L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ÉLIT LE COSTA RICA ET L’ALBANIE AU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

29 octobre 2004
AG/10290

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ÉLIT LE COSTA RICA ET L’ALBANIE AU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL

29/10/2004
Communiqué de presse
AG/10290


Assemblée générale

46e séance plénière – matin


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE ÉLIT LE COSTA RICA ET L’ALBANIE AU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL


Elle examinera au cours de cette session

la« situation dans les territoires azerbaïdjanais occupés »


L'Assemblée générale a élu, ce matin, les deux derniers nouveaux membres du Conseil économique et social, le Costa Rica et l’Albanie.  Ils rejoignent l’Afrique du Sud, l’Australie, le Brésil, la Chine, le Danemark, la Fédération de Russie, la Guinée, l’Inde, l’Islande, la Lituanie, le Mexique, le Pakistan, la République démocratique du Congo, le Royaume-Uni, le Tchad et la Thaïlande, qui avaient été élus la veille pour un mandat de trois ans.


L’élection de l’Albanie, dernier candidat du Groupe des États d'Europe orientale appelé à siéger au Conseil économique et social, a nécessité trois tours de scrutin.  Elle a finalement été désignée aux dépens de l’Ex-République yougoslave de Macédoine, par 118 voix contre 53.


Quatre tours de scrutin ont été nécessaires pour désigner le dernier représentant du Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes au Conseil économique et social, le Costa Rica l’emportant finalement sur le Venezuela, par 130 voix contre 40.


À compter du 1er janvier 2005, ces 18 nouveaux membres remplaceront les pays suivants dont le mandat expire le 31 décembre 2004: Australie, Bhoutan, Burundi, Chili, Chine, El Salvador, Fédération de Russie, Finlande, Ghana, Guatemala, Hongrie, Inde, Jamahiriya arabe libyenne, Qatar, Royaume-Uni, Suède, Ukraine et Zimbabwe.


Le Conseil économique et social -qui aux termes de la Charte est l’organe principal de coordination des activités économiques et sociales de l’Organisation des Nations Unies- est composé de 54 États Membres de l'Organisation des Nations Unies élus par l'Assemblée générale.  Dix-huit membres sont élus chaque année pour une période de trois ans, et les membres sortants sont immédiatement rééligibles.


Les 36 autres États qui siègeront au Conseil économique et social en 2005 sont les suivants: Allemagne, Arabie saoudite, Arménie, Azerbaïdjan, Bangladesh, Belgique, Belize, Bénin, Canada, Colombie, Congo, Cuba, Émirats arabes unis, Équateur, Espagne, États-Unis, France, Indonésie, Irlande, Italie, Jamaïque, Japon, Kenya, Malaisie, Maurice, Mozambique, Namibie, Nicaragua, Nigéria, Panama, Pologne, République de Corée, République-Unie de Tanzanie, Sénégal, Tunisie, Turquie.


Par ailleurs, l’Assemblée générale, suivant les recommandations du Bureau*, a décidé d’inscrire à l’ordre du jour de la présente session, à la demande de l’Azerbaïdjan et de la Turquie, la question additionnelle intitulée « situation dans les territoires azerbaïdjanais occupés ».  La décision a été adoptée par 42 voix pour, 2 contre et 99 abstentions, après un débat dont le Président de l’Assemblée a rappelé qu’il ne devait pas porter sur le fond.


L’Assemblée a décidé, conformément aux recommandations du Bureau, d’inscrire à l’ordre du jour de la présente session les questions additionnelles suivantes: « zone de paix andine », qui sera examinée directement en séance plénière, « statut d’observateur pour l’Association sud-asiatique de coopération régionale », qui sera renvoyée à la Sixième Commission.  Elle a en outre décidé d’inscrire le point subsidiaire additionnel intitulé « élection d’un membre de la Cour internationale de Justice » à l’ordre du jour de la présente session au titre du point 15 sous la rubrique i).


L’Assemblée générale a également adopté sans vote sept résolutions**, dont les projets étaient recommandés par la Cinquième Commission.


L’Assemblée générale poursuivra son débat commun lundi à partir de 9 h 30.  En effet, le Président de l’Assemblée a rappelé aux membres que lors des deux dernières semaines du mois de Ramadan, à savoir du lundi 1er novembre au jeudi 11 novembre 2004, les horaires des séances plénières et des séances des grandes commissions seraient de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 17 h 30 au plus tard.


* Rapport publié sous la cote A/59/250/Add.3


** Ces résolutions proviennent des rapports suivants: Aspects administratifs et budgétaires du financement des opérations de maintien de la paix des Nations Unies: rapport de la Cinquième Commission (A/59/532), Financement de la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental: rapport de la Cinquième Commission (A/59/531), Financement de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone: rapport de la Cinquième Commission (A/59/527), Financement de l’Opération des Nations Unies au Burundi: rapport de la Cinquième Commission (A/59/528), Financement de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire: rapport de la Cinquième Commission (A/59/529),Financement de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti: rapport de la Cinquième Commission (A/59/530)



Débat


Le représentant de l’Arménie a dénoncé la tentative d’introduire une nouvelle question à l’ordre du jour en utilisant un artifice de procédure, alors que la question n’a pas de caractère urgent et ne fait pas l’objet d’un consensus.  Constatant que les États qui ont soutenu la demande de l’Azerbaïdjan appartiennent tous à l’Organisation de la conférence islamique (OCI), il a affirmé que le conflit du Haut Karabakh n’avait aucune connotation religieuse.  Il a jugé inadmissible la tentative de l’Azerbaïdjan de donner une dimension religieuse à un conflit politique et a lancé un appel aux pays membres de l’OCI pour qu’ils examinent la question sur le fond et non en fonction d’affiliations religieuses.  Affirmant que le Haut Karabakh avait toujours été peuplé d’Arméniens et que sa situation démographique n’avait pas changé, il a catégoriquement démenti les accusations de l’Azerbaïdjan selon lesquelles son pays menait une politique de « colonisation » dans la région.  Il a dénoncé à cet égard l’emploi d’une expression à ses yeux connotée et transposée à d’autres conflits.  Aucun observateur n’a jamais constaté de colonie illégale dans le Haut Karabakh, a-t-il déclaré.


Le représentant de l’Azerbaïdjan a présenté une motion d’ordre pour rappeler que le débat ne devait pas porter sur le fond.


Le représentant de l’Arménie a indiqué qu’il intervenait pour s’opposer à l’inscription de la question à l’ordre du jour de l’Assemblée.  Une question dite de procédure risque de mettre en péril un fragile processus de paix, a-t-il poursuivi.  Qui va assumer la responsabilité d’éventuels incidents liés à cette décision dite de procédure, s’est-il interrogé?


Le représentant de l’Azerbaïdjan a estimé que l’intervention de son homologue de l’Arménie démontrait l’existence d’un problème grave et aigu entre les deux pays.  Il a rappelé que l’OCI n’était pas une organisation religieuse, et que le Bureau avait décidé d’inscrire ce point à l’ordre du jour sans la moindre objection.  Estimant que l’Assemblée générale était le principal organe de débat de l’Organisation, il a indiqué que l’Azerbaïdjan avait le droit de soulever une question d’importance vitale pour la souveraineté et l’intégrité territoriale du pays.


Le représentant de la Turquie, qui s’exprimait au nom de l’OCI, a constaté qu’aucun progrès n’avait été enregistré depuis 10 ans dans le Haut Karabakh.  Il a exprimé son soutien aux efforts du groupe de Minsk, mais a cependant estimé qu’il était temps que l’Assemblée générale débatte de ce conflit qui n’a que trop duré, afin d’éviter de le transformer en « conflit gelé ».  Il a souhaité un débat honnête, franc et ouvert, qui permette de parvenir un à un règlement juste et viable, pour le bénéfice de tous les peuples de la région.


Le représentant du Pakistan a estimé que tout État Membre avait le droit de demander qu’on examine une question qu’il estime importante.  De par la Charte, l’Assemblée est habilitée à se saisir de cette question, a-t-il indiqué, signalant que le Pakistan soutenait l’inscription de ce point à l’ordre du jour.


Le représentant des Pays-Bas, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a indiqué que les pays de l’UE, en tant que membres de l’OSCE, soutenaient les efforts du groupe de Minsk.  Il a estimé que les récentes délibérations avaient donné un nouvel élan aux négociations et a souhaité que ce processus prometteur puisse se poursuivre sans ingérence extérieure.  Tout en comprenant les préoccupations de l’Azerbaïdjan, il a estimé que son initiative risquait de remettre en cause les négociations.  Constatant que la question n’avait pas fait l’unanimité du Bureau, il a indiqué que les pays de l’UE s’abstiendraient et auraient préféré que la question ne soit pas mise au vote.


Le représentant de la France, qui s’exprimait au nom du Groupe de Minsk, a rappelé que l’OSCE traitait de ce dossier depuis longtemps et avait déjà permis la tenue de discussions productives à cet égard.  Il a donc estimé que les préoccupations de l’Azerbaïdjan pouvaient être pleinement traitées dans le format existant.  L’Assemblée générale, a-t-il indiqué, n’est pas la bonne enceinte pour traiter de cette question.  Il a ajouté que l’examen de ce point ne déboucherait pas sur un consensus, et serait, selon lui, contre-productif.


L’Assemblée a par ailleurs décidé d’examiner séparément, à la demande de la République arabe syrienne, la situation du Moyen-Orient (point 36) et la question de la Palestine (point 37).


Le représentant d’Israël a exprimé sa déception, estimant que cette décision, qualifiée d’« imprudente », n’allait pas dans le sens de l’efficacité et était contraire aux objectifs de revitalisation des travaux de l’Assemblée et de renforcement du rôle des Nations Unies.  Il a constaté que 20 débats avaient été consacrés à Israël au cours de la précédente session, contre aucun sur la faim dans le monde et deux sur le VIH/sida.  Il a cependant indiqué que, pour ne pas rompre le consensus, son pays se contenterait de se désolidariser de cette décision.


Documentation


Budget-programme de l’exercice biennal 2004-2005 (A/59/448)


      L’Assemblée générale prie le Secrétaire général de veiller à ce que, dans toute la mesure du possible, le budget des missions politiques spéciales soit présenté selon un format identique à celui des opérations de maintien de la paix, et contienne par conséquent des informations et des justifications détaillées à l’appui des crédits demandés aussi bien au titre des postes qu’au titre d’autres objets de dépense, compte tenu cependant des délais disponibles et de l’urgence des décisions à prendre en matière financière.


Aspects administratifs et budgétaires du financement des opérations de maintien de la paix des Nations Unies (A/59/532)


L’Assemblée générale prie le Secrétaire général de lui soumettre, à la deuxième partie de la reprise de sa 59e session, un rapport sur l’examen des structures de gestion de toutes les opérations de maintien de la paix, comprenant notamment une comparaison de leur organisation administrative, qui tienne compte de la complexité, du mandat et de la spécificité de chaque opération et de la nécessité de mener chacune d’entre elles de façon efficace et rationnelle.


Financement de la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (A/59/531)


L’Assemblée générale décide d’ouvrir pour inscription au Compte spécial de la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental, au titre de l’exercice allant du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005, un crédit d’un montant de 85 153 700 dollars, comprenant le montant de 30 485 600 dollars déjà autorisé pour la période du 1er juillet au 31 octobre 2004, et se décomposant en un montant de 77 071 800 dollars destiné à financer le fonctionnement de la Mission du 1er juillet 2004 au 20 mai 2005 et un montant de 8 081 900 dollars destiné à financer les premières activités de liquidation pendant la période du 21 mai au 30 juin 2005.


Financement de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (A/59/527)


L’Assemblée générale décide d’ouvrir pour inscription au Compte spécial de la Mission des Nations Unies en Sierra Leone, au titre de l’exercice allant du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005, un crédit de 94 621 400 dollars pour le fonctionnement de la Mission, en sus de celui de 207 246 100 dollars déjà ouvert pour le même exercice.


Financement de l’Opération des Nations Unies au Burundi (A/59/528)


L’Assemblée générale décide d’ouvrir pour inscription au Compte spécial de l’Opération des Nations Unies au Burundi, au titre de l’exercice allant du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005, un crédit de 329 714 400 dollars des États-Unis, comprenant le montant de 106 334 600 déjà autorisé pour la période du 1er juillet au 31 octobre 2004.


Financement de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (A/59/529)


L’Assemblée générale décide d’ouvrir, pour inscription au Compte spécial de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, un crédit d’un montant de 177 826 200 dollars au titre de l’exercice allant du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005, en sus du crédit de 200 646 600 dollars qu’elle a déjà ouvert pour la période du 1er juillet au 31 décembre 2004.


Financement de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (A/59/530)


      L’Assemblée générale décide d’ouvrir pour inscription au Compte spécial de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, pour la mise en place de celle-ci, un crédit d’un montant de 49 259 800 dollars pour la période du 1er mai au 30 juin 2004, déjà autorisé par le Comité consultatif pour les questions administratives budgétaires.  Elle décide également d’ouvrir pour inscription au Compte spécial de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti, un crédit d’un montant de 379 046 800 dollars pour l’exercice allant du 1er juillet 2004 au 30 juin 2005, en sus des dépenses de 172 480 500 dollars déjà autorisés pour la période du 1er juillet au 31 octobre 2004.


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