CONSEIL DE SECURITE: APPELS A LA MODERATION A LA SUITE DE L’ESCALADE DE VIOLENCE CE WEEK-END AU MOYEN-ORIENT

5 octobre 2003
CS/2562

CONSEIL DE SECURITE: APPELS A LA MODERATION A LA SUITE DE L’ESCALADE DE VIOLENCE CE WEEK-END AU MOYEN-ORIENT

05/10/2003
Communiqué de presse
CS/2562


Conseil de sécurité

4836e séance – après-midi


CONSEIL DE SECURITE: APPELS A LA MODERATION A LA SUITE DE L’ESCALADE

DE VIOLENCE CE WEEK-END AU MOYEN-ORIENT


Le Conseil de sécurité a tenu cet après-midi un débat d’urgence auquel se sont associés, outre ses 15 membres, des représentants de nombreux pays arabes.  Cette réunion a suivi l’escalade de la violence qui a marqué le Moyen-Orient ce week-end.  Le Conseil était saisi d’une lettre du Représentant permanent de la République arabe syrienne, suite aux violations des espaces aériens syrien et libanais par l’aviation israélienne et l’attaque par missile que cette dernière a lancée en territoire syrien aujourd’hui.  A cette occasion, la République arabe syrienne a soumis au Conseil un projet de résolution condamnant l’agression militaire menée par Israël le 5 octobre 2003.  Les attaques israéliennes sont intervenues au lendemain de l’attentat terroriste ayant coûté la vie à Haïfa, de 19 civils israéliens, dont trois Arabes israéliens.  La majorité des intervenants ont condamné l’attaque israélienne qu’ils ont définie comme une atteinte à la souveraineté territoriale syrienne et une grave violation du droit international, précisant que l’attentat d’Haïfa ne pouvait en aucune manière justifier cette opération militaire. 


Répondant au Représentant permanent de la République arabe syrienne qui a qualifié l’attaque israélienne d’agression terroriste, le Représentant permanent d’Israël a expliqué que cette attaque touchait un camp terroriste soutenu par Damas, un camp ou l’on apprend à tuer, à confectionner des bombes et commettre des attentats-suicide.  Aucune paix ne peut aboutir tant que le terrorisme prospère, a-t-il ajouté, en demandant au Conseil de sécurité d’aider les victimes du terrorisme et non ses parrains. 


L’Observateur permanent de la Ligue des Etats arabes a demandé au Conseil de sécurité d’examiner la situation au Moyen-Orient sous l’optique de l’Article 7 de la Charte des Nations Unies.  Il a invité le Conseil à tout mettre en œuvre pour qu’Israël ne soit plus au-dessus du droit international, en rappelant que 37 résolutions des Nations Unies n’ont jamais été appliquées par Israël.  De son côté, le représentant des Etats-Unis, a rappelé que la Syrie était du mauvais côté de la guerre contre le terrorisme en précisant que le soutien apporté par Damas à des organisations terroristes était inacceptable. 


Dans l’ensemble, tout en dénonçant l’attentat terroriste d’Haïfa, les délégations se sont vivement inquiétées de la dégradation de la situation au Moyen-Orient, en exhortant les parties concernées à briser le cercle des représailles et de la violence.  Dans ce contexte, elles ont précisé que la seule solution à ce différend résidait dans l’application de la Feuille de route. 


Par ailleurs, le représentant de la France, rappelant la responsabilité de tous de ne pas ajouter à l’instabilité et à la tension, a estimé que la lutte contre le terrorisme devait s’exercer dans le respect du droit international.  Dans le même ordre d’idées, le représentant du Mexique a invité Israël à canaliser son indignation par des voies prévues par les Nations Unies, et tout particulièrement par le Conseil de sécurité. 


Au terme de ce débat, les membres du Conseil de sécurité sont retournés en consultations pour poursuivre l’examen de cette question.


Outre les intervenants cités, sont également intervenus les représentants des pays suivants: Pakistan, Espagne, Chine, Royaume-Uni, Fédération de Russie, Allemagne, Bulgarie, Chili, Angola, Guinée, Cameroun, Liban, Algérie, Maroc, Jordanie, Egypte, Tunisie, Koweït, Arabie saoudite, Cuba, République islamique d’Iran, Bahreïn, Jamahiriya arabe libyenne, Yémen, Qatar, Soudan et l’Observateur de la Palestine. 


Déclarations


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne), donnant lecture de la lettre adressée par le Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne au Secrétaire général et au Président du Conseil de sécurité, a déclaré que les forces aériennes israéliennes ont violé ce matin, 5 octobre, l’espace aérien de la Syrie et du Liban en attaquant une localité syrienne située au nord-ouest de la capitale, Damas.  Il a défini cette agression comme une atteinte grave au droit international, entraînant ainsi une exacerbation de la situation au Moyen-Orient.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité examine cette situation et prenne des mesures interdisant à Israël toute action et comportement agressifs et menaçants contre la Syrie.  Cette situation, a-t-il estimé, montre à quel point le Gouvernement d’Israël est belliqueux.  Parce que la Syrie n’est pas en mesure de créer une dissuasion pour forcer Israël à changer d’attitude, nous considérons que le Conseil de sécurité est la tribune la plus importante pour contrecarrer ce danger qui menace la paix et la sécurité internationales avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer pour la région, a-t-il indiqué.


Par ailleurs, il s’est dit satisfait de la déclaration du Secrétaire général Kofi Annan qui a vivement déploré ce matin l’agression israélienne en exprimant sa vive préoccupation de l’escalade de violence ainsi créée.  Selon le délégué syrien, l’attaque israélienne perpétrée aujourd’hui fait partie d’une stratégie visant à accentuer les tensions dans la région à un moment ou la communauté internationale réalise des efforts immenses pour obtenir la paix et la stabilité dans la région.  Il s’est demandé jusqu’à quand Israël restera persuadé d’être la victime alors qu’il continue d’occuper par la force un territoire qui n’est pas le sien en refusant de s’asseoir à la table des négociations.  Il s’est dit surpris par le fait qu’Israël puisse continuer de violer les accords internationaux en donnant l’impression d’être au-dessus des lois et des résolutions du Conseil de sécurité.  Dans ce contexte, il a formé le vœu que les Etats Membres abordent le problème de la légalité et du respect des résolutions adoptées par le Conseil de sécurité.  S’agissant du projet de résolution présenté, il a déclaré que celui-ci traduisait la position habituellement arrêtée par le Conseil de sécurité face à toute menace ou attaque. 


M. DAN GILLERMAN (Israël) a regretté que la réunion du Conseil de sécurité ait lieu à la veille de la célébration de Yom Kippour qui est la fête religieuse la plus importante du calendrier juif.  Le représentant a rappelé les faits, à savoir l’attaque à la bombe d’un restaurant de bord de mer dans la ville mixte d’Haïfa où coexistent depuis des décennies Juifs et Arabes.  L’attaque suicide a causé la mort de 19 civils innocents, dont trois Israéliens arabes.  Le représentant a affirmé que l’organisation terroriste du Jihad islamique, qui opère librement depuis le territoire de l’Autorité palestinienne et qui a son siège à Damas en Syrie, en est responsable.


Le représentant a dénoncé le soutien logistique et financier qu’apporte la Syrie aux organisations terroristes les plus notoires comme le Jihad islamique, le Hamas, le Hezbollah, et le Front populaire pour la libération de la Palestine.  Il est bien connu de tous que le Secrétaire général du Jihad islamique est un des dirigeants terroristes qui va et vient en toute liberté à Damas.  Le représentant a ensuite détaillé l’aide que la République arabe syrienne accorde aux organisations terroristes, par le biais des systèmes bancaires, les médias, par ses activités de coordination des agissements terroristes ou encore le transfert d’armes d’Iran sur le territoire syrien.  Chacun des ces actes viole les dispositions du droit international et des résolutions du Conseil de sécurité et constitue une menace à la paix et la sécurité internationales.  La Syrie ne peut pas fournir meilleur exemple en matière de terrorisme d’Etat.  L’adoption de la résolution 1373 a constitué un acte d’hypocrisie totale de la part de la Syrie dont la complicité dans les attentats terroristes est répugnante.  La présence de cet Etat parmi les membres du Conseil de sécurité est un embarrassement pour les autres membres.  C’est comme si les Taliban demandaient à prendre la parole au sein du Conseil de sécurité.  Ce serait risible si ce n’était pas si grave.


La Syrie, ce pays qui parle d’occupation, est celui qui occupe brutalement le Liban.  Ce pays qui parle de droit international et de droits de l’homme, est celui qui opprime son peuple sous un joug primitif, en violant d’innombrables obligations internationales.  Ce même régime, qui a soutenu le régime de Saddam Hussein en Iraq, est celui qui aujourd’hui facilite l’infiltration de terroristes pour attaquer les civils iraquiens.  Il s’agit du même régime despotique qui parle de deux poids deux mesures aux Nations Unies.  Ce pays nous parle de résistance, mais comment peut-il expliquer que la mort d’enfants, de bébés, dans un restaurant peut constituer un acte de résistance.


La réponse d’Israël a été mesurée et a été dirigée contre un camp d’entraînement de terroristes.  Israël a fait preuve de la plus grande retenue après avoir été la cible d’innombrables actes de terrorisme.  Cette attaque a été menée après qu’Israël et la communauté internationale aient lancé de nombreux appels pour que la Syrie mette fin au terrorisme d’Etat et respecte le droit international.  Je demande aux pays se trouvant autour de cette table quelle serait leur réaction face aux meurtres de centaines de civils.  De nombreux Etats Membres ont répondu au terrorisme par la force et pourtant le Conseil de sécurité n’a pas scruté leurs agissements.  N’est-ce pas une politique de deux poids deux mesures qui est mise en œuvre au sein de cette Organisation quand on permet à certains Etats de défendre leurs citoyens alors que souvent il est fait comprendre à Israël que ses citoyens ne méritent pas d’être défendus.  Aujourd’hui, à la veille de Yom Kippour et du treizième anniversaire de l’accord israélo-égyptien, j’appelle instamment les membres du Conseil de venir en aide aux victimes du terrorisme et non pas à ceux qui les parrainent.  Le temps est venu de tenir responsable une dictature brutale qui est connu dans le monde pour se servir du terrorisme comme l’outil de ses politiques.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a rappelé que la Charte des Nations Unies prescrit des règles strictes en ce qui concerne le recours à la force.  Celle-ci peut être envisagée dans deux cas uniquement, premièrement en cas de légitime défense, deuxièmement au travers du recours collectif à la force dans le cadre de l’article 42, avec autorisation explicite du Conseil de sécurité.  Il a estimé que l’attaque perpétrée par Israël contre le territoire de la République arabe syrienne ne répondait pas à ces prescriptions strictes de la Charte.  Il a déclaré qu’il s’agit d’une attaque arbitraire en violation de la Charte des Nations Unies.  C’est une violation de plusieurs résolutions adoptées par le Conseil de sécurité sur la question du Moyen-Orient.  Le représentant s’est félicité que le Gouvernement de la Syrie ait choisi de recourir au Conseil de sécurité plutôt qu’à des représailles.  Il a rappelé que le Secrétaire général a prévenu les Etats Membres voilà quelques semaines des actions perpétrées par les Etats en vue d’éliminer certaines personnes.  La réponse d’Israël est un exemple de ce type d’exploitation de la campagne contre le terrorisme pour mener des actions violentes à d’autres fins.  Le représentant du Pakistan a estimé que cette violence est le résultat de l’occupation illégale du territoire palestinien et autres terres  Le Pakistan condamne l’attaque israélienne comme une atteinte au droit international et invite le Conseil de sécurité à faire le nécessaire pour protéger l’intégrité et la souveraineté de la République arabe syrienne.


M. INOCENCIO ARIAS (Espagne) a déclaré que la situation au Moyen-Orient appelle à la modération et à la retenue.  Nous condamnons fermement l’attentat d’Haïfa qui est ignoble.  Toutefois, nous ne pouvons pas minimiser ou négliger l’attaque commise contre la Syrie, qui constitue une violation claire et flagrante du droit international et que nous condamnons, a-t-il dit.  Nous lançons un appel pour que l’on fasse preuve de modération au Moyen-Orient, a conclu le délégué espagnol.


M. GUANGYA WANG (Chine) a dénoncé l’attaque terroriste qui a frappé un restaurant à Haïfa et qui a porté selon lui gravement atteinte au processus de paix.  Il a lancé un appel à la retenue pour que toutes les parties renoncent à la violence.  Dans ce contexte, il a également estimé que l’attaque israélienne de ce jour en territoire syrien était contraire au droit international et minait le processus de paix en cours.


M. EMYR JONES PARRY (Royaume-Uni) a condamné vivement l’attentat de Haïfa et a présenté ses condoléances aux familles des victimes.  Il a affirmé toutefois que l’attaque israélienne menée aujourd’hui sur le territoire syrien n’était pas acceptable pour autant.  Israël ne doit pas permettre que sa colère, justifiable, aboutisse à des actions qui sapent le processus de paix et ses propres intérêts, a-t-il déclaré.  Nous reconnaissons que les terroristes continuent d’attaquer Israël et qu’on leur permet de le faire.  Cette impunité ne peut que saper la paix au Moyen-Orient, a-t-il dit, affirmant qu’une paix durable ne saurait être réalisée que grâce à un processus de paix couronné de succès.  Cependant, a-t-il conclu, toutes les parties doivent faire preuve de retenue et redoubler d’efforts pour mettre en oeuvre la Feuille de route.


M. GENNADY GATILOV (Fédération de Russie) s’est dit très préoccupé par les événements récents, que ce soit l’attaque terroriste à Haïfa ou l’attaque aérienne israélienne en territoire syrien.  Dans ce contexte régional déjà très tendu, et dans l’intérêt de la sécurité internationale, la Fédération de Russie demande à toutes les parties concernées de faire preuve de la plus grande retenue pour éviter la déstabilisation régionale.  L’aggravation de la tension au Moyen-Orient doit amener la communauté internationale à prendre des mesures plus énergiques pour éviter une explosion dans la région, a-t-il affirmé.  Il faut que les parties au conflit évitent la logique de l’affrontement et relancent le processus de paix pour obtenir une paix totale au Moyen-Orient en appliquant la Feuille de route, car il n’y a aucune alternative à la paix que l’application de cette Feuille de route, a-t-il lancé.


M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré que l’action menée conte la Syrie n’est pas acceptable et ne saurait pas conduire à la paix dans la région.  Nous condamnons également l’attentat suicide de Haïfa et nous présentons nos condoléances aux familles des victimes.  Ces actes terroristes doivent être enrayés.  Nous nous inquiétons vivement de la dégradation de la situation au Moyen-Orient.  Il est temps de rompre le cercle vicieux de la violence et des représailles.  La seule option valable est de reprendre la mise en œuvre de la Feuille de route.


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) s’est dit très préoccupé par l’escalade de la violence au Moyen-Orient ces deux derniers jours.  Il a condamné la violence d’où qu’elle vienne.  Car la violence tue des innocents et assombrit l’avenir.  Il a déclaré d’autre part que l’opération israélienne constitue une violation inacceptable du droit international.  Il a estimé qu’il était de la responsabilité de tous de ne pas ajouter à l’instabilité et à la tension.  Tous les actes terroristes sont condamnables.  La lutte contre le terrorisme doit s’exercer dans le respect du droit international, a-t-il ajouté.  Il ne peut y avoir de sécurité durable sans paix et la paix peut seulement être l’aboutissement de la négociation, elle ne peut résulter de l’usage des armes.  Il est essentiel de préserver les chances offertes par la Feuille de route qui prend également en compte les volets syrien et libanais.


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a condamné l’acte terroriste commis à Haïfa hier et a demandé à tous ceux qui rendent possible de tels actes de cesser tout soutien matériel et moral aux organisations terroristes, le meurtre d’enfants est particulièrement répugnant.  L’attaque armée d’Israël contre la République arabe syrienne est cependant une violation des règles du droit international.  Le représentant a fait part de sa préoccupation au sujet de la situation au Moyen-Orient et a appelé à la mise en œuvre de la Feuille de route.


M. HERALDO MUNOZ (Chili) a condamné l’attaque aérienne israélienne en territoire syrien qu’il a qualifiée de comportement dangereux et irresponsable.  Il a condamné catégoriquement l’attentat ignoble qui a causé 19 morts et une cinquantaine de blessés dans un restaurant de Haïfa.  Nous continuerons, a-t-il insisté, de dénoncer tout attentat terroriste quelle qu’en soit son origine et nous rejetons toute justification de ce type d’attaque.  Attentats et représailles constituent un cycle vicieux de la violence qu’il faut briser.  Nous tenons à faire avancer la Feuille de route proposée par le Quatuor, car nous sommes persuadés que la grande majorité des personnes concernées souhaitent la paix entre la Palestine et Israël et entre tous les pays de la région. 


M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a présenté ses condoléances aux familles des victimes de l’attentat commis à Haïfa.  Cet attentat ne sert nullement la cause palestinienne.  Les représailles dont Israël a usé sont également répréhensibles.  Israël n’a rien à y gagner sinon l’escalade de la violence dont les Israéliens sont les premières victimes.  Cette attaque est une violation des textes internationaux.  Nous lançons un appel pour qu’Israël canalise son indignation par les voies prévues dans la Charte des Nations Unies.  Nous espérons que cette escalade ne mènera pas à une détérioration de la situation.


M. ISAMEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a dénoncé l’attaque terroriste perpétrée à Haïfa et l’attaque aérienne menée en représailles par Israël en territoire syrien.  Il a déploré que ces actes de guerre interviennent dans un contexte déjà précaire.  Ces derniers événements montrent la fragilité de la situation et le besoin d’un accord de paix plus global pour la région.  Il nous faut un véritable engagement des parties, car la violence n’arrête pas la violence.  C’est pourquoi il faut que les Etats de la région créent un climat propice à la paix et à l’application de la Feuille de route.  Il faut, a-t-il ajouté, que le Conseil de sécurité obtienne des progrès réels sur le terrain.  Dans ce contexte, il a estimé que la résolution présentée cet après-midi offre au Conseil de sécurité la possibilité d’opter pour une position efficace.


M. ALPHA IBRAHIMA SOW (Guinée) a déclaré que rien ne pouvait justifier l’acte d’Israël qui ne sert qu’à diffuser la stratégie du chaos dans la région, élargir la zone de conflit et qui viole les résolutions du Conseil de sécurité.  Trente années après la signature de l’Accord de désengagement, l’agression injustifiée d’Israël à l’encontre de la Syrie est condamnable et de nature à mettre à mal la Feuille de route du Quatuor.  Nous condamnons également le recours à la force, à la violence et au terrorisme comme moyens de pression, en particulier quand celui-ci prend le visage du terrorisme d’Etat.  Nous condamnons l’attentat d’Haïfa qui ne fait que desservir la cause palestinienne que nous avons toujours soutenue.  Nous nous félicitons de la voie raisonnable et modérée prise cependant par la Syrie et nous appelons le Gouvernement israélien à davantage de retenue.


M. MARTIN BELINGA-EBOUTOU (Cameroun) s’est dit consterné par le regain de violence constaté ces deux derniers jours au Moyen-Orient, caractérisé par une attaque terroriste à Haïfa et les représailles israéliennes sous la forme d’une attaque aérienne en territoire syrien.  Ces actes sont dangereux parce qu’ils viennent compromettre des perspectives déjà bien fragiles en matière de paix et de sécurité.  Aucune justification ne peut être trouvée à quelque violence que ce soit.  Nous sommes convaincus que notre combat commun contre le terrorisme doit se dérouler dans le respect strict des règles internationales et notamment de celles relatives aux droits de l’homme.  Nous invitons les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute initiative de nature à aggraver la situation.  Le représentant a appelé le Quatuor à prendre des mesures conservatoires immédiates en accord avec l’appel du Secrétaire général du 26 septembre dernier.  Conformément à la Feuille de route, il est important de considérer les besoins fondamentaux des deux parties, à savoir la sécurité pour Israël et la fin de l’occupation de la Palestine.  Il ne faut pas seulement un désarmement militaire, mais également un désarmement culturel qui éradiquerait la violence et la guerre. 


M. JOHN NEGROPONTE (Etats-Unis) a appelé les parties à faire preuve de retenue et à penser aux conséquences de leurs actes.  La Syrie est du mauvais côté dans la guerre contre le terrorisme.  Elle doit cesser d’accueillir des groupes terroristes.  Il est dans l’intérêt de la Syrie et de la paix au Moyen-Orient de cesser d’appuyer et d’abriter des groupes terroristes comme ceux ayant commis l’attentat à Haïfa.


M. YAHYA MEHMASANI, Observateur de la Ligue des Etats arabes, a déclaré que la Ligue a tenu une réunion d’urgence de ses membres suite à l’attaque israélienne contre le territoire syrien.  Le Conseil de la Ligue des Etats arabes a estimé que cette attaque constitue une escalade qui menace la paix et la sécurité internationales.  Nous demandons au Conseil de sécurité d’examiner la situation au Moyen-Orient et d’agir dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, a-t-il poursuivi, Israël est entièrement responsable de toutes les conséquences qui pourraient découler de cette agression.  Par ailleurs, il a déclaré que le Conseil de la Ligue demande au Conseil de sécurité d’empêcher Israël de poursuivre ses actions provocatrices et de mettre fin au terrorisme d’Etat.  Les mesures israéliennes contre les peuples de la Palestine, de la Syrie et du Liban, a-t-il ajouté, confirme la nature belliqueuse du Gouvernement d’Israël.  L’agression de ce jour s’inscrit dans le droit fil de la politique d’occupation israélienne dans le Golan syrien et les autres territoires arabes occupés.  Cette politique se traduit par la poursuite du colonialisme avec l’annexion des territoires arabes.  L’Observateur a invité le Conseil de sécurité à tout mettre en œuvre pour amener Israël à respecter le droit international, en rappelant que 37 résolutions adoptées par les Nations Unies n’ont toujours pas été appliquées par Israël.  Les mesures et exactions israéliennes, a-t-il rappelé, ne mèneront pas à la paix dans la région mais à une exacerbation de la situation.  Il a invité les Israéliens à s’asseoir à la table des négociations et à respecter le principe de l’échange de la terre contre la paix


M. SAMI KRONFOL (Liban) a lu la lettre du Ministre des affaires étrangères de la République arabe syrienne à l’attention du Président du Conseil de sécurité faisant état de l’attaque israélienne sur son territoire.  Dans cette lettre, il est question également des violations israéliennes de l’espace aérien libanais et le long de la Ligne bleue sur la frontière libano-israélienne.  Nous appelons votre attention sur cette situation grave, a déclaré le représentant.  La Charte des Nations Unies interdit l’agression d’un Etat par un autre Etat.  Israël n’a pas le droit d’exploiter la lutte contre le terrorisme comme élément de justification.  Le Conseil de sécurité doit prendre toutes les mesures pour mettre un terme aux agressions dont nous sommes quotidiennement victimes au Liban.  Israël a violé à maintes reprises les résolutions adoptées par le Conseil de sécurité.  Israël, s’il persiste dans la voie qu’il suit sera pris au piège de la violence.  Nous forgeons l’espoir que le Conseil condamnera cette dernière agression israélienne tout comme il a déjà condamné les attaques d’Israël au Liban.  Face aux actes sans scrupules d’Israël, le Conseil ne devrait pas permettre que les efforts de paix soient contrecarrés.


M. ABDALLAH BAALI (Algérie) a défini l’agression israélienne contre un Etat souverain membre des Nations Unies comme un acte d’une gravité exceptionnelle, une violation du droit international et des résolutions des Nations Unies et plus particulièrement de l’accord de désengagement qui lie les deux pays depuis 1974.  Cette violation flagrante de l’intégrité territoriale de la Syrie constitue une nouvelle tentative israélienne de ruiner à tout jamais toute perspective de paix dans la région.  Dans ce contexte, il a estimé impérieux que la communauté internationale adopte une attitude de fermeté.  Car, toute forme de complaisance ne ferait qu’encourager Israël à fouler au pied les normes internationales et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.  Seul un règlement juste et global du conflit fondé sur l’échange de la paix contre la terre permettra à cette région du monde de renouer avec la paix et la stabilité.  En conclusion, il a exhorté le Conseil de sécurité à adopter la plus ferme des attitudes en procédant à la condamnation explicite de cette attaque israélienne. 


M. MOHAMED BENNOUNA (Maroc) a indiqué que l’attaque d’Israël contre la Syrie constitue une violation de la Charte des Nations Unies.  Selon lui, l’attaque d’Haïfa ne peut constituer pour Israël une justification à la légitime défense.  Il appartient au Conseil de constater les faits et de décider s’ils entrent dans le cadre du Chapitre VII de la Charte qui prévoit une série d’options en cas de menace à la paix et à la sécurité internationales.


M. ZEID RA’AD ZEID AL-HUSSEIN (Jordanie) a regretté les événements graves qui se sont produits dans la région et a condamné les actes commis par Israël contre la République arabe syrienne.  Il a rappelé que la Charte ne prévoit le recours à la force que dans deux cas: d’abord en cas de légitime défense comme le prévoit l’Article 51 de la Charte, ou dans le cadre d’une action collective en vertu de l’application du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.  L’attaque israélienne, a-t-il dit, ne répondait à aucune de ces spécificités.  C’est pourquoi, il a exhorté Israël à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de ses voisins, dans l’intérêt de la paix et de la sécurité dans la région. 


M. AHMED ABOUL GHEIT (Egypte) a lu un communiqué du Ministère des affaires étrangères de l’Egypte: les actes d’Israël continuent de mener à une escalade de la violence ce qui avive les tensions et menace d’élargir le champ de la violence et de la contre-violence.  Nous exprimons notre solidarité avec le peuple syrien qui demeure attaché à la légitimité internationale.  Nous avons toujours condamné les actes de violence dirigés contre les civils, comme l’attaque menée hier à Haïfa.  Cependant, face à la poursuite des actes d’Israël, la communauté internationale doit exercer ses prérogatives.  La paix passe par le retrait des territoires annexés en 1967.  Un tel règlement doit être conforme aux principes du droit international, et répondre aux préoccupations des parties.  La communauté internationale a aujourd’hui l’occasion de faire preuve d’autorité.  Une décision ferme s’impose aujourd’hui pour préserver un avenir que nous forgeons ensemble.


M. ALI HACHAMI (Tunisie) a condamné l’agression militaire menée par Israël en territoire syrien.  Il a estimé que cette attaque constitue une atteinte au droit international, à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.  Cette attaque, a-t-il estimé, ne va que compliquer la situation et menacer la stabilité de la région.  Dans ce contexte, il a appelé le Gouvernement israélien à cesser tout acte de provocation pour permettre à la région de renouer avec la paix.  En outre, il a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures fermes et urgentes pour mettre un terme à cette escalade.  En conclusion, il a salué l’attitude responsable du Gouvernement syrien qui, face à l’attaque israélienne, a évité de lancer des représailles. 


M. NASSER AL-KIDWA, Observateur de la Palestine, a rappelé les faits s’étant produits entre Israël, la Syrie et le Liban et qui selon lui constituent une nouvelle agression d’Israël contre l’intégrité de la Syrie et contre les règles du droit international.  Israël a également violé l’espace aérien du Liban.  Ces actes s’ajoutent à une longue liste d’agressions militaires contre les pays arabes.  Nous exhortons le Conseil à demander instamment à Israël de mettre fin aux violations du droit international comme le demande le projet de résolution présenté aujourd’hui par le groupe des Etats arabes.  Nous sommes aujourd’hui les victimes d’une agression systématique de la part des Israéliens et d’une campagne sanglante.  Nous condamnons ces agissements tout comme les attentats-suicide d’Haïfa.  Israël doit cependant reconnaître que de tels actes sont le résultat de sa politique de colonisation.  Israël doit cesser la construction d’un mur autour de notre pays et cesser de s’en prendre au dirigeant élu par le peuple palestinien.


M. MANSOUR AYYAD AL-OTAIBI (Koweït) a condamné l’agression militaire menée par Israël en territoire syrien.  Il a estimé que cette attaque constitue une atteinte au droit international, à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.  Il a condamné le fait qu’Israël ait violé l’espace aérien du Liban et de la Syrie.  Il s’est félicité de la déclaration du Secrétaire général au sujet de cette escalade et a partagé ses préoccupations.  Cette situation, a-t-il estimé, montre qu’Israël ne souhaite pas une paix durable et continue à éviter d’assumer ses obligations internationales au titre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et du principe de l’échange de la terre contre la paix.  Il a exhorté la communauté internationale à condamner fermement ces actes dans l’intérêt de la paix et de la sécurité de la région. 


M. FAWZI BIN ABDUL MAJEED SHOBOKSHI (Arabie saoudite) a déclaré que les actes d’Israël s’inscrivent en violation du droit international et ne sont que la manifestation de la nature agressive du Gouvernement israélien.  Celui-ci tente de semer la confusion dans tous les esprits en profitant d’une situation volatile.  La situation risque de se dégrader encore davantage.  Il est donc urgent de mettre en oeuvre la Feuille de route sous l’égide du Quatuor.  Nous condamnons cet acte qui est un acte de provocation et nous demandons au Conseil de condamner cette agression et de mettre fin au terrorisme d’Etat pratiqué par Israël.


M. BRUNO RODRIGUEZ PARRILLA (Cuba) a dénoncé l’acte d’agression commis par Israël en territoire syrien en invitant le Conseil de sécurité à y réagir avec fermeté.  Il a rappelé que 3 600 personnes, dont 2 800 civils palestiniens, sont mortes depuis janvier 2000.  Il a regretté que les actes de provocation et de calomnie se multiplient à l’encontre de la Syrie.  En même temps qu’il condamne tout acte terroriste, Cuba condamne les actes de violence et excès commis au nom d’une soit-disant lutte contre le terrorisme.  Il a regretté que l’utilisation du droit de veto à 37 reprises par les Etats-Unis ait empêché que des mesures appropriées soient prises pour rétablir la paix au Moyen-Orient.  Il a demandé la fin de l’occupation israélienne.  Tant que tous les territoires arabes occupés n’auront pas été retournés et que le retour des réfugiés palestiniens n’aura pas été garanti, a-t-il prévenu, il n’y aura pas de paix au Moyen-Orient. 


M. JAVAD ZARIF (République islamique d’Iran) a estimé que le raid israélien constitue un nouveau jalon dans l’agression israélienne contre les pays arabes et montre la persévérance d’Israël dont le terrorisme d’Etat qui doit être condamné énergiquement.  Aucune justification n’est acceptable.  Le dernier acte d’agression israélien représente une escalade dangereuse.  C’est véritablement jouer avec le feu dans une région victime de décennies d’occupation.  Nous rejetons les accusations dénuées de fondement, proférées à l’encontre de notre pays, a poursuivi le représentant.  Le régime d’Ariel Sharon s’est livré à une politique de provocation délibérée afin d’oblitérer toute perspective de paix et indique clairement qu’Israël est à court d’option.  Malheureusement, le Conseil s’est vu jusqu’à présent empêché d’exercer ses responsabilités quant à la crise au Moyen–Orient.  Nous l’exhortons à prendre des mesures décisives.


M. TAWFEEQ AHMED ALMANSOOR (Bahreïn) a condamné l’agression militaire israélienne en territoire syrien.  Il a estimé que cette attaque constitue une atteinte au droit, à la paix et à la sécurité internationales, à la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie.  Il a exhorté le Gouvernement israélien à faire preuve de sagesse et à respecter les principes du droit international.  Il a rendu hommage à la politique de retenue adoptée par la République arabe syrienne.  Il a exhorté le Conseil de sécurité à appliquer la Charte des Nations Unies en réponse à cette attaque, et à adopter une position ferme à l’encontre d’Israël, dans l’intérêt de la paix et de la sécurité dans la région. 


M. ALI TREKI (Jamahiriya arabe libyenne) a regretté qu’aucune mesure n’ait été prise à l’encontre d’Israël malgré les agressions dont ce pays s’est rendu coupable.  Israël n’a jamais respecté la Charte des Nations Unies ni aucune résolution du Conseil de sécurité.  Peut-être avons-nous aujourd’hui l’occasion de faire cesser de tels agissements.  Les assassinats ciblés ne lui permettront pas de satisfaire son besoin de sécurité.  Seuls le retrait des territoires et le renoncement au terrorisme d’Etats conduiront à la paix.


M. ABDULLAH ALSAIDI (Yémen) a déclaré que les forces israéliennes se sont livrées à une agression d’une ampleur sans précédent depuis 30 ans.  Israël n’a pu réprimer l’Intifada palestinienne et tente d’exporter ses crises internes vers des pays voisins, a-t-il poursuivi.  Le représentant a regretté qu’Israël ne comprenne pas qu’un règlement juste et global avec la création d’un Etat palestinien ayant comme capitale Jérusalem-Est est la seule solution qui permettra de mettre un terme aux effusions de sang dans la région.  La République du Yémen, a-t-il ajouté, condamne l’acte d’agression commis par Israël et exprime sa solidarité avec la République arabe syrienne et le Liban.  Le représentant a demandé à la communauté internationale et notamment au Conseil de sécurité de condamner cet acte d’agression qu’il a qualifié d’absurde.  Enfin, il a souhaité que le Conseil agisse pour empêcher toute escalade à l’avenir. 


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a condamné les attaques menées par Israël qui constituent de graves menaces à la paix et à la sécurité au Moyen-Orient.  Nous demandons à la communauté internationale de faire pression pour amener Israël à cesser de tels agissements et à se retirer de tous les territoires occupés.  L’attaque à l’encontre de la République arabe syrienne est une violation flagrante de l’accord de désengagement Signé entre la Syrie et Israël.  Nous sommes coauteurs du projet de résolution présenté aujourd’hui.


M. ELFATIH MOHAMED AHMED ERWA (Soudan) a dénoncé cette nouvelle violation du droit international par Israël qui s’est traduite par la violation des espaces aériens syrien et libanais et le bombardement d’un site civil en territoire syrien.  C’est un acte qui constitue une escalade dangereuse qui pourrait menacer la paix et la sécurité internationales et soumettre la région à des tensions qu’elle ne pourrait supporter.  Il a défendu le droit à la légitime défense de la Syrie et demandé au Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités pour empêcher Israël de lancer des agressions contre la Syrie et le peuple palestinien.  Il a déclaré qu’il était indispensable que soient respectés les articles de la Charte des Nations Unies et du droit international.


Reprenant la parole, le représentant de la République arabe syrienne a nié les accusations proférées par Israël à l’encontre de son pays.  N’y a-t-il pas pire insolence que ce que nous venons d’entendre? a-t-il demandé.  Nous connaissons les mensonges sans fondements d’Israël pour tenter de détourner l’attention de la réalité.  De telles déclarations doivent être mises au rebut, a-t-il ajouté.  Comble de l’arrogance le représentant est venu nous parler de la légitimité internationale.  Nous aurions préféré qu’il nous explique l’échec d’Israël à mettre en œuvre les résolutions du Conseil de sécurité.  Ces actes d’agression expliquent la présence de centaines de milliers de Palestiniens en Syrie.  Leur présence devait être temporaire mais ils ne sont jamais retournés dans la patrie dont Israël les a chassés.  Rien ne nuit plus à la lutte contre le terrorisme international que les actes d’agression israéliens.  Est-ce que vous avez oublié les massacres de Sabra et de Chatila et le rôle joué par le Général Ariel Sharon?  Est-ce que la Syrie n’a-t-elle pas coopéré avec tous les pays du monde y compris avec les Etats-Unis, dans la lutte contre le terrorisme?  Nous le pensons.


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