DEVANT LE CONSEIL DE SECURITE, LE SECRETAIRE GENERAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES EXHORTE ISRAELIENS ET PALESTINIENS A RELANCER LA FEUILLE DE ROUTE

21 octobre 2003
CS/2572

DEVANT LE CONSEIL DE SECURITE, LE SECRETAIRE GENERAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES EXHORTE ISRAELIENS ET PALESTINIENS A RELANCER LA FEUILLE DE ROUTE

21/10/2003
Communiqué de presseCS/2572

Conseil de sécurité

4846e séance – matin

DEVANT LE CONSEIL DE SECURITE, LE SECRETAIRE GENERAL ADJOINT AUX AFFAIRES POLITIQUES EXHORTE ISRAELIENS ET PALESTINIENS A RELANCER LA FEUILLE DE ROUTE

Examinant ce matin la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, le Conseil de sécurité a entendu M. Kieran Prendergast, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, lancer un appel pour l’établissement d’une paix juste, durable et globale dans la région.  Regrettant les reculades observées ces derniers mois, il a fait remarquer que les actions réciproques de destruction ne font qu’affaiblir les modérés des deux parties et encourager les extrémistes. 

Selon M. Prendergast, les attaques terroristes, la rhétorique du rejet, les exécutions extrajudiciaires, les murs qui pénètrent profondément dans les territoires palestiniens occupés, la destruction de foyers, les expropriations et les activités permanentes d’implantation de colonies de peuplement mènent les deux parties au désespoir, à la haine et à la revanche.  Ce qui est pire encore, a estimé le Secrétaire général adjoint, c’est que les deux parties en viennent à douter de la capacité de l’autre à être un partenaire pour la paix.

Depuis la dernière séance d’information au Conseil de sécurité, a rappelé M. Prendergast, la région a connu une escalade de la violence qui a franchi la ligne et les frontières précédemment respectées.  Les événements de ces trois derniers mois incluent, entre autres, la violation de la Ligne bleue, la mise en place de bouclages de plus en plus strictes dans les territoires palestiniens, l’attentat contre un convoi diplomatique américain; en outre, 18 Palestiniens et trois soldats israéliens ont été tués au cours des trois derniers jours.  Rappelant qu’il n’y pas de solution militaire au conflit, M. Prendergast a déclaré qu’il n’y aurait de stabilité que lorsqu’un accord de paix juste et durable sera respecté.  Il est clair que les parties ne sont pour le moment pas en mesure de retourner à la table de négociations, a-t-il poursuivi, soulignant que la confiance mutuelle était trop faible.  Dans ce contexte, il a appelé la communauté internationale à réaffirmer son rôle pour le rétablissement de la paix et la mise en œuvre de la Feuille de route qui, selon lui, est au point mort depuis trop longtemps. 

Dressant le bilan des victimes depuis septembre 2000, M. Prendergast a rappelé que 2 858 Palestiniens et 857 Israéliens avaient trouvé la mort pendant cette période.  Il a demandé à l’Autorité palestinienne de traduire en justice ceux qui planifient les attaques et au Gouvernement israélien de respecter ses obligations en vertu de la Feuille de route.  Le 5 octobre dernier, a poursuivi le Secrétaire général adjoint, Israël a lancé une attaque aérienne contre le territoire syrien, en rappelant que toute attaque d’un Etat contre le territoire d’un autre Etat souverain risquait d’engendrer une nouvelle escalade de la violence.  En perturbant un front stable, l’action israélienne encourage les extrémistes de tout bord, a-t-il dit.  Tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre, M. Prendergast a toutefois estimé que ce droit n’est ni inconditionnel ni illimité et qu’il ne devrait pas se transformer en châtiment collectif.  De même, l’attaque délibérée contre du personnel diplomatique américain était à son avis sans précédent et représentait un élargissement inquiétant du conflit.  Il faut mettre fin à l’utilisation d’une force disproportionnée, a lancé le Secrétaire général adjoint.  M. Prendergast s’est par ailleurs félicité des efforts déployés par l’Autorité palestinienne pour nommer un nouveau Premier Ministre doté de moyens d’action renforcés; toutefois, a-t-il prévenu, celui-ci devra prendre des mesures immédiates pour rétablir l’ordre et répondre aux préoccupations sécuritaires israéliennes.  Pour sa part, le Gouvernement israélien doit inverser sa politique d’expansion des colonies de peuplement. 

M. Prendergast a par ailleurs qualifié de note positive l’initiative récente connue sous le nom de «Accord de Genève».  Sans pouvoir se prononcer sur le fond, n’ayant pas eu l’occasion d’étudier le texte, il s’est néanmoins félicité que des discussions aient réuni Israéliens et Palestiniens.  Pour le Secrétaire général adjoint, en effet, une paix durable et réelle est à la fois l’œuvre de personnes travaillant ensemble pour parvenir à la réconciliation et le fruit d’accords passés par les responsables des parties au conflit.  Abordant la question de la situation humanitaire difficile dans le Territoire palestinien occupé, M. Prendergast a cité les restrictions sévères imposées par la partie israélienne à la circulation de biens et du personnel humanitaires.  Ces restrictions multiples et les réglementations arbitraires avaient à son avis des répercussions négatives sur le coût de l’aide humanitaire. 

Pour ce qui est de la construction du mur de séparation, le Secrétaire général adjoint a réitéré son appel à la partie israélienne d’y mettre un terme, rappelant que les forces de défense israéliennes avaient décrété que les endroits se situant entre le mur de séparation et la Ligne verte étaient zone militaire fermée. 

Réitérant que la situation au Moyen-Orient était difficile et dangereuse, et que les risques de voir les conflits s’aggraver et s’étendre étaient réels, M. Prendergast a déclaré qu’il était temps de faire preuve de retenue et de sens politique, ainsi que de vision à long terme.  La vision de deux Etats vivant côte à côte en paix et en sécurité devait rester l’objectif de la communauté internationale et la Feuille de route constitue toujours un instrument efficace pour y parvenir, a-t-il conclu, en affirmant que pour réaliser cette vision, il était indispensable que les parties reprennent la négociation et ravivent la confiance mutuelle.

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