LE COORDONNATEUR SPECIAL POUR LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT EVOQUE DEVANT LE CONSEIL DES PROGRES SENSIBLES DANS LA MISE EN ŒUVRE DE LA « FEUILLE DE ROUTE »

17 Juillet 2003
CS/2522

LE COORDONNATEUR SPECIAL POUR LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT EVOQUE DEVANT LE CONSEIL DES PROGRES SENSIBLES DANS LA MISE EN ŒUVRE DE LA « FEUILLE DE ROUTE »

17/07/03
Communiqué de presseCS/2522

Conseil de sécurité

4788e séance - matin

LE COORDONNATEUR SPECIAL POUR LE PROCESSUS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT EVOQUE DEVANT LE CONSEIL DES PROGRES SENSIBLES DANS LA MISE EN ŒUVRE DE LA « FEUILLE DE ROUTE »

Après 1000 jours de violence et près de 3500 morts, Israéliens et Palestiniens sont enfin engagés ensemble et à tous les niveaux dans la mise en œuvre de la « Feuille de route » du Quatuor.  C’est sur ce constat positif que Terje Roed-Larsen, Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général des Nations Unies, a présenté ce matin devant le Conseil de sécurité les faits nouveaux intervenus au cours du mois écoulé.  Soulignant des progrès sensibles en matière de mobilité pour les Palestiniens de la bande de Gaza et de Bethléem et l’amélioration des conditions de sécurité pour les Israéliens, M. Roed-Larsen a rappelé que, comme convenu entre les parties, les Forces de défense israéliennes (FDI) s’étaient retirées de certaines zones de la bande de Gaza, de Cisjordanie et de Bethléem. 

Par ailleurs, un cessez-le-feu a été décrété par les différents groupes palestiniens qui ont mis fin à leurs attaques anti-israéliennes, a constaté le Représentant personnel du Secrétaire général dans la région, qui a tenu à saluer l’esprit nouveau intervenu grâce aux rencontres fréquentes entre les Premiers Ministres israélien et palestinien et les membres des deux gouvernements afin d’examiner les questions relatives à la sécurité, aux prisonniers, au développement économique, à l’investissement et à la santé.  Il a exhorté les dirigeants israéliens et ceux de l’Autorité palestinienne à poursuivre ces échanges et a salué le rôle du Quatuor, et en particulier des Etats-Unis qui se sont engagés activement pour faciliter ces contacts, notamment grâce aux récentes visites du Secrétaire d’Etat Colin Powell et de la Conseillère nationale à la sécurité Condoleezza Rice.  Par ailleurs, la désignation d’un Ambassadeur, John Wolf, chargé du suivi du processus de paix sur le terrain, a permis aux parties de maintenir le contact et de respecter leurs engagements, a observé M. Roed-Larsen. 

Le Représentant personnel du Secrétaire général, saluant le rôle déterminant de l’Egypte dans la conclusion du cessez-le-feu convenu par les groupes palestiniens, a invité ces derniers à le respecter et à ne pas renouer avec la violence.  Mentionnant ensuite la rencontre du Quatuor, le 22 juin, la première ayant suivi la présentation de la « Feuille de route » aux parties et le sommet d’Aqaba, il a rappelé que les membres du Quatuor avaient identifié les prochaines étapes de mise en œuvre de ce document et réaffirmé leur attachement à la poursuite d’une solution durable et juste pour la paix au Moyen-Orient basée sur les résolutions 242, 338 et 1397.  Le Secrétaire général, Kofi Annan, a saisi cette occasion pour féliciter l’engagement concret des Premiers Ministres Sharon et Abbas en faveur de la paix, a souligné M. Roed-Larsen.  Mais une paix globale au Moyen-Orient suppose que

des progrès soient faits également dans les processus de paix avec la Syrie et le Liban, a-t-il dit.  Le processus de paix en cours a permis de réduire sensiblement la violence ces derniers mois mais il importe que les parties redoublent d’efforts pour consolider les acquis.

A ce titre, M. Roed-Larsen a souligné l’obligation pour l’Autorité palestinienne de faire face à ses responsabilités en matière de sécurité d’abord dans tous les territoires évacués par les FDI, puis dans tous ceux sous le contrôle de son autorité.  Il a invité Israël et la communauté internationale à venir en aide aux Palestiniens sur cette voie, a-t-il ajouté.  Par ailleurs, Israël devrait poursuivre son processus de retrait et s’abstenir de tout acte de provocation afin de ne pas affaiblir les efforts du Premier Ministre Abbas et du Ministre délégué à la sécurité intérieure, Mohammed Dahlan.  Nous encourageons le Gouvernement israélien à poursuivre ses efforts, a-t-il dit, saluant le fait que depuis le retrait des FDI de certaines zones de la bande de Gaza, les exécutions extrajudiciaires ont cessé. 

Après avoir invité les deux parties à maintenir le dialogue et à prendre des mesures de confiance réciproques, le Représentant personnel du Secrétaire général s’est inquiété de la situation humanitaire complexe qui persiste dans les territoires palestiniens, et ce malgré l’allègement du bouclage, le retrait des FDI et le cessez-le-feu décrété par les groupes palestiniens.  Mon Bureau, conjointement avec la Banque mondiale et les autres agences des Nations Unies, continue de suivre l’évolution socioéconomique de la situation et nous souhaitons que les parties parviennent prochainement à des accords concrets de nature à améliorer la situation humanitaire.  Il a également invité le Gouvernement israélien à cesser la construction du Mur de séparation, notamment dans les régions de Tulkarem et de Qalqilya, car il fragilise la mise en œuvre de la « Feuille de route » et complique la création d’un Etat palestinien viable. 

Enumérant les progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Feuille de route, M. Roed-Larsen s’est particulièrement félicité de l’accord israélo-palestinien sur le retrait des forces israéliennes de la bande de Gaza et de Bethléem, tout en regrettant que des violations du cessez-le-feu aient abouti à des pertes en vie humaines.  Il a formé le vœu que ce cessez-le-feu permette le désarmement de tous les groupes armés par l’Autorité palestinienne et a salué la mise en place de rencontres régulières au niveau ministériel entre les deux parties.  Il a invité la communauté internationale à apporter tout son soutien aux Premiers Ministres Abbas et Sharon dans un processus qu’il a défini comme fragile.  Le Premier Ministre Sharon, a-t-il précisé, doit démontrer à son peuple que l’adhésion à la Feuille de route est le meilleur moyen de mettre un terme à la violence et à la terreur et le Premier Ministre Abbas doit démontrer à son peuple que ses efforts apporteront des progrès considérables en direction de l’amélioration de la qualité de vie des Palestiniens, de la libération des prisonniers, et de la réalisation d’une souveraineté viable.   M. Abbas, a-t-il encore ajouté, peut soutenir ce processus en réformant et consolidant les forces de sécurité palestiniennes pour pouvoir faire face à ses responsabilités en matière sécuritaire.  Chacun, a-t-il insisté, doit renforcer la capacité de l’autre à avancer.  L’appui de la population palestinienne à ce processus de paix est essentiel. 

Il a invité le Gouvernement israélien a lever le blocus en Cisjordanie à l’image de ce qui a été réalisé pour la bande de Gaza, car ce processus de paix n’aura de sens pour les Palestiniens que lorsqu’ils auront retrouvé une liberté de mouvement pour aller à l’école, avoir accès aux soins et à tous les autres aspects de la vie civile, sans avoir à subir les procédures humiliantes des points de contrôle.  Tout en se félicitant des discussions en cours en vue de libérer un nombre significatif de prisonniers palestiniens, il a invité le Gouvernement israélien à retirer les colonies de peuplement installées après mars 2001.

Par ailleurs, il a souligné la responsabilité pour la communauté internationale de soutenir l’Autorité palestinienne dans la mise en œuvre de la Feuille de route.  Il a salué la contribution de la communauté des donateurs, du Comité de coordination de l’aide, coprésidé par l’UNESCO et la Banque mondiale, afin de définir les priorités en matière de d’assistance.  A cet égard, il a rappelé que l’appel d’urgence lancé par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) reste financé à un niveau insuffisant. 

En ce qui concerne la situation sur la ligne bleue, il a regretté la persistance de certaines actions au potentiel d’escalade, tout en se félicitant du calme relatif qui y est observé.  Il a relevé des violations de l’espace aérien libanais par l’aviation israélienne, et des tirs provenant du territoire libanais qui ont frappé Israël.  Le 5 juillet, a-t-il précisé, trois séries de tirs d’armes anti-aériennes du Hezbollah ont touché la ville israélienne de Kiryat Shimona.  D’après les rapports de la FINUL, certains tirs sont sans relations avec des violations d’espace aérien.  Dans ce contexte, il a exhorté les parties à respecter leurs obligations telles qu’énoncées dans les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, afin de maintenir un environnement relativement calme.  La stabilité du Sud-Liban ne pourra être que renforcée par le  processus de paix en cours en élargissant ce dernier au Liban et à la Syrie comme indiqué dans la Feuille de route. 

Pour ce qui est de la situation dans le Golan, il s’est félicité qu’Israël et la Syrie respectent leurs obligations dans le cadre de l’accord de désengagement.  C’est une raison d’optimisme, car elle met en évidence la capacité des parties en conflit au Moyen-Orient à respecter leurs engagements.  Il a fait part de ses récentes rencontres avec le Président syrien ainsi qu’avec les dirigeants libanais, égyptiens, saoudiens et jordaniens qui ont tous exprimé leur soutien au processus de paix en cours, en formant le vœu qu’il s’élargisse au Liban et à la Syrie dès janvier 2004 comme stipulé dans la Feuille de route. 

En conclusion, il a estimé que les lueurs d’espoir observées le mois dernier se sont renforcées ses dernières semaines, comme en témoignent les premières mesures hésitantes qui viennent d’être prises.  Il revient aujourd’hui à la communauté internationale d’appuyer les parties au moment où elles s’engagent sans compter dans la mise en œuvre de cette paix.  Car, a-t-il ajouté, l’établissement de la paix n’est pas un événement, c’est un processus long et difficile, dans le respect des références que constituent les résolutions 242, 338 et 1397 du Conseil de sécurité et de la vision de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. 

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