TERJE ROED-LARSEN, CONVAINCU QU’AVEC LA NOMINATION DU PREMIER MINISTRE PALESTINIEN, LES NEGOCIATIONS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT POURRONT ETRE RELANCEES

19 mars 2003
CS/2464

TERJE ROED-LARSEN, CONVAINCU QU’AVEC LA NOMINATION DU PREMIER MINISTRE PALESTINIEN, LES NEGOCIATIONS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT POURRONT ETRE RELANCEES

19/03/03
Communiqué de presse
CS/2464


Conseil de sécurité

4722e séance – après-midi


TERJE ROED-LARSEN, CONVAINCU QU’AVEC LA NOMINATION DU PREMIER MINISTRE PALESTINIEN, LES NEGOCIATIONS DE PAIX AU MOYEN-ORIENT POURRONT ETRE RELANCEES


Le Coordonnateur spécial pour le processus de paix défend la Feuille

de route du Quartet qui préserve les intérêts et définit les obligations des parties


Devant le Conseil de sécurité, réuni pour une séance d’information mensuelle sur la situation au Moyen-Orient y compris la question de Palestine, le Coordonnateur spécial du processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général, Terje Roed-Larsen, a exprimé son optimisme face aux récentes mesures prises par l’Autorité palestinienne.  M. Roed-Larsen a dit croire, pour la première fois en deux ans et demi de crise entre Israël et les Palestiniens, en une réelle occasion de restaurer les relations entre les deux parties et de mettre en œuvre, sur la base de la Feuille de route du Quartet - Fédération de Russie, Etats-Unis, Union européenne et Nations Unies - un processus qui parviendrait à la réalisation d’un objectif commun de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Les perspectives de guerre en Iraq se confirmant, il est impératif, a-t-il souligné, que les membres du Conseil montrent aux peuples de cette région et du monde entier que leur objectif final au Moyen-Orient est la paix.  Une porte a été ouverte et nous devons la franchir.


Pour ce faire, il faut d'abord ramener les parties autour de la table, ce qui requiert trois décisions fondamentales: en premier lieu, l’Autorité palestinienne doit procéder à une réforme institutionnelle profonde afin de se présenter comme un partenaire crédible aux yeux d’Israël et de la communauté internationale.  A cet égard, M. Roed-Larsen a jugé que la nomination hier d’un Premier Ministre constituait une étape majeure, à condition que le nouveau Gouvernement palestinien que ce dernier formera prenne des mesures immédiates pour endiguer le terrorisme et toutes formes de violence et de menaces.  En second lieu, la communauté internationale par le biais du Quartet doit présenter sa « Feuille de route ».  Enfin, le Gouvernement israélien doit s’asseoir à la table des négociations sur cette base et prendre des mesures sérieuses et immédiates pour empêcher la mort de civils palestiniens et atténuer les souffrances liées aux mesures de sécurité. 


S'attardant un moment sur le coût humanitaire de cette crise, le Représentant personnel du Secrétaire général a en effet rappelé que, depuis son dernier exposé au Conseil le 13 février dernier, 162 personnes avaient perdu la vie dans ce conflit (135 Palestiniens et 27 Israéliens), ce qui porte le bilan total à 2 502 morts du côté palestinien et 724 du côté israélien depuis septembre 2000.  L’Autorité palestinienne doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le massacre d’innocents, a-t-il insisté, en dénonçant aussi le recours à une force excessive et l’inaptitude des


forces militaires israéliennes de faire preuve de discernement.  Evoquant les destructions de maisons et le décès d’une militante américaine pour la paix, ainsi que la mort de 22 enfants de moins de dix-huit ans à Gaza au cours de ces deux derniers mois, il a appelé le Gouvernement israélien à prendre des mesures dynamiques pour s’assurer que ses forces respectent le droit international. 


Au plan économique, M. Roed-Larsen a fait valoir qu'un flot considérable d’assistance étrangère avait permis ces derniers mois d’éviter l’effondrement total de l’économie palestinienne, comme le montraient les preuves présentées lors de la première réunion des donateurs en faveur des Palestiniens, tenue à Londres en février.  En 27 mois, a-t-il précisé, le produit national brut palestinien a été réduit de 5,4 milliards de dollars et la pauvreté a augmenté de 60%; le taux de chômage atteint désormais 45% et les restrictions sévères aux déplacements ont privé de nombreuses communautés de l’accès aux terres.  Le coût social est en outre très élevé, a-t-il relevé en expliquant que de nombreux adolescents ne voient plus de motivation à l’éducation, ce qui se traduit par un taux élevé d’abandon scolaire et un comportement violent répandu à l’école, mais aussi par une violence accrue à l’encontre des femmes. 


Par ailleurs, si l’assistance annuelle des pays donateurs était doublée par rapport au milliard de dollars annuel actuel, a fait remarquer M. Roed-Larsen, elle n’aurait qu’un effet marginal sur l’allègement de la pauvreté.  Le mois dernier, a-t-il rappelé, les donateurs ont estimé que le soutien à l’Autorité palestinienne était à court terme le meilleur moyen de faire face à la situation économique et humanitaire.  Si le système de sécurité israélien continue en l’état, a-t-il prévenu, la situation humanitaire des Palestiniens continuera de se détériorer à un rythme alarmant. 


Pour en sortir, selon lui, il n’existe qu’une seule issue: une solution politique négociée.  Les progrès de l’Autorité palestinienne dans la mise en œuvre des réformes, avec la nomination d’un Premier Ministre crédible en la personne de Mahmoud Abbas - plus connu sous le nom d'Abou Mazen-, fournissent l’occasion de récréer un partenariat solide pour des négociations.  Les amendements à la législation de base, signés hier par le Président Arafat, donnent au Premier Ministre un certain nombre de pouvoirs en matière de sécurité intérieure et d’ordre public.  D’autres mesures clefs ont été par ailleurs discutées à Londres avec la participation de l'équipe spéciale envoyée par le Quartet qui a reconnu les avancées du processus de réforme, en prenant acte également des entraves causées par les restrictions à la libre circulation. 


Evoquant la composition du nouveau Gouvernement du Premier Ministre Ariel Sharon, Terje Roed-Larsen a indiqué que personne ne sous-estime les défis que doit relever Israël qui se trouve à la croisée de son histoire.  Le terrorisme fait encore des victimes dans les rues d’Israël parmi des femmes, hommes et enfants innocents. Sur cette toile de fond de violence et de désespoir, l’économie israélienne est en pleine récession, avec un taux de chômage et des problèmes sociaux en augmentation.


Le Coordonnateur du processus de paix a rendu hommage au Premier Ministre israélien pour son engagement en faveur de la vision de deux Etats, Israël et la Palestine, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité.  Nous devons maintenant travailler à faire de cette vision une réalité, a souligné M. Roed-Larsen, convaincu que des représentants israéliens sont prêts à retourner à la table des négociations.


La Feuille de route du Quartet marque un progrès important.  Ce document repose sur le principe selon lequel nous devons promouvoir conjointement les questions suivantes : sécurité, économie et politique.  En vertu de la Feuille de route, tout développement et progrès feront l’objet d’une évaluation reposant sur des normes et critères de performance spécifique.  Cette Feuille de route, élaborée au mois de décembre 2002, et que les membres du Quartet préparent depuis plus d’un an, consacre un équilibre entre les intérêts et capacités de toutes les parties.  Elle énonce également les obligations réciproques des parties. 


Pour cela, il faut que l’Autorité palestinienne indique sans équivoque sa détermination à mettre un terme à la violence et au terrorisme et également redoubler d’effort sur le terrain afin d’empêcher les attaques contre les Israéliens.  Le Gouvernement d’Israël pour sa part doit mettre un terme aux activités de nature à miner la confiance, les activités militaires disproportionnées, les attaques contre les civils et la destruction de biens palestiniens. Israël doit également démanteler les avant-postes des colonies de peuplement érigés après mars 2001 et geler la construction de colonies de peuplement. 


Par ailleurs, la situation le long de la Ligne bleue est restée stable malgré les violations aériennes commises par Israël et les attaques du Hezbollah.  Le Gouvernement du Liban, quant à lui, continue de renforcer sa présence dans le sud du pays.  J’appelle toutes les parties à faire preuve d’un maximum de retenue.  La situation sur le plateau du Golan est également restée calme depuis notre dernière réunion d’information. Israël et la Syrie ont fait la preuve depuis deux décennies de leur capacité et désir de respecter leurs engagements mutuels.  Bien que l’Accord de désengagement reste limité, il est la preuve que les accords peuvent et sont respectés au Moyen-Orient.


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