L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE VEUT ASSURER LA TRANSITION ENTRE L’AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE ET LE DÉVELOPPEMENT

11 novembre 2004
AG/10295

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE VEUT ASSURER LA TRANSITION ENTRE L’AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE ET LE DÉVELOPPEMENT

11/11/2004
Communiqué de presseAG/10295

Assemblée générale

51e & 52e séances plénières – matin & après-midi

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE VEUT ASSURER LA TRANSITION ENTRE L’AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE ET LE DÉVELOPPEMENT

Les États Membres ont également rendu hommage à Yasser Arafat

Les États Membres, qui ont débattu aujourd’hui à l’Assemblée générale, du « renforcement de la coordination de l’aide humanitaire et des secours en cas de catastrophe fournis par les organismes des Nations Unies, y compris l’assistance économique spéciale »(1), ont souligné la nécessité de combler le fossé actuel entre l’aide d’urgence et le développement.  Les délégations, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Kofi Annan, et le Président de l’Assemblée générale, M. Jean Ping, ont également rendu hommage au Président de l’Autorité palestinienne, décédé ce matin à Paris, et ont observé une minute de silence.

Dans le cadre de l’assistance au peuple palestinien (2), l’un des points développés lors du débat commun, l’Assemblée générale a décidé de se prononcer ultérieurement sur le projet de résolution (3) A/59/L.24 par lequel elle est appelée à prier instamment les États Membres, les institutions financières internationales des Nations Unies, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales et les organisations régionales et interrégionales, agissant en étroite coopération avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et par l’intermédiaire des institutions de l’administration palestinienne, d’apporter aussi rapidement et généreusement que possible une assistance économique et sociale au peuple palestinien.

Le représentant des Pays-Bas, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a jugé nécessaire d’assurer la transition entre aide d’urgence et développement dans des pays comme l’Afghanistan, le Libéria et l’Angola, par exemple, afin d’offrir de nouvelles perspectives aux populations.  Le fossé actuel entre aide humanitaire et développement est regrettable, a observé le représentant du Nigéria, au nom de l’Union africaine, de même que le manque de capacités locales pour répondre aux besoins à long terme des populations concernées.  L’échec de la communauté internationale pour assister le Rwanda, il y a 10 ans, nous poursuit encore aujourd’hui, a-t-il notamment affirmé. 

Selon le représentant du Japon, l’aide humanitaire devrait avoir pour objectif de créer une situation dans laquelle les peuples n’auraient plus besoin d’aide.  Impliquer davantage ces derniers dans le processus humanitaire leur permettrait de retrouver leur dignité et de devenir responsables de leur destin, a-t-il affirmé.

Plusieurs délégations ont insisté sur la nécessité de respecter les principes de neutralité, d’humanité et d’impartialité devant guider toute action humanitaire.  Celle-ci doit être apolitique et intervenir à la demande des États concernés, a ainsi considéré le représentant du Qatar, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, précisant que c’est à ces États qu’incombait la responsabilité de l’organisation et de la distribution de l’aide.

Comme le soulignait le Secrétaire général dans son rapport, de nombreux orateurs ont en outre constaté que le personnel humanitaire était de plus en plus l’objet d’attaques ou d’enlèvements.  La Norvège a souligné, à cet égard, le risque de confusion entre action humanitaire d’une part et action politique et militaire d’autre part que constituent, aux yeux de son représentant, les « missions intégrées » de maintien de la paix.

Pour la représentante de la Grenade, intervenant au nom des États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), les catastrophes naturelles, comme celles qui ont frappé les Caraïbes, montrent que les petits États insulaires en développement avaient besoin d’un traitement spécial et différencié en raison de leur vulnérabilité.

À l’occasion de l’hommage rendu à Yasser Arafat, M. Kofi Annan a estimé qu’il était tragique que la vision du Président de l’Autorité palestinienne n’ait pas été réalisée de son vivant, ajoutant qu’après sa disparition, Israéliens et Palestiniens devraient redoubler d’efforts pour garantir aux Palestiniens l’exercice de leur droit inaliénable à l’autodétermination.  Pour M. Jean Ping, la réalisation du rêve de Yasser Arafat d’un État palestinien indépendant vivant en paix et coopérant avec tous ses voisins serait le meilleur hommage qui pourrait lui être rendu.  Nous ne sommes pas seuls, a affirmé de son côté l’Observatrice de la Palestine, qui s’est félicitée du soutien des Nations Unies.  Les représentants de la Gambie, au nom des États africains; de l’Indonésie, au nom des États asiatiques; du Bélarus, au nom des États d’Europe orientale; du Nicaragua, au nom des États d’Amérique latine et des Caraïbes; de la Nouvelle-Zélande, au nom des États d’Europe occidentale et autres États; du Soudan, au nom des États arabes; des Pays-Bas, au nom de l’Union européenne; de la Malaisie, au nom du Mouvement des pays non alignés; de la Turquie, au nom de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI); du Sénégal, au nom du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, et de l’Égypte ont également pris la parole pour rendre hommage au Président de l’Autorité palestinienne.

Par ailleurs, l’Assemblée générale a affirmé, aux termes d’une résolution intitulée « Promotion du dialogue entre les religions » et adoptée sans vote, que la coopération entre les religions constitue une dimension essentielle du dialogue entre les civilisations et de la culture de la paix.  Cette résolution représente un jalon dans l’histoire des Nations Unies, a estimé le représentant des Philippines, tandis que pour son homologue du Kazakhstan, elle reconnaît l’engagement des religions à promouvoir la paix et la stabilité dans le monde.

Le Président de l’Assemblée générale a indiqué que les questions portant sur l’« assistance internationale d’urgence pour le rétablissement de la paix et de la normalité en Afghanistan et pour la reconstruction de ce pays dévasté par la guerre » et sur la « situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales » seraient examinées, lors d’un débat commun, le mercredi 8 décembre.

Auparavant, le mardi 23 novembre, l’Assemblée générale examinera le point concernant la « situation dans les territoires azerbaïdjanais occupés ».

Au cours du débat commun, outre les délégations citées, les représentants des Pays-Bas, au nom de l’Union européenne, du Qatar, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, de la Grenade, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), du Nigéria, au mon de l’Union africaine, de la Chine, de la Suisse, des États-Unis, de la Norvège, de l’Inde, du Japon, des Émirats arabes unis, de la Palestine, de la Guinée, de la Turquie, de l’Égypte, du Pérou, de la Zambie, de la Fédération de Russie, de la Malaisie, du Canada, de la République de Corée, de l’Indonésie, de l’Ukraine, de l’Australie, du Mexique, de la Mongolie, du Rwanda, de l’Éthiopie, d’Israël, ainsi que les observateurs de l’Union interparlementaire (UIP), du Comité international de la Croix-Rouge, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ont également pris la parole.

La prochaine séance plénière de l’Assemblée générale aura lieu, lundi 15 novembre à 10 heures.

(1)    Rapports du Secrétaire général publiés sous les cotes A/59/332, A/59/93 et A/59/374.

(2)    Rapport du Secrétaire général publié sous la cote A/59/121

RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE ET DES SECOURS EN CAS DE CATASTROPHE FOURNIS PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES, Y COMPRIS L’ASSISTANCE ÉCONOMIQUE SPÉCIALE

Rapport du Secrétaire général sur la sécurité du personnel humanitaire et protection du personnel des Nations Unies

Le présent rapport (A/59/332) recense les menaces dirigées contre la sécurité du personnel des Nations Unies entre le 1er juillet 2003 et le 30 juin 2004.  Il fait le point de l’application des mesures approuvées par l’Assemblée générale lors de sa 58ème session et rend compte des efforts qui restent à accomplir.  Outre les prises d’otages, vols à main armée et actes de harcèlement, une menace nouvelle et particulièrement redoutable est apparue lors de la période considérée: les attaques dirigées directement contre l’Organisation, comme en témoigne l’attentat à la bombe contre le Bureau des Nations Unies à Bagdad, qui a coûté la vie à 16 membres de l’Organisation et a fait plus de 150 blessés. 

Le rapport recense, lors de la période considérée, 22 décès de personnels civils de l’Organisation des suites d’actes criminels (sur un total de 218 depuis 1992).  Il comptabilise également 120 cas d’agression (dont 10 de viol ou d’atteinte à la pudeur avec violence), quatre menaces d’attentat à la bombe, sept attaques à main armée, et 1 256 vols.  Le nombre de personnes arrêtées, détenues ou portées disparues est passé de 34 à 26.

Le Bureau du Coordinateur des Nations Unies pour les questions de sécurité a procédé à une évaluation de toutes les composantes du système de gestion de la sécurité de l’ONU.  Il a renforcé la formation des agents de sécurité des différentes missions de maintien de la paix et a activement recruté des fonctionnaires qualifiés chargés de la coordination des mesures de sécurité sur le terrain.  Le rapport note que la répartition actuelle du personnel de sécurité est inadéquate et qu’elle n’offre pas au Bureau la souplesse nécessaire pour intervenir dans des situations d’urgence, comme dans le cas des élections en Afghanistan ou de la crise humanitaire au Darfour. 

Constatant que l’année dernière a été particulièrement éprouvante et que les organisations humanitaires, qu’elles soient ou non affiliées à l’ONU, étaient de plus en plus fréquemment prises pour cibles, le Secrétaire général affirme en conclusion du rapport qu’il n’y a pas de plus urgente priorité que d’assurer la protection des fonctionnaires du système des Nations Unies.  Il appelle l’Organisation à une mutation culturelle sur cette question.  Cela ne veut pas dire qu’il faut faire de nos locaux des forteresses, mais cela signifie que nous devons surveiller notre environnement d’une manière plus systématique, écrit-il, en anticipant les incidents de sécurité, en renforçant le degré de préparation et la protection.  Bien entendu, il faut pour cela des ressources adaptées aux besoins, ajoute-t-il.

Le Secrétaire général appelle tous les États Membres à supprimer immédiatement d’éventuelles restrictions à la liberté de mouvement des organisations internationales.  Déplorant par ailleurs le peu d’empressement si souvent manifesté à fournir en temps voulu des informations utiles en cas d’arrestation ou de détention d’un membre du personnel des Nations Unies recruté sur le plan local, il invite instamment tous les États à prendre des mesures plus énergiques pour que toute menace proférée ou tout acte de violence commis sur son territoire contre le personnel humanitaire et le personnel des Nations Unies et leur personnel associé fasse l’objet d’une enquête véritable et que les auteurs soient traduits en justice.  L’Organisation, conclut-il, continuera de renforcer la gestion du système de sécurité pour le bien de son personnel, mais il faut toujours se rappeler que c’est aux gouvernements hôtes qu’incombe la responsabilité principale de la sécurité du personnel des Nations Unies et des autres organismes humanitaires.

Rapports du Secrétaire général sur le renforcement de la coordination de l’aide humanitaire d’urgence fournie par les organismes des Nations Unies

Le rapport du Secrétaire général (A/59/93) évoque certains des principaux faits nouveaux et problèmes survenus au cours de l’année écoulée dans le domaine humanitaire et aborde des sujets importants tels que la gestion des catastrophes naturelles et la difficulté de faire accéder durablement à l’aide humanitaire les populations touchées par un conflit.  Soulignant l’importance d’une coordination solide et d’une planification efficace dans les domaines du développement, de l’assistance humanitaire et du maintien de la paix, il exhorte les parties au conflit à admettre le caractère neutre et impartial de l’action humanitaire menée par le système des Nations Unies.

Remarquant que l’année écoulée avait de nouveau été marquée par les catastrophes naturelles, le rapport estime qu’il faut absolument s’assurer que la réduction des risques liés aux catastrophes naturelles soit intégrée de manière plus explicite dans la planification du développement.  L’un des objectifs de la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes, qui se tiendra au Japon en janvier 2005, sera de formuler des recommandations pratiques destinées à aider les pays et la communauté internationale à apporter les améliorations nécessaires à tous les aspects de la gestion des catastrophes, indique le document.

En attendant que ces recommandations soient adoptées, le rapport invite les donateurs à poursuivre leurs efforts pour mobiliser davantage de ressources non réservées et prévisibles et les consacrer aux secours en cas de catastrophe, et à étudier la manière d’appliquer les principes de « bonne donation », afin de mieux répondre aux besoins des pays qui passent de la phase des secours à celle du développement.  Le rapport conseille également aux États Membres de soutenir et de financer la mise au point et l’utilisation de nouveaux outils intégrés de programmation, comme les quatre « R » (rapatriement, réintégration, réhabilitation et reconstruction), pour faciliter le passage de la phase de secours à celle du développement.

Le rapport du Secrétaire général (A/59/374) est présenté en application de la résolution 58/25 de l’Assemblée générale, datée du 5 décembre 2003, qui le priait de réaliser un rapport sur les progrès effectués quant à l’amélioration des interventions de la communauté internationale en cas de catastrophe naturelle.  Il évoque les différentes actions menées pour faire face aux catastrophes naturelles, tout en remarquant que l’urbanisation, la détérioration de l’environnement et l’évolution du climat laissaient supposer que les catastrophes naturelles et imputables à l’homme continueraient à croître en nombre et en intensité.

Les conséquences de ces catastrophes deviendront de plus en plus meurtrières et coûteuses si les efforts de prévention ne sont pas renforcés tant au niveau régional, national et mondial, souligne le rapport.  S’il remarque que des progrès ont certes été réalisés sur les plans du renforcement et de la coordination des mesures préventives, il estime cependant que la communauté internationale manque encore singulièrement de politiques et de pratiques systématiques visant à soutenir les interventions locales et nationales et à renforcer les capacités de prévention, qui exigent un engagement institutionnel et financier.

Le document indique que ces différentes questions seront évoquées lors de la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes, qui se tiendra à Kobe (Japon) du 18 au 22 janvier 2005.  La Conférence attirera l’attention sur le fait que le nombre de catastrophes continue à augmenter et que les catastrophes demeurent un obstacle majeur au développement durable et à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement; elle formulera aussi des recommandations pratiques pour aider les pays et la communauté internationale à améliorer la prévention et la gestion des catastrophes.

Afin de renforcer l’aide internationale en matière de catastrophes naturelles, le rapport conseille notamment aux États Membres d’élaborer des politiques et mécanismes nationaux de coordination des équipes de recherche et de sauvetage en cas de tremblement de terre, de renforcer leur coopération avec le système des Nations Unies pour l’évaluation et la coordination en cas de catastrophe, d’intégrer la prévention des risques dans leurs plans et priorités de développement en vue de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, et de continuer de soutenir la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes.

Le rapport recommande également à l’Organisation des Nations Unies de renforcer le réseau de conseillers régionaux pour l’intervention d’urgence, de renforcer ses activités de préparation en prévision des situations d’urgence pour anticiper et atténuer l’impact humanitaire des crises, d’identifier des moyens plus commodes de mobiliser les ressources, d’encourager et d’établir des partenariats entre organisations régionales, de s’attacher à combler les lacunes dans les connaissances en matière de gestion des catastrophes, et de renforcer son soutien financier en cas de catastrophe, notamment en relevant de 50 000 à 100 000 dollars par catastrophe le plafond des subventions d’urgence en espèces dans les limites des ressources existantes disponibles au titre du budget ordinaire.

Assistance au peuple palestinien

Rapport du Secrétaire général

Dans son rapport (A/59/121-E/2004/88), le Secrétaire général souligne que l’année dernière a été porteuse d’un nouvel espoir de règlement pacifique du conflit israélo-palestinien.  Le Quatuor (États-Unis, Fédération de Russie, Union européenne et ONU), a publié la Feuille de route vers la paix, dans laquelle sont énoncées des mesures précises qui permettraient de concrétiser la vision de deux États –Israël et la Palestine– vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, précise-t-il.  Les espoirs ont été encore renforcés lorsque les Premiers Ministres israélien et palestinien se sont engagés à œuvrer en vue de l’application intégrale de la Feuille de route.  Bien que la communauté internationale se soit aussi fermement engagée dans ce sens, l’exécution de la Feuille de route s’est enlisée.

Selon le Secrétaire général, les organismes et programmes des Nations Unies continuent d’offrir divers types d’assistance au peuple palestinien en raison de la situation humanitaire –de plus en plus difficile– qui règne dans le territoire palestinien occupé.  Cette assistance est fournie dans des conditions difficiles, marquées par des bouclages, des couvre-feux, des incursions et d’autres mesures prises par les militaires israéliens.  Ces mesures nuisent au bien-être du peuple palestinien et freinent l’action des organismes des Nations Unies.

Le rapport du Secrétaire général présente une description des efforts déployés par les organismes des Nations Unies, en collaboration avec leurs partenaires palestiniens et ceux de la communauté des donateurs, pour venir en aide à la population civile et aux institutions palestiniennes.

Texte de projet de résolution

Par cette résolution (A/59/L.24), l’Assemblée générale décideraitd’inscrire à l’ordre du jour provisoire de sa soixantième session la question subsidiaire intitulée « Assistance au peuple palestinien ».

Elle prierait instamment les États Membres, les institutions financières internationales des Nations Unies, les organisations intergouvernementales et non gouvernementales et les organisations régionales et interrégionales, agissant en étroite coopération avec l’Organisation de libération de la Palestine et par l’intermédiaire des institutions de l’administration palestinienne, d’apporter aussi rapidement et généreusement que possible une assistance économique et sociale au peuple palestinien. 

En outre, elle demanderait instamment aux États Membres d’ouvrir leurs marchés aux exportations palestiniennes, aux conditions les plus favorables, conformément aux règles commerciales en vigueur, et d’appliquer intégralement les accords commerciaux et les accords de coopération existants.  Elle prierait instamment la communauté internationale des donateurs, les organismes et institutions des Nations Unies et les organisations non gouvernementales d’apporter aussi rapidement que possible au peuple palestinien une assistance économique et une aide humanitaire d’urgence en vue de lutter contre les répercussions de la crise actuelle. 

Elle suggèrerait enfin que l’Organisation des Nations Unies parraine en 2005 un séminaire sur l’assistance au peuple palestinien.

Débat commun

M. KOEN DAVIDSE (Pays-Bas), qui s’est exprimé au nom de l’Union européenne, a souligné que la coordination de l’aide humanitaire est essentielle pour sauver de nombreuses vies humaines, a-t-il expliqué.  Il a cependant estimé que la coordination humanitaire ne devait pas se limiter aux acteurs humanitaires, mais devait également impliquer les partenaires politiques et militaires, entre autres.  Rappelant les liens qui existaient entre aide humanitaire et coopération au développement, M. Davidse a affirmé qu’il fallait assurer la transition entre aide d’urgence et développement dans des pays comme l’Afghanistan, le Libéria et l’Angola, par exemple, afin d’offrir de nouvelles perspectives aux peuples de ces pays.  Expliquant que c’est lors de cette période de transition que les gouvernements nationaux et la société civile devaient avoir l’occasion d’apporter leur contribution à la reconstruction de pays sortant de conflit, il a indiqué qu’une meilleure écoute et une meilleure coordination à l’égard des gouvernements, des organisations non gouvernementales et des populations concernées augmenterait les chances de résultats durables.

Rappelant les menaces à la sécurité des travailleurs humanitaires dans le monde, le représentant a estimé qu’il était essentiel que l’action humanitaire soit séparée des acteurs militaires et politiques.  Notant par ailleurs que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires indiquait une réduction progressive du financement de l’aide humanitaire, il a exhorté la communauté internationale à traduire ses promesses en paiements.

M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar), qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a souligné les principes de neutralité, d’humanité et d’impartialité qui doivent guider, selon lui, toute action humanitaire.  Elle doit être apolitique et intervenir à la demande des États concernés, a-t-il ajouté, précisant que c’est à eux qu’incombe la responsabilité de l’organisation et de la distribution de l’assistance humanitaire.  Il a estimé, à cet effet, que les États devaient s’efforcer de faciliter le travail des organisations humanitaires.

Le représentant a indiqué que le renforcement des capacités nationales constituait le meilleur moyen de coordonner l’action humanitaire en cas de catastrophe naturelle, dans la mesure où, a-t-il estimé, les travailleurs locaux étaient plus à même de surmonter les obstacles.  S’il n’est pas possible d’empêcher les catastrophes naturelles, une alerte rapide doit permettre d’en atténuer l’impact, a-t-il poursuivi.  Il a souhaité une meilleure utilisation de la télédétection et de la technologie spatiale et a souligné l’importance d’opérer des transferts de technologie vers les pays en développement.  Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure distribution de l’aide humanitaire, qui ne réponde pas seulement à des critères médiatiques.  En conclusion, il a souhaité que l’Assemblée générale apporte un large soutien au projet de résolution présenté intitulé « Coopération internationale et aide humanitaire en cas de catastrophe, du secours au développement », qui a été présenté par le Qatar au nom du Groupe des 77 et de la Chine.

Mme RUTH ELIZABETH ROUZE (Grenade), qui s’exprimait au nom des États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a rappelé que la région des Caraïbes avait été dévastée par plusieurs cyclones ces derniers mois.  Aux Gonaïves, en Haïti, a-t-elle rappelé, les inondations occasionnées par le cyclone Jeanne ont fait 1 900 morts et affecté 90% de la population de la ville.  La Grenade a également souffert de destructions majeures.  Ces catastrophes naturelles montrent que les petits États insulaires en développement avaient besoin d’un traitement spécial et différencié en raison de leur vulnérabilité aux catastrophes naturelles. 

Les institutions des Nations Unies dans les Caraïbes ont répondu de manière rapide et efficace aux situations d’urgence dans la région, a affirmé la représentante, qui a espéré que les fonds promis à Haïti et à la Grenade lors de la Conférence des donateurs à Washington seraient versés très rapidement, le but n’étant pas seulement de fournir de l’aide aux populations, mais aussi de commencer le processus de reconstruction, a-t-elle ajouté.  La représentante a également jugé essentiel que les institutions des Nations Unies disposent d’un mécanisme pour la mise en œuvre rapide des programmes et le déblocage de fonds.

M. AMINU WALI (Nigéria), qui s’est exprimé au nom de l’Union africaine, a salué les efforts en cours des Nations Unies visant à renforcer la coordination de l’aide humanitaire d’urgence, soulignant à cet égard le rôle du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.  Il a cependant regretté le fossé qui existait actuellement entre aide humanitaire et développement, de même que le manque de capacités locales pour répondre aux besoins à long terme des populations concernées.

Rappelant que le continent africain avait été exposé à un nombre croissant de conflits violents et de défis humanitaires complexes lors de la dernière décennie, M. Wali a évoqué les efforts entrepris par l’Union africaine afin de faire face à ces défis, au Darfour notamment, dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).  L’échec de la communauté internationale pour assister le Rwanda, il y a 10 ans, nous poursuit encore aujourd’hui, a-t-il dit.  Le représentant s’est déclaré convaincu que l’existence de programmes efficaces et bien financés en faveur des survivants du génocide rwandais leur permettrait non seulement de retrouver leur dignité mais constituerait également une étape importante en vue de la réconciliation au Rwanda.  Le représentant a donc tenu à remercier la communauté des bailleurs de fonds et les institutions de l’ONU pour leur aide à cet égard.

M. ZHANG YISHAN (Chine) a estimé que l’efficacité de l’aide humanitaire dépendait de la mise à disposition de ressources financières suffisantes.  Il s’est inquiété à cet égard de la baisse constante des ressources affectées à ce domaine d’activités au sein des Nations Unies et a lancé un appel aux pays donateurs afin qu’ils révisent à la hausse leur contribution humanitaire.  Il a attiré l’attention sur la sécurité et la sûreté du personnel des Nations Unies, qui était l’objet d’attaques de plus en plus nombreuses.

Le représentant a indiqué que son pays était particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles, dont le coût est estimé à 20 milliards de dollars pour l’année dernière.  Malgré cela, la Chine, a-t-il poursuivi, a fourni une aide humanitaire d’urgence aux pays en développement touchés par des catastrophes naturelles, notamment après le tremblement de terre de Bam, en Iran.  En conclusion, il a soutenu la proposition du Secrétaire général d’établir un lien entre secours et développement.

M. ANDREAS BAUM (Suisse) a estimé qu’une prise de conscience et une volonté d’agir tardaient encore à émerger.  L’accès sans entraves et inconditionnel des organisations humanitaires aux personnes en détresse, a-t-il souligné, devrait être garanti.  Nous devons trouver des moyens d’améliorer, de manière tangible et sans délai, la protection des populations civiles, notamment des femmes et des enfants.  Il a en outre rappelé que c’était au gouvernement du pays hôte qu’incombait au premier chef la responsabilité de garantir des conditions suffisantes de sécurité.  Les attaques contre le personnel humanitaire doivent être condamnées avec la plus grande fermeté et les coupables doivent être poursuivis et traduits en justice conformément à la législation nationale et au droit international, a-t-il affirmé.

Le représentant s’est également dit convaincu qu’un des moyens les plus efficaces d’améliorer durablement la protection des populations civiles ainsi que la sécurité du personnel, des biens et des installations des organisations humanitaires consistait à respecter, sans exception, le droit international humanitaire.  Il a indiqué que son pays appelait tous les États qui ne l’auraient pas encore fait à ratifier les Protocoles additionnels des Conventions de Genève ainsi que le Statut de Rome.

M. SICHAN SIV (États-Unis) s’est penché sur la crise humanitaire que traversait actuellement la région du Darfour, expliquant notamment que le Gouvernement du Soudan avait enfreint le droit international humanitaire et plusieurs résolutions du Conseil de sécurité.  Saluant le travail qu’y effectuaient les institutions des Nations Unies, les organisations non gouvernementales et le Comité international de la Croix-Rouge, entre autres, il a indiqué que les États-Unis avaient consacré plus de 300 millions de dollars d’aide humanitaire depuis le début du conflit au Darfour et dans l’est du Tchad.

M. Siv a souligné la nécessité d’œuvrer en étroite coopération pour assurer une meilleure protection des civils, faisant remarquer qu’un manque de coordination entre les institutions de l’ONU sur le terrain lors de situations d’urgence continuait de remettre en cause les efforts humanitaires, au Soudan comme ailleurs.  Il a encouragé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires et les institutions des Nations Unies à mener le travail d’aide et de protection des personnes déplacées.  Le représentant s’est également félicité du travail du personnel humanitaire à travers le monde, et a salué les initiatives visant à équilibrer le besoin de sécurité du personnel humanitaire et la capacité de ce dernier à joindre les victimes de situations d’urgence.

M. JOHAN LOVALD (Norvège) a salué le concept de « mission intégrée » pour les opérations de maintien de la paix des Nations Unies qui permet, selon lui, d’assurer une plus grande cohérence et une meilleure efficacité.  Il a cependant appelé à une mise en œuvre prudente de ce concept.  Il a fait part à cet égard du scepticisme de la communauté humanitaire, comme en témoigne l’expérience du Libéria.  Est-il possible d’avoir une structure de contrôle et de commandement unique et, en même temps, des opérations humanitaires et de développement dissociées des éléments politiques et militaires? s’est-il interrogé.  Comment assurer l’indépendance nécessaire pour l’action humanitaire dans les missions intégrées, a-t-il demandé. 

Appelant à tirer les leçons des expériences passées, il a estimé que les Nations Unies devaient garantir le respect des principes d’impartialité, d’indépendance et de neutralité de l’action humanitaire.  L’Organisation ne peut courir le risque de compromettre ces principes en associant trop étroitement action humanitaire et mission militaire ou politique, a-t-il déclaré.

Le représentant a estimé que l’absence de distinction claire et visible entre ces deux activités avait des conséquences directes sur la sécurité du personnel humanitaire.  Le soutien et la confiance des populations locales constituent la meilleure protection pour les travailleurs humanitaires et le renforcement des mesures de sécurité ne pourra pas compenser cette perte de légitimité, a-t-il dit.  Il a souligné le risque de confusion des rôles humanitaires et militaires lorsque des personnels militaires accomplissent des missions humanitaires ou de reconstruction, pour s’attirer les bonnes grâces des populations locales.  Il a estimé que c’était à l’ONU qu’il revenait de coordonner l’ensemble de l’action humanitaire dans une zone de crise.  Il a salué à cet égard le lancement d’un plan de travail pour le Soudan pour 2005, souhaitant que tous les acteurs y soient associés.  Il a souhaité en conclusion qu’un débat ouvert soit mené sur le concept de mission intégrée.

M. VAYALAR RAVI (Inde) a déclaré que le nombre de pays ayant besoin d’aide humanitaire était resté constant au cours des dernières années, mais, s’est-il inquiété, le financement des activités demeure inégal, si bien que certains pays sont sous-financés, l’exemple de la République Centrafricaine étant l’exemple le plus frappant.  L’ONU doit éviter tout déséquilibre régional ou tout financement humanitaire inégal, a-t-il estimé. 

Le représentant a affirmé que les attaques perpétrées contre le personnel humanitaire étaient injustifiées et devaient être condamnées.  L’action humanitaire des Nations Unies ne doit pas être seulement neutre, mais également être perçue comme neutre, a-t-il en outre souligné, précisant qu’elle devait respecter les principes fondamentaux de neutralité, d’humanité et d’impartialité tels qu’établis dans la résolution 46/182.  Elle devrait être apolitique et fournie seulement à la demande des pays récipiendaires, a-t-il déclaré. 

M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a estimé qu’il était temps de réexaminer les objectifs principaux de l’aide humanitaire, compte tenu du danger croissant auquel sont exposés les travailleurs humanitaires.  Compte tenu des besoins et des faibles ressources disponibles, il a affirmé que l’action humanitaire ne pouvait être durable si elle se bornait à fournir l’aide nécessaire aux peuples dans le besoin.  Le représentant a expliqué que l’aide humanitaire devrait avoir pour objectif de créer une situation dans laquelle les peuples n’auraient plus besoin d’aide, indiquant qu’impliquer davantage ces derniers dans le processus humanitaire leur permettrait de retrouver leur dignité et de devenir responsables de leur destin.  Cette approche se doit d’être promue en collaboration étroite avec le gouvernement du pays concerné, a-t-il estimé.

Pour ce faire, M. Haraguchi a expliqué qu’il fallait renforcer les partenariats dans le cadre de l’assistance humanitaire, se focaliser sur les activités de terrain, et collaborer davantage avec les acteurs impliqués dans les domaines de la prévention des conflits, du maintien de la paix et du développement.  Par ailleurs, il a souligné la menace que constituaient les catastrophes naturelles, et a rappelé que Japon accueillerait à Yokohama la Conférence mondiale des Nations Unies sur la réduction des catastrophes naturelles en janvier prochain.  Enfin, le représentant a souligné la redondance qui caractérisait le travail de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social au niveau humanitaire, et a plaidé pour une revitalisation de leurs activités dans ce domaine.

M. ABDULAZIZ NASSER AL-SHAMSI (Émirats arabes unis) a exhorté les pays donateurs à augmenter leur contribution pour financer les activités humanitaires des Nations Unies.  Il a attiré l’attention sur la situation humanitaire dans les territoires occupés palestiniens.  Il a regretté les difficultés d’accès des travailleurs humanitaires à ces territoires et a appelé Israël au respect du droit international humanitaire.  Évoquant les efforts de son pays dans le domaine de l’assistance humanitaire, le représentant a précisé que les Émirats arabes unis ont contribué à hauteur de 1 028 000 dollars aux institutions humanitaires et de développement de l’ONU, a—t-il indiqué, citant également les aides bilatérales pour la reconstruction en Afghanistan et en Iraq.  Il a fait part des préparatifs pour la deuxième Conférence de Dubaï sur l’assistance internationale, prévue en 2005.  Il a enfin salué la tenue, en janvier 2005 au Japon, de la Conférence mondiale sur prévention des catastrophes naturelles.

Mme SOMAIA S. BARGHOUTI, Observatrice de la Palestine, a remercié le Président de l’Assemblée générale, M. Jean Ping, d’avoir permis de tenir, cet après-midi, une réunion de l’Assemblée générale en hommage au Président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, au cours de laquelle toutes les délégations seront en mesure de présenter leurs condoléances.

L’Observatrice a affirmé que la situation en Palestine occupée se dégradait de jour en jour et se transformerait en catastrophe humanitaire si la communauté internationale n’intervenait pas.  Il est évident, a-t-elle dit, que la cause de cette détérioration relevait de l’attitude d’Israël qui, selon elle, créait des barrières, poursuivait les colonies et les destructions de dizaines de milliers d’habitations et qui a intensifié sa campagne sanglante depuis 2000.  Cette pratique israélienne est considérée comme un crime de guerre et une violation flagrante de la Convention de Genève, a-t-elle ajouté.  Elle s’est également dite inquiète des obstacles créés par les forces d’occupation aux Nations Unies et à leurs institutions spécialisées, lesquelles accordent leur assistance aux populations palestiniennes dans des conditions difficiles.  Pour instaurer une paix juste et durable dans la région, ainsi que la stabilité, il faut qu’Israël se retire totalement des territoires palestiniens et du Golan et reconnaisse le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la création d’un État indépendant, a-t-elle déclaré.

M. PAUL GOA ZOUMANIGUI (Guinée) a souhaité s’associer aux remarques formulées par le représentant du Qatar, qui s’était exprimé au nom du Groupe des 77 et de la Chine, et le représentant du Nigéria, qui s’était exprimé au nom de l’Union africaine.  Il a estimé que la diversité des acteurs humanitaires, ainsi que le caractère multidimensionnel des questions à résoudre, nécessitait d’une part une meilleure coordination du système des Nations Unies et, d’autre part, entre l’Organisation et les autres acteurs que sont les organisations humanitaires intergouvernementales, régionales, sous-régionales et nationales.

Le représentant a également indiqué que les questions relatives au financement des actions humanitaires étaient préoccupantes, en dépit des améliorations en cours, et a réitéré son appel aux donateurs afin de poursuivre leurs efforts en vue de mobiliser les ressources pour la prévention des catastrophes ainsi que pour les secours aux pays victimes de catastrophes.  M. Zoumanigui a également rappelé la situation que connaissait le sud-est de la Guinée, qui reste un sujet de préoccupation pour son Gouvernement, et a souhaité que la communauté internationale, les Nations Unies particulièrement, participent à la recherche d’une solution durable.

M. ERSIN ERÇIN (Turquie) a rappelé que les catastrophes naturelles avaient causé la mort de 175 000 personnes en 2003 et 2004.  Il a estimé que, sans une coordination efficace de la prévention des risques et de la coordination de l’action humanitaire, le nombre de victimes des catastrophes n’ira qu’en augmentant.  Il a indiqué que son pays avait lui-même été particulièrement affecté.  Les tremblements de terre de 1999 avaient permis à la Turquie et à la Grèce d’unir leurs efforts en créant une unité d’action rapide, a rappelé le représentant.  Il a souhaité un renforcement de l’effort international pour les opérations de recherche et de sauvetage, dont il a regretté qu’elles n’aient pas été suffisamment développées dans le rapport du Secrétaire général publié sous la cote A/59/374.  Il a également estimé que les recommandations contenues dans ce rapport n’étaient pas suffisamment précises.  Regrettant la publication tardive du rapport, il a indiqué que la Turquie ne soumettrait pas dans l’immédiat de projet de résolution sur l’aide aux opérations de recherche et de sauvetage.

M. TAREK ADEL (Égypte) a souligné la nécessité d’améliorer la coordination entre les différents mécanismes, le but étant de fournir une aide et une méthode efficaces dans les zones touchées par les catastrophes naturelles.  Il est nécessaire de renforcer l’aide humanitaire conformément aux principes internationaux de solidarité et des principes énoncés dans la Charte des Nations Unies, a-t-il ajouté.  Selon le représentant, les modes de financement de l’aide humanitaire ne sont toujours pas appropriés.  Il a lancé un appel aux États donateurs pour qu’ils appuient les recommandations du Secrétaire général contenues dans son rapport, ainsi que le processus d’organisation de la conférence qui aura lieu l’an prochain sur les catastrophes naturelles.  Le représentant s’est également déclaré de plus en plus préoccupé par les risques qui pèsent sur le personnel humanitaire, et des attaques ciblant les locaux des Nations Unies.  Il est urgent que l’ONU fasse tout pour assurer la protection du personnel humanitaire, a-t-il souligné. 

Avant d’aborder le point concernant l’aide au peuple palestinien, le représentant a estimé que le décès de Yasser Arafat constituait une perte, non seulement pour le peuple palestinien mais également pour le monde.  Il a ensuite lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle intervienne de manière efficace afin de venir en aide au peuple palestinien et que soit mis un terme aux pratiques qui ont engendré ses souffrances.  L’aide de la communauté internationale au peuple palestinien est un moyen, et non une fin en soi, a-t-il dit, précisant que le but était que le peuple palestinien puisse décider de son sort librement et créer un État souverain.

M. OSWALDO DE RIVERO (Pérou) a estimé que l’importance croissante de l’aide humanitaire assurée par les Nations Unies indiquait clairement que l’Organisation n’arrivait pas à s’acquitter de son mandat principal, à savoir le maintien de la paix.  Cet état de fait devrait nous préoccuper, a-t-il affirmé, expliquant que l’ONU ne s’attelait plus suffisamment à prévenir les conflits et à les résoudre.  Or, ce sont ces mêmes conflits qui génèrent le principal besoin d’aide humanitaire, a-t-il ajouté, affirmant que les Nations Unies étaient en train de se transformer en un service mondial de soins intensifs, en « une autre Croix-Rouge » en quelque sorte.

M. de Rivero a également estimé que le concept de « transition » qui relie la phase d’allocation d’aide d’urgence à celle du développement était confus, et prêtait dès lors à des interprétations différentes, ce qui pouvait nuire aux contributions financières.  Expliquant que le développement était bien plus difficile à atteindre que le terme « transition » ne pourrait le laisser croire, il a plaidé pour une approche plus réaliste et plus modeste.  Le représentant a également remarqué que l’aide humanitaire dans les pays touchés par des conflits comportait parfois une approche politisée, alors que ce type d’aide à la suite de catastrophes naturelles n’avait fait que redorer le blason des Nations Unies.  M. de Rivero a par ailleurs observé que ces catastrophes tendaient à augmenter, et a donc appelé les Nations Unies à renforcer leur aide à cet égard.

M. BERNARD MPUNDU (Zambie) a souhaité que l’aide humanitaire d’urgence, compte tenu de l’importance du sujet, reste inscrite à l’ordre du jour de la séance plénière de l’Assemblée générale.  Il s’est prononcé pour une approche coordonnée afin d’éviter le double emploi et de réduire les coûts.  Soulignant la nécessité de disposer de ressources financières et matérielles, il a estimé que le succès d’une action humanitaire dépend en grande partie de l’environnement dans lequel elle était menée.  À cet égard, la sécurité et la protection du personnel humanitaire revêtent une importance fondamentale, a-t-il dit.  Il a soutenu l’appel du Secrétaire général pour mobiliser 1,7 milliards de dollars pour les activités humanitaires des Nations Unies.

M. NICOLAY V. CHULKOV (Fédération de Russie) s’est félicité du travail fourni par les Nations Unies visant à la coordination de l’aide humanitaire d’urgence.  Il a estimé nécessaire d’adopter des mesures efficaces pour protéger le personnel des Nations Unies.  Il est également nécessaire d’améliorer la protection juridique de ce personnel, a-t-il ajouté.  Selon lui, la communauté humanitaire doit respecter les principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité, le personnel humanitaire devant aussi respecter les pratiques et les traditions locales.  Les activités humanitaires doivent se fonder sur les principes humanitaires énoncés dans la Charte des Nations Unies, a insisté le représentant.

Le représentant a par ailleurs souligné l’interaction de plus en plus importante entre le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social dans les situations postconflit.  Il a jugé nécessaire de renforcer les mécanismes institutionnels nationaux et les autres mécanismes afin de fournir une aide d’urgence efficace.

Le représentant s’est par ailleurs félicité des efforts déployés par l’ONU visant à attirer l’attention de l’opinion publique internationale aux situations d’urgence oubliées.  Il a précisé que son pays avait apporté une aide humanitaire à l’Éthiopie, à l’Érythrée, à l’Iran, à la Chine, à l’Algérie, à l’Équateur, au Tadjikistan, au Kirghizistan, à la Géorgie, à la Moldavie pour un total supérieur à 6,2 millions de dollars. 

Suite du débat commun

M. GILBERT LAURIN (Canada) a affirmé que la communauté internationale devait réagir fermement aux violations du droit humanitaire et des droits de la personne et mieux parvenir à promouvoir la responsabilité des États touchés afin d’assurer la protection des civils, et de se tenir prête à réagir lorsque ces États ne protègent pas les civils.  Nous devons mieux utiliser tous les outils que nous avons mis au point au cours des cinq dernières années pour protéger les civils et en créer de nouveaux lorsqu’ils sont justifiés, a-t-il dit, ajoutant qu’il fallait combattre énergiquement l’impunité.  Le représentant a encouragé fortement les Nations Unies à renforcer le dialogue avec les organisations régionales pour promouvoir la protection des civils. 

Selon lui, il importe de clarifier les rapports entre les acteurs politiques, humanitaires et militaires.  Le Canada appuie le concept des missions intégrées, a-t-il dit, mais la détermination du moment, où le recours à ce type de mission est requis, devrait être facilitée par un dialogue accru avec les acteurs de l’aide humanitaire des Nations Unies. 

M. KIM SAM-HOON (République de Corée) a condamné l’enlèvement des observateurs de l’ONU pour les élections en Afghanistan, qui soulignent, à ses yeux, les dangers grandissants auxquels doivent faire face les travailleurs humanitaires et les personnels des Nations Unies.  Il a salué le renforcement des mesures de sécurité décidées par le Secrétaire général.  Il a souhaité qu’une plus grande attention soit apportée à l’égalité hommes-femmes dans l’approche humanitaire et que l’on prenne mieux en compte le cas des femmes dans les situations d’urgence.  Il a souligné la nécessité d’une plus grande transparence et d’une meilleure allocation des ressources.  Sa délégation, a-t-il indiqué, soutient la proposition visant à mettre l’accent sur la transition du secours au développement. 

M. MARKIYAN KULYK (Ukraine) a souligné que son pays s’inquiétait de l’augmentation de la pandémie de VIH/sida dans les crises humanitaires qui, a-t-il dit, amplifie les souffrances des populations civiles.  Selon lui, les efforts en vue de régler ce problème seraient plus efficaces s’ils étaient renforcés par une action concrète de la part des États Membres, en particulier par le biais du développement de stratégies nationales visant à empêcher la propagation du VIH/sida parmi les travailleurs humanitaires et les membres des missions de maintien de la paix.

Le représentant s’est également attardé sur les conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en espérant, notamment, que la communauté des pays donateurs continue à contribuer au financement de projets de santé sur le terrain.

M. ROD SAWFORD (Australie) a rappelé que la protection des civils incombait en premier lieu aux gouvernements nationaux.  Il a cependant constaté que l’exemple du Darfour démontre que les intimidations et le viol étaient malheureusement souvent utilisés contre les civils.  Sa délégation se félicite des mesures visant à renforcer la sécurité des personnels humanitaires et des Nations Unies.  Par ailleurs, le représentant a encouragé la mise en place de missions intégrées de maintien de la paix, tout en souhaitant qu’elles soient mieux définies.  Il a également souhaité que la réponse humanitaire serve de base à la reconstruction et s’est félicité de l’accent mis par les Nations Unies sur les périodes de transition.  Il a espéré que la Conférence de Yokohama, prévue pour l’année prochaine, permettra de mieux anticiper les catastrophes naturelles et d’en limiter les effets.  Le représentant a enfin insisté sur le renforcement de la coordination des activités humanitaires et une meilleure prise en compte du rôle des femmes pour faire progresser la situation dans les pays concernés.

Mme JENNIFER FELLER (Mexique) a rappelé que la récente saison des ouragans avait fait 2 500 morts, et que lors des 12 derniers mois, 285 millions de personnes avaient été affectées par les catastrophes naturelles, qui ont causé des dommages matériels de plus de 65 milliards de dollars.  Face à cette tendance, on ne peut pas uniquement se contenter de réagir, a-t-elle estimé, ajoutant qu’il fallait adopter une attitude proactive, basée sur une stratégie intégrale.  Cette stratégie devrait notamment garantir à tous l’accès à des services de santé, à l’éducation et à l’information.

Réaffirmant les principes d’humanité, de neutralité et d’impartialité qui régissent la fourniture d’aide humanitaire, Mme Feller a expliqué que c’est aux États qu’incombait la responsabilité centrale d’organiser et de coordonner l’aide humanitaire sur leur territoire.  L’État se doit également, en collaboration avec la société civile et les institutions humanitaires, d’évaluer ses besoins d’aide afin de mieux réguler le flux humanitaire.  La représentante a souligné l’importance du leadership de l’ONU et du Conseil économique et social dans le domaine humanitaire, évoquant par ailleurs le rôle croissant joué par les organisations non gouvernementales en la matière et la nécessité de les impliquer davantage dans cet effort.  Elle a également exhorté la communauté internationale à ratifier le Protocole de Kyoto, expliquant que la fréquence croissante des catastrophes naturelles était due à la dégradation de l’environnement.

M. CHOISUREN BAATAR (Mongolie) a affirmé que le rôle des Nations Unies était d’assurer la neutralité, l’impartialité et la souveraineté des États dans les approches humanitaires.  Selon lui, les problèmes internationaux de caractère humanitaire doivent être réglés par le biais de la coopération internationale et une approche commune.  Le représentant s’est en outre déclaré préoccupé par l’ingérence d’organisations commerciales et de forces militaires dans les activités humanitaires. 

Par ailleurs, le représentant a souligné la vulnérabilité de son pays face aux catastrophes naturelles, comme les avalanches, les sécheresses, les inondations et les tremblements de terre.  Avec le soutien du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Gouvernement de la Mongolie a pris des mesures importantes, a-t-il affirmé.  Ainsi, a-t-il ajouté, nous sommes passés d’un contrôle militaire à un contrôle civil de la gestion des catastrophes, en prenant une série de mesures, notamment l’adoption d’une nouvelle loi sur la protection civile en juin 2003 et la création en janvier 2004 de l’Agence nationale de gestion des catastrophes naturelles. 

M. STANISLAS KAMANZI (Rwanda) a rappelé que le génocide de 1994 avait totalement décimé le tissu social, économique et politique de son pays.  Dix ans plus tard, des progrès ont été réalisés, mais les plus vulnérables, c’est-à-dire les survivants du génocide, continuent à en subir les conséquences et leurs conditions de vie sont toujours aussi désespérées.  Il a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle appuie le projet de résolution qu’à l’intention de présenter l’Union africaine et réfléchisse à la manière dont les Nations Unies peuvent venir en aide aux survivants du génocide de 1994.

M. TERUNEH ZENNA (Éthiopie) a présenté l’expérience de son pays dans le domaine de l’aide humanitaire en matière de coordination, de transition entre aide d’urgence et développement et de partenariats.  Rappelant que la sécheresse fréquente en Éthiopie avait exposé 13,2 millions de personnes à la famine en 2003, il a expliqué que cette crise avait pu être atténuée grâce à la collaboration entre le Gouvernement de l’Éthiopie, les institutions, fonds et programmes des Nations Unies, la communauté des donateurs et les organisations non gouvernementales.

M. Zenna a cependant indiqué que malgré l’amplitude de ces efforts, les calamités de la nature semblaient continuer à remettre en cause les tentatives visant à atténuer les effets de la sécheresse.  Il s’est penché sur les causes profondes d’insécurité alimentaire de son pays, et a évoqué les grandes lignes du plan d’action de son Gouvernement afin d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la faim.

M. CHAIM SHACHAM (Israël) a consacré son intervention à l’assistance du peuple palestinien, en cette journée de tristesse pour le peuple palestinien, a-t-il dit, qui est également, selon lui, l’occasion d’un nouvel élan pour les deux parties dans le processus de paix.  Israël continue, dans des conditions de sécurité difficiles, à faire tout ce qu’il peut pour répondre aux besoins humanitaires du peuple palestinien, alors qu’il doit faire face à une brutale campagne de terreur palestinienne contre ses citoyens.  Le représentant a affirmé que le rapport du Secrétaire général soulignait que l’Autorité palestinienne n’avait pas mis fin à la violence et au terrorisme.  Israël est engagé à contribuer à l’amélioration de la situation humanitaire, a déclaré le représentant, précisant que son pays avait développé une relation de travail beaucoup plus efficace avec les organisations donatrices sur le terrain.

En facilitant une plus grande autodétermination des Palestiniens, et en exhortant le leadership palestinien à se montrer à la hauteur de ses propres obligations, nous espérons que le processus de paix pourra reprendre pied, a-t-il ajouté.  Ni les Israéliens ni les Palestiniens ne parviendront à la prospérité, à la sécurité, à la dignité qu’ils méritent tant qu’il ne sera pas mis fin à la stratégie brutale du terrorisme et qu’il n’y aura pas d’engagement pour résoudre les questions en suspens dans un esprit de reconnaissance et de compromis mutuels, a-t-il assuré.  Selon lui, aucune paix ne peut se faire si le leadership palestinien, au lieu de s’attacher à la création d’un État viable, démocratique, responsable et pacifique, continue à viser la destruction de l’État israélien.  Avec un nouveau leadership prêt à assumer ses responsabilités, le peuple palestinien trouvera en Israël un partenaire de négociation pour la paix, dans le cadre du processus de la Feuille de route, volontaire, responsable et engagé.

M. GEORGES PACLISANU, Observateur du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a défendu le principe d’une action humanitaire impartiale, indépendante et neutre, dissociée clairement de l’action politique et militaire.  Il a indiqué que le CICR ne pouvait souscrire à des approches combinant les actions politique, militaire et humanitaire dans les conflits armés.  Il a insisté à cet égard sur le respect de l’identité, du mandat et des principes opérationnels de chacun des acteurs.  Il a estimé que c’est sur ces bases que devait reposer la coordination des opérations humanitaires.  La coordination, a-t-il poursuivi, implique un dialogue régulier et des consultations, afin d’éviter les doubles emplois et d’échanger des expériences.  Le CICR coordonne ses efforts avec les autres acteurs humanitaires sans toutefois se subordonner à eux.  Il a estimé vital pour son organisation de préserver son indépendance et sa neutralité, qui lui permettent d’être acceptée par toutes les parties dans un conflit armé. 

M. LUCA DALL’OGLIO, Observateur de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), a tenu à remarquer les efforts considérables accomplis lors des derniers mois afin d’améliorer les capacités combinées des acteurs humanitaires visant à proposer des réponses plus prévisibles, mieux coordonnées et plus adéquates aux problèmes de déplacement interne.  Il a souligné l’importance d’une approche proactive de terrain dans cet effort.

Mme CAROLE POWELL, Observatrice de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, s’est félicitée du dialogue constant de son organisation avec les Nations Unies.  Elle a souhaité que les communautés soient davantage associées à la conception et à la distribution de l’aide humanitaire.  Elle a insisté sur le besoin de coordination, face à la multiplication des acteurs perçus par les États comme relevant de l’action humanitaire.  Citant le rapport Cardoso, elle a insisté à cet égard sur la nécessaire implication de la société civile.  Il n’y aura pas de solution coordonnée sans participation de la communauté, a-t-elle estimé, en donnant l’exemple des Sociétés de la Croix-Rouge des Caraïbes lors du passage des cyclones.  Le défi ne consiste pas simplement à coordonner l’assistance humanitaire, mais à s’assurer qu’elle parvient bien aux personnes qui en ont le plus besoin, de manière rapide, efficace et durable, a-t-elle conclu.

CULTURE DE PAIX

Présentation et adoption d’un projet de résolution sur la promotion de la coopération entre les religions

Reconnaissant l’attachement de toutes les religions à la paix, l’Assemblée générale, aux termes de ce texte (A/59/L.15/Rev.1), présenté par les Philippines au nom de ses coauteurs et adopté sans vote, affirme que la compréhension mutuelle et le dialogue entre les religions constituent une dimension essentielle du dialogue entre les civilisations et de la culture de paix.  Elle prend note avec satisfaction du travail de l’UNESCO sur le dialogue entre les religions et encourage les organismes compétents des Nations Unies à travailler en coopération étroite avec cette organisation et à coordonner leurs efforts dans ce domaine.  L’Assemblée invite le Secrétaire général à porter la promotion du dialogue entre les religions à l’attention de tous les gouvernements et de toutes les organisations internationales intéressées, et de lui présenter, à sa prochaine session, un rapport sur la question.

Explications de position

Le représentant des Philippines s’est félicité de l’adoption par consensus du projet de résolution et a remercié les coauteurs de ce texte.  Il s’est déclaré convaincu qu’ils incarnent la diversité évoquée dans le texte qui constitue, selon lui, un jalon dans l’histoire des Nations Unies.

Le représentant du Kazakhstan a estimé qu’il s’agissait d’une résolution importante, car elle reconnaissait l’engagement des religions à promouvoir la paix et la stabilité dans le monde.  Il a également tenu à saluer le travail de la délégation des Philippines.

Hommage à la mémoire du Président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat

M. JEAN PING (Gabon), Président de l’Assemblée générale, a rappelé que Yasser Arafat, qui était considéré comme le père de la nation, avait consacré sa vie à la création d’un État palestinien.  Il avait, en signant les Accords d’Oslo, accepté le principe de la coexistence pacifique des deux États palestinien et israélien, a-t-il ajouté.  M. Ping a estimé que la réalisation du rêve de Yasser Arafat d’un État palestinien indépendant vivant en paix et coopérant avec tous ses voisins serait le meilleur hommage qui pourrait lui être rendu.

M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a souligné que Yasser Arafat avait exprimé et symbolisé pendant près de quatre décennies les aspirations nationales du peuple palestinien.  Il faisait partie de ces rares dirigeants immédiatement reconnaissables dans le monde entier, a-t-il ajouté.  Il a estimé que Yasser Arafat resterait dans l’histoire pour avoir conduit les Palestiniens à accepter, en 1988, le principe de coexistence pacifique entre Israël et un futur Etat palestinien, et pour avoir fait un pas de géant dans cette direction en signant, en 1993, les Accords d’Oslo.  Il est tragique que sa vision ne se soit pas réalisée de son vivant, a déclaré le Secrétaire général, ajoutant qu’après sa disparition, Israéliens et Palestiniens devraient redoubler d’efforts pour garantir aux Palestiniens l’exercice de leur droit inaliénable à l’autodétermination. 

Il y a 30 ans, a-t-il rappelé, dans cette même enceinte, Yasser Arafat avait été le premier représentant d’une organisation non gouvernementale à s’exprimer devant l’Assemblée générale.  Depuis 55 ans, a-t-il poursuivi, les Nations Unies œuvrent pour le peuple palestinien dans les domaines de la santé, du logement, et de l’éducation.  Dans le domaine politique, a-t-il dit, l’ONU poursuit ses efforts pour faire appliquer la Feuille de route, avec pour objectif l’établissement d’une paix juste et durable, qui passe, a-t-il indiqué, par la création d’un État palestinien souverain, démocratique, viable et contigu, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité avec l’État d’Israël.  M. Annan a souhaité en conclusion que le peuple palestinien trouve la force et le courage d’aller de l’avant, pour le bien-être des générations futures.

M. CRISPIN GREY-JOHNSON (Gambie), qui s’est exprimé au nom des États d’Afrique, s’est dit profondément attristé par le décès du Président Yasser Arafat, qui a personnifié le nationalisme palestinien.  Yasser Arafat a vécu pour l’avancement de la cause palestinienne, a expliqué M. Johnson, indiquant que la question palestinienne avait bénéficié d’une attention accrue grâce à lui.  Soulignant les efforts entrepris par Yasser Arafat pour que son peuple renonce à la violence, le représentant gambien a rappelé que le défunt Président avait reçu le prix Nobel de la paix en 1994 pour son travail avec Itzack Rabin.  Il a consacré toute sa vie au peuple palestinien, pour le meilleur et pour le pire, a affirmé M. Johnson, ajoutant qu’il avait laissé son empreinte dans les annales de l’histoire.  Le représentant a adressé ses condoléances à la famille de Yasser Arafat et à tout son peuple.

M. REZLAN ISHAR JENIE (Indonésie), qui s’est exprimé au nom des États d’Asie, a rendu hommage au Président Yasser Arafat, qui est décédé ce matin à Paris.  Se joignant au peuple palestinien dans le deuil, il a regretté que Yasser Arafat n’ait pas vécu assez longtemps pour voir la création d’un État palestinien indépendant.  L’occupation illégale du territoire palestinien n’avait pas permis au rêve du Président Arafat de devenir réalité de son vivant.  Expliquant que la détermination de Yasser Arafat à conduire le peuple palestinien à la paix n’avait jamais décliné, le représentant a rappelé que le défunt Président avait reçu le prix Nobel de la paix en 1994.  Le représentant était convaincu que la paix était indispensable aux ambitions palestiniennes d’indépendance et de souveraineté, a ajouté M. Jenie, soulignant cependant que la férocité de la répression du peuple palestinien n’avait pas décliné au fil des années.  L’Asie entière exprime ses profondes condoléances au peuple de Palestine et à la famille de Yasser Arafat, a conclu le représentant.

M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus), au nom des États d’Europe orientale, a déclaré que la vie du Président Yasser Arafat avait été étroitement liée à la lutte du peuple palestinien pour l’exercice de ses droits inaliénables.  Il a toujours plaidé pour la cause palestinienne qui a culminé vers les Accords d’Oslo en 1993, a-t-il affirmé, soulignant qu’il avait laissé une empreinte importante et indiscutable dans toute l’histoire du Moyen-Orient.  Le représentant a adressé ses condoléances à la famille du Président Arafat ainsi qu’au peuple palestinien.

M. EDUARDO SEVILLA SOMOZA (Nicaragua), au nom des États d’Amérique latine et des Caraïbes, a affirmé que pour de nombreux Palestiniens, Yasser Arafat était leur dirigeant, leur maître, le mère de l’État.  Il a exprimé ses profondes condoléances au peuple palestinien ainsi qu’à tous les membres de la famille du défunt.  Le représentant a appelé les Palestiniens à maintenir vivants les idéaux de leur représentant en vue de la création d’un État libre, souverain et épris de paix.

M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) qui s’exprimait au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États, a déclaré que Yasser Arafat était respecté par les Palestiniens en tant que dirigeant qui avait symbolisé leur longue quête d’un État indépendant et avait accepté le principe de la coexistence pacifique entre Israël et un futur État palestinien.  Il revient maintenant à la direction palestinienne d’endosser la lourde responsabilité de mener à bien la vision de deux États vivant côte à côte dans la paix et la sécurité, a-t-il ajouté, espérant que la communauté internationale saurait apporter son soutien à cette vision.

M. OMAR BASHIR MOHAMED MANIS (Soudan), qui s’exprimait au nom du Groupe des États arabes, a espéré que le peuple palestinien aurait bien son État indépendant, cause pour laquelle, a-t-il rappelé, Yasser Arafat avait sacrifié sa vie.  Au nom de ses idéaux, il avait subi toutes les tortures les plus injustifiées, a-t-il estimé, soulignant qu’il avait toujours gardé sa force et sa foi, même dans les périodes les plus sombres.  Malgré la maladie, le Président palestinien a poursuivi jusqu’au bout sa quête d’un règlement pacifique, a-t-il dit, en espérant que son appel pour la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale puisse se réaliser.  Rendant hommage à la sagesse et à la grande vision de Yasser Arafat, qui avait su maintenir l’unité de son peuple sans discrimination, il a espéré que le dirigeant disparu resterait une source d’inspiration pour ses frères palestiniens.

M. DIRK JAN VAN DEN BERG (Pays-Bas), qui s’est exprimé au nom des pays de l’Union Européenne, a présenté ses profondes condoléances à Mme Arafat, à la famille du Président défunt ainsi qu’au peuple palestinien tout entier.  Ce peuple a perdu un dirigeant historique et un Président élu, a expliqué le représentant, en faisant remarquer que Yasser Arafat n’aura pas vécu pour voir la naissance d’un État palestinien.  Il a souligné que le peuple palestinien pouvait compter sur le soutien constant de l’Union Européenne afin de trouver une solution pacifique, durable et juste à ce conflit, indiquant que cet objectif pouvait être atteint tant par les Israéliens que par les Palestiniens.

M. RASTAM MOHD ISA (Malaisie), qui s’est exprimé au nom du Mouvement des pays non alignés, a rendu hommage au Président défunt Yasser Arafat, et a présenté ses sincères condoléances à Mme Arafat et à la famille du Président, ainsi qu’à l’Autorité et au peuple palestiniens.  On se souviendra de Yasser Arafat pour son courage et sa détermination à garantir le droit inaliénable à l’autodétermination du peuple palestinien, et sa revendication d’un État souverain, a affirmé M. Isa.  Il a également rappelé que le Président Arafat avait consacré sa vie à ce combat et était resté jusqu’à sa mort le dirigeant dûment élu du peuple palestinien, et par conséquent son représentant légitime, même si certains n’ont pas voulu le reconnaître.  Par ailleurs, M. Isa a exhorté les États Membres à suivre attentivement la situation en Palestine et à mettre en œuvre la Feuille de route.

M. ALTAY CENGIZER (Turquie), au nom de l’Organisation de la Conférence islamique (OCI), a affirmé qu’avec Yasser Arafat disparaissait un vaillant leader du peuple palestinien.  Nous sommes aux côtés de nos frères et soeurs palestiniens dans leur chagrin, a-t-il affirmé, rendant hommage à la lutte menée par Yasser Arafat pour la justice jusqu’à la fin de vie.  Nous saluons ses idéaux qui vivront toujours, a-t-il déclaré.

M. PAUL BADJI (Sénégal), au nom du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, a affirmé que le peuple palestinien avait perdu un des militants les plus ardents de sa cause, un stratège hors pair et un visionnaire qui a été le symbole du courage, de la ténacité et de la résistance du peuple palestinien.  Il a espéré que les Palestiniens resteront déterminés à continuer sur la voie de la paix tracée par le Président Arafat.  Nous soutiendrons le peuple palestinien jusqu’à la réalisation complète de ses droits inaliénables, a-t-il ajouté.  La Feuille de route est la meilleure voie pour un règlement juste et définitif du conflit, a-t-il estimé, adressant ses condoléances les plus attristées à la famille de Yasser Arafat ainsi qu’au peuple palestinien.

M. AMR ABDOUL ATTA (Égypte) a estimé que le décès de Yasser Arafat était une grande perte pour le monde arabe mais aussi pour la planète tout entière.  L’histoire n’oubliera jamais les sacrifices qu’il a consentis, a-t-il poursuivi, en invoquant le Mahatma Gandhi et Nelson Mandela, d’autres grands dirigeants qui ont lutté pour la libération de leurs peuples.  Il a estimé que Yasser Arafat avait non seulement été le symbole de cette lutte, mais aussi un dirigeant politique qui a plaidé pour obtenir un règlement pacifique du conflit, afin de mettre fin aux effusions de sang.  Il faudra faire triompher les droits légitimes du peuple palestinien, a-t-il déclaré, en ajoutant qu’il n’oublierait pas les humiliations infligées à Yasser Arafat, qui avait été assiégé dans son propre pays.  Espérant que le peuple palestinien saurait surmonter cette disparition, il s’est dit confiant dans le triomphe des valeurs défendues par Yasser Arafat.  Constatant que la situation évoluait rapidement dans la région, il a souhaité le retour rapide des deux parties à la table des négociations et a pris acte de l’intention renouvelée d’une des deux parties de reprendre les pourparlers.

Mme SOMAIA BARGHOUTI, Observatrice de la Palestine, a déclaré que le peuple palestinien avait perdu un éminent dirigeant, dont les enseignements, a-t-elle estimé, sont utiles à toute l’humanité.  Yasser Arafat qui avait espéré faire de Jérusalem la capitale de la Palestine indépendante, reposera non loin de la mosquée de Al-Aqsa, a-t-elle poursuivi.  Elle a estimé que le grand courage et la sage direction du Président Arafat allaient manquer au peuple palestinien.  Nous ne sommes pas seuls, a-t-elle ajouté, en se félicitant du soutien des Nations Unies.  Votre appui nous donnera la confiance nécessaire, a-t-elle déclaré aux États Membres.

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