OPTIMISTES QUANT A L’EVOLUTION DE LA SITUATION A BOUGAINVILLE, LES MEMBRES DU CONSEIL APPELLENT A UNE FINALISATION RAPIDE DU PROCESSUS DE COLLECTE DES ARMES

28 mars 2003
CS/2470

OPTIMISTES QUANT A L’EVOLUTION DE LA SITUATION A BOUGAINVILLE, LES MEMBRES DU CONSEIL APPELLENT A UNE FINALISATION RAPIDE DU PROCESSUS DE COLLECTE DES ARMES

28/03/2003
Communiqué de presse
CS/2470


Conseil de sécurité

4728e séance – matin


OPTIMISTES QUANT A L’EVOLUTION DE LA SITUATION A BOUGAINVILLE, LES MEMBRES DU CONSEIL APPELLENT A UNE FINALISATION RAPIDE DU PROCESSUS DE COLLECTE DES ARMES


Malgré la non-participation de la Force de défense Me’ekamui (MDF) au processus de paix à Bougainville, c’est l’optimisme qui a prévalu, ce matin, au sein du Conseil de sécurité quant à l’avenir de cette province de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.  La mise en œuvre de l’Accord sur la paix, la sécurité et le développement de Bougainville –Accord de Lincoln- dont la signature, le 23 janvier 1998, a mis fin à un conflit de neuf ans, a reçu un satisfecit unanime du Conseil.  Informé de la situation générale par le Sous-Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Danilo Türk, le Conseil a rejeté l’idée qu’une seule partie, le MDF, prenne en otage le processus de paix. 


Les membres du Conseil ont préféré retenir que Bougainville a atteint à plus de 80% la phase II de l’élimination des armes –collecte– grâce à un Plan d’action que les dirigeants politiques et les anciens combattants ont signé, le 17 février.  A ce succès, qui a été attribué à l’appui du Bureau politique des Nations Unies et au Groupe régional de surveillance de la paix, le Conseil en a ajouté un autre, à savoir la signature le 19 février, d’un mémorandum d’accord entre le Gouvernement et les partis de Bougainville qui prévoit un mécanisme de consultations mutuelles sur tous les aspects de la mise en œuvre des dispositions relatives à l’autonomie.  Cette bonne disposition du Gouvernement de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a été saluée par tous les membres du Conseil.  Présent, le représentant de ce pays a annoncé le retrait, le 26 mars 2003, de la Force de son pays.  Si ce retrait a été accueilli avec satisfaction, celui du Groupe régional de surveillance, fixé au 31 juin 2003, a suscité des inquiétudes.  Membre du Groupe, aux côtés de l’Australie, de Fidji et de Vanuatu, la Nouvelle-Zélande, a, par la voix de son représentant, souligné que le Groupe de surveillance ne peut rester indéfiniment sur l’île.


Jugeant irréaliste de s’attendre à une élimination complète de toutes les armes, le représentant néo-zélandais a estimé que compte tenu de la bonne disposition des protagonistes, le Bureau politique de l’ONU sera en mesure de certifier rapidement l’achèvement de la phase II.  Quant à la phase III concernant le sort définitif des armes, le représentant, tout comme les autres membres du Groupe, s’est prononcé pour leur destruction pure et simple.  La question de la finalisation du processus d’élimination des armes a été perçue comme d’autant plus importante qu’en dépendent l’adoption de la nouvelle constitution et la tenue des élections, prévues respectivement pour avril et la fin de l’année 2003.  Toutes les délégations ont souhaité le strict respect de ces échéances, en maintenant au 31 décembre 2003, la fin du mandat du Bureau politique de l’ONU. 


Quant à l’avenir, elles ont insisté sur la nécessité pour la communauté des donateurs d’apporter leur appui au processus de paix et à sa consolidation, en mettant l’accent sur les problèmes de la reconstruction économique et sociale.  Le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques a annoncé, à cet égard, la création possible d’un fonds d’affectation spéciale.


Outre les membres du Conseil et les orateurs cités, les représentants de du Japon, de l’Australie et de Fidji ont pris la parole.


LETTRE DATÉE DU 31 MARS 1998, ADRESSÉE AU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LA CHARGÉ D’AFFAIRES PAR INTÉRIM DE LA MISSION PERMANENTE DE LA PAPOUASIE-NOUVELLE-GUINÉE AUPRÈS DE L’ORGANISATION DES NATION UNIES (S/1998/287)


Rapport du Secrétaire général sur le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville (S/2003/345)


Dans ce rapport, qui couvre la période allant du 19 décembre 2002 à aujourd’hui, le Secrétaire général rend compte des processus de collecte des armes; de l’aspect constitutionnel du processus de paix; du rôle du Gouvernement; de la contribution du Groupe de surveillance de la paix et de la communauté des donateurs; et des objectifs du mandat du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.


Le Secrétaire général indique qu’à la fin du mois de février 2003, Bougainville avait atteint la phase II du Plan d’élimination des armes à 80,2% et, ce, grâce à l’adoption, le 17 février 2002, du Plan d’action pour mener à bien la collecte des armes.  Sur le nombre d’armes recueillies, 7,4% ont été détruites avant le lancement officiel de la phase III.  La Force de résistance de Bougainville et l’Armée révolutionnaire de Bougainville ont fixé leurs réunions vers la fin du mois de mars pour examiner la question du sort à réserver aux armes ainsi recueillies. 


Le Secrétaire général souligne que la non-participation de Francis Ona et de sa Force de défense Me’ekamui (MDF) au processus de paix fait gravement obstacle à l’élimination complète des armes.  Il semble, dit-il, que la MDF veuille se procurer des armes soit en les achetant à d’autres factions militaires soit par d’autres moyens.  Ainsi, les parties à l’Accord de paix de Bougainville s’emploient à convaincre Francis Ona de participer au processus de paix.  Pour sa part, indique le Secrétaire général, le Bureau politique des Nations Unies recherche les moyens de mener à bonne fin la collecte des armes prévue pour la phase II.  En conséquence, il continuera, avec le concours du Groupe de surveillance de la paix, de veiller à l’exécution des engagements pris dans le Plan d’action.


S’agissant de l’aspect constitutionnel du processus de paix, le Secrétaire général indique, en expliquant les différentes étapes, que le projet de constitution pourrait être prêt d’ici la fin du mois d’avril 2003 et soumis à une assemblée constituante de Bougainville pour adoption; l’assemblée ne pouvant être créée qu’après certification par le Bureau politique de l’élimination complète des armes.  Si tout se passe comme prévu, la Commission constitutionnelle pense que des élections pourraient avoir lieu avant la fin de 2003.  Concernant le rôle du Gouvernement, le Secrétaire général fait part de la mise en place d’un mécanisme de consultations mutuelles sur tous les aspects de la mise en œuvre des dispositions relatives à l’autonomie.  Ce mécanisme ayant été mis en place avant les délais prévus, le Secrétaire général estime que la décision du Gouvernement national de retirer sa force de défense de l’île le 26 mars 2003 est une autre marque de confiance.


De manière générale, le Secrétaire général attire l’attention sur l’intention du Bureau politique de faire en sorte qu’au moment où le Groupe de surveillance se retirera, le 30 juin 2003, le processus d’élimination des armes soit tellement avancé que l’assistance du Groupe ne sera plus nécessaire.  Comme il semble improbable que le processus soit achevé d’ici le 30 juin, le Secrétaire général juge utile que les parties à l’Accord envisagent de remplacer le Groupe par un autre mécanisme capable d’aider le Bureau politique à s’acquitter de son mandat et à commencer de se retirer d’ici à la fin 2003, soit avec la mise en place du premier gouvernement autonome.  En conséquence, le Bureau politique compte sur le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d’autres organismes de l’ONU pour prendre l’initiative de promouvoir sur l’île des activités propres à faciliter la réinsertion et la réadaptation des ex-combattants et plus généralement, le rétablissement des services et infrastructures communautaires. 


Déclarations


M. DANILO TÜRK, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, a fait une mise à jour du cours du processus de paix à Bougainville.  Il a ainsi indiqué que le Bureau politique des Nations Unies poursuit la collecte des armes et que le 17 février 2003, les parties ont adopté un Plan d’action en la matière dont la mise en oeuvre se poursuit de manière harmonieuse.  Des contacts directs ont commencé avec les responsables de la destruction des conteneurs d’armes.  Compte tenu de ces faits, il est permis d’espérer que les armes volées seront bientôt restituées.  Dans les autres districts, les anciens combattants ont pris des contacts pour encourager la réconciliation.  Pour l’heure, le défi est de briser la résistance de Francis Ona et de sa Force de défense Me’ekamui (MDF) à rejoindre le processus de paix.  Or, les incidents violents qui ont eu lieu récemment montrent que le MDF campe sur ses positions malgré les appels des autres protagonistes, dont le Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Francis Ona reste donc un obstacle important à la collecte des armes. 


Quant au processus constitutionnel, il est encourageant de noter que le 1er  février 2003, un texte a été publié et qu’un projet de texte sera examiné prochainement par les organes pertinents de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Bougainville.  Ainsi, un projet de constitution pourrait être adopté, en avril 2003, par l’Assemblée constituante de Bougainville qui ne peut toutefois être établie avant la fin de la phase II de l’élimination des armes.  Dans la mesure où les choses se passent d’une manière positive, la Commission constitutionnelle de Bougainville s’attend à ce que les élections se tiennent avant la fin de l’année 2003.  Le Gouvernement national et les parties de Bougainville ont d’ailleurs signé un mémorandum qui établit un mécanisme de consultations sur tous les aspects des arrangements relatifs à l’autonomie.


Compte tenu du retrait du Groupe de surveillance de la paix le 30 juin 2003, il serait utile qu’avant ce retrait les parties analysent les progrès enregistrés et si nécessaire envisagent la possibilité d’établir des arrangements relatifs aux forces en attente pour continuer à fournir un appui technique et logistique au Bureau politique des Nations Unies dont le mandat doit s’achever le 31 décembre 2003, a conclu le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques.


M. GABRIEL VALDES (Chili) s’est dit satisfait des progrès réalisés lors de la deuxième étape du processus de désarmement ainsi que les activités réalisées par le Bureau politique des Nations Unies.  Nous reconnaissons l’importance de la nouvelle constitution en tant que centre d’application de l’Accord de paix conclu en août 2001.  Le représentant s’est également félicité du mémorandum d’accord conclu entre les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée et le dirigeant de Bougainville qui constitue un mécanisme de consultation.  Nous partageons cependant les préoccupations du Bureau politique des Nations Unies et insistons sur la nécessité d’évaluer les développements intervenus dans le programme de destruction des armes.  Il est urgent de mener à bien le processus de destruction des armes sans lequel il ne sera pas possible d’ouvrir la voie à des amendements constitutionnels.  Pour que la paix soit durable, il est également indispensable d’établir une administration et une économie viable.  Les institutions pertinentes des Nations Unies doivent donc coordonner leurs efforts à Bougainville avec ceux déployés par la communauté des donateurs.


M. IYA TIDJANI (Cameroun) a regretté, au-delà des efforts louables, la non-participation du MDF au processus de paix.  A l’instar des partenaires de ce processus, il a lancé un appel au Chef de ce parti afin qu’il donne une chance à la paix.  Il a aussi invité le Bureau politique de l’ONU et les autres parties intéressées à s’abstenir de tout acte qui serait de nature à nuire au processus de paix.  Poursuivant, le représentant a souligné l’importance du programme DDR et de la reconstruction économique en se félicitant des initiatives du PNUD.  En remerciant la communauté des donateurs, il a souhaité que les parties prennent les mesures nécessaires pour maintenir les acquis après le retrait du Groupe de surveillance de la paix.  L’engagement des donateurs ne doit pas s’arrêter avec le départ du Bureau des Nations Unies.  Au contraire, et c’est là le prix de la paix, a conclu le représentant.


M. STEFAN TAFROV (Bulgarie) s’est félicité des développements intervenus dans le Plan de collecte et d’élimination des armes dont dépend le tenue d’élections pour un gouvernement autonome à Bougainville et l’adoption d’une nouvelle constitution.  Nous nous félicitons du mémorandum d’accord signé le 18 février dernier entre le Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les parties de Bougainville, prévoyant un mécanisme de consultation entre les parties sur tous les aspects de la mise en œuvre des dispositions relatives à l’autonomie.  Nous saluons également la décision du Gouvernement national de retirer sa force de défense de l’île le 26 mars 2003.  Nous soutenons pleinement l’appel lancé par le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville pour associer le Programme des Nations Unies pour le développement ainsi que d’autres agences des Nations Unies dans le processus de règlement des problèmes de Bougainville et, surtout, dans la reconstruction des infrastructures et la réintégration des anciens combattants.


      M . ZHANG YISHAN (Chine)--- s’est félicité de l’évolution du processus de paix en appelant les parties à faire preuve d’un esprit de souplesse.  La collecte des armes, a-t-il poursuivi, détermine la suite du processus constitutionnel et politique.  Il a donc salué le plan d’action établi à cette fin.  Rendant hommage au Groupe de surveillance de la paix, il a dit son intention de suivre de très près la situation et à contribuer à la création d’un environnement favorable aux travaux du Bureau politique des Nations Unies.

M. GUNTER PLEUGER (Allemagne) a qualifié de réaliste le calendrier présenté par le Bureau politique des Nations Unies, en particulier en ce qui concerne la collecte des armes.  L’évolution positive de la situation, a-t-il dit, ne doit pas cacher les incidents récents qui ont abouti à la mort d’un combattant du MDF.  Cet incident ne doit pas porter préjudice au processus de paix.  A cet égard, le représentant a souligné l’importance de la nouvelle constitution et des élections.  Il a donc exhorté toutes les parties à contribuer de manière rapide à l’achèvement du processus de collecte des armes.  Prenant note du retrait prochain du Groupe de surveillance, il a jugé important, avant ce retrait, de se concentrer sur la phase II de l’élimination des armes.  Il a aussi appelé à l’élaboration d’un plan de rechange.  En vue de consolider les acquis, a-t-il conclu, la communauté internationale doit continuer d’appuyer le processus de paix jusqu’à la fin 2003.


Mme GARCIA GUERRA (Mexique) a déclaré que le rapport du Secrétaire général contient des informations permettant de faire preuve d’optimisme à l’égard de l’avenir de Bougainville.  Il est ainsi encourageant qu’au cours de la réunion du 17 février dernier, un Plan d’action a été adopté pour achever la collecte des armes.  Nous sommes cependant préoccupés par l’annonce du retrait du Groupe de surveillance de la paix et souhaitons en connaître les conséquences sur le processus de paix.  De plus, les progrès accomplis dans l’élaboration de la nouvelle constitution montre sans équivoque la détermination à la paix du peuple de Bougainville.  La collaboration des autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée est absolument essentielle et nous nous félicitons de la signature du mémorandum d’accord établissant un mécanisme de consultations sur tous les aspects de l’Accord de paix.  Il est également encourageant de constater qu’au moment où le Bureau politique des Nations Unies achève son mandat, il a associé les institutions spécialisées des Nations Unies à ses activités afin de consolider une transition pacifique vers l’avenir de Bougainville.


M. PABLO SANZ (Espagne) a émis l’espoir qu’après la conclusion du Plan d’action, la phase II d’élimination des armes pourra être achevée aussi rapidement que possible.  Il a lancé un appel au MDF pour qu’il se joigne au processus de paix.  Il a aussi espéré que le projet de constitution pourra être adopté conformément au délai prévu.  Il s’est en outre félicité de la signature du Mémorandum d’accord et de la décision du Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée de retirer ses forces de défense de l’île.  Prenant note du retrait prochain du Groupe de surveillance, il a appelé le parties à le remplacer, si nécessaire, par un autre mécanisme afin d’aider le Bureau politique des Nations Unies à s’acquitter de son mandat.  Le représentant a conclu en soulignant l’importance du programme DDR et de la reconstruction économique pour la consolidation de la paix.


M. FAYSSAL MEKDAD (République arabe syrienne) a estimé que l’achèvement de la deuxième phase du Plan d’action pour la collecte des armes est une source de préoccupation dans la mesure où elle a freiné les progrès vers l’instauration d’un gouvernement autonome.  Malgré les efforts déployés pour aller de l’avant, seuls 80% des armes ont pu être collectées sans oublier que Francis Ona n’a pas pris part à ce processus.  Les appels lancés et les contacts noués devraient le convaincre de se joindre au processus.  Pour ce qui est des aspects constitutionnels du processus de paix, nous sommes optimistes quant aux préparatifs du projet de constitution.  Aucune assemblée constituante ne pourra être établie tant que la collecte des armes n’aura pas pris fin.  Les armes collectées le sont sous la supervision du Bureau politique des Nations Unies, mais il serait souhaitable d’établir de nouvelles modalités de contrôle de ces armes.  Nous souhaitons que le prochain rapport du Secrétaire général précise le calendrier des étapes à franchir dans le futur.


M. ALISTAIR HARRISON (Royaume-Uni) s’est félicité du mémorandum d’accord signé par toutes les parties ainsi que du Plan d’action pour l’élimination des armes qui a accéléré la collecte des armes.  Il a jugé important que la phase II soit achevée à temps pour assurer l’entrée en vigueur des arrangements constitutionnels avant la fin du mandat du Bureau.  Il a appelé le MDF à rejoindre le processus de paix en prévenant que sa réticence ne devrait en aucun cas ralentir le cours du processus de paix.  Le représentant s’est ainsi dit déçu d’apprendre que la collecte des armes ne sera pas achevée avant le retrait du Groupe de surveillance.  Soulignant la contribution financière de son pays au processus de paix, il s’est, par ailleurs, félicité des initiatives du PNUD de mener des activités de consolidation de la paix, y compris des programmes de réinsertion des anciens combattants.


M. VADIM SMIRNOV (Fédération de Russie) a estimé que ceux qui ont pris part à l’Accord du 17 février doivent désormais mettre en œuvre le Plan de collecte et de destruction des armes.  Nous appuyons pleinement les activités menées par le Bureau politique des Nations Unies et le Groupe de surveillance de la paix et souhaitons que le processus constitutionnel s’achève rapidement.  Nous sommes certains que, tous ensemble, nous pourrons obtenir une paix durable sur cette île.


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) s’est félicité de la décision du Gouvernement national de suivre la paix de l’autonomie de Bougainville.  Il a donc appuyé le mandat du Bureau politique des Nations Unies pour compléter la vérification de la phase II de l’élimination des armes.  Il s’est dit toutefois convaincu que le processus de paix a encore besoin d’être soutenu.  Les groupes réticents doivent être encouragés à s’y joindre, a-t-il dit avant d’espérer que le Bureau recevra suffisamment de temps et de ressources pour achever son mandat.  Il a aussi espéré que le retrait du Groupe de surveillance n’aura pas d’effets négatifs sur la mise en œuvre du mandat du Bureau.  Il a appelé, à cet égard, la communauté internationale à se tenir prête pour faciliter le processus de paix, même après la fermeture du Bureau politique des Nations Unies. 


M. JEAN-MARC DE LA SABLIERE (France) a déclaré que la situation à Bougainville a évolué, les ennemis d’hier ayant décidé de régler leur différend par des voies pacifiques et de préparer ensemble l’avenir.  Sur tous les grands dossiers, nous avons pu constater des progrès.  La collecte d’armes progresse malgré les retards dans l’achèvement de la phase II.  Le Plan d’action adopté à Buka le 17 février dernier me paraît particulièrement important à cet égard dans la mesure où il identifie clairement les tâches à accomplir en priorité.  Il permettra également d’accélérer le processus de remise des armes encore aux mains des factions et il conviendra que les opérations concrètes de mise en conteneur prévues dans le cadre de la phase II auront été menées à bien.  En effet, le succès de cette étape conditionnera la tenue de l’assemblée constituante de Bougainville.  La version amendée du projet de constitution qui devrait être publiée prochainement constitue par ailleurs une étape importante et ouvrira peut-être la voie à des élections dès la fin de cette année.  Cependant, nous sommes préoccupés quant à la non-participation de Francis Ona au processus de paix.  Ce refus risque d’entraver l’élimination complète des armes à Bougainville.  Il convient alors d’encourager les parties à l’Accord de paix de Bougainville à inciter M. Ona à participer au processus.  Le Bureau politique des Nations Unies fermant ses portes à la fin de l’année, il convient de réfléchir aux moyens pour d’autres acteurs des Nations Unies et de la communauté internationale de prendre le relais.


M. RICHARD WILLIAMSON (Etats-Unis) a voulu connaître les mesures concrètes que le Bureau compte prendre en ce qui concerne sa stratégie de sortie.  Il a félicité le Bureau politique des Nations Unies pour ses activités en matière de collecte des armes et s’est dit encouragé par l’amélioration de la situation en matière de sécurité.  Le représentant s’est néanmoins dit inquiet de la décision du MDF de rester en dehors du processus de paix.  La grande majorité des habitants s’est exprime en faveur de la paix et l’autonomie et l’achèvement d’un projet de constitution est un signe clair de cette attitude.  Il est important, a dit le représentant, que la communauté internationale ne laisse pas la perfection devenir l’ennemi du progrès.  Il ne faut en aucun cas retarder l’achèvement de la phase II dont dépend la création de l’assemblée constituante.  Il faut se concentrer sur ce processus et maintenir les échéances de retrait du Groupe de surveillance et du Bureau politique.  Les progrès d’autonomie sont trop importants pour subir d’autres retards.


M. GASPAR MARTINS (Angola) s’est félicité de l’évaluation faite par le Secrétaire général dans son rapport et du travail accompli dans l’élaboration du projet de constitution par le comité constitutionnel de Bougainville.  La consultation du peuple de Bougainville sur son avenir est déjà un élément de réalisation de la démocratie tandis que le processus de désarmement est essentiel à la tenue d’élections et à la conclusion du processus de paix.  Nous encourageons les parties à progresser et tenir des pourparlers sérieux avec les pays de la région.  Le représentant a par ailleurs estimé que le Bureau politique des Nations Unies devrait continuer de jouer le rôle pivot qui lui a été confié jusqu’à la fin de son mandat.  Nous réaffirmons notre appui aux conclusions contenues dans le rapport du Secrétaire général.


M. MAMADY TRAORE (Guinée) s’est félicité des avancées de la phase II de l’élimination des armes.  Ces progrès, a-t-il dit, doivent être consolidés afin d’encourager le démarrage de la phase suivante.  En la matière, il est important de se concentrer sur l’adhésion de tous au processus de paix et sur la réinsertion des anciens combattants.  Le représentant a émis l’espoir que tout sera fait pour la tenue des élections avant la fin de 2003.  Il s’est donc félicité du rapprochement politique entre le Gouvernement national et la province de Bougainville comme l’illustrent le mémorandum d’accord et la décision du Gouvernement de retirer ses forces de défense de l’île.  Dans ce cadre, le représentant a souligné l’aspect économique du processus de paix en lançant un appel aux donateurs afin qu’ils se mobilisent davantage en faveur développement social et économique de l’île.


            M. ROBERT AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a déclaré que les parties devront travailler ensemble d’arrache-pied pour garantir la durabilité de l’Accord de paix, une fois l’expiration du mandat à la fin de l’année du Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.  Les parties ont déjà fait part de leur détermination à continuer à coopérer tout en encourageant Francis Ona à se joindre au processus de paix.  Un nombre croissant de personnes ont déjà répondu à notre appel tandis que des membres des forces de défense ont montré davantage d’intérêt pour la collecte d’armes.  Ceux qui y rechignent encore doivent toutefois respecter le processus de paix.


Le processus de paix est une priorité pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Les activités de maintien de la paix et de consolidation de la paix sont mises en œuvre de manière non-partisane.  Les arrangements relatifs à l’autonomie et au référendum font désormais partie de la Constitution de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et sont directement liés aux développements sur le terrain, et notamment au processus de collecte des armes.  Le représentant a rendu hommage aux membres de la société de Bougainville qui, en participant à ce processus, ont choisi la voie de la paix.  Les vols d’armes des conteneurs ont cessé et les chefs des factions combattants ont décidé participer à ce processus de collecte. Celles-ci collaborent désormais à accroître la prise de conscience du public à ce sujet.  Par ailleurs, la commission constitutionnelle a finalisé un deuxième projet de constitution qui sera présenté au gouvernement national en fin de semaine.  Le Gouvernement a, à cet effet, constitué une commission nationale qui devra fournir des conseils sur les propositions faites par la commission constitutionnelle.  De plus, les forces de défense devraient achever leur retrait, la semaine prochaine.  Le mois dernier un organe commun de supervision qui consacre la coopération entre le Gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée et les dirigeants de Bougainville qui ont déjà commencé à gérer la mise en œuvre des arrangements d’autonomie.  La réforme du secteur public de Bougainville a commencé de paver la voie à l’établissement d’un gouvernement autonome. 


Tout comme le retrait des membres du Bureau politique des Nations Unies, le retrait du Groupe régional de surveillance de la paix  à la fin du mois de juin est un défi.  Le départ du Groupe laissera un vide important, en particulier pour ce qui est des moyens de communications et de transport ainsi que l’aide technique à la collecte des armes.  Il est important, comme le dit le Secrétaire général, que le processus de collecte d’arme soit achevé avant le départ du Group régional et, dans ce cadre, il serait opportun que les parties évaluent la situation pour ce qui est de ce volet.  Nous pensons également qu’il serait opportun de tenir une réunion afin d’envisager le sort définitif de ces armes.


M. DON MACKAY (Nouvelle-Zélande), concernant les progrès en matière de collecte des armes, a jugé irréaliste de s’attendre à une élimination complète de toutes les armes.  Il ne faut pas permettre au MDF d’opposer son veto au processus de paix alors que le processus est pratiquement achevé.  Ce processus doit aller de l’avant sans le MDF.  Le Groupe de surveillance, a-t-il dit, ne peut rester sur l’île indéfiniment.  Il est important que les habitants assument la pleine responsabilité de tous les aspects du processus de paix.  Aussi, s’est-il félicité que les anciens combattants aient convenu d’un plan pour compléter la collecte des armes.  Il les a appelés à aller dans ce sens afin que le Bureau politique de l’ONU certifie au plus tôt l’achèvement du processus.  Il est important, à cet égard, que le Bureau fasse connaître ses critères et se prononce rapidement.  Après cette certification, il est important que la troisième phase, à savoir une décision sur le sort définitif des armes puisse être prise sans retard.  La Nouvelle-Zélande est convaincue que toutes les armes devraient être détruites pour que le peuple de Bougainville soit assuré de sa protection et de sa sécurité.  Une paix durable à Bougainville est à portée de main et la Nouvelle-Zélande ne saurait trop insister sur un achèvement rapide de la collecte des armes.  Il est temps que les parties soient en mesure de se concentrer sur des questions plus positives comme la constitution, les élections pour la mise en place d’un gouvernement autonome, et le développement économique et social.


M. KOICHI HARAGUCHI (Japon) a rendu hommage au travail accompli par le Bureau politique des Nations Unies à Bougainville.  Nous sommes particulièrement heureux de constater que 80% des armes avaient été collectées à Bougainville, ce qui est une manifestation claire de la détermination des parties concernées à parvenir au désarmement.  Nous souhaitons que ce processus soit achevé avant la fin du mandat du Bureau politique des Nations Unies.  Revenant sur les contributions de son pays au processus de paix, le représentant a précisé que le Japon avait financé une mission d’établissement des faits ainsi qu’un séminaire régional sur les petites armes.  Le Japon contribue également à la stabilité sociale et, à cet effet, organise une discussion sur la sécurité régionale dans le cadre du troisième Forum au sommet Japon-îles du Pacifique.  Mais ce qui importe le plus aujourd’hui est d’achever le processus de collecte d’armes et de procéder à une transition rapide vers la phase politique.


M. JOHN DAUTH (Australie) s’est félicité des progrès du processus de paix à Bougainville, en particulier l’élaboration de la constitution et la collecte des armes.  Les défis importants ont été surmontés et il faut éviter tout obstacle à cette étape finale.  L’incident malheureux qui a eu lieu récemment montre que des tensions demeurent mais de tels incidents ne devraient pas détourner l’attention des objectifs du processus de paix.  Le représentant a, à son tour, appelé à une décision rapide sur le sort qui sera réservé aux armes collectées et, ce, avant le départ du Groupe de surveillance de la paix.  Aujourd’hui, toutes les parties doivent redoubler d’efforts pour conclure les phases II et III de l’élimination des armes dont dépendent l’autonomie de Bougainville.  Le représentant a demandé au Bureau politique des Nations Unies ne pas permettre que les questions de sécurité éloignent les parties de leurs objectifs.  L’Australie est attachée à Bougainville et concentrera désormais ses activités sur l’appui à l’administration et à l’économie de Bougainville, a conclu le représentant. 


M. ISIKIA SAVUA (Fidji) a déclaré, au nom des membres du Forum des îles du Pacifique, que de nombreux progrès ont été accomplis et que nous nous trouvions à l’étape finale du processus de paix qui peut également être potentiellement dangereux.  Il faudra s’assurer que les aspirations à la paix du peuple de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Bougainville ne sont pas déçues et que les développements permettant à Bougainville de retrouver une vie civile normale ne sont pas retardés.  Evoquant le rapport du Secrétaire général, le représentant a indiqué qu’il faudrait, quant les problèmes sont exposés, préciser également les solutions à y apporter.  Mais plus important, la perception que l’on a des obstacles devrait être pesée méticuleusement.


Répondant aux commentaires formulés par les délégations, le Sous-Secrétaire général aux affaires politiques s’est dit heureux d’entendre le point de vues du représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l’importance que les gouvernements de la région attachent au processus de paix.  Le processus est à son étape finale et le débat a montré l’aspect essentiel de l’élimination des armes.  Cette élimination a un aspect technique et politique.  Des consultations sur la réconciliation sont donc nécessaires pour créer l’atmosphère favorable à l’accélération des progrès en la matière.  Le Sous-Secrétaire général a dit avoir pris note des remarques concernant le MDF.  S’agissant des questions sur la situation après le retrait du Groupe de surveillance de la paix, il s’est félicité de l’intention des pays qui ont offert de répondre aux besoins du moment.  L’ONU, pour sa part, envisage la création d’un fonds d’affectation spéciale.  Concluant sur la situation économique, le Sous-Secrétaire général a indiqué que le PNUD est pleinement engagé dans la reconstruction économique de Bougainville. 


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