LE VICE-PRESIDENT DE L’AFRIQUE DU SUD DEMANDE AU CONSEIL DE SECURITE D’ENVISAGER UNE OPERATION DE MAINTIEN DE LA PAIX AU BURUNDI

4 décembre 2003
CS/2597

LE VICE-PRESIDENT DE L’AFRIQUE DU SUD DEMANDE AU CONSEIL DE SECURITE D’ENVISAGER UNE OPERATION DE MAINTIEN DE LA PAIX AU BURUNDI

04/12/2003
Communiqué de presseCS/2597

Conseil de sécurité                                        CS/2597

4876e séance – après-midi                                    4 décembre 2003

LE VICE-PRESIDENT DE L’AFRIQUE DU SUD DEMANDE AU CONSEIL DE SECURITE

D’ENVISAGER UNE OPERATION DE MAINTIEN DE LA PAIX AU BURUNDI

Le Vice-Président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, a, cet après-midi, demandé aux membres du Conseil de sécurité d’envisager les modalités d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies au Burundi afin de renforcer le processus de paix.  Cette opération viendrait remplacer la Mission africaine déployée par l’Union africaine depuis le mois de mars dernier et qui dispose actuellement de plus de 2 600 hommes sur le terrain.  Mandaté par le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, et par le Président de l’Union africaine, Frederic Chissano, Jacob Zuma a ainsi affirmé aujourd’hui que « le moment était venu pour les Nations Unies d’être directement impliquées au Burundi ». 

L’aide de l’Organisation devra permettre de consolider les gains importants obtenus et de préparer le terrain pour la tenue dans 11 mois d’élections démocratiques, a poursuivi M. Zuma.  L’année 2003 s’achève sur une bonne note.  Depuis la signature des accords de partage des pouvoirs entre le gouvernement de transition et les mouvements politiques en octobre et novembre 2003, le niveau de violence a fortement baissé, la paix régnant désormais dans 95% du pays.  Précisant cependant que les Nations Unies ne peuvent pas être la seule source d’assistance, le Président du Conseil économique et social, Gert Rosenthal, a estimé que l’Organisation pouvait jouer un rôle catalyseur en prêtant assistance aux donateurs bilatéraux et multilatéraux, afin d’aider les Burundais à réparer les dommages considérables qu’ils se sont infligés.

Les membres du Conseil ont reconnu que le Burundi était arrivé à la croisée des chemins même si le refus du Mouvement Palipehutu-FLN de regagner la table des négociations et le processus de paix a constitué une source de préoccupation importante.  Certaines délégations, comme celle de la France, ont donné leur accord de principe au déploiement d’une opération de maintien de la paix même si la priorité, aux yeux de la France, est de soutenir les efforts de l’Union africaine.  Le représentant français a annoncé une contribution de 25 millions d’euros à cet effet de l’Union européenne.  Le représentant des Etats-Unis, qui a qualifié la Mission de l’Union africaine au Burundi de modèle d’intervention régionale, a appelé à la générosité des bailleurs de fonds lors de la Conférence de Bruxelles qui aura lieu en 2004.

LA SITUATION AU BURUNDI

Déclarations

M. JACOB ZUMA, Vice-Président de l’Afrique du Sud, a rappelé qu’il avait participé il y a un an, jour pour jour, à une réunion du Conseil de sécurité consacrée au Burundi.  Il a expliqué qu’il avait été mandaté cette année par le Président de l’Ouganda, Yoweri Museveni, et par le Président en exercice de l’Union africaine, le Président du Mozambique Joaquim Frederic Chissano, comme Facilitateur pour faire rapport au Conseil de la situation au Burundi et demander l’aide urgente de la communauté internationale.  Cette aide permettra de consolider les gains obtenus et de préparer le terrain à des élections démocratiques réussies qui doivent se tenir dans 11 mois.

Des progrès très importants ont été réalisés, a indiqué M. Zuma, soulignant que l’année 2003 s’achève sur une bonne note, notamment l’établissement d’une Mission africaine au Burundi en mars dernier, la conclusion d’arrangements sur le partage des pouvoirs et la transformation du système de sécurité.  Le Vice-Président a expliqué le mandat de cette Mission africaine qui consiste notamment à la surveillance de la mise en oeuvre du cessez-le-feu, soutenir le processus de démobilisation, désarmement et réintégration (DDR), contribuer à la stabilité économique et politique, une responsabilité dont la Mission s’est acquittée avec succès.  Cette Mission vise également à créer les conditions nécessaires au déploiement d’une opération de maintien de la paix.  Le temps est venu pour les Nations Unies de s’impliquer activement au Burundi.  A la fin du mois de novembre, la Mission africaine comptait 2 656 hommes et femmes.  Elle est considérée comme un modèle de règlement des différends.

Depuis la signature du premier Protocole de Pretoria entre le Gouvernement de transition et le CNDD-FDD en octobre 2003, le niveau de violence a fortement baissé, la paix régnant dans 95% du pays.  Le processus de paix au Burundi est entré dans une phase décisive.  Ceci est possible en raison de la mise en oeuvre rapide des Accords de cessez-le-feu et du Protocole de Pretoria qui ont eux-mêmes permis d’accélérer la mise en oeuvre de l’Accord de paix et de réconciliation d’Arusha.  Le Gouvernement de transition compte désormais les représentants de trois mouvements.  Un autre signe de l’engagement de tous les Burundais en faveur de la paix a été la manière exemplaire dont s’est déroulée l’alternance présidentielle.  Le Président Buyoya, un Tutsi, a quitté ses fonctions et a été remplacé par Domitien Ndayizeye, un Hutu.  Le Président a cependant regretté que le parti Palipehutu-FNL ne participe pas au processus de paix.  Si ce mouvement ne prend pas part au processus de paix dans un délai de trois mois, il sera considéré comme une organisation qui travaille contre la paix.

Dans les semaines et mois à venir, a relevé le Vice-Président, la question de la démobilisation, du désarmement et de la réintégration et celle concernant les réfugiés et personnes déplacées constitueront les plus sérieux défis.  Les mouvements CNDD-FDD et Palipehutu-FLN ont commencé cependant le cantonnement de leurs troupes tandis que de nombreux réfugiés ont commencé à revenir au Burundi en provenance de la République-Unie de Tanzanie.

Le Vice-Président a expliqué que la Mission africaine avait besoin de ressources pour s’acquitter de son mandat, rappelant que le Conseil de sécurité s’était engagé dans une déclaration présidentielle en date du 18 décembre 2002 à lui fournir une aide.  Le succès du processus de paix, a réaffirmé M. Zuma, exige que les Nations Unies s’impliquent davantage directement.  Nous devons maintenant passer à une autre étape qui permettra de déterminer les modalités de l’intervention des Nations Unies au Burundi.  Nous pensons que les conditions sont réunies pour que l’ONU assiste la Mission africaine qui deviendra une mission de maintien de la paix.  Une mesure immédiate consisterait à fournir une aide logistique et financière de la Mission africaine.

M. GERT ROSENTHAL (Guatemala), Président du Comité économique et social, a indiqué que le Burundi semblait posséder toutes les caractéristiques envisagées lors de la création de groupes spéciaux sur les pays africains émergeant d’un conflit.  Il est clair que les Accords de paix actuellement mis en oeuvre requièrent des décisions difficiles de la part des Burundais eux-mêmes, et que les mesures déjà en place exigent une assistance internationale.  Un volet de cette assistance incombe clairement au Conseil de sécurité, notamment pour garantir que les soldats de la paix de l’Union africaine restent en place ou sont remplacés par des soldats de la paix de l’ONU, ou encore que l’on envisage une combinaison des deux.  Un deuxième volet de cette assistance incombe au Conseil économique et social, notamment pour la transition vers la réhabilitation et la reconstruction, ainsi que pour le développement à long terme.  Enfin, un troisième volet se situe à la croisée des compétences, pour ce qui concerne la démobilisation, le désarmement, et la réintégration des ex-combattants, ainsi que pour l’assistance humanitaire en vue de la réinstallation des réfugiés et des personnes déplacées.  L’ONU peut aussi jouer un rôle d’assistance technique, par exemple par le soutien au processus électoral.  Par ailleurs, comme c’est généralement le cas pour les pays qui émergent d’un conflit, la paix est un préalable obligatoire à la reconstruction et au développement, tandis que ce dernier constitue le fondement d’une paix durable.  Le défi à l’heure actuelle au Burundi est d’éviter que le pays ne retombe dans une situation de conflit.  A plus longue échéance, le défi qui devra être relevé sera de parvenir au retour à une situation normale.  Si l’ONU n’est ni la seule, ni peut-être même la principale source d’assistance, elle peut toutefois jouer un rôle de catalyseur en prêtant assistance aux donateurs bilatéraux et multilatéraux, aux organisations non gouvernementales et au secteur privé des affaires, afin d’aider les Burundais à réparer les dommages considérables qu’ils se sont infligés.  Le Président de l’ECOSOSC s’est dit convaincu que les groupes spéciaux sur les pays africains émergeant d’un conflit peuvent jouer un rôle effectif en la matière.

M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a indiqué que les efforts de l’Afrique du Sud étaient venus couronner ceux de tous les acteurs au processus de paix.  La France se félicite des accords des 2 et 8 octobre derniers au Burundi.  Les Forces nationales de libération n’ont toujours pas rejoint le processus de paix, comme l’a indiqué le Vice-Président Zuma, en dépit des efforts très louables menés par les autorités d’Afrique du Sud.  Je note que le Vice-Président Zuma a terminé sur une note d’optimisme, a déclaré M. de La Sablière, malgré la difficulté de l’exercice.  Bien sûr, la paix dépendra de la situation économique et sociale, et il est important que la communauté internationale ne ménage pas ses efforts et soit au rendez-vous, notamment dans la perspective de la Conférence des donateurs qui aura lieu à Bruxelles.  La France est favorable, dans son principe, à l’envoi d’une mission de maintien la paix au Burundi.  Il est important d’assurer une cohérence à l’assistance au Burundi mais pour l’instant, il importe de soutenir les efforts de l’Union africaine.  C’est pourquoi, l’Union européenne a décidé d’affecter 25 millions d’euros à ces efforts.

M. JULIO HELDER DE MOURA LUCAS (Angola) a indiqué que la présence de M. Jakob Zuma témoignait de son engagement en faveur du processus de paix.  Le rôle de l’Afrique du Sud a été remarquable; il a permis une continuité aux efforts de paix.  Les dernières évolutions marquent le terme d’un conflit qui a fait plus de 100 000 morts et d’innombrables blessés.  La récente visite d’un représentant du Conseil économique et social témoigne de l’engagement de ce dernier.  Le représentant de l’Angola a engagé le FNL à cesser les hostilités, et à entrer en négociation sans attendre avec le Gouvernement transitoire.  La communauté internationale doit montrer qu’elle est disposée absolument à jouer le rôle qui lui revient, aux côtés des Nations Unies, a-t-il déclaré.  La présence de la Mission de l’Union africaine doit être accompagnée d’une mission de l’ONU.  Il faut appliquer les mêmes normes qu’au Libéria, en République démocratique du Congo, et semble-t-il en Côte d’Ivoire.  Les pays africains, et notamment l’Afrique du Sud, assument actuellement le fardeau du processus de paix, mais ils ne disposent que de ressources limitées.  Le processus de paix dépendra du relèvement économique du pays, et il est inquiétant que 66% seulement des sommes promises aux contributions aient été effectivement versées.  Une mission de paix devra s’accompagner d’une assistance économique. 

M. MUNIR AKRAM (Pakistan) s’est dit encouragé par l’évolution récente du processus de paix au Burundi et notamment la participation du Groupe CNDD-FDD au processus de paix.  Nous souscrivons à l’appel lancé par l’Union africaine à la communauté internationale pour relayer sa Mission au Burundi.  La question du cantonnement des groupes armés est une question à régler de toute urgence.  Le Burundi exige une aide internationale plus généreuse.  Un processus politique qui n’est pas accompagné d’un tel appui ne serait pas durable. 

M. WANG GUANGYA (Chine) a félicité le Gouvernement sud-africain pour le rôle de facilitateur qu’il a joué dans le cadre du processus de paix au Burundi et des succès qu’il a obtenus dans la région des Grands Lacs.  Grâce à ces efforts combinés, le processus de paix au Burundi a fait de grands progrès.  Deux mouvements ont en effet rejoint le processus de paix.  Malheureusement, un groupe armé refuse toujours de s’y joindre.  La Mission africaine est une tentative remarquable des pays africains de stabiliser la situation.  Cependant, le processus de paix au Burundi est de la responsabilité de la communauté internationale qui doit y être plus impliquée.

M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a indiqué que la Mission de l’Union africaine jouait à l’heure actuelle un rôle très important.  Les nouvelles sont bien plus positives que celles auxquelles on pouvait s’attendre, il y a un an.  Mais il reste des difficultés liées à l’intégration militaire et politique.  Le processus de démobilisation, désarmement et réintégration sera crucial.  Il faudra adopter mettre en place une approche intégrée pour couvrir tous ces aspects, et notamment le développement économique.  Les Africains, au sein de leur propre région, ont été capables de trouver des solutions à leurs propres difficultés.  Ce processus impose à la famille des Nations Unies d’apporter son aide, notamment par le biais du Conseil économique et social, afin d’éviter la répétition des atrocités auxquelles nous avons assisté.  Il faut maintenant réfléchir à la meilleure façon de renforcer le processus sur le terrain.  S’il faut une mission de maintien de la paix, le Royaume-Uni y est pleinement favorable, mais il faut continuer de réfléchir à la meilleure solution.  Le Royaume-Uni entend apporter son soutien aux efforts de l’Afrique en accordant une aide de 3,4 millions de dollars, outre celle consentie par l’Union européenne.

M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a félicité l’Afrique du Sud, indiquant que sans les efforts de ce pays, il aurait été difficile d’imaginer que le Sommet de Dar es-Salaam puisse trouver un aboutissement fructueux.  De l’avis de sa délégation, le cantonnement des anciens combattants et leur réintégration exigera l’adoption d’une approche intégrée.  L’Union européenne apporte une assistance alimentaire au Burundi.  L’Union africaine, les Nations Unies et les pays contributeurs devront coordonner leurs efforts, mais tout d’abord, il faudra s’assurer de la participation de toutes les parties burundaises.  Afin d’empêcher le FNL de servir de pôle aux mécontents, les dividendes de la paix doivent être manifestes.  S’ils continuent à rester à l’écart, il faudra envisager un embargo sur les armes.  Nous appelons donc toutes les parties rwandaises déçues par le Protocole à prendre conscience qu’il s’agit là d’une chance unique pour la paix, non seulement au Burundi mais dans toute la région. 

M. JAMES CUNNINGHAM (Etats-Unis) a reconnu que de nombreux progrès avaient été accomplis au Burundi et qu’il est nécessaire que la communauté internationale, que ce soit l’ONU ou les pays à titre individuel, fournisse une aide aux Burundais.  La sécurité doit être une priorité.  Nous demandons au Gouvernement de transition et au FNL de prendre les Accords du 16 novembre comme base de négociations.  La Mission africaine au Burundi peut être considérée comme un modèle d’intervention africaine car elle témoigne de la volonté des Africains de s’attaquer à leurs propres problèmes.  Nous avons récemment dégagé 6,2 millions de dollars pour le Burundi.  Nous souhaitons que les activités de DDR se mettent en place rapidement.  Par ailleurs, nous appelons à la générosité des donateurs lors de la conférence des bailleurs de fonds qui se tiendra l’année prochaine.

M. MILAD ATIEH (République arabe syrienne) a encouragé toutes les initiatives régionales visant à instaurer la paix dans la région des Grands Lacs et notamment au Burundi.  Il a rendu hommage à la Mission africaine au Burundi qui a agi avec succès dans l’accomplissement de son mandat.  Il s’agit là d’un effort régional important qui mérite d’être soutenu.  C’est pourquoi, a souligné le représentant, il faudrait fournir un appui logistique et matériel à cette Mission.

M. VADIM SMIRNOV (Fédération de Russie) a félicité le Vice-Président Zuma pour sa contribution au processus de paix au Burundi.  La réunion du Conseil souligne l’importance des efforts de concertation régionale et internationale en vue de parvenir à un accord.  La constitution d’un gouvernement de transition dans le pays a marqué une étape importante.  En dépit de grandes difficultés, ces efforts ont permis d’éviter que les affrontements ne se transforment en un conflit de grande ampleur.  Sans la participation de tous les groupes, il ne sera pas possible de parvenir à la paix, notamment si le FNL refuse d’y participer.  La Fédération de Russie continuera de suivre les efforts de négociation au Burundi.

Mme ANA MARIA MENENDEZ (Espagne) a indiqué que la signature du Protocole de Pretoria était très encourageante, dans la mesure où il a déjà donné lieu à des mesures concrètes.  Mais il reste des difficultés dans ce processus fragile.  Toutes les parties doivent mettre en œuvre le cessez-le-feu.  Par ailleurs, le processus de DDR doit être poursuivi; les résultats actuels ont été limités.  Il importe aussi que la Mission de l’Union africaine procède à son déploiement complet.  Le FNL doit entamer des négociations avec le Gouvernement de transition et se soumettre au processus de paix.  Malheureusement, les conditions de vie de la population restent très précaires et il faut permettre l’accès à l’assistance humanitaire.  Par ailleurs, il importe de prendre en compte la relation étroite qui existe entre le processus de paix au Burundi et la situation dans la région des Grands Lacs, à laquelle le Conseil de sécurité a récemment consacré une réunion.

M. BOUBACAR DIALLO (Guinée) a estimé qu’il ne faisait aucun doute que des progrès remarquables avaient été réalisés au Burundi.  Cependant, des embûches demeurent.  Le représentant a demandé au Vice-Président Zuma d’indiquer, selon lui, la meilleure démarche pour amener le mouvement Palipehutu à participer au processus de paix.  Il a, lui aussi, souscrit à ce que les Nations Unies prennent le relais de la Mission africaine.

M. IYA TIDJANI (Cameroun) s’est félicité de l’évolution positive au Burundi marquée par la signature d’un accord de partage de pouvoirs en matière politique et de sécurité entre le Gouvernement transitoire et deux mouvements politiques.  Le représentant a salué l’engagement pris par les partis de cesser les hostilités, de créer un état de droit et une armée nationale.  Nous demandons instamment au FNL de s’associer au processus de paix.  Ce mouvement doit comprendre qu’il n’y a pas d’alternative.  Le processus de paix au Burundi exige un soutien urgent de la communauté internationale dans un contexte marqué par un manque de fonds.  L’ONU et les bailleurs de fonds devront faire preuve de générosité.  Nous remercions l’Union européenne pour la somme de 25 millions de dollars qu’elle s’est engagée à verser pour le redressement du pays.  La question des réfugiés et des personnes déplacées est cruciale.  Au début de 2003, 200 000 Burundais étaient déplacés en Tanzanie et ce nombre s’est encore accrû et leur situation ne fait que se détériorer.  Il faut déployer tous les efforts pour que le retour des réfugiés ne soit pas une source de conflit.  Ce processus est dans une phase irréversible et on ne saurait trouver meilleur moment pour que la communauté internationale vienne appuyer le processus de paix par le biais d’une opération de maintien de la paix.

M. CARLOS PUJALTE (Mexique) s’est félicité des progrès accomplis au Burundi, notamment dans le domaine politique, qui ont permis d’intégrer des groupes rebelles au sein du gouvernement de transition.  Il est regrettable que certains groupes refusent encore d’y participer.  Il faut cependant saluer la décision du FNL de se réunir pour la première fois avec le Gouvernement de transition.  Le processus demeure fragile, et la situation humanitaire s’est aggravée.  Des milliers de personnes sont déplacées.  Le Mexique réitère sa condamnation de tous les actes de violence, et appelle toutes les parties à cesser ces actes, notamment à l’encontre de la population civile et des groupes les plus vulnérables.  Le Gouvernement devra mettre en place un programme de DDR.

M. CRISTIAN MAQUIEIRA (Chili) a remercié le Vice-Président sud-africain, M. Jacob Zuma, du rôle que joue son pays.  Les progrès réalisés sont significatifs.  Il importe de les saluer, tout en regrettant que le FNL ait refusé de participer au processus de paix.  Le rôle joué par l’Union africaine est très important.  En ce qui concerne l’ONU, il faudra sans doute explorer, comme l’a suggéré le Pakistan, le rôle des groupes consultatifs spéciaux du Conseil économique et social.

M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a souligné que des progrès importants avaient été réalisés au Burundi.  Il s’est réjoui de cette évolution positive et a estimé que l’accord intervenu entre les parties à Dar es-Salaam, en Tanzanie, était une étape importante du processus de paix.  Le rôle positif des Etats de la région et de l’Union africaine ne saurait être sous-estimé.  Nous lançons un appel pressant aux Forces nationales de libération (FNL) pour qu’il renonce à l’option militaire et rejoigne le processus de paix.

Répondant aux commentaires formulés par les délégations, M. ZUMA a déclaré que les contributions du Conseil montrent que ce dernier apprécie les progrès accomplis au Burundi, et qu’il comprend le soutien nécessaire au succès du processus de paix.  Cette fois, plus que l’année dernière, il est possible de déclarer qu’il n’existe plus de question pendante, à part l’absence de participation du Palipehutu-FNL.  Les autres groupes sont très enthousiastes, et sont prêts à se joindre au processus.  C’est pourquoi, l’ONU doit apporter son soutien.  Je sais que les organisations internationales prennent du temps, et doivent suivre des procédures complexes, mais il est peut-être possible d’aller plus vite, afin d’accélérer le processus de paix.  Les élections doivent intervenir dans moins d’une année.  Il faut s’assurer que les élections ne sont pas reportées afin qu’un gouvernement démocratique soit instauré dans ce pays.  Les Burundais sont très impatients de savoir quelle forme prendront les élections.  Les membres du Conseil ont manifestement pris la mesure du défi.  Nous serons très fermes quant à la participation du Palipehutu-FNL, certainement au terme du délai de trois mois qui lui est imparti.  D’ici là, j’espère que les progrès nécessaires auront été accomplis sur la question.  Il faut que de toutes parts des pressions soient faites sur ce Groupe.  Si le FNL ne se considère pas comme partie au processus, et qu’il se retrouve face à la population du Burundi tout entière, il se mettra alors en marge du processus, et il sera possible à toute la communauté internationale de prendre une décision sur la question.  Depuis la signature des Accords de cessez-le-feu, une grande partie des forces du Palipehutu-FNL a rejoint les rangs de la paix, car il existe des dissensions internes au sein de ce Groupe.  M. Zuma a également rendu hommage à la déclaration faite par le Président du Conseil économique et social, ainsi qu’aux contributions du Royaume-Uni et des Etats-Unis.  Cela montre que le Conseil peut prendre des mesures concrètes.

Pour sa part, M. ROSENTHAL a rappelé la visite au Burundi de la délégation de l’ECOSOC.  Un rapport devrait être prêt au début du mois de janvier, et nous en partagerons la teneur dès qu’il sera prêt avec le Conseil de sécurité, le Président du Conseil économique et social.

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