LE CONSEIL DE SECURITE ENCOURAGE LA POURSUITE DES PREPARATIFS DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA REGION DES GRANDS LACS PREVUE EN 2004

20 novembre 2003
CS/2588

LE CONSEIL DE SECURITE ENCOURAGE LA POURSUITE DES PREPARATIFS DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA REGION DES GRANDS LACS PREVUE EN 2004

20/11/2003
Communiqué de presseCS/2588

Conseil de sécurité

4865e séance – matin

LE CONSEIL DE SECURITE ENCOURAGE LA POURSUITE DES PREPARATIFS DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE SUR LA REGION DES GRANDS LACS PREVUE EN 2004

La conférence internationale sur la région des Grands Lacs est une idée déjà ancienne à laquelle l’évolution de la situation sur le terrain a redonné vie, a déclaré ce matin le Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan, devant le Conseil de sécurité qui évaluait les progrès réalisés dans le processus préparatoire de cette conférence.  En présence du Ministre mozambicain chargé des affaires parlementaires et diplomatiques, Francisco Madeira, du Vice-Ministre tanzanien des affaires étrangères, Abdulkader Shareef, de l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs, Keli Walubita et du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs, Ibrahima Fall, le Conseil de sécurité a estimé, par la voix de son Président, Ismael Abraao Gaspar Martins (Angola), que la tenue de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs permettrait de poursuivre les progrès accomplis dans les processus de paix en République démocratique du Congo et au Burundi pour parvenir à une paix durable et faire avancer les processus de réconciliation nationale dans tous les pays concernés de la région. 

La déclaration présidentielle constate avec satisfaction que les pays de la région ont d’ores et déjà lancé le processus préparatoire avec la tenue, en juin 2003 à Nairobi, de la première réunion de leurs coordonnateurs nationaux.  Elle encourage les gouvernements concernés, avec l’appui de leur société civile, des pays voisins et des partenaires de développement, à poursuivre leurs efforts pour assurer le succès de la conférence en adoptant une approche régionale sans exclusive et orientée vers l’action.  Le Conseil de sécurité souligne par ailleurs l’importance de la participation de tous les Etats concernés, en particulier les Etats voisins de la République démocratique du Congo ou du Burundi, à cette conférence et les encourage à parvenir rapidement à un accord à cette fin. 

Par la même déclaration, le Président du Conseil de sécurité a également lancé un appel aux pays de la région et à la communauté internationale afin qu’ils apportent un appui politique et diplomatique soutenu ainsi qu’une assistance technique et financière appropriée pour que la conférence soit bien préparée, se tienne en temps voulu et soit accompagnée de mesures de suivi efficaces.  Il a salué par ailleurs le partenariat dynamique entre les Nations Unies et l’Union africaine pour tous les aspects de la préparation de la conférence et a engagé, à cette fin, les pays de la région et les membres de la communauté internationale à appuyer les efforts conjoints du Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la région des Grands Lacs et de l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs. 

La dynamique d’organisation de la conférence repose sur deux principes fondamentaux, ont indiqué MM. Fall et Walubita au cours du débat, à savoir l’appropriation régionale et le partenariat international.  L’appropriation régionale signifie l’implication active et décisive d’un nombre aussi large que possible des acteurs principaux dans chaque pays, a précisé M. Fall, tandis que le partenariat international suppose la reconnaissance de l’importance de la participation des partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement de la région des Grands Lacs tout au long du processus d’organisation de cette conférence.  Les Envoyés spéciaux des Nations Unies et de l’Union africaine ont indiqué ensuite qu’au cours des consultations menées ces derniers mois, entre autres avec les six pays concernés de la région des Grands Lacs –Burundi, Kenya, Ouganda, République démocratique du Congo, Rwanda, République-Unie de Tanzanie- les quatre thématiques suivantes avaient été retenues: paix et sécurité, démocratie et bonne gouvernance, développement économique et intégration régionale, et questions humanitaires et sociales. 

Le représentant de la France a insisté sur la nécessité de «hiérarchiser» ces thématiques, en accordant la priorité aux questions de paix et de sécurité.  A ce titre, le Ministre mozambicaine chargé des affaires parlementaires et diplomatiques a invité la communauté internationale à exercer toutes les pressions nécessaires sur les FNL-Palipehutu afin de les exhorter à rejoindre les négociations de paix avec le Gouvernement du Burundi et à s’abstenir de toute entrave à la «révolution pacifique» en cours dans la région des Grands Lacs.  Une position soutenue notamment par l’Allemagne et la Fédération de Russie qui ont également insisté sur la nécessité de faire participer les milieux d’affaires internationaux à la conférence.

En début de séance, M. Gaspar Martins avait présenté ses condoléances et exprimé sa sympathie, au nom des membres du Conseil de sécurité, aux gouvernements et aux peuples de la Turquie et du Royaume-Uni à la suite des attentats sanglants perpétrés aujourd’hui et le 15 novembre à Istanbul.  Il a par ailleurs condamné fermement ces attentats, tandis que le représentant du Chili a annoncé que sa délégation soumettrait dans l’après-midi aux autres membres du Conseil un projet de résolution à ce sujet. 

Outre celles déjà citées, les délégations suivantes se sont exprimées au cours du débat sur les préparatifs de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs: Italie (au nom de l’Union européenne), Chine, Royaume-Uni, République arabe syrienne, Mexique, Bulgarie, Espagne, Chili, Pakistan, Cameroun, Guinée et Angola. 

LA SITUATION DANS LA RÉGION DES GRANDS LACS

Rapport du Secrétaire général sur la préparation d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs (S/2003/1099)

Proposée à plusieurs reprises par le Conseil de sécurité depuis 1994, la convocation d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs, sous les auspices des Nations Unies et de l’Union africaine, fait l’objet dans ce rapport d’informations précises sur son organisation et la participation.  Retraçant le contexte de cette conférence, le Secrétaire général rappelle que l’appel lancé, le 24 avril 1997, par le Conseil de sécurité en faveur d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs reposait sur trois constatations majeures concernant la situation dans la région: premièrement, le conflit en République démocratique du Congo (RDC) avait des dimensions régionales; deuxièmement, les peuples de la région des Grands Lacs sont si étroitement liés les uns aux autres sur les plans social, économique, culturel et linguistique, que l’instabilité initiale provoquée dans un pays par des causes internes peut se propager rapidement jusqu’à créer une dynamique de conflits dans l’ensemble de la région; et troisièmement, c’est dans un cadre régional qu’il convient de chercher des solutions aux conflits et à l’instabilité de chacun des pays concernés.  Au-delà de l’appel du Conseil de sécurité, le rapport indique que de nombreux pays de la région, encouragés par les progrès importants accomplis par les processus de paix au Burundi et en RDC, ont récemment invité les Nations Unies et l’Union africaine à accélérer l’organisation de cette conférence.

Placée sous les auspices des Nations Unies et de l’Union africaine, la conférence visera à lancer un processus dans le cadre duquel les pays de la région des Grands Lacs chercheront ensemble à dégager un accord sur un certain nombre de principes, notamment sur les relations de bon voisinage, la stabilité, la paix et le développement.  Ils définiront et mettront en œuvre une série de programmes d’action en vue de mettre fin au retour cyclique des conflits et d’apporter à l’ensemble de la région une paix durable, la stabilité, la sécurité, la démocratie et le développement.  Cette conférence a pour objectif d’offrir une enceinte régionale qui facilitera l’adoption et l’application d’un pacte de stabilité, de sécurité et de développement articulé autour de quatre grands domaines, précise le rapport, à savoir la paix et la sécurité, la démocratie et la bonne gouvernance, le développement économique et l’intégration régionale, et enfin les questions humanitaires et sociales. 

Le processus préparatoire de la conférence sera le plus ouvert possible et devrait inclure, outre les pays de la région, un certain nombre de parties prenantes telles que les représentants de la société civile de ces pays, les pays voisins, les amis de la région et les partenaires internationaux de développement.  Les participants seront répartis en deux groupes de pays : le premier groupe comprendra les six pays constitutifs de la région et la Zambie, conformément à la décision prise en juin 2003 à Nairobi par les coordonnateurs nationaux, et le second groupe sera composé d’observateurs dont le rôle et les attributions restent à préciser.  Ce groupe sera constitué des pays voisins, d’autres pays d’Afrique (Afrique du Sud, Angola, République centrafricaine, République du Congo, Ethiopie, Gabon, Mozambique, Namibie, Nigéria, Soudan et Zimbabwe) et des partenaires bilatéraux et multilatéraux de développement. 

La conférence ne sera pas une manifestation unique mais un processus qui se déroulera en plusieurs étapes.  Le processus préparatoire devrait aboutir à deux réunions au Sommet qui seront chacune précédées par une réunion des ministres des affaires étrangères, et il comprendra en outre des réunions des comités préparatoires nationaux et du comité préparatoire régional ainsi que des réunions thématiques (organisations sous-régionales, femmes, jeunes).  Le projet de calendrier de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs prévoit les étapes suivantes: décembre 2003, réunion avec les organisations régionales puis première réunion du comité préparatoire régional; janvier 2004, réunion des associations féminines; février 2004, deuxième réunion du comité préparatoire régional; avril 2004, troisième réunion du comité préparatoire régional; mai 2004, première réunion des ministres des affaires étrangères; et juin 2004, premier sommet des chefs d’Etat en vue d’adopter des principes généraux et des directives.  La seconde réunion des ministres des affaires étrangères et le deuxième sommet des chefs d’Etat se tiendront à des dates qui seront précisées ultérieurement.

Déclarations

La conférence internationale sur la région des Grands Lacs est une idée déjà ancienne à laquelle l’évolution de la situation sur le terrain a redonné vie, a déclaré M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies.  Chacun sait que les conflits et l’instabilité dans un pays de la région des Grands Lacs, même s’ils sont le produit de facteurs internes, restent rarement internes pendant longtemps, a poursuivi M. Annan, soulignant que ces conflits avaient tendance à se propager rapidement en raison des liens sociaux, économiques, culturels, et linguistiques étroits qu’entretiennent les habitants de toute la région.  C’est pourquoi, une approche globale s’impose pour s’attaquer aux causes profondes et interdépendantes des conflits de la région.  Depuis la Déclaration présidentielle du 14 octobre 1994 sur le Rwanda, le Conseil de sécurité a toujours appuyé le principe d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs, a rappelé le Secrétaire général.  Pour accélérer le processus d’organisation de cette conférence, a-t-il indiqué, j’ai nommé en 1999 un Représentant spécial pour la région des Grands Lacs qui a mené des consultations avec les pays de la région, à savoir le Burundi, le Kenya, l’Ouganda, la République démocratique du Congo, le Rwanda et la République-Unie de Tanzanie, ayant abouti au lancement du processus préparatoire en juin 2003 à Nairobi. 

Des comités préparatoires nationaux ont été mis en place par la suite, a-t-il dit, soulignant par ailleurs le rôle central de l’Union africaine dans ce processus préparatoire de même que l’importance de la mise en œuvre d’un partenariat international.  La communauté internationale doit appuyer les pays de la région des Grands Lacs, a insisté M. Annan, convaincu que la société civile, les organisations sous-régionales, les Amis de la région et toutes les parties prenantes devraient s’investir pour garantir le succès de la conférence.  Appelant ensuite le Conseil de sécurité et la communauté internationale à saisir la dynamique nouvelle dans la région des Grands Lacs, le Secrétaire général a estimé que les questions de paix, de sécurité et de développement dans cette région devraient faire l’objet de mesures concrètes à l’échelle régionale.  Il a rappelé l’adoption, en marge du débat général de l’Assemblée générale, en septembre dernier, de la Déclaration de principes sur les relations de bon voisinage et la coopération, avant de souligner qu’en ce qui concerne les efforts déployés par les Nations Unies dans la perspective de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs, des ressources financières et humaines ainsi qu’une assistance technique devraient être mises à la disposition de son Représentant spécial.  (Pour la version intégrale du discours, voir notre communiqué de presse SG/SM/9020.)

M. FRANCISCO MADEIRA, Ministre à la présidence du Mozambique chargé des affaires parlementaires et diplomatiques, intervenant au nom de l’Union africaine, s’est félicité à son tour de la dynamique de paix en cours dans la région des Grands Lacs, une région qui a connu jusqu’à une période récente, des troubles d’une extrême cruauté, du génocide au Rwanda jusqu’à l’occupation de la République démocratique du Congo (RDC).  Les habitants de la région des Grands Lacs semblent s’engager sur la voie de la paix et de la stabilité quelques années après la signature des Accords de Lusaka.  Ces Accords sont inclusifs pour la paix en RDC qui associaient à la fois les parties congolaises et les pays voisins pour obtenir la cessation des hostilités et le retrait des troupes étrangères.  Les Accords de Lusaka n’avaient pas satisfait tout le monde, mais ils représentaient certainement la meilleure approche à ce moment de l’histoire, a souligné le Ministre, insistant sur le fait que la volonté des Congolais de faire face aux défis de la paix et de la reconstruction, concrétisée dans les Accords de Sun City, a largement contribué au retour progressif à la paix.  La préservation de l’intégrité territoriale de la RDC et la nécessité de bâtir une armée unique et un système démocratique et de bonne gouvernance a su prévaloir, a insisté M. Madeira. 

Le processus au Congo reste toutefois délicat, a constaté ensuite le Ministre mozambicain, exhortant la communauté internationale à rester vigilante et plaidant pour une adhésion totale de la population aux nouvelles institutions.  Depuis la mort de Lumumba et jusqu’à la signature des Accords de Sun City, toutes les prises de pouvoir dans l’ex-Zaïre ont été orchestrées depuis l’étranger et ont dû s’imposer au peuple par un mécanisme d’aliénation, a-t-il rappelé, invitant le Conseil de sécurité à ne pas perdre de vue la nécessité de consolider les institutions dans un pays débarrassé de l’occupation et de la domination étrangère.  Nous devons faire en sorte que ce type d’occupation ne se reproduise plus, a insisté le Ministre, sous aucun prétexte, tout en reconnaissant la légitimité des préoccupations en matière de sécurité des pays voisins de la RDC.  Ce dernier est riche et attire tout le monde, mais l’interaction avec la RDC doit s’établir sur des principes sains, a estimé M. Madeira, appelant à un soutien en faveur de la reconstruction de la RDC.  Moins de 10 ans après le génocide, le Rwanda vient de connaître un processus électoral visant à consolider la paix et la stabilité dans la région, tout comme l’Accord conclu la semaine dernière entre les FDD et le Gouvernement du Burundi.  Le Palipehutu-FNL doit être empêché d’entraver la révolution pacifique en cours dans la région des Grands Lacs, a poursuivi M. Madeira, invitant le Conseil de sécurité à apporter son appui à la force de paix de l’Union africaine déployée au Burundi. 

M. ABDULKADER SHAREEF, Vice-Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la République-Unie de Tanzanie, au nom des pays de la région des Grands Lacs, a estimé que la convocation d’une conférence sur la région des Grands Lacs intervient à un moment approprié étant donné que tous les signes indiquent que les conflits de la région prennent leur fin.  A cet égard, le Vice-Ministre a accueilli favorablement les accords conclus en République démocratique du Congo (RDC) et la mise en place d’un gouvernement de transition qui soit aussi inclusif que possible et qui préparera le pays au processus démocratique dans les deux années à venir.  Il a également salué les Accords d’Arusha et l’Accord de réconciliation pour le Burundi signé le 28 août 2000 qui constituent la pierre angulaire du processus de paix dans ce pays.  La tâche la plus importante que devront réaliser la RDC et le Burundi, a-t-il ajouté, est la consolidation des accords de paix par le biais de la mise en place d’un programme global de réconciliation, de reconstruction et de développement post-conflit.  La conférence devra convenir d’une série d’accords relatifs au bon voisinage et au développement social et économique au service des peuples de région. 

Concernant la paix et la sécurité, le Vice-Ministre a estimé que le succès de la conférence dépendra de sa capacité à définir des mesures concrètes pour empêcher la résurgence de la violence, du génocide et de l’instabilité dans la région, et pour contenir la criminalité transfrontalière, le trafic illicite de drogues, d’armes légères ainsi que l’immigration illégale.  Un pacte de lutte contre le génocide, un traité de non-agression et un programme pour le démembrement des milices et l’interdiction du commerce des petites armes garantiraient en outre non seulement la paix et la sécurité dans la région, mais aussi la justice, la démocratie et la bonne gouvernance.  Après la restauration de la paix et de la sécurité, la communauté internationale devra mobiliser et fournir une assistance économique adéquate afin de permettre aux pays de la région de tirer profit de leurs importantes ressources.  M. Shareef s’est dit convaincu que la conférence sera en mesure d’adopter une sorte de Plan Marshall pour la reconstruction de la région des Grands Lacs.  Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) constitue en outre une possibilité de plus pour les pays de la région de réaliser leurs objectifs économiques.  Sur le front humanitaire, le Vice-Ministre a souhaité que la conférence soit l’occasion pour répondre aux problèmes de réfugiés, des personnes déplacées à l’intérieur des frontières, des ex-combattants et pour mettre en place des mécanismes de respect des droits de l’homme.  Enfin, M. Shareef a lancé un appel aux Nations Unies pour qu’elles fournissent les moyens d’appuyer le processus de préparation de la conférence.

M. KELI WALUBITA, Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs, a insisté sur l’importance de la tenue d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs qui dispose actuellement du soutien conjugué des pays de la région, de l’Union africaine et des Nations Unies.  Il a rendu hommage au rôle clef joué par le Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, Ibrahima Fall, dans le processus préparatoire de la conférence.  Il a assuré le Conseil de sécurité de la détermination du Président de la Commission de l’Union africaine, Alpha Oumar Konaré, à faire progresser les travaux préparatoires de la conférence et a souligné que les six pays de la région coopéraient activement, notamment à la définition des thématiques.  Au-delà des questions de paix et sécurité, de la démocratie et la bonne gouvernance, du développement économique et de l’intégration régionale, les consultations ont permis d’ajouter une quatrième dimension, à savoir les questions humanitaires et sociales, a indiqué M. Walubita.  Evoquant ensuite la participation de la Zambie à la région des Grands Lacs, M. Walubita a indiqué qu’elle était actuellement examinée, en particulier en prenant en compte le fait que la Zambie est frontalière de la RDC et a en partage le Lac Tanganyika.  La réunion du Comité préparatoire régional ne pourra pas se tenir avant la fin décembre 2003, a-t-il toutefois regretté, informant le Conseil du fait que les six États de la région n’avaient pas apporté les informations préliminaires.  Soulignant ensuite les difficultés rencontrées par l’Union africaine, l’Envoyé spécial a assuré que l’intention du Président Konaré était d’ouvrir un bureau à Nairobi pour faciliter les consultations entre les Nations Unies et l’Union africaine.

Intervenant au nom de l’Union européenne, des pays candidats et des pays associés, M. MARCELLO SPATAFORA (Italie) a souligné l’importance d’une approche régionale de la gestion des problèmes liés à la région des Grands Lacs.  C’est pourquoi, l’Union européenne soutient l’initiative visant à organiser une conférence internationale sur la paix la sécurité, la démocratie et le développement des Grands Lacs, sous les auspices des Nations Unies et de l’Union africaine.  Il a défini cette future conférence comme le début d’un processus de normalisation, à condition d’obtenir la participation de tous les pays de la région, des organisations sous-régionales, des institutions financières de pays observateur et bien sûr de l’Union européenne.  Le représentant s’est félicité de la Déclaration de bon voisinage et de coopération signée à New York, le 25 septembre 2003, entre certains pays de la région, et basée sur le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, mais aussi sur la lutte contre le trafic d’armes.  Il a indiqué que l’Union européenne s’est engagée à soutenir les nouvelles institutions congolaises par la mise en place d’un programme d’assistance post-conflit axé sur la démobilisation, le désarmement et la réintégration des ex-combattants, la création d’un service de police et la préparation d’élections en 2005.  Tout en félicitant l’Afrique du Sud, les Gouvernements de l’ »«Initiative régionale  » et l’Union africaine pour avoir permis la conclusion d’un accord entr e le Grouvernement de transition au Burundi et les «Forces pour la défense de la démocratie (FDD)», il a exhorté les «Forces nationales de libération» (FNL) à se joindre au processus politique et a encouragé le Gouvernement du Burundi à laisser la porte ouverte aux négociations.  Les  récentes élections au Rwanda comme un pas important vers la réconciliation nationale, la consolidation des institutions démocratiques et un facteur clef pour l’amélioration de la situation de la région dans son ensemble.  

M. IBRAHIMA FALL, Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, a présenté le rapport du Secrétaire général sur Les préparatifs d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs qui s’articule autour de trois idées clefs: la structure du processus d’organisation de la conférence, sa dynamique et le rôle spécifique des Nations Unies.  La dynamique d’organisation de la conférence repose sur deux principes fondamentaux, à savoir l’appropriation régionale et le partenariat international.  M. Fall a indiqué que l’appropriation régionale signifie l’implication active et décisive d’un nombre aussi large que possible des acteurs principaux dans chaque pays.  C’est également au nom de ce principe que les pays constitutifs de la région sont invités à participer en qualité d’observateurs à l’ensemble du processus de la conférence. 

Le principe de partenariat international, a poursuivi M. Fall, se traduit par la reconnaissance de l’importance de la participation, du début à la fin du processus d’organisation de la conférence, des partenaires bilatéraux et multilatéraux du développement de la région des Grands Lacs.  Ce principe est en outre à la base de la création prochaine, le 4 décembre 2003, à Genève, du «Groupe des Amis de la région des Grands Lacs» grâce à la participation du Canada après concertation avec les Nations Unies et l’Union africaine.  Il s’agira d’un cadre d’échange d’informations, de consultation, de concertation et d’harmonisation des actions et initiatives tant individuelles que collectives de la communauté internationale. 

En outre, le Représentant spécial a fait savoir que le rôle de l’ONU dans la préparation, la tenue et le suivi de la conférence peut être analysé à trois niveaux.  Pour sa part, il devra apporter une contribution en termes de soutien technique aux comités nationaux préparatoires.  Au niveau du Siège des Nations Unies à New York, un Groupe de travail inter-départemental et interinstitutions a été constitué à l’initiative du Département des affaires politiques et se réunit périodiquement sur les questions liées à la conférence.  Enfin, le Conseil de sécurité, a estimé M. Fall, est un organe de la plus haute importance à la fois pour guider le processus de la conférence, l’appui diplomatique indispensable ainsi que la mobilisation de la communauté internationale en faveur de la conférence.

M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a pris note de l’engagement de l’Union africaine dans la préparation de la conférence internationale de paix pour la région des Grands Lacs, soulignant que les conflits qui affectent encore la République démocratique du Congo et le Burundi ne peuvent être compris isolément.  La normalisation complète des relations entre les gouvernements de la région et la mise en œuvre de mesures de confiance pour assurer la sécurité des frontières, constituent, de l’avis de sa délégation, les objectifs fondamentaux de la conférence.  A ce titre, le représentant a souligné la nécessité de réunir  trois conditions suivantes pour assurer le succès de la conférence.  Tout d’abord,  la participation au «premier cercle» doit être ouverte à l’ensemble des Etats voisins -y compris les voisins occidentaux de la République démocratique du Congo (RDC) et du Burundi.  Ensuite, les thèmes prioritaires doivent être hiérarchisés et correspondre aux principales préoccupations des Etats concernés, et la question de la sécurité doit clairement demeurer au premier plan.  Enfin, la conférence doit viser des résultats tangibles.  A cet égard, M. de La Sablière a fait remarquer que l’élaboration éventuelle de mécanismes de suivi ne devrait pas passer au second plan de la discussion, sur le fond, des problèmes plus essentiels qui touchent à la paix et à la sécurité de la région.

Compte tenu du fait que les Etats concernés sont d’accord sur les principes qui doivent guider leurs relations, le représentant a déclaré que la conférence devrait être pour eux l’occasion de traduire les engagements en actes, soulignant également que l’idée de tenir deux sommets ne devait pas primer sur la possibilité d’une conclusion définitive des travaux de la conférence.  Ce qui importe aujourd’hui c’est de saisir l’opportunité des progrès enregistrés, en RDC et au Burundi, et des espoirs dont ils sont porteurs pour les réconciliations nationales, a-t-il poursuivi avant de demander à M. Fall comment il serait possible de garantir aux pays voisins de la RDC, qui ne sont pas encore admis à participer à la préparation de la conférence, que cette conférence procèdera effectivement sans exclusive, c'est-à-dire avec eux.  Il lui a également demandé quelles étaient les actions concrètes envisagées pour faire face aux questions de sécurité à l’issue du sommet prévu en juin prochain.

M. WANG GUANGYA (Chine) a rappelé que la situation dans la région des Grands Lacs avait été particulièrement troublée ces dernières années, avant d’inviter la communauté internationale à apporter son appui aux efforts des pays de la région.  Des progrès sensibles ont été enregistrés ces derniers mois en RDC et au Burundi, a-t-il poursuivi, avant de se féliciter du processus de normalisation entre pays de la région des Grands Lacs concrétisés dans la signature de la Déclaration de principes sur le bon voisinage et la coopération, le 25 septembre 2003, notamment entre le Burundi, le Rwanda, la RDC et l’Ouganda.  La conférence internationale sur la région des Grands Lacs devrait permettre aux pays de la région d’aplanir définitivement les questions en suspens sur la voie de la paix et de la stabilité. 

M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) s’est félicité des progrès importants accomplis en faveur de la paix en 2002 en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi et au Rwanda.  A cet égard, le représentant a aussi rendu hommage à l’Union africaine pour ses efforts de paix.  Quelque chose de nouveau commence, a-t-il affirmé, et la communauté internationale doit appuyer cette évolution des événements en coopération avec tous les pays de la région.  Cependant, a estimé le représentant, la conférence ne saurait prendre la place des processus de paix existants mais plutôt mettre l’accent sur la reconstruction, la paix durable et sur la reconstruction des sociétés détruites par la guerre.  La société civile peut jouer un rôle dans le cadre des préparatifs de la conférence.  Cette dernière doit en outre faire partie d’un processus global et d’un cadre de coopération durable. 

M. Jones Parry a également exprimé l’espoir que la conférence permettra de s’entendre sur de nombreux points.  Il faudra en particulier définir les objectifs communs en matière de commerce et de désarmement.  La coopération en vue de la poursuite d’intérêts communs permettra de réduire les perspectives de conflits.  Il faudra aussi, a estimé le représentant, favoriser les échanges commerciaux et les investissements afin de mettre en place un marché intérieur et des conditions favorables au développement.  La conférence doit couvrir tous les aspects de la reconstruction après conflit.  De l’avis de sa délégation, la communauté internationale doit rassembler les ressources nécessaires pour assurer le développement des pays de la région des Grands Lacs. 

M. ALEXANDER KONOZIN (Fédération de Russie) a pris note des progrès réalisés en ce qui concerne l’amélioration des relations entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et le Burundi.  L’ONU et le Conseil de sécurité ne sont pas en reste dans ces succès, a-t-il poursuivi en précisant qu’entre 2000 et 2003, le Conseil de sécurité s’est rendu quatre fois dans la région.  Cependant, il existe toujours des risques de reprise des affrontements, de poursuite du trafic des armes légères, de l’utilisation des enfants soldats et de maintien de la situation humanitaire catastrophique.  La tenue d’une conférence internationale représente dans ce contexte l’étape suivante sur la voie de la pleine normalisation de la situation dans la région.  Le représentant s’est aussi dit convaincu que cette conférence permettra de régler nombre de problèmes que connaît la région.  Cependant, il a souligné le fait que, selon lui, le succès de cette conférence dépendra de la détermination et de la cohérence dont feront montre les principaux acteurs de la crise.  Le représentant s’est en outre dit en faveur de l’idée de créer un Groupe des Amis de la conférence et a estimé qu’il faut réfléchir à la participation des milieux d’affaires internationaux afin de ranimer les investissements et l’esprit d’entreprise de cette région.  Enfin, le représentant a demandé au représentant de l’Union africaine ce que cette organisation entend faire pour mettre un terme à l’impunité pour les crimes de guerre et pour les crimes contre l’humanité qui persiste dans la région et qui alimente les conflits.  Il a aussi posé au représentant de la Tanzanie la question de savoir ce que son Gouvernement peut faire pour obliger le FNL à s’asseoir à la table des négociations.

M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne), manifestant à son tour son soutien aux efforts déployés pour l’organisation d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs, a invité les Etats de la région, les pays donateurs, et toutes les parties prenantes à tout faire pour assurer le succès de ce processus.  Les Nations Unies et l’Union africaine doivent continuer d’appuyer les pays de la région à élaborer des plans nationaux concrets pour la mise en œuvre des mesures qui seront identifiées dans chacun des quatre domaines, a souligné le représentant syrien. 

      M.       . CARLOS PU JALTE (Mexique) s’est félicité de la tenue d’une conférence internationale sur les Grands Lacs qui tiendrait compte des dimensions régionales du conflit en République démocratique du Congo (RDC) ainsi que des liens économiques, sociaux et culturels qui unissent la population de la région.  Le représentant a également appelé les peuples de la République démocratique du Congo et du Burundi à consolider le processus de paix.  De l’avis de sa délégation, l’action coordonnée des pays de la région revêt une importance toute particulière pour définir une stratégie régionale visant à instaurer la paix, la sécurité, la démocratie, le développement économique, l’intégration régionale et la prise en compte de questions humanitaires et sociales.  Enfin, le représentant a salué la détermination des pays de la région à faire avancer le processus préparatoire de la Conférence. 

M. RAYKO RAYTCHEV (Bulgarie) a salué la dynamique positive qui prend forme dans la région des Grands Lacs.  Il important de ne pas perdre cet élan et il faut renforcer les tendances qui se manifestent actuellement.  A cet égard, a poursuivi le représentant, la tenue d’une conférence sur la région des Grands Lacs pourra contribuer à la normalisation des relations entre tous les pays de la région.  Il a aussi souligné qu’il est très important que les Africains estiment que cette conférence leur permettra d’atteindre leurs buts communs.  La communauté internationale doit aider les Etats de la région dans leurs efforts, a souligné le représentant, qui s’est félicité à des efforts déployés par le Canada pour mettre sur pied un Groupe des Amis de la région des Grands Lacs. 

Mme ANA MARIA MENENDEZ (Espagne) a jugé crucial le processus préparatoire de la conférence internationale sur la région des Grands Lacs, un événement qui doit s’inscrire dans la durée et ne doit pas se limiter à une rencontre ponctuelle, a-t-elle ajouté.  Il est important de définir les principes et initiatives concrètes à mettre en œuvre au cours des différentes étapes de cette conférence, a-t-elle dit, avant d’inviter le Burundi, le Rwanda, la RDC et l’Ouganda à favoriser la dynamique de paix en appliquant dans les faits les éléments convenus dans la Déclaration de principe sur le bon voisinage et la coopération signée par eux à New York, le 25 septembre 2003. 

M. HERALDO MUNOZ (Chili) a tout d’abord indiqué que sa délégation présentera aux autres membres du Conseil un projet de résolution concernant les attentats d’Istanbul.  Il s’est félicité ensuite des progrès réalisés sur la voie d’une conférence internationale sur la région des Grands Lacs.  Le Chili appuie la tenue de cette conférence, convaincu que seul un cadre régional peut contribuer à renforcer la paix et la stabilité aux niveaux interne et régional.  Il a souhaité que l’échéancier prévu dans le rapport du Secrétaire général soit respecté. 

M. MASOOD KHALID (Pakistan) a déclaré que l’année 2003 est emprunte d’espoir et que la future conférence sur la région des Grands Lacs marque un jalon sur la voie de la paix.  Les causes des conflits qui ont fait un nombre considérable de victimes sont complexes et, s’il est important d’aborder ces problèmes aux niveaux national et local, il est aussi essentiel de les aborder au niveau régional, étant donné la nature transfrontière des conflits.  A cet égard, le représentant a appuyé les objectifs de cette conférence et son appropriation par les pays de la région et la communauté internationale.  Le Conseil de sécurité doit aussi prendre des initiatives supplémentaires visant à consolider la paix, a-t-il ajouté avant d’insister sur l’envoi d’une force de maintien de la paix au Burundi.  Il faut aussi rendre plus efficace l’embargo sur les armes.  La situation au Burundi est traitée par le Conseil de sécurité et l’ECOSOC, a fait remarquer le représentant qui a estimé en conclusion qu’il serait plus économique en termes de temps et de ressources de créer un comité mixte pour traiter les problèmes de la région des Grands Lacs.

M. MARTIN CHUNGONG AYAFOR (Cameroun) s’est félicité de l’engagement de l’Union africaine dans le processus de préparation de la conférence sur la région des Grands Lacs.  Le succès de cette dernière dépendra de la volonté politique des pays de la région mais aussi de l’appui de la communauté internationale.  A cet égard, il a salué l’initiative du Canada visant à la création d’un Groupe des Amis de la région des Grands Lacs.  S’agissant des pays invités, le représentant a souligné les similarités qui existent entre les problèmes de la région des Grands Lacs et ceux de la région de l’Afrique centrale, notamment pour ce qui est de l’afflux des réfugiés et des armes illicites.  C’est pourquoi, en conclusion, il a réitéré la demande des Ministres des affaires étrangères de l’Afrique centrale d’associer plus étroitement leurs pays au processus préparatoire de la conférence. 

M. WOLFGANG TRAUTWEIN (Allemagne), s’associant à la déclaration faite par l’Italie, au nom de l’Union européenne, a soutenu pleinement l’initiative en faveur d’une conférence internationale pour la paix dans la région des Grands Lacs, sous l’égide des Nations Unies et de l’Union africaine, qui est opportune au regard des progrès réalisés en République démocratique du Congo (RDC) et au Burundi.  La prise en charge de ce processus par les pays africains et par les pays de la région eux-mêmes est vitale pour son succès.  La simple énumération des conférences successives de Lusaka, de Luanda, de Pre toria, de Sun City, d’Arusha et de Dar es-Salaam souligne qu’au long de ce processus complexe en faveur de la paix et de la stabilité, les efforts des pays africains ont été indispensables.  Il sera utile de profiter des ressources et de l’expérience du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique, de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est, de la Communauté pour le développement de l'Afrique australe et de la Banque africaine de développement.  Un soutien pourra également provenir du Groupe d’A mis qui se met en place, et auquel participe l’Allemagne.

      L’Allemagne est convaincue que les aspirations, dans la phase initiale de la conférence, ne devraient pas être trop élevées, et que l’établissement d’une série de principes et de critères précis de leur mise en œuvre serait déjà un succès.  Ce n’est pas un objectif irréaliste, a précisé le représentant.  Les pays de la région ont une obligation à l’égard de leurs peuples, leurs voisins et la communauté internationale, qui s’étend au respect des droits de l’homme et du droit international humanitaire, au terme posé à la culture de l’impunité, à la cessation de l’exploitation illégale des ressources naturelles ainsi qu’au soutien aux groupes armés.  L’implication de la société civile a été évoquée; il sera utile de savoir quelle forme cette dernière pourrait prendre et, en toute hypothèse, la participation des femmes doit être prise en compte à tous les niveaux de la consolidation de la paix et du développement.  Par ailleurs, il est essentiel de faire respecter l’embargo sur les armes au Nord et au Sud Kivu et en Ituri.  Au Burundi, l’accord signé entre le Gouvernement de transition et le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), signé le 16 novembre dernier à Dar es-Salaam , est encourageant.   Dans l’hypothèse où le FNL refuserait de négocier avec le Gouvernement, il faudrait envisager un embargo sur les armes contre cette milice, qui ne saurait constituer un obstacle à tout le processus de paix.

M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a rappelé l’intérêt porté par le Conseil de sécurité au relèvement et au renforcement de la stabilité dans la région des Grands Lacs.  Il a souhaité que les Etats de la région déploient tous les efforts nécessaires pour assurer le succès de la  conférence internationale après avoir rappelé certaines des causes des conflits qui ont sévi depuis une décennie dans la région des Grands Lacs, entre autres les flux de population, la pauvreté, l’accès facilité aux armes légères, ou encore l’instrumentalisation de groupes armés à des fins politiques.  Abordant la question de la participation à la conférence, le représentant a souhaité qu’elle soit élargie le plus possible à tous les pays de la région.  La mise en œuvre des accords politiques conclus précédemment et leur harmonisation sont également une des composantes sur succès de la conférence, a-t-il dit, avant de souligner que pour assurer le succès des processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), la communauté internationale doit tenir compte des risques posés par une démobilisation accélérée des éléments des armées nationales, qui affectent la capacité des Etats à désarmer les groupes armés.  Enfin, M. Sow a estimé que la paix et la stabilité dans la région des Grands Lacs supposait une approche régionale élargie intégrant les préoccupations de sécurité, de coopération régionale et de développement économique. 

M ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) s’est félicité de l’initiative pour la tenue d’une conférence sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs.  Cette initiative est une contribution efficace à la mise en œuvre de mécanismes de renforcement des relations amicales entre les pays de la région.  Le représentant a salué le rôle important que joue l’Union africaine dans la recherche de solutions depuis le Sommet de Tunis de 1994, engagement que l’organisation régionale a réaffirmé à l’occasion du Sommet de Maputo, en partenariat avec les Nations Unies.  C’est dans ce contexte que l’Angola a pris des initiatives visant à renforcer les relations diplomatiques entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et l’Ouganda, ce qui a notamment abouti à la signature entre la RDC et l’Ouganda d’un accord portant création  de la Commission de pacification de l’Ituri(RDC).  Illustrant les conséquences de l’instabilité de la région des Grands Lacs sur l’Angola, il a indiqué que plus de 2 000 combattants de cette région, notamment du Rwanda, avaient été impliqués dans le conflit angolais.  Parmi eux figurait un dirigeant du génocide rwandais de 1994, un criminel de guerre qui a été remis au Tribunal pénal international pour le Rwanda par les autorités angolaises.  Il a souhaité que cette conférence se tienne sous les meilleurs auspices de l’Union africaine et des Nations Unies, avec la pleine participation de tous les pays concernés. 

Répondant aux questions qui lui ont été posées, M. FALL a fait savoir que la décision d’inclure la Zambie parmi les pays constitutifs de la région a été prise lors de la réunion de préparation de la conférence qui s’est tenue l’année dernière.  Des discussions seront par ailleurs menées avec le Président Konaré pour voir comment l’Union africaine et l’ONU peuvent coordonner leurs initiatives en vue de déterminer les pays considérés comme constitutifs de la région.  Concernant la définition des mesures concrètes qui seront mises en œuvre après la conférence de 2004, M. Fall a déclaré que ces dernières seront présentées lors de la conférence elle-même.  La participation de la société civile est en outre prise en compte.  La question de la parité ne sera pas perdue de vue et, à cet égard, a indiqué M. Fall, un consultant pour les questions de parité sera prochainement désigné.  Des contacts ont également été pris avec des syndicats et le secteur privé dans plusieurs pays de la région. 

S’agissant de la question relative à l’impunité, M. MADEIRA a rappelé que les principes de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la primauté du droit sont défendus par l’Union africaine et qu’ils ne vont pas de pair avec l’impunité.  L’Union africaine s’est en outre efforcée de faire en sorte que les crimes soient sanctionnés en ne ménageant aucun effort pour appuyer le travail du Tribunal pénal international pour le Rwanda.  Les Accords de Lusaka, a rappelé M. Madeira, prévoient que les auteurs de crimes graves soient poursuivis, arrêtés et traduits en justice.  Nombre des Etats africains se sont associés aux efforts et aux principes de l’Union africaine ont garanti la punition de ces crimes en ratifiant le Traité de Rome, a-t-il ajouté. 

Déclaration du Président du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité rappelle la déclaration de son président en date du 24 avril 1997 (S/PRST/1997/22) et ses déclarations et résolutions pertinentes ultérieures appelant à la tenue, au moment opportun, d’une conférence internationale sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands Lacs en Afrique à laquelle participeraient tous les gouvernements de la région des Grands Lacs et de l’Afrique centrale et toutes les autres parties concernées et qui serait organisée sous les auspices de l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation de l’unité africaine/Union africaine, en vue d’assurer une paix durable, la sécurité et la stabilité dans tous les pays de la région, en particulier par la normalisation complète de leurs relations et la mise en place de mesures et de mécanismes propres à rétablir la confiance.

Le Conseil de sécurité estime que la tenue de la conférence proposée permettra de poursuivre les progrès accomplis dans les processus de paix en République démocratique du Congo et au Burundi pour parvenir à une paix durable et de faire avancer les processus de réconciliation nationale dans tous les pays concernés de la région.

Le Conseil de sécurité se félicite des progrès accomplis en vue de la convocation de la conférence proposée, exprime sa satisfaction de constater que les pays de la région ont lancé le processus préparatoire de la conférence avec la première réunion de leurs coordonnateurs nationaux, qui s’est tenue en juin 2003 à Nairobi, et estime qu’il est maintenant primordial de donner suite à cette étape initiale en redoublant d’efforts. Il prend note avec satisfaction de l’exposé présenté par le Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs, M. Ibrahima Fall, et se félicite de l’offre faite par le Gouvernement tanzanien d’accueillir une réunion au sommet en 2004.

Le Conseil de sécurité encourage les gouvernements concernés, avec l’appui de leur société civile, des pays voisins et des partenaires de développement, à poursuivre leurs efforts pour assurer le succès de la conférence en adoptant une approche régionale sans exclusive et orientée vers l’action. Il souligne qu’il importe que tous les États concernés, en particulier les États voisins de la République démocratique du Congo ou du Burundi, participent à cette conférence, et il encourage les États de la région à parvenir rapidement à un accord sur la participation à la conférence.

Le Conseil de sécurité souligne l’utilité, pour la conférence proposée, de la Déclaration solennelle de la Conférence sur la sécurité, la stabilité, le développement et la coopération en Afrique, adoptée au Sommet de l’Organisation de l’unité africaine tenu à Lomé en juillet 2000, de la Décision de Maputo adoptée par le Conseil exécutif de l’Union africaine en juillet 2003, de la Déclaration de principes sur les relations de bon voisinage et de coopération adoptée par les Gouvernements du Burundi, de la République démocratique du Congo, du Rwanda et de l’Ouganda à New York le 25 septembre 2003 et du cadre offert par le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).

Le Conseil de sécurité lance un appel aux pays de la région et à la communauté internationale afin qu’ils apportent un appui politique et diplomatique soutenu ainsi qu’une assistance technique et financière appropriée pour permettre que la conférence soit bien préparée, qu’elle se tienne en temps voulu et qu’elle soit accompagnée de mesures de suivi efficaces. Il salue le partenariat dynamique entre l’Organisation des Nations Unies et l’Union africaine pour tous les aspects de la préparation de la conférence proposée et se félicite de la nomination de M. Keli Walibuta comme Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs.

Le Conseil de sécurité engage les pays de la région et les membres de la communauté internationale à appuyer les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général pour la région des Grands Lacs et de l’Envoyé spécial du Président de la Commission de l’Union africaine pour la région des Grands Lacs; il remercie le Secrétaire général de le tenir informé de l’évolution de la situation dans la région et le prie de continuer à le faire régulièrement.

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M ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) s’est félicité de l’initiative pour la tenue d’une conférence sur la paix, la sécurité, la démocratie et le développement dans la région des Grands lacs.  Cette initiative est une contribution efficace à la mise en œuvre de mécanismes de renforcement des relations amicales entre les pays de la région.  Le représentant a salué le rôle important que joue l’Union africaine dans la recherche de solutions depuis le Sommet de Tunis de 1994, engagement que l’organisation régionale a réaffirmé à l’occasion du Sommet de Maputo, en partenariat avec les Nations Unies.  C’est dans ce contexte que l’Angola a pris des initiatives visant à renforcer les relations diplomatiques entre la République démocratique du Congo (RDC), le Rwanda et l’Ouganda, ce qui a notamment abouti à la signature entre la RDC et l’Ouganda d’un accord portant création  de la Commission de pacification de l’Ituri(RDC).  Illustrant les conséquences de l’instabilité de la région des Grands Lacs sur l’Angola, il a indiqué que plus de 2 000 combattants de cette région, notamment du Rwanda, avaient été impliqués dans le conflit angolais. Parmi eux figurait un dirigeant du génocide rwandais de 1994, un criminel de guerre qui a été remis au Tribunal pénal international pour le Rwanda par les autorités angolaises.  Il a souhaité que cette conférence se tienne sous les meilleurs auspices de l’Union africaine et des Nations Unies, avec la pleine participation de tous les pays concernés. 

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