L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ENCOURAGE LES GOUVERNEMENTS À TOUT FAIRE POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DU DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ANNÉE INTERNATIONALE DE LA FAMILLE

6 décembre 2004
AG/10311

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ENCOURAGE LES GOUVERNEMENTS À TOUT FAIRE POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DU DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ANNÉE INTERNATIONALE DE LA FAMILLE

06/12/2004
Communiqué de presseAG/10311

Assemblée générale

67e séance plénière – matin

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ENCOURAGE LES GOUVERNEMENTS À TOUT FAIRE POUR ATTEINDRE LES OBJECTIFS DU DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ANNÉE INTERNATIONALE DE LA FAMILLE

L’Assemblée générale a adopté sans vote, aujourd’hui, et telle que révisée oralement, une résolution(1) relative à la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille.  Toutefois, certaines délégations, à l’instar de celles des Pays-Bas, au nom de l’Union européenne, et de la Nouvelle-Zélande, se sont dissociées du texte, regrettant qu’il remette en cause le consensus observé depuis quelques années sur les questions liées à la famille.

L’Assemblée générale a, en vertu de ce texte, encouragé les gouvernements à faire tout leur possible pour atteindre les objectifs du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille et intégrer une perspective familiale dans le processus de planification.  Elle a recommandé en outre à tous les organismes compétents de l’Organisation des Nations Unies, aux organisations de la société civile, aux médias, aux organisations religieuses et communautaires ainsi qu’au secteur privé, de contribuer à l’élaboration de stratégies et de programmes visant à améliorer les moyens d’existence des familles.

Dans le cadre d’un débat consacré au développement social, « y compris les questions relatives à la situation sociale dans le monde et aux jeunes, aux personnes âgées, aux handicapées et à la famille », le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, rappelant son rapport sur les préparatifs de la célébration en 2004 du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille(2), a souligné que la famille était un partenaire vital dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et des nombreux autres objectifs fixés par la communauté internationale au cours des 10 dernières années.  L’intérêt porté par l’ONU au bien-être des familles remonte au début de sa création, a-t-il rappelé, précisant que la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamait la famille comme devant être « la cellule naturelle et fondamentale de base de la société » qui a droit à une protection de la part de la société et de l’État.

Dans son rapport, le Secrétaire général a recommandé que les politiques familiales reposent sur trois piliers institutionnels: un engagement national pris au plus haut niveau, un mécanisme de coordination national efficace et une législation et des services sociaux propres à promouvoir la famille et adaptés aux particularités culturelles, environnementales, sociales et économiques du pays.

Le Représentant permanent de l’Australie, M. John Dauth, en sa qualité de Vice-Président, a fait lecture d’un message du Président de l’Assemblée générale par lequel ce dernier estimait que les politiques familiales incombaient en premier lieu aux gouvernements nationaux.  Ces derniers, a-t-il dit, doivent élaborer des politiques familiales plus intégrées, qui prennent en compte les questions d’éducation, d’emploi et de santé, et qui complètent les politiques sectorielles existantes.  Les gouvernements doivent reconnaître que les familles existent en dehors de l’État, a ajouté pour sa part le représentant des États-Unis, qui a affirmé la nécessité de préserver la famille en tant qu’institution.  Selon lui, les politiques publiques doivent encourager des mariages solides, les bons mariages, a-t-il précisé, étant propices à l’épanouissement des enfants et des conjoints.

Des délégations ont contesté l’idée de consensus avancée par le représentant du Qatar pour qualifier la préparation du projet de résolution qu’il a présenté devant l’Assemblée générale.  Le représentant des Pays-Bas, pour qui le débat, au lieu de se focaliser sur des idéologies, aurait dû porter sur la mise en œuvre des engagements déjà pris et leurs conséquences sur les familles et leurs membres pris individuellement, a regretté que les coauteurs du texte n’aient pas tenu compte des préoccupations de l’Union européenne, au nom de laquelle il s’exprimait.  Son homologue de la Nouvelle-Zélande a souligné que la Déclaration de Doha ne faisait aucune mention de la pluralité des conceptions de la famille ou encore de la protection des droits de la femme et de l’enfant, ce qui, a-t-il estimé, rendait ce texte incompatible avec les engagements des conférences des Nations Unies de Beijing, du Caire ou de Copenhague.  La promotion d’un seul modèle de famille, au détriment des autres, revient à remettre en cause un consensus observé de longue date, a-t-il déclaré.

De son côté, la Ministre de la famille, de la protection sociale et de la solidarité du Bénin, Mme Massiyatou Latoundji Lauriano, a regretté que le texte n’ait pas obtenu un soutien plus large, espérant que les délégations se réuniraient dans un futur proche pour tenter d’aboutir à un consensus sur cette question.

Outre les orateurs cités, la Ministre de la famille, de la protection sociale et de la solidarité du Bénin, les représentants du Qatar, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, des Pays-Bas, au nom de l’Union européenne, de Brunéi Darussalam, au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), de la Chine, de l’Afrique du Sud, de l’Iran, de Cuba, de la Syrie, du Kazakhstan, du Soudan, de l’Indonésie, du Guatemala, du Mexique, du Bangladesh, de la République de Corée, de la Suisse et l’Observateur de l’État du Saint-Siège ont également pris la parole lors de ce débat.

Outre les représentants du Qatar, des Pays-Bas, au nom de l’Union européenne, de la Nouvelle-Zélande et du Bénin, les délégués de la Norvège, de la Suisse, du Canada, de l’Australie, de l’Islande, du Liechtenstein et de Cuba ont expliqué leurs positions.

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale aura lieu mercredi 8 décembre à 15 heures.  Elle sera consacrée à l’examen des points concernant la situation en Afghanistan et de ses répercussions pour la paix et la sécurité ainsi qu’à l’assistance internationale d’urgence, le retour à la normale et la reconstruction pour la paix en Afghanistan, initialement prévu le matin.

(1)         – Projet de résolution publié sous la cote A/59/L.29

(2)         – Rapport publié sous la cote A/59/176

DÉVELOPPEMENT SOCIAL, Y COMPRIS LES QUESTIONS RELATIVES À LA SITUATION SOCIALE DANS LE MONDE ET AUX JEUNES, AUX PERSONNES ÂGÉES, AUX HANDICAPÉS ET À LA FAMILLE [94]: UNE SÉANCE PLÉNIÈRE POUR COMMÉMORER LE DIXIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ANNÉE INTERNATIONALE DE LA FAMILLE

Rapport du Secrétaire général sur les préparatifs de la célébration en 2OO4 du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille (1/59/176)

Ce rapport établi dans le cadre de la préparation du dixième anniversaire de la famille, présente une analyse de la situation des familles dans le monde.  Tirant profit de l’expérience acquise, il dresse le bilan des politiques et mesures mises en œuvre en faveur de la famille, principalement au niveau national, au cours des 10 dernières années.

La famille, note le rapport, est un instrument du bien-être économique et social.  Cependant, sa capacité à contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement est souvent passée sous silence.  Cette situation s’explique par les profonds changements qui affectent la famille.  Les transformations socioéconomiques, la mondialisation ou les pressions résultant de la pandémie de VIH/sida, les migrations et l’urbanisation soumettent la famille à des contraintes croissantes qui affectent la structure familiale.  La taille de la famille tend à se réduire, le nombre d’enfants à décroître et les liens fondés sur les obligations mutuelles et le partage des responsabilités au sein de la famille élargie à se distendre.  Cette évolution a parfois été à l’origine de problèmes sociaux.  C’est pourquoi de nombreux gouvernements cherchent à renforcer la famille, afin de favoriser son rôle protecteur et prévenir la violence domestique.

Afin de dissiper toute confusion, il est précisé dans le rapport que le renforcement de la famille ne doit pas se faire aux dépens de l’individu.  La notion de politique familiale nationale peut varier d’un pays à l’autre.  Les politiques familiales, parfois fondées sur le modèle familial dominant dans un pays déterminé, doivent être revues périodiquement pour s’adapter à l’évolution générale de la société.  Le rapport encourage l’organisation par les gouvernements d’enquêtes sur les familles, afin de dresser un tableau général de la situation qui permette d’améliorer les politiques familiales.

Le Secrétaire général recommande que les politiques familiales reposent sur trois piliers institutionnels: un engagement national pris au plus haut niveau, de préférence sous la forme d’une déclaration ou d’une proclamation faite par le chef de l’État; un mécanisme de coordination national efficace; une législation et des services sociaux propres à promouvoir la famille et adaptés aux particularités culturelles, environnementales, sociales et économiques du pays.  Il suggère que la société civile (organisations non gouvernementales, universités, associations et institutions professionnelles, syndicats, fédérations d’employeurs, chambres de commerce et d’industrie, professions juridiques et médicales, et autres parties prenantes) participent aux mécanismes de coordination nationaux.

Le rapport souligne enfin le rôle de catalyseur et d’appui des Nations Unies pour accroître l’intérêt porté à la famille aux niveaux national, régional et mondial.  Le Secrétaire général suggère à l’Assemblée générale de réaffirmer le rôle du Département des affaires économiques et sociales pour s’acquitter des tâches suivantes: fournir une assistance technique aux mécanismes de coordination nationaux; appuyer la réalisation d’études diagnostiques, les travaux de recherche et la collecte de données; promouvoir l’échange d’expériences; diffuser des informations; faciliter l’établissement de réseaux aux niveaux sous-régional, régional et interrégional; encourager la coordination au sein du système des Nations Unies, ainsi qu’avec d’autres organisations intergouvernementales et non gouvernementales.  Quant au Programme des Nations Unies sur la famille, il devrait promouvoir les activités de plaidoyer, le renforcement des capacités et la fourniture d’une assistance technique aux gouvernements qui en font la demande, pour ce qui concerne la famille.

Déclarations

M. JOHN DAUTH (Australie) Vice-Présidentde l’Assemblée générale, a estimé que les politiques familiales incombaient en premier lieu aux gouvernements nationaux.  Constatant que les situations familiales ne cessaient de se diversifier et que des disparités sociales existaient, il s’est félicité de l’effort réalisé par de nombreux pays pour adapter leurs politiques familiales.  Il est important, a-t-il poursuivi, que les gouvernements élaborent des politiques familiales plus intégrées, qui prennent en compte les questions d’éducation, d’emploi et de santé, et qui complètent les politiques sectorielles existantes.  Il a souhaité que les gouvernements travaillent plus étroitement avec la société civile et le secteur privé.  Il a jugé utile de faire le bilan des actions entreprises par les gouvernements depuis l’Année internationale de la famille, en 1994.  Certains pays, a-t-il souligné, ont revu leur système juridique et constitutionnel, d’autres envisagent de promulguer de nouvelles lois qui profitent directement aux familles, notamment par l’allocation de prestations financières pour les familles dans le besoin.  Il a salué la Déclaration de Doha du 30 novembre 2004, qui a rappelé les engagements internationaux en faveur de la famille.  Rappelant la responsabilité première des gouvernements dans le domaine de la famille, il a cependant rappelé le rôle essentiel des Nations Unies, qui apportent le soutien et la reconnaissance nécessaires aux politiques locales.  L’objectif de la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille doit être de relancer la sensibilisation du public et le soutien aux politiques familiales, a-t-il conclu.

M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que l’intérêt porté par l’ONU au bien-être des familles remontait aux tous débuts de sa création.  La Déclaration universelle des droits de l’homme proclame la famille comme devant être « la cellule naturelle et fondamentale de base de la société » qui a droit à une protection de la part de la société et de l’État, a-t-il estimé.  Le Secrétaire général a souligné que l’Année internationale de la famille avait pour objectif d’intensifier les actions en faveur des enfants, de la condition des femmes, de la santé, de l’alphabétisation et de l’intégration sociale, et de mieux sensibiliser à la contribution des familles au développement économique et au progrès social dans toutes les sociétés à travers le monde.

Le principal résultat de l’Année internationale de la famille, a estimé M. Annan, a été de faire mieux connaître la perspective familiale, qui n’a jamais fait l’objet d’une attention à la mesure de son importance.  Il a noté avec satisfaction que la dimension familiale était aujourd’hui mieux reflétée dans les politiques et les programmes nationaux de développement, ainsi que dans les activités du système des Nations Unies.  Cet anniversaire est l’occasion de réaffirmer l’importance de la famille, mais il devrait également nous inciter à faire plus pour relever les défis auxquels les familles sont confrontées, a-t-il ajouté.  Toutes les familles sont confrontées à de très graves pressions, a-t-il affirmé, citant, notamment, l’épidémie de VIH/sida, qui cause de plus en plus d’orphelins, et la migration qui, si elle crée des opportunités, peut accroître la vulnérabilité et séparer les familles pendant de longues périodes.

Le Secrétaire général a considéré en outre qu’en dépit des tensions et des adversités, les familles étaient déterminées, souvent de façon remarquable, et restaient une source de force et d’inspiration pour leurs membres.  Toutefois, elles ont besoin d’aide, a-t-il poursuivi, les gouvernements devant faire davantage pour aider les familles afin qu’elles puissent, à leur tour jouer leur rôle social, économique et culturel.  La famille est un partenaire vital dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et les nombreux autres objectifs fixés par la communauté internationale au cours des 10 dernières années, a observé le Secrétaire général.

M. JAMAL NASSER AL-BADER (Qatar), qui s’est exprimé au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a présenté le projet de résolution A/59/L.29 sur la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille.  Ce projet de résolution, qu’il a amendé oralement, encourage notamment les gouvernements à faire tout leur possible pour atteindre les objectifs du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille et intégrer une perspective familiale dans le processus de planification.  Expliquant que l’importance du rôle de la famille au sein de la société était universellement reconnue, il a exhorté les États et les régions, entre autres, à prendre des mesures pour la protéger.  Il a également invité l’ensemble des États Membres à adopter le projet de résolution par consensus.

Affirmant que la famille constituait l’unité de base de la société, le représentant a par ailleurs évoqué les efforts entrepris par son pays en faveur de la famille.  Il s’est félicité de la tenue de la Conférence internationale de Doha pour la famille du 30 novembre 2004, qui a réaffirmé l’engagement de la communauté internationale en faveur de la famille, a-t-il estimé, indiquant également que le Qatar était déterminé à créer un institut international pour l’étude de la famille.  Il a enfin signalé qu’une meilleure protection de la famille favoriserait le développement durable et la compréhension entre les différentes cultures, base nécessaire à un monde sûr et juste, a-t-il conclu.

M. DIRK VAN DEN BERG (Pays-Bas), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne (UE), a reconnu que la famille était la cellule de base de la société et un facteur de cohésion sociale et d’intégration.  Il a cependant estimé que l’idée même de famille et sa composition avait évolué au cours des temps, témoignant de la vitalité et du dynamisme de l’entité familiale.  Il a ainsi cité l’augmentation du nombre de familles monoparentales au sein de l’Union européenne, indiquant que d’ici à 2025, on en compterait 60 millions, représentant ainsi près d’un tiers de toutes les structures familiales.  Il a affirmé que tout individu avait le droit de fonder une famille, ajoutant que ce n’était pas à l’État d’imposer des restrictions fondées sur la race, la nationalité, la religion, l’orientation sexuelle ou tout autre statut.  Il a rappelé que le mariage ne pouvait être contracté qu’avec le consentement des deux époux et a exprimé à cet égard la préoccupation de l’Union européenne quant aux mariages précoces et leur incidence sur la mortalité maternelle.  Il faut assurer à chaque membre d’une famille, notamment les enfants, le plein exercice de ses libertés et droits fondamentaux, a-t-il dit, en insistant sur la nécessité d’assurer une information complète à cet égard.  Chaque partenaire, a-t-il poursuivi, doit pouvoir choisir librement sa profession.  Réaffirmant le soutien de l’Union européenne au Programme d’action de Beijing + 5, il a souhaité l’élimination de toutes les discriminations à l’encontre des femmes.  Il a invité tous les États Membres à devenir partie à la Convention sur le droit des enfants.  Il a par ailleurs estimé que les violences familiales, qui existent dans tous les pays, ne pouvaient en aucune manière être considérées comme relevant de la sphère privée.  La violence domestique doit faire l’objet de poursuites judiciaires, les violences contre les enfants et l’abandon d’enfants doivent être éradiquées, a-t-il déclaré.

Le représentant a rappelé l’engagement de l’Union européenne en faveur de la famille, notamment à travers l’adoption, en 1996, d’une directive sur les congés parentaux.  Il a soutenu une approche des politiques familiales basée sur la coopération et sur la prise en compte des engagements pris à Copenhague, au Caire, à Beijing, à Madrid et dans les autres sommets des Nations Unies.  Au lieu de se focaliser sur des idéologies, le débat, a-t-il estimé, devrait porter sur la mise en œuvre des engagements déjà pris et leurs conséquences sur les familles et leurs membres pris individuellement.

Mme MASSIYATOU LATOUNDJI LAURIANO, Ministre de la famille, de la protection sociale et de la solidarité du Bénin, qui présentait le « Plan d’action sur la famille en Afrique comme contribution de l’Afrique au dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille », a affirmé que la famille avait un rôle vital à jouer dans le développement durable au triple plan individuel, communautaire et national.  En Afrique, a-t-elle ajouté, elle est source de force pour des générations, de même que le point d’ancrage, le référentiel de l’homme dans la société, sa souche d’identification.  Une décennie après l’institutionnalisation de l’Année internationale de la famille, force est de constater que la famille est plus menacée de dislocation que jamais, a-t-elle dit, citant les effets négatifs conjugués de la pauvreté, des conflits armés, de la mauvaise gouvernance, du chômage, de la pandémie de VIH/sida, de l’insuffisance des mécanismes de sécurité sociale, de l’exode.

La Ministre a expliqué qu’ayant perçu le danger qui plane sur le devenir de ce que la société a de plus sacré, les chefs d’État africains, lors de la troisième session du Conseil exécutif de l’Union africaine, avaient confié à la Commission de l’Union africaine, avec l’appui du système des Nations Unies et d’autres partenaires stratégiques sociaux, l’élaboration d’un « Plan d’action sur la famille en Afrique comme contribution de l’Afrique au dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille ».  Ce plan, a-t-elle précisé, a été adopté le 8 juillet dernier, lors du quatrième sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba.  Son but, a-t-elle ajouté, est de renforcer la famille, de s’assurer que les besoins de toutes les familles sont pris en compte, d’améliorer leur bien-être et leurs conditions de vie.  Le plan s’appuie sur neuf principes, a-t-elle souligné, citant la réduction de la pauvreté, les droits aux services sociaux, la lutte contre les principales causes de morbidité et de mortalité, les droits, devoirs et responsabilités, les droits à la protection de la famille, le renforcement des relations familiales, la promotion de la protection de l’environnement, la paix et la sécurité, et le suivi, l’évaluation et le contrôle.  Les États membres de l’Union africaine, a-t-elle déclaré, ont pris l’engagement de traduire le Plan d’action en actions concrètes et pertinentes, d’en faire leur loi fondamentale en matière de réhabilitation de l’entité familiale, et de veiller à ce que le document bénéficie d’une attention particulière de la part des institutions de financement du développement sur la base des Objectifs du Millénaire du développement, du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et des approches nationales connexes qui sont dans les Documents de stratégies de réduction de la pauvreté (DSRP).   

M. SHOFRY ABDUL GHAFOR (BrunéiDarussalam), qui s’est exprimé au nom de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a souligné l’importance de la contribution des familles aux activités économiques et au bien-être social de la société.  Il a évoqué les efforts entrepris par les pays de l’ANASE visant à intégrer les politiques familiales dans leurs stratégies de développement national, telle la mise en place d’un programme de travail sur le bien-être social, la famille et la population pour 2003-2006.  Ce programme de travail, a-t-il expliqué, dégage les priorités relatives à la coopération régionale dans les domaines du bien-être social, de la famille et de la population, en prenant en compte les défis émergeant de l’évolution démographique dans la région et de la structure changeante de la famille.

M. Ghafor a également indiqué que ce programme de travail visait à accroître le rôle des familles, des communautés, de la société civile, du secteur privé et du gouvernement dans la gestion des problèmes sociaux et à optimiser la capacité des États Membres à anticiper et gérer les conséquences sociales des changements démographiques, politiques, sociaux et économiques.  Le représentant a par ailleurs salué les efforts des Nations Unies et de ses agences visant à appuyer la promotion de programmes spécifiques à la famille par les États Membres, et a souligné l’importance d’accroître la coopération entre les États Membres, les agences régionales et internationales ainsi que la société civile afin de pouvoir mieux traiter les défis relatifs à la famille.

M. XIE BOHUA (Chine) a appelé les États Membres à intégrer la dimension familiale dans les politiques de développement social, afin de protéger les intérêts de la famille et de ses membres.  Il a réaffirmé l’importance de la famille en tant que cellule de base de la société, pour promouvoir un développement intégré, juste et équilibré.  Il a également appelé la communauté internationale à renforcer la sensibilisation aux questions familiales.  Si chaque pays peut avoir une approche différente, la quête du bonheur, de la stabilité et de l’harmonie est une aspiration partagée par les familles du monde entier, a-t-il déclaré.  Il a assuré que son gouvernement avait toujours recherché l’équilibre entre les intérêts de l’État et ceux de la famille, par une action publique en faveur de la protection des personnes âgées et des plus jeunes.  En conclusion, il a indiqué qu’en ce jour de célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille, un Sommet se tenait à Sanya, en Chine, coparrainé par la Commission nationale de planification de la population et de la famille et par l’Organisation mondiale de la famille.  L’objectif de la rencontre, a-t-il précisé, est de faire le bilan des efforts réalisés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, en ce qui concerne la famille.

M. XOLISA MABHONGO (Afrique du Sud) a déclaré que son pays appuyait le Plan d’action sur la famille en Afrique présenté par la Ministre du Bénin.  En Afrique du Sud, la famille est non seulement considérée comme un puissant moteur de changement politique, social, économique et culturel, mais aussi comme un outil puissant pour les soins, la protection et le développement de ses membres, a-t-il souligné.  Cependant, a-t-il fait remarquer, toutes les familles sud-africaines ont été touchées par les conditions politiques, sociales et économiques liées à la colonisation, l’urbanisation et à l’apartheid. 

Le représentant a affirmé que son pays accordait la priorité à la reconstruction des familles, des communautés et des liens sociaux.  Il a expliqué que près de 500 000 ménages avaient bénéficié au cours des 10 dernières années d’un programme d’aide alimentaire, lequel fait partie d’une approche intégrée visant à éliminer la pénurie alimentaire et à assurer la sécurité alimentaire.  De l’avis de sa délégation, la majorité des projets de lutte contre la pauvreté concernent la population rurale.  Des actions sont actuellement mises en œuvre pour soutenir notamment les orphelins et les enfants touchés par le VIH/sida, a-t-il ajouté.

M. HOSSEIN MOEINI (République islamique d’Iran) a expliqué que son pays avait depuis longtemps mis en œuvre la plupart des recommandations relatives à la question de la famille contenues dans différentes résolutions des Nations Unies.  Il a affirmé que son gouvernement, conformément aux valeurs de l’Islam, était déterminé à protéger l’institution familiale, et a cité les différentes mesures prises à cet égard comme, entre autres, l’octroi d’allocations aux familles dans le besoin, l’offre de services sanitaires aux familles à faibles revenus et l’investissement dans les secteurs de l’éducation et de la santé, en particulier en faveur des femmes et des filles.

Beaucoup reste à faire pour créer un environnement propice au renforcement et à la protection de l’institution familiale, a estimé M. Moeini.  De nombreuses familles à travers le monde continuent de souffrir de la pauvreté, de l’exclusion et de la discrimination, a-t-il déploré, estimant qu’il fallait s’efforcer de mettre fin à ces souffrances.  Le représentant a jugé que la famille, qui est le résultat de l’union entre un homme et une femme, devait bénéficier d’une protection et d’une aide plus larges de la part des gouvernements et de la communauté internationale.  Tout en faisant observer que la définition de la famille pouvait varier selon les cultures, il a estimé que cette situation ne devait pas nuire aux efforts collectifs visant à promouvoir et préserver le bien-être des familles.

M. RODNEY LOPEZ CLEMENTE (Cuba) a souligné le rôle de la famille comme cellule de base de la société qui, a-t-il ajouté, nécessite l’aide et la protection de l’état face à la mondialisation néo-libérale.  Il a noté les changements dans la structure familiale, marqués notamment par la réduction du nombre de ses membres et l’allongement de la durée de la vie.  Il a affirmé que son gouvernement avait toujours mis l’accent sur la politique sociale, en promouvant l’accès universel à l’éducation et à la santé, malgré, a-t-il ajouté, le génocide unilatéral imposé par les États-Unis, et encore renforcé le 30 juin dernier.  Il a déploré que les États-Unis se soient arrogés, selon lui, le droit de redéfinir les limites de la famille cubaine.  Par exemple, a-t-il dit, une tante vivant à Cuba ne fait plus partie de la famille de Cubains résidant aux États-Unis, parce que sa famille n’est plus autorisée à lui envoyer des fonds, ni à lui rendre visite, sauf, une fois tous les trois ans, en invoquant un motif humanitaire.  Il a estimé que les États-Unis cherchaient à nier l’identité cubaine en remettant en cause sa structure familiale, en violation des textes internationaux qui reconnaissent la diversité des formes familiales selon les sociétés.  Le représentant a souligné en conclusion la nécessité d’une meilleure coopération internationale dans la mise en œuvre des politiques familiales, afin de donner au monde des familles meilleures pour les générations futures.

Mme RANIA AL HAJ ALI (République arabe syrienne) a souligné que la famille avait joué au cours des siècles un rôle essentiel en tant qu’institution pour la cohésion et la survie de la société.  La Syrie considère que la famille constitue la cellule de base de la société, a-t-elle affirmé, précisant que son pays considérait comme une priorité la fourniture des services de base aux familles.  La représentante a indiqué que son pays avait déployé des efforts, en concertation notamment avec la société civile, pour améliorer la sensibilisation à l’Année internationale.  Des brochures ont été publiées sur la famille, a-t-elle ajouté, notant qu’elles mettaient l’accent sur les enfants et les femmes.

Les défis auxquels sont confrontées les familles de la région ne se limitent pas forcément aux seuls problèmes liés à la mondialisation, a fait remarquer la représentante, soulignant que de nombreuses familles souffraient des répercussions négatives de la poursuite de l’occupation israélienne de territoires arabes.  La Syrie réaffirme la nécessité pour la communauté internationale de fournir toutes les formes de soutien aux familles qui souffrent de l’occupation armée, a-t-elle déclaré.

M. YERZHAN KAZYKHANOV (Kazakhstan) a estimé qu’on ne pouvait renforcer la famille en tant qu’institution sans la mise en place de programmes nationaux appropriés.  Il a expliqué que la protection de la famille constituait un élément intégral de la politique sociale de son pays, indiquant qu’elle s’inscrivait dans la poursuite du principal objectif du développement, à savoir offrir à tous la possibilité de vivre longtemps et dans la dignité.

M. Kazykhanov a cependant estimé que les politiques gouvernementales dans le domaine de la famille devaient s’accompagner de la garantie du droit à la vie pour l’enfant ainsi que le développement d’un environnement propice.  Dans ce contexte, il a signalé que plusieurs lois relatives à l’éducation, à la protection des droits de l’enfant et à leur accès aux soins de santé avaient été adoptées au Kazakhstan.  Le représentant a également souligné l’importance que son gouvernement accordait au bien-être des personnes handicapées, qui constitue un aspect important de la politique sociale de son pays.

Mme IHAM IBRAHIM MOHAMED (Soudan) a salué les efforts des Nations Unies pour sensibiliser le grand public aux questions familiales.  La famille, a-t-elle estimé, a un rôle vital à jouer dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Elle a insisté sur la nécessité pour les gouvernements d’aider hommes et femmes à concilier vie de famille et vie professionnelle.  Elle a indiqué que son pays avait créé une commission pour la préparation du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille et avait participé à une série de conférences internationales ou régionales sur la famille.  Elle a estimé que la Déclaration de Doha marquait un tournant, en insistant sur la nécessité d’échanges d’information entre pays.

M. WADE HORN (États-Unis) a déclaré que la vie familiale n’était pas seulement une question de sentiments, mais constituait également le fondement de l’ordre social, le socle des nations et le bastion des civilisations.  Citant la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, selon laquelle la famille doit être « la cellule naturelle et fondamentale de base de la société », il a affirmé que dans toutes les sociétés, à toutes les époques, la famille a été le berceau de la vie et de l’amour pour toutes les générations, de même qu’elle est une source de soutien et une école de vie pour les enfants.  Selon lui, la famille reste un moyen irremplaçable de transmettre et de préserver les valeurs culturelles.  Il a rappelé les propos du Président Bush qui a assuré que « c’est au sein de la famille que prend naissance une nation ».

Les gouvernements doivent reconnaître que les familles existent en dehors de l’État, a ajouté le représentant, affirmant la nécessité de préserver la famille en tant qu’institution.  L’État doit honorer la famille, a-t-il observé, reprenant une citation du Président Bush.  Selon lui, l’État doit créer les conditions propices pour des familles fortes et prospères, réduire au minimum les prélèvements fiscaux sur les familles.  Il n’est pas nécessaire que les deux parents soient dans l’obligation de travailler pour apporter un revenu suffisant, a-t-il estimé, notant que les politiques publiques devaient viser à donner aux parents, s’ils le souhaitent, le choix de partager leur rôle au sein de la famille.  Les politiques publiques doivent encourager des mariages solides, a-t-il poursuivi, des recherches ayant selon lui prouvé que de bons mariages sont propices à l’épanouissement des enfants et des conjoints.  L’État doit promouvoir des bons mariages et non des mariages à n’importe quel prix, a-t-il considéré, précisant qu’il devait offrir des services sociaux aux familles dans le besoin afin que chaque famille ait un niveau de vie minimum.  Les services de protection sociale ne doivent pas remplacer les relations humaines qui sont idéales pour le développement des enfants, a également affirmé le représentant. 

Mme DEWI SAVITRI WAHAB (Indonésie), qui s’est ralliée aux remarques des représentants du Qatar et du Brunéi Darussalam, a affirmé que les familles fortes ne contribuaient pas seulement au bon fonctionnement de la société, mais pouvaient également participer activement au développement économique et social.  Afin que cette dernière puisse jouer ses divers rôles, elle doit pouvoir bénéficier de la protection la plus large possible et de l’aide nécessaire à sa capacité d’action, a expliqué la représentante.  Sans aide, la vie familiale, a-t-elle prévenu, risquerait de se détériorer, perspective que son pays est déterminé à éviter à tout prix.  Une famille prospère et bien intégrée constitue l'idéal national de l'Indonésie, a-t-elle affirmé, signalant que son pays avait placé la famille au cœur de son processus législatif.

La représentante a expliqué que l'Indonésie avait mis en place une politique à cet effet, qui cherche à assurer la durabilité de la famille et à augmenter la capacité des femmes à répondre efficacement aux besoins de base de leurs familles.  Grâce à cette politique, les femmes sont en train d'acquérir les moyens d'aider leur famille à avoir accès à la nourriture, aux soins de santé, à l'éducation et à un abri, a souligné la représentante, indiquant qu'elles bénéficiaient désormais d'un accès accru à l'enseignement et au financement de leurs entreprises.  Les hommes ne sont pas non plus en reste, a-t-elle fait remarquer, estimant que la cellule familiale composée d'un mari et d'une femme se devait de créer un environnement propice pour l'éducation et la croissance de leurs enfants.

M. JORGE SKINNER-KLEE (Guatemala) a indiqué que son gouvernement avait mis en place des maisons communautaires pour combattre la pauvreté s’attaquer au problème des enfants des rues.  Il a estimé que, malgré les changements qui affectent la structure familiale, la famille restait une composante fondamentale de la société, au cœur de toutes les activités humaines.  Il a reconnu, avec le Secrétaire général, que les États avaient la responsabilité première des politiques familiales.  Il a souligné les nombreux défis que doit affronter la famille, l’exploitation d’enfants, une éducation inadaptée, la drogue et l’alcoolisme, la pandémie du VIH/sida, les conflits armés, les maladies infectieuses, comme le paludisme ou la tuberculose, les catastrophes naturelles, ou encore les conditions climatiques extrêmes.  Il a estimé que ces menaces ne pouvaient être combattues efficacement que par une réponse globale, qui passe par une coopération entre gouvernements, en partenariat avec les ONG et les différents organes des Nations Unies.

Mme ANA RERESA ARANDA (Mexique) a souligné les efforts entrepris dans son pays en faveur d’une politique publique de la famille.  Elle a notamment précisé qu’un code type était en préparation pour harmoniser le droit familial.  Elle a précisé que 92,9% des foyers mexicains étaient constitués par des familles et que 89% des Mexicains considéraient la famille comme l’élément le plus important dans leur vie.  La représentante a indiqué que son pays, comme d’autres, était vulnérable aux problèmes d’insécurité, de sévices, d’abandons, d’enfants orphelins, de violence, qui entraîne des déséquilibres et exigent de larges investissements.  Si on continue ainsi, les ressources fiscales seront insuffisantes pour s’attaquer aux causes de la vulnérabilité, a-t-elle assuré. 

M. IFTEKHAR AHMED CHOWDHURY (Bangladesh) a expliqué que la poursuite de tout Objectif du Millénaire pour le développement commençait par la famille.  La famille constitue l'entité fondamentale de la société, a-t-il remarqué, et reste également l'instrument essentiel de la transformation d'une société.  Il a notamment cité l'exemple des programmes de microcrédit au Bangladesh, qui ont fortement contribué à la réduction de la pauvreté dans le pays, au point de devenir un modèle pour les États et sociétés confrontés à une situation comparable.

M. Chowdhury a par ailleurs salué le Gouvernement du Qatar, qui a accueilli la Conférence de Doha sur la famille le 30 novembre dernier, et dont l'issue a réaffirmé l'engagement de la communauté internationale à l'égard des tentatives visant à renforcer la famille.  Remarquant que la famille permettait non seulement d'éduquer les enfants mais également de protéger leurs droits, il a estimé que cette dernière constituait la meilleure école de culture civique.  Il a dès lors affirmé que sa délégation soutenait la déclaration de Doha ainsi que le projet de résolution présenté devant l'Assemblée, et a estimé qu'il fallait s'efforcer de protéger, soutenir et promouvoir la famille, tant en période de paix que de guerre.

M. SEOUNG-HYUN MOON (République de Corée) a salué les progrès réalisés ces 10 dernières années dans la mise en place de politiques au service des familles.  Il a cité la révision de la loi nationale sur la famille, afin d’assurer l’égalité entre les hommes et les femmes et la garantie des droits individuels pour chaque membre d’une famille.  Il a noté les nouvelles tendances qui affectent les familles du monde entier telles que les changements de la structure familiale, le vieillissement de la population, les migrations ou l’impact du VIH/sida.  Il a indiqué que dans son pays, qui a connu un processus de modernisation rapide, le faible taux de fertilité et le vieillissement de la population avait des conséquences préoccupantes.  Constatant que la politique familiale ne pouvait être séparée des autres politiques sociales, il a souligné la nécessité de concevoir des politiques familiales intégrées, qui viennent compléter les politiques sectorielles en vigueur.

M. PETER MAURER (Suisse) a souligné l’importance des engagements pris lors des différents sommets et conférences internationaux et des engagements juridiques pris dans le cadre d’instruments juridiques relatifs aux droits de l’homme, en particulier la Convention relative aux droits de l’enfant et de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Ces engagements, a-t-il dit, constituent le cadre politique et juridique de toute action relative à la famille sous toutes ses formes.  L’action de la communauté internationale doit axer ses efforts sur la mise en œuvre de ces engagements, a-t-il ajouté.

Le représentant a déclaré que son pays s’était engagé à établir tous les cinq ans un rapport sur la famille.  Le premier rapport dans lequel sont examinées les structures de politique familiale sur les plans fédéral, cantonal et communal, a été achevé pour le dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille, a-t-il indiqué.

Mgr CELESTINO MIGLIORE (Saint-Siège) a estimé qu'il ne pouvait y avoir d'action en faveur de la famille sans volonté politique réelle de promouvoir un modèle.  Il a notamment expliqué que la politique familiale pourrait être le cadre général à l'intérieur duquel devraient se décliner les mesures mises en place pour répondre aux défis économiques et sociaux de notre temps.  Il a plaidé pour une politique familiale à part entière, qui permettrait de promouvoir ce modèle, ne pénaliserait pas ceux et celles qui désirent avoir des enfants, proposerait une juste compensation des charges liées à l'éducation et une vraie reconnaissance du travail domestique, et s'inscrirait dans la durée, fondée sur des critères de justice et d'efficacité.

Mgr Migliore a par ailleurs estimé que la famille, plus précisément l'union stable et durable d'un homme et d'une femme, apportait une contribution indispensable à la sécurité et au développement, expliquant notamment qu'elle constituait non seulement le mode le plus naturel et adapté de renouvellement des générations, mais également le cadre principal pour l'éducation des enfants.

Présentation et adoption du projet de résolution relatif à la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille (A/59/L.29)

Notant les résultats appréciables de la célébration de l’Année internationale de la famille, notamment les nouvelles initiatives et activités à long terme aux niveaux local et national, l’Assemblée générale encourage les gouvernements à faire tout leur possible pour atteindre les objectifs du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille et intégrer une perspective familiale dans le processus de planification.  Elle recommande à tous les organismes compétents de l’Organisation des Nations Unies, aux organisations de la société civile, aux médias, aux organisations religieuses et communautaires ainsi qu’au secteur privé, de contribuer à l’élaboration de stratégies et de programmes visant à améliorer les moyens d’existence des familles.  L’Assemblée encourage également les institutions et organismes des Nations Unies, y compris les commissions régionales, ainsi que les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, les centres de recherche et les établissements universitaires, à travailler en étroite collaboration et en coordination avec le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat sur les questions relatives à la famille.

M. JAMAL NASSER AL-BADER (Qatar), qui s’est exprimé au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a présenté le projet de résolution A/59/L.29 sur la célébration du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille.  Ce projet de résolution, qu’il a amendé oralement, encourage notamment les gouvernements à faire tout leur possible pour atteindre les objectifs du dixième anniversaire de l’Année internationale de la famille et intégrer une perspective familiale dans le processus de planification.  Expliquant que l’importance du rôle de la famille au sein de la société était universellement reconnue, il a exhorté les États et les régions, entre autres, à prendre des mesures pour la protéger.  Il a également invité l’ensemble des États Membres à adopter le projet de résolution par consensus.

Affirmant que la famille constituait l’unité de base de la société, le représentant a par ailleurs évoqué les efforts entrepris par son pays en faveur de la famille.  Il s’est félicité de la tenue de la Conférence internationale de Doha pour la famille du 30 novembre 2004, qui a réaffirmé l’engagement de la communauté internationale en faveur de la famille, a-t-il estimé, indiquant également que le Qatar était déterminé à créer un institut international pour l’étude de la famille.  Il a enfin signalé qu’une meilleure protection de la famille favoriserait le développement durable et la compréhension entre les différentes cultures, base nécessaire à un monde sûr et juste, a-t-il conclu.

Explications de position

Le représentant des Pays Bas, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a réaffirmé son soutien aux déclarations de Beijing, du Caire et de Copenhague.  Il s’est félicité de ce débat sur la famille, mais a estimé qu’au lieu de se focaliser sur des idéologies, il devrait porter sur la mise en œuvre des engagements déjà pris et leurs conséquences sur les familles et leurs membres pris individuellement.  Il a regretté que les coauteurs du projet de résolution n’aient pas pris en compte les préoccupations de l’Union européenne.  Il s’est félicité du projet de résolution sur la famille adopté par la Troisième Commission (chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles), qui reflète le consensus international sur la question, mais il a déploré que ce ne soit pas le cas pour le texte présenté aujourd’hui.  Par conséquent, a-t-il expliqué, l’Union européenne s’en dissocie et espère que les futures initiatives relatives à la famille reposeront, comme cela se fait traditionnellement, sur le consensus.

La représentant de la Norvège a réaffirmé que sa délégation attache une grande importance au rôle de la famille dans la société.  Il faudrait désormais s’efforcer de mettre en œuvre les engagements pris lors des conférences des Nations Unies sur la famille, plutôt que de promouvoir de nouveaux textes, ce qui irait à l’encontre de l’effet recherché, a-t-il estimé.  C’est pourquoi, sa délégation se dissocie de la résolution qui vient d’être adoptée.

Le représentant de la Suisse a expliqué pour sa part qu’il n’avait pas voulu s’opposer à l’adoption de la résolution par consensus, mais qu’il se dissociait du consensus.  Les engagements internationaux sur la famille ne manquent pas, a-t-il noté, il s’agit maintenant de les mettre en œuvre.  Il a par ailleurs indiqué que la Suisse n’appuyait pas la teneur de la Déclaration de Doha.

Le représentant du Canada s’est dissocié du consensus, en expliquant que, s’il appuyait l’objectif du texte, il s’inquiétait en revanche de certaines omissions.  Il a notamment relevé que le projet de résolution ne faisait pas mention de la pluralité des réalités familiales.

Les représentants de l’Australie et de l’Islande, se sont eux aussi dissociés du consensus.

Le représentant du Liechtenstein a affirmé la détermination de son pays à appliquer les instruments en vigueur, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les discriminations à l’égard des femmes ou la Convention sur les droits de l’enfant.  Il a regretté que certains éléments non consensuels aient été incorporés dans le projet de résolution et a souligné les lacunes du processus de négociation.

Le représentant de la Nouvelle-Zélande a regretté que les avis exprimés par son pays lors de la négociation sur le projet de résolution aient été déformés et présentés comme des arguments contre la famille.  Il a déploré que ce débat sur la famille soit envisagé par certains comme un moyen de remettre en cause le consensus observé de longue date sur les questions liées à la famille.  Il a regretté que la Déclaration de Doha ne fasse aucune mention de la pluralité des conceptions de la famille ou encore de la protection des droits de la femme et de l’enfant, ce qui, a-t-il estimé, rend ce texte incompatible avec les engagements pris dans le cadre des conférences des Nations Unies de Beijing, du Caire ou de Copenhague.  Il est inhabituel, a-t-il dit, que l’Assemblée générale entérine les conclusions d’une conférence internationale à laquelle tous les États Membres n’ont pas été invités.  Il a rappelé que le Secrétaire général avait lui aussi reconnu, à l’ouverture de cette séance, la pluralité croissante des familles.  La promotion d’un seul modèle de famille, au détriment des autres, revient à remettre en cause un consensus observé de longue date, a-t-il déclaré.  C’est pourquoi, a-t-il conclu, la Nouvelle-Zélande se dissocie du projet de résolution qui vient d’être adopté.

Le représentant du Bénin a rappelé que son pays accordait une grande importance aux questions relatives à la famille, et s'est félicité des efforts de la communauté internationale en ce sens.  Il a expliqué qu'il aurait souhaité que le projet de résolution bénéficie d'un soutien plus large, estimant qu'il restait du chemin à parcourir.  Il a espéré que les délégations pourraient se réunir bientôt afin d'aboutir à un consensus plus important sur le sujet, et a estimé qu'il fallait également s'atteler à l’examen de la question importante de la mise en œuvre des acquis de l'Année internationale de la famille.

S'associant au projet de résolution, le représentant de Cuba a expliqué que sa délégation se félicitait de l'adoption d'un texte visant à promouvoir le bien-être de la famille sous toutes ses formes.  Il a remarqué qu'aucun des auteurs du texte n'estimait être la panacée en matière d'aide et de protection des familles, et que le projet de résolution voulait avant tout attirer l'attention sur l'importance du sujet et promouvoir la coopération à cet égard, plutôt qu'un affrontement.

Le représentant du Qatar a remercié les délégations, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, pour leur appui massif à ce projet de résolution.  Ceci reflète l'importance que la communauté internationale accorde à la famille, a-t-il estimé.

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