L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE UNE RÉSOLUTION SUR LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ PUBLIQUE À TRAVERS LE MONDE

23 novembre 2004
AG/10304

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE UNE RÉSOLUTION SUR LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ PUBLIQUE À TRAVERS LE MONDE

23/11/2004
Communiqué de presse
AG/10304


Assemblée générale

60e séance plénière – matin


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ADOPTE UNE RÉSOLUTION SUR LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS

DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ PUBLIQUE À TRAVERS LE MONDE


Consciente de la nécessité pour les États Membres d'intensifier l’action qu’ils mènent pour enrayer la propagation du VIH/sida et pour réduire l’incidence du paludisme et d’autres grandes maladies, l’Assemblée générale a adopté sans vote aujourd’hui une résolution sur l’intensification du renforcement des capacités dans le secteur de la santé publique à travers le monde.


Ce texte avait été présenté hier par le représentant de la Chine, qui avait expliqué que cette problématique était un élément important des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), dans la mesure où trois des huit OMD étaient liés à la santé.  Lorsqu’une maladie infectieuse se développe, elle pose une menace immédiate au monde entier, avait-il expliqué, rappelant la gravité des conséquences des épidémies du VIH/sida, du paludisme, de la pneumonie atypique et de la grippe aviaire.


Par cette résolution, l’Assemblée générale exhorte notamment les États Membres à faire une plus large place à la santé publique dans leurs stratégies nationales de développement économique et social, et demande que les systèmes mondiaux d’intervention et de planification préalable dans le secteur de la santé publique soient renforcés afin d’être mieux à même de lutter contre les grandes maladies.


L'Assemblée générale a adopté cette résolution à l’issue d’un débat de deux jours consacré à la suite à donner aux textes issus du Sommet du Millénaire et la préparation de la réunion plénière de haut niveau qui se tiendra en septembre 2005, au cours de laquelle seront examinés les efforts entrepris pour mettre en œuvre la Déclaration du Millénaire.


La représentante des États-Unis a notamment indiqué que la réunion plénière de haut niveau de septembre 2005 serait l’occasion d’améliorer les Nations Unies en tant qu’institution, et de rendre leur travail plus pertinent.  Elle a également souhaité que le financement du développement soit un élément essentiel du Sommet de 2005.  Pour sa part, le représentant du Liban a estimé que les efforts des pays en développement ne suffiraient pas à eux seuls pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Ils doivent être soutenus par des efforts concomitants de la part des pays développés.  Le développement, a-t-il poursuivi, relève de la responsabilité première des États concernés, mais il résulte également d’un partenariat.


En début de séance, l'Assemblée générale s'est également penchée sur la question relative à la situation dans les territoires azerbaïdjanais occupés.  Le Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, qui a présenté un projet de résolution à cet égard, a fait état d'informations selon lesquelles un nombre croissant de « colons » était transféré vers les territoires azerbaïdjanais occupés, expulsant ainsi 750 000 Azerbaïdjanais, et a estimé que l'Arménie devait prendre des mesures immédiates, inconditionnelles et efficaces pour mettre fin à ces déplacements.


Le représentant de l'Arménie a répondu que son gouvernement n’avait pas de politique officielle d’implantation dans la région du Haut-Karabakh, et qu’il n’existait aucun rapport ou document officiel à même de confirmer les allégations de l’Azerbaïdjan.  L’Azerbaïdjan s’est déclaré convaincu que le représentant arménien n’est pas intéressé par le règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, mais cherche plutôt à freiner le travail du Groupe de Minsk et à détourner les efforts de la communauté internationale vers un processus parallèle.


Le Vice-Président de l'Assemblée a indiqué que dans la mesure où les consultations sur le projet de résolution relatif à la situation dans les territoires azerbaïdjanais occupés se poursuivaient, l’Assemblée se prononcera sur ce texte à une date ultérieure.


Outre les orateurs cités, les représentants de la Turquie, du Pakistan, de la Thaïlande, du Venezuela, ainsi que les Observateurs du Saint-Siège, de l’Union interparlementaire et de la Fédération internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont également pris la parole.


La prochaine séance de l’Assemblée générale sera annoncée dans le Journal des Nations Unies.


LA SITUATION DANS LES TERRITOIRES AZERBAÏDJANAIS OCCUPÉS: PROJET DE RÉSOLUTION (A/59/L.32)


Par cette résolution, l’Assemblée générale affirme à nouveau qu’elle continue à soutenir résolument la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République azerbaïdjanaise.  Elle engage les parties au conflit à persévérer dans leur recherche d’un règlement pacifique du conflit qui sévit dans la région du Haut-Karabakh de la République azerbaïdjanaise et aux alentours, qui soit fondé sur les normes et les principes applicables du droit international.  De même, elle engage instamment les parties au conflit à observer et respecter strictement les règles du droit international humanitaire.


Par ailleurs, l'Assemblée générale invite l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à envoyer d’urgence une mission multinationale d’enquête composée de représentants des pays participants de l’Organisation, disposant des connaissances spécialisées voulues, pour mener des investigations sur tous les aspects de la situation dans les territoires azerbaïdjanais occupés et en rendre compte, et prie le Secrétaire général de lui assurer le cas échéant l’aide nécessaire.


Déclarations


M. ELMAR MAMMADYAROV, Ministre des affaires étrangères de l’Azerbaïdjan, qui présentait le projet de résolution A/59/L.32, a affirmé que, pendant que les négociations se poursuivaient pour tenter de trouver une issue politique au conflit, des informations, qu’il a considérées crédibles, faisaient état d’un accroissement du transfert des « colons » vers les territoires azerbaïdjanais occupés, expulsant ainsi 750 000 Azerbaïdjanais.  La situation la plus troublante est apparue dans le district occupé de Lachin, qui, avant le conflit, était occupé par les Azerbaïdjanais, a-t-il expliqué, notant qu’à la suite d’un programme de colonisation, la région était désormais peuplée d’environ 13 000 Arméniens.  Le Gouvernement arménien mobilise ses forces armées qu’il déploie dans les territoires occupés, a-t-il déclaré, assurant que ces troupes avaient participé à l’établissement de deux nouvelles colonies dans la région occupée de Kelbadjar.  L’Arménie consolide son occupation des territoires azerbaïdjanais par des politiques économiques, financières et monétaires, a-t-il expliqué.  Selon le Ministre, le programme arménien de colonisation envisage de porter avant 2010 à 300 000 le nombre d’Arméniens peuplant le Haut-Karabakh, contre à peine 120 000 avant le conflit.  Les pratiques et politiques illégales de colonisation mises en œuvre par l’Arménie constituent une violation claire des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et du droit international humanitaire, en particulier des Conventions de Genève de 1949.  De telles actions, a-t-il poursuivi, compromettent le règlement politique du conflit, sapent la crédibilité des efforts de médiation de l’Organisation de la sécurité et de la coopération en Europe (OSCE) et visent à établir un fait accompli en Azerbaïdjan.


Les négociations arrivent aujourd’hui à un point critique, a-t-il dit, soulignant la nécessité pour la communauté internationale de prendre des mesures adéquates et urgentes.  L’examen actuel de la question et une réaction opportune joueront un rôle crucial, a-t-il estimé.  L’Arménie doit prendre des mesures immédiates, inconditionnelles et efficaces pour cesser et inverser le mouvement de transfert des colons dans les territoires occupés d’Azerbaïdjan, a affirmé le Ministre, ajoutant que le Gouvernement arménien devait également donner des garanties fermes et claires contre la répétition de telles politiques et pratiques illégales.  Il s’est en outre déclaré prêt, pour sa part, à agir par la voie diplomatique pour mettre un terme aux développements dangereux dans les territoires occupés d’Azerbaïdjan.


M. ALTAY CENGIZER (Turquie) a affirmé que son pays avait toujours œuvré pour une solution au conflit du Haut-Karabakh, dans le respect du droit international, de l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan, des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et des relations de bon voisinage.  Il a estimé que ce conflit demeurait un obstacle à la paix et à la stabilité dans la région du Caucase méridional.  Il a affirmé que le débat d’aujourd’hui n’avait pas pour objectif d’entraver ou de contourner le processus de Minsk engagé par l’OSCE, mais au contraire visait à l’encourager.  Il faut y voir un cri de frustration lancé par ceux qui, depuis plus de 10 ans, vivent dans le découragement du fait du conflit, a-t-il déclaré.  Le représentant a estimé que l’histoire avait déjà apporté la preuve que les problèmes non résolus revenaient hanter la communauté internationale.  Il a apporté son soutien à l’envoi par l’OSCE d’une mission multinationale d’établissement des faits dans les territoires azerbaïdjanais occupés et a appelé toutes les parties à s’engager plus avant dans le processus de Minsk.


M. ARMEN MARTIROSYAN (Arménie) a estimé que l’examen de cette question avait été permis en  contournant les règles de procédure.  Il a rappelé que l’inclusion de ce point à l’ordre du jour n’avait pas bénéficié du soutien d’une majorité écrasante de l’Assemblée générale et que les coprésidents du Groupe de Minsk de l’OSCE, qui s’occupe du conflit dans la région du Haut-Karabakh depuis 12 ans maintenant, s’y étaient opposés.  Cette requête, a-t-il expliqué, ne satisfaisait pas aux critères d’urgence et d’importance, et était contre-productive.


M. Martirosyan a cependant tenu à signaler que l’Arménie n’avait pas de politique officielle d’installation dans la région du Haut-Karabakh, et qu’il n’existait aucun rapport ou document officiel à même de confirmer les affirmations de l’Azerbaïdjan.  Il a néanmoins expliqué que son Gouvernement avait décidé de suggérer de faciliter l’envoi d’une commission d’enquête dans le cadre du Groupe de Minsk, afin d’évaluer la situation.  Il a par ailleurs indiqué que l’Azerbaïdjan tentait d’induire en erreur l’Assemblée générale et s’efforçait de donner de la substance à ses affirmations sur la base de résolutions du Conseil de sécurité et d’une interprétation sélective des principes du droit international, soulignant que l’Azerbaïdjan n’appliquait pas lui-même les résolutions qu’il invoquait.  Le représentant a affirmé que l’Azerbaïdjan n’était pas intéressé par un règlement pacifique du conflit du Haut-Karabakh, mais cherchait plutôt à freiner le travail du Groupe de Minsk et à détourner les efforts de la communauté internationale vers un processus parallèle.


Mme JO ANN MOORE (États-Unis), au nom du Groupe de Minsk, coprésidé par son pays, la Fédération de Russie et la France, a expliqué qu’un cadre de négociations avait été proposé, il y a deux mois à l’Azerbaïdjan et à l’Arménie.  Elle a indiqué que le Groupe de Minsk attendait toujours la réponse des deux pays à cette proposition.  Elle a jugé utile tout ce qui pouvait, au sein de l'Assemblée générale, contribuer à restaurer la confiance, plutôt qu’à entretenir les divisions.  Elle a estimé qu’il était envisageable d’envoyer une mission d’établissement des faits de l’OSCE dans la région et a demandé aux deux parties de faciliter cette initiative, en s’engageant dans un processus de négociations.



APPLICATION ET SUIVI INTÉGRÉS ET COORDONNÉS DES TEXTES ISSUS DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES [45]; SUITE À DONNER AUX TEXTES ISSUS DU SOMMET DU MILLÉNAIRE [55]: RAPPORT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL (A/59/545)


Suite du débat commun


M. AIZAZ AHMAD CHAUDHRY (Pakistan) a déclaré qu’il était impératif de réaffirmer notre engagement en faveur du renforcement du multilatéralisme, en accordant un rôle central aux Nations Unies.  Le représentant a estimé que la communauté internationale devait placer le bien-être de l’homme et le développement au coeur de ses objectifs collectifs.  L’événement de 2005 devrait être l’occasion de réaffirmer cet engagement et de progresser vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il souligné.  Malheureusement, la situation actuelle ne nous permet pas de trop espérer, de nombreux pays en développement n’étant pas en mesure de respecter leurs objectifs, tandis que la plupart des pays développés sont confrontés à de réelles difficultés pour remplir leurs promesses d’aide. 


Selon le représentant, le processus de préparation du Sommet de 2005 devrait être guidé par les principes de prudence, de globalité et de consensus.  Il a souhaité que le Sommet de 2005 suive le format et la structure du Sommet du Millénaire.  Il ne suffit pas que le Sommet se contente d’adopter une déclaration, a-t-il considéré, proposant que le document final contienne des mesures concrètes sur des questions d’intérêt vital pour les États Membres.  L’ordre du jour doit être par conséquent global et équilibré, a-t-il jugé.  Il est essentiel que l’événement se concentre sur les problèmes du développement et aboutisse à un résultat concerté au niveau gouvernemental.  Le Sommet, a-t-il précisé, doit aborder les Objectifs du Millénaire pour le développement 1 à 7, à savoir le partenariat global pour le développement, la paix et le développement, dont les questions de paix et de sécurité internationales, la prévention des conflits, l’établissement de la paix, les droits de l’homme, la gouvernance, l’état de droit dans les affaires nationales et internationales et le renforcement des Nations Unies et du multilatéralisme.


Mme KHUNYING LAXANACHANTORN LAOHAPHAN (Thaïlande) a estimé que la réunion de haut niveau de 2005 devait déboucher sur une déclaration orientée vers l’action et non sur une simple promesse.  Elle a reconnu la difficulté du processus préparatoire pour cette réunion et a assuré que son pays était prêt à y participer activement.  Elle a indiqué que son pays avait déjà réalisé, à ce jour, la plupart des Objectifs du Millénaire pour le développement et s’était désormais fixé des objectifs plus ambitieux, les « OMD Plus ».  Elle a par ailleurs estimé que les grandes conférences des Nations Unies, quels que soient leurs résultats, étaient des éléments importants dans la mise en œuvre des OMD.  Elle a souhaité une meilleure coordination entre les trois piliers du développement que sont le financement, le commerce et l’environnement.  Elle a affirmé en conclusion que les questions de paix et de sécurité d’une part et les problèmes de développement d’autre part faisaient partie d’un tout et devaient être examinés simultanément.


Mme JANE HULL (États-Unis) a estimé que la réunion plénière de haut niveau de septembre 2005 était l’occasion d’améliorer les Nations Unies en tant qu’institution, et de rendre leur travail plus pertinent.  Elle s’est félicitée de l’examen des efforts réalisés par les États Membres pour mettre en œuvre les recommandations des principaux sommets et conférences de l’ONU, ainsi que de la discussion concernant la mise en œuvre des objectifs de développement internationalement reconnus, notamment ceux visés par la Déclaration du Millénaire.


Mme Hull a souhaité que le dialogue de haut niveau sur le financement du développement soit inclus comme un élément essentiel de la réunion plénière de haut niveau, rappelant que la Conférence sur le financement du développement tenue à Monterrey en 2002 déterminait les moyens d’atteindre les objectifs de développement internationalement reconnus.  Cette Conférence avait permis d’établir que les ressources principales du développement existaient au sein même des pays en développement, qu’il s’agisse du capital national, des investissements étrangers ou du commerce, a indiqué la représentante, qui a également souligné l’importance du secteur privé dans la promotion de la croissance économique et la réduction de la pauvreté.


M. FERMÍN TORO JIMÉNEZ (Venezuela) a indiqué que son pays ferait tout pour faire du Sommet de 2005 un succès.  Le Gouvernement, malgré de multiples obstacles externes, mettait en œuvre des programmes pour tenter d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement.  L’ONU doit la vérité aux populations, a-t-il affirmé, leur dire, par exemple, que les problèmes ne sont pas forcément liés à une action terroriste ou à une guerre civile, ou encore à un conflit entre États.  Le problème, a-t-il ajouté, est la lutte contre la misère et la pauvreté auxquelles nous faisons face quotidiennement et de façon de plus en plus aiguë.  Il faut revendiquer une justice qui permettra l’égalité des peuples sur la planète, a-t-il déclaré.


Le représentant a plaidé en outre pour une profonde transformation du Conseil de sécurité, qui donnerait lieu à la suppression du droit de veto.  Le Conseil de sécurité prend des décisions qui manquent de transparence, et sa fonction se rapproche plus de l’intervention, a-t-il estimé.  De l’avis de sa délégation, les Nations Unies devraient parler d’une seule voix contre ceux qui violent le droit international.  La paix et la sécurité doivent être perçues en tenant compte du droit des peuples à l’autodétermination, a-t-il ajouté.  Selon lui, la question du développement doit concerner la paix et la sécurité internationales.  Aucune question ne doit être exclue lors du Sommet de 2005, a également jugé le représentant.  Il faut, a-t-il dit, s’attacher aux causes profondes et ne pas les noyer dans le débat.


M. MADJI RAMADAN (Liban) a estimé que les efforts des pays en développement ne seraient pas suffisants pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) s’ils ne s’accompagnaient pas d’efforts concomitants de la part des pays développés.  Le développement, a-t-il poursuivi, relève de la responsabilité première des États concernés, mais il résulte également d’un partenariat.  Il a estimé que le Sommet de 2005 offrait des possibilités considérables en matière de développement et exigeait un grand travail de préparation, de manière à obtenir un résultat accepté par tous après un processus de négociation inclusif et transparent.  Il a affirmé que la paix et le développement étaient liés et se renforçaient l’un l’autre.  À cet égard, il a dit attendre avec intérêt les recommandations du Groupe d’éminentes personnalités sur les menaces, les défis et les changements, concernant le renforcement de la sécurité collective qui, selon lui, est un pilier du développement.


Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur du Saint-Siège, s’est félicité de l’engagement des pays membres qui se sont exprimés précédemment à promouvoir un développement à visage humain, et a souligné l’importance d’établir des liens entre le développement et les droits de l’homme.  Il a salué les pays qui ont déjà soumis des rapports relatifs aux politiques et programmes nationaux déjà mis en place afin de réduire la pauvreté et de poursuivre les Objectifs du Millénaire pour le développement, estimant que l’échéance de 2015 ne resterait pas un simple vœu pieux.


Mgr Migliore a cependant remarqué que les conditions économiques internationales et la rareté de l’aide financière n’avaient pas permis au pays les plus pauvres d’atteindre les objectifs les plus importants, tels que l’éducation, les soins de santé et l’accès à l’eau.  Il a observé qu’en 2003, l’aide officielle n’avait représenté qu’un quart de pour cent des revenus nationaux des pays donateurs, bien moins que l’objectif fixé de longue date de 0,7% du PNB.  Il a dès lors souligné l’importance du rôle des Nations Unies, expliquant que l’Organisation devait soutenir les pays à s’acquitter des engagements qu’ils ont pris lors de conférences et sommets internationaux.


M. SERGIO PAEZ VERDUGO (Union interparlementaire) a souligné que les Parlements avaient réalisé de grands progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  La majorité des Parlements, qu’ils soient issus de pays en développement ou de pays développés, ont des expériences intéressantes et uniques à partager, conformément à leur engagement dans la coopération internationale. 


Tous les Objectifs du Millénaire pour le développement sont pertinents pour l’UIP, a-t-il en outre observé.  Il a ainsi indiqué qu’en 2005, l’UIP tiendrait la deuxième conférence mondiale des présidents de Parlement au Siège des Nations Unies à New York.  Cette réunion visera à étudier les progrès accomplis par les Parlements dans leur contribution à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il précisé.  Il a conclu en affirmant que ces Objectifs étaient inextricablement liés à une paix internationale stable et durable qui, a-t-il noté, constitue la priorité stratégique de l’UIP et de ses Parlements associés.


M. ENCHO GOSPODINOV, Observateur de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a estimé qu’il ne fallait pas voir les OMD comme relevant des seuls pays en développement.  Tous les pays connaissent les mêmes vulnérabilités, a-t-il dit, même si elles se manifestent de façon différente.  Il a regretté que les rapports établis par l’ONU ne reconnaissent pas le travail accompli par la société civile et a espéré que les discussions à venir sur la Déclaration du Millénaire permettraient un débat plus approfondi.  Il a cité l’exemple de la lutte contre le VIH/sida, à propos de laquelle il n’est pas fait mention de partenariats avec les organisations non gouvernementales.  Il s’est également dit déçu par la prise en compte des vulnérabilités dans les seules situations d’urgence et a rappelé qu’il existait des « vulnérabilités oubliées » dans d’autres situations, y compris dans les pays développés.  Il a insisté sur la mise en œuvre de la Déclaration du Millénaire sur l’ensemble de la planète, sous peine de voir une sous-classe mondiale mettre en danger la paix et la stabilité dans le monde.  Il a estimé que la FICR, avec ses 97 millions de volontaires, bénéficiait d’une expertise sur les OMD, qu’elle souhaitait partager avec d’autres.


Présentation et adoption d’un projet de résolution


Par ce projet de résolution intitulé « Intensification du renforcement des capacités dans le secteur de la santé publique à travers le monde » (A/59/L.30), l’Assemblée générale exhorte les États Membres à faire une plus large place à la santé publique dans leurs stratégies nationales de développement économique et social, notamment par la création de mécanismes efficaces de santé publique, ou l’amélioration de ceux existants, tels que des réseaux de surveillance, de contrôle, de prévention et de traitement des maladies et d’échange d’informations, ainsi que par le recrutement et la formation de personnel de santé publique.  Elle demande que les systèmes mondiaux de planification préalable et d’intervention dans le secteur de la santé publique, notamment les systèmes de prévention et de surveillance des maladies infectieuses, soient renforcés afin d’être mieux à même de lutter contre les grandes maladies, en particulier dans les cas de poussées épidémiques de nouvelles maladies à l’échelle mondiale.


L’Assemblée encourage les États Membres à participer activement à la vérification et à la validation des données recueillies dans le cadre de systèmes de surveillance concernant les urgences sanitaires de portée mondiale et, en étroite collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé, à échanger, sans délai et en toute transparence, informations et données d’expérience sur les épidémies ainsi que sur les mesures de prévention et de contrôle concernant l’apparition ou la résurgence de maladies infectieuses qui présentent un risque pour la santé publique dans le monde.  Elle encourage également les États Membres, ainsi que les institutions, organes, fonds et programmes des Nations Unies à continuer, en fonction de leurs mandats respectifs, de tenir compte des questions de santé publique dans leurs activités et programmes de développement et à soutenir activement le renforcement des capacités dans les institutions mondiales s’occupant de santé publique et de soins de santé, notamment en fournissant une assistance technique et d’autres formes d’assistance pertinentes aux pays en développement, y compris les pays les moins avancés, ainsi qu’aux pays en transition.


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