a estimé que la lutte contre le trafic de drogue n’était pas seulement un enjeu intérieur.  Il a noté que la présence limitée du Gouvernement central en dehors de Kaboul diminuait l’impact de ses efforts dans ce domaine.  Il a par ailleurs pressé le Gouvernement d’accélérer la préparation des élections parlementaires du printemps prochain.


M. ALISHER VOHIDOV (Ouzbékistan), qui s’est rallié aux remarques du Kazakhstan au nom de l’Organisation de coopération de Shanghai, s'est félicité que les efforts coordonnés de la communauté internationale avaient permis à l'Afghanistan de réaliser des progrès décisifs dans le renforcement de l'état de droit, comme l'adoption d'une Constitution et la tenue d'élections présidentielles démocratiques.  Il a salué l'élection du Président Karzai, de même que les progrès accomplis dans la mise en place d'une armée nationale et du système judiciaire afghan.


La récente prise d'otages de membres du personnel des Nations Unies en Afghanistan prouvent cependant que la paix reste fragile dans ce pays, a estimé M. Vohidov, qui a expliqué que la poursuite des efforts de désarmement et le renforcement de l'autorité du Gouvernement dans les provinces constituaient des conditions essentielles à la stabilisation du pays.  Il a également affirmé que la reconstruction des structures étatiques de l'Afghanistan devait pendre en compte les intérêts des différentes communautés ethniques qui le composent.  Le représentant a par ailleurs souligné l'importance de la lutte contre le terrorisme, et s'est inquiété de la culture croissante du pavot en Afghanistan et de la menace que représentaient les trafiquants pour la stabilité du pays, plaidant pour une implication accrue des pays frontaliers dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.


M. BAKI IKLIN (Turquie), qui s’exprimait comme coauteur du projet de résolution sur l’Afghanistan, a affirmé que le texte reflétait les succès réalisés et certains défis rencontrés dans la mise en place de l’Accord de Bonn.  Il a souhaité que le texte constitue un message fort de solidarité pour le peuple afghan et réaffirme dans le même temps la détermination et l’engagement de la communauté internationale à rester saisie des questions qui le concernent.  L’adoption de la Constitution le 4 janvier 2004 et les élections présidentielles du 9 octobre ont été des étapes importantes dans le processus de Bonn et réaffirmé l’engagement du peuple afghan en faveur de la réconciliation, de la paix et de la stabilité, a-t-il ajouté. 


Le représentant a espéré que la nouvelle structure politique reflète la nature multiethnique du pays et soit en mesure de toucher toutes les communautés.  Les questions de sécurité, a-t-il noté, devraient être guidés par le principe fondamental de l’« indivisibilité de la sécurité ».  Il a en outre estimé que la décision prise par le général Dostum d’entreprendre le désarmement et la démobilisation de la 53e Division constituait une étape concrète vers la bonne direction, qui devrait encourager les autres dirigeants à faire de même. 


Mme ANDA FILIP, Observatrice de l’Union interparlementaire (UIP), a lancé un appel pressant à l’assistance internationale pour la mise en place d’institutions représentatives fortes en Afghanistan.  Elle a estimé que le manque d’expérience parlementaire du pays ne facilitait pas l’établissement d’une législature viable.  Elle a insisté sur l’importance de textes législatifs comprenant des règles de fonctionnement pour les deux chambres du Parlement.  Soulignant la nécessité de former les futurs parlementaires, elle a souhaité également la mise en place d’une infrastructure parlementaire adaptée aux spécificités religieuses et culturelles du pays.  Elle a fait part en conclusion de la détermination de l’Union interparlementaire à aider l’Afghanistan à atteindre ces objectifs.


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