JOURNEE MONDIALE DES TELECOMMUNICATIONS: LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE GENERALE APPELLE L’ATTENTION DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SUR L’ELARGISSEMENT CONTINU DU GOUFFRE NUMERIQUE

GA/SM/317
16 mai 2003

JOURNEE MONDIALE DES TELECOMMUNICATIONS: LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE GENERALE APPELLE L’ATTENTION DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SUR L’ELARGISSEMENT CONTINU DU GOUFFRE NUMERIQUE

16/05/03
Communiqué de presse
GA/SM/317


                                                            OBV/347


Journee mondiale des telecommunications: le President de l’Assemblee generale appelle l’attention de la communaute internationale sur l’elargissement continu du gouffre numerique


On trouvera ci-après le message adressé par Jan Kavan (République tchèque), Président de l’Assemblée générale, à l’occasion de la Journée mondiale des télécommunications, qui est célébrée le 17 mai 2003:


Le 17 mai 1865, les représentants de 20 pays européens, réunis à Paris, ont signé la première Convention télégraphique internationale afin de gérer ce qui allait être le premier réseau télégraphique international. L’adoption de cette convention marqua la création de l’Union télégraphique internationale, la plus ancienne des organisations intergouvernementales. Chaque année depuis 1969, la Journée mondiale des télécommunications est célébrée le 17 mai en commémoration de cet important événement historique.


Après ses modestes débuts, près de 11 ans avant l’invention du téléphone, l’Union télégraphique internationale est progressivement devenue l’actuelle Union internationale des télécommunications (UIT), une institution spécialisée de l’ONU dont sont membres presque tous les États et qui compte également plus de 500 membres privés appartenant aux secteurs des télécommunications, de la radiodiffusion et des technologies de l’information. Aujourd’hui, son travail infatigable et ses réalisations ont une influence indéniable sur la vie de tous ceux qui téléphonent, écoutent la radio, regardent la télévision, surfent sur le Web ou, d’une manière ou d’une autre, utilisent les produits de la récente révolution des télécommunications. On a du mal à imaginer à quoi ressemblerait l’univers actuel des télécommunications si l’UIT n’avait pas mené, au niveau mondial, des travaux d’harmonisation des politiques nationales, de réduction des différences entre les technologies et de promotion de l’interconnectivité et de l’interopérabilité des systèmes. On peut donc considérer à juste titre que la Journée mondiale des télécommunications rend hommage aux travaux de l’UIT.


Toutefois, la Journée mondiale des télécommunications est également une occasion d’étudier le fossé qui ne cesse de s’élargir entre ceux qui possèdent la technologie et ses avantages et tous ceux, dans le monde, que cette révolution n’a même pas effleurés. En dépit de progrès technologiques rapides qui permettent à tout moment d’imaginer la transmission, d’un point de la planète à un autre, de volumes d’information incroyablement importants, plus de 70 % de la population mondiale n’ont jamais entendu la tonalité d’un téléphone et encore moins surfé sur l’Internet. L’une des réalités qui témoigne du fossé numérique est qu’à Manhattan, qui n’est que l’une des municipalités de la ville de New York, ou encore à Tokyo, il y a plus de lignes téléphoniques que dans toute l’Afrique. Et même si les télécommunications et les ordinateurs étaient disponibles partout, la plupart des pauvres de la planète resteraient exclus de la révolution de l’information en raison de leur analphabétisme et parce qu’ils ne savent pas se servir d’un ordinateur. En outre, quatre sites Web sur cinq sont en anglais, une langue que seule une personne sur 10 connaît dans le monde. Le fossé numérique s’étend entre le national et l’international, les riches et les pauvres, mais aussi entre les hommes et les femmes, ainsi que les jeunes et les vieux. Il est clair qu’un défi énorme nous attend si nous voulons aider les peuples du monde à communiquer.


Dès 1989, les participants à la Conférence de plénipotentiaires organisée à Nice par l’UIT ont reconnu qu’il était important de placer l’assistance technique fournie aux pays en développement sur le même plan que les activités classiques de normalisation et de gestion du spectre. Ce principe a été appliqué dans la nouvelle structure de cette organisation. Depuis, l’UIT a créé, dans les pays en développement, un certain nombre de programmes notamment destinés à améliorer la connexité et l’accès au niveau mondial, à faciliter leur préparation en matière de politiques, de réglementations et de réseaux, ainsi qu’à renforcer leurs ressources humaines par des programmes de formation.


Toutefois, combler le fossé numérique est une tâche d’une telle ampleur que l’UIT ne saurait s’y atteler toute seule. Assurer à tous de la nourriture, de l’eau potable, un logement et une éducation sont des tâches qui, aux yeux de la communauté mondiale du développement, peuvent paraître plus urgentes et d’actualité. Cependant, vivre en marge des services de télécommunication est une privation presque aussi grave que les précédentes et peut, en réalité, réduire les possibilités de leur trouver une solution. C’est pourquoi les chefs d’État et de gouvernement du monde entier ont décidé, dans la Déclaration du Millénaire, « de faire en sorte que les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, soient accordés à tous ».


Le Sommet mondial de la société de l’information, que l’UIT organise avec l’appui du système des Nations Unies, est une étape décisive vers une véritable société de l’information pour tous. Il se déroulera en deux phases, la première à Genève, en 2003, et la seconde à Tunis, en 2005. En se fondant sur les objectifs généraux énoncés dans la Déclaration du Millénaire, ce Sommet devrait offrir une occasion unique de parvenir à un accord international, au niveau le plus élevé possible, sur des objectifs et des cibles précis portant sur la réalisation de la société de l’information, assortis d’objectifs d’étape et de délais permettant d’évaluer les progrès effectués dans leur application; il devrait contribuer à l’élaboration et au lancement d’alliances multipartites en vue de l’application de ces objectifs; et ses participants devraient s’engager concrètement à réaliser ces objectifs.


Je saisis cette occasion pour encourager tous les chefs d’État et de gouvernement, ainsi que les représentants du secteur privé, de la société civile et des organisations internationales intéressées à participer activement au Sommet mondial et à utiliser toutes les ressources disponibles pour que sa préparation soit réussie et qu’il soit couronné de succès. Nous devons utiliser au mieux la possibilité qui nous est offerte d’apporter les avantages des technologies de l’information et de la communication à tous les habitants de la planète.


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