LE REPRESENTANT SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL ENCOURAGE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A RESTER IMPLIQUEE AU TIMOR-LESTE

28 avril 2003
CS/2485

LE REPRESENTANT SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL ENCOURAGE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A RESTER IMPLIQUEE AU TIMOR-LESTE

28/04/03
Communiqué de presseCS/2485

Conseil de sécurité

4744e séance – après-midi

LE REPRESENTANT SPECIAL DU SECRETAIRE GENERAL ENCOURAGE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE A RESTER IMPLIQUEE AU TIMOR-LESTE

Les délégations saluent le succès de la MANUTO et insistent sur

la nécessité de renforcer les capacités des institutions timoraises

Dans le cadre de l’examen de la situation du Timor-Leste, le Conseil a entendu cet après-midi un exposé du Représentant spécial du Secrétaire général, M. Kamalesh Sharma, Chef de la MANUTO, la Mission d’appui des Nations Unies dans le pays, créée il y a un an et dont le mandat expire le 19 mai. 

M. Sharma a souligné l’importance critique du renforcement des capacités de la police nationale timoraise et a salué la récente décision du Conseil de sécurité de réduire de façon plus échelonnée la force militaire de la MANUTO, dans le souci de faire face à des risques de déstabilisation.  Il a également souligné la nécessité de renforcer la confiance tant dans le Gouvernement que dans le peuple, renforcement qu’il a défini comme un préalable au développement économique et social du Timor-Leste.  Car, a-t-il ajouté en fin de séance en répondant aux questions de délégations, les plaies de 1999 sont toujours ouvertes et il existe toujours une crainte de voir les violences reprendre.

L’ensemble des 23 délégations qui sont intervenues cet après-midi ont estimé que le Timor-Leste était un succès pour les Nations Unies et qu’en dépit des difficultés politiques, économiques et sociales observées sur le terrain, il y avait de bonnes raisons d’être optimistes sur l’avenir de ce pays pour autant que les Nations Unies, les institutions financières et les partenaires bilatéraux accroissent leur soutien à ce pays.  Elles ont estimé que le renforcement des capacités humaines et institutionnelles est le défi le plus urgent auquel sont confrontées les autorités timoraises, notamment dans les secteurs de l’administration et de la justice.

La grande majorité des délégations se sont, par ailleurs, déclarées favorables au renouvellement d’un an de la MANUTO et ont insisté sur la nécessité de maintenir l’intervention des Nations Unies et l’implication de la communauté internationale au-delà de mai 2004.  De nombreuses délégations se sont également associées à l’appel du Secrétaire général, afin que les donateurs soutiennent les secteurs fondamentaux que sont la défense, la police, l’administration et la justice, dans l’intérêt de la stabilisation du Timor-Leste. 

Le représentant timorais s’est félicité de la réponse ferme des Nations Unies pour rétablir la confiance et la sécurité après les violences du mois de décembre.  Le représentant de l’Indonésie a, quant à lui, déclaré que son pays était prêt à travailler avec le Gouvernement timorais, en précisant que les relations bilatérales entre les deux pays s’épanouissaient progressivement au nom de leurs intérêts communs.

Outre les intervenants cités ont également pris la parole les délégations suivantes : Espagne, Chili, Guinée, Bulgarie, Cameroun, Chine, Angola, République arabe syrienne, France, Pakistan, Fédération de Russie, Etats-Unis, Allemagne, Royaume-Uni, Mexique, Australie, Portugal, Japon, Brésil, Nouvelle-Zélande et Fidji.

Rapport du Secrétaire général sur la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (S/2003/449)

Le rapport fait état des progrès dans la mise en œuvre des différents volets du mandat de la Mission d’appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO) depuis le 6 novembre 2002.  Il présente également une stratégie militaire détaillée concernant le calendrier révisé de réduction des effectifs de la composante militaire de la Mission ainsi que les informations relatives à la réduction des effectifs de la police de cette dernière. 

De nouveaux progrès ont été enregistrés, notamment en ce qui concerne les relations entre l’Indonésie et le Timor oriental et les ressources pétrolières.  Le Timor oriental est devenu Membre du Mouvement des pays non alignés en février.  L’administration publique et la police timoraise assument des responsabilités de plus en plus importantes avec de plus en plus d’assurance.  Toutefois il reste beaucoup de progrès à faire pour permettre au Timor oriental de faire face avec succès aux graves problèmes politiques, pratiques et de sécurité auxquels il est confronté. 

Dans ce contexte, le Secrétaire général recommande au Conseil d’envisager de renouveler le mandat de la MANUTO pour une année supplémentaire jusqu’au 20 mai 2004 tout en insistant sur l’importance de déployer de nouveaux efforts bilatéraux.  Les composantes civiles, de police et militaire continueraient de s’acquitter des tâches définies dans le programme d’exécution du mandat de la MANUTO compte tenu des calendriers de réduction des effectifs et la stratégie proposée pour la composante militaire. 

Ainsi, il est prévu de réduire les effectifs du Groupe civil d’appui de 30% tandis que les autres activités devraient prendre fin en 2004.  Un plan stratégique et une feuille de route sont en cours  d’élaboration pour faciliter le remplacement des membres du Groupe civil d’appui.  Il devrait être publié à la mi-2003.  Le fonctionnement du système de justice restant entravé par un manque de moyens, un programme exhaustif est sur le point d’être finalisé.  Mais quels que soient les efforts déployés, les procédures judiciaires concernant les crimes graves ne seront pas terminées en juin 2004. 

La MANUTO a continué d’appuyer la police nationale qui compte désormais 2530 agents.  Ceux-ci doivent se préparer à faire face au désordre civil et à un regain d’activités de groupes armés.  Les ressources pourtant continuent de manquer.  Selon le calendrier prévu, la réduction progressive des effectifs de la police de la MANUTO passerait d’environ 625 personnes au début du mois de juin 2003 à 325 au début de 2004.  La mise en place au sein de la MANUTO d’une unité de police chargée de faire face aux désordres civils est cruciale.

Le transfert des responsabilités à la Falintil-Front de défense du Timor-Leste (FDTL) continue d’être assurée dans les délais par la MANUTO même si cette tâche est devenue de plus en plus délicate au cours des derniers mois.  Des groupes armés et d’anciens miliciens cherchent en effet à établir des bases dans le pays à des fins de déstabilisation. Les moyens militaires internationaux seront donc essentiels dans les mois à venir.

Selon le calendrier révisé de réduction des effectifs de la composante militaire de la MANUTO, que le Conseil de sécurité a adopté par sa résolution 1473, les effectifs de la composante militaire seront ramenés à 1750 d’ici à la fin de l’année.  Dans l’intervalle, le total de ces effectifs serait ramené à 3 500 personnes d’ici à juillet 2003 et à 3 300 personnes d’ici à octobre 2003. Une fois les effectifs ramenés à 1750 personnes, la composante militaire de la MANUTO serait structurée autour de deux bataillons d’infanterie.  Dès la fin de l’année, la structure de commandement serait également modifiée et resterait en place jusqu’à la cessation des opérations de la composant militaire prévue en mai 2004.  Par ailleurs, le développement de la Falintil-FDTL se poursuit et le second des deux bataillons d’infanterie prévu devrait être opérationnel d’ici à la fin de l’année

Déclarations

M. KAMALESH SHARMA, Représentant spécial du Secrétaire général pour Timor-Leste, a souligné l’importance critique du renforcement des institutions de la police de ce pays ainsi que de la réduction plus échelonnée de la composante militaire de la MANUTO.  A cet égard il a estimé que le re-échelonnement de la réduction de ces forces aidera à faire face aux menaces émergentes, citant à cet égard les risques qui persistent en matière de désordre civil et la criminalité à motivation politique qui subsiste dans les zones rurales, faisant craindre un retour aux troubles sociaux.  Dans ce contexte, il a  souligné la nécessité de renforcer la confiance tant dans le Gouvernement que dans le peuple, car ce renforcement est un préalable au développement de ce nouveau pays. 

Il a souligné que les efforts de renforcement institutionnel des forces de police du Timor-Leste se poursuivent avec certains ajustements et s’est félicité de ce que plus de la moitié des districts du pays soient aujourd’hui sous la responsabilité de la police timoraise.  Il a explique que des tentatives d’agitation sociale et de déstabilisation persisteront sans doute.  Mais il s’est dit confiant que le Timor est lancé aujourd’hui sur une voie qui devrait lui permettre de faire face à de tels risques. 

Par ailleurs, M. Sharma s’est félicité du développement de relations constructives entre le Timor-Leste et l’Indonésie.  Des visites de haut niveau ont eu lieu les deux pays ont crée la Commission conjointe et s’efforce de procéder aux aménagements nécessaires en matière de délimitation des frontières terrestres et la délimitation physique des frontières internationales du Timor-Leste.  Malgré les efforts de ces deux pays, 30 000 réfugiés demeurent au Timor occidental et leur retour s’est interrompu en décembre dernier avec la clause de cessation du HCR.

Au cours de la période qui suivra le départ de la Mission, il faudra que les travaux des Nations Unies se poursuivent dans des secteurs critiques et une évaluation sera présentée au Conseil de sécurité pour que des dispositions puissent être prises en temps voulu.

Le Représentant spécial a évoqué les travaux du Service des crimes graves qui a été créé à la suite des élections de 1999 en soulignant qu’il faut aujourd’hui déployer des efforts pour permettre au Tribunal de Dili, qui est responsables des enquêtes de remplir sa mission en ce domaine.  A titre d’illustration des progrès réalisés il a indiqué que les enquêtes menées se sont achevées dans neuf cas parmi les 10 cas définis comme prioritaires

Le rôle de la MANUTO a été de fournir un appui administratif et technique important au processus afin que les infrastructures requises pour les procès soient disponibles, notamment par la mise à disposition de juges.  Cependant, de même que les domaines de l’administration publique et de la police nécessiteront un appui après le retrait de la MANUTO, il faudra prévoir le suivi de la comparution devant les tribunaux des responsables de crimes commis en 1999 dans la mesure où de tels procès ne pourront pas tous être achevés d’ici la mi-2004. 

La situation économique du Timor-Leste ne s’améliore que lentement en raison du sous-développement hérité par l’Etat nouvellement indépendant.  Les indicateurs de pauvreté énumérés dans le dernier rapport sur le développement humain de 2002 du PNUD indiquent un taux de mortalité infantile de 80 pour mille et d’alphabétisme de 43% avec plus de 46% de la population n’étant jamais allée à l’école.  Plus de deux personnes sur cinq vivent avec moins de 55 cents américains par jour. L’espérance de vie est seulement de 57 ans et le PNB par habitant de 500 dollars par habitant.  Dans le contexte d’une économie dépendante de l’agriculture traditionnelle, les efforts économiques doivent être centrés sur ce secteur afin d’en augmenter la productivité et la diversification.  Il faut également encourager la création de services professionnels et de petites entreprises.  Le Timor-Leste poursuit l’objectif de l’autosubsistance à moyen terme.  Les ressources du pays sont à cet égard encourageantes, notamment en ce qui concerne ses réserves naturelles.  La signature du Traité sur la mer du Timor entre le Timor-Leste et l’Australie permettra l’exploitation le gaz et le pétrole.  Le potentiel qui existe en matière de pêche et de tourisme reste également à exploiter.  Le Timor-Leste a en outre récemment demandé à être classé dans la catégorie des pays les moins avancés.  Il devrait à ce titre pouvoir bénéficier d’investissements en raison des concessions accordées en vertu de ce statut.

Les stratégies de développement élaborées en vue de la réalisation des objectifs du Plan national de développement sont mises en place avec la participation de partenaires et d’institutions bilatéraux.  Le rôle joué par les agences des Nations Unies est à ce titre louable et va contribuer à une bonne transition après le retrait de la MANUTO.  Cette dernière a elle-même encouragé la création d’un parc scientifique et de structures éducatives en coopération avec l’UNESCO de même qu’à l’élaboration de projets pilotes socioéconomiques ciblés.  Elle a également participé à la promotion du commerce et au développement des petites entreprises.  L’expérience montre que la création d’une nation est le résultat d’efforts inlassables et de la foi dans les valeurs politiques d’un pays.  Les Nations Unies ont bien joué leur rôle de consolidation et le Conseil devra prochainement se prononcer sur la nature de l’association entre le Timor-Leste et les Nations Unies après le mi-2004.  Nous estimons pour notre part que l’engagement de la communauté internationale dans la consolidation de la paix et des institutions au Timor-Leste devra se poursuivre après le retrait de la MANUTO.

Mme ANA MARIA MENENDEZ (Espagne) a déclaré que les progrès réalisés par le Timor-Leste sont porteurs d’espoir.  Elle s’est félicitée des bases jetées en matière de construction d’une démocratie respectueuse des droits de l’homme.  Beaucoup reste à faire et le soutien de la communauté internationale reste indispensable et il faut une culture de gestion et d’administration responsable, avec le recours à des fonctionnaires professionnels choisis en fonction de leurs compétences.  Elle s’est félicitée du concours de la MANUTO en matière de service civil et a défini les progrès continus dans les relations bilatérales avec l’Indonésie comme encourageants.  Elle a invité les deux pays à respecter leurs engagements visant à parvenir à un accord sur la démarcation des frontières avant le 30 juin et faciliter le déplacement des résidents de l’enclave de Koussi.

La représentante a salué les progrès notables réalisés par l’Indonésie qui a traduit en justice les responsables de crimes graves commis en 1999 tout en regrettant que ces procès ne se déroulent pas de façon transparente.  Elle a souligné l’importance déterminante du Service des crimes graves et de la Commission de réconciliation.  Elle s’est félicitée de la résolution 1473 qui prévoit un ajustement des composantes militaires et de la police de la MANUTO en ajoutant que la police timoraise doit s’apprêter à faire face aux nouveaux défis qui l’attend.  En conclusion, elle s’est déclarée favorable au prolongement pour un an de la MANUTO pour lui permettre de mener à bon port un travail commencé avec succès.

M. JUAN GABRIEL VALDES (Chili) a estimé que la solution aux problèmes de sécurité doit être trouvée dans le cadre d’un processus à long terme et, a-t-il ajouté, nous reconnaissons le travail dévoué effectué par la MANUTO dans ce domaine dans le respect de son mandat.  Nous nous félicitons également du travail du Groupe d’appui civil qui a formé des fonctionnaires et nous le prions de continuer l’élaboration d’un plan stratégique.  Nous saluons en outre la présence de 2530 hommes constituant la police nationale.  Ces derniers doivent cependant se préparer aux menaces qui pèsent actuellement sur les civils.  Nous saluons le fait que la résolution 1473 prévoie des éléments importants en termes de formation de la police et de défense des droits de l’homme.  Nous estimons en outre que la stratégie militaire définie dans le rapport est pertinente et réaliste.  Le renforcement des droits de l’homme nécessitera cependant une assistance plus importante, notamment de la part de l’Indonésie car ce n’est que grâce à la vérité et la justice que nous pouvons construire ensemble l’avenir.  Les efforts du Gouvernement en vue du développement sont très positifs, notamment à la lumière de la demande d’adhésion au groupe des pays les moins avancés qui a été formulée récemment et des accords pétroliers qui viennent tout juste d’être passés.  Enfin, nous estimons que des progrès importants ont été réalisés mais que l’assistance de la communauté internationale reste nécessaire.  Nous appuyons donc le renouvellement du mandat de la MANUTO.

M. BOUBACAR DIALLO (Guinée) a apprécié les efforts déployés par les autorités en vue d’assurer une large diversité des vues dans le débat politique, ainsi que dans la promotion d’une administration et d’une justice au service de tous.  Il a appuyé la création d’un poste de Provedor pour les droits de l’homme et de la justice et a soutenu les propositions relatives au renforcement de la justice.  Il a partagé les réflexions et propositions du Secrétaire général sur la question de la sécurité extérieure et le contrôle des frontières, ainsi que sur le fait que les moyens militaires internationaux seront essentiels dans les mois à venir pour promouvoir la sécurité aux abords de la ligne de coordination tactique et faire face à court terme, aux menaces que font peser les groupes armés.  Le représentant a déclaré que pour relever les nombreux défis inhérents à la mise en place des fondations d’un État viable au Timor-Leste, l’engagement de la communauté internationale s’avère comme un complément indispensable aux efforts du peuple est-timorais.  Il a lancé un appel aux donateurs afin qu’ils soutiennent les secteurs fondamentaux que sont, entre autres, la défense, la police, l’administration et la justice, afin de contribuer à l’instauration de la paix, de la sécurité et de la stabilité qui sont les fondements d’un développement durable du pays.

M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) a plaidé en faveur d’une formation plus efficace et plus rapide des forces de police au vu des problèmes actuels de sécurité.  Cependant, la stabilité du Timor-Leste doit être considérée dans un contexte plus large, notamment en ce qui concerne le développement de la législation locale.  La Bulgarie apprécie à cet égard les efforts du Président pour promouvoir le dialogue national et identifier les anciens combattants afin de les réinsérer.  Nous lançons en outre un appel aux Etats qui comptent sur leur territoire des personnes accusées de crimes graves pour qu’elles soient traduites en justice le plus rapidement possible. 

L’Indonésie et le Timor-Leste ne doivent par ailleurs pas ménager leurs efforts pour faire aboutir les travaux du groupe technique chargé de la délimitation des frontières.  Le soutien de la communauté internationale est nécessaire au développement économique et social du pays.  La MANUTO ainsi que le PNUD ont un rôle important à assumer dans l’élaboration d’un plan stratégique dans lequel la coopération bilatérale jouera un rôle crucial.  La Bulgarie pour sa part mettra prochainement en place un plan visant à aider les forces armées naissantes en matière d’équipement militaire.  Enfin, nous appuyons le renouvellement du mandat de la MANUTO.

M. MARTIN BELINGA EBOUTOU (Cameroun) a estimé que les problèmes politiques et administratifs, la sécurité intérieure et extérieure, la reconstruction et le financement de l’économie, sont autant de questions qui exigent à la fois la vigilance, l’engagement et le soutien des Nations Unies et de la communauté internationale. Il a déclaré que la forte réduction de la composante civile de la MANUTO a  mis en évidence les besoins timorais en matière institutionnelle et en cadres.  Le renforcement des capacités humaines et institutionnelles est le défi le plus urgent auquel sont confrontées les autorités timoraises, notamment dans les secteurs de l’administration et de la justice.  Malgré quelques dérapages dont certains sérieux, ce pays demeure un exemple de réussite pour l’action des Nations Unies dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité et de la gestion post-conflit.  En matière de justice et de réconciliation, le représentant a souhaité que le Représentant spécial, Chef de la Manuto, déploie davantage d’efforts pour amener l’Indonésie à donner  des signaux plus positifs dans deux domaines importants: l’extradition vers le Timor-Leste des personnes faisant l’objet de poursuites, et l’élargissement au plan national du champ d’action de son tribunal spécial pertinent.  Dans ce contexte, il a invité le Conseil de sécurité à réfléchir dès à présent sur le suivi de cette question lorsque la MANUTO prendra fin l’année prochaine. 

Il a également déclaré que la lutte contre la pauvreté doit être la priorité des priorités pour le Gouvernement timorais, mais également pour l’action des Nations Unies et de la communauté internationale.  A cet égard, il a estimé que le programme dit d’appui à la transition devrait bénéficier d’un soutien plus important des bailleurs de fonds.  En conclusion, il a estimé qu’en dépit des difficultés politiques, économiques et sociales, il y a de bonnes raisons d’être optimistes sur l`avenir de ce pays pour autant que les Nations Unies, les institutions financières et les partenaires bilatéraux accroissent leur soutien à ce pays.

M. CHEN XU (Chine) s’est dit heureux de constater que le Timor-Leste s’intègre au sein de la communauté internationale et développe un dialogue constructif avec ses voisins.  Cependant, nous ne devons pas nous reposer sur nos lauriers dans la mesure où un certain nombre d’incidents armés violents ont eu lieu récemment et sont source d’inquiétude.  C’est dans ce contexte que le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1473.  Nous avons constaté que la MANUTO a fait des efforts considérables pour aider le Timor-Leste à accroître ses capacités dans les domaines de l’administration publique, de la police et des forces armées.  C’est pourquoi nous appuyons la prolongation de son mandat car le Timor-Leste doit toujours faire face à de nombreuses difficultés.  Nous estimons également que pour promouvoir la stabilité nationale et le développement économique, l’assistance de la communauté internationale est indispensable.  La Chine appuiera pour sa part comme toujours les efforts du peuple du Timor ainsi que les activités de la MANUTO dans la réalisation de ces objectifs.

M. ISMAEL ABRAAO GASPAR MARTINS (Angola) a dit sa satisfaction face aux changements positifs intervenus en matière de sécurité, pour le fonctionnement de la justice et pour le rôle de la police nationale.  Il a salué le transfert des compétences en direction de la police timoraise et a appuyé les efforts du  Gouvernement du Timor-Leste pour assurer la stabilité du pays.  Il a aussi estimé que la stratégie présentée par le Secrétaire général constitue un excellent point de départ.  Il a appuyé les efforts du Représentant spécial du Secrétaire général pour renforcer les compétences et capacités dans des domaines clefs comme l’administration, la justice et le renforcement des droits de l’homme.  En vue de pouvoir donner à la police timoraise les capacités dont elle a besoin, il est nécessaire que la MANUTO jette la lumière sur les incidents qui se sont produits récemment afin que le maintien de l’ordre cesse d’être un défi constant pour le pays.  Le processus en cours est un succès pour la population timoraise et pour les Nations Unies et la communauté internationale dans son ensemble.  Le représentant a appelé les donateurs à intervenir pour asseoir définitivement la paix et la stabilité au Timor-Leste.  S’agissant la démarcation des frontières et les enquêtes sur les crimes graves commis en 1999, il a invité l’Indonésie et le Timor-Leste à faire preuve de la meilleure coopération dans l’intérêt de la paix et de la sécurité dans la région.

M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) s’est félicité des efforts déployés pour assurer la sécurité et le progrès politique et économique au Timor-Leste.  Ce pays est sur la bonne voie malgré les obstacles qui persistent.  C’est en raison des récents problèmes de sécurité que le Conseil de sécurité a adopté la résolution 1473 qui a établi des mesures spécifiques pour la réduction de la composante de la police et le calendrier concernant la réduction de la composante militaire de la Mission.  Par cette résolution, le Conseil a montré sa détermination à fournir l’assistance nécessaire à la consolidation de cette jeune nation.  Aussi appuyons-nous aujourd’hui la proposition du Secrétaire général visant à prolonger le mandat de la MANUTO.  Nous nous félicitons en outre de l’évolution du pays à tous les niveaux, notamment en ce qui concerne ses relations avec l’Indonésie.  Cependant, il reste important de fournir les ressources financières nécessaires au développement économique et politique du pays. 

Mme EMMANUELLE D’ACHON (France) s’est félicitée du rapport du Secrétaire général qu’elle a définí comme « encourageant ».  Elle a noté les progrès accomplis par les autorités timoraises dans la relève progressive des compétences policières et militaires, et a souligné l’évolution positive des institutions et des relations avec l’Indonésie.  Les défis à affronter restent nombreux et le renforcement des capacités de la police est une priorité, car elle conditionne la stabilisation durable du Timor-Leste.  Le secteur judiciaire est encore insuffisamment développé, ce qui entraîne des délais excessivement longs, incompatibles avec les exigences d’une bonne administration de la justice et le respect des droits fondamentaux.  La représentante a indiqué que la France soutient la stratégie militaire présentée par le Secrétaire général dans son rapport et s’est félicitée des indications chiffrées fournies sur la réduction des effectifs.  Elle a également soutenu le renouvellement du mandat de la MANUTO pour une durée d’un an.

Par ailleurs, la représentante a évoqué la question des modalités d’implication de la communauté internationale lorsque la MANUTO arrivera à son terme en mai 2004.  A cet égard, elle a estimé que, si nous voulons assurer le développement du Timor-Leste, indispensable à sa stabilisation durable, la communauté internationale devra rester impliquée, et les donateurs bilatéraux et multilatéraux ainsi que les Nations Unies devront rester présents après la fin de la Mission.  Elle s’est félicitée que des réflexions soient déjà en cours à ce sujet.

M. MASOOD KHALID (Pakistan) a estimé que le plus grand défi que doit relever le Timor-Leste est celui de son avenir économique.  L’assistance soutenue de la communauté internationale est à cet égard très importante.  Nous nous félicitons de la signature du traité sur la mer du Timor et de l’accord concernant l’exploitation de gaz et de pétrole qui permettra au pays de dégager des ressources financières.  Cependant, des efforts supplémentaires doivent être déployés, en particulier en matière de sécurité.  Nous regrettons d’ailleurs qu’à ce jour le Timor-Leste n’ait pas été en mesure d’accroître son système de défense.  C’est pourquoi nous estimons que le Conseil de sécurité a pris une bonne décision lorsqu’il a adopté la résolution 1473 permettant à la MANUTO de procéder aux ajustements nécessaires pour faire face à la situation qui prévalait alors en matière de sécurité.  Le Conseil devra faire preuve du même type de souplesse politique à l’avenir.  Nous appuyons aujourd’hui pleinement la prolongation du mandat de la MANUTO. 

Nous nous félicitons en outre du fait que le gouvernement s’est engagé à travailler avec les autorités indonésiennes sur la sécurité des frontières.  Nous incitons les deux pays à travailler ensemble pour régler tout problème en souffrance, notamment en ce qui concerne la transition en matière de justice.  Beaucoup de réalisations ont été obtenues mais il reste beaucoup de travail à faire.  Le Timor-Leste représente un exemple de la façon dont le principe de l’autodétermination a été pratiqué avec succès.  Sur ce point, nous souhaitons souligner que d’autres parties du monde attendent également de pouvoir s’autodéterminer, en particulier le Jammu Cachemire.

M. ALEXANDER V. KONUZIN (Fédération de Russie) a partagé les préoccupations apparues suite à des troubles sérieux provoqués par des extrémistes en décembre dernier.  Il s’agit là de facteurs inquiétants, a-t-il insisté.  Il a exprimé l’espoir que les amendements apportés au calendrier de réduction de la composante militaire et des effectifs de police permettront d’assurer les conditions qui excluraient les risques de déstabilisation.  Il a formé le vœu que l’on renforce la police et l’armée nationale timoraises et a salué les efforts de la MANUTO pour former et préparer les policiers et les militaires.  Il s’est tout particulièrement félicité des progrès dans la mise en place de l’administration d’Etat grâce à l’aide de la MANUTO.  Il a salué la très grande importance de l’aide des donateurs pour faciliter le développement économique et social de ce pays et ainsi assurer sa stabilité.  Il s’est félicité de l’amélioration des relations entre l’Indonésie et le Timor-Leste notamment en matière de délimitation des frontières.  Enfin, il a appuyé la prorogation pour une année du mandat de la MANUTO, jusqu’en mai 2004.

M. RICHARD S. WILLIAMSON (Etats-Unis) a souhaité que le Timor-Leste parvienne à un accord sur la délimitation des frontières avec son voisin indonésien avant la date limite qui a été définie.  Il a également souligné que les Etats-Unis sont en faveur de la prolongation de 12 mois du mandat de la MANUTO.

M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a déclaré apprécier la stabilisation de la situation dans le domaine sécuritaire et a salué la réduction du personnel de la Mission et le renforcement de la police nationale ainsi que l’idée d’établir un contrôle conjoint des frontières entre le Timor-Leste et l’Indonésie.  La planification d’un transfert progressif de l’autorité policière aux forces de police du Timor-Leste demeure un des objectifs propres à mener à la création d’un pays démocratique et non dépendant de l’assistance internationale.  Le représentant a donc salué le transfert des procédures de routine à la police timoraise ainsi que le renforcement de ses capacités en ce qui concerne le contrôle des foules et des défis posés par les groupes armés.  Dans ce cadre, l’unité de police internationale devrait, selon le représentant, servir à répondre aux situations d’urgence aux côtés de la police timoraise.

Concernant le renforcement des institutions politiques et administratives, le représentant a souligné l’importance d’un système judiciaire adéquat capable de garantir des procès libres et équitables et de la règle de droit comme élément essentiel de la démocratie.  Pour accomplir les tâches restantes, le représentant a pleinement souscrit à la proposition du Secrétaire général de proroger le mandat de la Mission pour une nouvelle période d’un an et de promouvoir, dans ce cadre et pour après le départ de la Mission, l’appui bilatéral.  L’histoire du Timor-Leste est notre succès commun et à ce titre, elle mérite notre appui commun, a conclu le représentant.  

M. ADAM THOMSON (Royaume-Uni) s’est félicité du fait que l’avenir économique du Timor-Leste semble s’éclaircir, notamment depuis la signature du Traité de la Mer du Timor qui permettra de dégager des ressources supplémentaires.  Les autorités sont maintenant confrontées au défi de la bonne gestion de ces ressources au profit du peuple timorais et en vue du renforcement économique du pays.  Nous nous félicitons de la publication du rapport du PNUD sur le secteur de la justice.  Il est urgent à cet égard d’identifier les priorités en matière d’assistance au système judiciaire et de dessiner les prochaines étapes du programme d’assistance technique.  Nous attendons avec intérêt le parachèvement du programme d’appui à la justice.  Pour ce qui est de la police, nous nous réjouissons de la poursuite du développement d’une force de police timoraise et de la définition de ses fonctions.  En revanche, nous estimons que la formation de groupes de sécurité au niveau des villages est de nature à saper la situation.  Il est maintenant nécessaire de mettre l’accent sur les efforts de la MANUTO pour renforcer les capacités de la future police timoraise.  Le Royaume-Uni appuie la prorogation du mandat de la MANUTO et reconnaît que même après la fin de son mandat, la communauté des donateurs devra poursuivre ses efforts.  C’est pourquoi, il nous faut réfléchir dès à présent aux prochaines étapes du développement pour faciliter une transition sans heurt.

M. ADOLFO AGUILAR ZINSER (Mexique) a déclaré que son Gouvernement se félicite de l’initiative du 25 juin dernier du Président timorais visant à instaurer un dialogue national avec les différentes forces politiques du pays, permettant de jeter les fondements d’un pays véritablement démocratique.  Il a appuyé les efforts en matière de démarcation des frontières.  Il s’est réjoui du succès de la MANUTO, qui a permis au Gouvernement timorais de se doter des moyens permettant de décider de son propre destin.  Le représentant a par ailleurs estimé qu’il faudra redoubler d’efforts pour renforcer le système judiciaire avec un plus grand nombre de juges formés et un meilleur accès à un système de justice transparent et efficace.  Il s’est associé à l’appel lancé par le Secrétaire général à la communauté des donateurs pour aider le Timor-Leste à renforcer sa police et son système judiciaire.  A cet égard, il a également souligné l’importance de la formation de la police en matière de droits de l’homme et a évoqué l’importance du développement économique et social du Timor-Leste dans le souci de renforcer la paix.  Dans ce contexte, il s’est félicité des travaux des différents programmes des Nations Unies pour le renforcement de l’économie et des infrastructures de ce pays. 

M. JOSE LUIS GUTERRES (Timor-Leste) s’est félicité de la sagesse démontrée par les membres du Conseil de sécurité lors de l’adoption de la résolution 1473.  La violence de décembre dernier et les activités terroristes aux frontières ont fait craindre pour la sécurité à venir du pays.  Toutefois, la réponse ferme des Nations Unies et du Gouvernement a permis de rétablir la confiance et la sécurité.  Beaucoup de progrès ont été réalisés en matière de capacité de la police et des forces militaires du Timor-Leste.  C’est pourquoi, nous appuyons pleinement la prolongation du mandat de la MANUTO.  Nous sommes en outre pleinement en faveur de la promotion des institutions démocratiques.  A cet égard, le 16 avril 2003, sept traités et protocoles relatifs aux droits de l’homme ont été déposés auprès du Secrétaire général des Nations Unies.  La nomination du Président de la Cour d’appel représente quant à elle un pas en avant pour le renforcement du secteur judiciaire.  Il faut également souligner que les travaux du Groupe des crimes graves se poursuivent sans ingérence. 

Le Gouvernement reconnaît qu’un environnement politique et social stable ne peut être assuré sans fournir un environnement économique viable à la population.  Le PNB par habitant est de moins de 400 dollars et le taux de chômage est de 20%.  C’est pourquoi la mise en valeur des ressources humaines est un grand investissement.  Des efforts prioritaires doivent en outre être déployés dans le domaine de l’agriculture et de la pêche.  Le Ministère de l’agriculture s’est d’ailleurs concentré sur l’amélioration des systèmes d’irrigation et a pris des mesures pour développer les exportations.  Le Timor-Leste s’associe à l’appel du Secrétaire général pour un plein appui de la communauté internationale car il est important que le rythme de l’édification des capacités soit maintenu.  Nous nous concentrons sur notre développement interne en concertation avec nos voisins et souhaitons obtenir prochainement le statut d’observateur à l’ANASE.  La signature du Traité sur la mer de Timor apportera des avantages économiques au pays.  Nous poursuivons en outre la délimitation des frontières en coopération avec l’Indonésie. 

M. JOHN DAUTH (Australie) a estimé que plus que jamais les Nations Unies doivent se concentrer sur l’héritage que leur Mission laissera quant à une capacité endogène en matière d’administration civile, de droit, de justice et de sécurité.  En conséquence, a indiqué le représentant, l’Australie appuie fermement la prorogation du mandat de la Mission pour une nouvelle période de douze mois.  Beaucoup reste à faire dans le domaine de la police, a insisté le représentant qui s’est donc félicité que la Mission ait redoublé d’efforts pour accélérer la mise en place des institutions de maintien de l’ordre.  Il est crucial, a-t-il dit, que les engagements pris sur papier se traduisent, sur le terrain, par des progrès réels et durables.  Les amendements apportés par le Conseil de sécurité au plan de réduction des effectifs de la Mission devraient, selon lui, fournir un cadre approprié pour des efforts renouvelés et coordonnés des Nations Unies dans ce domaine crucial auquel l’Australie est prête à apporter son appui, a ajouté le représentant en soulignant, une nouvelle fois, qu’un effort concerté dans la mise en place d’une force de police d’ici la fin de la Mission sera essentiel au succès final de l’ONU au Timor oriental.

M. GONCALO AIRES DE SANTA CLARA GOMES (Portugal) s’est félicité de la réponse du Conseil de sécurité aux troubles qui se sont produits au mois de décembre 2002 et au début de l’année 2003 par le biais de la résolution 1473.  Le Portugal est heureux de constater les progrès réalisés depuis la création de la MANUTO ainsi que l’évolution positive des relations entre le Timor-Leste et l’Indonésie.  En effet, il ne faut pas sous-estimer l’importance d’une relation stable avec les voisins pour ouvrir la voie vers un développement économique durable.  Nous nous félicitons également de l’enquête sur les responsables de crimes graves mais regrettons que le processus judiciaire ne puisse être achevé d’ici 2004 car la majorité des responsables se trouvent en dehors du territoire.  C’est pourquoi nous nous associons aux appels lancés en faveur de la coopération des pays qui ont sur leur territoire des responsables de tels crimes.  Beaucoup reste à faire et l’assistance de la communauté internationale pour que le Timor-Leste puisse faire face aux défis en matière de sécurité et de développement économique et social demeure essentielle.

M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a, compte tenu des divers défis qui restent à relever, défis politiques et en matière de sécurité, adhéré aux observations sur la nécessité d’une assistance bilatérale renforcée dans les domaines de l’administration publique, du système judiciaire, de la police et de la sécurité même après le départ de la Mission.  Il a donc appuyé la prorogation du mandat de cette dernière en annonçant la décision de son pays de permettre au Groupe d’ingénieurs de contribuer à la finalisation des tâches assignées à la Mission et des efforts de reconstruction.  Soulignant l’importance du renforcement des capacités policières du Timor-Leste, le représentant s’est félicité de l’issue heureuse de l’atelier qui a été organisé sur la question grâce au financement de son pays.  Rendant compte de la visite effectuée, la semaine dernière, au Japon par le Ministre des affaires étrangères et de la coopération du Timor-Leste, le représentant a souscrit à la théorie de ce dernier selon laquelle le renforcement de la police ne suffira pas à maintenir la sécurité en l’absence d’investissements et d’activités génératrices d’emplois.  Le représentant a donc rappelé la décision du Japon d’injecter dans l’économie du Timor-Leste une somme de 60 millions sur une période de trois ans après l’indépendance, en mettant l’accent sur la consolidation de la paix et la reconstruction dans trois domaines clés à savoir l’agriculture, les infrastructures et le développement des ressources d’emplois. 

M. RONALDO MOTA SARDENBERG (Brésil) a déclaré que le Timor-Leste est considéré par tous comme un succès des Nations Unies.  Mais cela ne veut pas dire que le rôle des Nations Unies dans le pays est terminé.  Le rapport du Secrétaire général tout en faisant état des progrès réalisés en matière de gestion des affaires publiques et de la promotion des droits de l’homme, souligne qu’il y a encore beaucoup d’objectifs à atteindre, pour lesquels l’appui de la communauté internationale sera indispensable, notamment en matière de maintien de la paix et de la sécurité.  A cet égard le représentant s’est félicité de la décision prise par le Conseil de sécurité le 4 avril dernier de rééchelonner la réduction des effectifs militaires de la MANUTO, pour faire face aux problèmes de sécurité.  Il a estimé que les résultats obtenus au Timor-Leste montrent l’efficacité des mesures multilatérales coordonnées.  Il a défini la résolution 1473 comme un exemple

de réaction rapide et opportune qui a permis les ajustements nécessaires pour trouver des solutions à court terme en matière de sécurité et stabilité.  En conclusion, il a déclaré que le soutien des Nations Unies reste indispensable pour assurer le développement économique et social de ce nouveau pays.

M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande) a rappelé qu’il demeure nécessaire de déployer des efforts continus pour renforcer les forces de sécurité, délimiter la frontière et promouvoir une démocratie participative de même qu’un système judiciaire fort.  La Nouvelle-Zélande se félicite dans ce contexte de l’adoption de la résolution 1473.  Nous approuvons également l’appel aux donateurs et leur incitation à cibler leur appui sur le secteur de la police.  Nous sommes pour notre part engagés à concentrer une partie de notre projet d’assistance bilatérale sur la police.  Un système judiciaire qui fonctionne bien est également très important.  Des problèmes demeurent et nous souhaitons qu’une cour d’appel soit créée le plus rapidement possible. Nous sommes en outre préoccupés par le nombre important de prisonniers incarcérés.  Le programme du PNUD pour la réinsertion des anciens combattants est quant à lui encourageant et nous saluons les travaux du groupe des crimes graves ainsi que les mises en accusation déjà prononcées.  Cependant, beaucoup reste à faire et nous appuyons l’appel lancé pour un appui soutenu de la communauté internationale. 

M. ISIKA R. SAVUA (Fidji) s’est déclaré particulièrement préoccupé par l’intensification, ces derniers mois, des activités des groupes armés et des anciennes milices.  Il a, à l’instar du Secrétaire général, appelé à une capacité militaire internationale en annonçant l’intention de son pays d’y apporter une contribution.  Nous devons rester prudents, a-t-il prévenu, et espérer que le rythme soutenu de l’amélioration de la situation est synonyme d’une paix et d’une stabilité durables.  Le représentant a donc espéré que la réduction programmée du personnel militaire de la Mission n’encouragera pas les éléments déstabilisateurs à imposer leurs intérêts au Timor-Leste.  Il a rappelé, à ce propos, l’appel à la prudence lancé par le Secrétaire général qui a jugé important que la réduction des forces soit proportionnelle à la disposition du Gouvernement à assumer ses responsabilités dans le domaine de la sécurité.  Il faut, a insisté le représentant, éviter de saper la confiance et la capacité des forces militaires et de sécurité du Timor-Leste en imposant un calendrier et des exigences opérationnelles trop strictes.  Fidji appuie toutefois le renforcement du rôle de la police civile nationale, convaincu que si les militaires peuvent décourager les actes de violence, à long terme c’est à la police qu’il revient de jeter les bases d’une paix, d’une stabilité et du respect de la loi.  Le représentant a conclu en appuyant la prorogation du mandat de la Mission pour une période d’un an et en déclarant attendre les discussions du Conseil et des pays contributeurs de troupes sur les options proposées pour les opérations des différentes entités militaires et les interactions entre elles.

M. DESRA PERCAYA (Indonésie) s’est félicité des progrès réalisés au Timor-Leste.  Il a déclaré que l’Indonésie était prête à travailler avec le Gouvernement timorais.  A cet égard, il a précisé que les relations bilatérales entre les deux pays s’épanouissent progressivement au nom de leurs intérêts communs.  Nous continuons d’édifier des relations de plus en plus fortes tournées vers l’avenir.  Le Timor-Leste est considéré comme une histoire à succès de la communauté internationale et il est clair que la persévérance des Timorais eux-mêmes explique cette situation.  Alors que nous nous approchons du premier anniversaire de l’indépendance du Timor-Leste, il est aujourd’hui important plus que jamais que la MANUTO accélère le transfert des responsabilités et des compétences aux autorités timoraises.  En conclusion, le représentant a néanmoins regretté ce qu’il a défini comme certains préjugés exprimés dans le rapport du Secrétaire général, tout particulièrement en ce qui concerne les problèmes de sécurité à la frontière entre l’Indonésie et le Timor-Leste et en ce qui concerne la justice.

Reprenant la parole, M. SHARMA a rappelé l’importance du renforcement des institutions publiques et la nécessité, pour la communauté internationale, de continuer de fournir une assistance, notamment en matière de promotion des droits de l’homme et de la primauté du droit.  En novembre 2002, le Gouvernement du Timor et le PNUD ont réalisé une mission d’évaluation du système judiciaire.  A de nombreux égards, les tribunaux continuent à fonctionner mais nous avons besoin d’assistance.  Les détentions provisoires prolongées et non fondées juridiquement ne sont pas une pratique acceptable.  Les tribunaux essaient de travailler dans les délais mais leur tâche est difficile car ils souffrent d’un manque de personnel.  Le Timor est conscient de la nécessité de s’atteler à cette tâche et il est clair que la volonté interne et la discipline vont être nécessaires pour améliorer le fonctionnement du système de la justice.  En mars, un décret a permis la nomination du Président de la Cour d’appel qui devrait porter serment cette semaine.  Nous formulons en outre l’espoir que la date du 30 juin sera respectée concernant la délimitation de la frontière.  Les deux parties se sont mises d’accord pour commencer le travail le 5 mai.  Tout retard devra être évité mais le Timor-Leste aura besoin d’une aide financière et technique pour la réalisation de ce projet. 

Un certain nombre de délégations ont posé des questions à propos des possibilités pour la force de police du Timor-Leste de prendre le relais après le départ de la MANUTO.  De nombreux défis restent à relever dans ce domaine.  Il faut avant tout construire une force de police impartiale ainsi qu’un ensemble de lois, de réglementations et programmes de formation.  Les unités de patrouille des frontières devront être opérationnelles.  Il faudra en outre créer un groupe de déploiement rapide.  Toutefois, le développement de la police ne peut se faire que si la primauté du droit est respectée. 

En ce qui concerne la situation sur place à l’heure actuelle, il faut rappeler que des attaques récentes d’une ampleur exceptionnelle ont eu lieu récemment et qu’il faut maintenant passer à la phase de l’enquête et de l’analyse.  Il faut faire intervenir les forces militaires et augmenter les forces timoraises afin de parer à ces menaces.  Suite à ces incidents, des groupes de sécurité basés dans les villages ont été institués pour aider la police à chercher les responsables de ces attaques.  Ces unités sont importantes pour que la population « devienne les yeux et les oreilles de la police ».  Ces groupes sont courants dans le pays et, même sans directive de la police, il est probable que la population aurait constitué ses propres unités. 

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